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  • il y a 10 heures
Le 11 mai, le Sénat examinait en séance publique les propositions de loi sur l’aide à mourir et les soins palliatifs. La proposition de loi a été adoptée à l’Assemblée nationale en mai 2025 en première lecture. Examinée au Sénat en janvier 2026, le texte, grandement modifié, a été largement rejeté. En seconde lecture à l’Assemblée nationale, il a fait l’objet de modifications nouvelles et a été adopté. Il est aujourd'hui à nouveau examiné au Sénat, après une adoption en seconde lecture en commission des affaires sociales. La Chambre haute est partisane d’une version beaucoup plus restrictive de l’aide à mourir que la Chambre basse. Revivez ces débats. Année de Production : 2025

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00:00:01Générique
00:00:09Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les débats de la Haute Assemblée.
00:00:17Vous allez suivre un débat important cet après-midi au Sénat.
00:00:20Les sénateurs examinent en deuxième lecture la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir,
00:00:25une réforme sociétale majeure votée par l'Assemblée nationale mais rejetée en première lecture en janvier dernier par la majorité
00:00:32du Sénat.
00:00:32Je vous laisse écouter les débats de cet après-midi à la Haute Assemblée.
00:00:36La discussion en deuxième lecture de la proposition de loi adoptée avec modification par l'Assemblée nationale en deuxième lecture
00:00:43visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs
00:00:49et de la proposition de loi adoptée par l'Assemblée nationale en deuxième lecture
00:00:53relative aux droits à l'aide à mourir.
00:00:56Il a été décidé que ces deux textes feraient l'objet d'une discussion générale commune.
00:01:02Et dans la discussion générale, la parole est à madame Camille Galliard-Migné,
00:01:06ministre déléguée chargée de l'autonomie et des personnes handicapées.
00:01:10A vous, madame la ministre.
00:01:22Merci monsieur le Président, monsieur le Président de la Commission des Affaires Sociales,
00:01:27mesdames et messieurs les rapporteurs, mesdames et messieurs les sénateurs.
00:01:31Nous entrons cet après-midi dans la seconde lecture des propositions de loi relative aux soins palliatifs
00:01:36et à l'aide à mourir. Nous y entrons, comme en première lecture, avec ce que cela suppose
00:01:41de gravité, d'incertitude et d'humilité, et avec ce que la suppose d'écoute.
00:01:47Le gouvernement sait le sérieux du travail mené par les rapporteurs,
00:01:51qui est aussi le produit de travail de fond réalisé par le Sénat depuis plusieurs années.
00:01:56En cela, nous savons que les divergences qui subsistent sur la proposition de loi relative
00:02:00à l'aide à mourir ne sont pas des postures. Elles reflètent des convictions réelles
00:02:04sur des enjeux qui ne supportent pas le prêt-à-penser. Nous le savons et nous le respectons.
00:02:10Mais il y a aussi, entre le texte de votre commission et celui de l'Assemblée nationale,
00:02:14plus de convergence qu'on peut le supposer. D'abord sur les constats.
00:02:18Notre pays s'est doté depuis les années 1990 et surtout depuis 2005,
00:02:23d'un cadre législatif en matière de fin de vie, protecteur des patients,
00:02:27centré sur l'apaisement des souffrances et le respect de leur volonté.
00:02:31Les lois Leonetti et Cleste Leonetti sont la résultante de travaux entre parlementaires
00:02:35initialement de convictions opposées, qui ont choisi de construire
00:02:39plutôt que de s'affronter en bataille rangée.
00:02:41Notre cadre législatif sur la fin de vie, ce sont des réussites pleinement parlementaires.
00:02:47Mais ce cadre, malgré sa solidité, ne garantit pas toujours le même accompagnement
00:02:51de tous devant la fin de vie. S'agissant en particulier des soins palliatifs,
00:02:55tous les besoins ne sont pas couverts dans notre pays.
00:02:57Et donc, oui, des milliers de personnes traversent la fin de vie sans accès à l'accompagnement
00:03:02auquel elles ont pourtant droit depuis des années. Parce que les structures manquent encore,
00:03:07parce que les professionnels manquent encore, parce que les financements ont manqué.
00:03:12Le gouvernement l'a entendu. Sous l'impulsion de Catherine Vautrin et d'Agnès Fermin-Lobaudot,
00:03:18nous avons engagé une stratégie décennale dotée d'un milliard d'euros sur dix ans
00:03:23pour changer les choses structurellement. Renforcer l'offre, former les professionnels
00:03:29et réduire les inégalités territoriales.
00:03:32Les premiers résultats sont déjà là. 600 nouveaux lits de soins palliatifs ouverts
00:03:37depuis deux ans, 12 ouvertures d'unités de soins palliatifs, dont l'année dernière
00:03:42dans le Cher, dans l'Orne, dans les Ardennes et en Guyane, et 22% de patients supplémentaires
00:03:48pris en charge à domicile. Depuis le début de la stratégie décennale, 353 millions d'euros
00:03:54de crédits supplémentaires ont été mobilisés, soit une hausse de 25% des dépenses depuis
00:03:582024. Je me félicite que sur ce volet, les deux chambres du Parlement convergent vers
00:04:04un consensus dans la perspective d'un vote conforme. C'est une réussite qu'il faut saluer.
00:04:11C'est surtout un engagement éthique, premier et indispensable, que vous pouvez concrétiser
00:04:16aujourd'hui. Mais, et c'est ici que la discussion doit se faire, les soins palliatifs les plus
00:04:21excellents ne répondent pas à toutes les situations. Il existe des cas, rares, documentés,
00:04:29attestés, où malgré l'existence de la sédation profonde et continue jusqu'au décès, malgré
00:04:34l'accompagnement, malgré tout ce que la médecine palliative peut offrir, la souffrance
00:04:39demeure. Réfractaire au traitement ou insoutenable, elle est sans issue dans le droit existant.
00:04:45Face à ce constat, le gouvernement considère qu'il faut se refuser à toute forme d'abandon,
00:04:50d'autant que ce constat n'est pas une réflexion spontanée ou l'expression d'un quelconque
00:04:54militantisme. C'est le fruit d'un travail collectif et approfondi, nourri par près
00:05:00de dix rapports publiés ces quatre dernières années, une convention citoyenne et deux ans
00:05:05de débat parlementaire. Sur ce sujet, que séparent les textes de l'Assemblée nationale
00:05:10et le texte de votre commission ? Moins qu'on ne le pense si on regarde les principes,
00:05:15davantage si l'on regarde les périmètres. Sur l'intention d'abord, ni l'Assemblée
00:05:21nationale, ni votre Assemblée, ni le gouvernement ne souhaitent un droit général ou extensif
00:05:27à l'aide à mourir. Ce n'est pas l'intention initiale impulsée par le Président de la
00:05:31République et ce n'est pas le texte issu des débats de l'Assemblée nationale. L'intention
00:05:36est strictement définie. Répondre à des situations d'exception pour des personnes atteintes de maladies
00:05:42graves et incurables, dont le pronostic vital est engagé, avec des souffrances réfractaires
00:05:47ou insupportables. Le texte veut répondre à ce que rien d'autre ne peut résoudre. En clair,
00:05:54il n'est pas conçu pour ceux qui veulent mourir, mais pour ceux qui vont mourir. Nous partageons
00:05:58cette intention. Sur la volonté du patient ensuite. Ici, l'accord est, je le crois, total. La volonté
00:06:06du patient doit être strictement personnelle, actualisée, explicite, réitérée et libre de
00:06:13toute pression. Elle ne peut être déléguée, ni présumée, ni anticipée par des directives
00:06:19personnelles. C'est aussi ce que guide le principe d'odoadministration et la substance létale que
00:06:25vous avez préservée. Sur la procédure, là encore, il n'existe pas de divergence absolument
00:06:31fondamental. C'est un médecin, une procédure collégiale, une traçabilité, un contrôle
00:06:37institutionnel. La médecine reste au cœur du dispositif, avec tout ce que cela implique
00:06:42de responsabilité et de continuité du soin et de l'accompagnement. Sur la clause de
00:06:48conscience des professionnels de santé, enfin, elle est indiscutable et vos deux assemblées
00:06:52la défendent sans réserve. Aucun soignant ne peut être contraint de participer à un acte
00:06:57contraire à sa conscience. Je veux le redire, un nouveau droit qui se construirait contre
00:07:02les soignants serait un recul. Enfin, les désaccords sur les délits d'intrave et d'incitation
00:07:08n'apparaissent pas indépassables. Votre commission s'y est opposée. Ces deux délits
00:07:13n'étaient pas dans le texte initial porté par le gouvernement. Et à la faveur de l'évolution
00:07:18des débats, le gouvernement souhaite interroger l'intérêt d'intégrer une quelconque sanction
00:07:22pénale dans ce texte. Mais je ne veux pas donner le sentiment d'édulcorer le désaccord
00:07:27principal. Votre commission a souhaité limiter le dispositif à des situations de fin de
00:07:32vie imminente à court terme. Cette position a une cohérence, elle répond à la crainte
00:07:36que l'exception glisse vers quelque chose de plus ordinaire. Le gouvernement est à
00:07:41l'écoute de cette crainte, mais il ne peut pas souscrire à la solution proposée. Non
00:07:46par idéologie, mais parce que réalité médicale et réalité des patients ne peuvent se laisser
00:07:51réduire selon un critère temporel aussi restreint. Il existe des maladies graves, incurables,
00:07:58à l'évolution inexorable, où la souffrance est réfractaire ou insupportable, et cela
00:08:04bien avant l'imminence du décès. Quantonner le dispositif au seul court terme, ce serait
00:08:09in chiné abandonner beaucoup des réalités auxquelles notre droit ne sait aujourd'hui
00:08:13pas répondre. Il faut bien sûr des garde-fous, et je les ai évoqués. La collégialité,
00:08:20le contrôle, les critères cumulatifs stricts d'accès et l'évaluation sont à notre sens
00:08:25des points d'équilibre essentiels et suffisants.
00:08:30Mesdames et messieurs les sénateurs, ce débat douche évidemment à quelque chose d'absolu
00:08:35et d'intime, mais il appelle une méthode résolument humble. Il nous faut écouter
00:08:43les trajectoires de vie, il nous faut écouter les familles et les aidants, il nous faut
00:08:49écouter les soignants. Le gouvernement restera ouvert à ces discussions et est fidèle à
00:08:54nos engagements. Renforcer massivement les soins palliatifs, reconnaître sans déni les
00:08:59situations qu'ils ne couvrent pas et construire une réponse exceptionnelle, encadrée, médicalement
00:09:05rigoureuse. Ces engagements, ils s'inscrivent dans la lignée des principes de notre cadre
00:09:11actuel, apaiser les souffrances et respecter la volonté des patients. Je vous remercie.
00:09:17Merci Madame la Ministre. La parole est maintenant à Madame Florence Lassarade, rapporteure de
00:09:21la Commission des affaires sociales. A vous, chers collègues.
00:09:36Monsieur le Président, Madame la Ministre, Monsieur le Président de la Commission, Madame
00:09:41la co-rapporteure, mes chers collègues, le 28 janvier dernier, notre Haute Assemblée
00:09:48a adopté à une grande majorité la proposition de loi visant à garantir l'accès égal de tous
00:09:54à l'accompagnement et aux soins palliatifs. Au retour du texte au Sénat pour la deuxième
00:10:00lecture, il apparaît très nettement que sur ce texte consensuel, nos deux assemblées
00:10:06parlementaires ont poursuivi leur convergence de vues. Cela témoigne d'un débat serein
00:10:11et constructif dont nous pouvons nous réjouir. Sur les 35 articles que le Sénat a eu à examiner
00:10:18en première lecture, nous avions déjà adopté deux articles dans les mêmes termes
00:10:22et supprimés conforme cinq autres. En deuxième lecture, l'Assemblée nationale a suivi le même
00:10:28chemin en retranchant au texte cinq nouveaux articles supprimés conformes et trois articles
00:10:34adoptés conformes. Notre examen en deuxième lecture ne porte donc que sur les 20 articles
00:10:40restant en discussion. Plus encore que ce tableau comptable encourageant le vrai motif
00:10:46de satisfaction provient de nos rapprochements de position sur certains dispositifs clés,
00:10:51tant et si bien que la Commission vous propose d'adopter la proposition de loi sans modification.
00:10:58La copie à laquelle notre navette parlementaire est parvenue n'est certes pas parfaite,
00:11:02mais elle s'avère en revanche tout à fait acceptable compte tenu des enjeux attachés
00:11:07à ce texte. Et l'attente de nos concitoyens exige de ne pas repousser plus longtemps l'entrée
00:11:12en vigueur de la loi. Nous avons dit que la loi n'était pas parfaite. Cela est d'abord
00:11:17vrai, car sur de nombreuses dispositions redondantes ou de nature réglementaire, relevées
00:11:23en première lecture et supprimées par le Sénat, l'Assemblée nationale ne nous a pas
00:11:27toujours suivis. Celle-ci a donc, contre l'avis de nos rapporteurs, réintroduit certaines
00:11:32demandes de rapports qui froisseront nos bonnes habitudes. De même a-t-elle rétabli certaines
00:11:38dispositions et incongruétés légistiques qui, une fois de plus, attiseront les critiques
00:11:44sur la bavardise du législateur ? J'en veux pour preuve l'article 1er, qui porte la définition
00:11:50des soins palliatifs. Nous avions supprimé de nombreuses dispositions, satisfaites par
00:11:55le droit en vigueur ou répétitives entre elles. Les députés ont jugé bon de les
00:12:00réintroduire. De même, à l'article 14, nous avions supprimé la multitude de précisions
00:12:06sur le contenu du plan personnalisé d'accompagnement, considérant que les soignants étaient les mieux
00:12:12placés pour savoir comment utiliser ce plan. Là encore, l'Assemblée nationale a préféré
00:12:17sa version prolique du PPA. Nous pouvons également regretter le rétablissement par l'Assemblée
00:12:22des articles 8R, 8QR et 17, dont le caractère réglementaire ou la portée normative fait plus
00:12:30que nous interroger. De la même manière, les députés ont porté quelques modifications de fonds
00:12:35qui ne nous semblent pas très opportunes, sans pour autant constituer des points de désaccord
00:12:39insurmontable. Ils ont par exemple réintroduit une campagne d'information sur le deuil et
00:12:44son accompagnement. Il reviendra à l'instance qui sera désignée pour élaborer cette campagne
00:12:48de manier ce sujet éminemment intime avec une grande prudence. Toutefois, la comparaison
00:12:54de nos deux textes sur ces points ne rend pas compte d'une divergence insurmontable ou
00:12:57d'un blocage politique, mais d'une différence d'appréciation sur le rôle du législateur.
00:13:02Pour regrettable que ce soit pour la qualité du droit, ces points de forme et ponctuellement
00:13:07de fonds ne justifient pas de prolonger plus longtemps la navette parlementaire. Pour mémoire,
00:13:12notre examen en deuxième lecture intervient plus d'un an après le dépôt de ce texte
00:13:16sur le bureau de l'Assemblée nationale et plus de deux ans après le dépôt du projet
00:13:21de loi initial sur l'accompagnement des malades de fin de vie. Surtout, sur de nombreuses dispositions
00:13:26du texte, l'Assemblée nationale s'est accordée pour suivre notre position. A titre personnel,
00:13:32je pense par exemple à l'article 2 sur les soins palliatifs pédiatriques, à l'article
00:13:394 à propos du droit opposable aux soins palliatifs ou à l'article 8 sur la formation des professionnels
00:13:45de santé. Voilà donc de vrais motifs de satisfaction. En espérant donc que la loi soit définitivement
00:13:51adoptée dès aujourd'hui, je ne peux que souhaiter que le gouvernement prenne la mesure des attentes
00:13:56de nos concitoyens et que la mise en oeuvre des dispositions soit rapide et complète
00:14:02sur tous nos territoires. Je vous remercie.
