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  • il y a 2 jours
Les thèmes :
Vers une guerre et une crise économique qui durent ? :
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a prévenu lors d’une conférence de presse que "la guerre, d’une manière ou d’une autre, va durer", et donc ses conséquences économiques aussi. Face à ce retournement de la conjoncture, Sébastien Lecornu a dévoilé de nouvelles mesures pour venir en aide aux secteurs d’activité en difficulté, ainsi qu’aux automobilistes, mais sans changer de philosophie. Le gouvernement veut toujours mettre en œuvre des mesures ciblées, en revanche, il assume un "changement d’échelle".
Les mesures dévoilées hier par Sébastien Lecornu sont-elles à la hauteur de la situation ? Peuvent-elles prendre davantage d’ampleur dans les semaines et mois qui viennent ? Le gouvernement peut-il miser sur l’aide des entreprises pour protéger le pouvoir d’achat des Français ?

Gabriel Attal sur le point de lancer sa campagne : une candidature pour quoi faire ? :
Gabriel Attal a d’abord fait approuver sa candidature par les instances de son parti, Renaissance. 500 maires ont ensuite lancé un appel pour que l’ancien Premier ministre se lance . Gabriel Attal devrait donner aujourd’hui le coup d’envoi de sa campagne présidentielle à l’occasion d’un déplacement dans l’Aveyron, du côté de la ville de Rodez, 24 000 habitants, la préfecture du département, une municipalité justement conquise par Renaissance au mois de mars. Cela fait deux ans, depuis la dissolution, que Gabriel nous cache plus son ambition. Il n’est pas le seul. Rien qu’au sein du socle commun, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont déjà officiellement en campagne, sans oublier les candidatures potentielles de Xavier Bertrand, Michel Barnier, et quelques autres.
Une candidature Attal, pourquoi faire ? Qu’a-t-elle de spécifique ? Peut-il supplanter Édouard Philippe qui domine dans son camp et d’ailleurs, y a-t-il entre les deux anciens premiers ministres une primaire qui ne dit pas son nom ?

Les invités :
Fanny Guinochet, éditorialiste économie à franceinfo
Aurore Malval, rédactrice en cheffe adjointe à Marianne
Aurélie Herbemont, cheffe-adjointe du service politique de franceinfo

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News
Transcription
00:03Générique
00:07Et ravi de vous retrouver pour les informés de France Info, une demi-heure pour décrypter toute l'actualité en
00:13votre compagnie, mon cher Renaud Delib.
00:14Bonjour.
00:15Bonjour Henriens.
00:16Et je salue nos trois informés ce matin. Je vais commencer par Fanny Dinochet. Bonjour Fanny.
00:20On retrouve votre chronique éco tous les matins sur France Info, éditorialiste Économie, Aurore Malval. Bonjour.
00:26Bonjour. Vous êtes grand reporter au service politique de Marianne. Et bonjour Aurélie Herbemont.
00:31Bonjour.
00:31Chef adjointe du service politique de France Info. On va évoquer Renaud, les aides, cette nouvelle série d'aides annoncée
00:38par Sébastien Lecornu hier soir avec une question.
00:41L'État en fait-il assez ? Et puis surtout, que faire face à cette crise qui va durer ?
00:45Parce qu'elle va durer, la crise vous le disiez, parce que la guerre aussi va durer. C'est ce
00:49qu'a dit Sébastien Lecornu hier lors de cette conférence de presse.
00:52D'une manière ou d'une autre, la guerre va durer, donc ses conséquences économiques. Résultat, le Premier ministre a
00:57annoncé une nouvelle série d'aides.
00:58Sans changer de philosophie, dit-il, toujours des aides ciblées, mais en changeant d'échelle.
01:03C'est le commentaire du Premier ministre avec un certain nombre d'aides qui concernent notamment la prime carburant, des
01:10aides pour les grands rouleurs, des aides pour différents secteurs.
01:13On y reviendra dans un instant. Mais des aides, évidemment, qui nécessitent en contrepartie des économies à terme au vu
01:20de la situation des finances publiques dégradées.
01:21C'est ce qu'expliquait hier soir sur le plateau du journal de 20h de France 2, le ministre de
01:25l'Économie et des Finances, Roland Lescure.
01:28Quand un ministère fait des aides, il doit trouver l'argent ailleurs dans son budget.
01:32On sait bien aujourd'hui que des économies, il va falloir en faire.
01:36Pas seulement parce qu'on n'a plus d'argent, mais parce que les aides d'aujourd'hui, si on
01:40ne les finance pas aujourd'hui, ce sera des impôts demain.
