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  • il y a 3 mois
Dans cette interview sur TV5 Monde, Christophe Dechavanne revient sur une anecdote explosive avec Johnny Hallyday. L’animateur raconte avec humour et sincérité comment une incompréhension aurait poussé le rockeur à vouloir “lui casser la gueule”. Entre admiration, respect et piquant souvenir, un témoignage rare sur la personnalité imprévisible de Johnny.

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Transcription
00:00– Il n'y en a pas beaucoup qui ont changé l'histoire de la télévision,
00:07un avant, un après, ça continue.
00:09Christophe De Chavanne, sans transition, l'autobiographie publiée chez Fab Marion.
00:12Bonjour Christophe.
00:12– Mais bonjour, merci de me recevoir.
00:14Avant, après, je ne sais pas ce que ça veut dire.
00:16– Mais quand je dis, ça continue, parce que ça continue.
00:18Mais avant, après, ça veut dire qu'à un moment donné,
00:20vous êtes arrivé à la télévision et il y a un truc comme ça,
00:23une façon de présenter des émissions, une autre manière de les présenter.
00:26– D'abord, je pense que j'ai eu la chance,
00:28c'est-à-dire que j'avais la bonne tête au bon moment, au bon endroit,
00:31à la bonne période, que je sais à peu près m'exprimer correctement.
00:35J'ai mon cerveau qui fonctionne pour la plupart.
00:40Non, oui, disons que j'ai fait de la télévision comme je suis.
00:44J'ai fait de la télévision en essayant de ne pas adopter de posture.
00:47Et d'ailleurs, à chaque fois que quelqu'un me dit,
00:50ou des jeunes qui viennent me voir en me disant,
00:52j'aimerais même voir, vous n'avez qu'on sait, qu'est-ce que je dois faire.
00:55Sois toi-même.
00:56Et c'est très difficile d'être soi-même devant une caméra,
00:58parce qu'on a forcément tendance soit à rondir un angle,
01:02soit à prendre une posture.
01:04Et moi, pendant 30 ans, 35 ans, et encore maintenant,
01:07je dois travailler à être le plus naturel possible.
01:11– Oui, mais ça vient de quoi ?
01:12Parce qu'on se livre, il y a les origines,
01:14il y a évidemment le nord de Paris,
01:16ce père qui va sombrer dans l'alcoolisme,
01:19et puis finalement ce gamin qui va même raconter des blagues à un moment donné.
01:22– Ah non, mais mon gamin, j'ai toujours été…
01:24Oui, oui, ça m'a posé quelques soucis à l'école.
01:27Donc je n'ai jamais été…
01:28Je n'ai jamais été…
01:30Si, j'ai été le premier de la classe pendant jusqu'à la quatrième,
01:34oui, au moins la quatrième.
01:35Et quand il a fallu commencer à ouvrir des livres, etc.,
01:41ça a été un peu plus compliqué,
01:43parce que j'étais assez peu assidu,
01:44et comme j'ai du mal à être concentré et à rester…
01:48À l'époque, si le fameux TDAH dont on parle aujourd'hui
01:51avait été autant à la mode qu'aujourd'hui,
01:54j'aurais évidemment été diagnostiqué TDAH,
01:57c'est-à-dire enfant hyperactif, manque de concentration,
02:00mais néanmoins, quand je fais quelque chose,
02:01j'essaie de le faire quand même jusqu'au bout.
02:03– Oui, à fond !
02:03Et puis alors des rencontres !
02:05Évidemment, il va y avoir Patrice Carmouze,
02:06avec qui vous faites la bringue !
02:09– Alors non, on ne fait pas la…
02:10– Enfin non, le premier soir, on fait la bringue.
02:13En fait, c'était l'ex-mari d'une bonne copine,
02:16et elle me parlait souvent de lui,
02:19ça m'intéressait toujours, la façon dont elle m'en parlait,
02:22je me disais, j'aimerais mal rencontrer.
02:23Et un soir, on est allé à un dîner,
02:24elle m'a dit, il va être là,
02:26et puis je me suis assis à côté de lui,
02:28et puis on ne s'est plus quitté,
02:29et ça fait maintenant, je ne sais pas, 86, 7 ?
02:36Quand il était rédacteur en chef au quotidien de Paris,
02:38ça fait 86.
02:39Et puis après, on a beaucoup travaillé ensemble.
