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  • il y a 3 mois
Avec Francis Szpiner, sénateur LR de Paris ; Gamal Abina, consultant sur des chaînes étrangères et cofondateur du Mouvement des droits civiques.

Retrouvez Magali Berdah Sud Radio du lundi au jeudi de 20h à 21h
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##MAGALI_BERDAH-2025-10-29##

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Transcription
00:00Les instituts de beauté Body Minute vous présentent
00:03Magali Berda, Sud Radio, on vit pas dans la même France.
00:12Magali Berda sur Sud Radio, j'ai commencé, j'ai fait un loupé.
00:16Il fallait bien que ça m'arrive une fois par semaine, c'est mon baptême de la radio.
00:20J'espère que vous allez bien, on se retrouve ce soir en direct du lundi au jeudi de 20h à 21h.
00:25On vit pas dans la même France.
00:26Et alors franchement, pour l'instant, Paris réussit.
00:30Tous les soirs, on a une France différente sur ce plateau.
00:33Mais c'est très sympa, très constructif, on casse un peu les codes.
00:35On a fait une émission de radio un peu différente qu'on ne voit pas ailleurs.
00:39Et c'est uniquement sur Sud Radio qui nous a ouvert les portes
00:41pour permettre à deux mondes qui ne se parlent jamais de se rencontrer,
00:45de parler un peu plus simplement.
00:47On reçoit tous les soirs une personnalité publique médiatisée, un influenceur.
00:52Des gens qui arrivent à fédérer des centaines, voire des millions de personnes
00:55c'est un talent de fédérer autant de personnes, qu'on les aime ou qu'on ne les aime pas.
00:59On a beau dire ce qu'on veut, mais ils y arrivent.
01:01Et ils discutent.
01:04Ce soir, ça ne va pas ce soir, dis donc.
01:08Et chaque soir, ils débattent avec une personnalité politique
01:11qui, eux, ont un peu moins les codes, on va dire, des jeunes, des réseaux sociaux, etc.
01:16Et qui sont un petit peu fâchés, certains, avec, on va dire, avec le peuple de...
01:22Voilà, ceux qui ne votent pas.
01:24Voilà, le peuple des réseaux sociaux.
01:26Alors, ce soir, on va débattre sur un sujet très intéressant
01:30en compagnie de notre cher ami Mathias.
01:33Bonsoir Magali.
01:33Bonsoir Mathias.
01:34Tu sais où j'étais hier soir ?
01:35Tu étais où encore ?
01:36Ah oui, je sais où t'étais.
01:37Non, parce que j'avais un double truc.
01:39Tu étais que j'ai qu'à Koumbé ?
01:40Non, je suis allé voir une pièce de théâtre.
01:42Ah bon ?
01:43Oui, je suis allé voir une pièce de théâtre.
01:44Ah bon ?
01:44Alors, je suis allé de moi-même.
01:46Là, il n'y a pas de pub.
01:46Mais j'ai envie de faire une pub parce qu'en fait, c'est dans l'air du temps.
01:49C'est quoi ?
01:49La pièce de théâtre, tu peux le faire, s'appelle Jure-le.
01:51Et en fait, j'ai rencontré la metteuse en scène parce que j'en ai parlé après avec elle.
01:54Ah, ça m'aurait étonné qu'il parle.
01:55Voilà, obligé.
01:56C'était une metteuse en scène.
01:57Elle s'appelle Marlène Grimé.
01:59On embrasse Marlène.
02:00J'espère que Mathias...
02:01Ah bon ?
02:01Attends vite.
02:02Parce que je lui ai dit, franchement, la pièce, elle était tellement incroyable.
02:04Ça s'appelle Jure-le.
02:05Alors, j'ai un petit speech.
02:06C'est l'histoire de quatre femmes entre amour, amitié, addiction et violence.
02:10Et en fait, c'est la première fois où ça parle de violence entre femmes.
02:13Tu vois ?
02:13Ah bah, Dieu sait qu'il y en a en plus.
02:14Et en fait, j'en ai parlé.
02:15En fait, j'ai vu ça passer sur les réseaux.
02:17Donc, je me suis dit, je vais aller voir la pièce de l'âtre.
02:19C'était incroyable.
02:20Ah ouais ?
02:20Parce qu'en fait, c'est un lien avec, malheureusement, c'est la 130e femme actuellement en France
02:25qui est décédée de coup de son mari, etc.
02:27Et je trouve qu'on n'en parle pas assez.
02:29Féminicide.
02:29Ouais, voilà.
02:30Féminicide.
02:30Je ne trouvais pas le mot.
02:31C'est toi qui l'as trouvé.
02:32Et je me suis dit, on n'en parlait pas assez.
02:34Donc, je suis allé voir cette pièce de théâtre.
02:35C'était incroyable.
02:36Attends vite.
02:37Ah bah, c'est gentil.
02:37Tu peux aller avec qui tu veux.
02:38Et on peut même faire gagner deux places à nos auditeurs.
02:40Ah bon ?
02:41Donc, on va trouver un moyen de les faire gagner.
02:43Et on va mettre ça en place.
02:45Ça s'appelle Churle.
02:46On est tous en direct, là, sur le live Instagram.
02:49Donc, on va dire que voilà, ceux qui sont les plus actifs sur le live.
02:52Ce soir.
02:53Et, pardon, par SMS également.
02:56Aussi.
02:56Alors, c'est quoi le numéro du SMS ?
02:58Le numéro du SMS, c'est le 72028.
03:01Voilà.
03:01Donc, quand vous envoyez...
03:02Non, ce n'est pas ça, Mathias.
03:03Mathias, tu es viré.
03:04Tu sors.
03:05C'est le 72018, pardon.
03:07C'est le 72018, Mathias.
03:0972018.
03:10Alors, ils mettent Magali plus je veux les places.
03:13Et on tira au sort à la fin.
03:14Ah bon ?
03:14Ah, c'est tout ?
03:15Magali plus je veux les places.
03:16Non, tu veux mettre quoi ?
03:17Magali en tête de message au 72018.
03:19Et après, vous rajoutez ce que vous voulez, évidemment.
03:21Ah bah, vous mettez Magali en tête de message.
03:24Et en dessous, vous mettez tout ce que vous pensez de moi.
03:26Voilà.
03:26Alors, on est foutus.
03:27Et ceux qui ne gagnent pas les places, franchement, je vous jure, allez voir cette pièce.
03:31Parce que c'est dans l'air du temps.
03:32Ça s'appelle Jurele.
03:33Jurele.
03:33C'est Marlène Grimère.
03:34Très bien.
03:35Grimère qui fait ça.
03:35Eh bien, merci Marlène.
03:36Et moi, je serai ravie de venir.
03:37Voilà.
03:38Bon, bah, on passe à notre émission ou pas ?
03:39Non, un peu quand même.
03:40Allez, on y va.
03:40Alors, ce soir, on reçoit, comme je l'ai expliqué, Gamal Abina, qui va débattre avec Francis Spinner.
03:47C'est la grande classe d'avoir un sénateur ce soir sur notre plateau.
03:50Alors moi, à chaque fois qu'on reçoit un sénateur, je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que je suis quelqu'un.
03:53Ah mais c'est un...
03:54Ça ne se fait pas ça, toi aussi ?
03:55Si, si, c'est un...
03:55Les sénateurs, c'est la grande classe.
03:57Ça se place sous les sénateurs par rapport aux députés, etc.
04:00C'est au-dessus ?
04:01Non.
04:02Ah non ?
04:02Non, parce que...
04:03C'est comme la Chambre haute.
04:04C'est la Chambre haute, mais lorsqu'il y a une loi qui est débattue, in fine, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot.
04:12D'accord.
04:14Mais le Sénat a l'avantage d'être une permanence de la République.
04:19Si le président de la République décède ou démissionne, c'est le président du Sénat qui assure l'intérim de la présidence de la République.
04:27Ah mais ça, je ne savais pas.
04:28Ce qui est arrivé deux fois, au départ du général de Gaulle, Alain Poher, président du Sénat, a remplacé le général de Gaulle.
04:36Et ensuite, à la mort de Georges Pompidou, Alain Poher, qui était toujours président du Sénat, a assuré l'intérim pour la deuxième fois.
04:42Et qui est le président du Sénat aujourd'hui ?
04:44C'est Gérard Larcher et c'est affreux que vous ne le sachiez pas.
04:47Bah, écoutez...
04:48Elle le savait, mais elle voulait savoir si vous avez la réponse.
04:50D'accord.
04:51Moi, je connais Larcher, l'hôpital Larcher, à Nice.
04:54Et l'avantage du Sénat, c'est que le Sénat ne peut pas censurer le gouvernement, mais en revanche, le Sénat ne peut pas être dissous.
05:03D'accord.
05:05Donc quand vous êtes élu sénateur, vous êtes tranquille pour six ans.
05:10Quand vous êtes député, par les temps qui courent, c'est un bail plus aléatoire.
05:14Vous savez, nous, c'est un peu la politique pour les nuls ici.
05:16Mais du coup, on vient d'apprendre déjà que le président du Sénat, c'est Gérard Larcher.
05:21Bah, on va l'inviter.
05:22Et d'ailleurs, qui n'était pas content, là, je l'ai vu à l'Assemblée nationale.
05:24Pourquoi il n'était pas content ?
05:25Il a eu un coup de sang sur un des députés.
05:27Non, il a eu un coup de sang contre un de nos collègues sénateurs, parce qu'au Sénat, il y a encore un dress code.
05:34Vous ne rentrez pas dans l'hémicycle si vous n'avez pas de cravate ou de papillon.
05:38Et il n'est pas d'usage de s'interpeller et de se prendre à partie.
05:43Et c'est ce qui s'est passé.
05:44Et un sénateur écologiste avait posé une question et avait débordé son temps de parole.
05:50Et le président lui a dit de se taire, puisque son temps était écoulé.
05:55L'autre a continué. Il a pris un coup de sang. Mais c'est rarissime.
05:57J'ai un copain qui est sénateur, c'est peut-être Aklimi Loulis, non ?
06:00Non, je connais Aklimi Loulis.
06:03Sinon, appelez-vous après l'émission.
06:05Qui est un garçon, ça, petit.
06:07Oui, très gentil.
06:08Très bien.
06:09Alors, écoutez, ce soir, on reçoit aussi Gamal Abina,
06:14qui nous fait le plaisir d'être heureux encore avec nous ce soir,
06:20qui est consultant des chaînes étrangères et cofondateur du mouvement des droits civiques.
06:24Alors, vous êtes un militant associatif, engagé depuis 2008 dans la lutte antiraciste.
06:30Donc, merci d'être de retour chez nous.