00:14:05Merci, chers collègues. La parole est maintenant à madame Jostine Guides, rapporteure de la
00:14:10commission des affaires sociales.
00:14:20Monsieur le Président, madame la ministre, monsieur le Président de la commission, mes chers
00:14:25collègues, ma collègue rapporteure a rappelé les imperfections de forme et parfois de fond
00:14:30que comporte le texte qui nous revient aujourd'hui. Ces dernières n'ont toutefois pas paru
00:14:35de rédhibitoire à la commission et surtout, il nous semble que s'agissant des articles
00:14:39majeurs du texte, nous pouvons cette fois nous réjouir sans embâche que l'Assemblée
00:14:43nationale se soit ralliée à notre position. D'abord, sur un point qui nous tient particulièrement
00:14:48à cœur, l'Assemblée a conservé les apports du Sénat concernant la prise en compte
00:14:53des spécificités des soins palliatifs pédiatriques au sein des nouvelles organisations territoriales
00:14:58prévues à l'article 2. Les soins palliatifs pédiatriques ne sont en effet pas superposables
00:15:04aux soins palliatifs pour les adultes. La prise en charge est plus rare, plus spécialisée,
00:15:08mais aussi souvent plus longue et l'accompagnement des parents dans ce cadre est particulièrement
00:15:12important. Ensuite, à l'article 4, l'Assemblée nationale nous a suivis sur la suppression
00:15:17de tout droit opposable aux soins palliatifs, sensible aux arguments de prudence que nous
00:15:22avons fait valoir en janvier. La création d'un référé contentieux pour que soit ordonnée
00:15:27une prise en charge palliative aurait conduit à une judiciarisation de la santé sans garantie
00:15:33d'un accès effectif aux soins. À l'article 8, qui porte sur la formation des professionnels
00:15:38de santé du secteur médico-social et du champ de la santé mentale, nous nous réjouissons
00:15:43du maintien de la rédaction que nous avions adoptée en commission en première lecture.
00:15:48L'Assemblée nationale a également validé à l'article 13 le renforcement que nous avons
00:15:52apporté à l'encadrement de l'accompagnement à domicile prodigué par des associations de
00:15:57bénévoles. De même, les députés se sont rangés à notre avis en supprimant conforme
00:16:01l'article 14 bis qui modifiait le mode de désignation de la personne de confiance par
00:16:06les majeurs protégés. Nous sommes également particulièrement satisfaites que l'Assemblée
00:16:10nationale ait conservé les modifications substantielles apportées par le Sénat sur
00:16:15le plan de la gouvernance. Elle a ainsi supprimé conforme l'article 5 qui portait sur l'adoption
00:16:20d'une loi de programmation pluriannuelle et entériner notre version de l'article
00:16:254 bis, prévoyant ainsi l'élaboration par le gouvernement de stratégie nationale
00:16:30pluriannuelle dont le pilotage sera confié à une instance de gouvernance dédiée.
00:16:35Enfin, et il s'agit d'une disposition majeure du texte, nos deux assemblées sont parvenues
00:16:40à l'adoption de rédactions quasi identiques de l'article 10 qui prévoit la création des
00:16:45maisons d'accompagnement et de soins palliatifs, ce qui témoigne du consensus du Parlement
00:16:50sur le statut et les missions de ces structures. L'Assemblée nationale a adopté un amendement
00:16:55du gouvernement qui autorisera la pratique occasionnelle d'une sédation profonde et continue
00:17:00dans ces maisons. Cet ajout était nécessaire pour que les personnes en fin de vie puissent
00:17:05y être accompagnées jusqu'au décès dans les meilleures conditions. Au-delà des maisons
00:17:10d'accompagnement, grâce au conventionnement avec les équipes mobiles de soins palliatifs
00:17:13et à la redéfinition des projets d'établissement, ce test devrait permettre de renforcer l'accès
00:17:18aux soins palliatifs dans les EHPAD aujourd'hui, notamment insuffisants.
00:17:23Vous l'aurez compris, mes chers collègues, l'adoption sans modification de la proposition
00:17:27de loi que nous vous proposons est un choix de raison compte tenu des enjeux en présence.
00:17:31C'est une responsabilité que nous devons nous prononcer aujourd'hui. Comme nous l'avions
00:17:36longuement exposé en première lecture, si cette proposition de loi porte des vraies avancées
00:17:41et impulse une ambition pour les soins palliatifs, c'est surtout la mise en œuvre
00:17:45effective de la stratégie décennale que nous avons consacrée dans la loi et le respect
00:17:50des engagements budgétaires pris par le gouvernement qui permettront de changer la donne dans nos
00:17:54territoires. Il convient donc que le Parlement adopte définitivement cette loi et ne donne
00:17:59pas au gouvernement des raisons de tergiverser plus longtemps sur l'amélioration de l'accès
00:18:04aux soins palliatifs et à l'accompagnement des patients et de leurs proches sur l'ensemble
00:18:09du territoire. Je vous remercie pour votre écoute.
00:18:12Merci chers collègues. La parole est maintenant à monsieur Alain Milon, rapporteur de la commission
00:18:16des affaires sociales.
00:18:35Monsieur le président, madame la ministre, monsieur le président de la commission, mes chers collègues rapporteurs,
00:18:41mes chers collègues. La PPL sur l'aide à mourir, l'aide active à mourir est soumise une nouvelle fois
00:18:49à notre examen. Puissions-nous cette fois parvenir à trouver une voie de sagesse et voter un texte sans doute
00:18:57perfectible, certainement insatisfaisant pour la majorité d'entre nous et pour des raisons diamétralement
00:19:03opposées d'ailleurs, mais un texte de raison qui atteste de l'attention que notre hôte assemblée porte à cette
00:19:10question si sensible.
00:19:12Prenons garde de ne pas renvoyer l'image d'une chambre d'arrière-garde, ni d'apporter du grain à
00:19:19moudre
00:19:19à tous les détracteurs de notre assemblée qui saisissent toutes les occasions pour la ringardiser, voire demander sa suppression.
00:19:27En tant que co-rapporteur de ce texte avec ma collègue Christine Bonfantidossa, je peux témoigner du travail accompli
00:19:34par notre commission et par ses fonctionnaires et de l'investissement de chacun. Au fil des auditions, des échanges,
00:19:43nous avons bien perçu la complexité de ce sujet dont les enjeux sont loin d'être uniquement sociétaux, médicaux ou
00:19:50politiques,
00:19:51mais relèvent bien davantage de croyances religieuses, philosophiques et dogmatiques.
00:19:57Cet enracinement dans ses convictions profondes complexifie le travail du législateur qui doit les respecter,
00:20:04les intégrer dans sa réflexion, mais ne doit les transcender pour apporter une réponse adaptée, mesurée et réaliste.
00:20:12L'aide à mourir ne doit pas être et ne sera jamais la panacée.
00:20:18Préserver la vie, respecter la volonté d'un malade en fin de vie et empêcher que cette assistance à mourir
00:20:24ne se transforme
00:20:25en disparition pour raisons économiques et sociales, telle est notre obligation.
00:20:31En ce qui nous concerne, nous avons voulu un texte équilibré qui soit à l'écoute des patients, en souffrance
00:20:38et dont l'espérance de vie est à court terme.
00:20:42Notre devoir est de définir un cadre législatif adapté aux malades en fin de vie
00:20:47et non de prétendre imposer une conception hégémonique de la dignité humaine.
00:20:53Cette invocation de la dignité humaine, parfois brandie comme un sésame qui obligerait à retenir une acceptation large de l
00:21:00'aide à mourir,
00:21:01est en fait un concept qui ouvre à des interprétations extensives et à des abus potentiels
00:21:07à l'instar de ce qui produit actuellement là où cela a été autorisé.
00:21:12Vouloir ne pas être dépendant, ne pas être un poids y compris économique pour sa famille
00:21:17est sans doute l'expression d'une forme de dignité humaine,
00:21:21mais qui ne justifie en rien l'admission d'un produit létal par le corps médical,
00:21:26ni l'adoption d'un texte donnant lieu à des interprétations extensives par le législateur.
00:21:33Notre société se doit de protéger les plus faibles contre les dérives.
00:21:39« Entre le fort et le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui protège », disait
00:21:45la Corder.
00:21:46« Nous avons l'obligation d'apporter cette protection a fortiori sur un sujet tel que la mort. »
00:21:53Le texte adopté par l'Assemblée nationale démontre à quel point
00:21:55les dérives sont possibles et insidieuses, car le texte adopté n'a rien en commun avec la volonté initiale.
00:22:03Le droit à mourir ne devait être reconnu que dans les cas extrêmes.
00:22:07Les critères ont été élargis, sont devenus flous, si flous qu'en l'état actuel, tous les abus sont possibles.
00:22:14Face à cette dénaturation, nous défendons la reconnaissance d'une assistance médicale à mourir
00:22:20aussi retirée que possible, Madame la Ministre, destinée aux personnes qui vont mourir et non pas à celles qui veulent
00:22:27mourir.
00:22:27Nous voulons garantir une protection maximale des personnes sollicitant l'aide à mourir, mais aussi des soignants.
00:22:34C'est dans cette optique que nous proposons que cette assistance médicale à mourir ne concerne que les personnes
00:22:40dont le pronostic vital est engagé à court terme.
00:22:43Les personnes qui pourraient la solliciter devraient répondre aux critères de la loi Claes-Lonetti,
00:22:48ainsi qu'à deux autres critères qui sont la majorité d'âge et l'expression d'une volonté libre et
00:22:53éclairée.
00:22:54L'assistance médicale à mourir ne soit pas un droit, les professionnels de santé soient volontaires
00:22:59et bénéficient d'une protection pénale.
00:23:02S'agissant de la procédure d'aide à mourir, des garanties complémentaires sont prévues.
00:23:07Il est par ailleurs proposé d'étendre la clause de conscience aux pharmaciens
00:23:10et à l'ensemble des professionnels susceptibles de participer aux réunions du Collège Puriprofessionnel.
00:23:16Enfin, il sera à nouveau proposé de supprimer le délit d'entrave
00:23:20et peut-être de créer un délit d'interdiction de publicité en faveur de l'assistance médicale à mourir.
00:23:26Mes chers collègues, ce que nous souhaitons, c'est la reconnaissance d'un droit liberté,
00:23:32c'est-à-dire un droit de, et non un droit créant, c'est-à-dire un droit à.
00:23:38Ainsi serait reconnue la liberté du patient de solliciter cette aide à mourir
00:23:43et serait préserver le droit des soignants.
00:23:46Notre ancien collègue, permettez-moi de citer le ministre de la Justice, Robert Ballinter,
00:23:50défendait l'idée selon laquelle nul ne peut retirer l'avis à autrui dans une démocratie.
00:23:56C'est donc un changement majeur de paradigme auquel nous confronte cette proposition de loi.
00:24:02Nous devons en mesurer les conséquences et en garantir la mise en œuvre
00:24:07par un cadre clair, rigoureux et respectueux.
00:24:11Merci, chers collègues.
00:24:12La parole est maintenant à notre collègue, madame Christine Bonfantidosa,
00:24:18qui est rapporteure de la Commission des affaires sociales.
00:24:20A vous, madame la rapporteure.
00:24:31Monsieur le Président, madame la ministre, monsieur le Président des affaires sociales,
00:24:35mes chers collègues,
00:24:37nous sommes réunis aujourd'hui pour délibérer, en quelques heures à peine,
00:24:41d'un texte qui transformera durablement le visage de notre médecine
00:24:45et le sens même du mot soigner.
00:24:48Le gouvernement a dénié nous concédé un temps restreint
00:24:52pour examiner la proposition de loi d'Olivier Falorni,
00:24:56légalisant la mort administrée.
00:24:58Comme si la chambre du temps long, de la délibération réfléchie,
00:25:02de la prudence républicaine,
00:25:04devait s'effacer devant le calendrier d'un quinquennat finissant.
00:25:09J'entends ici l'objection, nous aurions déjà débattu,
00:25:12mais que l'on ne s'y trompe pas,
00:25:14aucune des questions essentielles soulevées en première lecture
00:25:18n'a trouvé de réponse satisfaisante dans la navette.
00:25:21Si la question de la fin de vie a pris une place croissante
00:25:25dans les médias depuis ces derniers temps,
00:25:27est-ce vraiment la priorité actuelle des Français ?
00:25:30Je ne le pense pas, d'autant plus que les priorités,
00:25:34le plan santé mentale érigé en grande cause nationale,
00:25:38la désertification médicale, la crise de l'hôpital public,
00:25:41l'épuisement des soignants, ont tous été renvoyés à plus tard,
00:25:45faute de temps parlementaire.
00:25:47Mais pour organiser les conditions de la mort administrée,
00:25:50on trouve le temps, toujours,
00:25:52comme si notre République savait mieux légiférer pour mourir que pour vivre.
00:25:57Mes chers collègues, j'y vois un renversement éthique d'une gravité considérable.
00:26:01Et je ne suis pas la seule.
00:26:03Le Comité consultatif national d'éthique, dans son avis 139,
00:26:08a posé une exigence claire, presque solennelle.
00:26:12Aucune évolution législative ne serait éthiquement recevable
00:26:16sans que les soins palliatifs ne seraient pas effectivement garantis
00:26:19sur l'ensemble du territoire.
00:26:21Cette exigence n'a pas été entendue.
00:26:25Proposer l'administration de la mort comme solution permettant de répondre
00:26:29à la carence de la prise en charge par insuffisance notable
00:26:33de la culture palliative, par la punerie des soignants,
00:26:36par le manque de formation et indigence des budgets alloués
00:26:39est une mauvaise solution apportée à un vrai problème.
00:26:43Le débat sur la fin de vie intervient au sein d'une société fragmentée,
00:26:48individualiste, séduite par le culte du jeunisme
00:26:51et terrifiée par l'idée de la mort.
00:26:53Ce débat intervient, il faut le rappeler,
00:26:55au moment même où le projet de loi sur le grand âge
00:26:58est remisé au placard.
00:27:00Mes chers collègues, le texte issu de l'Assemblée nationale
00:27:03est à mes yeux inacceptable.
00:27:05Inacceptable dans ses critères,
00:27:07inacceptable dans sa philosophie qui le sous-tend,
00:27:11où l'on confond compassion et geste létal,
00:27:14où l'on présente la suppression du souffrant
00:27:16comme une réponse à la souffrance,
00:27:18inacceptable dans son aveuglement au glissement observé
00:27:21partout ailleurs, aux Pays-Bas, en Belgique, au Canada,
00:27:24dans les digues posées au moment du vote,
00:27:27elles ont toutes cédé, toutes.
00:27:29Alors, mes chers collègues,
00:27:30vient la question difficile.
00:27:32Que faire ?
00:27:33Refuser ce texte en bloc pour opposer une fin
00:27:36de non-recevoir absolu,
00:27:37je l'ai longuement envisagé.
00:27:39Et croyez bien que mes convictions personnelles
00:27:42m'y portaient.
00:27:43Mais j'ai dû, en responsabilité,
00:27:45regarder la réalité parlementaire telle qu'elle est.
00:27:49Si le Sénat se retire du débat,
00:27:51c'est la version de l'Assemblée nationale
00:27:53qui s'imposera,
00:27:54la plus large, la plus fou,
00:27:56la plus dangereuse.
00:27:57Notre abstention de principe deviendrait par défaut
00:28:00un consentement à ce que nous combattons.
00:28:03C'est pourquoi la Commission des affaires sociales
00:28:06a fait un autre choix,
00:28:07un choix douloureux, ingrat, sans gloire,
00:28:09celui d'amender ce texte pour le contenir,
00:28:12pour en restreindre la portée
00:28:13aux seules situations
00:28:15où le pronostic vital est engagé à court terme,
00:28:18pour exiger un volontariat explicite des soignants
00:28:21et non une participation présumée
00:28:23qui ferait peser sur eux une violence morale insupportable,
00:28:27pour préserver la liberté des établissements
00:28:30dont l'identité et le projet
00:28:32ne sauraient être piétinés
00:28:34par une injonction administrative.