02:41Après, moi, j'ai eu des creux,
02:42lui, il est parti travailler, il a fait d'autres choses,
02:45et puis on s'est retrouvés,
02:45mais de toute façon, nous sommes amis,
02:47et nous sommes encore en contact.
02:49Il était à mon anniversaire, il y a quelques jours.
02:51Ça venait de loin,
02:52parce que les premières apparitions de la télévision,
02:55il y a des émissions, il y a Super Défi en 1983.
02:58Il m'avait lu un magnifique papier dans le Figaro.
03:00Ça, c'est intéressant de dire que dans le Figaro,
03:01ils écrivent alors animateur de quinzaines de commerciales
03:03qui ferait mieux de rentrer chez lui.
03:05C'est un bon début.
03:06Comme quoi le gars avait du pif.
03:07Il avait du pif, oui.
03:08Et alors, après...
03:09Mais ma mère était quand même très fière
03:10que j'avais un papier dans le Figaro.
03:12Il m'avait quand même un Figaro, j'ai joué.
03:13Ça, c'est ça, oui.
03:14Le mec dit de la merde quand même.
03:16Enfin, c'est très mauvais.
03:16Et après ça, vous vous retrouvez à France Inter
03:18en attendant que la bande craque,
03:20parce qu'effectivement, vous êtes là pour uniquement
03:22si ça ne marche plus pour prendre l'antenne.
03:24Ça s'appelle les permanences d'antenne.
03:25Oui.
03:26C'est 121 francs bruts de l'heure,
03:28si mes souvenirs sont bons.
03:30Et je venais avec mes paquets de disques.
03:32Et avant moi, il y avait une émission
03:33dont je pense que c'était celle de Jean Gareto,
03:36qui était une émission emblématique d'Inter.
03:39Et avec le technicien, on mettait mes disques.
03:41Moi, je me préparais au cas où.
03:43Parce qu'à l'époque, c'était des bandes, des bobineaux.
03:46Et si ça pétait, bim, je prenais l'antenne,
03:48j'envoyais un disque.
03:50Ça n'a jamais pété.
03:51Et donc, mes prestations se limitaient à
03:54vous écoutez France Inter,
03:56ting, ting, ting, ting, ting.
03:58Il est minuit.
03:59Enfin, l'inverse.
04:00Il est minuit.
04:01Non, vous écoutez France Inter, il est minuit.
04:03Ting, tac, tac, tac, tac, tac, tac.
04:04Les informations, José Sétien.
04:06Voilà.
04:07Et je rentrais chez moi, enfin, chez nous,
04:09puisque j'étais avec celle qui serait
04:11la mère de ma fille grande,
04:13et qui me disait, pas mal ce soir.
04:17Mais c'est mignon, tu vois.
04:18Oui, mais c'est bien.
04:19Mais c'est là que je prenais ça extrêmement à cœur.
04:22Oui.
04:22Alors, admirateur de Coluche,
04:24vous écrivez à un moment,
04:25il m'a donné envie, finalement,
04:27de faire un peu ce métier.
04:28Je ne suis pas un gars à idole,
04:30mais j'en ai eu deux qui m'ont fasciné.
04:33dans deux choses totalement différentes,
04:36mais que j'ai réussi à faire dans ma vie.
04:37C'est-à-dire, mon métier, c'est Coluche.
04:39Et la course automobile, c'était Sénat.
04:42Et j'ai eu la chance absolument extraordinaire
04:43de les rencontrer.
04:46Et rencontrer ces idoles, c'est rare.
04:48Et puis, je ne suis pas...
04:49Voilà.
04:49J'ai pris une photo dans ma vie, une fois,
04:51avec un polaroïde de mon idole Coluche
04:54qui sortait de Bobineau.
04:55Je devais avoir 17 piges.
04:57Et en plus, il a pu me la signer tout de suite.
04:59Et puis, on s'est retrouvés des années,
05:01des années plus tard.
05:02L'avant-veille de sa mort...
05:04Oui, oui.
05:04Mais avant ça, il y a eu une mauvaise expérience sur scène.
05:06Oui, au gymnase.
05:07Il refuse de continuer son spectacle
05:09parce qu'il y a une femme qui rit.
05:11Alors, ça, c'est choquant.
05:13Quelque part, c'est choquant.
05:14C'est très choquant.
05:14Mais il était fatigué, on va dire.
05:16Il était dans un état qui n'était pas son état normal.