06:31Merci pour l'invitation.
06:32Merci. Si vous revenez, c'est que vous avez aimé débattre la dernière fois avec Jean-Philippe Tanguy.
06:36Ah, égale.
06:37C'est une star, Jean-Philippe Tanguy.
06:39Je vois, j'ai vu ça. J'ai mesuré après coup, pas avant.
06:41C'est vrai ? C'est une star sur les réseaux.
06:43Vous trouvez que dernièrement, on tente d'ébranler un peu la République et les institutions
06:47entre les menaces de censure, les appels à la démission d'Emmanuel Macron ?
06:51Je ne sais pas si c'est la République qu'on ébranle, mais plutôt le président.
06:53Non, parce que la République est stable. Il y a une continuité.
06:55Il y a quand même des institutions qui sont solides.
06:57Mais l'instabilité gouvernementale, en l'occurrence, pose problème, effectivement.
07:01Et aujourd'hui, on va parler d'antisémitisme, de la sécurité, de la justice.
07:05Est-ce que la République a-t-elle encore de l'autorité pour vous ?
07:09Oui, une grande autorité.
07:10On a l'impression que c'est à part à volo, parce que l'extrême droite a tendance à jouer cette carte-là.
07:13Mais je ne crois pas du tout à cette problématique.
07:14Je pense que la République est stable.
07:16La vraie problématique, c'est la chamaillerie républicaine.
07:18Ce n'est pas tellement l'autorité.
07:19D'accord. Et alors, merci, je le redis encore, à Francis Piner.
07:23Alors, vous êtes l'une des figures singulières du paysage public français.
07:27Vous allez me dire si je suis OK.
07:29Oui, je vous écoute.
07:30Alors, vous êtes un avocat de renom au barreau depuis plus de 40 ans,
07:34qui a plaidé dans des affaires emblématiques et défendu des causes
07:36où se mêlent histoire, justice, mémoire, comme avec Mme Claude ou encore Bernard Tapie.
07:41Tu sais qui est Mme Claude ?
07:42C'est une blague.
07:46C'est parce que sur les réseaux, des fois, on m'a appelé Mme Claude.
07:48Je ne comprenais pas pourquoi.
07:49Aucun rapport en plus.
07:51Vous êtes aussi un responsable politique engagé.
07:54Aujourd'hui, sénateur de Paris, après avoir exercé des responsabilités exécutives,
07:58notamment la mairie du 16e arrondissement.
08:01Votre parcours conjugue la rigueur du droit, la culture des institutions
08:03et une parole assumée, parfois tranchante, mais toujours argumentée.
08:08Vous appartenez à cette génération d'hommes publics pour qui la République est un devoir,
08:12une exigence et une fidélité.
08:14C'est trop. Merci.
08:14C'est bon.
08:16Merci. Merci, Florian Winnie.
08:19Merci, merci.
08:20Et aussi.
08:21Alors, pourquoi est-ce que vous avez décidé de vous lancer en politique
08:23après tant de succès au tribunal ?
08:25Parce que d'abord, quand on est avocat et qu'on fait du droit,
08:29on se dit que parfois, la loi est mal faite.
08:32Et que finalement, si on veut la changer, il vaut mieux être parlementaire.
08:35Et puis, parce que j'ai été élevé, mon père était...
08:38J'appartiens à une famille gaulliste.
08:40Mon père était résistant.
08:41Et j'ai été élevé dans l'amour de la République.
08:44Et je pense que quand on aime son pays, on doit aussi le servir.
08:47Et faire de la politique, c'est aussi servir son pays.
08:50Et là, vous n'êtes plus maire ?
08:52Je ne suis plus maire parce qu'il y a cette malheureuse loi
08:55sur l'interdiction du cumul des mandats,
08:58qui est une loi imbécile.
09:00Et donc, à partir du moment où vous devez choisir...
09:02J'étais maire du 16e arrondissement.
09:04Mais les maires d'arrondissement à Paris ont très peu de pouvoir.
09:07Ce ne sont pas des vrais maires et des maires de plein exercice.
09:11Et donc, j'ai préféré devenir parlementaire
09:14tout en restant très attaché à mon arrondissement.
09:16Je suis toujours président du groupe de la majorité municipale.
09:20Et c'est vrai que la fonction de maire
09:21est la fonction peut-être la plus passionnante
09:24et qui est encore celle qui est la plus respectée par les Français.
09:26Mais quand vous dites maire, parce qu'il y a la maire de Paris,
09:29vraiment Anne Hidalgo,
09:30vous êtes comme si vous étiez des adjoints ?
09:33Non, pas du tout. C'est pire que ça.
09:36Vous êtes élu.
09:37Vous avez une légitimité.
09:38Moi, j'ai été élu avec 76% des voix maires du 16e arrondissement.
09:42Vous présidez votre conseil municipal.
09:44Sauf que vous n'avez pas les pouvoirs d'un maire.
09:46D'accord.
09:47Et donc, vous siégez aussi au conseil de Paris
09:49où là, vous êtes en opposition avec la maire de Paris.
09:53Alors, on revient tout de suite.
09:54On va continuer de discuter avec Gamal Abina
09:56et M. le sénateur Francis Piner
09:59qui a plein de choses à nous apprendre.
10:00J'ai déjà appris plein de trucs.
10:01On a commencé l'émission.
10:02J'ai appris... Je suis trop contente.
10:03Non, mais au moins, elle sert à quelque chose, cette émission.
10:05C'est ça qui est un kiff.
10:06Allez, à tout de suite sur Sud Radio.
10:07On revient pour apprendre encore plein de choses.
10:09Magali Berda, Sud Radio, 20h21, on ne vit pas dans la même France.
10:17Sud Radio, parlons vrai.
10:19Les instituts de beauté Body Minute vous présentent...
10:23Magali Berda, Sud Radio, on ne vit pas dans la même France.
10:29Magali Berda sur Sud Radio, il est 20h14.
10:31Nous sommes en direct pour une émission exceptionnelle ce soir.
10:34J'ai la chance, la classe.
10:36Je suis trop fière de recevoir un sénateur et pas n'importe lequel.
10:38Francis Piner, sénateur LR de Paris,
10:42qui va débattre en face de Gamal Abina,
10:44qui est consultant sur des chaînes étrangères
10:46et cofondateur du mouvement des droits civiques.
10:48On va parler de la République.
10:50Est-ce que cette République a encore de l'autorité ?
10:53C'est une vraie question.
10:54Et on va débattre sur ce sujet.
10:56Mais avant ça, je vais encore poser quelques questions à M. le sénateur.
10:59Moi, je suis passionnée de politique, mais je n'y comprends rien.
11:01Et j'adore mon émission parce que j'apprends plein de choses tous les soirs
11:03et ça me passionne de plus en plus.
11:05Alors, j'ai une question, moi, toute bête.
11:06On reçoit quasiment tous les soirs des députés.
11:10On a appris, et moi, j'ai cru comprendre,
11:12Mathias, tu me dis si je me trompe,
11:13qu'aujourd'hui, un peu tout le monde peut être député, finalement.
11:16Pas besoin d'avoir fait des études.
11:18Non, parce qu'il y a beaucoup de non-dits sur ce...
11:20On a l'impression qu'on voit les députés,
11:21c'est des Bac plus 5, Bac plus 8, etc.
11:24Alors qu'en fait, pas du tout.
11:25Donc tout le monde peut avoir la chance d'être député à partir du moment où on a envie.
11:29Et bien sûr, qu'on attire la confiance des gens, des convictions politiques.
11:34Être sénateur, c'est la même chose ?
11:36Est-ce que demain, moi, je peux décréter de devenir sénatrice ?
11:38Vous pouvez devenir sénatrice, il n'y a pas de problème.
11:41Je veux.
11:42Simplement, les électeurs au Sénat ne sont pas tous les citoyens.
11:48Ce sont des élus.
11:50Et donc, en général, pour convaincre les élus de voter pour vous,
11:54il vaut mieux avoir soi-même une expérience d'élu.
11:57Et souvent, chez les sénateurs, il y a d'anciens députés,
12:01il y a d'anciens maires, président de conseil généraux,
12:03président conseillers régionaux.
12:05Et donc, il y a des parcours très différents.
12:08Nous avons des 4-5 vétérinaires qui sont sénateurs.
12:11Nous avons des médecins.
12:12Nous avons des fonctionnaires.
12:13Il y a de tout au Sénat.
12:15Mais du coup, ça veut dire que c'est les autres sénateurs qui votent pour vous ?
12:18Non, ce sont les élus locaux, ce qu'on appelle les grands électeurs.
12:21C'est-à-dire les élus locaux qui votent pour élire les sénateurs.
12:24Nous sommes la Chambre des territoires.
12:26Nous représentons les territoires, les collectivités locales.
12:29Et donc, vous êtes élus par les conseillers municipaux,
12:32par les maires, les conseillers départementaux, les conseillers régionaux.
12:36Donc, c'est un électorat qui est plus politisé,
12:40mais qui a une expérience et qui demande au sénateur une expérience de la vie locale.
12:45Et alors, vous disiez tout à l'heure qu'à l'Assemblée nationale...
12:47Enfin, donc, dans votre hémicycle, parce qu'au Sénat,
12:49vous avez aussi un hémicycle comme à l'Assemblée nationale.
12:51Alors, l'hémicycle, pour nos auditeurs,
12:53c'est la grande salle où on se croirait à la fac,
12:56où tout le monde crie l'amphithéâtre.
12:58On ne crie pas, nous.
12:59Voilà, c'est ça, ma question.
13:00C'est que du coup, vous, combien vous êtes de sénateurs en tout cas ?
13:04348.
13:04Ah, donc beaucoup moins que les députés, quand même.
13:06Qui sont 577.
13:07577, oui.
13:08Et vous devez arriver costard-cravate ?
13:11Oui.
13:12Et à l'Assemblée, non ?
13:13Les députés, non ?
13:14Il n'y a plus de dress code à l'Assemblée.
13:16Ah, d'accord, OK.
13:16Depuis quand ?
13:17Depuis longtemps, d'ailleurs.
13:18Puisque moi, quand nous avons vote,
13:21quand on change la Constitution,
13:24on réunit les sénateurs et les députés à Versailles.
13:29Et c'est ce qu'on appelle le Congrès.
13:31Et à ce moment-là, ce sont les parlementaires qui votent.
13:33Et j'ai vu arriver, lorsqu'on a changé la Constitution,
13:37des gens dont je ne citerai pas le nom,
13:38mais en jean, en Santiago, en T-shirt.
13:43M. Boyard, par exemple,
13:44qui est un monument d'élégance vestimentaire.