00:28:36Mes chers collègues,
00:28:37c'est précisément parce que ce texte
00:28:38est d'une telle gravité
00:28:40que je veux ici lancer un appel.
00:28:42Un appel à la mobilisation,
00:28:44un appel à la présence.
00:28:46Nous avons plusieurs centaines d'amendements à examiner.
00:28:49Ce ne sont pas des amendements bavards,
00:28:51ce ne sont pas des amendements de posture.
00:28:53Chacun d'entre eux, ou presque,
00:28:55soulève une question concrète, technique,
00:28:57parfois redroutable,
00:28:59dont la réponse engagera demain
00:29:00la vie ou la mort de personnes réelles.
00:29:03Chacun de ces amendements
00:29:04mérite d'être examiné, débattu,
00:29:07tranché par le Sénat dans son entier.
00:29:11Lorsque le législateur touche à la mort,
00:29:13il n'a le droit ni à la légèreté,
00:29:15ni à l'enthousiasme, ni à la facilité.
00:29:17Il n'a que le devoir de la gravité,
00:29:19celui de la prudence.
00:29:20C'est dans cet esprit,
00:29:22et seulement dans cet esprit,
00:29:24que je vous invite à prendre
00:29:26toute votre part au débat qui s'ouvre.
00:29:28Je vous remercie.
00:29:29Merci, chers collègues.
00:29:30Dans la suite de la discussion générale,
00:29:32la parole est à M. Stéphane Ravier
00:29:34pour la réunion administrative des sénateurs
00:29:36ne figurant sur la liste d'aucun groupe.
00:29:38à vous, chers collègues.
00:30:02Monsieur le Président, Madame la Ministre,
00:30:05mes chers collègues, visiblement,
00:30:07plus on avance dans cette navette parlementaire,
00:30:09plus on débat, moins la légalisation
00:30:11de l'euthanasie et du suicide assisté
00:30:13est une évidence.
00:30:14Il y a une indéniable prise de conscience
00:30:17et je m'en réjouis.
00:30:19La pédagogie, le débat, la réflexion
00:30:21et surtout, surtout,
00:30:23la découverte par les Français
00:30:24des ressources d'accompagnement
00:30:25insoupçonnées des soins palliatifs
00:30:27ébranle le narratif imposé
00:30:29par la très financée
00:30:31et très monopolistique
00:30:32Association pour le droit à mourir
00:30:34dans la dignité
00:30:34qui confisquait jusqu'ici le débat
00:30:37en nous faisant croire
00:30:38à un consensus implacable.
00:30:40Il y a à travers cette réaction
00:30:42du pays réel
00:30:43l'instinct de vie d'une société
00:30:45qui ne veut pas mourir
00:30:46par injection d'une idéologie.
00:30:49Une opposition digne
00:30:50que personne ne pilote
00:30:51mais qui monte dans les cœurs
00:30:53et dans les consciences.
00:30:54L'euthanasie n'est pas une fatalité.
00:30:58Après l'Ecosse, mi-mars,
00:30:59le pays de Galles et l'Angleterre
00:31:01l'ont rejeté fin avril.
00:31:03L'Assemblée n'a pas revu sa copie
00:31:04mais les votes sont déjà resserrés.
00:31:07En Provence, dans mon quotidien,
00:31:08on m'interpelle,
00:31:09on me parle de beaucoup de sujets
00:31:10mais je n'ai jamais entendu personne,
00:31:13ni un élu local,
00:31:14ni un citoyen me parler d'euthanasie.
00:31:16Tous attendent des espérances de vie.
00:31:19La réalité, ce sont les 5 millions de Français
00:31:21potentiellement éligibles à l'euthanasie
00:31:23dans ces critères élargis.
00:31:25Des vies fragiles et déjà éprouvées,
00:31:27désormais exposées aux pressions,
00:31:29les plus insidieuses
00:31:30et au mercantilisme déguisé en humanisme.
00:31:33Ce texte est un texte d'abandon.
00:31:36Abandon des pauvres,
00:31:37des personnes isolées
00:31:38et des personnes âgées.
00:31:40On aura désormais les maisons
00:31:42France Autonomie
00:31:43pour remplacer l'affreux acronyme EHPAD
00:31:45alors que nous attendons une loi
00:31:47sur le grand âge depuis 2018.
00:31:49Au lieu de mettre les moyens financiers
00:31:51et humains pour accompagner
00:31:52la population vieillissante,
00:31:53le gouvernement n'a à la bouche
00:31:55que des artifices lexicaux.
00:31:57Vous espérez changer la réalité
00:31:59en adoucissant les termes.
00:32:00Mais la dépendance n'est pas indigne.
00:32:03Ça s'accompagne.
00:32:04C'est la cachée,
00:32:05comme si on devait en avoir honte,
00:32:06qui est indigne.
00:32:07De même,
00:32:08vous parlez d'aide à mourir
00:32:09ou d'assistance médicale à mourir
00:32:11pour tenter d'enteriner
00:32:12une rupture éthique,
00:32:14sociale et culturelle
00:32:15sans précédent.
00:32:17L'ignoble,
00:32:19ayant été atteint
00:32:20par l'ancien président
00:32:21des mutuelles privées
00:32:22nommé Baudet,
00:32:23qui est la tête
00:32:23de la fameuse convention citoyenne,
00:32:26s'est prononcée
00:32:26en faveur de l'euthanasie.
00:32:28C'est la main sur le cœur
00:32:29ou sur le portefeuille
00:32:32qu'il a annoncé
00:32:33que les mutuelles
00:32:34seraient pionnières
00:32:34en créant des lieux
00:32:36et des conditions
00:32:37permettant d'exercer
00:32:38cette prétendue liberté.
00:32:39Les mutuelles
00:32:40qui protégissent
00:32:41jusqu'à présent
00:32:42la vie
00:32:43en finançant les soins
00:32:44vont devenir
00:32:44des machines afriques
00:32:45en investissant
00:32:46dans la mort
00:32:47ou le vaudor
00:32:48jusqu'à l'immonde.
00:32:50La vérité,
00:32:51c'est que
00:32:51quand un État
00:32:52décide de pouvoir
00:32:53organiser la mort
00:32:54programmée des gens
00:32:55avec l'aide de la médecine,
00:32:56il capitule.
00:32:57Mes chers collègues,
00:32:58ne capitulez pas !
00:33:00Alors qu'à l'Assemblée nationale,
00:33:01où les fous sont bien gardés,
00:33:03tous les garde-fous
00:33:03ont sauté.
00:33:04Le Sénat
00:33:05doit être plus que jamais
00:33:06la chambre
00:33:07de la raison gardée.
00:33:08Mes chers collègues,
00:33:09le retour à la dignité politique
00:33:11au service
00:33:12de la dignité humaine
00:33:13commence ici.
00:33:16La parole est maintenant
00:33:18à notre collègue
00:33:19M. Bernard Fialaire
00:33:20pour le groupe
00:33:20du Rassemblement démocratique
00:33:21et social
00:33:22européen.
00:33:36M. le Président,
00:33:37Mme la Ministre,
00:33:39Mesdames et Messieurs les rapporteurs,
00:33:41M. le Président de la Commission,
00:33:42chers collègues,
00:33:44le texte sur l'aide à mourir
00:33:46qui nous revient
00:33:46de l'Assemblée nationale
00:33:47a peu évolué
00:33:48depuis sa première lecture.
00:33:49Il n'avait pas été enrichi
00:33:52par le Sénat
00:33:53puisque nous avions rejeté
00:33:54la version insatisfaisante
00:33:56qui nous était proposée.
00:33:58Nous attendons
00:33:59un nouveau débat
00:34:00dans le respect
00:34:01des convictions de chacun,
00:34:03dans le respect
00:34:04des convictions de tous,
00:34:06sans occulter
00:34:07les convictions
00:34:08de celles et ceux
00:34:09qui nous demandent
00:34:09d'entendre leurs suppliques
00:34:11pour une aide
00:34:12à mourir
00:34:12dans la dignité.
00:34:14Comme certainement
00:34:15beaucoup d'entre vous,
00:34:16j'ai reçu
00:34:17nombre de messages
00:34:18me félicitant
00:34:18de n'avoir pas voté
00:34:19une aide à mourir
00:34:20alors que mon vote
00:34:22était au contraire
00:34:23le refus
00:34:24d'une simple assistance
00:34:25médicale à mourir
00:34:26en régression même
00:34:27sur les avancées
00:34:28de la loi
00:34:28Clès et Dionéti.
00:34:30J'espère que cette fois
00:34:31notre message sera clair.
00:34:33Ce qui m'est apparu
00:34:34dans les oppositions
00:34:35reçues à l'aide à mourir,
00:34:37c'est qu'elles sont motivées
00:34:38par des affirmations dogmatiques
00:34:40ou des convictions religieuses
00:34:42ou philosophiques.
00:34:43A l'inverse,
00:34:45les appels à voter
00:34:46pour une aide à mourir
00:34:47reposent sur des cas concrets,
00:34:49des situations
00:34:50humainement douloureuses
00:34:51et parfois même dramatiques.
00:34:54L'humanisme,
00:34:56c'est prendre en considération
00:34:57ces situations humaines
00:34:58vécues
00:34:59plutôt que les spéculations
00:35:01philosophiques
00:35:02ou spirituelles.
00:35:03Aussi,
00:35:04je poursuivrai ce combat
00:35:06pour la reconnaissance
00:35:07de ce droit
00:35:08à aider
00:35:08jusqu'au bout
00:35:09de leur existence
00:35:10celles et ceux
00:35:11qui aspirent
00:35:12à être soulagés
00:35:13d'une survie
00:35:13qu'ils jugent
00:35:14déraisonnable
00:35:15et indigne
00:35:16de l'image
00:35:17qu'ils souhaitent laisser
00:35:18à leurs proches.
00:35:19La sédation profonde
00:35:21prolongée
00:35:21ne peut être invoquée
00:35:23comme unique solution.
00:35:25Le texte
00:35:25sur les soins palliatifs
00:35:27ne peut servir
00:35:27de prétexte
00:35:28aux argusies
00:35:29des opposants
00:35:29à l'aide à mourir.
00:35:31La diffusion
00:35:32de la culture
00:35:32de soins palliatifs
00:35:34et leurs applications
00:35:35effectives
00:35:36sont un progrès.
00:35:37Nous les soutenons
00:35:38sans réserve.
00:35:39Ils réduiront
00:35:40certainement
00:35:41la demande
00:35:42de suicides
00:35:42assistés.
00:35:44D'autant
00:35:44que nous reconnaissons
00:35:46désormais
00:35:47de facto
00:35:47que la sédation
00:35:49profonde
00:35:49peut hâter
00:35:50ou différer
00:35:51la survenue
00:35:52de la mort.
00:35:53C'est un premier pas.
00:35:55Mais nous savons
00:35:56aussi que même
00:35:57avec des soins
00:35:57palliatifs opérants,
00:35:59il reste des demandes
00:36:00pour une aide active
00:36:01à mourir.
00:36:02Certains parlent
00:36:03de 6 à 8 %.
00:36:04Et les soins
00:36:06ne consistent pas
00:36:07à améliorer
00:36:07des statistiques.
00:36:08Ils sont produis
00:36:10pour soulager
00:36:11des êtres humains
00:36:12dont nous devons
00:36:13respecter
00:36:13la liberté
00:36:14et la dignité.
00:36:16Ils ont droit
00:36:17à tous les moyens
00:36:18dont la médecine dispose.
00:36:22Par exemple,
00:36:23ma dernière patiente
00:36:24plongée il y a
00:36:24quelques semaines
00:36:25en sédation profonde
00:36:26prolongée
00:36:27au terme
00:36:27d'une dégradation
00:36:28de plus de 25 ans
00:36:29qui avait emporté
00:36:30son mari d'épuisement
00:36:31a été prise en charge
00:36:33par un service
00:36:34de soins palliatifs.
00:36:36Hydratation stoppée,
00:36:37son agonie
00:36:38a duré 15 jours
00:36:39avant qu'elle
00:36:40ne s'éteigne
00:36:41complètement.
00:36:42Sa famille
00:36:43qui l'a veillée
00:36:43a dû supporter
00:36:45ses rictus
00:36:45et ses mimiques,
00:36:46certes fugaces,
00:36:47mais vécue
00:36:48comme autant
00:36:49de souffrance
00:36:49dans cette trop longue
00:36:50agonie.
00:36:51Ce sont
00:36:52ces situations
00:36:53dramatiques
00:36:54que nous voulons
00:36:55à redisparaître.
00:36:56Le texte
00:36:57contrôle
00:36:58la toute-puissance
00:36:59médicale
00:36:59par la collégialité
00:37:00des décisions.
00:37:02Mais il n'est
00:37:02nul besoin
00:37:03de la présence
00:37:04d'un officier
00:37:04de police judiciaire
00:37:06lors de l'administration
00:37:07du produit létal.
00:37:08Il transformerait
00:37:10la bienveillance
00:37:11d'un soin
00:37:12en exécution
00:37:13contrôlée
00:37:14d'une décision
00:37:14administrative
00:37:15qui, ici,
00:37:17réclame
00:37:18la présence
00:37:18de la police
00:37:19à son chevet
00:37:20lors de son trépas.
00:37:22La cause
00:37:23de conscience
00:37:23doit être garantie
00:37:25aux professionnels
00:37:25de santé
00:37:26qui assureront
00:37:27l'aide à mourir.
00:37:29Elle doit être garantie
00:37:30également
00:37:31aux professionnels
00:37:32de santé
00:37:33qui souhaitent
00:37:33accompagner
00:37:34leurs patients
00:37:34dans le respect
00:37:35de leur volonté
00:37:36et elle ne peut
00:37:38être avancée
00:37:38par un établissement
00:37:39qui s'opposerait
00:37:40ainsi administrativement
00:37:42à une décision
00:37:42médicale.
00:37:44Cette ingérence
00:37:45sera un précédent
00:37:46d'une extrême
00:37:47gravité.
00:37:48Veillons
00:37:49à ne pas introduire
00:37:50de la subjectivité
00:37:51de l'arbitraire
00:37:52qui contreviendrait
00:37:53au consentement
00:37:54éclairé
00:37:55des patients.
00:37:56Ce sont eux
00:37:57que nous défendons
00:37:58parce que nous entendons
00:37:59leur détresse.
00:38:00Alors,
00:38:01mes chers collègues,
00:38:03ne restons pas sourds
00:38:04à leur appel
00:38:04et donnons leur
00:38:05cet espoir
00:38:07de la fin de vie
00:38:08digne et responsable
00:38:09à laquelle ils aspirent.
00:38:11La responsabilité
00:38:12est consubstantielle
00:38:14de la liberté.
00:38:16Pour que vive
00:38:17cette liberté,
00:38:18le groupe RDSE
00:38:19soutiendra
00:38:20la version émanant
00:38:21de l'Assemblée nationale,
00:38:22même si,
00:38:23à titre personnel,
00:38:24je réclame la prise
00:38:25en compte
00:38:25des directives anticipées
00:38:27rédigées
00:38:27en pleine conscience.
00:38:29Le sénateur
00:38:30Kayyavet
00:38:31la réclamait
00:38:32il y a presque
00:38:3250 ans,
00:38:34aujourd'hui,
00:38:35ayons le courage
00:38:36et la sagesse
00:38:37de la voter.
00:38:39Merci.
00:38:40La parole est maintenant
00:38:41à notre collègue,
00:38:42madame Brigitte Bourguignon
00:38:43pour le groupe
00:38:43Union Centriste.
00:38:56Monsieur le Président,
00:38:58madame la ministre,
00:39:00mesdames et messieurs
00:39:01les rapporteurs,
00:39:01mes chers collègues,
00:39:03nous revoici donc
00:39:04au pied de cette montagne.