01:43Et c'est un discours qui ne satisfait pas celle qui était votre invitée il y a quelques minutes, la
01:47secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet,
01:50qui, elle, réclame carrément un blocage des prix des carburants.
01:53En fait, nous, on ne demande pas d'aide. On demande une mesure toute simple, le blocage des prix des
01:58carburants.
01:58C'est ce qui a été mis en place pendant la guerre du Golfe en 1990.
02:01Il n'y a pas eu de problème de pénurie et ça a protégé le pouvoir d'achat.
02:04Pas question pour le gouvernement d'aller dans cette direction, un blocage des prix des carburants.
02:08Pas question non plus d'une baisse généralisée de la fiscalité pour les carburants, comme leur réclame d'autres formations
02:13politiques.
02:14En revanche, donc, une nouvelle batterie d'aides ciblées qui, d'ailleurs, pourrait être prolongée au fur et à mesure
02:20si la crise dure
02:21et puis qui pourrait être encore changée d'échelle.
02:24Alors, est-ce que la réponse de l'État, la réponse du gouvernement est à la hauteur d'une part
02:27?
02:28Et puis, est-ce que si les entreprises vont jouer le jeu ?
02:30Parce qu'on voit que le gouvernement se tourne aussi vers les entreprises,
02:32en particulier pour cette fameuse prime carburant qui est doublée,
02:38prime carburant employeur qui est doublée, passant de 300 à 600 euros.
02:41600 euros avec plus de conditions pour la distribuer.
02:45Effectivement, on va en parler.
02:46Mais d'abord, c'est la question que vous posiez, Renaud.
02:48Est-ce que c'est à la hauteur ?
02:49Avis politique, avis économique, pour commencer avec vous, Fanny Guinochet.
02:54Est-ce que, déjà, d'un point de vue rigoureusement économique, ce qui est donné,
02:59on est donc à 710 milliards, ça fait 1 milliard de 100 millions.
03:03710 millions, pardonnez-moi.
03:051 milliard de 100 millions.
03:06Oui, 710 milliards, ça aurait été excessif.
03:08710 millions d'euros, donc cette fois 1 milliard de 100 millions au total.
03:12Est-ce que, d'un point de vue économique, c'est cohérent, ça se tient ?
03:15C'est cohérent dans la mesure où l'État n'a pas d'argent.
03:19Donc, s'il avait plus, il donnerait plus.
03:22Aujourd'hui, les caisses sont vides, on l'a souvent répété.
03:25Et donc, il fait un peu comme il peut.
03:27Il met des rustines là où il peut.
03:31Effectivement, il se tourne vers les entreprises.
03:33Et sinon, il pioche, il donne quelques aides.
03:35Mais vraiment, on voit bien que c'est au compte-gouttes.
03:38D'ailleurs, pour un certain nombre de secteurs,
03:40ce n'est pas très bien vécu parce que ce sont des mesurettes.
03:44Et c'est vrai que, par rapport aux autres pays européens,
03:48un certain nombre de Français peuvent se dire
03:50« Vraiment, c'est à la petite semelle ».
03:52Sauf qu'on est très, très endettés.
03:54On a un déficit qui est au-delà encore de 5%.
03:57Et donc, on n'a aucune marge de manœuvre.
03:59Et c'est vrai que le ministre de l'Économie, Roland Lescure,
04:02a raison de dire qu'il y a toujours quelqu'un qui paye
04:06quand vous donnez les aides.
04:07C'est soit le contribuable, soit ce sont des hausses d'impôts,
04:09soit on reporte sur les générations suivantes
04:12avec des crédits et de la dette.
04:15Je précise ma question parce que Sébastien Lecornu a dit
04:18qu'il faut que l'activité économique soit maintenue.
04:21Alors, je sais que vous n'êtes pas prévisionniste.
04:23Néanmoins, est-ce qu'avec ces aides,
04:25ça peut permettre de maintenir l'activité économique ?
04:28Ou est-ce que, pour la raison que vous évoquez, c'est trop peu ?
04:30Non, mais ça va être difficile.
04:31Ça va être très, très difficile parce que les nuages,
04:34vraiment, s'assombrissent sur l'économie.
04:39Pas que l'économie française, l'économie mondiale.
04:41Et qu'aujourd'hui, on bascule.
04:43On a longtemps espéré que cette crise au Moyen-Orient
04:47allait se solder, que le Détroit, ce fameux Détroit d'Hermouz,
04:50allait à un moment rouvrir.
04:52On voit que là, non, on bascule dans quelque chose de plus long,
04:55de plus diffus.