13:46Et d'ailleurs, on reconnaissait, on dit...
13:50Est-ce que vous voulez vous raconter une blague ?
13:51Enfin, ce n'est pas une blague, c'est une anecdote.
13:53Pardon, je vous ai coupé en plus, pardonnez-moi.
13:55Louis Boyard, j'ai voulu l'inviter à mon émission,
13:57parce que nous, ici, on donne la parole à tout le monde.
13:59Vraiment tout le monde.
14:00Voilà, mais vraiment tout le monde.
14:01Boyard, c'est vraiment tout le monde.
14:02Moi, je reçois ici, j'estime que si les gens sont des élus,
14:05c'est qu'il y a des gens qui les aiment, qui les suivent,
14:07qui leur font confiance.
14:08Donc, je leur donne tous la parole, quels qu'ils soient,
14:10au même niveau.
14:11C'est-à-dire, moi, chez moi, gauche, droite, centre,
14:13ils sont respectés de la même manière.
14:15Et donc, forcément, même si je ne partage pas trop le personnage,
14:20je me dis, Louis Boyard, moi, j'invite tout le monde.
14:24Et on a appelé son cabinet tout à l'heure.
14:27Ma programmatrice l'appelle.
14:28Il lui dit, écoutez, on serait ravis de vous recevoir sur une radio.
14:31Ah oui, super, trop bien.
14:33On est OK, on vient.
14:34Qui présente l'émission ?
14:36Et là, il lui dit, c'est Magali Berna.
14:37Ils y ont raccroché au nez.
14:39Ils lui ont dit non, désolé, ils lui ont raccroché au nez.
14:41Et j'ai trouvé ça, mais absurde pour un politique.
14:44C'est nul.
14:44C'est flatul pour vous.
14:45Parce que je ne le connais pas.
14:47Ça veut dire, je pense que vraiment, je n'ai jamais eu...
14:49Et le gars, je trouve ça triste, venant d'un homme politique
14:53qui doit normalement venir s'exprimer partout
14:55et ne pas avoir de jugement ou de considérer...
14:58C'est vrai.
14:58Non, mais c'est super nul.
14:59Surtout que, comme tu dis, on reçoit vraiment tout le monde
15:01et on donne la parole à tout le monde.
15:02C'est ça, c'est triste.
15:03Nous, on fait cette émission, c'est pour les Français.
15:05Ce n'est pas pour nous.
15:06C'est vraiment pour donner...
15:07Là, vous avez expliqué des choses, les gens, ils vont comprendre.
15:09Oui, c'est vrai.
15:10Même les jeunes, sur les réseaux, là, depuis tout à l'heure,
15:11les gens, ils disent, ah, on comprend mieux, on comprend mieux.
15:13Et pourtant, c'est sûr qu'il y a des gens de gauche qui nous suivent.
15:15Vous, vous êtes de droite, au LR.
15:17Il y a des gens qui nous suivent de gauche,
15:18mais qui, grâce à vous, apprennent des choses sur le Sénat, etc.
15:21Enfin, on n'est pas là pour politiser
15:22ou pour ramener du monde plus d'un côté ou d'un autre.
15:24On est là pour apprendre et essayer de réconcilier un petit peu les gens avec la politique.
15:27Que ce soit de gauche ou de droite, après, chacun fait son opinion.
15:29Comme je dis toujours, malheureusement, le premier parti de France,
15:32c'est le parti des abstentionnistes.
15:35Et donc, grâce à ce type d'émission,
15:37si on peut ramener les gens vers la politique
15:39en expliquant que la politique, c'est pas honteux, c'est pas sale,
15:42c'est la vie de tous les jours,
15:44et que c'est quelque chose de concret, c'est très bien.
15:47Oui, alors, et ça fait beaucoup le buzz aussi.
15:49Les politiques, en ce moment, ils buzzent beaucoup.
15:51Il y a beaucoup d'histoires.
15:52Aujourd'hui, il y a eu une bagarre, je crois, entre Estrosi et Dupont-Moretti.
15:55Ça, je l'ai vu partout sur les réseaux sociaux aujourd'hui.
15:57C'était l'histoire de la journée.
15:59Ils se sont battus presque à un restaurant, etc.
16:01Vous pensez quoi des hommes politiques,
16:02quand ils en viennent comme ça,
16:03se battent presque devant les gens, etc.?
16:05Je pense que c'est pas le meilleur spectacle
16:08que donne une assemblée lorsqu'on est dans l'invective.
16:12Ce que les gens attendent, c'est qu'on fasse de bonnes lois.
16:15Et je dois dire, pour ça, le Sénat, c'est bien.
16:18Vous voyez, par exemple, la loi la plus importante
16:21qui a été votée ces deux dernières années,
16:23c'est la loi sur le narcotrafic.
16:25D'accord.
16:26Et nous avions fait une commission d'enquête sur le narcotrafic.
16:29Et les gens ont découvert, y compris parmi les élus,
16:33l'importance de ce fléau, ses conséquences,
16:36car je pense que le narcotrafic menace plus la République que le terrorisme.
16:39Et nous avons fait une loi, on l'a votée à l'unanimité.
16:44Le Sénat, gauche-droite confondue, a voté cette loi.
16:48Il y avait pourtant des dispositions qui, sur le plan de la procédure pénale,
16:52auraient pu heurter et heurter un certain nombre de parlementaires de gauche.
16:55Mais ils l'ont quand même votée parce qu'ils se sont dit,
16:58voilà, il y a un vrai sujet qui est en train de gangréner notre pays.
17:01Il faut qu'on le prenne à bras-le-corps et on oublie qu'on est de droite et de gauche.
17:05On essaye de faire quelque chose qui tienne la route.
17:07Et on l'a fait.
17:08Et à l'Assemblée, la loi sur le narcotrafic a été votée,
17:11mais elle n'a pas eu la même unanimité.
17:13Parce qu'à ce moment-là, les gens étaient dans les postures.
17:17Et donc c'est vrai que le spectacle de l'affrontement stérile est consternant.
17:22Ça ne donne pas une grande idée de la politique.
17:23En même temps, c'est là dans le débat, on n'est pas dans la bagarre de 32 tranchées.
17:28L'Assemblée s'est filmée, diffusée.
17:30Ils en font des tonnes parce qu'ils savent que ça va être diffusé aussi.
17:32Mais est-ce que ça ne desserre pas la politique du coup ?
17:34Est-ce que l'Assemblée nationale aujourd'hui desserre la politique ?
17:36Moi, je ne suis pas choqué parce que quand on voit la Chambre des Lords en Angleterre,
17:39par exemple, c'est quand même des invectives aussi très fortes,
17:41je pense qu'une Assemblée doit vivre.
17:43Je pense que la Chambre des Sages, c'est comme ça qu'on appelle le Sénat,
17:46c'est plus dans la réflexion.
17:46La Chambre des Sages ?
17:47Oui, c'est la Chambre des Sages, c'est vraiment les gens qui réfléchissent,
17:50qui ont du recul sur les choses, qui ne sont pas impactés par le calendrier électoral.
17:53Donc, ce n'est pas du tout le même rapport.
17:55Et donc, ces gens-là, qui sont élus effectivement par des élus, déjà,
17:57ont plutôt une tendance à être dans la modération, ce qu'elle n'a pas l'Assemblée.
18:01L'Assemblée, c'est plus la vective, on se rend dedans,
18:03on montre qu'effectivement, cette partition de l'Assemblée est visible,
18:06rien que sur la distribution des cartes, par exemple.
18:08C'est Magali, ce qui s'est passé à la pub.
18:09J'ai une petite anecdote.
18:11C'est que M. Francis Piner...
18:12M. Francis Piner, il m'a regardé, il a dit
18:15« M. Gabla-Lavina a les épaules pour être sénateur ».
18:18C'est gentil, mais...
18:19C'est pas le malheur, s'il vous plaît.
18:21Non, mais pourquoi un malheur ?
18:22C'est un métier insupportable, je ne pourrais pas.
18:24Pourquoi ?
18:25Non, c'est une charge trop lourde, à mon sens.
18:27D'être sénateur ?
18:28Oui, oui, c'est vraiment pas le truc, mais...
18:30La politique l'a commenté, mais être acteur politique, ça ne m'intéresse pas du tout.
18:33Moi, je ne suis pas sûr.
18:34C'est gentil.
18:34Excusez-moi, mais vous êtes un acteur politique.
18:37Vous avez une vision de la politique.
18:38On peut faire de la politique sans être élu.
18:41En faisant cette émission, Magali Berda fait de la politique, au sens noble du terme,
18:47c'est-à-dire la vie de la cité.
18:48Faire ce genre de débat, c'est faire de la politique.
18:51Votre action, c'est de la politique.
18:54Et donc, pour faire de la politique, il n'y a pas besoin d'être élu.
18:56D'ailleurs, si vous regardez, et c'est pour ça qu'il faut que les hommes politiques
19:00fassent souvent preuve d'humilité, une grande partie des débats qui ont bousculé la société française
19:06ne sont pas toujours venus, tant s'en faut, de la classe politique.
19:10La lutte des femmes, le droit à l'interruption volontaire de grossesse, les radios libres,
19:15tout ça, c'est l'écologie.
19:17Tout ça, c'est né en dehors des partis politiques qui ensuite, heureusement, s'en sont emparés.
19:23Et donc, la politique, vous le faites dans les associations,
19:26vous le faites dans la culture, vous le faites dans l'information.
19:30Donc, vous faites de la politique.
19:31J'influence, puisque je ne fais de la politique, parce que vous êtes acteur politique
19:34dans le sens où vous avez la possibilité de voter des lois, de discuter des lois.
19:37Nous, on est là pour les commenter quasiment, peut-être orienter le débat.
19:40Mais on m'a dit que j'étais sur les radios internationales et la télévision.
19:43Je travaille pour une télévision algérienne qui s'appelle Allé 24 News.
19:45Là, c'est pareil, c'est très orienté politiquement, parce qu'il y a une démarche décoloniale.
19:49Je m'inscris là-dedans totalement.
19:50Mais ce que je veux dire, c'est que je préfère avoir une influence sur les gens
19:53plutôt que d'être à l'action comme vous.
19:55C'est un travail qui est très long, très difficile, souvent besogneux et souvent ingrat,
19:59parce que parfois, ça ne passe pas.
20:00Donc, c'est compliqué.
20:01Je n'aime pas trop l'idée de faire un travail...
20:02Pas inutile, c'est utile, mais un travail difficile.
20:04Ah, moi, quand vous dites que je fais de la politique, je suis au max.
20:06C'est parfait.
