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  • il y a 3 mois
Le 28 octobre, la délégation à la prospective du Sénat organisait une table-ronde sur la thématique "Sommes-nous encore vraiment attachés à la démocratie ?". Autour de la table, Dylan Buffinton, prospectiviste et conseiller à la Fondation Jean-Jaurès, Raphaël Doan, essayiste et Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l'innovation politique (Fondapol) ont donné leur avis sur le sujet. A l'heure où l'abstention atteint des niveaux très élevés et où les Français expriment une grande défiance envers la classe politique, quel regard portent-ils sur la démocratie ? A l'aide d'enquêtes d'opinion et de sondages, les experts ont tenté de répondre à cette question. Ils ont chacun proposé des manières d'améliorer notre vie politique et nos institutions, pour relancer l'enthousiasme dans la démocratie et éviter que la France ne bascule dans un régime antidémocratique.
Revivez leurs échanges. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:00Générique
00:00:00Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17Je vous propose de suivre un débat organisé au Sénat autour de cette question.
00:00:20Les Français sont-ils encore attachés à notre démocratie,
00:00:24alors que les études d'opinion actuelle montrent que les Français ont de moins en moins confiance dans notre système démocratique ?
00:00:30Je vous laisse écouter cette table ronde.
00:00:32Mesdames et Messieurs, bonsoir, merci de cette invitation à échanger avec vous.
00:00:41Je vous rappellerai une vérité qui est établie, mais difficile à démontrer.
00:00:50Mais il y a une usure que connaissent toutes les choses, et les formes historiques aussi,
00:00:59les organisations institutionnelles aussi, quoique très bonnes, finissent par subir l'érosion du temps.
00:01:05Alors on pourrait donner des raisons pour lesquelles ça se produit, mais ce serait long.
00:01:11Je passe là-dessus, sauf si la conversation nous invite à y revenir.
00:01:13Le système démocratique dans lequel nous vivons, grosso modo, a vu le jour au milieu du XIXe siècle.
00:01:21Alors voilà, c'est pour aller vite.
00:01:22C'est le suffrage universel, mais il n'est que masculin.
00:01:25On ne va pas rentrer dans tous ces détails qui sont des choses importantes,
00:01:28mais l'idée en tout cas de l'ouverture de l'expression des préférences collectives au plus grand nombre
00:01:36est entrée dans l'histoire à ce moment-là.
00:01:38Et donc voilà, ça fait une période qui est en réalité très courte dans laquelle nous nous trouvons.
00:01:44Mais il faut faire l'hypothèse, en tout cas moi je fais cette hypothèse,
00:01:48je ne la trouverai pas d'ailleurs extraordinairement osé,
00:01:53que nous subissons une usure liée à cette durée.
00:01:59Il y a des cycles en histoire, cette durée qui fragilise par elle-même
00:02:05le système démocratique dans lequel nous nous trouvons.
00:02:09Je crois qu'il faut le garder présent à l'esprit.
00:02:11Il y a des choses que nous avons sans doute mal vues, mal comprises, mal gouvernées.
00:02:18On peut sans doute identifier des points, mais de toute façon, il y a une question qui est celle-là.
00:02:22Le temps qui passe, les générations qui se succèdent, ne favorisent pas la persistance des systèmes,
00:02:31même quand ils sont de très bonne qualité ou avec des fondations qui sont très remarquables.
00:02:38Je fais l'hypothèse que le système démocratique compétitif, pluraliste, libéral
00:02:41est le meilleur système que l'on peut imaginer pour consacrer la dignité humaine.
00:02:49Ça n'empêche pas que cette vérité, pour ma part, substantielle,
00:02:55n'assure pas à ce système une durée de vie éternelle.
00:02:59Donc nous vivons une usure qui est pour moi irréversible,
00:03:03un processus qui ne manquera pas de se poursuivre.
00:03:08Je dirais qu'il y a aussi une raison plus prosaïque
00:03:14qui tient à ce que j'appellerais, pour aller vite, l'efficacité matérielle,
00:03:20j'aurais pu dire matérialiste d'ailleurs, l'efficacité matérielle de la démocratie
00:03:25qui a été prouvée pendant de nombreuses décennies.
00:03:31Et quand même, grosso modo, nous avons au cours de cette période
00:03:34qui va du milieu du 19e siècle à, je dirais, la fin des années 70,
00:03:38peut-être au milieu des années 80, je ne sais pas trop,
00:03:41nous avons une convergence entre le déploiement de la démocratie,
00:03:47son intensification au niveau local, régional, même européen en 1979,
00:03:53des droits nouveaux, des reconnaissances élargies,
00:03:56le suffrage universel, etc.
00:03:59Nous avons aussi un système qui parvient,
00:04:01en traversant des épreuves redoutables que nous savons,
00:04:04qui parvient à être plus généreux pour les gouvernés,
00:04:09pour les citoyens et qui se trouve récompensé au fond
00:04:13de soutenir ce système dit démocratique
00:04:16par des droits nouveaux et par des avantages matériels nouveaux
00:04:22tout à fait considérables, compte tenu de la trajectoire historique
00:04:27de ces peuples européens d'ailleurs, et pas spécifiquement français.
00:04:30Et cette tendance, pour la France, c'est plus net,
00:04:37et s'est inversée lentement, mais sûrement,
00:04:40depuis pas mal de décennies maintenant,
00:04:42un peu cachée par un surendettement qui est assez commenté aujourd'hui,
00:04:46donc je ne vais pas y revenir, cachée, mais la vérité, elle est là.
00:04:49Nous vivons au-dessus de nos moyens,
00:04:52et il y a un moment donné où nous allons rejoindre cette réalité-là.
00:04:55Ce sera sans doute un choc important.
00:04:57Et en fait, ce que nous allons découvrir,
00:05:02que nous savons déjà, que nous voyons déjà,
00:05:05c'est que la démocratie, malgré la hauteur de ses principes,
00:05:08leur incontestable grandeur, n'a pas de racines profondes.
00:05:13La démocratie tient très largement par les performances pratiques,
00:05:18matérialistes qu'elle est capable de délivrer.
00:05:19Et lorsque ces performances s'amenuisent,
00:05:23en tout cas, c'est l'hypothèse que je fais,
00:05:25lorsque l'importance de l'efficacité faiblit,
00:05:29eh bien la reconnaissance du système faiblit aussi,
00:05:33et peut même disparaître s'il n'y a pas de solution
00:05:38pour restaurer la puissance publique
00:05:41dans sa capacité à produire des résultats.
00:05:44Il y a une raison simple à ça,
00:05:46qui est que mettre à la disposition de tous,
00:05:50c'est-à-dire des citoyens, 18 ans et plus, etc.,
00:05:54mettre à la disposition de tous
00:05:55un instrument aussi puissant que le vote,
00:06:00le droit de voter,
00:06:01pour exprimer une préférence,
00:06:03faire ressortir de ce jeu libre,
00:06:07compétitif,
00:06:08entre plusieurs candidats ou plusieurs forces politiques,
00:06:10peu importe,
00:06:11faire émerger une préférence collective
00:06:14et ensuite la consacrer par le droit,
00:06:17puisque c'est bien ça le chemin,
00:06:19ça marche remarquablement bien
00:06:21pour souder l'attachement à la démocratie
00:06:25dès lors qu'il y a, à la sortie,
00:06:27des résultats qui sont conformes
00:06:29aux aspirations collectives.
00:06:32Quand on commence à expliquer
00:06:33que c'est plus difficile qu'avant,
00:06:35ça se dérègle,
00:06:36et quand on va expliquer
00:06:37que c'est tout à fait impossible,
00:06:38ça ne fonctionne plus du tout,
00:06:40puisque l'idée est que
00:06:41nous avons exprimé collectivement
00:06:42une préférence,
00:06:43de manière pacifique,
00:06:44en respectant vos procédures, etc.,
00:06:46et il ne se passe rien,
00:06:47donc nous sommes trahis,
00:06:49ou bien vous ne vous intéressez pas à nous,
00:06:52nous n'avons plus confiance en vous,
00:06:53Madame la Présidente,
00:06:54vous faisiez référence à l'instant,
00:06:57le lien est rompu,
00:06:59ou presque,
00:07:00je crois que nous y sommes.
00:07:02Et puis je terminerai,
00:07:03pour ne pas être plus long à ce stade,
00:07:05ce système démocratique,
00:07:07ce système démocratique,
00:07:07travaillé aujourd'hui par l'usure du temps,
00:07:11par la baisse des performances pratiques,
00:07:15par bien sûr aussi l'évolution démographique,
00:07:19sur laquelle peut-être on reviendra,
00:07:22mes collègues ou vous-même souhaiteraient revenir,
00:07:24et c'est un facteur majeur,
00:07:26et bien être également travaillé par l'affaiblissement,
00:07:30voire parfois la dislocation,
00:07:31de quelques-unes de ces conditions fondamentales de possibilité,
00:07:36il y a des conditions de possibilité pour la démocratie,
00:07:39un certain niveau d'éducation,
00:07:41une certaine façon de communiquer,
00:07:42d'échanger entre nous,
00:07:43une certaine forme d'espace public,
00:07:45évidemment,
00:07:46alors les réseaux sociaux,
00:07:48le numérique,
00:07:49l'IA,
00:07:49avec tous les aspects,
00:07:51qu'il ne faut pas manquer de souligner très sincèrement,
00:07:53tous les aspects extraordinaires,
00:07:55enthousiasmants de ces outils,
00:07:58de ces interfaces,
00:07:58de ces plateformes,
00:07:59de ces technologies,
00:08:00sont également de très grands destructeurs,
00:08:05de ce qui a fait la possibilité d'une délibération,
00:08:08d'une discussion,
00:08:09et d'un rapport au pouvoir,
00:08:13et d'un vote collectif.
00:08:15Donc là, nous sommes pris dans des,
00:08:19comment dirais-je,
00:08:20dans des territoires numériques,
00:08:22sur lesquels nous n'avons peut-être pas grande souveraineté,
00:08:26peut-être aucune,
00:08:27qui échappe aux législateurs que nous élisons,
00:08:31donc qui échappe au vote aussi,
00:08:33et un désencastrement,
00:08:35c'est une première,
00:08:36dans l'idée démocratique,
00:08:38même si je prends cette histoire courte,
00:08:401850,
00:08:41on va dire 1848,
00:08:42en disant cela,
00:08:43jusqu'au milieu des années 80,
00:08:45nous avions parfaitement intégré
00:08:48le modèle démocratique au modèle,
00:08:51en fait,
00:08:52stato-national.
00:08:54Et ce désencastrement,
00:08:56le fait que le monde tel qu'il va,
00:08:59la globalisation,
00:09:00l'européalisation,
00:09:01etc.,
00:09:01la technologie,
00:09:02désencastre la politique,
00:09:04et même l'État,
00:09:05de la sphère strictement nationale,
00:09:08pour le réencastrer dans des sphères autres,
00:09:11immatérielles,
00:09:12qui, parfois,
00:09:14dépendent beaucoup plus
00:09:15de plateformes non nationales
00:09:17et d'entreprises
00:09:17que de circonscriptions nationales,
00:09:20publiques,
00:09:21et encore moins,
00:09:22je dirais, démocratiques,
00:09:24là, c'est une rupture
00:09:25qui,
00:09:26si on en fait comme ça
00:09:27une théorie rapide,
00:09:28et c'est ma conclusion ici,
00:09:29enfin,
00:09:29mon mot de la fin
00:09:30pour ces remarques,
00:09:32je dirais, moi,
00:09:33que, logiquement,
00:09:34ça ne peut plus fonctionner.
00:09:37Il n'est pas possible
00:09:37que le système survive
00:09:39à ces transformations
00:09:40et à ces nouvelles
00:09:42configurations
00:09:43de ces conditions de possibilité.
00:09:52Merci.
00:09:52Merci à tous
00:09:53pour votre invitation.
00:09:54Donc,
00:09:56en propos,
00:09:57pareil,
00:09:57un petit peu préliminaire
00:09:58pour lancer la discussion,
00:09:59peut-être pas en préambule,
00:10:00l'année dernière,
00:10:00on s'est posé cette question
00:10:01avec la Fondation Jean Jaurès
00:10:02parce qu'on a sorti,
00:10:03et on a été les premiers
00:10:05en think tank en France,
00:10:06à sortir la France 2040
00:10:07et à se poser ces questions-là,
00:10:08à choisir neuf thématiques,
00:10:09et on a fait le choix
00:10:10de ne pas choisir la démocratie
00:10:11parce que pour nous,
00:10:12à l'époque,
00:10:12c'était le parti pris,
00:10:13on pourra en rediscuter,
00:10:14en fait,
00:10:15la démocratie et le régime
00:10:16sera une finalité
00:10:17et non pas un point d'entrée,
00:10:18que ce soit le réchauffement climatique,
00:10:20le vieillissement,
00:10:21et du coup,
00:10:21je rejoins ce qui vient d'être dit,
00:10:23vont aussi beaucoup influencer
00:10:24ce qui arrive,
00:10:25et donc,
00:10:26l'exercice aujourd'hui
00:10:26est intéressant,
00:10:27mais il faut aussi garder en tête
00:10:29qu'il sera éminemment
00:10:30influencé par ce qui risque
00:10:33de se passer
00:10:33dans les années à venir.
00:10:34Je ferme cette parenthèse.
00:10:36Alors,
00:10:36les Français sont-ils attachés
00:10:38à la démocratie ?
00:10:38C'est la question
00:10:39qu'on a eu à préparer.
00:10:41Alors,
00:10:41déjà,
00:10:41pour commencer avec un petit peu
00:10:42d'une petite note positive,
00:10:44c'est que oui,
00:10:44quand même,
00:10:45je ne l'ai pas dit,
00:10:46donc on a sorti en effet
00:10:47avec l'Institut Montaigne
00:10:48et le Monde,
00:10:49etc.,
00:10:49la fracture française
00:10:50il y a quelques jours,
00:10:51et donc je vais me servir
00:10:51de pas mal de chiffres
00:10:52qui vont aussi permettre
00:10:53d'objectiver et tangibiliser
00:10:55un peu tout ce qu'on est en train
00:10:55de dire.
00:10:57Donc,
00:10:5766% estiment encore
00:10:59que le régime démocratique
00:11:00est irremplaçable
00:11:00et que c'est le meilleur
00:11:02système possible.
00:11:04Le problème,
00:11:05et on va rejoindre la discussion,
00:11:06c'est que c'est en baisse
00:11:06de 10 points
00:11:07depuis 2014.
00:11:08Et donc,
00:11:09c'est ça la dynamique
00:11:09qu'il faut affronter.
00:11:11Je ne reviens pas aussi
00:11:12sur la participation électorale
00:11:13qui est encore forte.
00:11:14Moi,
00:11:15comme mon nom l'indique,
00:11:15je suis très attentif
00:11:17aux Etats-Unis
00:11:18et on voit qu'en France,
00:11:19on est quand même encore
00:11:20en avance sur certains points,
00:11:21mais ça baisse aussi.
00:11:23Et ce qui est intéressant,
00:11:24c'est qu'à l'époque,
00:11:26le vote systématique
00:11:27était premier
00:11:28et le vote systématique
00:11:29a baissé
00:11:29alors que le vote intermittent,
00:11:31donc on n'y va pas à chaque fois,
00:11:32est en hausse.
00:11:32Et c'est ce changement-là
00:11:34qui est en train de s'opérer
00:11:35avec une abstention systématique
00:11:37à 25%,
00:11:38ça qui reste assez stable
00:11:39depuis 2002 même.
00:11:42Donc,
00:11:43pour répondre
00:11:43à cette tendance,
00:11:45on n'est pas face à un rejet.
00:11:46Je pense qu'aujourd'hui,
00:11:47quand on regarde les chiffres,
00:11:48la part qui est vraiment
00:11:49dans un rejet absolu
00:11:50de la démocratie
00:11:51est encore très bas.
00:11:54Par contre,
00:11:54on est,
00:11:54et donc je rejoins
00:11:55ce qu'il vient d'être dit,
00:11:56face à une désillusion.
00:11:58Et le vrai problème,
00:11:59c'est le fonctionnement aujourd'hui.
00:12:0171% considèrent
00:12:02que la démocratie
00:12:03ne fonctionne pas bien
00:12:04en France
00:12:04et on a quasiment 30%
00:12:05qui considèrent
00:12:06qu'elle ne fonctionne pas
00:12:07bien du tout.
00:12:08Et en comparaison
00:12:09à l'international,
00:12:11en Allemagne,
00:12:12c'est seulement 48%,
00:12:1353% en Pays-Bas,
00:12:1562% en Italie.
00:12:15Donc on est aussi
00:12:16à un stade
00:12:17qui est peut-être
00:12:17plus avancé en Europe
00:12:18et plus inquiétant
00:12:19en Europe
00:12:20sur ce point-là.
00:12:23Je vous passe
00:12:24d'autres chiffres,
00:12:25mais la moitié des Français
00:12:26disent qu'il n'y a pas
00:12:26de quoi être fier
00:12:27de nos systèmes démocratiques.
00:12:28Donc voilà,
00:12:28le constat,
00:12:29il est quand même
00:12:29assez là
00:12:31et je reprends
00:12:32un point qui a été évoqué
00:12:33par Madame la Présidente
00:12:33qui est sur les jeunes.
00:12:35Donc le chiffre
00:12:36de cette année,
00:12:37c'est 42%
00:12:37des moins de 35 ans
00:12:38qui pensent que
00:12:39d'autres systèmes politiques
00:12:39peuvent être aussi bons
00:12:41que la démocratie.
00:12:4342%.
00:12:43Et donc on est
00:12:44dans cette tendance
00:12:46et cette inquiétude-là.
00:12:47Alors,
00:12:48cette pente glissante,
00:12:49maintenant,
00:12:49si on sort un petit peu
00:12:50de ces chiffres-là,
00:12:51pourquoi,
00:12:52comment on peut l'expliquer ?
00:12:52Évidemment,
00:12:53il y a deux raisons
00:12:54qui sont politiques.
00:12:56Évidemment,
00:12:56la première,
00:12:56elle a commencé
00:12:57à être évoquée,
00:12:58c'est la crise
00:12:58de l'efficacité.
00:13:00Quand on regarde,
00:13:00quand on fait remonter
00:13:01les chiffres,
00:13:01on a l'impression
00:13:02qu'on ne fait plus face
00:13:02à des politiques,
00:13:03mais il y a des gens
00:13:04qui font de la gestion
00:13:05et qui sont cadrés.
00:13:06Les chiffres,
00:13:06là aussi,
00:13:07alors là,
00:13:07c'est le baromètre
00:13:08confiance-sevipov,
00:13:09c'est la moitié
00:13:09des Français
00:13:10qui estiment
00:13:11qu'en démocratie,
00:13:12rien n'avance,
00:13:12il vaudrait mieux
00:13:13moins de démocratie
00:13:13mais plus d'efficacité.
00:13:15L'autre point,
00:13:1657% pensent
00:13:18que les gouvernements
00:13:18ne peuvent plus
00:13:19faire grand-chose
00:13:19aujourd'hui
00:13:20que le vrai pouvoir
00:13:21est ailleurs.
