00:0013h, 14h, Europe 1 13h, la suite à 13h31 sur Europe 1 avec vous Céline Giroy, aujourd'hui autour de vous Paul Belin et Jean-Michel Salvator.
00:09J'en parlais il y a quelques secondes, la cour d'appel d'Alger a donc confirmé mardi aujourd'hui le verdict en première instance en condamnant mardi l'écrivain franco-algérien Boilem Sansal à 50 prisons fermes, notamment pour atteinte à l'unité nationale.
00:21Écoutez la réaction de François Bérou, il a réagi justement à cette condamnation, il souhaite la grâce présidentielle.
00:25La situation que Boilem Sansal subit est une situation que tous les français et le gouvernement français trouvent insupportable à juste titre.
00:36Maintenant qu'il y a eu condamnation, on peut imaginer que des mesures de grâce, notamment en fonction de la santé de notre compatriote, soient prises.
00:46Je ne doute pas et je sais que toutes les instances exécutives depuis le président de la République jusqu'au gouvernement agissent en ce sens, de manière que l'humanité triomphe dans une affaire qui est pour les français insupportable.
01:02Voilà la position, on le disait, faible de la France, Jean-Michel Salvador, on courbe les Chines.
01:07Oui, c'est-à-dire qu'on est humilié depuis l'arrestation de Boilem Sansal et maintenant on s'aplatit.
01:14On s'aplatit en essayant d'amadouer le président algérien, en espérant qu'il libérera Boilem Sansal lors de la première fête de l'indépendance.
01:28En fait, il y a deux fêtes nationales. Donc on espère que ce sera le 5 juillet et puis si ce n'est pas le 5 juillet, ça sera peut-être le 1er novembre.
01:38Je trouve que là, honnêtement, la France se déshonore. On se souvient, si vous voulez, du débat qu'il y avait eu entre Macron et Retailleau sur la stratégie qu'il fallait adopter pour essayer d'obtenir sa libération.
01:50Du dialogue plutôt que de la fermeté.
01:51Oui, donc en fait, il y avait deux stratégies. Il y avait la stratégie du rapport de force, c'était Retailleau, et puis il y avait la stratégie de la diplomatie.
01:59Vous vous souvenez qu'on nous avait expliqué que les affaires étrangères étaient une affaire très compliquée, qu'il fallait confier ça aux diplomates et qu'évidemment, c'est avec la diplomatie qu'on arriverait à aboutir.
02:11Et c'est vrai que quand on tient ce type de ligne, il faut être sûr de réussir. Et là, c'est échec, honnêtement, sur toute la ligne.
02:17Il a encouré dix ans de prison. Finalement, il est condamné à cinq ans.
02:22Oui, mais comme en première instance. Le procureur avait demandé dix et là, il a cinq. Et puis, c'est quand même cher payé quand on est innocent.
02:29Paul Melun.
02:30Oui, cher payé, d'autant qu'effectivement, le chef d'accusation, en fait, ça s'appelle juste un pays libéral qui ne tolère pas la liberté d'expression.
02:37Il est condamné, Boilem sans salle, pour sa liberté. C'est un des plus grands écrivains en vie aujourd'hui. C'est un de nos plus grands écrivains.
02:45C'est un homme remarquable, humainement absolument remarquable. Et cette décision, elle est évidemment épouvantable.
02:50Et la réaction de la France ?
02:52Quant à la réaction de la France. Moi, j'ai fait partie de ceux qui pensaient que la voie diplomatique, comme d'autres dans le comité de soutien dont je fais partie à Boilem sans salle,
02:59On pensait à la diplomatie, on est très déçus, bien sûr. Et je trouve que, si vous voulez, désormais, on appelle à cette grâce, évidemment.
03:07Vous savez, beaucoup, je pense, sont partagés entre l'idée selon laquelle montrer les muscles, dès le début, aurait pu aggraver le sort de notre ami Boilem sans salle,
03:15ce qui est une possibilité pas négligeable, et le fait que, effectivement, la parole de François Bayrou, là, elle semble totalement faible, finalement, face à la réglesse des algériens.
03:26Oui, c'est ça, des autorités algériennes. Et il y a un autre élément qui est extrêmement complexe, c'est que les autorités algériennes sont extrêmement fragmentées,
03:32que le président Tebboune n'a pas tant que ça la main sur tout, qu'il y a différents clans, qu'il y a différents intérêts,
03:38et que ce régime, finalement, qui fait régner l'illibéralisme et la violence politique en Algérie, n'en est pas à son dernier souffle, malheureusement,
03:48que nous ne pouvons qu'espérer cette fameuse grâce. Désormais, moi, ce que je pense, c'est que, si cette grâce n'est pas accordée dans les prochains jours,
03:55il va falloir en passer à une autre méthode, probablement une méthode plus ferme, plus rude, avec des mesures de rétorsion contre l'Algérie.
04:02Mais ça, ça fait combien de temps qu'on a brandi, cette menace ?
04:06Vous souvenez, François Bayrou l'a même proposé avec Bruno Retailleau, on avait donné à l'époque six semaines, si je me rappelle bien, à l'Algérie.
04:12Résultat des courses, on a abandonné cette histoire des six semaines, et on a choisi la voie de la diplomatie.
04:17Pourquoi pas ? Mais, comme toute stratégie, on pousse la stratégie jusqu'au bout.
04:21Si on voit que la stratégie de la diplomatie n'a pas marché dans 15 jours, on passe à l'autre stratégie.