00:39:06Pour la seconde fois,
00:39:07nous portons ce texte
00:39:09sur l'aide à mourir
00:39:10comme Sisyphe roulait
00:39:12son rocher.
00:39:12L'effort est-il vain ?
00:39:15Faut-il continuer,
00:39:16alors qu'ils sont
00:39:17si nombreux,
00:39:18à s'employer
00:39:19méthodiquement,
00:39:20à ramener ce rocher
00:39:21à son point de départ,
00:39:23la loi Claes-Léonetti,
00:39:25si ce n'est plus loin ?
00:39:26La métaphore s'arrête là
00:39:28où commence
00:39:29la douleur humaine,
00:39:30car ce rocher
00:39:31n'est pas fait de pierre.
00:39:33Il est pétri
00:39:34de la détresse
00:39:35et de la peur
00:39:35de nos concitoyens
00:39:36les plus fragiles.
00:39:38Plus nous attendons,
00:39:40plus il pèse lourd
00:39:41sur ceux qui n'ont plus
00:39:42le temps d'attendre,
00:39:43ni l'envie de souffrir.
00:39:45Pour eux,
00:39:46sommes-nous encore crédibles
00:39:48à présenter
00:39:49la prudence
00:39:50comme reine
00:39:51alors qu'elle produit
00:39:52de l'absurde ?
00:39:53Je respecte
00:39:54le travail fourni,
00:39:55je respecte
00:39:57le malaise
00:39:57que ce débat suscite,
00:39:59je comprends
00:39:59qu'il dérange,
00:40:00car il touche
00:40:01à nos limites,
00:40:02mais s'agit-il
00:40:03d'un motif valable
00:40:04pour abandonner
00:40:05toute raison ?
00:40:06Si ce rocher
00:40:07retombe sans cesse,
00:40:09c'est qu'il est entraîné
00:40:10aussi par le vent mauvais
00:40:12qui souffle trop souvent
00:40:14sur nos débats.
00:40:15Tout au long
00:40:16de nos travaux parlementaires,
00:40:18nous avons pu entendre
00:40:19ça et là,
00:40:20malheureusement,
00:40:21de fausses informations
00:40:22allant de théories
00:40:24eugénistes
00:40:25aux délires complotistes
00:40:26les plus anxiogènes.
00:40:29Privilégier le fantasme
00:40:30à l'aspiration citoyenne
00:40:32elle-même contestée,
00:40:34d'ailleurs,
00:40:35et la rigueur
00:40:35des travaux parlementaires
00:40:36n'honore personne.
00:40:38C'est un déni de réalité
00:40:40irrespectueux
00:40:41pour les malades.
00:40:42Et pourtant,
00:40:43qu'il est difficile
00:40:44de sortir
00:40:44de l'alibi éternel
00:40:46du bon moment
00:40:47qui leur est
00:40:48systématiquement opposé.
00:40:50Comme pour toutes
00:40:51les grandes réformes sociétales,
00:40:52ce n'est jamais
00:40:53le bon moment,
00:40:55du moins pour ceux
00:40:55qui ne sont pas
00:40:56directement touchés.
00:40:57C'est une réponse
00:40:58individualiste,
00:40:59s'il en est,
00:41:00de ceux qui demandent
00:41:01aux autres d'attendre
00:41:02et de souffrir
00:41:03en silence si possible,
00:41:05le temps que nos consciences
00:41:07de bien portant
00:41:08se sentent prêtes.
00:41:10Mes chers collègues,
00:41:11le déjà vu
00:41:12guide le texte
00:41:14que nous examinons
00:41:14aujourd'hui.
00:41:15Je ne peux y souscrire.
00:41:17Vidé de sa substance,
00:41:19réduit pudiquement
00:41:20à l'assistance
00:41:21face à l'agonie imminente,
00:41:23il maintient pour les malades
00:41:25une double peine.
00:41:26On exige du patient
00:41:28un discernement intact,
00:41:30tout en lui interdisant
00:41:32de prévoir le jour
00:41:33où il le perdra.
00:41:34C'est une impasse,
00:41:36une lutte supplémentaire
00:41:37pour ceux
00:41:38qui n'en ont plus
00:41:38la force.
00:41:39Et une fois de plus,
00:41:41le pivot de ce débat
00:41:42est oublié,
00:41:43il reste social.
00:41:45La Suisse
00:41:46et la Belgique,
00:41:47pour les uns,
00:41:48suffisamment aisés,
00:41:49suffisamment informés,
00:41:51et la lente agonie
00:41:52pour les autres.
00:41:53Est-ce là notre idée
00:41:54de la dignité ?
00:41:55Je refuse toujours
00:41:57cette fraternité
00:41:58à deux vitesses.
00:41:59Je regrette le renoncement
00:42:01à un modèle français
00:42:02souverain
00:42:03qui ne conditionnerait pas
00:42:04l'ultime liberté
00:42:06au seul privilège.
00:42:07Mes chers collègues,
00:42:09au moment où le rocher
00:42:10redescend vers nous,
00:42:12saisissons ce moment
00:42:13de conscience.
00:42:14Effacer ce texte
00:42:15ne fera pas disparaître
00:42:17la demande des Français.
00:42:18En revanche,
00:42:20cela ne fera qu'inscrire
00:42:21notre impuissance
00:42:22à protéger,
00:42:24en l'occurrence,
00:42:25les plus humbles.
00:42:25Le véritable absurde républicain
00:42:29reste l'inégalité
00:42:31devant la mort.
00:42:32Je vous remercie.
00:42:33Merci.
00:42:34La parole est maintenant
00:42:35à notre collègue,
00:42:36madame Corinne Boursier,
00:42:38pour le groupe
00:42:38Les Indépendants
00:42:39République et Territoire.
00:42:49Monsieur le Président,
00:42:51madame la Ministre,
00:42:52mesdames,
00:42:53messieurs les rapporteurs,
00:42:54Monsieur le Président
00:42:55de la Commission
00:42:55des Affaires Sociales,
00:42:56mes chers collègues.
00:42:57Je souhaite rappeler
00:42:59une chose essentielle
00:43:00en préalable.
00:43:01On nous laisse parfois
00:43:02penser que les Français
00:43:03attendent unanimement
00:43:04ce texte sur la fin de vie
00:43:06et l'aide à mourir.
00:43:07Or, la réalité
00:43:09est bien plus nuancée.
00:43:10Les résultats des sondages
00:43:12dépendent souvent
00:43:13de la façon
00:43:13dont les questions
00:43:14sont posées,
00:43:15surtout lorsqu'il est question
00:43:16de souffrance extrême.
00:43:18Dès que l'on évoque
00:43:19les conditions concrètes
00:43:20d'application
00:43:21et leurs conséquences,
00:43:22les opinions deviennent
00:43:23beaucoup plus partagées.
00:43:25Ce sujet est profondément
00:43:27humain, intime
00:43:28et sensible.
00:43:29Il mérite du respect,
00:43:31de la mesure
00:43:31et beaucoup d'humilité.
00:43:33Derrière ce débat,
00:43:34il y a des patients,
00:43:35des familles,
00:43:36des soignants
00:43:37et des choix
00:43:37extrêmement difficiles.
00:43:40Certains estiment
00:43:41qu'il est prématuré
00:43:42de légiférer
00:43:43sur l'aide à mourir
00:43:44avant de garantir
00:43:45à tous
00:43:46un accès réel
00:43:47et effectif
00:43:48aux soins palliatifs.
00:43:49Et j'en fais partie.
00:43:51Pourquoi envisager
00:43:52de mettre fin
00:43:53à la vie d'un patient
00:43:53pour supprimer sa douleur
00:43:55alors que des moyens existent
00:43:57déjà pour la soulager
00:43:58sans aller jusqu'à
00:43:59cet acte irréversible ?
00:44:01Il est possible
00:44:03d'apaiser les souffrances
00:44:04par l'administration
00:44:06de traitements antalgiques
00:44:07et sédatifs
00:44:08et la loi Cles-Leonetti
00:44:10permet aux patients
00:44:10de ne plus ressentir
00:44:11la douleur
00:44:12sans provoquer
00:44:13intentionnellement la mort
00:44:15grâce à la sédation profonde
00:44:16et continue
00:44:17maintenue jusqu'au décès.
00:44:19Avant d'ouvrir le débat
00:44:20sur l'aide à mourir,
00:44:21appliquons pleinement
00:44:22cette loi.
00:44:23Parlons d'abord
00:44:24des soins palliatifs.
00:44:25Car aujourd'hui,
00:44:26sur notre territoire,
00:44:28seuls 50% des besoins
00:44:30en soins palliatifs
00:44:31sont couverts.
00:44:32Comment envisager
00:44:33de faire basculer
00:44:34notre société
00:44:34vers une légalisation
00:44:36de l'aide à mourir
00:44:37alors même que
00:44:38tant de Français
00:44:38n'ont pas accès
00:44:39à un accompagnement
00:44:40digne et humain
00:44:41dans leurs derniers jours ?
00:44:43N'oublions pas
00:44:43qu'une très grande majorité
00:44:45des personnes
00:44:45qui demandent à mourir
00:44:46changent d'avis
00:44:47lorsqu'elles sont prises
00:44:48en charge
00:44:49en soins palliatifs,
00:44:50entourées,
00:44:51écoutées
00:44:52et soulagées.
00:44:53La priorité
00:44:55doit donc être claire.
00:44:58Garantir partout
00:44:59sur le territoire
00:45:00des équipes,
00:45:01des unités
00:45:01et des moyens adaptés.
00:45:03Ensuite et seulement,
00:45:04nous pourrons avoir
00:45:05un débat pleinement légitime
00:45:07sur l'aide à mourir
00:45:08avec la certitude
00:45:09que cette demande
00:45:10ne soit jamais formulée
00:45:11par défaut,
00:45:12faute d'accompagnement
00:45:13ou de soins.
00:45:14Bien sûr,
00:45:15je n'ignore pas
00:45:16que certaines souffrances
00:45:17persistent encore.
00:45:19Malgré les progrès médicaux,
00:45:21certains traitements
00:45:21ne soulagent pas toujours.
00:45:23Les douleurs
00:45:24et certaines situations
00:45:25ne répondent pas
00:45:26aux critères
00:45:26de la sédation profonde
00:45:27et continue.
00:45:28Ces réalités existent
00:45:29et il serait insultant
00:45:30de ne pas les reconnaître.
00:45:32Certains parmi nous
00:45:34estiment que ces exceptions
00:45:35doivent être prises
00:45:36en compte par la loi
00:45:37avec l'ouverture
00:45:38d'une forme d'aide à mourir.
00:45:39Je ne partage
00:45:41cependant pas cette vision
00:45:42même si les rapporteurs
00:45:43ont tout fait
00:45:44pour préserver
00:45:45une version très encadrée
00:45:46d'une forme d'aide à mourir.
00:45:51Je pense que notre responsabilité
00:45:53première est de construire
00:45:55un accès effectif
00:45:56et égal aux soins palliatifs
00:45:57pour tous les Français
00:45:58et les Françaises.
00:45:59Aujourd'hui encore,
00:46:00tous les territoires
00:46:01ne sont pas égaux
00:46:02face à la souffrance,
00:46:03à l'accompagnement
00:46:03et à la fin de vie.
00:46:04Et tant que cette égalité
00:46:06n'existera pas,
00:46:07nous ne pourrons pas
00:46:07raisonnablement être certains
00:46:09que certaines demandes
00:46:10de mourir
00:46:10ne soient pas aussi
00:46:11l'expression
00:46:12de la solitude,
00:46:13de la détresse
00:46:13ou de l'abandon.
00:46:15Comme lors de la première lecture,
00:46:16les sénateurs et sénatrices
00:46:17du groupe Les Indépendants
00:46:19voteront selon leur conscience.
00:46:21Je vous remercie.
00:46:21Merci.
00:46:22La parole est maintenant
00:46:23à M. Califé Califé
00:46:25pour le groupe Les Républicains
00:46:26et ce pour 4 minutes.
00:46:38Merci M. le Président,
00:46:40M. le Président,
00:46:41Mme la Ministre,
00:46:43Mesdames et Messieurs
00:46:44les rapporteurs,
00:46:45M. le Président
00:46:46de la Commission.
00:46:46Mes chers collègues,
00:46:48l'Assemblée nationale
00:46:49nous renvoie aujourd'hui
00:46:51un texte
00:46:52qui, malheureusement,
00:46:54sous des mots
00:46:55qui se veulent apaisants,
00:46:57introduit une rupture profonde
00:46:59dans notre contrat social,
00:47:01juridique et médical,
00:47:02alors que domine
00:47:04la confusion entre soins
00:47:06et fourniture
00:47:07d'un geste légal,
00:47:09létal,
00:47:10et que le respect
00:47:12de la liberté de conscience
00:47:13des soignants
00:47:14ou le risque
00:47:15des soignants
00:47:16ou le risque liberticide
00:47:17découlant
00:47:17de la pression
00:47:18à mourir
00:47:19s'imposera
00:47:20sur les plus fragiles
00:47:22d'entre nous.
00:47:23Pourquoi tant
00:47:24de précipitations ?
00:47:26J'ai derrière moi
00:47:27l'expérience
00:47:28de plus de 40 ans
00:47:29de médecins hospitaliers
00:47:30et je ne peux ignorer
00:47:32la réalité du terrain.
00:47:33J'ai aussi analysé
00:47:35de près les expériences
00:47:37de quelques pays
00:47:38qui ont adopté
00:47:39ce type de loi.
00:47:40Beaucoup d'entre eux
00:47:41s'interrogent aujourd'hui.
00:47:43Les récents sondages britanniques
00:47:46démontrent
00:47:47un certain sceptivisme croissant
00:47:49et proposent d'offrir
00:47:51d'abord des soins palliatifs
00:47:53avant toute assistance
00:47:54au suicide.
00:47:55Ils préconisent
00:47:56une autorisation judiciaire
00:47:58préalable
00:47:58et des normes strictes
00:48:00pour éviter
00:48:01les pressions familiales
00:48:02ou économiques.
00:48:03Proposer l'aide à mourir
00:48:05alors que nous n'avons pas,
00:48:07malgré les lois successives,
00:48:09su garantir le droit
00:48:11à l'accompagnement
00:48:12pour chaque Français.
00:48:13C'est offrir un choix
00:48:14par défaut.
00:48:16C'est donner une réponse
00:48:17technique et irréversible
00:48:18là où nos concitoyens
00:48:20attendent une présence humaine,
00:48:22une écoute
00:48:23et des soins
00:48:24qui apaisent réellement.
00:48:26Ce texte touche aussi
00:48:29au cœur de l'éthique soignante,
00:48:31socle millénaire
00:48:33d'une médecine
00:48:33qui se définit
00:48:34par une promesse absolue,
00:48:36soigner,
00:48:37soulager,
00:48:38mais ne jamais nuire.
00:48:40En intégrant
00:48:41la mort provoquée
00:48:42par le soin,
00:48:43nous créons
00:48:43une confusion
00:48:44déontologique
00:48:45dangereuse
00:48:46alors même
00:48:47que le médecin
00:48:47doit rester celui
00:48:48qui accompagne la vie
00:48:49jusqu'au bout
00:48:50et non celui
00:48:51qui administre la faim.
00:48:53En brisant ce principe,
00:48:55nous altérons
00:48:55la confiance sacrée
00:48:56qui unit le médecin
00:48:58à son soignant
00:48:59avec la certitude
00:49:00que nous combattrons
00:49:01toujours la souffrance
00:49:03mais jamais le souffrant.
00:49:06Les critères établis
00:49:07par l'Assemblée nationale
00:49:08restent emprunts
00:49:09d'une fragilité inquiétante.
00:49:11Votez cette fois encore
00:49:13avec une faible majorité
00:49:16cette deuxième lecture
00:49:17occulte des questions
00:49:19fondamentales
00:49:20sur la protection
00:49:21des plus faibles
00:49:22et le respect
00:49:23des consciences
00:49:24qui méritent mieux que cela.
