00:00Il est 13h20, l'heure d'accueillir vos deux chroniqueurs du jour Clip pour débattre de l'actualité de ce vendredi 14 novembre.
00:06Avec vous aujourd'hui l'avocat essayiste Gilles-William Golnadel et le directeur adjoint de la rédaction du journal du dimanche, Raphaël Stainville.
00:12Et on va commencer par des... Bonjour déjà, pardon.
00:14Bonjour Clémy, la bonne des choses.
00:17Non mais j'attaque comme ça directement. Non mais là pour une fois on a des bonnes nouvelles.
00:21On a eu, et j'aimerais commencer avec, on a eu une libération et des mots pleins d'optimisme de la part de Boilem sans sale.
00:27Vous savez que Kamel Daoud, qui est le grand ami de Boilem sans sale,
00:31eh bien ce sont les deux écrivains et amis, se sont entretenus hier soir par téléphone.
00:36Kamel Daoud a retranscrit l'échange qu'il avait eu avec Boilem sans sale.
00:40C'est le point qui s'en fait l'écho.
00:42Et Olivier Delagarde, ce matin dans sa revue de presse sur Europe 1, est revenu justement sur cet échange.
00:48Écoutez-le et puis bien sûr on en parlera après.
00:51Boilem sans sale enfin libre, il se repose dans un hôpital berlinois.
00:55Et c'est sur le site du point que la conversation est racontée.
00:58Un an que les deux amis ne s'étaient pas parlé.
01:00Comment tu vas toi ?
01:02Plutôt bien, je suis costaud, tu sais, je ne vais pas être détruit par une petite année de prison.
01:06Réponse sans sale.
01:07Mais avant de raccrocher, Kamel Daoud demande quand même à son ami,
01:11de tout ce que tu m'as raconté, est-ce que tu veux que j'écrive une phrase précise ?
01:15Tu dis, bonjour la France, Boilem revient, on va gagner.
01:20Elle est belle cette phrase.
01:21Qu'est-ce que vous avez, quelle émotion vous a traversée quand vous avez entendu ces mots ?
01:27À Falstinville.
01:28Pour tout vous dire, moi je suis allé jusqu'au bout de l'entretien que Boilem sans sale a accordé.
01:32Alors j'allais le dire après, mais allez-y, commencez par la fin.
01:35Mais non mais, parce que d'abord je suis bien évidemment heureux,
01:39heureux de savoir que Boilem sans sale va bientôt pouvoir retrouver et fouler le sol français.
01:45heureux que son calvaire, qui aura duré presque un an, s'achève.
01:51Heureux de le savoir parmi les vivants, même si on le sait affaibli.
01:57Et pourtant, malgré sa maladie, on voit qu'il n'a rien perdu de ce qui faisait sa force et de sa singularité.
02:05Il achève son entretien en rappelant que quelques heures avant d'être libérée,
02:11de prendre le chemin de l'Allemagne, il a eu un mystérieux interlocuteur qui est venu à l'hôpital.
02:18Alors je vais le raconter, j'ai le mot exact, je vais vous le dire.
02:21Il y a eu le visiteur du soir.
02:23Vous êtes qui ? J'ai demandé.
02:24Sinon, laissez-moi dormir, je suis fatiguée.
02:26Finalement, son message était, vous devez mettre de l'eau dans votre vin.
02:31Enfin, des lignes rouges, j'ai répondu.
02:32Vaut mieux me garder encore 20 ans dans ce cas.
02:34Si je n'ai pas le droit de parler, alors qu'est-ce que je fais sur Terre ?
02:37Je pourrais être d'accord avec vous si vous faites la paix,
02:39si la relation évolue dans le bon sens, parce que la France est l'ami de l'Algérie,
02:42et c'est vous qui en avez fait un ennemi.
02:44L'Allemagne est aussi une amie de l'Algérie, et si ça va dans ce sens-là, oui.
02:48Voilà exactement, retranscrit les mots de Boualem Sansal, retranscrit par Kamel Daoud.
02:53Et je pense que les mots et la parole de Boualem Sansal manquent à la France.
02:58Un certain nombre de nos dirigeants, l'élite française,
03:03a tendance à vouloir euphémiser ce que Boualem Sansal a à nous dire,
03:11rappelant que c'est un grand écrivain,
03:12mais se gardant de rentrer dans ce qu'il a pu écrire, pu dire,
03:17sur l'islam, l'islamisme, les dangers qui guettent la France,
03:20et de savoir que ce prophète puisse à nouveau parler,
03:25pas seulement à nos élites qui se refusent à l'entendre,
03:28mais à tous les Français, je pense que c'est salutaire.
03:31Si je n'ai pas le droit de parler, alors qu'est-ce que je fais sur Terre ?
03:34A-t-il dit.
03:35J. William Golnadel.
03:36Moi, la libération de Boualem, c'est une joie sans mélange.
03:43Je parle bien de sa libération.
03:45Et les mots qui viennent d'être prononcés par lui
03:48augmentent encore, si besoin était, l'admiration
03:54que son courage et son intelligence et son humour
03:58et sa dignité m'ont toujours inspiré.
04:03Ça, et je n'ai jamais ressenti beaucoup d'admiration
04:10pour la dictature algérienne,
04:13mais comment peut-on être aussi bête
04:14pour aller, alors même qu'on a pris la décision
04:18de le faire partir, recommandé à Boualem de la fermer.
04:24C'est d'une...
04:25Au-delà de la méchanceté,
04:28c'est d'une sottise infinie, j'avoue que j'en...
04:30Alors là, pour le compte, je m'en suis surpris.
04:32Une fois que je vous ai dit que c'était une joie sans mélange,
04:36il ne faut pas féliciter la diplomatie française.
04:39On va y venir, on va y venir.
04:40Je voulais juste vous faire écouter quand même,
04:42puisqu'on est sur cette libération déjà,
04:44et sur ces premiers mots.
04:45Noël Lenoir, qui est présidente du comité de soutien
04:48de Boualem Sansal, qui a beaucoup oeuvré
04:50toute cette année-là,
04:52qui a mobilisé les esprits et les gens
04:54autour de sa libération,
04:55et de cet écrivain aussi,
04:58pour faire lire et pour qu'on le connaisse.
05:00Elle s'est exprimée donc ce matin,
05:02et elle a décrit un homme rayonnant de bonheur.
05:04C'est quand même un personnage exceptionnel.
05:08C'est-à-dire qu'il n'a pas du tout la voix
05:09d'un monsieur de 81 ans,
05:11mais surtout, il a une pêche terrible.
05:13Tout ça, c'était extrêmement émouvant.
05:15Sa double patrie, c'est l'Algérie,
05:17mais c'est aussi la France.
05:18Sa culture, c'est la France.
05:21Sa langue, c'est la France.
05:23Et j'ai senti que, bon ben,
05:25il était content de revenir à la maison
05:27dans quelques jours,
05:29vraisemblablement,
05:30il pourra revenir chez nous,
05:31c'est-à-dire chez lui.
05:33Il faut être fier quand même un peu de son pays.
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