00:13:21Et donc,
00:13:22on voit bien
00:13:22ce rôle d'administration
00:13:24du présent
00:13:24qui émerge
00:13:25et qui est reconnu
00:13:26par plus de la moitié
00:13:27des Français.
00:13:28Ensuite,
00:13:29il y a un problème
00:13:29de légitimité.
00:13:30Là aussi,
00:13:31les chiffres sont clairs.
00:13:3366% estiment
00:13:35que la plupart
00:13:36des hommes politiques
00:13:36sont corrompus.
00:13:38C'est plus de 10%
00:13:38depuis 2022.
00:13:40et quasiment 90%
00:13:43des Français
00:13:44estiment que les hommes
00:13:45et les femmes politiques
00:13:46agissent principalement
00:13:47pour leurs intérêts
00:13:47personnels.
00:13:49Voilà,
00:13:49crise d'efficacité,
00:13:50crise de légitimité.
00:13:52Je vous passe
00:13:53le chiffre
00:13:53sur les fractures
00:13:54françaises,
00:13:54sur la confiance
00:13:55députée,
00:13:56président de la République,
00:13:57Assemblée nationale,
00:13:58parti politique.
00:13:59Personne n'est au-dessus
00:14:00de 20%.
00:14:00Je pense,
00:14:03moi,
00:14:04et à la Fondation
00:14:04et on va s'inscrire
00:14:05aussi dans l'héritage
00:14:05de Jean Jaurès,
00:14:06de penser qu'au-delà
00:14:07de ces sujets
00:14:08très politiques,
00:14:09en fait,
00:14:10la démocratie,
00:14:10c'est une question
00:14:10beaucoup plus large
00:14:11et donc il y a des questions
00:14:12qui sont plus larges
00:14:13que des questions
00:14:13d'efficacité
00:14:14et de légitimité politique
00:14:15et tant qu'on ne les adresse pas,
00:14:16on aura répondu
00:14:17seulement à une partie
00:14:18du problème.
00:14:20Quatre crises,
00:14:21un petit peu,
00:14:21qui sont peut-être plus profondes
00:14:22et c'est peut-être sur ça
00:14:23qu'il faut qu'on travaille
00:14:24et qu'on arrive
00:14:25à défricher du terrain.
00:14:26La première,
00:14:27c'est la crise des valeurs.
00:14:29Le problème,
00:14:29ce n'est pas les valeurs
00:14:30en soi aujourd'hui.
00:14:31Si on reprend
00:14:32liberté, égalité,
00:14:33on pourra les débattre.
00:14:34Liberté, égalité,
00:14:34fraternité,
00:14:35émancipation,
00:14:37méritocratie,
00:14:38responsabilité,
00:14:39l'enjeu n'est pas tellement
00:14:39ce choix de valeurs,
00:14:41c'est la déconnexion
00:14:42entre leurs promesses
00:14:45et l'incarnation
00:14:46et la réalité.
00:14:47La différence perçue,
00:14:49c'est devenu
00:14:50des concepts abstraits,
00:14:51des concepts lointains
00:14:52où les gens
00:14:53ne se projettent plus.
00:14:55Et ça,
00:14:55ça crée un désintérêt
00:14:56et ça crée
00:14:57ce que petit à petit
00:14:58appelait Tocqueville,
00:15:00le despotisme doux.
00:15:01En fait,
00:15:01on se retire
00:15:02de tout ce qui est public
00:15:03parce qu'on se dit
00:15:04que de toute façon
00:15:04la liberté ou l'égalité
00:15:06n'étant plus fournie
00:15:07par le public,
00:15:07je vais aller me la chercher
00:15:08dans le privé.
00:15:09Deuxième crise,
00:15:10c'est la crise du réel.
00:15:11C'est un autre type
00:15:12de déconnexion,
00:15:13c'est la déconnexion
00:15:13entre la réalité vécue
00:15:15et la réalité qui est annoncée
00:15:16par la politique
00:15:18mais plus largement.
00:15:20On a cette impression
00:15:21dès qu'on fait des études
00:15:22et là on en a fait une
00:15:22assez loin sur le PMU
00:15:24et ce qui se dit
00:15:25dans les PMU.
00:15:26Donc c'est intéressant aussi
00:15:27comme baromètre
00:15:29et comme thermomètre
00:15:29presque du terrain aussi.
00:15:32On a vraiment l'impression
00:15:33qu'il y a deux mondes
00:15:33qui ne se parlent plus
00:15:34et que la réponse
00:15:36et c'est ce qu'on entend
00:15:37quand on fait des études qualitatives
00:15:39c'est que les politiques
00:15:40s'arment de chiffres
00:15:40pour montrer que tout va bien.
00:15:42En fait on a l'impression
00:15:43que les indicateurs
00:15:43ont remplacé le réel
00:15:44et donc on a une impression,
00:15:48une réalité perçue réelle
00:15:49de la vie,
00:15:50qu'elle soit réelle ou pas,
00:15:51ça c'est un autre sujet
00:15:51mais en tout cas
00:15:52on ne discute plus
00:15:53sur le même niveau.
00:15:55On a donc des indicateurs
00:15:56qui ont remplacé le réel
00:15:58comme je disais.
00:16:00Ça rejoint un petit peu l'idée
00:16:01pour ceux qui l'ont lu
00:16:03de la trahison des clercs
00:16:04de Julien Benda
00:16:05des années 30
00:16:06avec cette idée
00:16:07qu'en fait
00:16:07on cache derrière
00:16:09une objectivité
00:16:10des chiffres,
00:16:12du rationnel,
00:16:13une idéologie.
00:16:13C'est l'impression en tout cas
00:16:14qui est en train
00:16:15de réémerger
00:16:15quasiment un siècle après
00:16:17de cette déconnexion.
00:16:19Troisième point
00:16:19c'est la crise culturelle
00:16:21et ça elle est plutôt
00:16:22de l'autre côté.
00:16:23C'est cette vision
00:16:24que Rosan Ballon appelle
00:16:25la contre-démocratie
00:16:26qui est cette vision
00:16:27très mercantiliste,
00:16:28très transactionnelle
00:16:29du pouvoir
00:16:30où on a créé
00:16:30à cause de la société
00:16:31de consommation,
00:16:32de la société
00:16:32de l'individualisation
00:16:33on attend quelque chose
00:16:35de très concret,
00:16:35très précis
00:16:36et très immédiat
00:16:37du pouvoir.
00:16:38On a un rapport marchand
00:16:39et ce qu'explique
00:16:41Rosan Ballon
00:16:42c'est l'idée
00:16:42que les citoyens
00:16:43passent
00:16:45de citoyens
00:16:47à contrôleurs,
00:16:48à clients,
00:16:48qu'on passe
00:16:49de la participation
00:16:49à la transaction
00:16:50et qu'on passe
00:16:51de la morale
00:16:52à l'efficacité.
00:16:53Et ce changement-là
00:16:54qui,
00:16:55et c'est peut-être
00:16:55ce qui touche les jeunes
00:16:56on pourrait y revenir,
00:16:57en fait ils ont toujours
00:16:57connu ça,
00:16:58c'est pas l'acception unique
00:16:59de la démocratie.
00:17:01Évidemment,
00:17:02si on regarde
00:17:02le consentement à l'impôt,
00:17:03il y a plein d'autres
00:17:04courants philosophiques
00:17:05qui ont posé
00:17:06d'autres visions
00:17:07beaucoup moins héroïstes
00:17:08du rapport
00:17:09à l'État
00:17:09et à l'individu.
00:17:11Donc ça c'est
00:17:11troisième crise.
00:17:13Et dernière,
00:17:13c'est la technologique
00:17:14qui en fait,
00:17:15on en parlait juste avant
00:17:16de lancer
00:17:17cette discussion,
00:17:18c'est une accélération
00:17:19en fait.
00:17:20Le numérique
00:17:21vient ajouter quelque chose
00:17:22sur un corps
00:17:24qui est déjà fragilisé
00:17:24et accélérer des usages.
00:17:26Les sujets de l'IA,
00:17:28évidemment,
00:17:29il y a une question
00:17:29du vivre ensemble,
00:17:30il y a une question
00:17:31sur de l'information
00:17:32qui devient une commodité.
00:17:35Mais voilà,
00:17:36c'est une accélération,
00:17:37on pourrait y revenir
00:17:37si vous voulez.
00:17:39Alors,
00:17:39peut-être dans les deux,
00:17:40trois minutes qui me restent,
00:17:41peut-être deux impasses,
00:17:43parce que là,
00:17:44on est en train de rentrer,
00:17:45quand on regarde là aussi
00:17:46les chiffres,
00:17:46dans deux impasses.
00:17:47la première,
00:17:48c'est un espèce
00:17:49d'élitisme techno
00:17:50où on se dit,
00:17:51et là,
00:17:52ça rejoint aussi
00:17:53la pensée de,
00:17:53en tout cas,
00:17:54à ce que décrit
00:17:54Jacques Rancière
00:17:55sur l'idée de,
00:17:58en fait,
00:17:58la réponse à tout ça,
00:17:59c'est trop de voix,
00:18:00trop de participation,
00:18:01trop de demandes.
00:18:02Donc,
00:18:02refermons un petit peu,
00:18:03donnons le pouvoir
00:18:03aux experts.
00:18:04Le problème de ça,
00:18:05c'est qu'on ne gouverne pas,
00:18:06malheureusement,
00:18:06contre le peuple,
00:18:07donc c'est une vision
00:18:07très court-termiste
00:18:08de la réponse.
00:18:11La deuxième,
00:18:11c'est l'autorité.
00:18:13Évidemment,
00:18:13je vais passer un petit peu
00:18:15plus de temps sur celle-là.
00:18:16L'autorité,
00:18:16comme un petit peu
00:18:17comme Pizalé,
00:18:18c'est pas efficace,
00:18:19on va passer en force.
00:18:21C'est 85% des Français
00:18:23qui estiment qu'on a besoin
00:18:24d'un vrai chef en France
00:18:25pour remettre de l'ordre.
00:18:26C'est devant l'Allemagne,
00:18:27c'est devant l'Italie,
00:18:27c'est devant les Pays-Bas.
00:18:30Et alors là,
00:18:30on rentre sur une pente
00:18:31qui est là aussi
00:18:32très glissante.
00:18:3441% ont une vision positive
00:18:35d'avoir un homme,
00:18:37à la tête un homme fort
00:18:38qui n'a pas à se préoccuper
00:18:38du Parlement et des élections.
00:18:3941% des Français.
00:18:40Et on a 24% des Français
00:18:42qui ont une vision positive
00:18:43de la phrase,
00:18:44en tout cas de l'idée
00:18:45que l'armée dirige le pays
00:18:46pour l'efficacité.
00:18:5028%,
00:18:50quasiment 30%.
00:18:52Donc,
00:18:54évidemment,
00:18:54c'est le réflexe
00:18:54un peu sur ce sujet d'efficacité.
00:18:56C'est pour ça que je le dis,
00:18:57si on ne s'attaque que
00:18:58à la légitimité,
00:18:59à l'efficacité,
00:19:00on passe à côté du problème
00:19:01parce que cette réponse,
00:19:02en fait,
00:19:02elle ne va pas,
00:19:04quand on regarde
00:19:04les différentes crises,
00:19:05ce n'est pas une réponse
00:19:06à ces crises-là.
00:19:07C'est juste,
00:19:08elle va s'attaquer
00:19:08un petit peu
00:19:09à l'écume de la vague.
00:19:12C'est un aveu d'échec,
00:19:13évidemment.
00:19:15Et quand on regarde,
00:19:17là aussi,
00:19:18je reviens aux États-Unis,
00:19:19c'est extrêmement court-termiste
00:19:20et ce enjeu de brutalité
00:19:22pour l'efficacité,
00:19:24évidemment,
00:19:25ne fonctionne pas
00:19:25sur le temps long.
00:19:28Là aussi,
00:19:28je vous laisse peut-être
00:19:29avec une vision
00:19:29un petit peu plus philosophique,
00:19:31alors assez conceptuelle,
00:19:32de l'idée qu'en fait,
00:19:34on ne peut pas avoir
00:19:35la démocratie,
00:19:36ça ne peut pas être l'ordre.
00:19:36Alors,
00:19:37je ne dis pas l'ordre dans la rue,
00:19:37je dis l'ordre conceptuellement
00:19:38puisque c'est l'émergence
00:19:40de discours,
00:19:40de débats,
00:19:41de discussions,
00:19:42ça ne peut pas être l'ordre
00:19:43et donc,
00:19:44il ne faut pas que la réponse
00:19:45soit seulement une réponse
00:19:46de fermeture et d'ordre
00:19:48pour sauver la démocratie.
00:19:50Je m'arrête là,
00:19:51peut-être juste pour dire,
00:19:52si je reprends la question initiale,
00:19:53quand on voit comment
00:19:54la situation a évolué récemment
00:19:55dans certains pays,
00:19:56et je me tourne à nouveau
00:19:57transatlantique,
00:19:58on voit que dans la seconde
00:20:01signification du terme,
00:20:02dans la question
00:20:02sommes-nous encore vraiment
00:20:03attachés à la démocratie,
00:20:05en fait que l'attachement
00:20:06physique presque
00:20:07à cette démocratie,
00:20:08il est très fragile
00:20:08et donc c'est là
00:20:09où il faut affronter
00:20:10le problème dès maintenant
00:20:11et re-être attaché
00:20:12à la démocratie
00:20:13pour pouvoir se re-attacher
00:20:15physiquement
00:20:15à ce régime démocratique.
00:20:21Je poursuis
00:20:22avec des remarques
00:20:23préliminaires également,
00:20:24même s'il y a
00:20:24beaucoup de points d'accord
00:20:25avec les deux précédents
00:20:27intervenants.
00:20:28D'abord, je vous remercie
00:20:28pour votre accueil
00:20:29ce soir.
00:20:31Je voudrais d'abord
00:20:31un premier point
00:20:32commencer par souligner
00:20:34la difficulté
00:20:35de l'exercice
00:20:36auquel vous nous conviez
00:20:37ce soir,
00:20:38c'est-à-dire de faire
00:20:38de la prospective
00:20:38sur le régime politique.
00:20:40Il y a un auteur
00:20:41du XVIIIe siècle
00:20:41que j'aime beaucoup
00:20:42qui s'appelle
00:20:42Louis-Sébastien Mercier
00:20:43qui avait écrit un livre
00:20:45en 1770
00:20:46sur la France
00:20:48en 2440.
00:20:49En l'an 2440,
00:20:50c'était assez audacieux
00:20:52comme prospective
00:20:52et dans cette France
00:20:56de 2440,
00:20:57il imaginait
00:20:57qu'on serait toujours
00:20:58gouverné par un bourbon
00:20:59qui serait toujours
00:21:00un roi monarque absolu.
00:21:01Simplement,
00:21:02ce monarque absolu
00:21:03appliquerait
00:21:04les principes
00:21:06des Lumières
00:21:07poussées à bout,
00:21:07les principes
00:21:08du XVIIIe siècle
00:21:09tels qu'ils pourraient
00:21:10être idéalisés.
00:21:12Et donc,
00:21:12c'était un roi bienveillant,
00:21:14éclairé,
00:21:14rationnel,
00:21:15etc.
00:21:15Mais il envisageait
00:21:17par exemple
00:21:17que la Bastille
00:21:18serait détruite
00:21:18mais détruite
00:21:19par un roi éclairé
00:21:20qui avait choisi
00:21:21de la remplacer
00:21:21par un temple
00:21:22de la paix
00:21:23et de la liberté.
00:21:23Après la Révolution,
00:21:26ce même auteur
00:21:26a fait une préface
00:21:28à la réédition
00:21:28de son livre
00:21:29en disant
00:21:29« vous voyez,
00:21:30j'avais prévu
00:21:30que la Bastille
00:21:31serait détruite
00:21:31donc je suis
00:21:32le véritable prophète
00:21:33de la Révolution »
00:21:34mais en fait,
00:21:35pas du tout,
00:21:35c'était vraiment
00:21:36pas du tout
00:21:36ce qui s'est passé.
00:21:37C'est un exemple
00:21:40qu'il garde toujours
00:21:41en tête
00:21:41quand on essaie
00:21:41de faire des prédictions
00:21:42politiques
00:21:42parce que
00:21:43ce n'est pas
00:21:44quelque chose
00:21:44de particulièrement
00:21:44difficile.
00:21:46Le deuxième point
00:21:47dont je voudrais
00:21:48vous faire part
00:21:49c'est que
00:21:49je pense
00:21:50qu'une des
00:21:51grandes raisons
00:21:52pour lesquelles
00:21:52la démocratie
00:21:53est à ce point
00:21:54en débat
00:21:54aujourd'hui
00:21:55c'est qu'on se méprend
00:21:57sur le sens
00:21:59que le mot
00:22:00démocratie peut avoir.
00:22:02On a fini
00:22:03par faire de la démocratie
00:22:04une sorte de réceptacle
00:22:05de toutes les valeurs
00:22:05positives
00:22:06de la société contemporaine.
00:22:08C'est-à-dire qu'on veut
00:22:08que la démocratie
00:22:08ce soit en fait
00:22:09le meilleur régime
00:22:10quel qu'il soit
00:22:11en un certain sens.
00:22:12Alors qu'il fut
00:22:13pendant la grande majorité
00:22:15des siècles
00:22:15qui nous ont précédés
00:22:16jusqu'à la fin
00:22:17du XIXe siècle
00:22:18je pense
00:22:18la démocratie
00:22:19c'était un régime
00:22:20parmi d'autres
00:22:20qui n'était pas forcément
00:22:21vu de manière
00:22:23plus positive
00:22:24que d'autres types
00:22:25de régimes.
00:22:26Pour les philosophes
00:22:27classiques
00:22:27de l'Antiquité
00:22:28jusqu'à Montesquieu
00:22:29encore
00:22:29ça fait simplement partie
00:22:31de la division
00:22:32des différents régimes
00:22:33entre la monarchie
00:22:34vous savez
00:22:34l'aristocratie
00:22:35l'oligarchie
00:22:36la démocratie
00:22:37et la démocratie
00:22:38n'a pas une valeur
00:22:39en soi
00:22:39plus grande
00:22:40que les autres.
00:22:41Elle voulait dire
00:22:42simplement quelque chose
00:22:42de très précis
00:22:43qui était une manière
00:22:44de s'organiser
00:22:44où le peuple vote
00:22:46directement les lois.
00:22:47En fait
00:22:47c'est quelque chose
00:22:47d'aussi bête que ça
00:22:49en un sens
00:22:49et aussi précis
00:22:50à Athènes
00:22:51puisque si on revient
00:22:52à l'origine
00:22:53du terme démocratie
00:22:54c'est bien ce qui se passe
00:22:55c'est qu'il n'y a pas
00:22:55de représentants.
00:22:57Et encore au XVIIIe siècle
00:22:57quand les révolutionnaires
00:22:59français
00:22:59en 1789
00:23:01se posent la question
00:23:02du régime
00:23:03qu'ils veulent donner
00:23:03à la France
00:23:04la plupart d'entre eux
00:23:05ne veulent pas instaurer
00:23:06une démocratie en fait.
