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  • il y a 2 mois

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00:00On est évidemment avec nos débatteurs, il est 18h38, on est en direct sur CNews et sur Europe 1,
00:06on a été rejoint par Ségolène Ramural, bonsoir Madame la Ministre,
00:09on va évoquer cette actualité dans un premier temps avec vous,
00:12parce que c'est évidemment toute l'île de Léron qui est sous le choc et au-delà toute la France.
00:17Il y a aussi la maman, aussi des victimes qui sont là évidemment sous le choc.
00:23Est-ce que vous faites le constat, et peut-être le faites-vous dans ce livre qui est publié chez Fayard,
00:28mais qui va garder les enfants d'un ensauvagement de la société ?
00:31Vous dites encore une fois, il faut une autorité, restaurer une juste autorité, Ségolène Royal.
00:37Bien sûr, je pense que tous les repères sont brouillés aujourd'hui,
00:41et les premières victimes de ce brouillage des repères, c'est la nouvelle génération,
00:44qui n'a jamais été aussi anxieuse.
00:46Quand on voit qu'en quelques années, les pensées suicidaires des jeunes et des adolescents quasiment ont doublé,
00:53qu'un adolescent et un jeune sur 10 se dit, en situation de difficulté, de souffrance psychique,
01:00que la consommation de drogue n'a jamais été aussi élevée.
01:03Et donc la question centrale de ce livre est qu'est-ce qu'on va leur laisser ?
01:05Qu'est-ce qu'on va leur laisser comme planète ?
01:07Il y a les co-anxiétés en plus.
01:09Qu'est-ce qu'on va leur laisser du modèle social français ?
01:13Qu'est-ce qu'on va leur laisser comme optimisme ?
01:15Qu'est-ce qu'on va leur laisser comme tranquillité ?
01:18Et cette question-là, elle est cruciale, et au fond, la politique ne devrait s'occuper que de cela.
01:23C'est-à-dire, pour chaque décision, est-ce que oui ou non, ça sécurise ?
01:26Et ce n'est pas le cas.
01:27La nouvelle génération, oui, c'est ça, qui en plus traduit son anxiété par le fait de cette baisse de la natalité,
01:33qui est quand même un signe de manque de pessimisme sur l'avenir.
01:37Mais du doleron, ça me touche particulièrement, parce que, comme vous le savez, c'est en région Poitou-Charente.
01:41Ce que les gens se disent en plus, c'est que, même dans les villages tranquilles,
01:45au fond, on n'est pas à l'abri de ces actes de folie, en plus à connotation terroriste,
01:52même si ce n'est pas retenu pour l'instant.
01:54Mais on voit quand même tous les mécanismes de déstabilisation des équilibres qui sont perturbés, en fait.
02:01Ségolène Royal, vous êtes avec nous.
02:03On a fait le conseil il y a quelques instants avec Alain Bauer,
02:05d'une augmentation de la violence dans notre pays, du nombre de crimes commis, d'homicile, tout simplement.
02:13Il y a quelque chose qui s'est désinhibé dans notre société, quelque chose qui a craqué.
02:17Quelque chose a craqué, c'est évident.
02:19D'abord parce qu'on est aussi accablés par des mauvaises nouvelles tous les jours.
02:23Les jours passent, il y a cinq ou six horreurs qui se sont répandues dans les médias.
02:27Jamais une information positive.
02:29Alors qu'il y a aussi des informations positives, des choses positives qui se passent,
02:33mais il n'y a pas d'injection de positif dans la société.
02:36Donc à l'égard des jeunes non plus, et comme ils sont des heures entières sur les réseaux sociaux,
02:40il n'y a que du négatif.
02:42Donc finalement, au bout du compte, ils finissent par haïr cette société
02:46qui ne leur propose que des projections négatives.
02:50Ce n'est pas la guerre à nos frontières, c'est effectivement des attentats,
02:53c'est des horreurs d'abus sexuels, tous les jours, tous les jours.
02:59Et c'est vrai que peut-être qu'il y a une réflexion à avoir aussi
03:01pour injecter dans la société des choses positives.
03:03Des bonnes nouvelles.
03:04Un enfant et un adolescent, un peuple, ne peuvent pas grandir
03:07s'il n'a pas de repères positifs auxquels il peut s'identifier
03:13pour pouvoir, à son tour, grandir et prospérer, et se développer positivement.
03:19C'est Golen Royale et notre invitée ce soir dans Punchline,
03:21sur CNUS et sur Europe 1, avant de parler de votre livre,
03:23mais qui va garder les enfants.
