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  • il y a 15 heures
Au sommaire : Le Liban encore une fois dans la guerre... Certains jeunes préfèrent l'exil pour fuir les bombardements. D'autres font le pari de rester, envers et contre tout. Direction ensuite la Sicile, à la découverte d'un site connu à la fois pour son port de pêche et les nombreux films italiens tournés dans ce décor. Enfin des Alpes au Maroc, Camille : une jeune française, réinvente le tissage traditionnel. Un fil et un lien entre le savoir-faire et des deux pays.

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00:05Bienvenue dans Méditerranéo. Au sommaire, le Liban encore une fois dans la guerre.
00:10Certains jeunes préfèrent l'exil pour fuir les bombardements, d'autres font le pari de rester envers et contre tout.
00:17Direction ensuite la Sicile, à la découverte d'un site connu à la fois pour son port de pêche et
00:22pour les nombreux films italiens tournés dans ce décor.
00:25Enfin, des Alpes au Maroc, Camille, une jeune Française, réinvente le tissage traditionnel. Un fil et un lien entre le
00:33savoir-faire des deux pays.
00:57Selon une étude, plus de la moitié des Libanais de moins de 30 ans sont prêts à prendre le chemin
01:02de l'exil face à la énième guerre et à la crise économique qui touche leur pays.
01:07Pour d'autres, l'important c'est de rester et de se rendre utile. C'est le cas d'une
01:11étudiante et d'une jeune psychologue que nous avons rencontrée.
01:23Beyrouth est encore fumante des bombardements israéliens.
01:27A dix minutes au nord de la capitale, Antoinette Chalhoub, 21 ans, vient d'emménager dans un nouvel appartement avec
01:34sa famille.
01:38Ma petite soeur est née il y a deux ans. On habite ici avec ma mère, mon frère et ma
01:43soeur.
01:44Moi j'étudie les sciences politiques car je voudrais changer les choses dans ce pays.
01:53Mais depuis début mars, sa vie est suspendue à la guerre.
02:01A l'université, les cours sont en mode hybride. On peut assister ou bien suivre à distance.
02:06Mais ma mère ne me laisse pas y aller car elle dit que le quartier est dangereux.
02:10Surtout depuis le bombardement de Bachoura. C'est juste à côté de l'université, donc elle a eu très peur.
02:16De toute façon, la route est aussi dangereuse.
02:18Mais je reste accrochée à mon rêve. Je veux me donner toutes les chances d'y arriver.
02:25Seule sortie encore autorisée par sa mère, car indispensable pour boucler les fins de mois, se rendre au travail.
02:34Mais dans un pays terrassé par des années de crise économique, obtenir un boulot étudiant n'est pas simple.
02:41Antoinette a trouvé un mi-temps chez un revendeur de matériel médical.
02:45Un univers très éloigné de ses études.
02:51Ici, c'est tout ce que nous vendons pour les hôpitaux.
02:54Et ici, c'est du matériel pour les biopsies.
03:00Ces équipements, on les utilise pour la chimiothérapie.
03:03Ils sont vendus dans les pharmacies.
03:05Les patients doivent les acheter eux-mêmes avant d'aller en traitement.
03:09L'hôpital public devrait les fournir, mais ils n'en ont pas.
03:17Au début, je ne comprenais rien.
03:19Moi, je fais des sciences politiques.
03:21C'est beaucoup de théories et de discussions.
03:24Alors qu'ici, il y a des catalogues, des instruments dont il faut apprendre les noms et les tailles.
03:28Mais je pense qu'au Liban, il faut avoir plusieurs options.
03:31Comme ça, si on n'y arrive pas d'un côté, on peut se débrouiller de l'autre.
03:35Parce qu'il n'y a pas beaucoup d'opportunités de travail.
03:40Antoinette touche 350 euros par mois.
03:42Pour son patron, obligé de réduire ses coûts au minimum pour maintenir son activité.