04:56Et qu'il y a énormément de secteurs qui vont être impactés.
04:59Parce que, par exemple, vous prenez les prix du pétrole,
05:02ça fait augmenter les prix des emballages.
05:03Les emballages, vous en avez partout.
05:05Donc, vous en avez dans l'agriculture,
05:07mais vous en avez dans l'industrie.
05:10Et donc, c'est difficile.
05:11Aujourd'hui, vous n'avez pas un économiste sérieux
05:14qui va vous dire, ben voilà, au mois de septembre,
05:16ce qu'il en sera.
05:17Mais, en revanche, ce que l'on prévoit,
05:21c'est qu'effectivement, il n'y aura pas...
05:22Ça va être une année 2026,
05:25qui va être une année avec une croissance à tonnes,
05:27avec des entreprises qui vont continuer à serrer sur leurs marges
05:31et un certain nombre d'entreprises qui font faillite, tout simplement.
05:35Sur le plan politique, même question que Fanny Guinochet,
05:38avec vous, cette fois-ci, Aurore Malval.
05:41Est-ce que c'est à la hauteur de l'attente
05:44qui peut exister chez les Français ?
05:47Est-ce que c'est à la hauteur aussi, peut-être,
05:48de ce qu'attendent les oppositions ?
05:50Là, je pense que la réponse est quasiment dans la question.
05:52Oui, effectivement.
05:53Alors, c'est pour les oppositions...
05:56C'est en même temps un jeu un petit peu risqué.
05:58On entend, effectivement, beaucoup d'opposants à la politique
06:03menée par le gouvernement dire qu'il faut faire,
06:06prendre telle ou telle mesure.
06:08C'est quand même aussi un petit peu risqué,
06:10parce que si cette crise dure,
06:11il y a des chances aussi que la campagne présidentielle
06:15qui s'ouvre, se fasse aussi dans ce contexte
06:18c'est que ceux qui sont les opposants à Sébastien Lecornu aujourd'hui
06:22qui seront peut-être au pouvoir demain
06:23devront aussi gérer cette crise
06:25avec à peu près la même situation financière.
06:28Donc, c'est aussi, d'ailleurs, on l'avait vu
06:30au moment du vote du budget,
06:31certains opposants espéraient que finalement
06:33des mesures un petit peu dures, un petit peu douloureuses
06:35soient prises par le gouvernement actuel
06:37pour éviter, bien que ce soit eux,
06:39de les prendre dans un an
06:41et que ça auberte d'ailleurs toute leur marge de manœuvre
06:43pour pouvoir mener la politique qu'ils ont envie de mener.
06:46Donc, effectivement, on entend principalement
06:48sur cette question du blocage des prix,
06:50je dirais des appréciations divergentes
06:51et évidemment des oppositions qui vont demander
06:54plus au gouvernement.
06:55Ce qui est intéressant, effectivement,
06:56on a vu que Sébastien Lecornu,
06:58il est rentré dans cette crise
06:59avec pas vraiment de plan.
07:01C'était, vous l'avez dit Fanny,
07:03il faut espérer que ça se termine vite
07:05et que ce ne soit pas trop douloureux.
07:07On n'est plus vraiment là-dedans.
07:08On n'est plus là-dedans.
07:09Et en fait, la première mesure qui avait été annoncée,
07:12je trouvais totalement à contre-courant
07:13quand la crise a commencé,
07:15Sébastien Lecornu a tout de suite parlé
07:17d'aide pour l'électrification,
07:19pour la transition, etc.
07:21Justement, passer du pétrole
07:22à l'électricité.
07:24Je trouvais que c'était complètement à contre-temps.
07:25Il se trouve que si la crise dure,
07:27ça a peut-être une autre résonance,
07:29c'est-à-dire que c'est un changement de modèle,
07:30finalement, qu'il faut penser
07:32sur un temps plus long.
07:33Et peut-être qu'il va aussi réussir,
07:35pourquoi pas, à galvaniser,
07:37en tout cas, un petit peu,
07:37autour de cette question
07:38et de ce qu'il appelle un peu
07:40une sorte de plan messmer.
07:41Vous savez, il s'identifie
07:43au dernier ministre de Pompidou
07:45qui, finalement, intervient un petit peu
07:46dans un contexte pas totalement similaire,
07:49mais en tout cas,
07:49avec un certain nombre de points communs.
07:50C'est ce que j'allais vous dire,
07:51Aurélie Herbemont.
07:52C'est vrai que Sébastien Lecornu
07:53assume de s'inspirer de Pierre Messmer,
07:55dont il est, je crois, assez fan.