05:20Coluche, il brûlait la vie par tous les bouts.
05:22Et donc, il s'est énervé.
05:24Il y avait effectivement une femme qui riait décalée et fort.
05:29Ce qui, pour un type sur scène, peut être très gênant.
05:31Mais peut-être pas au point de dire,
05:32bon, voilà, elle s'en va ou moi, j'arrête.
05:34Et il s'est arrêté.
05:35Les jambes pendantes.
05:36La fille ne voulait pas partir.
05:38Il a été assez odieux.
05:39Et moi, j'ai été invité par une jeune femme
05:41que j'avais rencontrée quelques jours avant.
05:43Et j'ai dit, va, on s'en va.
05:45Elle m'a dit, non, non, on ne peut pas.
05:46Tu comprends, on a eu des places.
05:48Et je suis allé le voir, en fait.
05:51Il a dit, ah, les pauvres, là-haut, descendez.
05:52Parce que les gens s'en allaient.
05:54Il a dit, partez, je vous rembourse.
05:55Vous serez remboursés à la caisse.
05:56Donc, les gens faisaient la queue pour être remboursés.
05:58Et les gens du haut sont descendus à l'orchestre.
06:01Et je suis allé le voir.
06:03Je dis, mais tu ne peux pas faire ça, en fait.
06:05Nous, on est fans.
06:07On a un respect immense.
06:08Et là, OK, même si elle déconne, ce n'est pas bien.
06:12Et il a dit, ouais, mais je n'ai rien à foutre et tout.
06:13Et donc, ça, c'est...
06:14Et là, j'étais tout seul.
06:15Puis, il y a trois, quatre gars qui m'ont rejoint.
06:18Et gentiment, on lui tient un discours de, on t'adore, qu'est-ce que tu fais ?
06:20On ne jette pas comme ça quelqu'un d'or.
06:23Et après, je l'ai rencontré parce que je faisais une émission d'été
06:26qui était ce qu'elle était, qui s'appelait « Toute folle de lui ».
06:29– Oui, il ne voulait plus la faire l'émission à la dernière minute.
06:32– Il est venu, oui, mais quand il a vu l'émission,
06:35je comprends qu'il n'ait pas eu envie de la faire.
06:36– Il a dit, non, je ne la fais pas.
06:38– Non, il n'avait pas envie.
06:39– Je ne l'irai pas.
06:39C'était un truc, il y avait des filles à moitié à poil dans le bassin.
06:42C'était un truc où à l'époque, on passe ça aujourd'hui,
06:44je pense qu'on va en prison, toutes les filles étaient topless.
06:47Moi, j'étais au milieu, je faisais des interviews dans l'eau.
06:49Oh la vache, dis donc, il y a du matos.
06:52– C'est des couvertures.
06:53– Oui, oui, j'ai bien compris.
06:55– Oui, c'était une leçon au fond Coluche.
06:58– Ah, je ne me rappelle plus, j'ai fait une couverture avec Stéphanie.
07:02Et puis, on m'a dit, il ne veut pas faire l'émission,
07:05mais il aimerait bien te voir.
07:06Deux minutes, et on est resté quatre heures dans ma loge.
07:10Et quand on est parti, il m'a pris dans ses bras,
07:11il m'a dit, on va s'éclater.
07:13Toi et moi, on va s'éclater.
07:14Le seul lendemain, il s'est tué sur une route de Provence.
07:16– Oui, oui.
07:17Alors, les blagues, mais c'est vrai qu'à un moment donné,
07:19vous allez monter sur scène pour faire des blagues.
07:21Il y a un moment où il y a quelque chose,
07:22il y a un déclic qui va amener à la télévision.
07:25C'est un truc qui se passe comme ça dans une nuit.
07:27– Oh, c'est un hasard.
07:28– Oui.
07:29– Vous parlez du passé ?
07:29– Oui, de vous.
07:31– Non, comment ?
07:32– Il y a un moment, vous allez monter sur scène.
07:35– Comment ?
07:35– Non, mais parce qu'à l'époque, voilà.
07:37À l'époque, c'était les blagues, quand je disais ça,
07:39le gamin, et qui à un moment donné, va devenir,
07:42va passer à faire une émission de télévision,
07:45première fois.