20:07Alors, ce soir, on va se poser la question antisémitisme, sécurité, justice.
20:11Est-ce que la République a-t-elle encore de l'autorité ?
20:14Je vais commencer par vous, Francis Piner.
20:16Quand vous entendez parler de retour de l'antisémitisme, estimez-vous qu'il s'agit d'un retour ou qu'il n'est jamais parti ?
20:24Alors, il y a toujours eu...
20:26Moi, j'ai été pendant 15 ans membre de la Commission nationale des droits de l'homme.
20:30Et j'en ai été 6 ans vice-président.
20:31Et une des rares tâches que la loi confie à la CNCDH, c'est de faire, justement, l'état du racisme en France.
20:39Et il y a toujours eu un fond antisémite.
20:41Ce qui est nouveau, c'est qu'aujourd'hui, cet antisémitisme est violent.
20:46On tue des gens parce qu'ils sont juifs en France.
20:48Moi, j'étais l'avocat de la famille d'Ilan Halimi.
20:51J'étais l'avocat de la famille de Sarah Halimi.
20:53J'ai plaidé pour le fils de Latifa Benzatienne dans l'affaire de Toulouse,
20:58où on a tué des gamines dans une école juive.
21:02Il y a eu l'hyper-cachère.
21:04Donc on tue aujourd'hui des gens parce qu'ils sont juifs.
21:07Et donc là, il y a une violence.
21:09Il y a un degré de violence qui a monté.
21:12Alors on tue aussi...
21:13Soyons clairs.
21:14J'ai été l'avocat aussi de la famille du Père Hamel.
21:16On tue aussi des chrétiens.
21:18Il y a aussi des musulmans qui sont victimes de racisme et qui sont tués.
21:21Il y a une violence dans la société française.
21:24Mais dans l'antisémitisme, on a franchi un degré qui n'existait pas il y a 20 ans.
21:29Vous pensez quoi, vous, de ça, Hamel ?
21:31Moi, je ne vous cache pas que la problématique, je l'ai vue réveillé longtemps, comme tout le monde.
21:34J'ai été un acteur, pour le coup, sur le terrain réel,
21:37puisque j'étais immédiatement, en 2011, alarmé par le fait que l'extrême droite...
21:41On peut parler de l'antisémitisme traditionnel d'extrême droite,
21:45des séances catholiques, on dira.
21:46Cette extrême droite a essayé d'instrumentaliser la jeunesse arabo-musulmane de France.
21:49Donc je fais un truc global.
21:51Et quand j'ai vu qu'en 2010-2011, on avait une montée en puissance de la parole d'Alain Soral,
21:57portée par Dieu Donné, qui a une responsabilité très lourde,
21:59j'ai été le voir à la main d'or pour lui dire d'arrêter.
22:01Donc j'ai créé réellement une sorte de rupture,
22:04avec une réflexion de la plupart des gens qui m'aimaient bien à l'époque,
22:06qui disaient « Mais pourquoi tu te mets contre lui ? Il est avec nous. »
22:08Je dis « Non, il n'est pas avec nous, il est contre nous. »
22:09Parce que le fait de valider l'antisémitisme,
22:11c'est récupérer des sales histoires du passé occidental pour nous les mettre sur le dos.
22:14On confond la question palestinienne avec l'élection juiste,
22:16qu'il n'a rien à voir.
22:17Et surtout, on confond le fait que M. Soral,
22:20qui a une haine pathologique des juifs, elle est visante,
22:23veut nous entraîner dans cette haine.
22:24On n'a pas cette tradition, on ne l'a jamais eue, on ne veut pas la voir.
22:26C'est ce que j'expliquais.
22:27Donc chacun ses poubelles de l'histoire.
22:29Mais c'est vrai que cette montée en puissance est arrivée pour plusieurs éléments.
22:32Il y a la haine traditionnelle d'extrême droite qui existe toujours,
22:34et qui est cachée, un petit peu tapis dans l'ombre.
22:36Il y a une méconnaissance de la question du conflit israélien-palestinien
22:39qu'on voudrait voir comme étant un conflit religieux.
22:42Alors ça ne l'est pas du tout au départ.
22:43Et surtout, il y a l'idée de se dire qu'on va se venger sur des cibles faciles.
22:46Quand on va attaquer quelqu'un qui n'a rien fait,
22:48qui est chez lui, comme l'hypercachère par exemple,
22:50qui fait ses courses, parce que je connais bien,
22:51j'habite à côté de l'hypercachère à Vincennes.
22:54Quand on va attaquer des gens comme ça parce qu'ils sont ce qu'ils sont,
22:56là, c'est du racisme.
22:57Alors, je vais utiliser un terme, ça va être intéressant,
22:59parce que vous étiez un temps avocat de la mosquée de Paris.
23:03On a tendance à vouloir mettre de côté l'islamophobie,
23:06que j'appellerais misislamie, enfin c'est islamophobie,
23:08qu'on ne voudrait pas voir comme l'antisémitisme.
23:10Mais la tradition, parce que l'antisémitisme,
23:12c'est un mot qui a été inventé par les Allemands,
23:13par un journaliste allemand, antisémitismus,
23:15parce qu'il voulait caractériser un peuple avec une religion.
23:18Donc il a fait un mix des deux.
23:19Et ces gens-là, qui ne sont pas de chez nous, sont juifs.
23:21Et donc cette race juive, c'est comme ça qu'on les a caractérisés,
23:24mérite la mort pour des raisons historiques, pogroms et autres.
23:27Et aujourd'hui, on commence à voir une migration sémantique
23:30où on dit les Arabes sont musulmans, ce qui n'est pas vrai.
23:33Il y a 10% de chrétiens, il y a aussi des Arabes juifs, on les oublie ceux-là.
23:37Et on dit quoi ? On dit ces Arabes musulmans sont les envahisseurs.
23:40On doit détester l'islam, parce que la loi l'autorise, on peut détester l'islam,
23:44en cachant sa haine de l'arabe qui est derrière.
23:46Et en vérité, quand on va assassiner un type dans une mosquée, par exemple,
23:49à Beaumont-Carsissé, il est noir.
23:51En plus, on ne le fait pas parce qu'il est musulman.
23:53On le fait parce que c'est un envahisseur.
23:54On le fait parce qu'on a lu Renaud Cambu.
23:56On le fait parce que certains excités à l'extrême droite
23:59commencent à valider le fait qu'il y a une invasion migratoire,
24:02une invasion religieuse, un grand remplacement mythifié.
24:04Mais ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, quand on parle d'antisémitisme,
24:08on parle des Juifs et de leur religion.
24:09Et quand on parle d'islamophobie, on parle des Arabes et de leur religion.
24:12Le but, c'est de tuer quelqu'un en raison de ce qu'il est, de son origine ethnique.
24:16Et c'est ça la problématique.
24:17Et aujourd'hui, cette montée en France, elle se voit comment ?
24:19Comment on peut tuer un Arabe ou un Juif ?
24:21Juif avec la kippa, l'Arabe avec une tenue musulman ?
24:24Alors, restez avec nous sur Sud Radio.
24:25On aura la réponse juste après ça de Francis Piner
24:28à ce que vient de nous expliquer Gamal Abina.
24:30A tout de suite sur Sud Radio.
24:31Sud Radio.
24:32Parlons vrai.
24:32Parlons vrai.
24:33Sud Radio.
24:33Parlons vrai.
24:34Sud Radio.
24:35Les instituts de beauté Body Minute vous présentent...
24:38Magali Berda, Sud Radio.
24:41On vit pas dans la même France.
24:44Magali Berda sur Sud Radio.
24:45Il est 20h30.
24:46On vit pas dans la même France.
24:47Et ce soir, on reçoit Gamal Abina
24:49qui va débattre avec Francis Piner
24:50qui est sénateur LR de Paris sur la République.
24:54Est-ce que la République a-t-elle encore de l'autorité ?
24:57On parlait de l'antisémitisme, du retour de l'antisémitisme.
25:00Et on se posait la question.
25:01Est-ce que vous pensez qu'il s'agit d'un retour
25:02ou est-ce qu'il n'est jamais parti ?
25:04On a eu une explication de Gamal.
25:07Qu'est-ce que vous pensez, Maître Spiner ?
25:09Je veux dire que la vérité, c'est que vous ne pouvez pas contester
25:14qu'aujourd'hui, l'antisémitisme meurtrier
25:17est le fait de ceux qui sont des islamistes.
25:21Et quand je dis islamiste, j'entends des gens
25:23qui dévoient l'islam à des fins politiques
25:26et qui ont décidé de tuer des juifs,
25:29mais aussi des prêtres, de tuer des professeurs,
25:32c'est-à-dire de tuer tout ce qu'ils détestent dans l'Occident.
25:36Et cet antisémitisme-là est nouveau et meurtrier.
25:39Et celui-là, nous devons le combattre avec la plus grande force.
25:43Maintenant, je constate aussi que le conflit du Moyen-Orient,
25:48qui est commenté par des gens qui ne savent même pas où est Gaza,
25:52qui ne connaissent pas l'histoire,
25:54entretient l'antisémitisme.
25:56Parce qu'assimiler aujourd'hui tout citoyen juif français
26:00à un Israélien supporter de Netanyahou,
26:04on voit ce que ça peut donner dans les universités,
26:06dans les boycotts, je dois dire que c'est terrifiant.
26:11C'est terrifiant qu'on voit des gens qui sont pris à partie
26:14parce qu'ils sont juifs et qu'ils sont assimilés immédiatement
26:19à l'État d'Israël et à la responsabilité
26:21que l'État d'Israël aurait dans ce qui se passe.
26:24C'est quand même quelque chose qui est en train de se répandre
26:27et qu'il faut combattre.
26:28– Mais est-ce que vous pensez qu'il va y avoir,
26:29en toute sincérité avec votre expérience,
26:32est-ce que vous pensez qu'il va y avoir une amélioration,
26:36une fin de cette situation aujourd'hui,
26:38de ce conflit qui est interne,
26:40enfin qui a été ramené quelque part effectivement ?
26:42– Alors ça c'est la responsabilité de la France insoumise
26:45qui a instrumentalisé ce conflit au moment des élections européennes
26:49parce que j'ignorais que le problème majeur de l'Europe
26:52lorsqu'on votait pour les députés européens,
26:54c'était la situation au Moyen-Orient.
26:56Maintenant, on voit que les accords,
27:01la libération heureuse des otages et le cessez-le-feu à Gaza
27:04sont en train de faire tomber l'attention.
27:07Mais c'est une position fragile
27:10parce que ce conflit est extrêmement complexe,
27:14parce que les responsabilités sont multiples et variées
27:17et que donc ça peut reprendre.