07:57Oui.
07:57Mais tout ça démontre aussi une chose,
08:00c'est que le gouvernement
08:01qui était dans un mode de gestion de crise,
08:04on va dire, au moins le mois,
08:06là, est passé dans autre chose, quand même.
08:08Là, on se projette à l'automne, maintenant.
08:09Oui, parce que le gouvernement a intégré
08:11qu'en fait, effectivement,
08:12ça n'allait pas s'arrêter,
08:13revenir à la normale.
08:15Pour l'instant, il n'y a pas de combat,
08:16en ce moment, entre l'Iran et les États-Unis,
08:17formellement.
08:18Mais le détroit d'Ormuz reste impraticable,
08:20donc ça ne change absolument rien.
08:22C'est pour ça, au début,
08:23le gouvernement,
08:24avec toujours ce souci de finances publiques,
08:26c'était au compte-gouttes.
08:27On avait commencé avec 130 millions d'euros,
08:29donc c'était petit, petit.
08:32Et puis, la crise du rang,
08:33ils se disent que le mois par mois,
08:35ça devient compliqué,
08:36ça permet aussi de donner une visibilité
08:38pour l'été,
08:39qui est une période où les gens,
08:40on l'espère,
08:41pourront partir en vacances.
08:42Donc, il y a aussi la volonté
08:43de donner un peu de champ
08:44et puis d'acter devant les Français
08:46que la situation ne reviendra pas
08:49à la normale de sitôt.
08:50Mais forcément, ça fait des mécontents.
08:52Les oppositions, j'ai envie de vous dire,
08:53c'est la chorégraphie classique.
08:55Évidemment, ils ne vont pas applaudir
08:56à ce que fait le gouvernement
08:57quand on sait très précisément
08:58que la France Insoumise
08:59veut le blocage des prix
09:00et que le Rassemblement National
09:02veut une baisse de la TBA à 5,5.
09:04Donc, forcément, ça ne peut pas marcher.
09:06Sauf qu'aux yeux des Français,
09:07il y a aussi ce côté,
09:09ce n'est jamais suffisant.
09:10Mais je vais vous raconter une anecdote.
09:12Au tout début de cette crise,
09:14avant qu'il fasse les premières annonces
09:15où il donnait au compte-gouttes quasiment,
09:18un conseiller du gouvernement avait dit
09:20qu'on a regardé les enquêtes d'opinion
09:22de l'époque où on fait la ristourne généralisée
09:25après la guerre en Ukraine.
09:26Les Français n'étaient pas pleinement satisfaits.
09:29Il y avait toujours un côté,
09:30ce n'est pas suffisant.
09:31Donc, en fait, ils se sont dit
09:32qu'il valait mieux préserver un peu
09:34les finances publiques.
09:36Et puis, quitte à être impopulaires,
09:37mais dans tous les cas,
09:38même en arrosant linge,
09:39ça n'est jamais suffisant.
09:41Donc, ils essayent de jongler avec les deux.
09:43Mais forcément, là, la facture s'élève déjà
09:45à plus d'un milliard d'euros.
09:46Et on ne sait pas,
09:47il est possible qu'elle augmente encore
09:49si ça ne s'améliore pas dans des trois normaux.
09:51Renaud Delis.
09:51Je pense que le principal message
09:52de Sébastien Lecornu hier,
09:53qui faisait une conférence de presse
09:56inédite depuis qu'il était à Matiné,
09:57ce n'était pas eu tout son mode de communication
09:58jusque-là, c'était d'expliquer
10:00que ça va être dur
10:01et que ça va durer, si je veux dire.
10:02C'est-à-dire qu'il a enterré très clairement
10:04ce qu'il appelait de scénario optimiste,
10:05d'un retour à la normale
10:06entre l'été et l'automne.
10:07Et en gros, on est pour un scénario noir
10:09avec une crise qui va durer.
10:11Dès lors, on voit bien que la réponse
10:14n'est pas forcément à la hauteur
10:15d'une crise qui va durer
10:17parce qu'il n'a plus les moyens,
10:19il l'a dit.
10:19Et d'ailleurs, l'idée d'une ristourne généralisée,
10:21il a rappelé qu'en 2022-2023,
10:22ça avait plombé les comptes de la nation.
10:25Donc, il continue de jouer
10:27avec cette perspective un peu.
10:28Alors, certes, les vannes s'ouvrent un peu plus,
10:30on n'est plus au compte-gouttes,
10:31mais enfin, c'est encore modeste,
10:32surtout au regard d'une crise qui va durer.