00:23:07La révolution
00:23:07initialement
00:23:08n'est pas vraiment
00:23:09démocratique
00:23:09ils veulent instaurer
00:23:10un régime représentatif
00:23:11mais ce qui n'est pas
00:23:12dans leur esprit
00:23:13qui n'est pas la même chose
00:23:14et qui est même
00:23:14tout à fait distinct
00:23:15de la démocratie
00:23:16où précisément
00:23:16il n'y a pas de représentation
00:23:17dans leur conception
00:23:19qui était encore héritée
00:23:20de l'antiquité.
00:23:21Et je pense que c'est
00:23:22quelque chose
00:23:22qui se reflète encore
00:23:23aujourd'hui
00:23:24dans la crise conceptuelle
00:23:26qu'il y a sur la démocratie
00:23:27c'est-à-dire que
00:23:28pour une partie des gens
00:23:29la démocratie
00:23:30ça veut encore dire
00:23:31le pouvoir du peuple
00:23:32tout simplement
00:23:33dans un sens
00:23:33et c'est son sens
00:23:34antique originel
00:23:35et pour d'autres
00:23:36c'est la conception
00:23:38disons plus moderne
00:23:39et libérale
00:23:40en fait
00:23:40qui s'impose
00:23:41où là il s'agit plutôt
00:23:43dans la tradition
00:23:44des Lumières
00:23:44de valeurs
00:23:46comme la séparation
00:23:47des pouvoirs
00:23:47comme le respect
00:23:48de l'état de droit
00:23:49des libertés individuelles
00:23:50etc.
00:23:51Mais en fait
00:23:52ces deux notions
00:23:53sont
00:23:53je ne dirais pas
00:23:54qu'elles sont contradictoires
00:23:55mais elles ne sont pas
00:23:55facilement conciliables
00:23:57et c'est je pense
00:23:58la question
00:23:59qui va préoccuper
00:24:00beaucoup les débats
00:24:01dans les années
00:24:02et décennies à venir
00:24:03en fait
00:24:03elles le font déjà d'ailleurs
00:24:04c'est de lier
00:24:05le pouvoir du peuple
00:24:07et la capacité
00:24:07de la majorité
00:24:08à imposer
00:24:08ses désirs
00:24:09et ses vues
00:24:10avec la protection
00:24:12d'un ordre libéral
00:24:13que nous avons construit
00:24:14depuis le 19ème siècle
00:24:15à peu près
00:24:15et on le voit
00:24:16très bien
00:24:17aux Etats-Unis
00:24:18où c'est la grande question
00:24:18qui se pose
00:24:19dans la lutte
00:24:19entre le pouvoir exécutif
00:24:21de l'administration Trump
00:24:22et les juges
00:24:24la Cour suprême
00:24:25et le reste des états
00:24:25et les états fédérés
00:24:27c'est ce qui se pose
00:24:28aujourd'hui encore
00:24:29en France
00:24:29quand on a des débats
00:24:30sur le rôle des juges
00:24:31précisément
00:24:32sur les questions
00:24:32du gouvernement des juges
00:24:33sur la place
00:24:34du conseil constitutionnel
00:24:35etc.
00:24:35et ces débats-là
00:24:37ne sont pas
00:24:38faciles à résoudre
00:24:39parce qu'en fait
00:24:39il y a une sorte
00:24:40de divergence
00:24:42entre ces deux conceptions
00:24:44de la démocratie
00:24:45dont
00:24:46pour ma part
00:24:47je pense que
00:24:48philosophiquement
00:24:48il n'y a qu'une seule
00:24:49vraie définition
00:24:50de la démocratie
00:24:50qui est la définition
00:24:51originelle
00:24:52et que l'autre
00:24:52est plutôt une forme
00:24:53de libéralisme politique
00:24:55et que les deux
00:24:56sont difficiles à concilier.
00:24:57Le troisième point
00:24:58que je voudrais avancer
00:25:00c'est que
00:25:01en admettant
00:25:02maintenant que
00:25:02nous avons un système
00:25:03représentatif
00:25:04et que nous essayons
00:25:05de concilier
00:25:05avec une forme
00:25:06de démocratie
00:25:06cette représentativité
00:25:09est aujourd'hui
00:25:10en fait assez
00:25:11difficile à trouver
00:25:13en tout cas
00:25:14elle a des failles
00:25:16et je vais prendre
00:25:17un exemple
00:25:18qui m'avait beaucoup frappé
00:25:19quand je l'avais découvert
00:25:20c'est dans un sondage
00:25:21Ipsos de 2021
00:25:22sur la réforme
00:25:24de la haute fonction publique
00:25:25à l'occasion
00:25:26des débats
00:25:26sur la réforme
00:25:28de l'ENA
00:25:28et de la haute fonction publique
00:25:30il y avait eu ce sondage
00:25:31qui avait également
00:25:32interrogé les français
00:25:33sur leur vision
00:25:35de la fonction publique
00:25:35en général
00:25:36et dedans il y avait
00:25:37la question
00:25:37certains proposent
00:25:40de supprimer
00:25:40le statut
00:25:41de l'ensemble
00:25:41des fonctionnaires
00:25:42et de leur donner
00:25:42un statut
00:25:42de contractuel
00:25:43seriez-vous favorables
00:25:44ou opposés
00:25:45à une telle mesure
00:25:45il s'agit quand même
00:25:46de la suppression
00:25:46du statut de fonctionnaire
00:25:47ce qui en France
00:25:48paraît quelque chose
00:25:48d'assez radical
00:25:49et d'assez audacieux
00:25:51et j'étais très surpris
00:25:53de voir la réponse
00:25:54des sondés
00:25:55par affiliation
00:25:56partisane
00:25:57parmi les sympathisants
00:25:59d'abord de gauche
00:26:00et de droite
00:26:00et ensuite à l'intérieur
00:26:00de chaque parti
00:26:01alors évidemment
00:26:02comme on s'y attend
00:26:03par exemple
00:26:0371% des sympathisants
00:26:04les républicains
00:26:05sont pour
00:26:05la suppression
00:26:06du statut de fonctionnaire
00:26:07c'est pas forcément
00:26:08une surprise
00:26:08même si encore
00:26:09qu'il n'y a pas tant
00:26:10d'élus
00:26:12les républicains
00:26:13qui proposent
00:26:14de supprimer
00:26:14le statut de fonctionnaire
00:26:15mais encore plus surprenant
00:26:17la majorité
00:26:17des électeurs de gauche
00:26:18seraient favorables
00:26:19à cette mesure
00:26:20dont 53%
00:26:22par exemple
00:26:22des électeurs
00:26:22du parti socialiste
00:26:23et même 44%
00:26:24des électeurs
00:26:25de la France insoumise
00:26:25qui seraient donc
00:26:26favorables
00:26:27quand on leur demande
00:26:28à supprimer
00:26:29le statut de fonctionnaire
00:26:29alors je ne dis pas
00:26:30que c'est ce qu'il faudrait faire
00:26:31mais simplement
00:26:32je trouve que ça révèle
00:26:33une sorte de décalage
00:26:34entre les propositions
00:26:36et les idées
00:26:38dont on débat
00:26:39à la fois dans les médias
00:26:41et dans les sphères politiques
00:26:43et les avis
00:26:45d'une grande partie
00:26:47des français
00:26:47en fait
00:26:47qui sont probablement
00:26:48moins idéologiques
00:26:49aussi que les militants élus
00:26:52les gens qui s'activent
00:26:53dans la sphère politique
00:26:54et qui en fait
00:26:56donc je pense que
00:26:57le découpage idéologique
00:26:58et politique
00:26:59des français
00:27:00ne recouvre plus bien
00:27:01le découpage des partis
00:27:03il y a plein de raisons
00:27:03à cela
00:27:04principalement historique
00:27:05mais je pense que
00:27:07c'est une des grandes questions
00:27:08qu'il faut poser aujourd'hui
00:27:09c'est est-ce qu'en fait
00:27:10il y a aujourd'hui
00:27:11des moyens
00:27:11pour les français
00:27:12d'exprimer
00:27:13leurs grandes orientations politiques
00:27:16de manière fidèle
00:27:17en fait
00:27:17sur la plupart des sujets
00:27:19on n'est jamais évidemment
00:27:20certains d'avoir
00:27:21100% d'accord
00:27:22avec tel ou tel représentant politique
00:27:23mais je pense qu'il y a
00:27:24aujourd'hui
00:27:25un trop grand décalage
00:27:26avec la réalité
00:27:28des idées
00:27:29des français
00:27:30alors
00:27:30une fois qu'on a dit ça
00:27:31évidemment c'est compliqué
00:27:32de trouver des solutions
00:27:33pour résorber ce problème
00:27:35mais je pense que
00:27:36si on ne le résout pas
00:27:37il peut y avoir
00:27:39un effet un peu
00:27:39de glissement progressif
00:27:40qui finira par effectivement
00:27:41donner encore moins confiance
00:27:43dans à la fois
00:27:43la représentation politique
00:27:45et dans le système même
00:27:46de la démocratie représentative
00:27:48dans les années à venir
00:27:48voilà les quelques points
00:27:50que je voulais souligner
00:27:51en introduction
00:27:52merci beaucoup
00:27:54c'était des propos introductifs
00:27:56très riches
00:27:56je vous ai vu tous
00:27:57très très attentifs
00:27:58en train de se poser
00:27:59des questions
00:28:00sur ce qui va advenir
00:28:01parce que finalement
00:28:02vous avez tous les trois
00:28:03ouvert des champs de réflexion
00:28:05différents
00:28:06mais qui sont complémentaires
00:28:08donc je me tourne tout de suite
00:28:09vers nos rapporteurs
00:28:10qui ont aussi déjà entendu
00:28:12enfin ont déjà commencé
00:28:13leurs auditions
00:28:14tout à l'heure
00:28:16mais vous avez déjà commencé
00:28:17nous avons débarré
00:28:18donc merci
00:28:19merci beaucoup
00:28:19madame la présidente
00:28:20merci beaucoup à vous
00:28:21en tout cas pour vos propos
00:28:23en effet d'ores et déjà
00:28:24très riches
00:28:25alors j'avoue que
00:28:28la question qui est posée
00:28:29en fait a une consonance
00:28:29quand même très très particulière
00:28:31dans le contexte
00:28:32que nous sommes en train
00:28:33de vivre politique
00:28:33c'est en cela
00:28:34que je le trouve aussi
00:28:35extrêmement intéressant
00:28:36et peut-être même
00:28:38parfois bloquant
00:28:40j'ai envie de dire
00:28:40pourquoi je dis bloquant
00:28:41parce que
00:28:42on est dans un tel
00:28:43justement contexte
00:28:45complexe
00:28:46on parle aujourd'hui
00:28:47voilà d'une démocratie
00:28:49qui peut-être arrive
00:28:50à bout de souffle
00:28:51où nous avons aujourd'hui
00:28:52des débats budgétaires
00:28:54des recherches d'échanges
00:28:56de coalitions
00:28:57autour de notre budget
00:28:58qui paraissent compliquées
00:29:00et donc ce sujet
00:29:01sur l'avenir de la démocratie
00:29:03sur l'avenir des valeurs démocratiques
00:29:06en tout cas
00:29:06du contexte dans lequel
00:29:08nous travaillons aujourd'hui
00:29:09interroge véritablement
00:29:10je pense qu'on peut être d'accord
00:29:11sur quand même
00:29:11le constat
00:29:13et vous l'avez dit
00:29:14chacun
00:29:14je pense que finalement
00:29:15vous avez rebondi
00:29:17sur des sujets différents
00:29:18mais avec un constat
00:29:20qui est quand même le même
00:29:20le premier
00:29:21c'est l'inefficacité
00:29:23qui explique aujourd'hui
00:29:24en tout cas
00:29:25le manque de réponse
00:29:26quand on dit l'inefficacité
00:29:27c'est peut-être un grand mot
00:29:28mais le manque de réponse
00:29:29que nous pouvons apporter
00:29:29en fait aux citoyens
00:29:30aujourd'hui
00:29:30et qui interroge
00:29:31sur véritablement
00:29:32l'avenir
00:29:33de notre démocratie
00:29:34en tout cas
00:29:34c'est ce que nous disent
00:29:35aujourd'hui les citoyens
00:29:36le deuxième constat
00:29:39c'est la rupture
00:29:40en effet
00:29:41entre les citoyens
00:29:42et leurs représentants
00:29:44et leurs institutions
00:29:45c'est vraiment
00:29:46ce qui nous interroge
00:29:47aujourd'hui
00:29:48et c'est ce qu'on entend
00:29:49et c'est ce qu'on constate
00:29:50vous nous avez
00:29:51vous avez abordé
00:29:52pas mal de chiffres
00:29:53qui vont dans ce sens
00:29:54mais c'est un constat
00:29:55donc encore une fois
00:29:55que nous partageons tous
00:29:56et puis le troisième
00:29:57c'est quand même
00:29:58un contexte
00:29:59qui ne simplifie pas
00:30:00les choses
00:30:01qui est le contexte
00:30:02technologique
00:30:04vous avez parlé
00:30:05des réseaux sociaux
00:30:05la force des médias
00:30:06aussi
00:30:07qui n'aide pas
00:30:08en tout cas
00:30:09ou qui interroge
00:30:10sur l'avenir
00:30:11des démocraties
00:30:12dans notre pays
00:30:14mais aussi
00:30:14et aussi ailleurs
00:30:15et donc nous en fait
00:30:16dans les travaux
00:30:17que nous menons
00:30:17sur l'avenir
00:30:18des valeurs
00:30:19de la démocratie
00:30:20plusieurs questions
00:30:23en fait
00:30:23qui nous sont posées
00:30:24maintenant
00:30:24la première
00:30:25c'est peut-être
00:30:27déjà cette fascination
00:30:29qu'on peut
00:30:29d'ores et déjà
00:30:30entendre
00:30:31de certains de nos citoyens
00:30:33vers
00:30:34ces despotes
00:30:35en fait
00:30:36aujourd'hui
00:30:36de certains régimes
00:30:38en fait
00:30:39qu'est-ce qui fait
00:30:39qu'aujourd'hui
00:30:40même des citoyens
00:30:40je vais le dire
00:30:41différemment
00:30:41éclairés
00:30:43regardent
00:30:45en fait
00:30:45vers
00:30:46les extrêmes
00:30:47vers
00:30:47les
00:30:48je l'ai dit
00:30:49comme cela
00:30:50mais
00:30:50ceux qui aujourd'hui
00:30:51exercent
00:30:52finalement le pouvoir
00:30:54de manière
00:30:55plutôt autocratique
00:30:56c'est la première question
00:30:57qui nous interroge
00:30:58véritablement aujourd'hui
00:30:59et qui interroge
00:31:00sur l'avenir
00:31:00de la démocratie
00:31:02vous avez abordé
00:31:03aussi
00:31:04la présidente
00:31:05l'a dit également
00:31:05sur les différences
00:31:06des générations
00:31:07générationnelles
00:31:08est-ce que nos jeunes
00:31:09aujourd'hui
00:31:09sont plus ou moins
00:31:10attachés
00:31:11finalement
00:31:11à la démocratie
00:31:13si oui ou sinon
00:31:14et pourquoi
00:31:14j'aimerais en tout cas
00:31:16on aimerait vous entendre
00:31:17là-dessus
00:31:18et puis
00:31:19la troisième question
00:31:20ou en tout cas
00:31:21des questions
00:31:21qu'on se pose
00:31:22existe-t-il aujourd'hui
00:31:24des outils
00:31:24des modèles
00:31:26des outils peut-être
00:31:26démocratiques
00:31:27que nous devrions développer
00:31:28pour faire en sorte
00:31:30de mieux
00:31:31ou faire mieux fonctionner
00:31:33en tout cas
00:31:33notre modèle démocratique
00:31:34merci
00:31:35et en complément
00:31:38je poserai peut-être
00:31:40deux ou trois questions
00:31:41dans vos propos
00:31:43vous
00:31:43finalement
00:31:45et ça rebondit un peu
00:31:48sur ce que tu viens de dire
00:31:48Amel
00:31:49c'est effectivement
00:31:50finalement
00:31:52les français
00:31:52sont sur du
00:31:54sur des
00:31:55on va dire
00:31:56une réflexion
00:31:56très court-termiste
00:31:57comme les politiques
00:31:59où on traite
00:32:00finalement
00:32:00tout en les urgences
00:32:01et on le voit bien
00:32:02on a même
00:32:03l'incapacité
00:32:04à parler
00:32:05de planification
00:32:06si on peut
00:32:08en discuter
00:32:08en débat
00:32:09en audition
00:32:10mais après
00:32:11le mettre en application
00:32:12c'est encore
00:32:12un autre sujet
00:32:13et
00:32:14il y en a
00:32:15justement
00:32:16dans les auditions
00:32:16précédentes
00:32:17qui nous disaient
00:32:18regardez
00:32:18en Chine
00:32:19on est capable
00:32:20effectivement
00:32:21de lancer
00:32:22une filière
00:32:23de la batterie
00:32:24de la voiture électrique
00:32:24en 15 ans
00:32:25et puis ici
00:32:26en France
00:32:26vous êtes incapable
00:32:27de faire un budget
00:32:28en 70 jours
00:32:30enfin
00:32:30incapable
00:32:32d'aboutir
00:32:34à quelque chose
00:32:35même en ayant
00:32:36un modèle démocratique
00:32:37installé
00:32:38c'est un peu
00:32:39un peu la provoque
00:32:41mais c'est un peu
00:32:42ce que finalement
00:32:43ce que les gens
00:32:43ressentent aussi
00:32:44c'est à dire
00:32:45on a un modèle démocratique
00:32:47qui pourrait nous permettre
00:32:49normalement
00:32:50d'être à l'épreuve
00:32:52sur du temps long
00:32:53avec le dérèglement climatique
00:32:55les bouleversements technologiques
00:32:57les questions de ressources
00:32:59enfin les mutations
00:33:00du rapport au travail
00:33:03et au collectif
00:33:04tout ça
00:33:04normalement
00:33:05vu comment on est installé
00:33:07mais
00:33:07la 5ème république
00:33:09mine de rien
00:33:10avec le tripartisme
00:33:12enfin les trois blocs
00:33:14on voit bien
00:33:14on sort de la culture