03:47Cette main-d'oeuvre étudiante est indispensable.
03:51Vous savez, la pièce en plastique dur, comme ça.
03:56Ce que j'apprécie, c'est qu'elle aime apprendre.
04:00Les entreprises, aujourd'hui, ne sont plus capables de payer les salaires corrects.
04:05C'est très important.
04:08C'est pour ça que beaucoup de jeunes qualifiés quittent le pays.
04:12La moitié des Libanais de moins de 25 ans envisagent des migrés.
04:17Une fuite des cerveaux qui pourrait encore s'accélérer avec cette nouvelle guerre.
04:22Les frappes israéliennes sont censées viser le Hezbollah.
04:25Mais ravage en réalité la vie des Libanais bien au-delà des zones contrôlées par l'allié de l'Iran.
04:31Comme dans cet immeuble résidentiel d'une banlieue chrétienne.
04:35Ou ici, en plein cœur de la capitale, en face de l'université d'Antoinette.
04:44A quelques pas de là, dans le quartier de Badaro,
04:48les habitants, comme Saria Majdalani, 24 ans, vivent au rythme des raids aériens.
04:53On entend des bombardements.
04:56Et les bombardements, c'est des bruits très sourds.
04:58Ils peuvent ressembler aux tonnerres.
05:00Ou qui sont peut-être un peu plus violents, parfois, qui font vibrer les vitres.
05:04Quand il y a une explosion plus ou moins proche, on la sent vraiment très bien.
05:09Beaucoup d'habitants du quartier ici sont quand même partis parce que c'est quand même violent.
05:13À vivre, c'est pas agréable.
05:15Au Liban, une guerre en chasse une autre.
05:18Sur cette ancienne ligne de front de 1975 à 1990, la jeune psychologue retrace l'histoire.
05:25C'est un immeuble qui a été extrêmement détruit pendant la guerre civile.
05:28Il a été abandonné depuis, en fait.
05:29Ça fait partie des vestiges de la guerre vraiment massifs.
05:32Il y a des arbres qui ont poussé sur le toit.
05:34Il y a des trous partout, des impacts de balles vraiment sur toute la surface, sur tout le béton.
05:42Moi, je me suis toujours demandé, en fait, et je ne sais pas si j'ai trouvé une réponse,
05:45mais est-ce que chaque nouvelle crise, c'est la même blessure qui s'ouvre à chaque fois ?
05:50Ou bien c'est une nouvelle blessure et c'est une accumulation de blessures ?
05:54Est-ce que les gens s'habituent ?
05:56Pour trouver des réponses, Saria prépare une thèse sur l'impact des traumatismes à répétition
06:02sur la mémoire et la santé mentale.
06:06Là, ces dernières années, des crises se sont enchaînées entre l'explosion du port en 2020,
06:11les crises politiques, économiques, le Covid évidemment,
06:13puis la dernière guerre en 2024, et elle n'est pas à jour puisqu'il n'y a pas de
06:16guerre actuelle.
06:18Avec son équipe de recherche entre la France et le Liban,
06:21Saria aimerait trouver des moyens de mieux soigner les maux des Libanais.
06:25En fonction de ces résultats qu'on aura obtenus,
06:27ça donnerait de la légitimité à développer des nouvelles approches thérapeutiques
06:30qui soient beaucoup plus adaptées à ce qu'on vit.
06:32Parce qu'en fait, aujourd'hui dans le monde, on traite le trauma
06:34comme étant un événement isolé dans le temps,
06:38duquel on sort et ensuite on en guérit.
06:40Et en fait, on en guérit en s'ancrant dans le présent,
06:43le présent qui n'est plus menaçant finalement.
06:45Et c'est ça les techniques de thérapeutique du trauma.
06:47Sauf qu'ici, ce n'est pas du tout adapté au Liban.
06:50À quel moment est-ce qu'on peut dire à son patient,
06:51vous êtes en sécurité maintenant, le danger est derrière vous ?