10:33Et puis, juste un dernier point,
10:34il est possible, voire probable,
10:36aussi que l'objectif, évidemment,
10:37de ramener le déficit en dessous de 5% du PIB
10:40à la fin de l'année 2026 disparaisse,
10:42très clairement,
10:43que l'hypothèse d'un collectif budgétaire
10:45pour réformer,
10:48pour amender le budget 2026,
10:50revienne sur la table
10:51dans un contexte politique extrêmement compliqué.
10:53Et puis, dernier point aussi,
10:54il est possible aussi
10:55que la question de la dette,
10:57de la nécessité impérieuse
10:59de réduire les déficits
11:00disparaisse de la campagne présidentielle
11:01qui va arriver.
11:02Parce que là, le paysage économique
11:04de la campagne présidentielle
11:05est totalement en train d'être chamboulé.
11:07Et on reconnaît l'urgence en la matière
11:09de réduire la dette,
11:12les déficits, etc.
11:13Mais on voit mal dans ce contexte-là
11:15si la question du pouvoir d'achat
11:16reprend dessus,
11:17si le chômage remonte.
11:19Je ne suis pas persuadé
11:20que les candidats
11:20qui ont déjà du mal à le faire
11:21lors des élections présidentielles précédentes
11:23se précipitent pour dire
11:24voilà, on va couper là, là et là
11:25pour amener les déficits
11:26à un niveau raisonnable.
11:27Là encore, question politique,
11:29question économique à vous,
11:31Fanny Guinochet.
11:31Est-ce que,
11:32vu que Renaud parlait de 2027,
11:34on peut se dire,
11:35d'ici 2027,
11:37la situation économique
11:38n'aura pas,
11:39l'impact de ce moment
11:41de cette crise
11:41ne sera de toute façon
11:42pas estompée.
11:43Donc forcément,
11:44ça aura des conséquences.
11:45Bien sûr,
11:46la conséquence économique
11:48et même politique
11:50de cette crise,
11:51c'est que les Français
11:52vont demander de la protection
11:53comme à chaque fois
11:55dans les crises
11:56que l'on a connues.
11:58Donc là où on pouvait
11:59s'attendre à une campagne
12:03présidentielle
12:03qui soit plutôt irriguée
12:04par des idées de droite
12:06sur notamment
12:08couper dans les dépenses,
12:09ramener les déficits,
12:11si cette crise,
12:11elle dure,
12:12elle s'installe,
12:12qu'il y a un certain
12:13nombre de Français,
12:14il faut rappeler
12:14qu'il y a quand même
12:15par exemple un tiers
12:16des Français
12:16qui sont juste
12:18au niveau alimentaire,
12:19qui sont en précarité alimentaire.
12:21Donc qu'on a quand même
12:23un certain nombre
12:24de travailleurs pauvres.
12:25Si cette crise,
12:26elle dure,
12:26ce sont des gens
12:27qui vont basculer
12:28du côté de la pauvreté,
12:30ça va se tendre
12:31et la question
12:33qui va monter,
12:34ça va être
12:34comment l'État nous protège
12:35et comment l'État
12:37nous protège sans moyens.
12:38C'est compliqué
12:38parce que c'est vrai
12:39qu'hier,
12:40on ne l'a pas mentionné,
12:41mais juste avant
12:42la conférence de presse
12:43de Sébastien Lecornu,
12:44le FMI s'était prononcé
12:45notamment sur la situation
12:47budgétaire de la France
12:48en disant
12:48bon finalement,
12:49vous n'avez pas du tout
12:51de marge de manœuvre,
12:52c'est bien de continuer
12:53à faire des aides ciblées,
12:56financées.
12:56Oui, pas plus,
12:57dit le FMI,
12:58c'est le message.
12:58Voilà, pas plus.
12:59Et juste parenthèse,
13:01pour terminer,
13:02hier,
13:02le gouvernement
13:03n'a pas arrêté
13:04de dire
13:05ces aides,
13:05elles seront financées,
13:06etc.
13:07Mais le milliard d'aides,
13:08on ne voit pas du tout.
13:10Quand on pose la question,
13:11on n'a aucune réponse
13:12sur quels seront
13:13les gels,
13:14les annulations de crédit
13:16qui sont censées
13:17financer ce milliard
13:18ou ces aides.
13:19a bien précisé
13:20qu'il y aurait
13:21de toute façon
13:22gage,
13:23j'allais dire,
13:23équivalent
13:24des aides apportées.
13:26On va parler
13:27de notre deuxième sujet
13:28dans quelques secondes.
13:29Pourquoi Gabriel Attal
13:30s'apprête-t-il
13:31à se lancer
13:32dans la course
13:33à la présidentielle ?