00:33:18de base
00:33:18culture politique
00:33:19qui était la majorité
00:33:20l'emporte
00:33:21et on déroule derrière
00:33:22en fait
00:33:23on n'est plus du tout
00:33:23là dedans
00:33:24et donc
00:33:25on en tirait
00:33:27des conclusions
00:33:27sur
00:33:27sur est-ce que
00:33:29en fait
00:33:29le mode de scrutin
00:33:31fait partie de la solution
00:33:33donc le changement
00:33:34de mode de scrutin
00:33:35sur notamment
00:33:36l'élection présidentielle
00:33:37et législative
00:33:38ou est-ce que
00:33:41c'est
00:33:41finalement
00:33:43c'est un
00:33:43mais alors là
00:33:44c'est bien plus compliqué
00:33:45parce que
00:33:46finalement
00:33:47on n'est pas habitué
00:33:48que ce soit les parlementaires
00:33:49à l'Assemblée nationale
00:33:50peut-être un peu plus habitué
00:33:52au Sénat
00:33:52mais
00:33:52sur la question
00:33:54du pluralisme
00:33:55et du coup
00:33:55d'aller chercher
00:33:56des compromis
00:33:57et des coalitions
00:33:58sur
00:33:58des
00:34:00alors
00:34:00monsieur tout à l'heure
00:34:02parlait plutôt
00:34:02sur des valeurs
00:34:03dans un premier temps
00:34:03et après peut-être
00:34:04sur des projets
00:34:05et des idées
00:34:06mais
00:34:07on voit bien
00:34:08qu'on tourne
00:34:09un peu autour du pot
00:34:10sachant que
00:34:13finalement
00:34:14le débat démocratique
00:34:15aujourd'hui
00:34:16en France
00:34:16il tourne beaucoup
00:34:18sur la forme
00:34:19c'est-à-dire
00:34:20qu'elle
00:34:20et d'ailleurs
00:34:21ceux qui sont les plus
00:34:22invités
00:34:23sur les plateaux télé
00:34:24ce sont les constitutionnalistes
00:34:25on voit bien
00:34:27c'est
00:34:28quel article
00:34:28on peut activer
00:34:29de la constitution
00:34:30quel manip
00:34:32juridique
00:34:33on peut
00:34:33la lettre rectificative
00:34:35finalement
00:34:37on s'attourne
00:34:37essentiellement autour de ça
00:34:39donc ça sent
00:34:39un peu quand même
00:34:40le malaise
00:34:41ça répond pas du tout
00:34:42aux préoccupations
00:34:43des français
00:34:43et donc
00:34:44face à ça
00:34:46quels sont
00:34:47les choix
00:34:48qu'on doit
00:34:49installer
00:34:51en tout cas
00:34:52dans le débat public
00:34:52pour sortir
00:34:55un peu
00:34:55parce que finalement
00:34:57je trouve que
00:34:58on pousse
00:35:00les gens
00:35:01à raisonner
00:35:01et à se dire
00:35:03un député
00:35:06ou un sénateur
00:35:07ça coûte
00:35:07tant
00:35:08pour un français
00:35:09et en fait
00:35:10la rentabilité
00:35:10du truc
00:35:11c'est
00:35:12beaucoup
00:35:13d'heures
00:35:14de débat
00:35:15beaucoup
00:35:16de discussions
00:35:17mais
00:35:18est-ce que
00:35:18ça va changer
00:35:19ma vie
00:35:19ça je sais pas
00:35:21et ça
00:35:21on l'entend
00:35:22de plus en plus
00:35:23c'est-à-dire que
00:35:24la logique
00:35:25de l'électeur
00:35:26consommateur
00:35:27et qui devient
00:35:28maintenant
00:35:28à contrôler
00:35:29et à comptabiliser
00:35:30la rentabilité
00:35:32on voit bien
00:35:32que ça pousse
00:35:34à les remettre
00:35:35en cause
00:35:35totalement
00:35:35le modèle démocratique
00:35:36c'est assez flippant
00:35:38et donc
00:35:38quand vous disiez
00:35:40il y a effectivement
00:35:40l'efficacité
00:35:42et la légitimité
00:35:43finalement c'est
00:35:44l'efficacité d'abord
00:35:45et après
00:35:45je pense que
00:35:46la légitimité
00:35:47viendra par la suite
00:35:48et c'est la question
00:35:49de l'efficacité
00:35:50qu'on nous demande
00:35:51donc
00:35:52il n'y avait pas forcément
00:35:53beaucoup de questions
00:35:54dans mon propos
00:35:55mais il y a quand même
00:35:56aussi des réflexions
00:35:57et donc
00:35:58est-ce que
00:35:59vous pouvez nous éclairer
00:36:00avec les différentes études
00:36:01et votre vécu
00:36:03effectivement
00:36:04je vous propose
00:36:04de réagir
00:36:05sur les interventions
00:36:06questions de nos deux rapporteurs
00:36:07et puis ensuite
00:36:08les membres de la délégation
00:36:10vous viendront compléter
00:36:12et poser leurs propres questions
00:36:13je réagis en effet
00:36:17de la manière suivante
00:36:19s'agissant
00:36:21ce que Raphaël tout à l'heure
00:36:23d'ailleurs
00:36:23a évoqué
00:36:24du décalage
00:36:25l'hypothèse d'un décalage
00:36:27entre un système
00:36:28de représentation
00:36:29politico-médiatique
00:36:30et puis
00:36:31pour aller vite
00:36:31et puis
00:36:32la société elle-même
00:36:34je pense
00:36:36que c'est une piste
00:36:37utile ça
00:36:38dans l'enquête
00:36:39de Dylan
00:36:40que j'ai lue attentivement
00:36:42si vous regardez
00:36:43effectivement
00:36:45la confiance
00:36:45dans les partis
00:36:46c'est 10%
00:36:47les députés
00:36:47c'est 20%
00:36:48l'Assemblée nationale
00:36:49c'est 20%
00:36:50si vous regardez
00:36:52le haut
00:36:52number one
00:36:54c'est la PME
00:36:5682%
00:36:58ensuite vous avez
00:36:59les scientifiques
00:37:0081%
00:37:01les grandes entreprises
00:37:0447%
00:37:05les banques
00:37:0745%
00:37:09les syndicats
00:37:1036%
00:37:12il y a tout un monde
00:37:13dans lequel
00:37:14les français
00:37:14ont confiance
00:37:15qui est en général
00:37:17discrédité
00:37:18dont on parle
00:37:19de la façon
00:37:20la plus négative
00:37:21qui soit
00:37:22qui d'ailleurs
00:37:23le monde
00:37:23que fréquentent
00:37:24les français
00:37:24c'est leur boîte
00:37:26c'est leur service
00:37:27ce sont leurs interactions
00:37:29et c'est un monde
00:37:31qui n'a pas du tout
00:37:32dans le débat
00:37:33politique-démocratique
00:37:34pas du tout
00:37:35la place
00:37:35qu'il a dans la société
00:37:37et pas simplement
00:37:38par nécessité pratique
00:37:40il faut un banquier
00:37:41il faut un emploi
00:37:41c'est la confiance
00:37:43ça mesure la confiance
00:37:44et c'est saisissant
00:37:45parce que la défiance
00:37:47à l'égard
00:37:48des politiques
00:37:49à l'exception
00:37:50des maires
00:37:5068%
00:37:52je crois que vous l'avez dit
00:37:53c'est très significatif
00:37:56à l'exception des maires
00:37:57la confiance
00:37:57la défiance
00:37:58dans les politiques
00:37:59elle se contrebalance
00:38:02par une grande confiance
00:38:03dans des institutions
00:38:04de ce type
00:38:05qui sont
00:38:06je dirais
00:38:08un peu
00:38:09contre-intuitives
00:38:11sur la question
00:38:13des jeunes
00:38:14c'est une question clé
00:38:15l'hypothèse
00:38:17que la science politique
00:38:18aujourd'hui
00:38:19pas française
00:38:20la science politique
00:38:20du monde démocratique
00:38:22c'est une notion
00:38:23qui a été beaucoup développée
00:38:24aux Etats-Unis
00:38:24celle que je vais utiliser là
00:38:25mais l'hypothèse
00:38:26la plus admise
00:38:28c'est qu'il y a un processus
00:38:29de déconsolidation démocratique
00:38:31c'est le mot
00:38:32que nous employons
00:38:32il y a une déconsolidation
00:38:34démocratique
00:38:35qui se vérifie
00:38:36en observant
00:38:37le comportement
00:38:39électoral
00:38:40les comportements
00:38:41politiques d'ailleurs aussi
00:38:42des nouvelles générations
00:38:43marquées par l'abstention
00:38:45forte abstention
00:38:46abstention massive
00:38:48un désintérêt
00:38:49par un vote
00:38:52qui est effectivement
00:38:52plus volontiers
00:38:54radical
00:38:54à droite
00:38:56à gauche
00:38:56par des modalités
00:38:59d'action
00:39:00qui sont beaucoup plus
00:39:01protestataires
00:39:02éventuellement même
00:39:02plus violentes
00:39:03etc
00:39:05et donc
00:39:06ce sont des modalités
00:39:07qui ne témoignent pas
00:39:09nécessairement
00:39:10d'une dépolitisation
00:39:11par contre
00:39:12mais qui témoignent
00:39:14d'une prise de distance
00:39:15à l'égard des procédures
00:39:16qui ont été imaginées
00:39:17formalisées
00:39:17organisées
00:39:18pour que ça se passe bien
00:39:19qu'on puisse exprimer
00:39:21nos préférences
00:39:22et nos désaccords
00:39:22sans que ce soit dramatique
00:39:24et là on commence
00:39:25à sortir de tout ça
00:39:26c'est pour ça
00:39:27qu'il y a une forme
00:39:28de malaise
00:39:29et d'inquiétude
00:39:29que nous partageons tous
00:39:30ici j'en suis sûr
00:39:31et que les français
00:39:32éprouvent aussi
00:39:32à l'égard de ce qui nous arrive
00:39:34sur la question du despotisme
00:39:36je pose une question
00:39:37à Dylan
00:39:39qui peut-être
00:39:39tout à l'heure
00:39:40voudra bien y répondre
00:39:40c'est une question méthodologique
00:39:42je ne sais plus
00:39:43si dans votre enquête
00:39:44j'ai oublié
00:39:46vous posez la question
00:39:47entre différents modèles
00:39:49politiques
00:39:50qui est une question
00:39:51parce que moi
00:39:51j'ai fait les deux
00:39:52une question d'évaluation
00:39:54est-ce que vous aimez
00:39:56ce système
00:39:56par exemple
00:39:5740%
00:39:58j'aime bien
00:39:58et celui-ci
00:40:00j'aime bien
00:40:0130%
00:40:02etc
00:40:03ou est-ce que vous pouvez
00:40:04vous avez testé
00:40:05en demandant
00:40:06de choisir
00:40:06un système
00:40:07quand je demande
00:40:09moi j'ai fait ça
00:40:10sur 30 000 personnes
00:40:11en avril 2024
00:40:14avec l'enquête
00:40:14fond d'apol
00:40:15sur les européens
00:40:16juste avant les européennes
00:40:17je demande
00:40:17est-ce que vous êtes
00:40:19pour un système
00:40:20où il y a
00:40:21un homme
00:40:21qui gouverne vraiment
00:40:24on dit un homme fort
00:40:25c'est la formule
00:40:26que
00:40:26on en emploie tous
00:40:27sans consulter le parlement
00:40:29ni se soucier beaucoup
00:40:30ou de la presse
00:40:31une formule de ce type
00:40:31qui dit des choses clairement
00:40:32qui va préférer ça
00:40:36personne
00:40:36personne
00:40:38on peut vous dire
00:40:40qu'on apprécie
00:40:41l'autorité
00:40:42parce qu'on voudrait
00:40:42de l'autorité
00:40:43dans le monde démocratique
00:40:44ça ne signifie pas
00:40:46qu'on veut sortir
00:40:47du monde démocratique
00:40:47en tout cas
00:40:48nous n'avons pas
00:40:49encore assez d'éléments
00:40:50j'aurais plus d'inquiétudes
00:40:51sur l'effondrement
00:40:52de la démocratie
00:40:53par un abandon
00:40:54un désintérêt
00:40:55une culture
00:40:56qui n'est plus appropriée
00:40:57des pratiques
00:40:58qui ne sont plus régulatrices
00:40:59ou une puissance publique
00:41:01qui n'arrive plus du tout
00:41:01à délivrer
00:41:02que sur le fantasme
00:41:04ou le désir
00:41:05d'un despote
00:41:06que nous aurions enfin
00:41:07ça c'est un
00:41:08alors je ne dis pas ça
00:41:09de manière définitive
00:41:10j'ai pas de raison
00:41:11de le faire
00:41:11je pense qu'il faut faire attention
00:41:13en utilisant les questions
00:41:15qui sont
00:41:16les plus précises
00:41:18là-dessus
00:41:18et puis je termine
00:41:19par la question
00:41:20que vous évoquiez
00:41:21monsieur
00:41:22des institutions
00:41:23du mode de scrutin
00:41:24etc
00:41:25je crains moi
00:41:29ce débat
00:41:29parce que
00:41:30c'est le débat
00:41:31qui nous laisse penser
00:41:33que si nous n'y arrivons pas
00:41:35c'est parce que nous n'avons pas
00:41:37les bonnes institutions
00:41:38et moi je me demande
00:41:41quelles sont les institutions
00:41:42qui nous permettent
00:41:44de réformer
00:41:46le régime des retraites
00:41:47par exemple
00:41:48ou qui nous permettent
00:41:50de manière consensuelle
00:41:51de faire avec l'argent
00:41:53que nous avons
00:41:53nous en avons en réalité
00:41:54beaucoup moins
00:41:55de préserver les générations futures
00:41:56d'une dette excessive
00:41:58etc
00:41:58avec les moyens que nous avons
00:42:00les moyens financiers
00:42:01quel est l'autre système
00:42:03qui fait que nous aurions
00:42:04un consensus
00:42:04sur toutes les questions
00:42:06qui nous opposent aujourd'hui
00:42:07qu'est-ce qui fait
00:42:08qu'on se mettrait d'accord
00:42:08sur un taux d'imposition
00:42:09qu'est-ce qui nous manque
00:42:10comme institution
00:42:11en fait
00:42:12il ne nous manque rien
00:42:14pour le faire
00:42:14nous ne sommes pas d'accord
00:42:15c'est tout
00:42:15et je ne vois pas
00:42:17quel nouvel agencement
00:42:17nous mettrait d'accord
00:42:18par contre
00:42:19et je termine là-dessus
00:42:20alors ce que je vais dire
00:42:21est très
00:42:22très malvenu
00:42:25c'est presque hérétique
00:42:26sous la Vème République
00:42:26par contre
00:42:28nous avons une élection
00:42:29qui est un poison
00:42:30qui est l'élection présidentielle
00:42:32au suffrage universel direct
00:42:34c'est le poison inventé
00:42:37par l'inventeur du régime
00:42:38c'est le cocasse quand même
00:42:41et je le dis ici
00:42:42avec une pensée
00:42:43pour Gaston Monnerville
00:42:44c'est quand même
00:42:46l'élection
00:42:46qui empêche
00:42:48tout compromis
00:42:49qui personnalise
00:42:50à outrance
00:42:51qui polarise à outrance
00:42:52on va le voir
00:42:52la prochaine présidentielle
00:42:54reparler des retraites
00:42:55pendant la présidentielle
00:42:56ça va être quelque chose
00:42:57et donc j'en arrête là
00:42:58mais s'il y a une réforme institutionnelle
00:43:00que je recommanderais
00:43:01moi c'est celle-là
00:43:02de revenir
00:43:03à une élection
00:43:04qui est moins personnelle
00:43:06moins charismatique
00:43:08je ne me fais pas d'illusion
00:43:09ni sur la suppression
00:43:11de cette élection
00:43:12ni sur les conséquences
00:43:13de son maintien
00:43:14je poursuis la réflexion
00:43:21évidemment
00:43:21je suis très aligné
00:43:23avec pas mal de choses
00:43:24si je reprends
00:43:25les points dans l'ordre
00:43:26sur la fascination
00:43:27du despote
00:43:28là aussi
00:43:30c'est des théories
00:43:31en fait
00:43:32c'est une fascination
00:43:33en creux
00:43:33et c'est là où
00:43:34si je rejoins
00:43:35pas mal de choses
00:43:35qui ont été dites
00:43:36je pense que
00:43:37si on avait
00:43:37quelque chose
00:43:38qui fonctionnait bien
00:43:40et alors
00:43:40c'est là où je ne dis pas
00:43:41forcément efficace
00:43:41mais en tout cas
00:43:42qui fonctionnait bien
00:43:42il y aurait moins
00:43:43donc voilà
00:43:43il ne faut pas non plus
00:43:44qu'on obsède complètement
00:43:45sur cette fascination
00:43:46de
00:43:47oui
00:43:48et c'est là même plus loin
00:43:49je pense que
00:43:50en fait
00:43:50si on veut jouer
00:43:51dans la même course
00:43:53on va perdre à chaque fois
00:43:53parce que oui
00:43:54le régime chinois
00:43:55quand il met en avant
00:43:56du solaire
00:43:57il sera toujours meilleur
00:43:57donc je veux dire
00:43:58on va perdre ce combat
00:43:59si on dit que ce n'est
00:44:00que un combat
00:44:01d'efficacité
00:44:02et qu'on joue
00:44:04cette course là
00:44:05ce qu'il faut
00:44:07c'est arriver à
00:44:08prendre un peu
00:44:09un parti pris
00:44:09enfin différent
00:44:10et c'est ce parti pris
00:44:12qu'il faut arriver à imaginer
00:44:13et cet angle
00:44:14un petit peu différent
00:44:14et c'est là où peut-être
00:44:15qu'on ne sera pas
00:44:16tous les trois d'accord
00:44:17nous à la fondation
00:44:18et moi je pense
00:44:19que c'est le sujet
00:44:21de la co-construction
00:44:22et de revenir
00:44:23sur faire avec
00:44:24faire ensemble
00:44:24il y a une des questions
00:44:26et après je reviendrai
00:44:27sur la question
00:44:27sur l'étude
00:44:2871% des français
00:44:31pensent que la démocratie
00:44:32fonctionnerait mieux
00:44:32en France
00:44:33si les citoyens
00:44:33étaient associés
00:44:34de manière directe
00:44:35à toutes les grandes