06:54C'est irréaliste.
06:56Malgré les difficultés, Saria compte bien ouvrir sa propre clinique au Liban.
07:01Car la guerre va creuser de nouvelles cicatrices.
07:05Un quart de la population a déjà fui les bombardements.
07:09Sur les trottoirs, beaucoup viennent du sud du pays,
07:12où l'armée israélienne rase des villages entiers
07:14et dynamite l'infrastructure, notamment les ponts.
07:20Originaire d'une localité chrétienne à la frontière avec Israël,
07:24Antoinette et sa famille suivent les nouvelles dans l'angoisse.
07:29Ça, c'est une explosion qui a eu lieu hier à côté de chez nous.
07:32Les habitants sont isolés.
07:34Personne ne peut leur apporter de nourriture ou à boire.
07:37Ils ne peuvent plus aller à l'hôpital.
07:39Et mes amis des villages d'à côté,
07:41de toute façon, il n'y a même plus de villages.
07:43Ils sont détruits à ce stade.
07:44C'est dur.
07:49Ça me rend triste, vraiment.
07:52Le sud, c'est chez nous.
07:53C'est injuste.
07:55Mais quoi qu'il arrive, au sud ou au Liban en général,
07:58on veut que la guerre s'arrête.
07:59On veut vivre.
08:02Moi, je pense qu'au Liban, il n'y a plus d'espoir.
08:08Si, si, sérieusement.
08:15Pourtant, j'ai élevé les enfants en leur disant d'aimer leur pays.
08:18Mais on vieillit et on s'est épuisé toute notre vie.
08:22Et dès qu'on fait un pas en avant, tous les dix ans, il y a une guerre qui détruit
08:26tout.
08:27On n'en peut plus.
08:32Avec tout ce qu'il se passe, j'aimerais jouer un rôle.
08:35Je suis encore jeune, mais c'est à mon âge qu'on doit avoir un rôle pour son pays.
08:39Toute la jeunesse pense comme ça.
08:45Antoinette, comme tous les Libanais, souhaite vivre enfin en paix et reconstruire son pays.
08:50Mais alors que l'armée israélienne menace d'occuper le sud,
08:54ses rêves semblent suspendus.
09:02Ce petit coin de Palerme aurait bien pu devenir le Saint-Tropez italien.
09:08Le petit port, réservé aux pêcheurs de thon,
09:11a servi de décor à de nombreux films, des années 50 aux années 80.
09:15Aujourd'hui, les caméras sont parties, restent les pêcheurs
09:19et une certaine nostalgie.
09:33Les thons ont changé leur route depuis une centaine d'années,
09:36mais leur passage a laissé une empreinte durable le long de la côte de Palerme.
09:41Dans le quartier marin d'Aradella,
09:43la tonnara Florio demeure le témoin silencieux d'un âge désormais révolu.
09:49Jadis propriété de la plus puissante famille d'entrepreneurs et d'industriels
09:53que la Sicile ait connue,
09:55elle surplombe la mer avec ses quatre tours de la Palazzina dei Quattropizzi,
10:00un tableau digne d'une carte postale qui, depuis les années 50,
10:04a su séduire le monde du cinéma.
10:25Voici le petit port de l'Arenel, à la baie de l'île de la Tortue,
10:30dans Le Vagabond d'Hébert, un film de 1953.
10:34Pour son tournage, le réalisateur américain William Cayley
10:37a conduit en Sicile Errol Flynn, une véritable star de l'époque,
10:42et a transformé le village en repère de pirates.
10:45C'est ainsi qu'un lieu emblématique de Palerme,
10:48qui avait longtemps assuré travailler pour spérité au quartier,
10:51grâce à la pêche aux thons et à la matanza,
10:53le massacre des thons, a fait son apparition sur le grand écran.
10:59Cette tonnare a fui la première acquise par la famille Florio.