04:26On ne peut pas, décemment, nous, cinquième ou sixième ou septième puissance du monde,
04:30avec un de nos plus grands écrivains qui est dans les geôles de ce pays, de cet état terrifiant, sans rien dire.
04:36On est obligé d'agir.
04:37Jean-Michel Salvatore.
04:38Je pense que, sur la libération, il y a aussi une question qui se pose, c'est quelle libération, s'il y a libération ?
04:44Est-ce que c'est une libération en bannu du forme, où Boilem Sansal retrouve, finalement, sa totale liberté d'aller et de venir ?
04:52Ou est-ce qu'on le libère juste de la prison, mais on lui demande de rester en Algérie ?
04:56Je pense que c'est quand même un sujet.
05:00Je comprends, c'est vrai que, sur la question, le rapport de force, etc.,
05:04Moi, je comprends, évidemment, les arguments de ceux qui disaient, peut-être qu'il faut laisser sa chance à la diplomatie,
05:10mais je trouve, quand même, que ça fait un bon moment qu'on s'aplatit.
05:15Et c'est vrai qu'on a, quand même, entre les mains des moyens de pression.
05:20L'accord de 1938, les visas, les consulats.
05:25Il faut quand même bien voir que les Algériens nous ont offert trois consulats en Algérie,
05:31trois consulats français en Algérie,
05:32alors qu'il y a 20 consulats algériens en France.
05:35Là aussi, il y a un problème de réciprocité qui n'existe pas.
05:38Il y a le statut de la mosquée de Paris.
05:39Il y a plein de choses.
05:41On a plein de leviers, c'est-à-dire activés, qu'on n'active pas.
05:43Et c'est vrai que là, on a quand même fait le choix de la soumission.
05:47Il faut quand même le reconnaître.
05:48Et Alger vient également de condamner, ça ne nous a pas échafé, Christophe Gleize,
05:51un journaliste français injustement emprisonné.
05:53Il collaborait pour le magazine SoFoot.
05:55Et c'est dans ce contexte que Sébastien Delogu a choisi de se rendre en Algérie
05:59et d'embrasser le drapeau algérien, député de la France Insoumise, je le rappelle,
06:03des Bouches-du-Rhône, qui s'est notamment exprimé dans une longue interview
06:06à la télévision algérienne TV2, c'était hier.
06:09Il a loué la terre de ses ancêtres et embrassé, dit-il, le drapeau algérien.
06:13Le ministre de l'Intérieur, M. Rotaillot, qui aujourd'hui invective, menace l'Algérie
06:20comme faisant partie du peuple, en étant maintenant représentant du peuple,
06:25j'ai pour ma part embrassé le drapeau de l'Algérie parce que nous avons,
06:31avec ma famille, nos racines ici.
06:33Voilà Sébastien Delogu, vous le disiez, la France s'aplatit,
06:38mais là la France Insoumise se soumet.
06:40Oui, parce que là, qu'il embrasse le drapeau algérien alors qu'il a une partie de sa famille algérienne,
06:46on peut éventuellement le comprendre, mais pas maintenant.
06:49Oui, c'est ça, le timing, en fait, il n'y a rien qui va.
06:51Donc là, on voit bien qu'il y a une provocation qui est absolument évidente.
06:54Pour vous, c'est de la provocation ?
06:54Oui.
06:55Il fait une interview qui a duré quand même 25 minutes à Canal Algérie.
07:01Honnêtement, c'est vraiment de la provocation pure et dure.
07:05C'est l'air décent ?
07:05Oui, ben oui, oui, oui.
07:07Je trouve ça presque pire que de la provocation.
07:09Je pense qu'il y a de l'adhésion de sa part, finalement, quelque part, à ce régime autoritaire qu'est le régime algérien.
07:16Et ça, c'est extrêmement grave parce que M. Delogu, il est député français.
07:20Il représente la République française sur le sol de France.
07:23Il n'est pas député de l'Algérie.
07:25Il n'est pas le lieutenant militaire des militaires au pouvoir avec M. Téboun.
07:29Donc, à un moment donné, il y a aussi une notion de trahison à la France.
07:33Et je n'admets pas qu'un parlementaire français aille fanfaronner sur cette chaîne.
07:38Imaginez qu'on a des comptes en suit avec d'autres pays dans le monde.
07:41Il y a d'autres pays qui sont illibéraux.
07:42Imaginez qu'on ait un député de droite, par exemple, qui aille en Corée du Nord,
07:44ou un député de gauche, sur la télé de M. Kim Jong-un, en disant
07:48« Oh, qu'est-ce que j'aime la Corée du Nord plus que la France ? »
07:50Enfin, à un moment donné, si vous voulez, nous avons des députés
07:53qui jouent clairement contre leur camp, avec, à mon avis, une adhésion
07:56pour d'autres régimes que le nôtre.
07:59Il est temps qu'ils clarifient cela.
08:01Je crois qu'il va y avoir, du reste, une commission d'enquête à l'Assemblée nationale
08:04qui va peut-être permettre de faire la lumière sur les liens troubles,
08:07parce que là, il s'agit véritablement de liens très troubles,
08:09que la France insoumise entretient avec des pays étrangers,
08:12dont certains sont des dictatures.
08:14Je crois qu'il faut vraiment éclaircir cela.
08:16Les électeurs de la France insoumise, peut-être, ne sont pas au courant
08:19des liens qu'ont leurs représentants avec des pays comme celui.
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