07:46– C'est un hasard parce que j'ai fait un casting à Avoriaz,
07:49parce que je n'avais pas une thune,
07:51et que le casting disait,
07:524 heures de radio par jour à Radio Avoriaz,
07:554 heures de radio par jour en échange d'un forfait,
07:58d'une paire de skis et d'un studio,
08:00et d'un ticket resto pour bouffer.
08:02Ce qui m'allait très bien,
08:03parce que je n'avais pas les moyens de l'osport d'hiver.
08:04Donc je suis allé faire le casting à Avoriaz,
08:08je n'ai pas été pris,
08:09parce que le jury ne m'a pas pris,
08:11mais quand je suis rentré à Paris,
08:12deux jours après, j'ai eu un coup de fil
08:13d'un monsieur que je ne connaissais pas,
08:15qui me dit, je m'appelle Maurice Brouzé,
08:16que je faisais partie du jury,
08:18moi j'ai voté pour vous, je voulais vous prendre,
08:20à l'unanimité ça ne s'est pas fait,
08:22mais voulez-vous faire de la télé ?
08:25Oui.
08:26Voilà.
08:27Et j'ai fait Super Défi,
08:29qui était ce jeu où je devais commenter
08:31les premiers jeux vidéo,
08:33clic, clac, clac, clac, pac-man,
08:35crac, crac, crac, crac, crac, crac,
08:36passionnant, mais très compliqué à faire.
08:38Et en vrai, commenter ça, c'est affreux.
08:41Et puis ça a démarré comme ça,
08:43et puis après j'ai été stagiaire à RTL,
08:45après j'ai découpé des dépêches,
08:47après j'ai fait des flashs de nuit,
08:48après j'ai fait des émissions de nuit,
08:505 minutes par semaine à France Inter,
08:52et puis un jour il y a mon copain Roger Isabelle
08:54qui a appelé son copain Denis O,
08:55on dit je connais un petit mec
08:56qui sait faire plein de trucs,
08:57tu devrais le voir,
08:58et puis j'ai inventé la rubrique gadget,
09:00et puis, et puis, et puis, et puis, et puis.
09:02Oui, oui, et puis, et puis,
09:03et puis il y a le Christophe de Javane
09:05que j'ai devant moi,
09:06qui se révèle dans ce livre,
09:07qui se raconte de manière intime,
09:08et c'est vrai que par exemple...
09:09Un peu pour la première fois.
09:10Oui, mais vous dites au fond,
09:11même au niveau du fric,
09:13j'y comprenais rien.
09:14C'est-à-dire que je ne savais même pas
09:16ce que j'allais toucher, ni comment...
09:18Non, c'est pas que je n'y comprenais rien
09:19au point de vue du fric,
09:20mais je n'y connaissais rien
09:21au point de vue du métier,
09:22c'est-à-dire que quand on m'a proposé
09:24mon premier salaire énorme,
09:27mais bon, qui était aussi 2h30,
09:29d'antenne quotidienne, etc.,
09:31j'ai dit d'accord,
09:33c'était sur TF1,
09:35avant j'étais sur Antenne 2,
09:36sur France 2,
09:37et j'ai dit d'accord,
09:38mais sans le budget des émissions.
09:40C'est pour montrer
09:41que je n'étais pas tout à fait
09:42au fait du truc,
09:44parce que mon salaire
09:45ne couvrait même pas
09:46le budget d'une émission.
09:47Donc oui,
09:48je n'y connaissais pas grand-chose,
09:49je ne pensais pas
09:49devenir producteur.
09:51J'ai créé une boîte
09:52qui s'appelle Coyote,
09:53qui était faite au départ
09:54pour faire de l'incentive,
09:56du conseil en communication
09:57d'entreprise,
09:58parce qu'en fait,
09:58j'en faisais quelques-unes
09:59sur scène,
10:00j'apportais beaucoup,
10:01beaucoup,
10:01beaucoup de mes idées
10:03et de créativité
10:04pour les boîtes
10:05qu'ils faisaient pour Peugeot,
10:07machin,
10:07les grosses boîtes,
10:08et je me suis dit,
10:09je vais le faire moi-même
10:10en fait,
10:10parce que tout ce que j'apporte,
10:13c'est lui qui en profite
10:15et moi j'ai mon petit cachet.
10:17Donc voilà,
10:17c'est comme ça
10:17qu'est né Coyote
10:19et qui est devenu ensuite
10:21le Coyote qu'on sait.
10:23C'est une petite boîte.