00:49:25Comment définir
00:49:26avec une certitude juridique
00:49:28et médicale
00:49:29une souffrance insupportable
00:49:31sans ouvrir la porte
00:49:33à des interprétations
00:49:34subjectives incontrôlables ?
00:49:36Une fois la digrompue,
00:49:38l'expérience
00:49:39de nos voisins européens
00:49:40montre que l'exception
00:49:42devient inévitablement
00:49:43la règle.
00:49:44Mes chers collègues,
00:49:45la loi Clesse-Leonetti
00:49:47offre depuis 2016
00:49:49un cadre protecteur
00:49:50humain et équilibré.
00:49:52Elle n'est à ce jour
00:49:53pas assez connue
00:49:54ni par les professionnels
00:49:56ni par la population
00:49:58comme l'ont rappelé
00:49:59nos rapporteurs
00:50:03dont je salue
00:50:04l'énorme travail
00:50:05pour avoir un texte
00:50:06équilibré et acceptable
00:50:08basé sur l'actualisation
00:50:10de cette loi.
00:50:11Le véritable progrès,
00:50:13mes chers collègues,
00:50:14n'est pas l'injection létale.
00:50:16Le véritable progrès,
00:50:18c'est le temps d'écoute
00:50:19des patients et leurs familles.
00:50:21Le véritable progrès,
00:50:22c'est la formation
00:50:23des professionnels de santé
00:50:25pour mieux faire face
00:50:26à cette situation
00:50:27de fin de vie.
00:50:29Madame la ministre,
00:50:30je ne peux souscrire
00:50:31à une loi
00:50:32qui, sous couvert
00:50:33de modernité,
00:50:35représente un retrait
00:50:36de notre solidarité
00:50:37devant la maladie
00:50:39et la vieillesse.
00:50:40On ne peut pas demander
00:50:41aux soignants
00:50:42de porter cette responsabilité.
00:50:44Ils sont les experts
00:50:45de la vie,
00:50:46pas les techniciens
00:50:47de la mort.
00:50:48pour l'honneur
00:50:49de la médecine,
00:50:50pour la protection
00:50:51des plus vulnérables
00:50:52et pour notre modèle
00:50:55de fraternité,
00:50:56je vous invite,
00:50:57mes chers collègues,
00:50:58à maintenir
00:50:59la position
00:50:59de prudence,
00:51:01de dignité,
00:51:02d'humanité
00:51:02propre au Sénat
00:51:04et de soutenir
00:51:05le texte
00:51:06de la Commission
00:51:06des Affaires Sociales
00:51:08qui vous est présenté.
00:51:09Je vous remercie.
00:51:10Merci, chers collègues.
00:51:11La parole est maintenant
00:51:13à M. Martin Lévrier
00:51:14pour le groupe
00:51:15Les Rassemblements
00:51:15des Démocrates
00:51:16Progressistes
00:51:17et Indépendants.
00:51:18A vous, chers collègues.
00:51:24Merci, merci.
00:51:30Monsieur le Président,
00:51:32Madame la Ministre,
00:51:33Monsieur le Rapporteur
00:51:33de la Commission
00:51:34des Affaires Sociales,
00:51:35mes chers collègues,
00:51:36il était temps,
00:51:38il était temps
00:51:39que la République
00:51:40se note enfin
00:51:40d'un cadre digne
00:51:41de ce nom
00:51:42pour accompagner
00:51:43ceux qui en ont
00:51:44le plus besoin.
00:51:44Il était temps
00:51:45que le droit
00:51:46aux soins palliatifs
00:51:47ne soit plus un idéal
00:51:48inscrit dans les textes
00:51:50mais une réalité concrète,
00:51:53territorialisée,
00:51:54accessible à tous,
00:51:56que l'on habite
00:51:57dans un quartier
00:51:57bien desservi
00:51:58ou dans une commune
00:51:59rurale des Yvelines.
00:52:01Depuis des années,
00:52:03les rapports se succèdent
00:52:04et tous disent
00:52:05la même chose.
00:52:06La prise en charge
00:52:07palliative en France
00:52:08est insuffisante
00:52:09inégale,
00:52:11parfois absente.
00:52:13Des milliers de patients
00:52:14et de familles
00:52:15ont été laissés seuls
00:52:16face à l'insupportable.
00:52:18Cette proposition de loi
00:52:19répond à ce constat
00:52:20avec sérieux.
00:52:22Elle redéfinit
00:52:23les soins palliatifs
00:52:23pour les inscrire
00:52:24dans une approche globale
00:52:25de la personne.
00:52:26Elle crée
00:52:27des organisations
00:52:28territoriales dédiées.
00:52:30Elle ouvre
00:52:31la voie
00:52:31aux maisons d'accompagnement,
00:52:33ces lieux intermédiaires
00:52:34si précieux
00:52:35entre domicile et hôpital.
00:52:37Elle améliore
00:52:38l'accès aux directives
00:52:39anticipées.
00:52:39Elle renforce
00:52:40la formation des soignants.
00:52:42C'est une bonne loi.
00:52:44Mais je veux dire ici,
00:52:45avec franchise,
00:52:47qu'elle doit être accélérée.
00:52:49Les crédits doublés
00:52:50par le Sénat
00:52:50pour la période
00:52:512026-2034
00:52:52sont un signal fort.
00:52:54Mais la stratégie
00:52:55décennale
00:52:56ne peut pas être
00:52:56un horizon lointain.
00:52:58Les patients
00:52:58n'ont pas 10 ans
00:52:59devant eux.
00:53:00Les équipes soignantes
00:53:01sont épuisées.
00:53:02L'ambition
00:53:03de ce texte
00:53:04devra se traduire
00:53:05en acte,
00:53:06rapidement,
00:53:07concrètement,
00:53:08sur le terrain.
00:53:09Et permettez-moi
00:53:10mes chers collègues
00:53:11de poser une question.
00:53:13Si cette loi
00:53:14avait été adoptée
00:53:15il y a 10 ans,
00:53:17nous avions alors
00:53:18construit ce maillage
00:53:19territorial,
00:53:20ouvert ces lits
00:53:21en nombre suffisant,
00:53:22développé ces maisons
00:53:23d'accompagnement,
00:53:24formé ces professionnels,
00:53:26garantit cet accès
00:53:27universel.
00:53:28Serions-nous
00:53:29aujourd'hui
00:53:29à débattre
00:53:30d'inscrire
00:53:30dans une nouvelle loi
00:53:31le droit
00:53:32de donner la mort ?
00:53:34Par manque
00:53:34de volonté,
00:53:35par arbitrage
00:53:36budgétaire,
00:53:37par économie
00:53:38réalisée sur ce
00:53:38qui coûte
00:53:39le moins
00:53:39politiquement
00:53:40à sacrifier,
00:53:41le soin
00:53:41des plus fragiles
00:53:42souvent,
00:53:43nous avons
00:53:44tergiversé.
00:53:45Mais aujourd'hui,
00:53:46il est temps
00:53:47d'accélérer
00:53:49cet accompagnement
00:53:51et d'agir
00:53:52sur l'ensemble
00:53:53de nos territoires.
00:53:54C'est pourquoi,
00:53:55pour donner à ce texte
00:53:56la force d'entrer
00:53:57en vigueur
00:53:57sans délai
00:53:58supplémentaire,
00:53:59le groupe
00:53:59RDPI
00:54:00votera cette proposition
00:54:01sur les soins palliatifs
00:54:02sans aucune modification.
00:54:03Je vous remercie.
00:54:04Merci,
00:54:05chers collègues.
00:54:05La parole est maintenant
00:54:06à M. Jean-Luc Fichier
00:54:08pour le groupe socialiste,
00:54:09écologiste et républicain.
00:54:16Applaudissements
00:54:18Madame la Présidente,
00:54:20Madame la Ministre,
00:54:22Monsieur le Président
00:54:22de la Commission,
00:54:23Mesdames, Messieurs les rapporteurs,
00:54:24chers collègues,
00:54:25nous examinons aujourd'hui
00:54:27en deuxième lecture
00:54:28la proposition de loi
00:54:28visant à garantir
00:54:29l'égal accès
00:54:30de tous
00:54:31à l'accompagnement
00:54:32et aux soins palliatifs
00:54:33adoptés par l'Assemblée nationale
00:54:35le 25 février dernier.
00:54:37Je regrette
00:54:38le retard pris
00:54:38dans l'examen
00:54:39de ce texte
00:54:40du fait
00:54:40des tergiversations
00:54:42de la droite sénatoriale.
00:54:44Dans un département
00:54:45comme le Finistère,
00:54:46marqué par une population
00:54:47vieillissante
00:54:48et par une forte dispersion géographique,
00:54:50la question de l'accès
00:54:51aux soins palliatifs
00:54:52est particulièrement concrète.
00:54:54Accéder à une prise en charge
00:54:55adaptée
00:54:56reste parfois difficile.
00:54:58Cette PPL vise donc
00:54:59à mieux structurer
00:55:00l'accompagnement
00:55:01de la fin de vie,
00:55:02notamment à travers
00:55:03une stratégie décennale
00:55:04dotée de 1,1 milliard d'euros
00:55:06d'ici 2034,
00:55:09destinée à développer
00:55:10les unités de soins palliatifs,
00:55:11les équipes mobiles,
00:55:13l'hospitalisation à domicile
00:55:14et les nouvelles maisons
00:55:15d'accompagnement.
00:55:16L'article 1er de la PPL
00:55:18redéfinit les soins palliatifs
00:55:20dans le Code de la santé publique
00:55:21et introduit la notion
00:55:22plus large
00:55:23d'accompagnement.
00:55:24Cette évolution est bienvenue
00:55:26car elle reconnaît
00:55:27que l'accompagnement
00:55:28de la fin de vie
00:55:28ne se limite pas
00:55:29à la prise en charge médicale
00:55:31mais inclut aussi
00:55:33les dimensions psychologiques,
00:55:35sociales et humaines.
00:55:36Notre groupe
00:55:37est également attentif
00:55:38à ce que l'accompagnement
00:55:39des patients
00:55:39prennent pleinement en compte
00:55:40leurs proches.
00:55:42sur la stratégie décennale,
00:55:44nous devons rester lucides.
00:55:45Les moyens annoncés
00:55:47déjà insuffisants
00:55:49devront être confirmés
00:55:50dans la durée.
00:55:52Aujourd'hui encore,
00:55:53l'offre aux soins palliatifs
00:55:54reste inégalement répartie
00:55:56sur le territoire national
00:55:57avec de nombreux départements
00:55:59dépourvus
00:56:00d'unités spécialisées.
00:56:02Le texte contient des avancées
00:56:03en matière de formation
00:56:04des professionnels de santé.
00:56:05L'article 10 prévoit
00:56:07la création des maisons
00:56:09d'accompagnement
00:56:09et de soins palliatifs.
00:56:11Je serai attentif
00:56:12à ce que ces maisons
00:56:13relèvent exclusivement
00:56:15du secteur public
00:56:16et ou du secteur privé
00:56:19à but non lucratif
00:56:20afin de préserver
00:56:22leur vocation
00:56:24profondément sociale
00:56:25et solidaire.
00:56:27La fin de vie
00:56:28ne peut devenir
00:56:28un espace de marchantisation.
00:56:30Tout au long
00:56:31de l'examen du texte,
00:56:32nous avons défendu
00:56:33une ambition,
00:56:35faire en sorte
00:56:36que l'accès aux soins palliatifs
00:56:37soit réellement garanti
00:56:40partout sur le territoire.
00:56:42Si cette proposition de loi
00:56:43peut sembler aller
00:56:44dans la bonne direction,
00:56:45notre groupe considère
00:56:47qu'elle aurait pu aller
00:56:47plus loin pour garantir
00:56:49réellement l'égalité
00:56:50territoriale
00:56:51d'accès à ces soins.
00:56:53Ainsi, ce texte
00:56:54ne sera utile
00:56:55que si les moyens suivent,
00:56:56si les professionnels
00:56:57sont formés et recrutés
00:56:58et si l'égalité territoriale
00:57:01devient une réalité.
00:57:03Cette PPL
00:57:04n'est donc pas parfaite,
00:57:05mais la version
00:57:06de l'Assemblée nationale
00:57:07nous semble meilleure
00:57:08que celle du Sénat
00:57:09et notre groupe
00:57:10la votera
00:57:11si elle n'est pas modifiée.
00:57:13Je vous remercie.
00:57:14Merci.
00:57:14La parole est maintenant
00:57:15à notre collègue,
00:57:16madame Sylvana Silvani
00:57:17pour le groupe
00:57:18communiste, républicain,
00:57:19citoyen, écologiste
00:57:20et kanaki.
00:57:32Monsieur le Président,
00:57:33madame la ministre,
00:57:35mesdames et monsieur
00:57:36le rapporteur,
00:57:38mes chers collègues,
00:57:40l'examen en deuxième lecture
00:57:41de la proposition de loi
00:57:42sur l'accès aux soins palliatifs
00:57:44et sur la création d'un droit
00:57:45à l'aide à mourir
00:57:47est très loin
00:57:48d'être un long fleuve tranquille.
00:57:49Je ne reviens pas
00:57:50sur les péripéties
00:57:51entourant l'examen
00:57:53de ces deux textes,
00:57:54mais le report décidé
00:57:55le 24 mars,
00:57:56soit la veille
00:57:57de la réunion
00:57:58de la Commission
00:57:58des affaires sociales,
00:58:00a été le dernier psychodrame
00:58:02de la majorité sénatoriale
00:58:04incapable de trouver
00:58:05une position majoritaire.
00:58:06Je ne reviens pas non plus
00:58:08sur le triste spectacle
00:58:09que le Sénat a donné
00:58:10en réécrivant le texte
00:58:12de la Commission
00:58:12sur l'aide à mourir
00:58:14avant de rejeter
00:58:15complètement ce même texte.
00:58:18Aujourd'hui,
00:58:19je ne peux que rejoindre
00:58:20nos rapporteurs
00:58:21qui ont indiqué en commission
00:58:23vouloir aborder en profondeur
00:58:25chacun des articles du texte,
00:58:27d'en instruire sérieusement
00:58:28le fond et la portée
00:58:30et de se prononcer
00:58:31sur l'ensemble
00:58:32de la proposition de loi.
00:58:33Nous appelons également
00:58:35de nos voeux
00:58:35un débat serein
00:58:37et constructif
00:58:38qui permet d'exprimer
00:58:39la diversité des opinions
00:58:41qui nous traversent
00:58:42dans le respect
00:58:43de chacune et de chacun.
00:58:44La fin de vie relève
00:58:46de l'intime,
00:58:47des convictions personnelles,
00:58:49des histoires familiales.
00:58:50Elles touchent
00:58:51à l'essentiel,
00:58:52notre vulnérabilité,
00:58:53notre dignité,
00:58:55notre humanité commune.
00:58:57C'était en 1964,
00:59:00Simone de Beauvoir
00:59:00décrivait
00:59:01dans une mort très douce
00:59:03le décès de sa mère
00:59:04après des semaines
00:59:05de souffrance
00:59:05alors qu'elle était condamnée.
00:59:07Combien de femmes
00:59:08et d'hommes
00:59:09sont encore aujourd'hui
00:59:10en 2026
00:59:12confrontés
00:59:13à l'attente infinie
00:59:14d'accompagner un proche
00:59:15dont l'issue
00:59:16est pourtant certaine ?
00:59:18Depuis 25 ans,
00:59:19notre droit
00:59:20a évolué
00:59:21pour mieux écouter
00:59:22et respecter
00:59:23la volonté du patient
00:59:24tout en préservant
00:59:25sa dignité.
00:59:26Des progrès
00:59:27ont été faits
00:59:28depuis 2016
00:59:29avec la mise en oeuvre
00:59:30de directives
00:59:31anticipées opposables,
00:59:32la fin de l'obstination
00:59:34des raisonnables
00:59:34et la création
00:59:35de la sédation profonde
00:59:37et continue jusqu'au décès.