27:19Et ce que je pense, c'est que la République doit être intransigeante
27:22face à l'antisémitisme et à tous les racismes.
27:26Parce que qu'est-ce que la République ?
27:29La République, c'est qu'en France,
27:31quelle que soit la couleur de votre peau,
27:34votre religion,
27:35que vous en ayez ou que vous n'en ayez pas,
27:37ça c'est le miracle de la laïcité,
27:40vous êtes citoyen de la République.
27:42Et donc lorsqu'on veut transgresser ça
27:44et vous assigner à une identité,
27:48là on n'est plus dans la République.
27:49Alors je sais que ça c'est de la théorie
27:51parce que je sais qu'il y a plein de gamins en banlieue
27:53qui ont le sentiment d'être exclus de la République
27:55parce qu'ils sont victimes de contrôles au faciès,
27:59parce qu'il y a des discriminations dans l'emploi, etc.
28:03Mais ça c'est le combat républicain.
28:05C'est faire en sorte que la République retrouve sa vocation
28:08d'être pour tout le monde,
28:10quelle que soit votre origine,
28:11votre couleur du peau ou votre religion.
28:13Alors Mathias ?
28:14Sur le live Instagram,
28:15on a Jérôme qui nous dit
28:16est-ce que vous pensez,
28:17donc c'est pour nous deux invités du soir,
28:18que les réseaux sociaux font monter toute cette haine ?
28:21— Moi, je pense que les réseaux sociaux,
28:27c'est quand même la grande lâcheté
28:29parce que ça permet à des gens sous couvert d'anonymat
28:32et avec une relative impunité
28:35parce que la justice ne peut pas tout faire
28:38et elle n'a pas les moyens
28:39par rapport à l'ampleur des réseaux sociaux.
28:41Oui, les discours de haine,
28:44les discours de bêtise
28:46font augmenter la tension entre les gens dans la République.
28:50Et je pense qu'un jour,
28:52il faudra peut-être que nous réfléchissions
28:55à une réglementation.
28:56Alors on va dire, ça y est,
28:57vous les portez atteinte à la liberté d'expression.
29:01La grande difficulté,
29:02c'est que c'est pas seulement un problème franco-français.
29:04Compte tenu de la technique,
29:06c'est un problème international.
29:07mais je pense que le corollaire de la liberté,
29:11c'est la responsabilité.
29:13Il n'y a pas de liberté sans responsabilité.
29:16La loi sur la presse,
29:17qui est une merveille,
29:18la loi de 81,
29:18c'est que vous pouvez écrire ce que vous voulez,
29:21mais à condition de ne pas abuser de cette liberté
29:24et d'en être responsable
29:26quand vous avez l'abus de la liberté.
29:27Et là, quand tout à l'heure,
29:28vous avez parlé de LFI,
29:29vous pensez que sur ce conflit au Moyen-Orient,
29:32les plus dangereux,
29:32c'est les réseaux sociaux ou le LFI ?
29:35Mais les uns alimentent l'autre.
29:36C'est-à-dire que si vous portez un regard sur un conflit,
29:41et je pense que c'est un conflit extrêmement complexe,
29:45où c'est pas tout blanc d'un côté,
29:47tout noir de l'autre.
29:49Si vous le faites par la haine,
29:51par les raccourcis,
29:52par les accusations,
29:54quand j'entends le terme génocide,
29:56je dois dire que...
29:58Moi, dans la famille,
30:00les trois quarts de mes grands-parents
30:01sont morts en déclatation.
30:02Il y a une résonance historique,
30:02mais on ne peut pas le nier non plus.
30:04Mais c'est pas un génocide.
30:05Ce qu'on caractérise comme génocide,
30:07c'est quoi ?
30:07C'est intéressant parce que c'est un débat
30:09qui ne va même pas exister normalement.
30:11Quand on a une population qui est enfermée,
30:12qui ne peut pas sortir, vous le savez,
30:13on prend des bombes pendant deux ans,
30:16pour lesquelles on estime aujourd'hui.
30:17Alors, ce n'est pas les Palestiniens qui le disent
30:18parce qu'on minorait le nombre de morts
30:20et le Hamas minorait ses morts,
30:22c'était évident.
30:23Ce qui se passe,
30:24c'est que c'est un général israélien,
30:25donc là, on peut dire qu'il y a une chance
30:27qu'il dise un peu la vérité.
30:28Il estime qu'il y a entre 200 et 250 000 morts
30:30et blessés à Gaza.
30:31Quand on a 2 millions de personnes
30:33qui sont enfermées,
30:34c'est ça dont on parle,
30:35dans un camp géant,
30:35parce que c'est un camp qui est quand même fermé.
30:37Non, je ne parle pas de camp de construction,
30:38je parle de camp.
30:39C'est un camp de regroupement massif.
30:41Eh bien, quand on a des bombardements quotidiens
30:43avec aucune chance de s'en sortir
30:44quand les bombes tombent,
30:45avec des bombes hyper sophistiquées,
30:47on ne peut pas dire que les hommes
30:48qui sont à la commande
30:49et qui se revendiquent de ça,
30:51qui sont racialistes,
30:51le peuple des Lumières,
30:53les peuples inférieurs,
30:54qui disaient que c'est des animaux humains,
30:56on a des termes vraiment
30:56qui résonnent dans l'histoire
30:57et que vous connaissez votre histoire.
30:59Je pense qu'on ne peut pas faire
31:00l'économie de dire qu'il y a un génocide.
31:02Alors maintenant,
31:03l'argument, pour contrer ça,
31:04qui est faible,
31:06c'est de prétendre
31:06qu'il n'y a pas de génocide
31:07parce qu'il n'y a pas d'intention génocidaire.
31:09Je rappelle simplement,
31:10si vous connaissez Yohan Chaputo,
31:11les nazis n'ont jamais revendiqué
31:13de faire un génocide.
31:14Ils ne le disent pas.
31:15Ils le font en douce.
31:16C'est le but.
31:17C'est le but.
31:18C'est le but.
31:18Le but n'est pas affiché.
31:20Non mais on est d'accord.
31:21Le but...
31:21Je ressente un peu le débat.
31:27Vous mérite une heure de débat,
31:31pas à la va-vite en 5 minutes.
31:32C'est très court.
31:33Simplement, c'est important.
31:35L'attention génocidaire,
31:36parce qu'après,
31:36c'est avec sa simple esprit,
31:38elle n'est jamais déclarée
31:38par les barbares qui la pratiquent.
31:40On la découvre à postériori.
31:41Mais ça, ce n'est pas grave.
31:41Le plus important, à mon sens,
31:42c'est que vous parliez
31:43du conflit israélo-palestinien
31:44qui est complexe par bien les égards
31:46et on a été très simple dans l'absolu.
31:48Il y a quand même une population
31:48qui n'a pas de droit
31:49et une population qui en réclame.
31:51Donc aujourd'hui...
31:52Si vous parlez des...
31:57Nous sommes tout à fait d'accord.
32:00Les Palestiniens n'ont pas eu leur état.
32:01On est d'accord.
32:01C'est un fait.
32:02Donc, ce qui se passe ?
32:03Alors, 93, c'était signé.
32:04Ils ont dû l'avoir en 98.
32:05Donc, c'est important de rappeler
32:06que tant qu'il n'y a pas de paix
32:07négociée avec les peuples,
32:09pas avec les dictateurs arabes.
32:10Ça ne sert à rien, ça.
32:11Les accords d'Abraham,
32:12ils le font avec des dictateurs.
32:13On n'a pas de paix avec des dictateurs.
32:15Tant qu'on n'a pas la paix négociée,
32:15on n'y arrivera pas.
32:16Et en France, le conflit n'est pas importé
32:18puisqu'il est né ici
32:18à la gare du Nord,
32:20à Corsais-Spicot,
32:21où on commence à découper le Moyen-Orient.
32:22Et on a des prémices du conflit
32:23qui s'installent.
32:24Important de rappeler
32:24que moi, je rejette catégoriquement
32:26le fait que l'extrême droite
32:28qui a joué sur ça,
32:29sa haine du juif,
32:30elle a utilisé la cause palestinienne
32:31pour alimenter ça.
32:32A brouiller l'esprit de certains jeunes
32:34qui ont cru à ces bêtises
32:35et qui pensent que les juifs
32:36contre le monde,
32:37que c'est les juifs
32:37qui sont en Palestine,
32:38toutes ces bêtises-là.
32:39Alors que c'est faux.
32:39Il y a 100 millions de chrétiens sionistes
32:41qui ne sont pas juifs.
32:48Je n'accepte pas le mélange des genres.
32:50Et je dis,
32:51je vais paraphraser Kissinger,
32:52qui disait
32:52le pétrole est une chose
32:53trop sérieuse pour la laisser aux Arabes.
32:55Moi, je dirais
32:55la Palestine est une chose
32:57trop sérieuse
32:57pour la laisser aux antisémites occidentaux.
33:00On ne peut pas le faire.
33:01On va retourner
33:02sur la République française
33:03qui est notre sujet ce soir.
33:06Est-ce que la République
33:07s'est montrée faible
33:09par crainte d'enflammer
33:12d'autres tensions ?
33:14La République,
33:16elle a un problème d'autorité
33:18depuis longtemps.
33:20Donc pour vous,
33:21la République aujourd'hui
33:22n'a plus d'autorité ?
33:23Non.
33:24La République a un problème
33:25avec l'autorité.
33:27Mais si vous allez
33:28à la racine,
33:31il n'y a pas de nation
33:33et il n'y a pas de République
33:34sans école.
33:36Sans école ?
33:36Sans école.
33:37Et le problème,
33:38c'est l'école.
33:39Et donc finalement,
33:41qu'est-ce que l'on fait ?
33:42Quelle est la mission
33:43de l'école aujourd'hui ?
33:45Est-ce que l'école
33:46est aujourd'hui
33:47un endroit
33:48qui forme
33:49des citoyens républicains ?
33:53Il n'y a plus
33:53l'éducation civique
33:54aujourd'hui à l'école ?
33:55Je n'ai pas connu ça
33:56à l'époque.
33:56Ce n'est pas seulement
33:57l'éducation civique.
33:59C'est d'abord
33:59rendre justice
34:02aux professeurs
34:03parce que le métier
34:05d'enseignant
34:05est un métier
34:06qui est dévalorisé,
34:08que les enseignants
34:09ne sont plus respectés
34:10et par les parents
34:12et par l'État
34:14qui les paye mal
34:15avec des crises
34:16de vocation.
34:18C'est ensuite
34:18rétablir à l'école
34:19l'autorité
34:20et les symboles.