00:44:35décisions politiques
00:44:36alors toutes
00:44:37peut-être pas
00:44:38la réforme de la retraite
00:44:39mais en tout cas
00:44:40nous ce qu'on pose
00:44:41et les travaux
00:44:42qu'on mène
00:44:42avec la fondation
00:44:43depuis un moment
00:44:44c'est comment
00:44:45on arrive à réancrer
00:44:46justement une politique
00:44:47qui ne se fait pas
00:44:48une fois tous les 5 ans
00:44:49qui est régulière
00:44:51et qui ne passe pas
00:44:51que par l'élection
00:44:52et qui aussi ouvre
00:44:53la question
00:44:54d'une démocratie
00:44:55peut-être plus directe
00:44:56sur certains points
00:44:57il suffit de voir
00:44:57le succès qu'ont eu
00:44:59en tout cas
00:45:01la première convention citoyenne
00:45:02qui aurait dû
00:45:03mieux marcher que ça
00:45:03mais en tout cas
00:45:04nous on est vraiment convaincus
00:45:05que c'est pas
00:45:06enfin il faut sortir du champ
00:45:07de l'efficacité
00:45:08et d'aller plus vite
00:45:09que les régimes autoritaires
00:45:12là-dessus
00:45:12il faut réembarquer
00:45:13et ça ça passe aussi
00:45:14et je suis heureux
00:45:15de le dire ici
00:45:15par le local
00:45:16évidemment il y a
00:45:17beaucoup d'enjeux
00:45:18qui se jouent au quotidien
00:45:19sur du local
00:45:20et ça passe aussi
00:45:22par une confiance
00:45:22en fait
00:45:22tant qu'on est persuadé
00:45:24que les citoyens
00:45:24de toute façon
00:45:25ne veulent pas s'en occuper
00:45:25ça ne les intéresse pas
00:45:27et qu'ils préfèrent
00:45:28juste remplir leur caddie
00:45:29tant que cette confiance
00:45:31là elle n'est pas
00:45:32réinstaurée
00:45:32dans les deux sens
00:45:34ça ne marchera pas
00:45:35donc voilà
00:45:35sur ce premier point
00:45:37la fascination des spots
00:45:38je pense que c'est une erreur
00:45:38de foncer sur l'efficacité
00:45:40on sera toujours perdant
00:45:41sur les jeunes
00:45:42et donc oui
00:45:43la question sur l'étude
00:45:44oui en fait
00:45:45on demande
00:45:45c'est une liste
00:45:46d'items séparés
00:45:47donc voilà
00:45:48il y a un enjeu
00:45:49on cherche de toute façon
00:45:51dans toutes les études
00:45:52il y a toujours un enjeu
00:45:53de comment on arrive
00:45:53à trouver un chiffre
00:45:54qui émerge
00:45:56donc voilà
00:45:56sur les jeunes
00:45:58les jeunes
00:45:59je pense que
00:46:00en fait
00:46:00là aussi
00:46:01ils ont vu
00:46:03de manière exacerbée
00:46:04tous ces enjeux
00:46:05en fait
00:46:05ils n'ont pas connu
00:46:06autre chose
00:46:06ils ont connu ce monde
00:46:07alors le digital
00:46:08etc
00:46:10un monde
00:46:10où leurs parents
00:46:11n'ont peut-être pas
00:46:12accompli les promesses
00:46:13ou en tout cas
00:46:14les espoirs
00:46:15qu'ils avaient
00:46:15et on en parle
00:46:16je pense
00:46:17il y a 20 ans
00:46:17on parlait ça
00:46:18dans certains quartiers
00:46:19aujourd'hui
00:46:19je pense que c'est
00:46:20beaucoup plus large
00:46:20et c'est un vrai sujet
00:46:21comment est-ce qu'ils voient
00:46:22leurs parents déçus
00:46:23peut-être par cette promesse
00:46:24ils voient la rapidité
00:46:26l'accélération
00:46:27donc eux aussi
00:46:28ils sont dans cet enjeu
00:46:29d'efficacité
00:46:30et ça évidemment
00:46:30les réseaux sociaux
00:46:31en font partie
00:46:32et après
00:46:33il y a un autre sujet
00:46:34qui est l'éducation
00:46:34l'éducation
00:46:35on a décidé
00:46:35qu'on allait former
00:46:36des gens
00:46:37qui étaient prêts
00:46:37pour la vie active
00:46:38professionnelle
00:46:39on a mis de côté
00:46:40toute l'éducation
00:46:42qui font
00:46:43un bon citoyen
00:46:45et donc
00:46:47c'est des partis pris
00:46:48sur l'éducation
00:46:49il y a un vrai sujet
00:46:50et on ne va pas pouvoir
00:46:51remettre par dessus
00:46:52les heures actuelles
00:46:53tout ce qu'on entend
00:46:54sur l'esprit critique
00:46:55le recul face aux médias
00:46:56etc
00:46:56il va falloir
00:46:57qu'on fasse un choix
00:46:58comment on veut éduquer
00:47:00nos enfants
00:47:01nos adolescents
00:47:02et ce choix
00:47:03il a été fait
00:47:03très professionnalisant
00:47:05jusqu'à maintenant
00:47:05et donc c'est une question
00:47:06qui est ouverte
00:47:07sur ce point là
00:47:08est-ce qu'on remet
00:47:08autre chose
00:47:09parce qu'on est aujourd'hui
00:47:10un adolescent
00:47:11un enfant
00:47:11n'a pas l'éducation
00:47:12qui lui permet
00:47:13d'être un bon citoyen
00:47:14et je vais citer
00:47:15quelqu'un qui a beaucoup
00:47:17travaillé sur ces sujets
00:47:18qui est Gérald Bronner
00:47:18il dit aujourd'hui
00:47:19pour mettre un peu
00:47:20la barre sur l'éducation
00:47:22il faut défendre
00:47:22l'espace mental
00:47:23comme on défendrait
00:47:24un territoire menacé
00:47:24c'est ce niveau là
00:47:25de réflexion
00:47:26et de combat
00:47:27qu'il faut mener
00:47:29ce qui pose des questions
00:47:32en éducation
00:47:32sur les différences
00:47:34les inégalités
00:47:34en éducation
00:47:35etc
00:47:35et après
00:47:38un autre sujet
00:47:39qu'on va avoir
00:47:39c'est tous ceux
00:47:40qui ne sont plus
00:47:41à l'école
00:47:41parce qu'on va pas se dire
00:47:42on va travailler
00:47:43sur la génération
00:47:43suffisante
00:47:44et puis on va oublier
00:47:44et donc là
00:47:45il y a des travaux
00:47:46qui sont en train
00:47:47d'être menés
00:47:47de réflexion
00:47:48sur presque
00:47:49s'inspirer
00:47:51sur le complotisme
00:47:53et sur le vivre ensemble
00:47:53s'inspirer
00:47:54de certains travaux
00:47:55qui ont été faits
00:47:56sur les radicalisations
00:47:56pour arriver
00:47:58à désescalader
00:47:58à revenir en arrière
00:47:59parce que c'est pas
00:48:00en assinant des chiffres
00:48:01qu'on va sortir
00:48:02les gens
00:48:02des complotistes
00:48:03on commence juste
00:48:06ces réflexions là
00:48:06sur comment on sort
00:48:08les gens du complotisme
00:48:09il n'y a pas de solution
00:48:10parfaite
00:48:11mais voilà sur ça
00:48:13et après
00:48:13sur les outils
00:48:14alors
00:48:15là ce qui émerge
00:48:16pas mal en ce moment
00:48:16c'est la question
00:48:17de l'article 16
00:48:18qui est ce bombardement
00:48:19retardement démocratique
00:48:20qui pourrait
00:48:21d'un coup
00:48:22je ne vais pas
00:48:24revenir là dessus
00:48:24mais voilà
00:48:26dans les solutions
00:48:27la question de
00:48:28repolitiser au quotidien
00:48:29et dans toutes les tranches
00:48:31localement
00:48:32redonner du pouvoir
00:48:33collectif
00:48:33innover
00:48:34en matière
00:48:35de démocratie
00:48:36c'est un vrai point
00:48:38être irréprochable
00:48:39et irresponsable
00:48:40et là je rejoins
00:48:40un livre
00:48:41qui est sorti
00:48:41aux Etats-Unis
00:48:42qui après l'élection
00:48:43de la première élection
00:48:44de Trump
00:48:44sur la tyrannie
00:48:45Timothy Snyder
00:48:46qui a analysé
00:48:47dans toutes les dictatures
00:48:48et les régimes non démocratiques
00:48:49qu'est-ce qui les avait
00:48:50amenés vers là
00:48:51et en effet
00:48:51c'est pas du tout
00:48:52un soulèvement
00:48:53un rejet
00:48:54l'envie d'un homme fort
00:48:56c'est l'érosion
00:48:57et la passivité
00:48:58c'est le fait
00:48:59d'accepter
00:49:00qu'on parle
00:49:01du gouvernement
00:49:01des juges
00:49:02qu'on mette en question
00:49:03l'état de droit
00:49:04c'est toutes ces questions-là
00:49:05qui érodent
00:49:05petit à petit
00:49:06et qui délégitiment
00:49:08le pouvoir démocratique
00:49:10c'est ce qui émerge aussi
00:49:12ce qu'on appelle
00:49:12le brutalisme constitutionnel
00:49:13c'est de se dire
00:49:14je respecte les règles
00:49:15mais je vais tordre
00:49:16les règles tellement fortes
00:49:17pour garder l'avantage
00:49:18que ça va me permettre
00:49:19de passer
00:49:20et donc c'est toutes ces questions-là
00:49:22qui détruisent en fait
00:49:23la démocratie
00:49:24c'est pas
00:49:24une révolte populaire
00:49:27ou en tout cas
00:49:28pas toujours
00:49:29après il y a la question
00:49:30mais je reviendrai
00:49:31là-dessus
00:49:32sur la question
00:49:33du mouvement
00:49:34et du récit
00:49:34qui est un vrai sujet aussi
00:49:35mais je vais m'arrêter là
00:49:36pour l'instant
00:49:37je voudrais apporter
00:49:40un point de désaccord
00:49:41sur la question
00:49:42de l'efficacité
00:49:43puisqu'on a beaucoup parlé
00:49:44et je ne crois pas
00:49:46je suis même convaincu
00:49:47que la démocratie
00:49:48n'a pas de raison
00:49:48d'être associée
00:49:49à une inefficacité
00:49:50plus grande
00:49:51que celle d'autres régimes
00:49:53alors je n'aurais pas abusé
00:49:55du tropisme antique
00:49:55mais d'abord
00:49:56dans la philosophie classique
00:49:58la démocratie
00:49:58est plutôt vue
00:49:59comme le régime
00:49:59le plus rapide
00:50:01et violent
00:50:02et agressif
00:50:03par rapport aux autres régimes
00:50:05qui sont censés être
00:50:05un peu plus lents
00:50:06alors qu'aujourd'hui
00:50:07on a tendance à croire
00:50:07que le despotisme
00:50:08serait plus rapide
00:50:09et plus actif
00:50:10alors que la démocratie
00:50:11serait forcément
00:50:11une sorte de grand
00:50:13monstre mou
00:50:14qui met du temps
00:50:15à faire des compromis
00:50:16etc.
00:50:16mais en fait
00:50:17ce n'est pas nécessairement
00:50:18le cas
00:50:18ensuite parce qu'il y a
00:50:20beaucoup de régimes
00:50:21totalement antidémocratiques
00:50:22qui ont été aussi
00:50:23très lents
00:50:23et très inefficaces
00:50:24ou en tout cas
00:50:25qui ont eu de la bureaucratie
00:50:26et des lenteurs
00:50:27je pense à l'URSS bien sûr
00:50:28et surtout
00:50:30on a connu
00:50:31des réalisations
00:50:32et des plans d'action
00:50:33dans la France démocratique
00:50:34du XXe siècle
00:50:35qui ont été
00:50:36des modèles de réussite
00:50:37et d'efficacité
00:50:38je pense au plan
00:50:38Messmer par exemple
00:50:39on a réussi quand même
00:50:41à faire un déploiement
00:50:41du nucléaire en France
00:50:43dans un pays
00:50:43qui était démocratique
00:50:44de manière extraordinaire
00:50:46et qui a été envié
00:50:47par beaucoup d'autres
00:50:47pays dans le monde
00:50:48donc je pense que
00:50:49ce qui a changé depuis
00:50:50parce que ce n'est plus
00:50:51le cas aujourd'hui
00:50:51je pense même
00:50:52ce serait une expérience
00:50:52de pensée intéressante
00:50:53à faire d'un point de vue
00:50:54juridique
00:50:54c'est d'essayer de voir
00:50:55si aujourd'hui
00:50:56tout ce qu'on a fait
00:50:57dans les années 70
00:50:57dans ce domaine là
00:50:58en particulier
00:50:59serait faisable aujourd'hui
00:51:00ou pas
00:51:00je pense que non
00:51:01je pense qu'on mettrait
00:51:02énormément
00:51:02on mettrait 30 ans de plus
00:51:04pour faire ce qu'on a fait
00:51:04en moins de 10 ans
00:51:05peut-être même plus que ça
00:51:07on ne pourrait pas le faire du tout
00:51:08donc je pense que
00:51:09s'il y a une question institutionnelle
00:51:10à se poser
00:51:10puisque vous souleviez la question
00:51:12je suis d'accord
00:51:13avec Dominique Régnier
00:51:13c'est pas la question
00:51:14finalement
00:51:15de la constitution
00:51:16ou en tout cas
00:51:17des rapports
00:51:18entre l'exécutif
00:51:18et le parlement
00:51:19ou du mode de scrutin
00:51:20en revanche je pense
00:51:21qu'il y a quand même
00:51:21une question institutionnelle
00:51:22mais elle est moins évidente
00:51:24et moins classique disons
00:51:26elle se pose plutôt
00:51:27dans les rapports
00:51:28entre d'une part
00:51:28l'exécutif et le législatif
00:51:30et la capacité
00:51:31à faire des lois
00:51:31et à les appliquer
00:51:32et d'autre part
00:51:33les agences indépendantes
00:51:35mais aussi les juges
00:51:36enfin tout ce qui malheureusement
00:51:37est aujourd'hui
00:51:39un peu mis dans le baquet
00:51:41de l'état de droit
00:51:42de manière un peu rapide
00:51:43je pense
00:51:43et qui fait que précisément
00:51:45on a du mal
00:51:46à avoir de l'efficacité
00:51:46je pense à un exemple précis
00:51:48qui est
00:51:49puisque vous m'avez invité
00:51:51pour parler d'intelligence artificielle
00:51:52il y a quelques mois
00:51:53aujourd'hui on sait
00:51:54que pour construire
00:51:55un data center
00:51:56un centre de données en France
00:51:57ça met environ
00:51:584 ou 5 ans
00:51:59dont 3 ou 4 ans
00:52:00de procédures bureaucratiques
00:52:03et de recours
00:52:03est-ce que vraiment
00:52:06il y a une nécessité
00:52:07à ce que dans une démocratie
00:52:08on mette 4 ans
00:52:09à valider
00:52:10le principe
00:52:11de la construction
00:52:12d'un centre de données
00:52:13moi je pense pas du tout
00:52:14en fait
00:52:14quand les chinois
00:52:16font plus vite que nous
00:52:17pour installer ce genre
00:52:18d'infrastructures
00:52:18c'est pas tellement
00:52:19parce qu'ils construisent
00:52:20beaucoup plus vite que nous
00:52:20nous quand on commence
00:52:22à mettre les pierres
00:52:22on peut aller assez vite
00:52:24simplement nous
00:52:25on a cette phase préalable
00:52:27et je ne suis pas sûr
00:52:28vraiment
00:52:28c'est une conviction
00:52:29très profonde
00:52:30que ce soit
00:52:31à cause de la démocratie
00:52:32qu'on soit obligé
00:52:33de passer ce temps-là
00:52:34qui effectivement
00:52:35après se traduit
00:52:36en un sentiment
00:52:37d'inefficacité
00:52:38une réelle inefficacité
00:52:39mais donc un sentiment
00:52:40chez les citoyens
00:52:41que la démocratie
00:52:42n'est pas efficace
00:52:43mais je pense qu'on peut
00:52:44en fait totalement
00:52:45séparer les deux
00:52:45qu'on peut avoir un régime
00:52:46comme l'était la France
00:52:47des années 70
00:52:48qui était parfaitement démocratique
00:52:49en tout cas
00:52:49qui était suffisamment démocratique
00:52:51pour ce qu'on peut en attendre
00:52:52et qui ne
00:52:53mais qui ne soit pas jumelé
00:52:55avec cette lenteur
00:52:57bureaucratique
00:52:57qui elle est due
00:52:58à je dirais
00:52:59une conception un peu pervertie
00:53:01de la démocratie
00:53:02où on l'associe forcément
00:53:03à empêcher l'État
00:53:05de tourner en haut
00:53:06d'agir en haut
00:53:06si vous me passez l'expression
00:53:08on a trop tendance
00:53:09à considérer
00:53:09que pour la démocratie
00:53:11il faut empêcher
00:53:12ou l'exécutif
00:53:13ou le législatif
00:53:14de prendre des décisions
00:53:16dans tel ou tel domaine
00:53:17ou de le faire
00:53:17de telle ou telle manière
00:53:18et je pense que c'est ça
00:53:20la grande question
00:53:21qu'il faut affronter
00:53:21si on veut retrouver
00:53:22l'efficacité
00:53:22parce que même si je suis d'accord
00:53:24avec les autres solutions
00:53:24que vous avez mentionnées
00:53:25je ne pense pas
00:53:26qu'on puisse
00:53:28enfin je ne me résous pas
00:53:29à abandonner
00:53:29la question de l'efficacité
00:53:30aux autres régimes
00:53:31parce que je crois vraiment
00:53:32que la démocratie
00:53:33peut être aussi
00:53:34voire plus efficace
00:53:35parce que l'avantage
00:53:35qu'elle a par rapport
00:53:36aux autres régimes
00:53:37c'est qu'elle a le pouvoir
00:53:37de la légitimité totale
00:53:38quand vous avez
00:53:40une décision politique
00:53:41qui est prise démocratiquement
00:53:42et qu'ensuite
00:53:43vous êtes capable
00:53:43de l'appliquer
00:53:44de manière efficace
00:53:45elle est plus solide
00:53:46que quand elle est prise
00:53:47par un régime despotique
00:53:48qui doit craindre
00:53:48pour sa propre survie
00:53:49etc.