13:34À quoi sert cette candidature ?
13:36C'est juste après l'info
13:36en une minute,
13:37il est 9h19
13:38et voici Maureen Suignard.
13:39Des animateurs périscolaires,
13:41deux hommes et une femme
13:43seront devant un juge.
13:44Aujourd'hui,
13:44ils font partie
13:45des 16 personnes
13:46interpellées avant-hier,
13:47soupçonnées d'avoir eu
13:48des gestes à caractère sexuel
13:50sur une vingtaine d'enfants
13:51dans trois écoles parisiennes.
13:53Les autres personnes arrêtées
13:55mercredi sont relâchées
13:56faute de charges suffisantes,
13:57indique le parquet de Paris.
13:59La patronne de la CGT
14:00appelle sur France Info
14:01à rouvrir les négociations salariales
14:03dans toutes les entreprises
14:04et toutes les branches
14:06demandent alors que
14:07la hausse des prix des carburants
14:08grignote le pouvoir d'achat
14:09des Français.
14:10Hier, le gouvernement
14:11a annoncé 710 millions d'euros
14:13d'aides supplémentaires.
14:14L'exécutif appelle aussi
14:15les entreprises qui le souhaitent
14:16à verser des primes carburants
14:18jusqu'à 600 euros défiscalisés.
14:20Ils cherchaient à en découdre
14:22selon la préfecture de police de Paris.
14:24Des supporters niçois
14:25impliqués dans des incidents
14:26dans la capitale.
14:2865 personnes interpellées.
14:29On compte aussi un blessé grave.
14:31La finale de la Coupe de France
14:33de foot alliée ce soir
14:34entre Lens et Nice.
14:35Match à suivre
14:36sur France Info
14:37à partir de 21h.
14:38Et puis c'est le début
14:39ce soir du week-end prolongé
14:40de la Pentecôte.
14:41La carte de bison fuité
14:43est rouge dans le sens
14:44des départs aujourd'hui
14:45et orange dans le sens
14:46des retours.
15:15France Info
15:17qui va nous parler de Gabriel Attal
15:18qui va se lancer.
15:19Et oui, il a d'abord fait approuver
15:21sa candidature par les instances
15:22de renaissance.
15:23Un appel de 500 maires
15:24et élus locaux.
15:25Évidemment, c'est prononcé
15:26en ce sens il y a quelques jours.
15:27Et il devrait se lancer aujourd'hui
15:29depuis le département de Laveyron
15:30où il fait une visite aujourd'hui.
15:31Gabriel Attal.
15:32Laveyron, dont la préfecture rhodaise
15:34a justement été conquise
15:35par son parti renaissance.
15:37Ça fait deux ans
15:38depuis la dissolution
15:39que Gabriel Attal
15:40ne cache plus son ambition.
15:41Sauf qu'il n'est pas le seul.
15:42Loin de là,
15:43au sein du socle commun en général.
15:46Le bloc central plus LR.
15:48On compte par exemple déjà
15:49Xavier Bertrand,
15:50Michel Barnier potentiellement,
15:52quelques autres.
15:53Et puis évidemment
15:53au premier rang,
15:55Édouard Philippe.
15:55J'oubliais aussi
15:56dans cet espace politique
15:58plus à droite en tout cas
15:59Bruno Retailleau.
15:59Bref, pourquoi cette candidature
16:02supplémentaire ?
16:02Et est-ce qu'on va assister
16:04en quelque sorte
16:04dans les mois qui viennent
16:05à une primaire
16:06qui ne dit pas son nom
16:07entre Gabriel Attal
16:08et Édouard Philippe ?
16:09Est-ce que les deux hommes
16:10peuvent s'entendre ?
16:10Voici ce qu'en disait
16:11Gabriel Attal,
16:12invité sur ce plateau
16:13il y a quelques jours.
16:14Ce qui rendra
16:15un rassemblement impérieux,
16:16c'est si effectivement
16:17il y a un risque
16:18de deuxième tour
16:18entre LFI et le RN.
16:20Moi je ne veux pas ça
16:20pour la France.
16:21On a tous les deux à cœur
16:22d'empêcher un second tour
16:24qui serait terrible
16:24pour les Français.
16:25C'est pour ça que j'ai proposé
16:26qu'il y ait un comité de liaison,
16:28une instance
16:29qui réunisse
16:30des représentants
16:30d'Édouard Philippe,
16:31des représentants de mon parti.
16:33On a tous les deux
16:33accepté cette idée-là
16:34qu'ils se réunissent,
16:35qu'ils discutent,
16:35qu'ils échangent.