03:24J'aimerais vous faire écouter le témoignage de la maman de Matisse.
03:27Je sais que vous êtes très sensible, évidemment, à cette douleur-là.
03:30Son fils a été percuté mortellement par un criminel de la route,
03:34parce qu'on ne peut pas dire que c'est juste un chauffard.
03:37Il était en plein refus d'obtempérer, cet homme-là.
03:40Écoutez ce qu'elle dit, quelles leçons elle en tire sur notre société et la justice.
03:45Aujourd'hui en France, les délinquants n'ont pas peur,
03:49ils connaissent très bien les lois, ils savent très bien qu'ils ne craignent rien.
03:55Je pense qu'aujourd'hui, il est persuadé lui-même que c'est une question de temps,
04:02mais qu'il ne sera pas puni à juste mesure de ce qu'il a fait
04:06et qu'il a enlevé la vie à un gamin.
04:11Pour moi, ce sont des gens qui n'ont pas d'humanité,
04:13qui sont démunis de toute humanité et qui doivent payer mes chers, très chers.
04:21Vous comprenez la douleur de cette maman, évidemment ?
04:25C'est extrêmement douloureux, parce qu'on se met, comme toutes les mamans,
04:27on se met à sa place.
04:29C'est vraiment épouvantable.
04:31Il y a cette demande de justice, Ségolène Rolien.
04:33Oui, puis peut-être...
04:34Moi, je me suis toujours demandé pourquoi dans les...
04:37Alors, pourquoi dans les refus d'obtempérer,
04:40il n'y avait pas l'autorisation de tirer dans les pneus de la voiture ?
04:42Vous voyez ?
04:43Parce qu'on ne va pas non plus tirer comme ça se fait au Royaume-Uni
04:46à chaque refus d'obtempérer pour tuer les gens.
04:49Mais pourquoi est-ce qu'il n'y a pas des interceptions plus efficaces
04:52comme tirer dans les roues des voitures pour pouvoir arrêter les véhicules ?
04:56Alors, c'est peut-être très technique ce que je dis là,
04:58mais c'est vrai que ce que les Français ne comprennent pas,
05:01c'est qu'il peut y avoir autant de refus d'obtempérer
05:04et on ne peut pas non plus passer à l'échelon supérieur
05:07qui consisterait à donner le droit de tirer.
05:10Et comme ça se fait dans d'autres pays.
05:12Donc, il y a un vrai travail à faire sur cette question-là.
05:14Et puis, globalement, c'est parce que les jeunes n'ont pas de permis de conduire,
05:17donc ils ne s'arrêtent pas.
05:19Là, il lui avait été retiré et l'homme avait plus de 30 ans.
05:21Donc, ils n'ont pas de permis de conduire et donc, du coup, ils ont...
05:24Mais il lui avait été retiré.
05:25Ce qui me frappe, et après je passerai la parole à nos débatteurs,
05:28à Ségolène Royal, c'est que les victimes parlent désormais.
05:31La maman d'Elias a parlé, la maman de Lola a pris la parole,
05:34la maman de Mathis, on l'a entendu,
05:36la maman d'Adrien Pérez, qui a perdu son fils,
05:39tué par un homme qui a fait à peine la moitié de sa peine.
05:42Elles en ont marre qu'on les oublie
05:44et qu'elles soient les grandes oubliées, encore une fois,
05:46de ce système, aujourd'hui, les victimes.
05:48Et ce sont des femmes, vous voyez ?
05:50Et ça rejoint un peu votre livre,
05:51parce que votre livre parle de la condition des femmes.
05:53Bien sûr, mais quand on est victime
05:56et qu'on n'a pas réparation,
05:58parce qu'on ne peut pas avoir réparation d'un enfant qui perd la vie,
06:01donc forcément, on se dit,
06:03on a un ressenti atroce
06:05par rapport à une société qui n'a pas pu
06:06imposer les lois à temps.
06:09Mais c'est toute la société qui perd ses valeurs.
06:11Vous voyez aussi, quand personne ne respecte plus les règles,
06:15à tout niveau,
06:16quand il y a de la corruption partout,
06:18à ce moment-là.
06:19Vous savez, l'éducation, ça se fait aussi par l'exemple.
06:21Donc, il faut remettre d'aplomb, je pense,
06:23toute la société par rapport aux droits et aux devoirs,
06:26par rapport aux repères,
06:27par rapport à l'éducation,
06:29par rapport à l'obéissance,
06:30et par rapport à l'exemplarité des exemples à tout niveau.