34:22Voyez, moi,
34:23quand j'étais
34:24maire du 16e arrondissement
34:25et je continue depuis,
34:27les écoles primaires
34:28à Paris
34:28n'ont pas de nom.
34:30Vous êtes à l'école
34:31de la rue, machin.
34:32Ah oui.
34:33Et moi, j'ai estimé
34:35qu'il fallait donner
34:35des noms aux écoles.
34:37Et j'ai choisi
34:38de donner des noms
34:39aux écoles
34:39des compagnons
34:40de la Libération
34:41pour que les enfants,
34:43quand ils commencent
34:44leur vie,
34:45ils sont à l'école
34:45François Jacob,
34:46ils sont à l'école
34:47René Lacombe.
34:51C'est-à-dire que
34:52leur premier contact
34:53avec la société,
34:56c'est qu'ils sont
34:56dans une école
34:57qui porte le nom
34:58de gens
34:59qui étaient prêts
35:00à servir leur pays,
35:02à mourir certains
35:03pour leur pays
35:03et pour défendre
35:05les valeurs de liberté
35:06pendant la Deuxième Guerre mondiale.
35:07Alors, on va recevoir
35:08Mickaël qui est un auditeur
35:09avec nous.
35:10Bonsoir, Mickaël.
35:12Bonsoir.
35:12Merci d'être avec nous, Mickaël.
35:14Merci à vous
35:15de me recevoir.
35:16Alors, qu'est-ce que vous pensez,
35:17vous, sur la République ?
35:18Est-ce qu'aujourd'hui,
35:18la République a de l'autorité ?
35:19Est-ce qu'elle n'en a plus ?
35:21Alors, non.
35:23La République a totalement
35:25abandonné son autorité
35:26pour moi.
35:26Il n'y a qu'à voir
35:30les chiffres
35:32qui,
35:34par exemple,
35:35depuis 1960,
35:36il y a eu une hausse
35:37de 400%
35:38des violences
35:39à la personne.
35:41Or,
35:42on a pour toute réponse
35:43que des rappels
35:45à la loi
35:45ou des condamnations
35:51qui ne peuvent pas
35:52être appliquées
35:54puisqu'il n'y a plus
35:54de place dans les prisons.
35:56Le contrat social
35:57suppose que l'État
35:59doit protéger ses citoyens.
36:01On appelle ça
36:01la violence légitime.
36:03Or,
36:04depuis,
36:06avec l'autorité
36:0668 Arbes,
36:08où il était interdit
36:09d'interdire,
36:10l'État a totalement
36:12abandonné
36:13son rôle régalien
36:15qui est de
36:16poser une autorité.
36:19Et je pense,
36:21je constate
36:22tous les jours
36:23que l'État
36:23est faible
36:24et que
36:26les délinquants,
36:29le narcotrafic,
36:31sont de plus en plus forts.
36:33Alors,
36:33pour moi,
36:34ça,
36:35ça remonte
36:35assez loin
36:36parce que,
36:37donc,
36:37à 68,
36:39on peut même
36:39aller encore plus loin
36:40avec Victor Hugo
36:41qui avait écrit
36:42« Le dernier jour
36:43d'un condamné »,
36:43qui avait écrit
36:44« Les misérables »
36:45et qui démontrait
36:47qu'en fait,
36:48un délinquant
36:48ne n'est pas délinquant
36:49mais que c'était
36:50ses conditions sociales
36:51qui le faisaient délinquant.
36:54Sauf que
36:55on a poussé
36:57cette culture
36:58de l'excuse
36:59tellement loin
36:59que maintenant,
37:01c'est la
37:02victime
37:02qui doit
37:04se justifier
37:05et c'est le coupable
37:06qui s'en sort bien.
37:10Rien qu'à voir
37:11avec la mentalité
37:1268 Ardes,
37:13on voit que Coluche
37:14qui faisait passer
37:15des flics
37:15pour des péquenots
37:16et des alcooliques,
37:18ça a instillé
37:19dans les mentalités
37:20une haine du flic,
37:23enfin,
37:24peut-être pas une haine
37:25mais au moins
37:25une baisse
37:28de son autorité
37:29et de son autorité.
37:31vous permettez,
37:32j'ajoute que
37:32M. Badinter,
37:34qu'on a panthéonisé
37:35il n'y a pas longtemps,
37:37qui dès qu'il est entré
37:37au ministère de la Justice,
37:40a vidé les prisons
37:41de au moins
37:4111 ou 8 classes,
37:42si je me rappelle bien,
37:44et qui a fait
37:46en sorte
37:47qu'on prenne en compte
37:49les droits
37:50des prévenus.
37:50normal.
37:52Michael,
37:53je suis obligé
37:53de vous laisser
37:53parce qu'on est en pause
37:54maintenant,
37:55enfin,
37:55on passe sur une pause,
37:56restez avec nous
37:57sur Sud Radio,
37:57je vous remercie
37:58pour votre intervention
37:59et je donne la parole
38:00dès le retour
38:01à Gamal
38:02et à Francis Piner
38:03pour vous répondre.
38:04Il est 20h44,
38:20merci beaucoup,
38:21on est sur Sud Radio,
38:22merci à Mickaël,
38:22merci d'avoir été avec nous
38:23et on va écouter
38:24la réponse
38:25tout d'abord de Gamal.
38:27Qu'est-ce que vous pensez
38:27de ce que nous a dit
38:28Mickaël alors ?
38:29C'est un petit peu confus,
38:30mais bon,
38:31mai 68 est responsable
38:32de tout,
38:32je suis désolé,
38:32mais mai 68
38:33c'était à l'époque de Pompidou,
38:35il y a eu jusqu'à l'après,
38:36je crois que c'est une France
38:36qui était à droite
38:37et qui ne me semblait pas
38:37être partie à la dérive.
38:39Mitterrand est arrivé,
38:40c'est lui qui a une responsabilité
38:41et en même temps,
38:42on ne peut pas reprocher
38:42à Bande à terre
38:43de faire interdire
38:43la peine de mort,
38:44on ne peut pas les reprocher
38:45d'avoir un acte humain
38:47et clément vis-à-vis de gens
38:48qui parfois ont été tués
38:49alors qu'ils n'étaient pas responsables,
38:50on s'en souvient.
38:51Donc moi je pense que
38:52ce n'est pas parce qu'on construit
38:53une maison,
38:53enfin, plus on construit une prison,
38:55plus elle est remplie.
38:56Très mauvaise chose.
38:57L'autorité de l'État en banlieue,
38:57il faut y aller pour en parler.
38:59C'est-à-dire qu'il y a des bons policiers,
39:00il n'y a aucun problème,
39:00et puis il y a des policiers
39:01qui dérapent.
39:01Comme dans tous les métiers,
39:03il n'y a pas de perfection.
39:04Et la problématique,
39:05ce n'est pas de savoir
39:05si on doit être dur
39:06parce qu'il y en a qui réclameraient,
39:08et c'est grave de dire ça,
39:09la peine de mort,
39:09je donne une démonstration par A plus B,
39:11un pays où on la pratique
39:12de façon très récurrente,
39:13la peine de mort,
39:14c'est les États-Unis.
39:15Est-ce que la criminalité baisse ?
39:16Non.
39:16Est-ce que la délinquance baisse ?
39:17Non.
39:18La peine de mort ne dissuade rien.
39:20La problématique qu'aujourd'hui posée,
39:21c'est quoi ?
39:21C'est le civisme,
39:22c'est bien le rappeler,
39:22la citoyenneté,
39:23le fait d'être traité de façon égale
39:25pour tous les citoyens,
39:26parce que ce qui était formidable
39:27dans la Révolution française,
39:29c'est qu'à l'époque,
39:29c'était les Juifs qui étaient concernés,
39:31et puis le lambda,
39:32le paysan,
39:32c'est qu'on disait
39:33qu'il y avait des nobles
39:34qui étaient au-dessus de tout,
39:35de droits divins,
39:36de sang bleu,
39:37enfin c'était les surhommes,
39:38et en dessous,
39:38il y avait la populace,
39:39il y avait ce que les nobles
39:41appelleraient les roturiers,
39:43vraiment des termes méprisants.
39:44Les révolutionnaires arrivent,
39:45disent quoi ?
39:45Non, un homme vote un homme,
39:46un citoyen vote un citoyen,
39:47nous c'est go.
39:48Et c'est là-dessus qu'ils sont fondés.
39:49Donc les Juifs ont intégré
39:50la citoyenneté,
39:51non pas parce qu'ils étaient français,
39:52de souche, ça n'existait pas,
39:53mais parce qu'ils étaient
39:54sur le territoire.
39:55La naissance donne des droits.
39:56Et bien ça, sur le territoire,
39:58je veux dire.
39:58Et là, aujourd'hui,
39:58si on commence à remettre en question
40:00des fonds d'un mot de la République,
40:01on va aller très très mal.
40:02Je pense qu'il y a des choses
40:03à améliorer,
40:04et qu'il faut sortir la logique
40:05du taux sécuritaire,
40:06ça ne fonctionne pas.
40:07Je pense que les prisons sont déjà,
40:08je crois que c'est 133 places
40:09pour 100 pensionnaires.
40:11Mais qu'est-ce que vous dites
40:11à tous ces gens,
40:12pour parler de choses
40:12un petit peu plus concrètes ?
40:14Ben attendez, concrètement.
40:15Je vais vous donner la réponse,
40:16Maître Spiner.
40:17Qu'est-ce qu'on dit à tous ces gens,
40:18par exemple,
40:18dans l'histoire qui vient d'arriver,
40:20là aujourd'hui,
40:20sur la petite Lola ?
40:21Il y a beaucoup de gens qui ont dit
40:23que cette femme aurait mérité
40:24la peine de mort.
40:25Vous en pensez quoi, vous ?
40:25Moi, je suis contre la peine de mort
40:26par principe.
40:27Et je pense,
40:27à la limite,
40:28je vais être cynique.
40:29Voilà, la peine de mort,
40:30c'est un cadeau qu'on lui fait finalement.
40:31Pourquoi ?
40:31Parce que si elle la tue,
40:32elle ne souffre pas.
40:33Alors que si elle fait 30 ans de prison,
40:34elle souffre 30 ans.
40:35Là, en plus, c'est une barbarie.
40:36Bon, on ne va pas revenir là-dessus.
40:37Ce que je veux dire,
40:37c'est que des crimes odieux comme ça,
40:39ça arrive tous les jours.
40:40Il y a quasiment 3 morts par jour en France
40:42dont on ne parle jamais.
40:43Là, on le caractérise
40:43parce qu'elle a une couleur de peau,
40:45apparemment.