16:36Ils travaillent sur le calendrier,
16:37ils travaillent sur les conditions
16:38dans lesquelles
16:38ce rassemblement
16:39serait absolument nécessaire
16:41et ils travaillent
16:42effectivement sur
16:42ce qui se passerait
16:43dans ce cas-là.
16:45Lancement donc
16:45Aurélie Herbemont
16:46de candidature
16:47dans l'Aveyron.
16:49Qu'est-ce que ça veut dire ?
16:50À quoi ça rime ?
16:51Il s'agit de faire du Chirac ?
16:52Exactement,
16:53c'est tout à fait assumé
16:54par l'entourage
16:55de Gabriel Attal.
16:56Le modèle,
16:57c'est Chirac 95.
16:59Donc Jacques Chirac
17:00qui n'est pas du tout
17:00le favori
17:01quand il se lance
17:03contre Édouard Balladur.
17:05et donc évidemment
17:06dans le rôle de Chirac
17:07un certain Gabriel Attal
17:08et dans le rôle de Balladur
17:10un certain Édouard Philippe.
17:12Donc il y a cette tentation
17:13effectivement d'aller
17:14je cite la formule consacrée
17:16d'aller au cul des vaches
17:18pour faire campagne.
17:19Ça marche encore ça aujourd'hui ?
17:21Alors je ne vous cache pas
17:22que j'en ai discuté cette semaine
17:23avec un élu des Républicains
17:24donc la famille de Jacques Chirac
17:26qui disait que c'était
17:27un peu artificiel
17:28dans la mesure où
17:28Gabriel Attal
17:29n'a aucune attache
17:31en Aveyron
17:32à ma connaissance
17:33mais c'est vrai
17:34que c'est un élu
17:35de Venve
17:36dans les Hauts-de-Seine
17:37donc c'est vrai
17:37que pour faire proche
17:39des Français
17:39les images à Venve
17:40seraient sans doute
17:41moins belles.
17:42Ce qui est sûr
17:42c'est que les images
17:43seront forcément
17:44ce sera de la très bonne com.
17:46Après est-ce que ça marche encore ?
17:48Ça en le verra
17:48parce que Gabriel Attal
17:49il est tout à fait conscient
17:50qu'il est dans la peau
17:51du challenger.
17:52Alors évidemment
17:53le challenger
17:54qui espère doubler
17:55le favori à ce stade
17:59et puis avec effectivement
18:00cette bonne résolution
18:01de où on finira
18:02part s'arranger
18:03avec Edouard Philippe
18:04mais tout ça reste encore
18:06extrêmement flou
18:07en termes de calendrier
18:08on sait que Gabriel Attal
18:09il voudrait qu'il y ait
18:09la réunification des troupes
18:11si on était dans Koh-Lanta
18:12en janvier
18:13Edouard Philippe dit
18:14plutôt que l'heure de vérité
18:16ça sera en février
18:16et puis comment on fait ?
18:18Est-ce que c'est un chiffoumi ?
18:20Est-ce que c'est les sondages ?
18:21Est-ce que c'est tant de sondages
18:23où je suis en tête ?
18:24Est-ce que c'est une primaire ?
18:25Ça Edouard Philippe a dit non
18:26c'est non hier
18:28c'est non aujourd'hui
18:29et a priori
18:30ça sera encore non après-demain
18:31et puis il y a ce petit côté
18:32un peu
18:33chacun espère que c'est l'autre
18:34qui va devoir se retirer pour lui
18:36donc c'est ça
18:37qui rend la réunification
18:38pour l'instant
18:39encore un peu inquiétante
18:41pour tous ceux
18:41qui aspirent à avoir
18:42un seul candidat
18:42dans cet espace
18:43Quels sont Aurore Malvan
18:44les contours
18:45de cette primaire sauvage
18:47on peut la qualifier comme ça ?