00:59:38Pourtant,
00:59:39le cadre législatif actuel
00:59:41n'apporte pas de réponse
00:59:42à toutes les situations
00:59:43de fin de vie,
00:59:44en particulier
00:59:45lorsque le pronostic vital
00:59:46n'est pas engagé
00:59:48à court terme.
00:59:49Ce texte n'impose rien,
00:59:51il reconnaît
00:59:51un nouveau droit
00:59:52à ceux qui voudraient
00:59:54y recourir
00:59:55et rempliraient
00:59:55les conditions
00:59:56pour l'exercer.
00:59:58Le texte affirme
00:59:59qu'une personne
01:00:00qui souffre
01:00:01d'une maladie incurable
01:00:03et dont le pronostic vital
01:00:05est engagé
01:00:05peut choisir
01:00:07le moment de sa mort
01:00:08et mettre fin
01:00:08à des souffrances
01:00:10insupportables.
01:00:12Nos collègues rapporteurs
01:00:13ont redéposé
01:00:14en deuxième lecture
01:00:14quasiment les mêmes amendements
01:00:16qu'en première lecture
01:00:17visant à dénaturer
01:00:18le texte
01:00:19en une assistance
01:00:20à mourir.
01:00:21Les rapporteurs
01:00:22ont également ajouté
01:00:23des clauses
01:00:24de conscience
01:00:24pour les professionnels
01:00:26de santé,
01:00:27les pharmaciens,
01:00:27le personnel des EHPAD,
01:00:28les psychologues,
01:00:29les établissements privés,
01:00:31bref.
01:00:32vous créez
01:00:33une assistance
01:00:34à mourir
01:00:34réservée aux patients
01:00:35à qui il ne reste
01:00:36que quelques heures
01:00:37à vivre
01:00:38et qui ne pourra
01:00:39se réaliser
01:00:40qu'à l'hôpital public.
01:00:42Même cette proposition
01:00:44très restrictive
01:00:45paraît encore
01:00:46trop excessive
01:00:47pour une partie
01:00:48de la majorité
01:00:49sénatoriale
01:00:50qui rêve sans doute
01:00:51de revenir
01:00:51sur la loi
01:00:51à l'humanité.
01:00:53Pour la majorité
01:00:54de mon groupe,
01:00:55le droit
01:00:55à l'aide à mourir
01:00:57est un droit
01:00:57d'exception
01:00:58mais en aucun cas
01:00:59une solution alternative
01:01:01aux soins palliatifs.
01:01:03Il ne doit pouvoir
01:01:04s'appliquer
01:01:04que lorsque ces derniers
01:01:05ne répondent plus
01:01:07aux souffrances
01:01:07des patients.
01:01:08Je fais ici
01:01:09le lien avec le second texte
01:01:11sur les soins palliatifs.
01:01:12Nous regrettons
01:01:13le choix
01:01:14de l'Assemblée nationale
01:01:15de supprimer
01:01:16le droit opposable
01:01:17aux soins palliatifs.
01:01:18Ce droit opposable
01:01:20constitue selon nous
01:01:21un symbole fort
01:01:22et un levier
01:01:23pour garantir
01:01:24les moyens d'accès
01:01:25à des unités
01:01:26de soins palliatifs
01:01:27dans l'ensemble
01:01:28de nos territoires.
01:01:29L'Assemblée
01:01:30a également supprimé
01:01:31la loi de programmation
01:01:32pluriannuelle
01:01:33pour que les soins palliatifs
01:01:35en considérant
01:01:36qu'elle était dépourvue
01:01:39de valeurs contraignantes.
01:01:42Cette vision
01:01:43à géométrie
01:01:45variable
01:01:45des lois de programmation
01:01:47est particulièrement
01:01:48saisissante.
01:01:49Le gouvernement
01:01:50impose le respect
01:01:52et l'actualisation
01:01:53de la loi de programmation
01:01:54militaire
01:01:55aux missiles
01:01:56près,
01:01:56mais en matière
01:01:57de soins palliatifs
01:01:58ne pourrait prendre
01:01:59aucun engagement.
01:02:01En conclusion,
01:02:02une majorité
01:02:04de sénatrices
01:02:04et de sénateurs
01:02:05du groupe CRCEK
01:02:07soutiendra
01:02:08la création
01:02:09d'un droit
01:02:10à l'aide à mourir
01:02:11et s'opposera
01:02:12au texte
01:02:12sur l'accès
01:02:13aux soins palliatifs
01:02:14qui a été vidé
01:02:15de son contenu
01:02:16et de ses moyens.
01:02:17Je vous remercie.
01:02:18Merci,
01:02:19chers collègues.
01:02:20La parole est maintenant
01:02:21à madame Anne Souhiri
01:02:22pour le groupe
01:02:23écologiste
01:02:24Solidarité
01:02:25et Territoire.
01:02:45Monsieur le Président,
01:02:48Madame la Ministre,
01:02:49Mesdames et Messieurs
01:02:50les rapporteurs,
01:02:51chers collègues,
01:02:51Le Sénat entendra-t-il
01:02:53les aspirations
01:02:54des Françaises
01:02:55et des Français ?
01:02:57Il y a cinq mois,
01:02:58une majorité ici
01:02:59a rejeté
01:03:00toute évolution
01:03:01du cadre législatif
01:03:02encadrant
01:03:03les parcours
01:03:04de santé
01:03:04des patients
01:03:05en fin de vie.
01:03:06Rejet de l'aide
01:03:08à mourir
01:03:09à moyen terme,
01:03:11rejet d'une assistance
01:03:12médicale à mourir
01:03:13à court terme,
01:03:15rejet même
01:03:16du principe
01:03:17d'accélérer
01:03:17l'arrivée
01:03:18de la mort.
01:03:19À contre-courant
01:03:20du Comité consultatif
01:03:22national d'éthique,
01:03:23de la Convention citoyenne
01:03:25et de l'Assemblée nationale,
01:03:27le Sénat,
01:03:27s'est coupé
01:03:28du grand débat
01:03:29que le pays
01:03:30nous demande
01:03:31depuis des années.
01:03:34Aujourd'hui,
01:03:35je forme le vœu
01:03:36que nos discussions
01:03:37s'éloignent
01:03:37de l'opposition dogmatique
01:03:39qui a présidé
01:03:40à la première lecture,
01:03:41même si,
01:03:42en constatant
01:03:43que les sénateurs
01:03:44et les sénatrices
01:03:44du groupe LR
01:03:45ont déposé
01:03:46446
01:03:47des 654
01:03:49amendements recevables
01:03:51que nous devons examiner.
01:03:53Je ne me fais
01:03:54guère d'illusions.
01:03:56Espérons,
01:03:57au moins,
01:03:58que nos débats
01:03:59répondront utilement
01:04:00aux 4 questions
01:04:01éthiques
01:04:01qui nous sont posées.
01:04:03D'abord,
01:04:05après l'ouverture
01:04:06en 2016
01:04:07du droit des patients
01:04:08dont le pronostic
01:04:09vital est engagé
01:04:11à court terme
01:04:11à bénéficier
01:04:12d'une sédation
01:04:13longue, profonde
01:04:14et continue
01:04:15jusqu'au décès,
01:04:15doit-on apporter
01:04:17une réponse législative
01:04:19aux souffrances
01:04:19des patients
01:04:20atteints d'une infection
01:04:21grave et incurable
01:04:22dont le pronostic
01:04:23vital n'est engagé
01:04:24qu'à moyen terme ?
01:04:26Pour celles
01:04:27et ceux-là
01:04:28dont les souffrances
01:04:29sont réfractaires
01:04:30au traitement,
01:04:31il ne reste
01:04:31que deux solutions.
01:04:33La première,
01:04:34soulager les douleurs
01:04:35grâce aux soins palliatifs,
01:04:37encore faut-il
01:04:38qu'ils soient accessibles.
01:04:40La deuxième,
01:04:41accélérer
01:04:41la venue de la mort
01:04:42par l'administration
01:04:43d'une substance létale.
01:04:45Alors,
01:04:45faut-il autoriser
01:04:46ce geste médical
01:04:48qui entraînerait la mort ?
01:04:50Soyons honnêtes,
01:04:51nul ne peut affirmer
01:04:52avec une entière certitude
01:04:54que les traitements médicaux
01:04:55délivrés
01:04:55à des patients
01:04:56en fin de vie
01:04:56ne hâtent pas la mort.
01:04:58Il ne s'agit d'ailleurs
01:04:59pas d'autre chose
01:05:00que de hâter la mort.
01:05:01Notre débat concerne
01:05:02les patients
01:05:03qui vont mourir
01:05:04et qui veulent mourir.
01:05:07Pas ceux
01:05:08en bonne santé.
01:05:10Dès lors,
01:05:11la proposition de loi
01:05:12n'interroge pas
01:05:13pas le droit du médecin
01:05:14à faire mourir
01:05:15un patient,
01:05:15mais le droit
01:05:16des patients
01:05:17en fin de vie
01:05:17à être aidés
01:05:18à mourir
01:05:19selon leur propre modalité.
01:05:21Et les rapporteurs
01:05:22ont raison
01:05:23de mettre en parallèle
01:05:24cette question
01:05:24avec la sédation
01:05:25jusqu'au décès,
01:05:26car au fond,
01:05:27la même intention
01:05:29guide ces gestes.
01:05:31Et vous l'aurez bien compris,
01:05:33c'est que les deux solutions
01:05:34que j'ai exposées précédemment
01:05:36ne sont pas exclusives.
01:05:37Nous, écologistes,
01:05:39considérons que nous devons
01:05:41avancer sur ces deux chantiers
01:05:43pour les patients
01:05:44dont le pronostic vital
01:05:45est engagé
01:05:46à moyen terme.
01:05:47Renforcer l'accès
01:05:48aux soins palliatifs
01:05:49et ouvrir
01:05:50le droit
01:05:51à l'aide
01:05:51à mourir.
01:05:52Pour que ces soins
01:05:54palliatifs
01:05:54soient réellement
01:05:55accessibles,
01:05:56nous défendons
01:05:57l'établissement
01:05:57d'un droit
01:05:58opposable.
01:05:59Lorsqu'un patient
01:06:00ne peut pas en bénéficier,
01:06:01il doit pouvoir
01:06:02se tourner vers
01:06:02l'autorité judiciaire
01:06:04pour que son droit
01:06:05soit garanti.
01:06:06Bien, Tartuffe
01:06:07sont ceux qui,
01:06:07d'un côté,
01:06:08s'opposent à l'aide
01:06:09à mourir
01:06:10au nom des soins
01:06:11palliatifs
01:06:11et de l'autre
01:06:12refusent ce droit
01:06:13opposable.
01:06:14J'espère que nos débats
01:06:16permettront d'affirmer
01:06:17notre attachement
01:06:17à ces soins palliatifs
01:06:18de manière claire
01:06:19et concrète.
01:06:21Enfin,
01:06:21dans le cas
01:06:22où nous accepterions
01:06:23d'ouvrir cette possibilité
01:06:24d'avancer le terme
01:06:25de la vie d'un mourant,
01:06:26comment s'assurer
01:06:27que la volonté
01:06:29du patient
01:06:29à bénéficier
01:06:30d'une aide à mourir
01:06:31est libre
01:06:31et éclairée ?
01:06:32La loi pose un cadre,
01:06:34un collège médical
01:06:35pluriprofessionnel
01:06:36apprécie le caractère libre
01:06:37et éclairé
01:06:38de la demande du patient.
01:06:39Mais il est vrai
01:06:40que face aux maladies
01:06:42neurodégénératives,
01:06:42cet examen
01:06:43peut se révéler compliqué.
01:06:45Nous proposons alors
01:06:46de prévoir
01:06:47une consultation
01:06:47systématique
01:06:48des directives
01:06:49anticipées du patient
01:06:50et de la personne
01:06:51de confiance
01:06:52qu'il ou elle
01:06:53aura désigné.
01:06:54Pour mettre
01:06:55la volonté du patient
01:06:56au cœur
01:06:57de cette procédure,
01:06:58en effet,
01:06:59autant se tourner
01:07:00vers le patient.
01:07:02Globalement,
01:07:02le groupe écologiste
01:07:03soutient les propositions
01:07:04de lois que l'Assemblée nationale
01:07:06a adoptées.
01:07:07Nous aurions souhaité
01:07:08pouvoir débattre
01:07:09de celles-ci
01:07:10et les améliorer.
01:07:11Je regrette alors
01:07:12que les rapporteurs
01:07:14aient fermé
01:07:14toute discussion
01:07:15sur les soins palliatifs
01:07:16afin d'aboutir
01:07:17à un vote conforme.
01:07:18Et je regrette
01:07:19que, sur l'aide à mourir,
01:07:20nous discutions
01:07:21d'un projet totalement
01:07:22étranger
01:07:23aux discussions
01:07:24de l'Assemblée,
01:07:25bien que je salue
01:07:26la volonté
01:07:26de Messieurs Milon
01:07:27et Mme Bonfantide-Dossa
01:07:29d'avoir tenté
01:07:30de proposer
01:07:31un semblant de chemin
01:07:32à l'issue
01:07:33et bien compromisent.
01:07:35Et en plus,
01:07:38le chemin
01:07:39rétrécit
01:07:39tellement l'objet
01:07:40que cela devient
01:07:42peu intéressant.
01:07:43En conclusion,
01:07:44le groupe écologiste
01:07:45aborde ces textes
01:07:46avec l'espoir
01:07:47que notre Assemblée
01:07:48offre aux Françaises
01:07:49et aux Français
01:07:49un vrai débat
01:07:51et non un petit jeu
01:07:52de censure
01:07:53et de sabotage
01:07:53auquel nous avons
01:07:54déjà assisté.
01:07:55Lucide,
01:07:56mais engagé,
01:07:57nous défendrons
01:07:58le droit de mourir
01:07:59dans la dignité
01:07:59et le droit des patients
01:08:00à décider de la façon
01:08:02dont ils et elles
01:08:03souhaitent vivre
01:08:04la fin de leur vie.
01:08:06Merci.
01:08:06Merci.
01:08:07La parole est maintenant
01:08:08à notre collègue,
01:08:09Mme Nadia Soulogou
01:08:10pour le groupe
01:08:11Union Centriste.
01:08:11A vous,
01:08:12chers collègues.
01:08:23Monsieur le Président,
01:08:24Madame la Ministre,
01:08:25mes chers collègues,
01:08:26c'est avec une profonde
01:08:27appréhension
01:08:28et mille réserves
01:08:29que je m'exprime
01:08:30aujourd'hui devant vous
01:08:31au nom du groupe
01:08:31Union Centriste
01:08:32sur des textes sensibles
01:08:34concernant l'accès
01:08:35aux soins palliatifs
01:08:36et le droit
01:08:37à l'aide à mourir.
01:08:38Je le fais
01:08:39avec la pleine conscience
01:08:40de défendre
01:08:41une opinion
01:08:41longuement mûrie
01:08:42mais non consensuelle.
01:08:44Le débat autour
01:08:45de la fin de vie
01:08:45est fait de paradoxes.
01:08:47Tout d'abord,
01:08:48chacun doit,
01:08:48citoyen comme législateur,
01:08:50mener une réflexion
01:08:51d'ordre général
01:08:52alors qu'il chemine
01:08:53en fait
01:08:53avec les jalons
01:08:54de son histoire personnelle.
01:08:56Chacun devrait,
01:08:57comme dans tout débat
01:08:58de société,
01:08:59savoir rester ouvert
01:09:00aux témoignages
01:09:01professionnels
01:09:01et personnels
01:09:02alors qu'en réalité,
01:09:04la confrontation fondamentale
01:09:05avec l'ultime fragilité
01:09:07des êtres chers
01:09:08souvent
01:09:09inscrit en nous
01:09:10une conviction définitive.