11:03L'achat fut réalisé en 1830 par Vincenzo Florio Senior,
11:07surnommé le génie, car il fut à l'origine
11:09de toutes les innovations qui ont fait la fortune de sa famille.
11:13Après avoir séjourné en Angleterre,
11:15à l'époque le pays le plus industrialisé au monde,
11:17il a ramené en Sicile des méthodes modernes.
11:20C'est également en 1830 qu'il a mis au point
11:23un nouveau procédé de conservation du thon,
11:25utilisant un mélange à base d'eau, de sel et d'huile d'olive.
11:30Cette innovation a permis à Vincenzo Florio
11:33de surmonter une période de crise énorme.
11:35Les régimes reposant sur les aliments conservés dans le sel
11:39favorisaient l'apparition du scorbut,
11:41ce qui avait entraîné un net recul des ventes de produits
11:44sur les marchés internationaux.
11:46Mais la conservation dans l'huile d'olive
11:48a donné un énorme élan aux industries tonnières
11:51de la famille Florio.
11:57La tonnara de la Ranella a été transformée
12:00grâce à l'architecte Giaccheri,
12:03qui a également imaginé et construit
12:05la Palazzino dei Quattropizzi,
12:07ainsi surnommée en raison des quatre tourelles
12:10qui la couronnent.
12:16Initialement destinée à accueillir les bureaux de l'entreprise,
12:19enrichie par des œuvres de Salvatore Gregorietti
12:22et d'Emilio Mordolo,
12:25cette construction néogothique
12:26est l'un des symboles de l'épopée des Florio.
12:32La Palazzino dei Quattropizzi
12:34était un symbole important pour cette famille,
12:36car il marquait l'entrée
12:38dans une phase d'essor industrielle.
12:40Vincenzo Florio Senior
12:41a voulu, au cœur même de ce complexe productif,
12:45bâtir un espace de représentation
12:47digne de son ambition.
12:56A quelques mètres de la Palazzina dei Quattropizzi,
12:59un autre bâtiment caractérise la tonnare.
13:03Ce bâtiment, souvent appelé à tort tour,
13:07était en réalité un moulin à sumac.
13:10Lorsque Vincenzo Florio Senior
13:12entreprit la transformation de la tonnare,
13:14il y développa plusieurs activités industrielles.
13:17Parmi celles-ci,
13:18figurait une machine à sumac
13:20dont on extrayait le tanin,
13:22indispensable au tannage des peaux.
13:26Cet ancien moulin,
13:27également utilisé comme phare,
13:29fut l'un des lieux choisis
13:30par Sergio Corbucci
13:32pour tourner
13:33Questo e Quello,
13:35film de 1983,
13:36avec Renato Pozzetto
13:38et Nino Monfredi.
13:45La scène où Pozzetto prend son bain
13:47avec une chèvre dans une baignoire
13:49sur la terrasse de la tour
13:50est très amusante.
13:51Mais la tonnare apparaît encore plus clairement
13:53dans celle où il fait du vélo
13:55avec Jeannette Agrède.
14:16Depuis la Renella,
14:18nous pouvons embarquer pour un court voyage
14:20vers une autre bourgade de pêcheurs.
14:22Au début du XXe siècle,
14:24le trafic maritime croissant
14:25vers le port de Palerme
14:27a contribué à éloigner les tons.
14:29Aujourd'hui,
14:30les plus chanceux des pêcheurs
14:31peuvent encore en apercevoir
14:33quelques-uns.
14:35Moi, l'année dernière,
14:37j'ai vu un ton.
14:40J'ai vu ici, à 20 mètres,
14:43et je l'ai vu remonter vers le bateau.
14:49Au pied du Mont Pellegrino
14:51se trouve la bourgade de Vergine Maria,
14:54où l'on trouve une autre tonnare,
14:56propriété jadis de la famille Bordonaro.
15:00Les Caramonte Bordonaro
15:02furent les derniers propriétaires
15:03de la tonnare de Vergine Maria.