18:49En fait
18:50elle se décline
18:52à plusieurs niveaux
18:53d'ailleurs
18:53c'est intéressant
18:54que Gabriel Attal
18:55se compare comme ça
18:56ouvertement à Jacques Chirac
18:57moi je trouve qu'il a un peu
18:58quelque chose de Nicolas Sarkozy aussi
18:59dans la façon
19:01dont il veut apparaître
19:02un petit peu
19:03attrape-tout
19:04justement
19:05de cet espace politique
19:06du centre
19:07et de la droite
19:08et même pourquoi pas
19:09un petit peu
19:09d'ailleurs pour Gabriel Attal
19:10du centre-gauche
19:11ou des abstentionnistes
19:12en fait cette primaire
19:13elle est aujourd'hui
19:14pour Gabriel Attal
19:15en tout cas
19:16il y a un enjeu
19:17c'est instaurer un match
19:18un duel
19:19avec Edouard Philippe
19:21qu'il n'y ait pas
19:22une profusion de candidats
19:23autour de lui
19:24au centre
19:26pour que ce soit vraiment
19:27le match
19:28des deux hommes
19:29et que l'un d'entre eux
19:30sorte un petit peu
19:31renforcé
19:32en tout cas
19:32pour lui
19:33qu'il sorte renforcé
19:35par cela
19:35ensuite la primaire
19:36on voit bien
19:37que chaque personne
19:38du fameux
19:40socle commun
19:40en a un petit peu
19:41sa propre exception
19:42si vous demandez
19:43à Maude Bréjon
19:44par exemple
19:46qui s'exprimait hier
19:47et qui a dit
19:48voilà moi je n'ai pas
19:48de candidat aujourd'hui
19:49Maude Bréjon
19:50qu'on sait proche
19:51de Gérald Darmanin
19:52qui est plutôt
19:53dans un espace
19:54en tout cas à droite
19:55de cette zone-là
19:56Les ralliements
19:57pourront jouer
19:58ça ça va être majeur
19:59Les ralliements
20:00on se doute bien
20:01que ça va avoir un impact
20:02et d'ailleurs
20:02Gérald Darmanin
20:03j'en parlais
20:04Gérald Darmanin
20:04il se fait un petit peu désirer
20:06son ralliement
20:07aux côtés d'Edouard Philippe
20:08est attendu
20:09est-ce qu'il va choisir
20:10le moment où ça va être
20:11le plus douloureux
20:12où ça va faire le plus mal
20:13à Gabriel Attal
20:15c'est aussi un petit peu
20:17des couteaux
20:17qui s'aiguisent
20:19parce que effectivement
20:20le ticket d'entrée
20:21apparaît aujourd'hui
20:22tellement bas
20:22pour ce fameux second tour
20:24de l'élection présidentielle
20:25que finalement
20:25tout le monde se dit
20:26un petit peu
20:26qu'il a sa chance
20:27Renaud
20:27question subsidiaire
20:28est-ce qu'un macroniste
20:30historique
20:30peut avoir ses chances ?
20:31C'est quand même
20:32l'un des principaux problèmes
20:33de Gabriel Attal
20:34il en a pris conscience
20:35depuis la dissolution
20:35d'ailleurs
20:36puisqu'il a mis en scène
20:36de façon assez
20:38spectaculaire et répétitive
20:39sa rupture
20:39avec Emmanuel Macron
20:41y compris dans le livre
20:42qu'il vient de sortir
20:43qui est extrêmement dur
20:44pour le chef de l'État
20:45sur la dissolution
20:46etc.
20:47Sauf que
20:48la question qui se pose aussi
20:49c'est est-ce qu'un
20:50jeune candidat
20:51très médiatique
20:53qui joue beaucoup
20:53sur la communication
20:54qui se veut
20:55entre guillemets
20:56disruptif
20:57qui veut dépasser
20:58le clivage
20:59droite-gauche
20:59il veut poursuivre
21:00dans cette voie
21:00ça peut encore marcher
21:02en 2027
21:03dès lors qu'Emmanuel Macron
21:04a déjà fait le coup
21:04entre guillemets
21:05en 2017
21:06il y a dix ans
21:06donc le problème
21:07de Gabriel Attal
21:08c'est qu'il est à la fois
21:09l'héritier de fait
21:09qui a une forme
21:10de gémélité
21:11avec le Macron
21:12d'il y a dix ans
21:12et qu'en même temps
21:13évidemment
21:13il refuse cet héritage
21:15et c'est une des raisons
21:16pour lesquelles
21:16il met en scène
21:17de façon très accentuée
21:19sa rupture
21:20avec Emmanuel Macron
21:20tout en cherchant aussi
21:22vous le disiez
21:23des ralliements
21:24venant de ce camp-là
21:25donc sa situation
21:27est quand même
21:27extrêmement complexe
21:29merci Renaud
21:30un grand merci
21:30c'est moi qui vous remercie
21:31sincèrement
21:32bon bah parfait
21:33merci Renaud Delis
21:35merci Aurélie Herbemont
21:36chef adjointe du service politique
21:37de France Info
21:38merci également
21:38Aurore Malval
21:39grand reporter
21:40au service politique
21:41de Marianne
21:43restez avec nous
21:44sur France Info
21:45très bonne journée
21:45merci
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