01:09:11La conséquence
01:09:13nous en a paru clairement
01:09:14lors de nos précédents débats.
01:09:16Alors que nous sommes
01:09:17collectivement révoltés
01:09:18devant la souffrance
01:09:19inapaisable,
01:09:20nous n'avons pas réussi
01:09:21à trouver
01:09:22un chemin législatif commun.
01:09:24Un projet de loi
01:09:25fut tout d'abord annoncé
01:09:27qui associait
01:09:28le renforcement
01:09:29des soins palliatifs
01:09:30et la légalisation
01:09:31de l'euthanasie,
01:09:32ce qui présentait
01:09:33des difficultés de fond
01:09:34tant les sujets
01:09:35sont à la fois liés
01:09:36et décorrélés.
01:09:38Après le remaniement
01:09:39ministériel,
01:09:40ce furent finalement
01:09:40deux PPL
01:09:41qui furent inscrites
01:09:43à l'agenda parlementaire
01:09:44avec une forme
01:09:45de cohérence
01:09:46car les soins palliatifs
01:09:47n'ont aucune vocation
01:09:48à hâter
01:09:49ou retarder
01:09:50l'échéance d'un décès.
01:09:51Loin d'être sereins,
01:09:52nos débats en première lecture
01:09:53furent agités.
01:09:56Une programmation
01:09:57contre-intuitive
01:09:58pour la plupart d'entre nous
01:09:59nous amena à débattre
01:10:01d'abord sur la fin de vie
01:10:02avant de traiter
01:10:03des soins palliatifs
01:10:04ce qui ajouta
01:10:04de la tension
01:10:05à la confusion.
01:10:07Notre chambre
01:10:08renvoya finalement
01:10:09l'écho d'une société
01:10:10profondément divisée
01:10:12sur le sujet
01:10:13de l'aide active
01:10:13à mourir.
01:10:14Aujourd'hui,
01:10:15une chose est claire,
01:10:16on peut trouver
01:10:17un consensus
01:10:18pour réformer
01:10:18les soins palliatifs.
01:10:20Il nous est donc proposé
01:10:21l'adoption conforme
01:10:22d'un texte
01:10:23peut-être perfectible
01:10:24mais qui a au moins
01:10:25le mérite d'afficher
01:10:26une prise de conscience
01:10:26collective
01:10:27et de proposer
01:10:28des outils.
01:10:29Merci très sincèrement
01:10:30à tous nos rapporteurs
01:10:31et administrateurs
01:10:32qui ont fait
01:10:32un travail remarquable,
01:10:34technique et fort utile.
01:10:35Le groupe
01:10:36de l'Union centriste
01:10:37soutiendra
01:10:37la position
01:10:38de la Commission
01:10:39sur le premier texte.
01:10:40En ce qui concerne
01:10:41le droit à l'aide
01:10:42à mourir,
01:10:42au contraire,
01:10:43les tensions
01:10:43sont de plus en plus marquées,
01:10:45au point qu'il est inutile
01:10:46de vous présenter
01:10:47un argumentaire
01:10:48qui semblerait pertinent
01:10:50à ceux qui partagent
01:10:51mon opinion
01:10:51et inadapté
01:10:52à ceux qui ne la partagent pas.
01:10:54Et mon opinion,
01:10:55la voici.
01:10:56Si nous ne trouvons pas
01:10:57de convergence législative,
01:10:59c'est que le remède
01:11:00aux ultimes souffrances
01:11:01réfractaires de certains malades
01:11:02en fin de vie
01:11:03ne relève pas
01:11:04de la loi.
01:11:05Nombre de soignants
01:11:06et accompagnants,
01:11:07professionnels
01:11:07des soins palliatifs
01:11:08ou acteurs associatifs
01:11:09m'ont dit partager
01:11:10cette opinion.
01:11:11Je le sais,
01:11:12chacun de vous
01:11:13s'est forgé une conviction
01:11:14et je la respecte.
01:11:15Mais une chose
01:11:16m'interpelle,
01:11:17c'est que l'on puisse
01:11:18constater sur un sujet
01:11:19tellement sensible
01:11:20des votes politiques.
01:11:22Il y a quelques semaines
01:11:23ici même,
01:11:24cela s'est produit.
01:11:25Un vote de groupe
01:11:26sur le droit
01:11:27à l'aide à mourir
01:11:28qui m'a profondément choquée
01:11:30et je tenais
01:11:31à le souligner aujourd'hui.
01:11:33La position définitive
01:11:34du Sénat
01:11:35doit rester
01:11:36une addition
01:11:36de votes individuels
01:11:38reflets majoritaires
01:11:39des intimes confictions
01:11:40des uns et des autres
01:11:41et rien d'autre.
01:11:43A titre personnel,
01:11:44je crois sincèrement
01:11:45que l'apaisement
01:11:46de certaines souffrances
01:11:47ultimes viendra
01:11:48d'avancées médicales,
01:11:49scientifiques
01:11:49et de moyens supplémentaires
01:11:51accordés à ceux
01:11:52qui accompagnent les malades.
01:11:53Je crois que les directives
01:11:54anticipées
01:11:55et la sédation profonde
01:11:56proposent déjà une réponse.
01:11:58Je crois inacceptable
01:11:59que seulement 50%
01:12:01des besoins en soins palliatifs
01:12:02soient actuellement couverts
01:12:04en France
01:12:04et pire encore,
01:12:05seulement 30% en pédiatrie.
01:12:07Je crois que les inégalités
01:12:08territoriales
01:12:09sont indignes
01:12:10pour les patients
01:12:10et leurs familles.
01:12:11Je crois que la culture palliative
01:12:13doit être au cœur
01:12:14de notre système de santé
01:12:15qui voit apparaître
01:12:16de nouvelles pathologies
01:12:17de long cours.
01:12:18Je crois profondément
01:12:20que tout cela doit changer
01:12:21mais je crois aussi
01:12:23que le seul levier législatif
01:12:24réellement opérant
01:12:25est et restera
01:12:27le projet de loi de finances
01:12:28de la sécurité sociale.
01:12:30Je vous remercie.
01:12:31Merci, chers collègues.
01:12:32La parole est maintenant
01:12:33à notre collègue,
01:12:34madame Marie-Claude Lhermitte
01:12:35pour le groupe
01:12:36Les Indépendants
01:12:37République et Territoire.
01:12:47Monsieur le Président,
01:12:48Madame la Ministre,
01:12:50Monsieur le Président de Commission,
01:12:51Mesdames, Messieurs les rapporteurs,
01:12:52chers collègues.
01:12:54En cette deuxième lecture
01:12:55au terme d'une navette parlementaire
01:12:57qui a déjà démontré
01:12:58combien il est difficile
01:12:59pour nos deux chambres
01:13:00de se rejoindre pleinement
01:13:01sur un sujet aussi sensible,
01:13:03nous sommes appelés
01:13:04à nous prononcer de nouveau
01:13:05sur ce texte
01:13:06d'une gravité exceptionnelle
01:13:07puisqu'il touche
01:13:08à ce qu'il y a
01:13:08de plus intime
01:13:10et de plus irréversible
01:13:11la fin de vie.
01:13:13À nouveau,
01:13:14il m'est difficile
01:13:14de soutenir ce projet en l'état,
01:13:16non pas par principe
01:13:17ou par refus d'entendre
01:13:18les attentes de nos concitoyens,
01:13:21mais parce que nous faisons
01:13:22fausse route
01:13:22en abordant cette question
01:13:23sans avoir garanti à tous
01:13:25un accès réel
01:13:26et équitable aux soins palliatifs
01:13:28sur l'ensemble
01:13:29de notre territoire.
01:13:30Je ne veux pas nier une réalité.
01:13:33Notre société évolue.
01:13:34Les attentes des Français changent.
01:13:36Le rapport à la souffrance,
01:13:38à la dignité,
01:13:39à l'autonomie en fin de vie
01:13:40n'est plus celui d'hier.
01:13:42Il existe des situations extrêmes,
01:13:44des souffrances réfractaires,
01:13:46des impasses médicales et humaines
01:13:47que nul ne peut balayer
01:13:50d'un revers de main.
01:13:52Ces situations nous obligent
01:13:53collectivement à réfléchir
01:13:54avec lucidité et humanité.
01:13:57Mais précisément
01:13:58parce que ces situations existent,
01:14:00notre réponse doit être
01:14:01à la hauteur,
01:14:02réfléchie,
01:14:03équilibrée
01:14:04et fondée
01:14:05sur une exigence
01:14:05absolue d'accompagnement.
01:14:08Or, aujourd'hui en France,
01:14:09l'offre de soins palliatifs
01:14:10reste profondément inégale.
01:14:12Certains territoires
01:14:13sont bien dotés,
01:14:14d'autres en sont presque dépourvus.
01:14:17Peut-on sérieusement envisager
01:14:18d'ouvrir un droit à mourir
01:14:19quand tous nos concitoyens
01:14:21n'ont pas accès au préalable
01:14:22à des soins permettant
01:14:23de soulager la douleur
01:14:24et d'accompagner dignement
01:14:27la fin de vie ?
01:14:28Avant de légiférer sur la mort,
01:14:30assurons-nous d'avoir
01:14:31pleinement investi
01:14:32dans la vie jusqu'à son terme.
01:14:34Je veux également rappeler
01:14:35que de nombreux professionnels
01:14:36de santé
01:14:37ne demandent pas prioritairement
01:14:39une ouverture
01:14:40du cadre actuel,
01:14:42mais son application effective.
01:14:44Ils s'accordent à dire
01:14:45que la loi Clès-Leonetti
01:14:46offre des outils essentiels,
01:14:48refus de l'obstination
01:14:49déraisonnable,
01:14:50respect de la volonté du patient,
01:14:52possibilité d'une sédation
01:14:53profonde et continue.
01:14:55L'expérience internationale
01:14:56doit aussi nous éclairer.
01:14:58Dans plusieurs pays
01:14:59ayant légalisé
01:15:00l'euthanasie
01:15:00ou le suicide assisté,
01:15:02comme la Belgique,
01:15:02les Pays-Bas
01:15:03ou encore le Canada,
01:15:04les systèmes font face
01:15:05à des tensions croissantes.
01:15:07Augmentation continue
01:15:08des demandes,
01:15:09extension progressive
01:15:10des critères,
01:15:11questionnement éthique
01:15:12persistant.
01:15:13Sans ignorer ces expériences,
01:15:15nous devons en tirer
01:15:15des enseignements
01:15:16avec prudence.
01:15:17Nous risquons de créer
01:15:18une réponse de facilité
01:15:20là où nous devrions apporter
01:15:21une réponse d'exigence.
01:15:22Exigence de moyens,
01:15:24exigence d'accompagnement,
01:15:25exigence de solidarité.
01:15:27Je veux rappeler
01:15:28que la République
01:15:29a pour devoir
01:15:29de protéger ses citoyens,
01:15:31en particulier
01:15:32les plus vulnérables.
01:15:33Notre responsabilité
01:15:34de parlementaires
01:15:35est donc pleinement engagée.
01:15:36Nous avons été élus
01:15:37pour examiner ces textes
01:15:38avec discernement,
01:15:39pour en mesurer
01:15:40les conséquences
01:15:41et pour garantir
01:15:42que les choix collectifs
01:15:43ne fragilisent
01:15:44ni les personnes
01:15:45ni les principes
01:15:45qui fondent notre solidarité.
01:15:47Mes chers collègues,
01:15:48notre responsabilité
01:15:49est immense.
01:15:50Elle consiste
01:15:51à entendre
01:15:52l'évolution de la société,
01:15:53à reconnaître
01:15:54les situations
01:15:55les plus douloureuses,
01:15:56mais aussi
01:15:57à protéger
01:15:57les plus vulnérables
01:15:58et à garantir
01:15:59à chacun
01:15:59une fin de vie digne.
01:16:01Aussi,
01:16:02comme lors de la première lecture,
01:16:04les membres du groupe
01:16:04Les Indépendants
01:16:05voteront
01:16:05en leur âme et conscience.
01:16:07Je vous remercie.
01:16:08Merci, chers collègues.
01:16:09La parole est maintenant
01:16:10à M. Laurent Burgoa
01:16:11pour le groupe
01:16:12Les Républicains.
01:16:25Monsieur le Président,
01:16:27Madame la Ministre,
01:16:28Monsieur le Président
01:16:29de la Commission,
01:16:30Mesdames et Messieurs
01:16:31les rapporteurs,
01:16:32mes chers collègues,
01:16:33je n'évoquerai pas
01:16:34les enjeux liés
01:16:35aux soins palliatifs
01:16:36et au vieillissement
01:16:37de la population.
01:16:38Le besoin criant
01:16:40est désormais évident.
01:16:41Il nous impose
01:16:42de nous préparer davantage
01:16:43et de mieux accompagner
01:16:45celles et ceux
01:16:46qui en ont besoin.
01:16:47Les avancées engagées
01:16:49vont dans ce sens
01:16:50et c'est pourquoi
01:16:52je n'y reviendrai pas
01:16:53en seconde lecture.
01:16:54Mais il faudra,
01:16:55Madame la Ministre,
01:16:56prévoir les financements
01:16:57à hauteur des enjeux.
01:16:59Je souhaite toutefois
01:17:01faire remarquer
01:17:02que le calendrier
01:17:03de nos discussions
01:17:04sur ces textes
01:17:05est particulièrement serré.
01:17:07Cela est regrettable
01:17:08car le travail parlementaire
01:17:10doit être pleinement respecté.
01:17:12Sur un sujet
01:17:14aussi grave,
01:17:15il ne peut y avoir
01:17:16de précipitation
01:17:17et notamment
01:17:18du gouvernement,
01:17:19nous devons nous donner
01:17:20les moyens
01:17:21d'un travail serein
01:17:22et à la hauteur
01:17:23des enjeux.
01:17:24S'agissant de l'aide à mourir,
01:17:26je souhaite saluer
01:17:27les apports issus
01:17:29de nos travaux
01:17:30en commission.
01:17:31Faut-il le rappeler,
01:17:33le texte
01:17:33qui vous est présenté
01:17:34est le fruit
01:17:35du travail du Sénat.
01:17:37Il porte nos équilibres,
01:17:38nos exigences,
01:17:40nos garanties.
01:17:41Il m'apparaît donc important
01:17:42que le Sénat
01:17:43puisse voir
01:17:44ses apports
01:17:45inscrits dans le texte.
01:17:46Nous avons,
01:17:47par exemple,
01:17:48élargi la clause
01:17:49de conscience
01:17:50aux pharmaciens.
01:17:51C'était attendu
01:17:52et cela garantit
01:17:53à ces professionnels
01:17:54de pouvoir agir
01:17:56en accord
01:17:57avec leurs convictions.
01:17:59De la même manière,
01:18:00je suis favorable
01:18:01à cette extension
01:18:03à certains établissements
01:18:04qui le demanderaient.
01:18:05Cela me paraît
01:18:06aller dans le bon sens
01:18:08et ces exigences
01:18:09doivent pouvoir
01:18:10être inscrites.
01:18:13J'ajoute,
01:18:13par ailleurs,
01:18:14qu'il ne s'agirait pas
01:18:15dans cette version
01:18:16de créer
01:18:17un droit
01:18:18à mourir,
01:18:19mais bien d'autoriser
01:18:20dans un cadre strict
01:18:22une assistance
01:18:23à mourir
01:18:24afin de répondre
01:18:25à cette demande sociétale.
01:18:27Cette distinction
01:18:29fonde
01:18:29la philosophie du texte.
01:18:32Je veux aussi dire
01:18:33un mot du clément
01:18:33de nos débats.
01:18:35Nous devons
01:18:36collectivement
01:18:37refuser les postures.
01:18:38Il n'y a pas
01:18:39d'un côté
01:18:40un camp de la raison
01:18:42et de l'autre
01:18:43un camp de la déraison.