00:53:50Vous avez déjà suscité
00:53:55un certain nombre
00:53:56de questions
00:53:57donc Louis-Jean de Nicolas
00:53:58y va ouvrir le bal
00:53:59puis Bernard Fialaire
00:54:01façon d'ouvrir le bal
00:54:02oui
00:54:02merci beaucoup
00:54:04c'est assez
00:54:05extrêmement intéressant
00:54:07en même temps inquiétant
00:54:08moi j'ai
00:54:08d'abord une première question
00:54:10est-ce que vous pensez
00:54:11que le principe majoritaire
00:54:12peut perdurer
00:54:14ou pas
00:54:15et la deuxième question
00:54:16c'est
00:54:17pour permettre
00:54:18à mes autres collègues
00:54:19de poser des questions
00:54:20la deuxième question
00:54:21c'est quand est arrivée
00:54:22la rupture
00:54:23moi j'ai été élevé
00:54:25j'ai 76 ans
00:54:26donc j'ai passé
00:54:28tous les stades
00:54:29à la fois de la démocratie
00:54:31et j'ai été élevé
00:54:34avec le respect
00:54:34des institutions
00:54:35le respect des associations
00:54:37le respect des syndicats
00:54:38le respect de chaque corporation
00:54:41et est-ce que
00:54:42l'explosion
00:54:43individualiste
00:54:44maintenant
00:54:45qui a cassé tout ça
00:54:46on parle plus jamais
00:54:47des syndicats
00:54:48ou très peu
00:54:49les associations
00:54:50elles disparaissent
00:54:51dans les villages
00:54:53et autres
00:54:54ce qui fait qu'il n'y a
00:54:55que de l'individualisme
00:54:56à votre avis
00:54:57quand est la rupture
00:54:58quand a été la rupture
00:54:59et est-ce que dans l'histoire
00:55:00il y a déjà eu des ruptures
00:55:01de ce type là
00:55:02et qui sont après
00:55:03revenus
00:55:04si je puis dire
00:55:05à la normale
00:55:05je ne sais pas
00:55:10si ça marche comme ça
00:55:10oui merci
00:55:11on est forcément
00:55:13très intéressé
00:55:14parce que c'est un peu
00:55:15notre appétence
00:55:17ce type de débat
00:55:18mais la question
00:55:19qu'on peut se poser
00:55:19c'est
00:55:19est-ce qu'on n'est pas
00:55:20en train de se caricaturer
00:55:21est-ce qu'on
00:55:22vous demande pas
00:55:23de vous prêter
00:55:24à un exercice
00:55:26qui est particulièrement
00:55:27déter
00:55:27quand on parle
00:55:29quand on parle de la démocratie
00:55:30on parle d'un moyen
00:55:33et ce qu'attendent
00:55:34finalement
00:55:35nos citoyens
00:55:36c'est quel but
00:55:37qu'est-ce qu'on leur propose
00:55:39quel est le projet de société
00:55:40enfin
00:55:41la révolution française
00:55:42elle s'est faite
00:55:42parce qu'on voulait apporter
00:55:44le bonheur aux gens
00:55:45enfin on tenait
00:55:46ce genre de discours
00:55:48et maintenant
00:55:49on a un peu de mal
00:55:51à voir
00:55:53qu'est-ce qui peut
00:55:55faire briller
00:55:55qu'est-ce qui peut
00:55:56faire rêver
00:55:58la population
00:55:59moi
00:56:00on a subi
00:56:01j'ai fait récemment
00:56:02une mission
00:56:04sur l'antisémitisme
00:56:05d'enseignement supérieur
00:56:06et on parlait
00:56:07de cet antisémitisme
00:56:08d'atmosphère
00:56:08et on a dit
00:56:09comment on peut lutter
00:56:10contre cette atmosphère
00:56:11on a dit
00:56:12c'est simple
00:56:12il faut amener
00:56:13une autre atmosphère
00:56:14et est-ce qu'aujourd'hui
00:56:15on est capable
00:56:16d'amener une atmosphère
00:56:17de valeur républicaine
00:56:19qui peut entraîner
00:56:20la jeunesse
00:56:21les universitaires
00:56:22vers quelque chose
00:56:23vraiment qui
00:56:24pour lesquels
00:56:25ils puissent se lever
00:56:25se battre
00:56:26et rêver
00:56:27je reprendrais même
00:56:28je ne veux pas
00:56:29choquer personne
00:56:30si on reprend
00:56:31l'élection de 2017
00:56:32on avait la gauche
00:56:35qui se battait
00:56:35dans ses
00:56:36dans ses compétitions internes
00:56:40la même chose
00:56:42à droite
00:56:42dans des primaires
00:56:44des deux côtés
00:56:44et puis quelqu'un
00:56:45qui arrive au milieu
00:56:46et souvenez-vous
00:56:47les premiers grands meetings
00:56:49de Macron
00:56:50tout le monde
00:56:51d'ailleurs le raillait
00:56:52ne parlait pas
00:56:52de sa candidature
00:56:53il parlait de la liberté
00:56:54de l'égalité
00:56:55de la fraternité
00:56:56et ça faisait rêver
00:56:57ça pouvait
00:56:58alors ça pouvait être critiqué
00:56:59comme étant quelque chose
00:57:00d'un âge
00:57:01n'empêche que ça fait rêver
00:57:02les gens
00:57:02et ça fédérait
00:57:03parce que
00:57:04il y avait vraiment
00:57:05quelque chose
00:57:05qui faisait briller
00:57:08et ce qui nous manque
00:57:09peut-être
00:57:09moi je pense
00:57:10à notre génération
00:57:11on a une génération
00:57:12coupable
00:57:13parce que
00:57:15on s'est
00:57:15paresseusement
00:57:16reposé
00:57:17on lui disait
00:57:18l'Europe
00:57:19prix Nobel
00:57:20de la paix
00:57:20c'est la paix
00:57:21en Europe
00:57:21d'ailleurs
00:57:21pour qu'on s'armerait
00:57:22puisque c'est
00:57:23la paix
00:57:24on voit quand même
00:57:25ce qui se passe
00:57:25aujourd'hui
00:57:26à nos frontières
00:57:26moi quand je suis rentré
00:57:28au Parti radical
00:57:28on me disait
00:57:28mais la laïcité
00:57:29mais vous êtes dingue
00:57:30c'est plus un souci
00:57:31on n'en parle plus
00:57:32c'est réglé
00:57:33on a eu l'affaire du voile
00:57:34on a eu tout ça
00:57:35on a un état providence
00:57:37qu'on lui disait
00:57:38voilà la protection sociale
00:57:39ça va
00:57:39on se rendait même pas compte
00:57:40qu'on faisait payer
00:57:41qu'on vivait à crédit
00:57:44mais voilà
00:57:44on sait quand même
00:57:45reposer
00:57:46en parlant comme ça
00:57:48un petit peu
00:57:49de méthode
00:57:49d'organisation
00:57:50entre nous
00:57:50et pas de véritable
00:57:52de véritable
00:57:53but de société
00:57:55enfin de projet
00:57:57vraiment
00:57:57et je pense
00:58:00que ce qui manque
00:58:01le plus
00:58:01c'est ça
00:58:02et ensuite
00:58:03quel est le meilleur moyen
00:58:05il y a un papier
00:58:07qui a été écrit
00:58:08en début d'année
00:58:09dans la revue parlementaire
00:58:11par Blandine Kriegel
00:58:12qui disait
00:58:12on est tous démocrates
00:58:14mais est-ce qu'on est
00:58:15pour l'Empire
00:58:16ou pour la République
00:58:17c'est-à-dire
00:58:18on a quand même
00:58:19des démocraties autoritaires
00:58:20on en voit
00:58:21partout dans le monde
00:58:23et puis
00:58:24la République
00:58:24c'est quand même
00:58:25ce qui respecte
00:58:25l'état de droit
00:58:26et qui fixe
00:58:28certaines règles
00:58:29et tout ça
00:58:31c'est un moyen
00:58:31mais pour porter
00:58:33quel projet
00:58:34qu'est-ce qui pourra
00:58:35faire rêver
00:58:37et adhérer
00:58:37la population
00:58:39qui déserte
00:58:40d'ailleurs
00:58:40les partis politiques
00:58:41parce que
00:58:42qu'est-ce qu'on fait rêver
00:58:43on a une gauche
00:58:44qui se définit
00:58:45simplement en étant
00:58:45contre l'extrême gauche
00:58:46une droite
00:58:47qui se définit
00:58:48simplement en étant
00:58:48contre l'extrême droite
00:58:49je veux dire
00:58:50c'est quand même
00:58:50pas des programmes
00:58:51qui sont emballants
00:58:53et qui font rêver
00:58:56donc
00:58:56voilà la question
00:58:58est-ce que
00:58:59s'interroger
00:59:00sur finalement
00:59:02l'outil
00:59:02c'est pas
00:59:04tourner en rond
00:59:05se faire plaisir
00:59:05entre nous
00:59:06mais perdre
00:59:07un peu notre temps
00:59:07alors que
00:59:08ce qu'il faut
00:59:08aujourd'hui
00:59:09c'est chercher
00:59:10des véritables
00:59:11projets
00:59:11Jean-Raymond
00:59:13Hugonnet
00:59:13puis Nadejave
00:59:14il y a d'autres
00:59:15demandes
00:59:16et Pierre Barros
00:59:17oui merci
00:59:19madame la présidente
00:59:20remercier
00:59:20nos trois intervenants
00:59:21moi je voulais
00:59:22rebondir
00:59:23sur le propos
00:59:24de Raphaël
00:59:24Dorn
00:59:25sur l'efficacité
00:59:28parce qu'on parle
00:59:30de rupture
00:59:30et de défiance
00:59:31mais est-ce
00:59:32qu'on parlerait
00:59:33de ça
00:59:33si les politiques
00:59:35avaient respecté
00:59:37ce qui est
00:59:38normalement
00:59:39leur engagement
00:59:39je pense
00:59:41au scrutin
00:59:41de 2005
00:59:42où quand on parle
00:59:43de la voix du peuple
00:59:44elle a été contournée
00:59:46puisque le peuple
00:59:46s'était prononcé
00:59:47contre la constitution
00:59:49européenne
00:59:49les politiques
00:59:51ont fait le contraire
00:59:52sans remonter
00:59:53dans le temps
00:59:53précisément
00:59:54pour respecter
00:59:55les idées
00:59:57et les sensibilités
00:59:57de tout le monde
00:59:58voilà aussi
00:59:59longtemps
01:00:00que ceux
01:00:01qui sont élus
01:00:02n'ont jamais
01:00:03classiquement
01:00:05jamais
01:00:05appliqué la politique
01:00:07pour laquelle
01:00:07ils avaient été élus
01:00:09mais ils ont fait
01:00:09radicalement le contraire
01:00:11et on rajoute
01:00:12le troisième point
01:00:13qui fait l'emballage final
01:00:14c'est-à-dire
01:00:15la faillite financière
01:00:16et l'incapacité
01:00:17à gérer
01:00:18l'argent public
01:00:19si c'est trois
01:00:20et ça
01:00:21c'est pas la constitution
01:00:22qui en est responsable
01:00:23en plus
01:00:24on lui a fait
01:00:25un mal terrible
01:00:26avec cette réforme
01:00:28stupide
01:00:28du quinquennat
01:00:29qui a désorienté
01:00:32et qui a tué
01:00:33pour partie
01:00:34la cinquième république
01:00:35donc
01:00:36c'est pas les outils
01:00:37c'est pas la démarche
01:00:39ce sont
01:00:40les
01:00:41personnels politiques
01:00:42qui ont trahi
01:00:43qui nous mènent
01:00:45là où nous en sommes
01:00:47aujourd'hui
01:00:47la population
01:00:48elle demande quoi
01:00:49quand elle demande
01:00:50tout le monde
01:00:50c'est à parler
01:00:51des référendums
01:00:52voilà qu'il fallait faire
01:00:53des référendums
01:00:54des référendums
01:00:55comme si c'était
01:00:55la panacée universelle
01:00:57mais le dernier en date
01:00:58quand le peuple
01:01:00s'est prononcé
01:01:00on a fait le contraire
01:01:03quand je dis on
01:01:03la sphère politique
01:01:05a fait le contraire
01:01:06en tout cas
01:01:06le pouvoir
01:01:06de l'époque
01:01:07a fait le contraire
01:01:08comment voulez-vous
01:01:08qu'il en soit
01:01:09alors moi la question
01:01:10que je pose
01:01:11est-il pour vous
01:01:13envisageable
01:01:15que des forces politiques
01:01:16d'aujourd'hui
01:01:17respectent
01:01:18un la voix du peuple
01:01:20deux ce pourquoi
01:01:21ils sont élus
01:01:22et trois la gestion
01:01:23de l'argent public
01:01:24merci madame la présidente
01:01:35merci beaucoup
01:01:35pour vos présentations
01:01:36je voudrais revenir
01:01:37sur plus spécifiquement
01:01:39vous avez parlé
01:01:40de quatre crises
01:01:41et je voudrais revenir
01:01:42sur la crise numérique
01:01:43on le sait
01:01:44les démocraties
01:01:45elles sont fragilisées
01:01:46par l'expansion
01:01:47des réseaux sociaux
01:01:49qui sont en fait
01:01:50des outils
01:01:51de manipulation
01:01:52à grande échelle
01:01:53aujourd'hui
01:01:54on a une première ministre
01:01:57danoise
01:01:57qui s'est émeue
01:01:58de l'utilisation
01:02:00des smartphones
01:02:01pour les plus jeunes
01:02:01elle parle de monstres
01:02:02en fait
01:02:03elle parle de
01:02:03nous avons libéré
01:02:05un monstre
01:02:05en donnant des smartphones
01:02:06à nos enfants
01:02:07ce qui était probablement
01:02:09une bonne idée au départ
01:02:10on voulait juste
01:02:10qu'ils contactent
01:02:11la maison
01:02:11ou leurs amis
01:02:12mais aujourd'hui
01:02:13vous disiez
01:02:14qu'il fallait éduquer
01:02:17on voit très bien
01:02:18qu'il y aura
01:02:19toute une génération
01:02:20en fait
01:02:20la génération
01:02:21de nos enfants
01:02:21qui ne pourront pas
01:02:22rattraper cette éducation
01:02:23doit-on les interdire
01:02:25jusqu'à quel âge
01:02:27et jusqu'à quand
01:02:28peut-on préserver
01:02:29leur espace mental
01:02:31tel que vous l'avez dit
01:02:32je vous remercie
01:02:33bien merci
01:02:38pour cet échange
01:02:39c'est toujours
01:02:39la magie
01:02:40de la légation
01:02:41à la prospective
01:02:41d'être à la fois
01:02:42dans une temporalité
01:02:43tout à fait actuelle
01:02:44mais qui nous renvoie
01:02:44des choses
01:02:45à la fois à passer
01:02:46et à l'avenir
01:02:46c'est assez réjouissant
01:02:48je pense que
01:02:49j'aurais pas dû regarder
01:02:50Citizen Kane
01:02:51hier soir
01:02:51donc j'ai essayé
01:02:53de ne pas être trop traumatisé
01:02:54par ce que j'ai vu
01:02:55en revue
01:02:56c'est un excellent film
01:02:57c'est d'ailleurs
01:02:57Orson Welles
01:02:58et ça montre
01:03:00quand même
01:03:00qu'à un moment donné
01:03:00le pouvoir se place
01:03:01aussi à des endroits
01:03:02qui permettent
01:03:03des leviers très importants
01:03:04dans des systèmes démocratiques
01:03:05et je suis très sensible
01:03:07à ce qu'a dit
01:03:08Bernard tout à l'heure
01:03:08sur la question
01:03:09de la démocratie
01:03:10qui est un véhicule
01:03:10pour faire vivre
01:03:11un projet
01:03:12qui doit être
01:03:13un projet républicain
01:03:14quoi qu'il arrive
01:03:15et pour le coup
01:03:17le véhicule peut être différent
01:03:19peut être retravaillé
01:03:20mais ce qui compte
01:03:21certainement à la fin
01:03:22c'est qu'on se fait
01:03:22dans un projet républicain
01:03:24et c'est ce qu'on fait
01:03:25avec ça
01:03:25de façon à assurer
01:03:27à la fois une équité
01:03:28de projet
01:03:29de respect
01:03:29de non-essentialisation
01:03:31des gens
01:03:31et je pense que ça
01:03:32c'est un vrai sujet
01:03:34à travailler
01:03:34autour de la table
01:03:36on est beaucoup
01:03:36d'élus à avoir été maire
01:03:37et l'expérience de maire
01:03:40c'est l'expérience
01:03:40de la démocratie
01:03:41la plus rapprochée possible
01:03:44et moi je me souviens
01:03:46parce qu'on porte des projets
01:03:47en général
01:03:48on porte d'ailleurs
01:03:48des projets
01:03:49sur des petites choses
01:03:50et puis des projets
01:03:51sur des très très
01:03:52très longues durées
01:03:52avec des grosses responsabilités
01:03:54à la fois en termes
01:03:55de moyens
01:03:56et puis même
01:03:56de coûts politiques potentiels
01:03:58on prend des risques
01:03:59et c'est vrai
01:04:00qu'un fonctionnement démocratique
01:04:01c'est comment faire en sorte
01:04:03que la décision politique
01:04:06soit la plus large possible
01:04:07la plus partagée possible
01:04:09de façon à ce qu'elle soit
01:04:09la moins lourde
01:04:10à porter
01:04:11notamment pour un maire
01:04:13déjà dans le cadre
01:04:14de son équipe
01:04:14si un maire travaille
01:04:16tout seul
01:04:16dans son équipe
01:04:17il ne se passe pas grand chose
01:04:18et ça peut même être dangereux
01:04:20et si une décision
01:04:22n'est pas portée collectivement
01:04:24face à la population
01:04:25c'est tout aussi compliqué
01:04:27à vivre
01:04:27et j'ai des expériences
01:04:29de co-construction
01:04:29avec les habitants
01:04:31notamment sur des aménagements
01:04:32et autres
01:04:32où on avait été très très loin
01:04:34dans la démarche
01:04:35de participation
01:04:36et ça avait été des aventures
01:04:38sur des soirées
01:04:40très longues souvent
01:04:41et à la fin
01:04:42les gens nous disaient
01:04:43c'est bon ça suffit
01:04:44on n'en peut plus
01:04:44vous avez fatigué
01:04:45prenez une décision
01:04:46donc ça veut dire
01:04:47qu'il y a un moment aussi
01:04:48les populations
01:04:50dans un système démocratique
01:04:52en effet
01:04:53il est hyper important
01:04:54de partager le pouvoir
01:04:55et de co-construire
01:04:57et d'être en empathie
01:04:58dans les deux sens
01:04:59mais à un moment donné
01:05:00les élus sont là
01:05:03pour prendre des décisions
01:05:03et pour les porter
01:05:04et je pense qu'aujourd'hui
01:05:06le souci qu'on a
01:05:07on a beaucoup travaillé
01:05:09avec Hassin Lava
01:05:10sur la question
01:05:11de l'état stratège
01:05:11et autres
01:05:12je dirais qu'on peut croire
01:05:14en un système
01:05:15en des élus
01:05:15à partir du moment
01:05:16ils se mouillent
01:05:16ils prennent des décisions
01:05:17ils les portent
01:05:18et ils sont stratèges
01:05:19et à partir de là
01:05:20ils servent à quelque chose
01:05:21si par contre
01:05:22on est dans un système
01:05:24où on a des élus
01:05:24qui passent leur temps
01:05:25en fait à éluder les questions
01:05:27et à ne pas porter
01:05:28les décisions
01:05:30qui sont prises
01:05:30ou pas prendre
01:05:32de décisions du tout
01:05:33au fond
01:05:33à quoi servent les élus
01:05:34et à partir de là
01:05:35il y a une vraie défiance
01:05:36par rapport à ce qu'on peut appeler
01:05:37à un moment donné
01:05:38une classe politique
01:05:38et je trouve que ça
01:05:41c'est un sujet
01:05:42qui nous passionne