15:06Elle fut achetée par Gabriel
15:07et Caramonte Bordonaro en 1845.
15:11Il semblerait que ce soit
15:12Vincenzo Florio, seigneur lui-même,
15:14qui lui ait conseillé cet achat.
15:24Pour découvrir les origines de ce lieu,
15:27il faut remonter au XVIe siècle.
15:32Son histoire commence en 1576,
15:35lorsque Camilio Camigliani,
15:37architecte militaire florentin,
15:39rédige un rapport destiné à des particuliers,
15:41dans lequel il fournit
15:43les modalités de construction de la tour
15:45et du Mar Faragio,
15:46le bâtiment que l'on appelle communément
15:48tonnare.
15:52Évidemment, grâce à la construction
15:57de la tonnare de Vergine Maria,
16:00le bourg tout autour
16:02s'est développé progressivement.
16:03l'histoire du cinéma est également passée par ici.
16:15De Pietro Germi avec Jalousie
16:17à Francesco Rosi avec Oublier Palerme
16:20et plutôt encore avec Il Vespo Siciliano,
16:24un film de Giorgio Pastina.
16:37Dans ces images,
16:39on découvre la falaise de Vergine et Maria
16:41avant qu'elle ne soit recouverte
16:44par le boom de la construction,
16:46un boom qui a fait disparaître
16:48les joyaux architecturaux
16:49du style art nouveau de la ville.
16:53Mais l'histoire de Vergine et Maria
16:54est également liée au cinéma
16:56par une curieuse anecdote.
16:59Pendant le tournage du film
17:01Le Guépard,
17:01de Luquino Visconti,
17:03bien qu'aucune scène n'ait été tournée
17:05à la tonnara,
17:06Luquino Visconti,
17:07son équipe et les acteurs
17:08ont séjourné
17:09à la tonnara Bordonaro.
17:12Encore aujourd'hui,
17:14beaucoup d'anciens du quartier
17:15se souviennent avec nostalgie
17:17de cette période.
17:18On raconte même
17:19que Luquino Visconti
17:20se promenait dans les rues
17:21et qu'il a même offert
17:22un vélo
17:23au fils du gardien
17:24de la tonnara.
17:28À l'instar
17:29de la tonnara Florio,
17:31celle de Vergine et Maria
17:32a connu une période de crise
17:34au début du XXe siècle.
17:36Aujourd'hui,
17:36il en reste quelques traces
17:38et un patrimoine immatériel,
17:40les tchalomes,
17:41les anciens champs de travail
17:43des tonnarotes.
17:44Sous-titrage Société Radio-Canada
18:08À bord,
18:09il y a une personne
18:10qui donne les ordres,
18:11l'Uraizi.
18:12Il s'agit d'une sorte
18:14de dialogue
18:15entre le l'Uraizi
18:16et les marins
18:18pour tirer tous ensemble
18:20et donc
18:21pour coordonner les efforts
18:22et les marins
18:23répètent leurs phrases.
18:26Nous sommes les derniers
18:30à perpétuer cette tradition
18:32car les jeunes
18:34ne semblent pas
18:34s'intéresser à ces champs.
18:40Nous devons renouer
18:42avec nos traditions
18:42celles qui constituent
18:44notre identité.
18:45C'est la notre identité.
18:56De la soie,
18:58des fibres recyclées
18:59en France
18:59et de la laine
19:00des boutons
19:00du Haut Atlas,
19:02voilà qui fait le bonheur
19:03de Camille Bertrand,
19:04une brodeuse voyageuse
19:06qui se partage
19:07entre l'Isère
19:07et le Maroc
19:08depuis quelques années.
19:09Dans son atelier
19:10de Marrakech,
19:11elle met en valeur
19:11les savoir-faire
19:12des tisserandes marocaines
19:13avec qui elle coopère.
19:29Derrière les trames
19:30et les nœuds,
19:31Camille prend un malin plaisir
19:33à déambuler
19:34au milieu des machines
19:35de tissage.