01:18:45Il y a des convictions,
01:18:47des doutes,
01:18:48des expériences
01:18:49de vie différentes
01:18:50et toutes
01:18:51méritent
01:18:52d'être entendues
01:18:53avec respect.
01:18:55Gardons-nous
01:18:56des caricatures,
01:18:57mes chers collègues.
01:18:58Non,
01:18:59le texte
01:19:00que nous examinons
01:19:01ne crée pas
01:19:02une quelconque
01:19:03aide à mourir
01:19:03de confort.
01:19:04Si je suis favorable
01:19:06à cette loi,
01:19:06c'est parce qu'elle s'adresse
01:19:08à ceux qui vont mourir
01:19:09et non à ceux
01:19:10dont on prétendrait
01:19:11qu'ils souhaitent mourir.
01:19:13Ce n'est pas
01:19:14son objet,
01:19:15ce n'est pas
01:19:16son esprit.
01:19:17Il ne s'agit pas
01:19:18de banaliser,
01:19:19mais de répondre
01:19:20à des situations
01:19:21extrêmes
01:19:21dans un quart de street.
01:19:23Ce que nous proposons,
01:19:25c'est d'offrir
01:19:26dans des conditions
01:19:26précises
01:19:27et encadrées
01:19:28une aile
01:19:29à celles et ceux
01:19:30dont la souffrance
01:19:31ne trouve plus
01:19:31de réponse.
01:19:32C'est un sujet grave.
01:19:33il appelle de la mesure
01:19:35et de la dignité.
01:19:36C'est dans cet esprit
01:19:38que je vous invite
01:19:38à poursuivre nos échanges
01:19:39et à adopter ce texte
01:19:41enrichi par les apports
01:19:43du Sénat.
01:19:43Je vous remercie.
01:19:45Merci, chers collègues.
01:19:46La parole est maintenant
01:19:47au président Xavier Iacovelli
01:19:49pour le groupe
01:19:50Rassemblement des démocrates
01:19:51progressistes
01:19:52et indépendants.
01:19:53à vous, chers collègues.
01:20:02Madame la ministre,
01:20:04mesdames les rapporteurs,
01:20:05mes chers collègues,
01:20:06il existe des débats politiques
01:20:08et puis il existe des débats
01:20:09qui dépassent la politique.
01:20:11Ce texte touche
01:20:13à ce qu'il y a
01:20:13de plus intime,
01:20:14de plus douloureux,
01:20:15de plus humain,
01:20:16la souffrance,
01:20:17la dignité,
01:20:18la liberté
01:20:19et la mort.
01:20:20Car une seule question
01:20:21nous est posée.
01:20:22Avons-nous le droit
01:20:23d'obliger un être humain
01:20:24à subir l'insupportable
01:20:25lorsque lui-même
01:20:27demande lucidement
01:20:28que cela cesse ?
01:20:30Depuis trois ans,
01:20:31je pense à cet homme
01:20:32qui m'a écrit.
01:20:32Un homme libre,
01:20:33un homme qui toute sa vie
01:20:34a choisi.
01:20:35Il a choisi ses études,
01:20:37il a choisi son métier,
01:20:38la femme qu'il aimait,
01:20:39la ville où il voulait vivre.
01:20:40Il a choisi de devenir père.
01:20:42Et puis un jour,
01:20:43la maladie est tombée.
01:20:44Une maladie incurable.
01:20:46Une maladie qui détruit le corps
01:20:47sans toujours
01:20:48en porter la conscience.
01:20:49Alors cet homme
01:20:50a vu arriver
01:20:52ce que nous redoutons tous.
01:20:53La dépendance absolue,
01:20:55la douleur permanente,
01:20:56l'humiliation physique,
01:20:58la perte progressive
01:20:59de lui-même.
01:21:00Et soudain,
01:21:01celui qui avait été libre
01:21:02toute sa vie
01:21:02n'aurait plus le droit
01:21:04de choisir.
01:21:04Il pourrait choisir
01:21:05comment vivre
01:21:06mais pas comment mourir.
01:21:07Il pourrait refuser
01:21:08un traitement
01:21:09mais pas de demander
01:21:10qu'on mette fin
01:21:10à des souffrances
01:21:11devenues inhumaines.
01:21:12Alors la République
01:21:14lui répondrait
01:21:14souffrez encore,
01:21:16attendez encore,
01:21:18supportez encore
01:21:18jusqu'à quoi ?
01:21:20Jusqu'à ce que la mort
01:21:21accepte enfin de venir ?
01:21:22Moi, je refuse
01:21:23qu'au nom des principes
01:21:24devenus abstraits,
01:21:25nous condamnions
01:21:26des êtres humains
01:21:27à des agondis
01:21:27interminables.
01:21:28Je refuse que des familles
01:21:30regardent ceux
01:21:31qu'elles aiment,
01:21:32supplier qu'on les délivre
01:21:33sans pouvoir rien faire.
01:21:34Je refuse cette hypocrisie
01:21:36où les plus aisés
01:21:36pourraient partir mourir
01:21:38à l'étranger,
01:21:38dans la dignité,
01:21:40pendant que les autres
01:21:40restent enfermés
01:21:41dans leur souffrance.
01:21:42parce que cette réalité,
01:21:44elle existe déjà.
01:21:45Oui, des familles
01:21:46vivent déjà ces drames
01:21:47dans la clandestinité morale.
01:21:49Oui, notre société
01:21:50sait déjà que certaines
01:21:51souffrances n'ont plus
01:21:52de sens.
01:21:53Alors cessons
01:21:54de détourner le regard.
01:21:56Mes chers collègues,
01:21:57ce texte,
01:21:58il ne crée pas la mort.
01:21:59La mort,
01:21:59elle existe déjà.
01:22:01Ce texte,
01:22:01il crée autre chose.
01:22:03Il crée un cadre.
01:22:04Il crée des garanties,
01:22:05une protection,
01:22:06une liberté.
01:22:07Ce texte
01:22:08n'imposera jamais
01:22:09rien à personne.
01:22:10mais ceux
01:22:11qui demandent
01:22:12cette aide
01:22:12seront des femmes
01:22:13et des hommes lucides,
01:22:15condamnés,
01:22:16épuisés par la souffrance,
01:22:17qui réclament simplement
01:22:18que leur dernier jour,
01:22:19leur dernier instant
01:22:20ne soit pas un supplice.
01:22:22Et pendant que les Français
01:22:23attendent ce débat
01:22:24avec espoir,
01:22:26pendant que des familles
01:22:26vivent chaque jour
01:22:27l'insoutenable,
01:22:28que voyons-nous ici ?
01:22:29Des blocages,
01:22:30des calculs,
01:22:32des mesures de procédure.
01:22:33Alors oui,
01:22:34il faut le dire clairement,
01:22:35à force de retarder ce texte,
01:22:37nous donnons parfois
01:22:38l'image d'une institution
01:22:39qui préfère ralentir l'histoire
01:22:41plutôt qu'affirmer
01:22:42et encadrer une réalité humaine.
01:22:44Nous risquons même
01:22:45d'être exclus
01:22:45d'un moment historique majeur
01:22:47avec le plus mauvais des rôles,
01:22:49celui qui bloque,
01:22:50celui qui empêche,
01:22:51celui qui refuse même
01:22:52d'ouvrir une voie
01:22:53à un texte pourtant
01:22:54soutenu massivement
01:22:55par les Français.
01:22:56Car personne ne pourra
01:22:58empêcher éternellement
01:22:59la société française
01:23:00d'avancer sur ces questions.
01:23:01Parce qu'au bout du compte,
01:23:03ce ne sont jamais
01:23:03les conservatismes
01:23:04qui gagnent
01:23:05contre la dignité humaine.
01:23:06L'histoire avance toujours
01:23:08et elle avance
01:23:09avec ceux
01:23:10qui ont le courage
01:23:11d'ouvrir des libertés nouvelles.
01:23:12Les autres
01:23:13ne font que retarder
01:23:15l'inévitable.
01:23:16Alors,
01:23:16fort de ces constats,
01:23:17les sénateurs du groupe
01:23:18RDPI voteront
01:23:19en leur âme et conscience
01:23:20pour ce texte
01:23:21issu des travaux
01:23:22de la Commission.
01:23:22Pour ma part,
01:23:23je ne pourrais voter
01:23:24un texte
01:23:25avec de telles conditions.
01:23:26Je vous remercie.
01:23:27Merci.
01:23:28La parole est maintenant
01:23:29à madame
01:23:30Annie Le Wérou
01:23:31pour le groupe
01:23:32socialiste,
01:23:33écologiste et républicain.
01:23:34à vous,
01:23:35chers collègues.
01:23:43Monsieur le Président,
01:23:44Madame la Ministre,
01:23:46Monsieur le Président
01:23:46des Affaires sociales,
01:23:47Madame,
01:23:48Monsieur le rapporteur,
01:23:50chers collègues.
01:23:51Nous voilà
01:23:51à un moment décisif
01:23:52de notre débat
01:23:53au Parlement
01:23:53sur les deux projets
01:23:54de loi sur la fin de vie,
01:23:55soins palliatifs
01:23:56et aides à mourir.
01:23:57Un moment décisif
01:23:58pour le Sénat
01:23:59qui va dévoiler
01:24:00sa capacité
01:24:01à répondre
01:24:02à une demande citoyenne
01:24:03forte,
01:24:04même si ce n'est pas,
01:24:05comme nous dirait
01:24:06certains témoignages,
01:24:07la première préoccupation
01:24:08des Français.
01:24:09C'est cependant
01:24:09la première préoccupation
01:24:11de quelques-uns
01:24:12qui vivent la souffrance
01:24:13insoutenable
01:24:14de la fin de vie
01:24:14entourée de leurs proches,
01:24:16qui subissent
01:24:17sans pouvoir agir
01:24:18des agonies
01:24:19que nous n'acceptons pas
01:24:20pour nous-mêmes
01:24:20ni pour ceux
01:24:21que nous aimons.
01:24:22Nous savons aujourd'hui
01:24:23les limites de l'accès
01:24:24de tous et toutes
01:24:25aux soins palliatifs.
01:24:26Nous avons la responsabilité
01:24:27collective
01:24:28d'assurer partout
01:24:29l'égal accès
01:24:31de toutes et tous
01:24:32aux soins palliatifs
01:24:33et d'y consacrer
01:24:34les moyens
01:24:35pour y parvenir.
01:24:36Nous défendrons
01:24:37ce droit
01:24:37que nous souhaitons
01:24:38opposable.
01:24:39Nous savons aussi
01:24:40que l'aide active
01:24:41à mourir
01:24:42propose d'accompagner
01:24:43jusqu'à la mort
01:24:43des personnes vivant
01:24:44des situations
01:24:45auxquelles la législation
01:24:46actuelle ne répond pas.
01:24:47Je sais que chacun
01:24:49d'entre nous, ici,
01:24:50dans cet hémicycle,
01:24:50a des convictions,
01:24:51des convictions profondes,
01:24:53spirituelles,
01:24:55philosophiques,
01:24:55religieuses,
01:24:56des convictions
01:24:57qui conduisent
01:24:57certains d'entre nous
01:24:58à refuser l'idée même
01:24:59d'une aide à mourir.
01:25:00C'est ce qui résultait
01:25:02des débats du Sénat
01:25:02en première lecture
01:25:03où les expressions
01:25:04les plus extrêmes
01:25:05se sont exprimées.
01:25:07Les multiples amendements
01:25:08déposés en deuxième lecture
01:25:09par certains
01:25:10relèvent cette fois
01:25:11de l'obstruction.
01:25:12Je respecte
01:25:13ces convictions
01:25:14et il ne vous est pas demandé
01:25:15d'y renoncer.
01:25:16La loi sortie
01:25:17des discussions
01:25:18de l'Assemblée nationale
01:25:19respecte
01:25:20ses convictions personnelles
01:25:21alors que la version sortie
01:25:23des débats du Sénat
01:25:24ou celle proposée
01:25:25par les rapporteurs
01:25:26impose une interdiction
01:25:27de l'aide à mourir
01:25:28et vient en recul
01:25:30de la loi
01:25:30Clès-Déonetti,
01:25:31notamment au regard
01:25:32du droit des patients
01:25:33ou de la suspicion
01:25:34généralisée
01:25:35à toutes les étapes.
01:25:37La loi sortie
01:25:38de l'Assemblée nationale
01:25:38ne retire rien
01:25:39à vos principes.
01:25:40Elle ouvre simplement
01:25:41une possibilité
01:25:42à ceux et celles
01:25:43qui subissent
01:25:44une souffrance extrême
01:25:46et qui la réclament.
01:25:48Que dire
01:25:49ou redire
01:25:50sur la fin de vie
01:25:51si ce n'est de répéter
01:25:52encore l'attente
01:25:52de nos concitoyens
01:25:53lorsque la maladie
01:25:54les approche
01:25:55de la mort
01:25:56et qu'ils demandent
01:25:57de l'aide ?
01:25:57Répéter que les soignants
01:25:59sont majoritairement
01:26:00en faveur
01:26:00d'une évolution
01:26:01de la législation
01:26:02en France
01:26:02parce qu'ils vivent
01:26:03douloureusement
01:26:04leur incapacité
01:26:05à soulager
01:26:06certaines douleurs
01:26:07et aussi parce qu'ils
01:26:08souhaitent légaliser
01:26:09leurs pratiques
01:26:09et sortir des risques
01:26:10qu'ils encourrent.
01:26:12Ceux et celles
01:26:12qui veulent voir évoluer
01:26:14la législation
01:26:14sur la fin de vie
01:26:15n'abordent pas
01:26:16ce sujet
01:26:17à la légère.
01:26:18Les communautés
01:26:19pensantes
01:26:20de ce pays
01:26:21s'accordent
01:26:22très majoritairement
01:26:23sur le besoin
01:26:23de faire évoluer
01:26:24le droit.
01:26:25La littérature
01:26:26scientifique,
01:26:27éthique et philosophique
01:26:28la plus éminente
01:26:29a fait des propositions
01:26:30et nous nous appuyons
01:26:32sur ces expressions
01:26:33pour trouver
01:26:34le chemin
01:26:34du compromis
01:26:35qui protège
01:26:36et qui soulage.
01:26:37Nous devons également
01:26:38prendre en compte
01:26:39le remarquable travail
01:26:40fait dans le cadre
01:26:41de la Convention citoyenne
01:26:42qui a rassemblé
01:26:44184 citoyens
01:26:45tirés au sort.
01:26:46Au terme
01:26:46de leurs travaux,
01:26:4776% d'entre eux
01:26:49estiment nécessaire
01:26:50d'ouvrir l'aide à mourir
01:26:51pour mieux répondre
01:26:52à des situations
01:26:53de fin de vie
01:26:54alors que 23%
01:26:55d'entre eux
01:26:56jugent le cadre
01:26:57actuel suffisant.
01:26:58Aussi,
01:26:59les témoignages
01:26:59de soignants
01:27:00ne peuvent être niés.
01:27:01La pratique
01:27:02est déjà là.
01:27:02Des soignants
01:27:03dans un geste
01:27:04d'humanité
01:27:04face à la souffrance
01:27:06et la fin de vie
01:27:07accompagnent
01:27:08et soulagent
01:27:08leurs patients
01:27:09jusqu'à la mort
01:27:10sans aucun cadre
01:27:11défini à ce jour.
01:27:14Voilà pour ce débat
01:27:14au Sénat
01:27:15sur la proposition
01:27:16de loi
01:27:16créant un droit
01:27:17à l'aide à mourir.
01:27:18C'est la fin
01:27:19de cette émission.
01:27:19Merci de l'avoir suivie.
01:27:20Continuez à suivre
01:27:21l'actualité politique
01:27:22et parlementaire
01:27:23sur notre site internet
01:27:24publicsénat.fr.
01:27:25Je vous souhaite
01:27:25une très bonne suite
01:27:26des programmes
01:27:27sur notre antenne.
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