40:45Et en même temps,
40:46c'est tellement odieux
40:46ce qui a été fait
40:47que ça change.
40:48Non, on ne peut pas dire ça.
40:48Non, les deux aspects sont...
40:49C'est ce qu'elle a fait à la petite...
40:50Enfin, je ne peux pas vous laisser dire ça.
40:52Non, je parle des réseaux sociaux.
40:53On a amplifié
40:54que vous allez mettre par rapport à ça.
40:55Maintenant, la barbarie du crime
40:56n'est pas discutable.
40:56Ça, ça n'engage que vous.
40:57Non, mais je ne suis pas
40:58pour le défendre, moi.
40:58Oui, mais je ne pense pas...
41:00Enfin, honnêtement,
41:01il y a une histoire qui est...
41:03Pardon, je suis maman.
41:04Moi, je pense,
41:06et attention,
41:13elle fait ça à mon enfant,
41:15quelle que soit la couleur de sa peau,
41:17ça n'a rien à voir.
41:18Tout le monde pense à se souvenir.
41:19Je pense qu'il ne faut pas
41:19aller dans des fantasmes...
41:20Il y a un papa,
41:21un papa français,
41:22normal, entre guillemets,
41:23je fais du coluche pratiquement blanc,
41:25c'est du coluche,
41:26qui a jeté ses enfants par la fenêtre
41:27et qui a tué sa femme.
41:28Ça, personne n'en a parlé.
41:29Parce que ça arrive tout le temps,
41:30malheureusement.
41:31Non, alors moi,
41:31je vais vous dire autre chose.
41:32Enfin, je ne vais pas revenir en voie.
41:34Et je ne vous réutilise pas de meurtre,
41:34je vous dis franchement.
41:35Oui, deux choses.
41:36Maître Spiner.
41:37Sur la peine de mort.
41:38Moi, je suis profondément abolitionniste.
41:41Et je pense que surtout,
41:43c'est l'honneur de notre société
41:45de ne pas se mettre sur le même plan
41:47que les barbares.
41:48Tout à fait d'accord.
41:49Et donc,
41:51quelle que soit l'horreur des crimes
41:53et qui me révulse,
41:54moi, j'ai été très souvent partie civile,
41:57donc aux côtés des victimes.
41:59Et je constate d'ailleurs
42:01que beaucoup de victimes
42:03ne réclament pas le retour
42:04de la peine de mort.
42:05Et je pense que c'est l'honneur
42:07de notre société de dire
42:08« Vous, vous êtes des barbares
42:10et nous, nous ne nous abaissons pas
42:12à vous ressembler.
42:13Sinon, on fait Guantanamo
42:14comme les Amériques. »
42:15Tout à fait.
42:15Ça, c'est le premier point.
42:17Maintenant, sur l'autorité,
42:19ce qui est certain,
42:20et là, ça me choque profondément,
42:23c'est quand des partis politiques
42:24manifestent en disant
42:26« Tout le monde déteste la police,
42:28que la police tue
42:29ou qu'il y a un racisme systémique
42:31dans la police
42:32parce que c'est inexact.
42:33qu'il y ait dans la police
42:36comme dans tout corps de médias... »
42:37— Des brebis galeuses arrivent.
42:38— Des brebis galeuses.
42:39Mais je rappelle quand même,
42:40contrairement à ce que l'on dit,
42:42que c'est sans doute
42:43le corps le plus contrôlé.
42:45Et quand on se moque
42:46de l'IGPN,
42:48je peux vous dire
42:48que j'ai assisté des policiers
42:50devant l'inspection générale
42:51des services,
42:52la police est sans doute
42:53un des corps les plus contrôlés.
42:55Et aujourd'hui, d'ailleurs,
42:56avec les smartphones,
42:58elle l'est de plus en plus
42:59puisque finalement,
43:01les gens filment
43:01et que donc
43:02les choses deviennent compliquées.
43:04Donc le problème,
43:05c'est que les attaques
43:06contre l'institution policière
43:08minent l'autorité de la République.
43:10Et moi, je pense que
43:11on oublie que le nom des policiers,
43:14c'est un nom magnifique,
43:16ils sont les gardiens de la paix.
43:17— La paix, à l'origine.
43:18— C'est les gardiens de la paix.
43:20— Après, c'est les forces de l'ordre,
43:21malheureusement.
43:21— Oui, mais c'est d'abord
43:22des gardiens de la paix civile.
43:24Et donc moi, je pense que
43:25ceux qui attaquent
43:26d'une manière scandaleuse
43:27la police
43:28ne rendent pas service
43:29à la République.
43:31Maintenant, oui,
43:32il y a cette violence
43:32qui est en hausse.
43:37En même temps...
43:38— La criminalité est en baisse.
43:39On est d'accord.
43:40Je veux dire,
43:40les meurtres sont en baisse
43:41depuis 20 ans.
43:41— Alors on tue moins
43:42de 1 000 personnes en France
43:44qui, par rapport aux États-Unis,
43:46laisseraient rêveur.
43:47En même temps,
43:48il y a aussi les miracles
43:49de la chirurgie,
43:49de la médecine
43:50qui font que les chiffres
43:52n'augmentent pas.
43:53Mais en revanche,
43:54les violences sont
43:55de plus en plus importantes.
43:56Et ce qui me frappe,
43:58c'est qu'il y a
43:58de plus en plus de violences
43:59de la part de jeunes mineurs.
44:01Et que quand on voit
44:03des gamins de 13-14 ans
44:04avec les couteaux,
44:05les marteaux,
44:05les rixes,
44:06amplifiés par les réseaux sociaux...
44:08— Oui, c'est ça.
44:09— Parce qu'on a perdu la face,
44:11donc il faut se venger, etc.
44:12Oui, je pense qu'on a
44:14une société violente
44:15et que ça pose
44:17le problème de l'autorité.
44:18Mais l'autorité,
44:19elle vient pas seulement
44:20de l'État.
44:20Il y a aussi
44:21la responsabilité des parents.
44:23— Alors justement,
44:24par responsabilité
44:24pour tous les actes graves
44:27comme des meurtres
44:28et des crimes, etc.,
44:29et où maintenant...
44:30Pardon, mais la mode,
44:31c'est l'irresponsabilité pénale.
44:33Comment, aujourd'hui,
44:34les gens peuvent sentir...
44:35Enfin...
44:36— C'est sûr.
44:37— Écoutez, je vais vous dire.
44:39Alors à un moment donné,
44:41il faut s'en tenir aux réalités.
44:43L'irresponsabilité pénale...
44:45— Bah oui, c'est pas possible.
44:46— Voilà.
44:46— Vous avez dit tout à l'heure
44:47et vous avez été très gentil
44:48parce que ça m'a rajeuni
44:49que ça faisait 40 ans
44:51que j'étais avocat.
44:52En réalité, ça va faire 50 ans.
44:54Le 3 décembre,
44:55j'aurai fait très mes 50 ans
44:56de barreau.
44:57Des gens déclarés irresponsables,
44:59j'en connais très peu.
45:00— On l'entend pas dans ce sens-là.
45:01— J'en connais très peu.
45:02— J'en connais très peu,
45:04en réalité.
45:04Parce qu'avant...
45:05— Non, c'est pas l'irresponsabilité
45:06de la personne.
45:07Elle parle de la justice, là.
45:08— Non, non.
45:08Si, on parle de l'irresponsabilité pénale,
45:10c'est-à-dire...
45:11— Le fait que les gens
45:11considèrent comme irresponsables.
45:12— Les gens, aujourd'hui,
45:14qui sont pour des meurtres,
45:16des agressions,
45:17la mode, aujourd'hui,
45:18c'est de dire
45:18« Je suis fou, désolé,
45:19je me souviens pas ».
45:20— Ah, il faut dire, d'accord.
45:20— Et donc, aujourd'hui,
45:22on se dit...
45:23— C'est pas dans ça.
45:23— Pardon.
45:24— Pardon.
45:24Mais alors, pardon,
45:25je vais pas revenir encore
45:26mon truc sur moi.
45:27OK, mais moi,
45:28le dossier du meurtre
45:29de ma belle-sœur,
45:30le gars,
45:30il est en train
45:31de passer en irresponsabilité.
45:33Donc c'est pas aussi...
45:34Et finalement,
45:34on se disait
45:35« Ça aurait pu jamais nous arriver. »
45:36Et quand, nous,
45:37ça a été médiatisé,
45:38parce que je rappelle
45:39que ma belle-sœur
45:39a été assassinée,
45:40que j'ai reçu,
45:42mais des centaines
45:44et des centaines
45:45de messages
45:46en me disant
45:47« Mais on vit la même chose ».
45:48Donc je pense pas
45:49que ce soit si isolé que ça.
45:50— En fait, on dirait
45:50qu'ils connaissent l'astuce.
45:51— Non, on dirait
45:52que c'est plutôt
45:53une astuce aujourd'hui.
45:54— L'affaire Lola, par exemple,
45:55celle qui l'a tuée,
45:56c'est la barbarie totale.
45:57Elle n'est d'accord.
45:57— Elle n'a pas été
45:58déclarée irresponsable.
45:59— Voilà.
45:59Donc elle a bien été condamnée.
46:00— Oui, d'accord.
46:01— Mais heureusement...
46:02— Mais non, mais c'est pas heureusement.
46:03On aurait pu dire
46:04qu'elle est folle,
46:04puisque les médecins
46:04me disaient qu'elle était folle.
46:05Et pour autant,
46:06elle a été condamnée.
46:07Il faut bien faire attention.
46:07Moi, j'aime pas les généralités.
46:10On peut pas...
46:11C'est moi qui défend la police
46:12ou la justice.
46:12Je n'en reviens pas.
46:13— Continuez à défendre la police.
46:15Vous êtes sur la voie
46:16de la rédemption.
46:17— Quoi que.
46:17Mais bon, pour dire simplement,
46:19c'est que je pense
46:19que ce qui est parti à volo,
46:21c'est pas ce que dit
46:21le monsieur tout à l'heure
46:22qui exagère les chiffres,
46:23qui pense que c'est mai 68,
46:24tous ces raccourcis.
46:25Ce qui est parti à volo,
46:26c'est le fait que l'autorité
46:27professorale des écoles,
46:28qui était à l'époque quand même,
46:29on se rappelle une époque,
46:30c'était des notables.
46:31On respectait le professeur.
46:32Il était bien payé aussi.
46:34Eh bien, c'est plus un sacerdoce.
46:35Ils ne font plus ce métier
46:36parce qu'ils aiment ça.
46:37Ils le font à reculons.
46:37Ils le font souvent
46:38parce qu'il n'y a pas de solution.