19:38Ça, c'est typiquement
19:39ce qu'il appelle
19:40une commune machine.
19:41C'est qu'il y a eu
19:41un problème technique.
19:43C'est un réglage technique.
19:44Du coup, ça,
19:44ça devient un déchet.
19:45Ça devient un déchet.
19:46Et du coup,
19:46c'est demi-côté.
19:47Mais vu que c'est de la soie,
19:48moi, je vais pouvoir
19:49le récupérer,
19:50le nettoyer,
19:50le teindre
19:51et le réutiliser.
19:53Les soirées lyonnaises
19:54et la laine,
19:55c'est un peu son histoire.
19:57Ne lui dites pas
19:57de ne pas toucher.
19:58C'est impossible
19:59pour celle qui vient
20:00de la matière noble,
20:01de la fibre.
20:02Elle passe son temps
20:03à les préserver.
20:05J'aime beaucoup
20:07cette matière
20:07et j'avais très envie
20:08dans mon travail
20:09de pouvoir intégrer
20:10de la soie,
20:11mais pas n'importe laquelle.
20:12Et en fait,
20:12revaloriser les déchets
20:13d'entreprise,
20:14je trouve que c'est quand même
20:15plutôt chouette
20:16de leur donner
20:16une deuxième vie.
20:18Oh là là,
20:18mais ça,
20:19regarde-moi ça.
20:21Mélangez à notre
20:21petite laine de mouton,
20:22ça.
20:24Aïe, aïe, aïe.
20:25Les soies vont quitter
20:27le plateau des terres froides
20:29pour le Grand Sud.
20:31Direction
20:32le Haut Atlas
20:33et les portes
20:35du désert.
20:49La chaleur
20:51de l'été marocain
20:52réchauffe
20:53les matières.
20:58C'est incroyable
20:59le temps
20:59que vous avez.
21:03Ici, c'est l'atelier.
21:05Ça, c'est les matières
21:06qu'on va utiliser.
21:07Donc, on va avoir
21:07la laine
21:08qui vient du sirois,
21:10la mousseline
21:10qui vient
21:11de la région de Lyon
21:13et la soie.
21:14La race du sirois
21:15qui est en fait
21:15une race qui est
21:16à la fois la laine blanche
21:17mais aussi la laine noire.
21:18C'est pas du tout un, quoi.
21:19Non, ça, c'est pas du tout.
21:20Incroyable.
21:21Camille a fait
21:22le tour du monde
21:23des couleurs
21:23et des fibres naturelles
21:25avant de se poser
21:25dans la ville
21:26ocre
21:26à Marrakech.
21:28Florence
21:28a fait le voyage
21:30depuis la Creuse,
21:31le berceau
21:31de la tapisserie,
21:32pays de filature
21:33et de teinturerie.
21:35Cette observatrice
21:36de la filière laine
21:37est à l'affût
21:38de toutes les initiatives.
21:42Chaque paysage
21:43est une couleur
21:44et chaque couleur
21:45une teinture végétale.
21:49Dans ses bassines,
21:50la grenade
21:51va sublimer les fils.
21:52Ils seront uniques.
21:55Et la potion magique
21:57est secrète.
21:58Camille élabore
21:59ses recettes
21:59en fonction des fleurs,
22:00des pots de fruits,
22:02selon les saisons
22:02et la météo.
22:04Sa palette
22:04est toujours plus proche
22:06de la nature.
22:07C'est une obsession.
22:09Et voilà
22:09en quelques fils
22:10de soie
22:10et morceaux de laine
22:11son image du Maroc
22:13comme si vous y en avez
22:14qui étiez.
22:20Sur le terrain,
22:22la laine est sélectionnée
22:23dans ce massif
22:24du Sirois.
22:26C'est toute
22:27une petite économie
22:28circulaire
22:28qui s'est organisée.