01:05:43au quotidien
01:05:44comme le collègue disait
01:05:46tout à l'heure
01:05:47mais ça doit nous faire réfléchir
01:05:49sur la façon
01:05:49dont à un moment donné
01:05:50on se mouille
01:05:51et on doit
01:05:53prendre des décisions
01:05:54et les porter
01:05:55et pour le coup
01:05:56ici dans un hémicycle
01:05:57on ne pense pas tous
01:05:58la même chose
01:05:59on ne porte pas tous
01:05:59le même idéal républicain
01:06:01malgré tout
01:06:03la discussion
01:06:03et le débat
01:06:04fait à un moment donné
01:06:05qu'on est amené
01:06:06à prendre des décisions
01:06:07et après à la fin
01:06:09de les défendre
01:06:09auprès des populations
01:06:10et ça c'est certainement
01:06:12le commun des élus
01:06:15dans le cadre
01:06:15d'un fonctionnement
01:06:15vraiment démocratique
01:06:16et je terminerai sur un truc
01:06:18les démocraties
01:06:19malheureusement
01:06:20sont extrêmement fragiles
01:06:21par rapport
01:06:22aux tentations totalitaires
01:06:23et il faut en être conscient
01:06:26pour éviter
01:06:27de basculer
01:06:28sur des personnalités
01:06:33qui utilisent ce véhicule
01:06:35pour massacrer
01:06:37déstabiliser
01:06:38et être
01:06:40en dehors
01:06:40d'un projet républicain
01:06:41Je voulais ajouter une question
01:06:44j'étais assez frappée
01:06:45par le chiffre
01:06:46qui disait
01:06:47la proportion de français
01:06:49qui estiment que les élus
01:06:50leur première
01:06:51c'est de se servir eux-mêmes
01:06:52quand on voit les débats
01:06:53qu'on a eu la semaine dernière
01:06:54pendant un nombre d'heures
01:06:55incalculables
01:06:56pour définir
01:06:58le conflit potentiel
01:06:59des élus locaux
01:07:01quand ils sont
01:07:01dans une commission
01:07:03d'appel d'offres
01:07:03je vois
01:07:04franchement je pense
01:07:05que les règles
01:07:05de moralisation
01:07:06de la vie politique
01:07:06et tout ça
01:07:07fait que
01:07:07pour qu'un élu
01:07:09se trouve en possibilité
01:07:10de se servir
01:07:11il faut y aller
01:07:13alors est-ce que
01:07:14en fait
01:07:14ce que les citoyens
01:07:15ne reprochent pas
01:07:16et toutes
01:07:17on va dire
01:07:19avec la situation actuelle
01:07:20et fortuite
01:07:21c'est de penser
01:07:22avant tout
01:07:22à leur réélection
01:07:23et donc à prendre
01:07:25des décisions
01:07:25peu courageuses
01:07:26mais qui font plaisir
01:07:28ou en tout cas
01:07:28qui ne font pas
01:07:29déplaisir
01:07:30enfin qui ne déplaisent pas
01:07:31avant de penser
01:07:33le temps
01:07:33long
01:07:34et avec des décisions
01:07:36courageuses
01:07:37mais qui effectivement
01:07:38remettent en cause
01:07:39leur élection
01:07:40et je lisais ce matin
01:07:41un article assez intéressant
01:07:42des journalistes
01:07:44qui avaient été interrogés
01:07:45des députés
01:07:46battus
01:07:47en 2024
01:07:48et qui regardaient
01:07:49la remise en question
01:07:51de la réforme de retraite
01:07:52en disant
01:07:52tout ça pour ça
01:07:53moi j'ai été cloué au pilori
01:07:54on m'a dit
01:07:55que j'étais pour
01:07:56voilà
01:07:57et donc j'ai été battu
01:07:58en 2024
01:07:59et finalement
01:07:59moins de deux ans après
01:08:01on revient sur la réforme
01:08:02et donc je n'aurais
01:08:03certainement pas perdu
01:08:04mon siège
01:08:05si nous n'avions pas fait
01:08:06cette réforme
01:08:06et si je ne l'avais pas voté
01:08:07et donc est-ce que c'est ça
01:08:09que les interrogés visent
01:08:12ou alors c'est vraiment
01:08:13autre chose
01:08:14et à ce moment-là
01:08:15quoi parce que en fait
01:08:16si on regarde le fonctionnement
01:08:17de nos institutions
01:08:18je pense qu'on a tous
01:08:19du mal à voir
01:08:20là où il pourrait exister
01:08:21des risques
01:08:22Oui je voulais rebondir
01:08:34d'abord sur ce que
01:08:35Pierre Barreau a dit
01:08:36à l'instant
01:08:37sur la décision
01:08:38parce qu'effectivement
01:08:38j'ai l'impression
01:08:39que les débats
01:08:41sur la démocratie
01:08:41ont été
01:08:42beaucoup influencés
01:08:44par des philosophes
01:08:45comme Jürgen Habermas
01:08:46qui ont vu
01:08:46dans la démocratie
01:08:47d'abord
01:08:48un art de la délibération
01:08:49mais je pense qu'on a
01:08:50un peu oublié
01:08:51que c'était quand même
01:08:51un régime politique
01:08:52et donc un art
01:08:53de prendre des décisions
01:08:53alors ça vaut pour
01:08:55les politiques eux-mêmes
01:08:56où effectivement
01:08:57c'est plus forcément
01:08:57aujourd'hui le centre
01:08:59de, enfin en tout cas
01:09:00ça devrait être le centre
01:09:01de leur action
01:09:01c'est plus forcément le cas
01:09:02pour les raisons
01:09:03que vous avez dites
01:09:03et pour d'autres
01:09:04mais aussi on oublie
01:09:06que le peuple lui-même
01:09:08peut être appelé
01:09:09à prendre des décisions
01:09:09et dans les débats
01:09:11sur les référendums
01:09:11je trouve qu'on oublie souvent
01:09:13on parle de questions
01:09:14on parle de
01:09:15est-ce que les gens répondent
01:09:16à la question qu'on leur pose
01:09:17mais d'abord
01:09:17un référendum
01:09:18c'est une manière
01:09:20de faire adopter
01:09:21un projet de loi
01:09:21c'est quand même
01:09:22littéralement
01:09:22juridiquement ça
01:09:23et je trouve que c'est d'ailleurs
01:09:25la vertu du référendum
01:09:26que de soumettre directement
01:09:28une décision à prendre
01:09:29aux français
01:09:30ça vaut au niveau national
01:09:31ça vaut aussi au niveau local
01:09:32les collectivités locales
01:09:34se saisissent assez peu
01:09:35des possibilités
01:09:36qui sont ouvertes
01:09:37en la matière
01:09:37de consulter directement
01:09:39les citoyens
01:09:41sur tel ou tel projet
01:09:42oui alors c'est vrai
01:09:44on retombe sur le problème
01:09:45dont nous parlions tout à l'heure
01:09:47mais ça a quand même
01:09:48des vertus politiques
01:09:48assez intéressantes
01:09:49et je pense que
01:09:50les élus gagneraient
01:09:51étant moi-même élu local
01:09:53nous avons eu l'occasion
01:09:54de nous en servir
01:09:54et c'était une très bonne expérience
01:09:55à se servir plus
01:09:57de ces outils
01:09:58de démocratie directe
01:09:59que j'opposerais
01:10:00aux outils
01:10:01de pure concertation
01:10:03ou de consultation
01:10:04qu'on associe
01:10:05trop souvent aujourd'hui
01:10:06à la démocratie
01:10:07enfin il y a souvent
01:10:07ce réflexe de dire
01:10:08j'ai plus de démocratie
01:10:09et pour ça
01:10:10faire plus de consultations
01:10:11etc.
01:10:12mais si ça n'aboutit pas
01:10:13à une décision
01:10:14et notamment
01:10:15à une décision prise
01:10:16par les citoyens eux-mêmes
01:10:17je pense que
01:10:18ça n'a plus grand chose
01:10:18à voir avec
01:10:20la démocratie elle-même
01:10:21donc pour la question
01:10:23ensuite de
01:10:24monsieur Gogné
01:10:24tout à l'heure
01:10:25si toute une classe politique
01:10:28décide de ne pas appliquer
01:10:29le référendum
01:10:29à faire un homme
01:10:29c'est difficile d'en sortir
01:10:30quel que soit le régime
01:10:31bon
01:10:31mais je ne pense pas
01:10:33qu'on doive en tirer
01:10:34la conséquence
01:10:34que le référendum lui-même
01:10:36est un outil
01:10:37à jeter aux outils
01:10:39je ne pense pas
01:10:39que c'était ce que
01:10:40vous voulez dire
01:10:40bien sûr
01:10:40et qu'au contraire
01:10:42s'il y a un outil aujourd'hui
01:10:44parmi les différents outils
01:10:45à notre disposition
01:10:45s'il y en a un
01:10:46qui n'est pas un gadget
01:10:47et qui je pense
01:10:48peut servir à redonner confiance
01:10:49dans l'action politique
01:10:51c'est précisément celui-là
01:10:52un parce que
01:10:53voilà
01:10:53à condition qu'on le respecte
01:10:55mais parce qu'il permet
01:10:56d'enjamber
01:10:56donc cette divergence
01:10:58entre opinion des français
01:10:59et opinion des politiques
01:11:01il permet de prendre
01:11:03directement une décision
01:11:03et de trancher des problèmes
01:11:04qui seraient sinon
01:11:05difficiles à assumer
01:11:07pour les politiques eux-mêmes
01:11:08et surtout aussi
01:11:11ça a une vertu pédagogique
01:11:12c'est que
01:11:12quand on doit trancher
01:11:13un débat par référendum
01:11:14on a une campagne
01:11:15qui précède ce référendum
01:11:16et ça donne l'occasion
01:11:17d'exprimer des pours et des comptes
01:11:18de manière beaucoup plus subtile
01:11:20et voilà
01:11:21mais c'est toujours le cas
01:11:22puisqu'en fait
01:11:22je trouve que
01:11:23les meilleurs débats
01:11:24qu'on a eu sur la construction européenne
01:11:25je pense que c'était
01:11:26les deux débats
01:11:26de Maastricht
01:11:27et de 2005
01:11:28les élections européennes
01:11:30elles-mêmes
01:11:30n'ont jamais donné lieu
01:11:31à des débats
01:11:31d'une telle qualité
01:11:32sur la construction européenne
01:11:33elle-même
01:11:33que les débats référendaires
01:11:34et je pense que c'est le cas
01:11:35sur tous les sujets
01:11:36si on les soumettait
01:11:37à référendum
01:11:37on aurait de très bons débats
01:11:38parce que c'est la nature même
01:11:40de cet outil
01:11:40que de susciter un débat enflammé
01:11:42parce que les français
01:11:42s'intéressent à la politique
01:11:43s'intéressent à la décision
01:11:44qui va être prise
01:11:45et forcément
01:11:46ça fait remonter
01:11:47des arguments intéressants
01:11:48donc je suis très favorable
01:11:49à l'utilisation du référendum
01:11:51comme vous l'avez compris
01:11:51pour ces raisons-là
01:11:52bien sûr
01:11:53il ne faut pas le faire
01:11:54du jour au lendemain
01:11:54mais si on a plusieurs mois
01:11:56pour le préparer
01:11:56et faire campagne
01:11:57c'est vraiment quelque chose
01:11:58qui est je pense
01:11:59à la fois démocratique
01:12:00et pédagogique
01:12:01donc je vais essayer
01:12:07de revenir
01:12:08sur le plus de choses
01:12:10possible
01:12:10je pense qu'il y a
01:12:12plusieurs
01:12:12des questions
01:12:14en fait
01:12:14je vais revenir
01:12:15sur deux choses
01:12:15la première
01:12:16c'est ce premier point
01:12:17et puis après
01:12:17on va reparler un peu
01:12:18de récits
01:12:18et de vision
01:12:18parce qu'en effet
01:12:19avec en plus
01:12:20moi je dédie ma vie
01:12:20à la prospective
01:12:21donc c'est notamment
01:12:22ça m'intéresse
01:12:23de parler
01:12:24du projet
01:12:25plus que des modalités
01:12:27en tout cas
01:12:27pour moi
01:12:28d'abord
01:12:29avant de rentrer là-dedans
01:12:30moi je pense
01:12:32et plusieurs points
01:12:34moi je pense
01:12:34qu'on souffre
01:12:35enfin moi
01:12:35et l'institution
01:12:37que je représente ici
01:12:38pensons qu'on souffre
01:12:38de pas assez
01:12:40et c'est peut-être là
01:12:41où on ne va pas être
01:12:41deuxième point de désaccord
01:12:42mais pas assez
01:12:43enfin pas quoi que
01:12:44sur le référendum
01:12:44mais pas assez
01:12:46de délibération
01:12:47pas assez démocratie
01:12:47et pas trop
01:12:48je pense que tout
01:12:49à chaque fois
01:12:50qu'on a demandé aux gens
01:12:51de venir
01:12:52donner leur avis
01:12:53s'informer
01:12:54être
01:12:55voilà
01:12:56c'est ce qui passe aussi
01:12:57avec les jurys
01:12:57dans le monde juridique
01:12:59je pense qu'on a appris
01:13:00et on a tous
01:13:01dans certaines cours
01:13:03de sciences politiques
01:13:04appris une espèce
01:13:05de défiance
01:13:06parfois envers
01:13:07une méfiance
01:13:08en tout cas
01:13:08envers le peuple
01:13:09et donc
01:13:09à pas embrasser
01:13:11ces options là
01:13:11et la réalité
01:13:13c'est que ça fait 30 ans
01:13:14qu'on infantilise
01:13:15complètement les citoyens
01:13:16on leur demande
01:13:17de poser
01:13:18à des moments très précis
01:13:19un nom
01:13:20on a rendu
01:13:21tout extrêmement binaire
01:13:22on est dans un monde complexe
01:13:24on ne peut pas répondre
01:13:24tout simplement
01:13:25de manière binaire
01:13:27donc je pense
01:13:27qu'un point
01:13:28c'est de casser
01:13:28cette binarité
01:13:29et je le redis
01:13:30faire beaucoup plus de confiance
01:13:31et aller beaucoup plus
01:13:32quand on regarde
01:13:33même quelque chose
01:13:35qui est extrêmement compliqué
01:13:36comme la construction
01:13:36d'une constitution
01:13:37quand on regarde
01:13:38l'exemple islandais
01:13:39où ils ont été capables
01:13:40de mettre des gens
01:13:40autour de la table
01:13:41et d'avancer
01:13:41ils ont été capables
01:13:42alors évidemment
01:13:43derrière
01:13:43il y a les experts
01:13:45qui peuvent venir
01:13:45mais en tout cas
01:13:46le projet
01:13:47le récit
01:13:47il est collectif
01:13:49et donc je pense
01:13:49qu'il faut
01:13:50ça permettrait aussi
01:13:51l'enjeu
01:13:52du sénateur
01:13:54tout à l'heure
01:13:54de ce clivage
01:13:56entre les deux
01:13:57et cette séparation
01:13:58en fait
01:13:58en les remettant
01:13:59autour de la table
01:13:59en les faisant retravailler
01:14:00donc voilà
01:14:00après les modalités exactes
01:14:02moi je ne suis pas
01:14:03constitutionnaliste
01:14:04et donc je laisserai
01:14:05à d'autres
01:14:05ce travail là
01:14:06mais je pense
01:14:06qu'on souffre plutôt
01:14:07de pas assez
01:14:07de proximité
01:14:08pas assez
01:14:08d'implication
01:14:09d'engagement
01:14:10moi quand je travaille
01:14:10je travaille aussi
01:14:11beaucoup avec des entreprises
01:14:12quand on veut embarquer
01:14:13comme on dit
01:14:14en bon français
01:14:15les employés
01:14:17dans la réflexion
01:14:17et dans la vision
01:14:18dans l'ambition
01:14:19évidemment
01:14:20on part d'abord
01:14:20de là où on veut aller
01:14:22mais derrière
01:14:22on leur donne un rôle
01:14:23on donne un rôle
01:14:24à chacun
01:14:24aujourd'hui
01:14:25les classes moyennes
01:14:25elles sont hors du film
01:14:26et donc c'est pas
01:14:27en les gardant hors du film
01:14:28qu'on va pouvoir
01:14:28continuer à avancer
01:14:30sur le point
01:14:31du récit
01:14:33évidemment
01:14:33c'est la première question
01:14:34parce qu'après
01:14:35tout le récit
01:14:35c'est une modalité
01:14:35j'avais préparé
01:14:36je pensais qu'on parlerait
01:14:37peut-être de proportionnel
01:14:38de vote obligatoire
01:14:39etc
01:14:39mais en fait
01:14:40tout ça
01:14:40c'est des modalités
01:14:41la vraie question
01:14:43c'est la question
01:14:45de là où on veut aller
01:14:46et je suis ravi
01:14:47qu'une instance
01:14:48comme ici
01:14:49se pose ces questions là
01:14:50mais c'est quand même
01:14:50extrêmement rare
01:14:51quand on voit le débat
01:14:51aujourd'hui
01:14:52au moment des élections
01:14:53ou même en temps normal
01:14:54il n'y a absolument
01:14:55aucune réflexion
01:14:56aucun arbitrage
01:14:57sur la société
01:14:58et la question des retraites
01:15:00au-delà d'être clivante
01:15:02il y a aussi
01:15:02une éducation
01:15:04et une confiance à faire
01:15:05envers les citoyens
01:15:06pour comprendre les enjeux
01:15:07et ensuite trancher
01:15:08en bonne âme
01:15:09et conscience
01:15:10voilà
01:15:11mais je pense que
01:15:12tant qu'on garde
01:15:12la démocratie
01:15:13pour revenir un peu
01:15:14au débat très institutionnel
01:15:15comme une institution
01:15:16comme un vestige du passé
01:15:17comme quelque chose
01:15:18à glorifier
01:15:19comme un meuble
01:15:19un peu dans le coin
01:15:20de la pièce
01:15:20ou qu'il faut aller dépoussiérer
01:15:21une fois de temps en temps
01:15:22et non pas comme un projet
01:15:23et non pas créer du mouvement
01:15:25je reviens sur cette idée de mouvement
01:15:27pour moi elle est extrêmement importante
01:15:29la démocratie
01:15:29ça doit
01:15:30aujourd'hui on n'a plus de débat
01:15:31sur comment on va améliorer
01:15:32cette démocratie
01:15:32comment on va aller vers plus de démocratie
01:15:33et donc il faut réinstaurer
01:15:35ce mouvement
01:15:36dans la réflexion
01:15:36parce qu'aujourd'hui
01:15:38on est complètement figé
01:15:39sur des institutions
01:15:39et donc les débats
01:15:40c'est est-ce qu'on change
01:15:41tel article
01:15:41l'inéa
01:15:42etc
01:15:43c'est Cornelius Castoriadis
01:15:45qui parlait d'un projet
01:15:46d'autonomie collective
01:15:47comment est-ce qu'on reprend
01:15:48on réinstaure
01:15:50cette réflexion là
01:15:51c'est des mecs là
01:15:51et là aussi
01:15:52j'y reviens
01:15:53ça ne se fera que
01:15:54avec les gens
01:15:56et surtout pas
01:15:57dans des salons
01:15:57très loin
01:15:58loin du peuple
01:15:59entre guillemets
01:16:00si je peux l'appeler comme ça
01:16:00alors après très rapidement
01:16:02sur les téléphones portables
01:16:06et le numérique
01:16:06pour les enfants
01:16:07alors je
01:16:07il y a plein de choses
01:16:09qui sont en effet
01:16:09il y a même une éducation