06:35Et vous dites dans votre livre,
06:36pour une juste autorité,
06:37ne pas les laisser sans limites.
06:39Il faut qu'il y ait des limites.
06:41Donc, il faut des sanctions.
06:42C'est ça que vous nous dites.
06:43C'est la juste limite.
06:44C'est la juste limite.
06:45Un enfant sans limite est un enfant maltraité, au fond.
06:48Parce que la limite, ça permet de tester sa résistance
06:51et ensuite de transgresser le moment venu de la limite
06:54pour s'inventer de nouvelles limites.
06:56Et donc, cette question-là des repères,
06:58des limites, des racines,
07:00qu'on a parfois considérées comme superflues
07:03pour les enfants ou pour les adolescents,
07:05non.
07:05Et c'est ce parallèle aussi avec un peuple.
07:07Il a besoin de racines, il a besoin de limites,
07:09il a besoin de règles,
07:10mais que tout le monde y obéisse.
07:12Et surtout, le droit fondamental de la jeune génération,
07:16c'est le droit à la tranquillité.
07:18C'est le droit...
07:19À vivre en paix.
07:20À vivre en paix.
07:21Et ça, ils ne l'ont plus.
07:23Un autre jour, j'interrogeais un jeune
07:24qui avait lu mon livre, d'ailleurs,
07:25une dédicace.
07:26Il me disait...
07:26Alors, je lui dis, qu'est-ce que vous en pensez ?
07:28Il avait ce mot, je trouve très intéressant.
07:32Il dit, mais on est balottés.
07:34Si vous êtes balottés comme un bouchon qui flotte,
07:36on est balottés, donc on n'est plus éduqués
07:38et on n'a plus confiance dans le futur.
07:40Et ça, ce n'est pas possible.
07:42Et donc, toute la politique ne devrait s'occuper que de cela.
07:44Ça devrait être le cœur des préoccupations
07:48et ça devrait être l'essentiel.
07:50Or là, de quoi elle s'occupe la politique ?
07:51De l'urgence, des batailles sur la qualité.
07:54Elle s'occupe d'elle-même, surtout, la politique.
07:55Elle s'occupe d'elle-même.
07:55La plupart des hommes politiques saiment eux-mêmes
07:58avant d'aimer le peuple dont ils sont provisoirement dépositaires
08:03de la souveraineté populaire.
08:05C'est provisoire.
08:06Et comme ils ne sont même pas capables d'expliquer
08:08à quoi eux-mêmes obéissent,
08:09qu'est-ce qui les guide ?
08:11Qu'est-ce qui les fait agir ?
08:12À quels principes ils obéissent ?
08:13Quels sont leurs objectifs ?
08:14Donc, si ceux qui vous dirigent
08:15ne sont pas capables de dire à quoi eux-mêmes obéissent,
08:19ils ne sont pas là pour commander.
08:20Ils sont là pour obéir aussi à des principes supérieurs
08:22pour guider un peuple et une nation vers le meilleur d'elles-mêmes.
08:26On ne sait pas.
08:28Donc, ils se disputent entre eux.
08:29Ils s'acharnent sur de la fiscalité.
08:31Pourquoi ? Pourquoi faire ?
08:33Et pendant ce temps-là, en effet, les jeunes vont mal,
08:35les entreprises sont faillites,
08:36les agriculteurs sont au désespoir.
08:39Et donc, l'essentiel passe à côté du superflu
08:45dans les débats politiques.
08:46C'est ça qu'il faut remettre au cœur.
08:47Et ce livre, c'est un message d'encouragement et d'amour,
08:52d'une certaine façon, à cette nouvelle génération
08:54qui est dépossédée.
08:56Je dis même, elle est raquettée.
08:57On leur prend tout.
08:58On leur prend la planète.
08:59On leur donne des dettes.
09:01On leur transmet un effondrement du système éducatif et social.
09:04On leur transmet l'anxiété.
09:06On n'arrive pas à lutter contre les violences sexuelles.
09:10Ça, ça devrait être éradiqué aussi.
09:11Je donne des exemples très concrets.
09:12Il y a des modes opératoires très efficaces.
09:15Et donc, cette question, on ne leur donne plus le droit à la beauté.
09:19C'est un droit fondamental, le droit à la beauté pour les jeunes.
09:21Là, ils ont le droit à la laideur tous les jours, tous les jours, tous les jours.
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