22:33Ici,
22:34les grands-mères,
22:36les mamans
22:36savent le faire,
22:37le font encore
22:38et je pense
22:39que de travailler
22:41avec les femmes du village,
22:41ça va aussi montrer
22:42aux jeunes
22:43que c'est un vrai
22:44intérêt de faire ça
22:45et que ce n'est pas
22:46simplement une activité
22:47qu'on se fait en intérieur
22:48entre nous,
22:49c'est que ça peut permettre
22:49de vivre de ce savoir-faire.
23:13fatima à fil,
23:15radija à cardes,
23:19et Camille sélectionne.
23:26est-ce qu'il y a une activité ?
23:28Est-ce qu'on arrive
23:29à bien le twister
23:32pour que ça soit bien solide ?
23:33Parce que plus c'est solide,
23:36plus ça prouve
23:37aux clients
23:37qu'il faut
23:38quelque chose
23:39de bien résistant.
23:42une grande carte
23:43à jouer
23:44avec justement
23:44cette matière
23:45qui est une matière
23:46qui se travaille
23:47très bien
23:48par la main,
23:49qu'on peut
23:50plus facilement
23:51mettre en avant
23:52dans un travail artisanal
23:53d'après moi
23:54que dans un travail industriel.
23:59Chaque mois,
24:00Camille leur assure
24:01un revenu.
24:02Les initiatives
24:03et les nouveaux projets
24:04ont redonné espoir
24:05et motivation
24:05à tout le village.
24:21Les nœuds
24:22sont travaillés
24:23à la main
24:23et les chutes
24:24de soie
24:25de l'Isère
24:25ont naturellement
24:26trouvé leur place
24:27au milieu
24:27des brins de laine.
24:29Nous sommes ici
24:30à 300 km
24:31des pâturages,
24:32dans cette coopérative
24:34de femmes
24:34qui tissent
24:35à l'ancienne.
24:36Chaque pièce
24:37est unique,
24:38surtout quand Camille
24:39vient apposer
24:40sa petite touche.
24:41Qu'est-ce qu'il y a ?
24:44Nous avons
24:47quelques pâturages.
24:50Ils doivent
24:51les faire
24:52plus fortes.
24:54Vous savez
24:55qu'il y a trois
24:56lignes.
24:56Est-ce possible
24:57de ne faire
24:58qu'une seule ?
24:58Non,
24:59je ne peux pas.
25:03Je bouscule
25:04un peu tout le monde
25:05mais c'est pour
25:05essayer de travailler
25:06ensemble
25:06et proposer
25:07des choses
25:07un peu différentes
25:08mais qui sont
25:08à la fois
25:09valorisantes
25:09pour tout le monde.
25:10Au Maroc,
25:10ça permet
25:11de valoriser
25:11la laine
25:11qui a tendance
25:12à disparaître.
25:14Les femmes
25:14ne avaient pas
25:16l'habitude
25:16mais vu que
25:16ça fait un moment
25:17que je travaille
25:17avec elles,
25:18on a fait
25:18des essais
25:19et maintenant
25:20ça les stimule
25:20plus que venir
25:21simplement
25:21avec ce qu'elles
25:22ont l'habitude
25:22de faire.
25:25Ensemble,
25:26elles ont recréé
25:27leur filière
25:27haut de gamme,
25:28une niche
25:29aux côtés
25:30des quantités
25:31de tapis
25:31produits au Maroc
25:32et exportés
25:33en Europe.
25:34C'est un rêve
25:35d'artisan
25:36de la belle façon
25:36de faire
25:37qu'elles partagent
25:38et pour ces femmes
25:39un patrimoine
25:41à valoriser.
25:43Et c'est la fin
25:45de ce numéro.
25:46A bientôt
25:47pour de nouvelles aventures
25:48en Méditerranée.
26:06Sous-titres par Jérémy Diaz
26:12Sous-titres par Jérémy Diaz
Commentaires

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Simon LAFAGE
il y a 14 heures