46:39Ils le font avec des concours
46:40de plus en plus faciles.
46:41Et ils le font vraiment
46:42parce qu'il n'y a pas de...
46:43C'est une question économique maintenant.
46:44Et quand on ne respecte pas le professeur,
46:46c'est le premier jalon qui saute.
46:47C'est le premier état de la République.
46:48C'est le premier contact
46:49avec la République.
46:49Second, qu'on va faire sauter,
46:51c'est le policier
46:52qui fait traverser les enfants.
46:53On ne le respecte pas.
46:54Puis troisième,
46:54après, ça va être l'ange d'un drame.
46:55Puis après, le commissariat.
46:57Et puis, ça se multiplie.
46:58Et plus il y a de tensions sociales,
47:00plus on coupe le lien
47:01police-citoyen.
47:02On avait ce lien
47:03qui existait à l'époque de Chirac
47:04où, effectivement,
47:05on faisait en sorte
47:06qu'il y avait une police de proximité.
47:07Ça créait des liens.
47:08Et bien, plus on a cassé ça
47:10et plus la République s'est éloignée
47:11des quartiers
47:12et des zones de tension.
47:13Aujourd'hui, pour revenir à ça,
47:14il faut revenir sur le respect
47:16des institutions
47:17où qu'elles soient
47:18et quelles qu'elles soient.
47:18Qu'elles soient scolaires,
47:19qu'elles soient de l'État
47:21ou des justiciables
47:22ou simplement du corps
47:23des fonctionnaires d'État
47:24qu'on appelle la justice.
47:25On ne peut pas dire
47:26que la justice ne fait pas son travail.
47:27Vous connaissez très bien les tribunaux.
47:29Les juges rouges,
47:29ça n'existe pas.
47:30C'est un mythe.
47:31Les juges, quand ils sanctionnent,
47:32ils vont sévèrement.
47:33Et pire encore,
47:34pourquoi les prisons sont chargées ?
47:35C'est parce que,
47:36maintenant,
47:36avec les peines planchers
47:37qui ont été retirées,
47:38s'ils ont fait des juges,
47:38ils ont dit
47:38que les peines planchers
47:40on va taper très fort.
47:41Quelqu'un qui va faire
47:42un petit larcin
47:42et qui met six mois,
47:43il va prendre un an.
47:44Voilà ce qui se passe en justice.
47:46Et ça, on ne sait pas.
47:46Les juges sont de plus en plus durs
47:48dans la centrale.
47:48Vous trouvez ça,
47:49M. Spiner ?
47:49Enfin, M. le sénateur ?
47:50C'est un peu plus complexe.
47:53Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
47:55les prisons sont...
47:55Vous trouvez que notre justice
47:56est trop sévère ?
47:57Non.
47:57Elle n'est pas sévère.
47:58Elle est dure.
47:59Je dis que, d'abord,
48:00notre justice n'a pas les moyens.
48:03C'est-à-dire que là,
48:04ça pose un problème politique.
48:05C'est-à-dire que,
48:06effectivement,
48:07on parle beaucoup de budget
48:08en ce moment.
48:10Un budget,
48:10c'est des choix politiques.
48:12Où mettons l'argent ?
48:14Et, en réalité,
48:15le premier rôle de l'État,
48:16c'est de mettre de l'argent
48:17dans le régalien.
48:19Et le budget de la justice,
48:21même si ces dernières années,
48:22il a augmenté,
48:24reste un budget très faible,
48:26alors qu'en réalité,
48:28on demande de plus en plus
48:29à la justice.
48:30Qu'est-ce que c'est
48:30que l'institution judiciaire ?
48:32C'est quand nous avons des conflits
48:33dans notre vie privée,
48:35dans notre vie professionnelle,
48:37dans la sécurité,
48:39on s'adresse à la justice.
48:41Et la justice,
48:42elle est débordée.
48:43Et elle manque de moyens.
48:44Et donc,
48:45le choix politique
48:46c'est est-ce qu'on donne
48:48de l'argent
48:48dans quel secteur ?
48:50Et moi,
48:51je pense que le rôle
48:51de l'État,
48:52c'est d'assurer d'abord
48:53ses fonctions régaliennes.
48:54L'État n'a pas
48:55à se mêler de tout.
48:57Et donc,
48:57à partir de ce moment-là,
48:59oui,
49:00on manque d'argent,
49:01on manque de moyens
49:02et les juges travaillent
49:03dans des conditions
49:03qui sont déplorables.
49:06On va partir maintenant
49:06sur les questions
49:07flash and cash.
49:08C'est le moment préféré
49:09de nos auditeurs.
49:10Les questions
49:10flash and cash.
49:11Une réponse directe.
49:13Pas de pirouette,
49:14pas de filtre.
49:15C'est ce que c'est
49:15à mettre Spinner,
49:16les filtres ?
49:16On m'a dit,
49:18je ne sais pas maintenant
49:19ce que ça va donner.
49:20Il y a la théorie
49:21et il y a la pratique.
49:22Mathias vous fera
49:23un petit cours
49:23de réseaux sociaux,
49:24après il va vous mettre
49:24des snaps.
49:25Vous allez voir
49:25avec des stories
49:26filtrées et tout.
49:28Alors,
49:28Francis Spinner,
49:29pensez-vous qu'il faut...
49:30Attendez,
49:30j'ai mon jingle,
49:31s'il vous plaît.
49:32Merci.
49:32Les questions
49:33flash et cash.
49:34Alors,
49:35Francis Spinner,
49:35pensez-vous qu'il faut
49:36rouvrir le débat
49:37sur l'exécution provisoire ?
49:39Oui,
49:40mais c'est très...
49:41Alors là,
49:41ça mériterait vraiment
49:42une très longue réponse
49:43parce que sur le terme
49:44exécution provisoire,
49:45on met tout et son contraire.
49:46Alors,
49:47on prend le oui
49:47et on fera une émission
49:48sur l'exécution provisoire.
49:50Alors,
49:50Gamal Abina,
49:51Donald Trump
49:52mérite-t-il le prix Nobel
49:53de la paix
49:53pour ses tentatives
49:54d'engagement
49:55pour la paix dans le monde ?
49:56Je suis contre,
49:57évidemment,
49:58mais ce ne serait pas idiot
49:58parce que finalement,
49:59on a donné un prix Nobel
50:00à Obama
50:00qui a engagé des guerres
50:01avant plus finir
50:02donc on lui a fait
50:02l'anticipation
50:03qui ne s'est pas vérifiée
50:04alors que Trump,
50:05il semble vouloir faire la paix.
50:06Alors,
50:07pourquoi pas ?
50:07Non,
50:08je dis non,
50:08c'est ridicule.
50:08Il a dit oui et non,
50:09pourquoi pas ?
50:09Non,
50:10je dis non,
50:10je suis clair.
50:11Francis Spinner,
50:12l'Europe est-elle en train
50:13de succomber au trumpisme,
50:15selon vous ?
50:15Non.
50:16On prend le nom.
50:18Gamal Abina,
50:19les politiques sont-ils
50:20trop payées en France ?
50:21Oui,
50:21Ah oui,
50:22largement.
50:22Ah bon ?
50:23Vous travaillez un peu hypocrite
50:24ce que vous avez dit
50:25parce que tout à l'heure,
50:26les politiques,
50:26c'était un peu...
50:28A votre avis,
50:28à votre avis,
50:30combien gagne un sénateur ?
50:32Alors là,
50:33je ne sais pas,
50:33c'est un député.
50:34Vous me dites,
50:35ils sont trop payés
50:35et je vous demande
50:36combien on gagne ?
50:36Un député,
50:376 000 euros par mois.
50:38Écoutez,
50:39moi,
50:39je reçois
50:40impôts prélevés
50:423 450 euros
50:44Mettez-moi avant impôts
50:44s'il vous plaît,
50:45c'est intéressant.
50:45Non,
50:46mais c'est bien qu'ils disent
50:46avoir un impôts.
50:47C'est intéressant.
50:47Après impôts,
50:48c'est...
50:48Non,
50:48parce que je travaille,
50:49moi.
50:49Oui,
50:49j'entends bien,
50:50c'est un pas de soi.
50:50Mais donc,
50:51vous avez moins payé
50:51qu'un député,
50:52alors ?
50:52Non,
50:53je vous dis,
50:53voilà,
50:53moi,
50:53ma fiche de paye
50:55avec le prélèvement
50:57à la source,
50:58en tant que sénateur,
50:59je touche 3 450 euros.
51:00Vous gagnez plus d'oseille
51:01quand vous êtes avocat.
51:02Oui.
51:04Ça veut dire que c'est
51:05une vraie conviction
51:05d'être en politique.
51:07Alors,
51:07Francis Piner,
51:09pensez-vous que la loi
51:10Zuckman peut réellement
51:12arriver en France ?
51:13J'espère que non.
51:14Oui ?
51:15OK.
51:15C'est un délire.
51:17Et Gamal Avina,
51:18faut-il faire chanter
51:19la Marseillaise
51:19dans les écoles
51:20régulièrement
51:21pour créer un attachement
51:22à la France
51:22et ses symboles ?
51:23Ça,
51:23c'est ridicule.
51:24Ça n'a aucun intérêt.
51:25C'est pas là-dessus
51:25qu'on va donner des valeurs.
51:27Les valeurs,
51:27c'est sur,
51:28effectivement,
51:28le comportement.
51:29Francis Piner,
51:30la Marseillaise ?
51:31Je suis pour que les enfants
51:32chantent la Marseillaise.
51:33Vous la connaissez,
51:34la Marseillaise,
51:35ou pas,
51:35Gamal ?
51:35Non,
51:35non.
51:36Allez !
51:36Non,
51:36je ne la connais pas.
51:37Je n'ai pas appris.
51:38C'est vrai ?
51:38On ne la connaît pas à l'époque.
51:39Vous la connaissez,
51:40vous,
51:40Francis Piner ?
51:41Oui.
51:41Et je connais
51:42au-delà du premier couplet.
51:44Parce qu'on fait souvent
51:45le premier couplet
51:46dans The Voice.
51:47On ne connaît que
51:47les deux premières phrases.
51:50Merci à vous deux,
51:51en tout cas.
51:51Je vous remercie,
51:52je vous souhaite
51:52une très belle soirée.
51:53On se retrouve demain
51:54à 20h,
51:55tout de suite sur Sud Radio.
51:56Vous retrouvez
51:56Les Clés d'une vie
51:57avec Jacques Pessis
51:58et son invité,
51:59la réalisatrice
52:00et productrice,
52:01Marie-France Brière.
52:02Très belle soirée
52:03et à demain
52:04sur Sud Radio.
52:05Je reviens.
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