01:16:10Gérard Bronner
01:16:11qui avance
01:16:12qui sort plein de livres
01:16:12là-dessus
01:16:13il a créé un programme
01:16:14d'éducation populaire
01:16:15donc il y a des choses
01:16:16qui sont en train d'émerger
01:16:16la question c'est
01:16:17comment on arrive
01:16:17à passer à l'échelle
01:16:18sur plein de choses
01:16:19qui existent
01:16:20moi aujourd'hui
01:16:20je n'ai pas la réponse
01:16:21sur quel âge
01:16:22etc
01:16:22mais en tout cas
01:16:23je trouve qu'on n'entend pas assez
01:16:24ce qui est tenté
01:16:25ce qui est essayé
01:16:26je vous donne un exemple
01:16:28quand je suis allé
01:16:28dans une salle de classe
01:16:29le professeur me dit
01:16:30aujourd'hui
01:16:30plutôt que de demander
01:16:31aux élèves
01:16:32de faire une fiche
01:16:32sur Louis XIV
01:16:33je demande à l'IA
01:16:35de la générer
01:16:35j'y rajoute des erreurs
01:16:36et je demande aux élèves
01:16:37de la corriger
01:16:37et donc ça change aussi
01:16:39les manières de faire
01:16:39alors là aussi
01:16:40on est dans la modalité
01:16:40mais en tout cas
01:16:41il y a plein de choses
01:16:41qui sont imaginées
01:16:42et la question maintenant
01:16:43c'est le passage à l'échelle
01:16:44de ces initiatives
01:16:45et après sur la question
01:16:47de la rupture
01:16:48quand
01:16:49c'est compliqué
01:16:51parce qu'en plus
01:16:51si on reparle des institutions
01:16:52pour l'impression
01:16:53qu'on a
01:16:54c'est qu'en fait
01:16:54on construit
01:16:55la constitution suivante
01:16:56et le régime suivant
01:16:57en réparation du précédent
01:16:58et donc on est constamment
01:17:00en train de se dire
01:17:00il y a trop de présidentialisme
01:17:01il n'y a pas assez
01:17:01parlementarisme
01:17:02ça bloque etc
01:17:03donc je ne pourrais pas dire
01:17:04à ce moment là
01:17:05ça a changé
01:17:07mais peut-être
01:17:07qu'on est dans un moment
01:17:08où il faut
01:17:09peut-être se poser
01:17:11alors j'ai pas d'avis
01:17:13très tranché
01:17:13sur la question
01:17:14de je vais en parler
01:17:15dans la 6ème république
01:17:16ou pas
01:17:16parce qu'en même temps
01:17:17ça permet de lancer
01:17:17une dynamique
01:17:18dans la question
01:17:18du projet collectif
01:17:19maintenant c'est une coquille vide
01:17:20la 6ème république
01:17:21qu'est-ce qu'on met dedans
01:17:21donc c'est tout le débat
01:17:23et à l'inverse
01:17:25ça crée un précédent
01:17:25le problème
01:17:26c'est qu'on ne peut pas
01:17:26on rentre aussi
01:17:28dans les réflexions
01:17:29des lecteurs clients
01:17:31où ils vont attendre
01:17:33la nouvelle construction
01:17:33chaque fois
01:17:33comme le nouvel iPhone
01:17:34chaque année
01:17:35et donc il ne faut pas
01:17:36qu'on rentre non plus
01:17:37dans ce travail là
01:17:38et donc là aussi
01:17:39on est sur de la modalité
01:17:42et après peut-être
01:17:44le dernier point
01:17:44sur le fait majoritaire
01:17:45je redis
01:17:47mais donc casser la binarité
01:17:48et réfléchir
01:17:49alors le modèle suisse
01:17:51il est toujours intéressant
01:17:51parce qu'il est beaucoup cité
01:17:53on dit oui
01:17:54mais ils sont moins etc
01:17:55mais il y a peut-être
01:17:56aussi des choses
01:17:56dans cette réflexion délibérative
01:17:58et d'aller vers une décision
01:17:59en mettant tout le monde
01:18:00autour de la table
01:18:01je voulais
01:18:08monsieur le sénateur
01:18:09vous avez posé une question
01:18:10tout à l'heure
01:18:10sur l'histoire
01:18:13et la possibilité
01:18:15au fond d'un sursaut
01:18:17ou d'une restauration
01:18:18en quelque sorte
01:18:19moi je veux quand même
01:18:21insister à être personnel
01:18:22sur notre situation historique
01:18:24et le fait que
01:18:26nous n'avons jamais été
01:18:29en régime démocratique
01:18:31alors je mets
01:18:31hors propos
01:18:33les guerres elles-mêmes
01:18:34bien sûr
01:18:35les deux guerres mondiales
01:18:36elles-mêmes
01:18:36nous n'avons jamais été mis
01:18:38en situation
01:18:39dans ce monde démocratique
01:18:41d'avoir un effondrement
01:18:43démographique
01:18:44plus un effondrement
01:18:46financier
01:18:47plus une crise culturelle
01:18:50absolument majeure
01:18:51liée notamment au numérique
01:18:52etc
01:18:53et à d'autres choses aussi
01:18:54aux effets du passage
01:18:56du temps
01:18:57et une crise politique
01:18:59qui est à la fois
01:19:00qui a sa propre dynamique
01:19:02et qui est aussi
01:19:02une des conséquences
01:19:03je crois qu'il faut vraiment
01:19:05pour ça que je me réjouis
01:19:06de discuter avec vous
01:19:07ce soir d'échanger
01:19:08je crois qu'il faut vraiment
01:19:09envisager la possibilité
01:19:11que la crise
01:19:12qui se déploie
01:19:13qui n'est pas finie
01:19:15qui se déploie
01:19:16devienne une crise
01:19:17extrêmement grave
01:19:19moi c'est une hypothèse
01:19:20que je retiens
01:19:21et donc
01:19:22j'aimerais bien
01:19:24je suis de nature optimiste
01:19:26j'aimerais bien
01:19:27voir les variables
01:19:28qu'on peut présenter
01:19:29pour nous indiquer
01:19:31que ça va aller mieux
01:19:32bientôt
01:19:33c'est quand même
01:19:35très difficile
01:19:36de les identifier
01:19:37il y a des choses
01:19:38qui vont très bien
01:19:39mais par rapport
01:19:40au poids
01:19:41des variables négatives
01:19:43il faut beaucoup de choses
01:19:45donc ça c'est quand même
01:19:47un élément
01:19:47sur lequel il faut
01:19:49travailler encore
01:19:50je ne prétends pas
01:19:51bien sûr
01:19:52avoir le propos
01:19:54définitif
01:19:55sur cette évaluation
01:19:56je crois qu'il faut
01:19:57y travailler
01:19:58parce que c'est
01:19:58très important
01:19:59de savoir
01:19:59si le contexte
01:20:01laisse ouvert
01:20:03un futur
01:20:05de restauration
01:20:06ou si la situation
01:20:07est plus grave
01:20:08que cela
01:20:08j'étais très intéressé
01:20:13par les remarques
01:20:14que vous faisiez
01:20:16monsieur le sénateur
01:20:16sur la décision
01:20:18le fait de décider
01:20:19quand on est un élu
01:20:20je crois aussi
01:20:21que c'est un élément
01:20:22clé
01:20:23et il me semble
01:20:24c'est très général
01:20:25ce que je dis là
01:20:25et un peu rapide
01:20:26je m'en excuse
01:20:27auprès de vous
01:20:27il me semble
01:20:28que grosso modo
01:20:29il y a eu
01:20:31une sorte de confusion
01:20:31collective
01:20:32les élus
01:20:33et les citoyens
01:20:34sont dedans
01:20:34dans le fait
01:20:36d'être un élu
01:20:37de consulter
01:20:40de rendre des comptes
01:20:41de telle sorte
01:20:41qu'à la fin
01:20:42on a l'impression
01:20:42que comme vous l'avez dit
01:20:44le problème
01:20:44c'est de prendre
01:20:45la décision
01:20:46et c'est une des sources
01:20:48de la délégitimation
01:20:50de l'élu
01:20:51c'est une des sources
01:20:52de la recherche
01:20:53de procédures alternatives
01:20:54réaffirmer la décision
01:20:56de l'élu
01:20:57me paraît une clé
01:20:57c'est la raison
01:20:58pour laquelle
01:20:59pour ma part
01:20:59je suis très réservé
01:21:01sur les conventions citoyennes
01:21:03non pas dans leur utilité
01:21:05fonctionnelle
01:21:05pour éclairer
01:21:07une assemblée d'élus
01:21:08pour moi
01:21:10ce serait formidable
01:21:11que les élus
01:21:12que vous
01:21:12le Sénat
01:21:13etc.
01:21:13vous consultiez
01:21:14vous organisiez
01:21:15une conférence
01:21:16de consensus
01:21:16une conférence citoyen
01:21:18pour voir
01:21:18ce qu'il ressort
01:21:19de leur réflexion
01:21:20pour vous inspirer
01:21:22en tant que législateur
01:21:23mais pour se substituer
01:21:25pour décider
01:21:26ça c'est catastrophique
01:21:27et c'est ce qui s'est fait
01:21:29l'annonce a même été faite
01:21:30le lendemain
01:21:31de l'abstention
01:21:32historique
01:21:33aux élections municipales
01:21:34de 2020
01:21:35le lundi
01:21:36si vous vous en souvenez
01:21:37le lundi
01:21:38qui a suivi
01:21:39le second tour
01:21:40des municipales
01:21:40de 2020
01:21:41nous avons eu
01:21:42une abstention
01:21:42sans précédent
01:21:43qui n'était pas liée
01:21:44au Covid
01:21:45puisque l'abstention
01:21:45a commencé à augmenter
01:21:46fortement en 2014
01:21:47il y a une tendance
01:21:48qu'il va falloir regarder ici
01:21:50donc la décision
01:21:51appartient aux élus
01:21:52et ils renforceront
01:21:53leur légitimité
01:21:54quand ils
01:21:55assumeront
01:21:56plus fortement encore
01:21:57leur décision
01:21:58les électeurs
01:21:59en seront sans doute
01:22:00très heureux
01:22:01pas forcément toujours d'accord
01:22:02mais très heureux de voir
01:22:03qu'il y a un pouvoir
01:22:04qu'ils ont nommé eux-mêmes
01:22:05parce que l'élu
01:22:06qui ne décide pas
01:22:07c'est une espèce
01:22:07de réduction
01:22:08du pouvoir
01:22:08de l'électeur
01:22:09au fond
01:22:09il a désigné quelqu'un
01:22:11qui n'a pas de pouvoir
01:22:12c'est pourquoi
01:22:13assurer cette fonction-là
01:22:18est absolument essentiel
01:22:19et puis je voudrais ajouter
01:22:20pour rejoindre
01:22:21mes collègues
01:22:23je crois que là-dessus
01:22:24nous sommes convergents
01:22:25la question de la confiance
01:22:27il faut la mesurer
01:22:28dans l'autre sens
01:22:30il se trouve
01:22:31que la Fond d'Apolle
01:22:32a fait une fois
01:22:33une étude
01:22:33avec la fondation
01:22:34Jean Jaurès
01:22:34sur cet aspect
01:22:37on a demandé
01:22:38à des français
01:22:40s'ils pensaient
01:22:41que les élus
01:22:42leur faisaient confiance
01:22:43la réponse non
01:22:45a de mémoire
01:22:4770 ou 75%
01:22:49à peu près la même
01:22:50c'est-à-dire que
01:22:51vous ne nous faites pas confiance
01:22:53à nous les citoyens
01:22:55on peut dire là
01:22:57comment voulez-vous
01:22:57que les citoyens
01:22:58fassent confiance
01:22:59aux élus
01:23:00si on a l'impression
01:23:01que les élus
01:23:01n'ont pas confiance
01:23:01aux citoyens
01:23:02ça c'est un aspect
01:23:03qui n'est pas suffisamment
01:23:04travaillé
01:23:04et qui a comme conséquence
01:23:06alors ça a déjà été dit
01:23:08et puis ici
01:23:09je pense qu'il y a
01:23:09peu de personnes
01:23:10à convaincre
01:23:10de ce que je vais dire là
01:23:11mais il est évident
01:23:13qu'il faut que le pouvoir
01:23:14central en France
01:23:15omniscient
01:23:17que moi je trouve arrogant
01:23:20très parisien
01:23:22très métropolitain
01:23:25qui vous dit
01:23:26de rouler à 80 km heure
01:23:28c'est pas une critique
01:23:29à dominem
01:23:29ce que je fais là
01:23:30mais c'est sur la méthode
01:23:31sur la méthode
01:23:32moi je suis avéronné
01:23:33voilà
01:23:34dans mes petites villes
01:23:36d'Aveyron
01:23:37ils apprennent
01:23:37qu'il faut rouler
01:23:38à 80 km heure
01:23:39mais est-ce qu'il sait
01:23:39qu'on peut rouler
01:23:40à 100
01:23:42même il n'y a personne
01:23:43
01:23:43pas de problème
01:23:44etc
01:23:44donc cette espèce
01:23:45de pouvoir descendant
01:23:46qui normalise
01:23:47qui part du préciposé
01:23:49qui a une espèce
01:23:50de vertu supérieure
01:23:51qui dissimule la peine
01:23:52comme prétention
01:23:52c'est vraiment
01:23:54quelque chose
01:23:54qui est devenu
01:23:55totalement inflammable
01:23:57inflammable
01:23:57donc il faut vraiment
01:23:58récuser tout cela
01:24:00et il faut cette idée
01:24:01qu'au fond
01:24:02nous vous faisons confiance
01:24:03ça veut dire
01:24:04que nous vous le démontrons
01:24:05la première étape
01:24:07c'est les collectivités locales
01:24:08ça a été dit
01:24:09et vous le savez ici
01:24:10je ne vais pas
01:24:10mais on ne montre pas assez
01:24:12que nous avons confiance
01:24:15dans les collectivités locales
01:24:18qu'elles savent faire
01:24:19qu'il faut leur donner
01:24:20plus de moyens
01:24:21plus de marge
01:24:22et même des marges
01:24:23parfois
01:24:23ce n'est pas de l'argent
01:24:24c'est des marges
01:24:24des marges pour faire des choses
01:24:26et que les électeurs
01:24:28verront se déployer
01:24:29sous leurs yeux
01:24:30un projet
01:24:31une décision
01:24:31une action
01:24:32un résultat
01:24:33qu'ils jugeront
01:24:34ils seront comptables
01:24:35c'est le parcours parfait
01:24:37ça
01:24:37il faut aussi
01:24:39je pense d'ailleurs
01:24:40partager avec les entreprises
01:24:41d'une certaine manière
01:24:43partager avec les universités
01:24:44partager avec
01:24:45des entités de ce type
01:24:47qui ont plein de compétences
01:24:48dans leur niveau
01:24:49dans leur secteur
01:24:50et qui savent faire
01:24:51beaucoup de choses
01:24:52et puis je voudrais
01:24:53juste ajouter
01:24:54pour terminer
01:24:55sur la question
01:24:56du référendum
01:24:57il faut faire attention
01:24:58bien sûr
01:25:00vous le savez tous
01:25:01mais vous avez peut-être
01:25:03vu les dernières données
01:25:04sur le Brexit
01:25:04au Royaume-Uni
01:25:05pratiquement 56%
01:25:08des Britanniques
01:25:08regrettent
01:25:10finalement
01:25:11les courbes
01:25:11se sont croisées
01:25:12dans l'autre sens
01:25:12ils n'avaient pas adopté
01:25:14de beaucoup
01:25:14à l'époque
01:25:15moi je m'attendais
01:25:15à un rejet plus massif
01:25:17ça a été en fait
01:25:18un rejet plutôt étriqué
01:25:19ils sont dans le regret
01:25:21aujourd'hui
01:25:21d'avoir quitté
01:25:22l'Union Européenne
01:25:23et quand le peuple
01:25:24se trompe
01:25:25comment est-il responsable
01:25:27c'est un problème
01:25:28du référendum
01:25:29un élu qui se trompe
01:25:31on peut
01:25:31on peut le remplacer
01:25:33par un autre
01:25:33une majorité
01:25:34qui se trompe
01:25:35elle devient minorité
01:25:36le peuple
01:25:37qui se trompe
01:25:37il n'y a pas de solution
01:25:39il y a une espèce
01:25:40d'impasse là-dedans
01:25:41il faut quand même
01:25:42voilà
01:25:43alors quand on demande
01:25:44au peuple
01:25:44de choisir
01:25:45une nouvelle constitution
01:25:46et c'est essentiel
01:25:47de le consulter
01:25:48par référendum
01:25:49enfin il me semble
01:25:50il approuve
01:25:50il n'approuve pas
01:25:51on commence
01:25:52on a un contrat commun
01:25:53mais sur d'autres sujets
01:25:55il faut vraiment
01:25:56faire attention
01:25:57parce que
01:25:58on peut
01:25:58ça a été dit
01:25:59ne pas respecter
01:26:00le choix
01:26:00on a parlé de 2005
01:26:01moi j'ajouterai
01:26:02j'ajouterai
01:26:03Notre-Dame-des-Landes
01:26:06il y a eu aussi
01:26:06un référendum
01:26:07qui n'était pas obligatoire
01:26:09qui n'a été institué
01:26:10qui n'a pas été respecté
01:26:11bon
01:26:11ce sont des habitudes
01:26:12absolument désastreuses
01:26:13ça c'est évident
01:26:14à tout le moins
01:26:15mais il faut aussi
01:26:17se demander
01:26:18ce qui se passe
01:26:18quand un peuple se trompe
01:26:20et comment peut-il
01:26:21à la fois le constater
01:26:22et s'en prendre à lui-même
01:26:23et le récit
01:26:24puisque ça a été évoqué
01:26:26ce que vous disiez
01:26:27tout à l'heure
01:26:28sur le récit
01:26:29le sénateur
01:26:30en vous écoutant
01:26:32j'ai entendu
01:26:32ce que moi je crois
01:26:33lire
01:26:34chez Fukuyama
01:26:35qu'à mon avis
01:26:36on lit trop vite
01:26:37ce que dit Fukuyama
01:26:38c'est ce que vous avez dit
01:26:39c'est-à-dire
01:26:40est-ce que nous sommes capables
01:26:41de nous mettre d'accord
01:26:43sur un horizon idéal
01:26:45de valeur
01:26:45commun
01:26:46et qui est
01:26:47mobilisateur
01:26:48alors on a tous
01:26:49des préférences
01:26:50ce ne sont pas
01:26:51les mêmes
01:26:52est-ce que nous sommes
01:26:53capables de fabriquer
01:26:54un projet
01:26:55qui en effet
01:26:57nous donnerait envie
01:26:58de l'atteindre
01:26:59nous permettrait
01:26:59de mobiliser
01:27:00les ressources
01:27:01et puis de favoriser
01:27:02quelques compromis
01:27:03plus difficiles à faire
01:27:04parce que ce projet
01:27:05nous permettrait
01:27:06d'être plus ouverts
01:27:08aux autres
01:27:09dans cette discussion
01:27:10c'est la grande question
01:27:11aujourd'hui
01:27:12est-ce que nous avons
01:27:13ce projet-là
01:27:14qui le porte
01:27:14on ne le trouve pas
01:27:16à ce jour
01:27:17mais il faut l'inventer
01:27:19voilà pour cette table ronde
01:27:21organisée au Sénat
01:27:22sur la perte de confiance
01:27:24des Français
01:27:24dans notre système démocratique
01:27:26c'est la fin de cette émission
01:27:28merci de l'avoir suivi
01:27:29continuez à suivre
01:27:29l'actualité politique
01:27:30et parlementaire
01:27:31sur notre site internet
01:27:32publicsénat.fr
01:27:33très bonne suite
01:27:34des programmes
01:27:34sur Public Sénat
01:27:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:37Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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