10:24Non mais par exemple,
10:24Berlusconi,
10:25à un moment,
10:26vous propose un salaire énorme.
10:29Sept fois, mon salaire.
10:29Mais il faudra être habillé
10:30en smoking.
10:32Et là, vous dites,
10:33ah ben non,
10:34le pognon,
10:34non, pas de smoking.
10:35Oui,
10:35ce n'est pas comme ça
10:36que ça se passe.
10:37J'en déduis ça.
10:38Mais en fait,
10:39il me dit,
10:39est-ce que tout porte le smoking ?
10:41Je dis,
10:42ben oui,
10:43le 31,
10:44s'il faut.
10:45Non, non,
10:45tout porte le smoking.
10:47Je dis,
10:47ben je vous dis,
10:48oui,
10:48une fois par an ou deux.
10:49Non, non,
10:50moi je te donne
10:51un daily show
10:51et tu portes le smoking.
10:53Je dis,
10:54ben non,
10:54je ne vais pas me mettre
10:55en pingouin tous les jours
10:56pour faire une émission de télé.
10:58Et il faisait la gueule
10:59parce qu'il n'avait pas tellement
11:00l'habitude
11:00que les gens lui disent non.
11:02Et il m'a dit,
11:03mais je vais te rappeler.
11:04J'ai bien vu
11:05qu'il ne me rappellera jamais.
11:05mais je ne voulais pas
11:07présenter une émission
11:07en smoking.
11:08D'ailleurs,
11:08tous mes petits camarades
11:09qui sont allés sur la 5
11:10à l'époque
11:11et qui arrivaient comme ça
11:12avec la 5
11:13et tous en smoking,
11:14machin,
11:15avec toutes les falbalas
11:16à l'italienne et tout ça,
11:19voilà,
11:19ce n'était pas mon genre de télé,
11:21on va dire.
11:21Ils sont tous revenus vite fait.
11:22Oui, oui.
11:23Mais par exemple,
11:23une émission avec Sophie Favier
11:24qui cartonne,
11:25deuxième numéro,
11:27vous dites non,
11:27stop,
11:28on arrête.
11:29Mais pourtant,
11:29TF1 vous dit non,
11:30ça cartonne,
11:31non, on veut.
11:32Et vous dites non.
11:33Parce que l'argent,
11:36alors on va simplifier,
11:37l'argent n'a jamais été mon moteur,
11:39voilà.
11:40Donc,
11:40quoi qu'il arrive,
11:42et d'ailleurs,
11:43je peux m'en grignoter
11:45les coucouniètes
11:46de temps en temps,
11:47quoi qu'il arrive,
11:48ce n'est pas ça
11:48qui va me faire faire un choix.
11:50Et comme l'émission,
11:50pardon pour ma voix,
11:51mais je suis un peu malade,
11:52comme l'émission,
11:52c'est pour ça que je me suis mis
11:53un peu loin.
11:54Vous protégez,
11:55mais comme l'émission
11:57ne convenait pas
11:58à ce que je voulais
11:58qu'elle soit,
11:59c'est-à-dire un peu
12:00sensuel,
12:01érotique,
12:01cauchique,
12:02et qu'en plus,
12:04il y a eu un petit souci
12:04en interne,
12:06dans la réunion du lendemain,
12:08parce que comme ça avait fait
12:0954% de parts de marché,
12:11ça pouvait faire tourner
12:12les têtes de certains
12:13ou de certaines,
12:14j'ai dit on arrête,
12:15voilà,
12:15et j'ai appelé Moujeute
12:16pour lui dire que j'arrêtais,
12:18et avant même que je parle,
12:19il me dit
12:19c'était formidable,
12:20je t'en ferai en 20 de plus,
12:22et j'ai dit
12:22ah non,
12:22non,
12:23non,
12:23je m'arrête maintenant,
12:25et ça j'avoue
12:25qu'il ne comprenait pas,
12:27et je pense que,
12:29je ne pense pas
12:29qu'il y ait beaucoup
12:30de producteurs
12:30qui aient fait ça
12:31à Paris.
12:32– Non mais,
12:32par exemple,
12:33dans notre cas,
12:33Stéphane Courby,
12:35vous l'avez avec vous,
12:36il s'occupe du Minitel,
12:38il est devenu…
12:38– Il a commencé son…
12:39– Il est devenu
12:40un des plus gros producteurs
12:42mondiaux aujourd'hui.
12:43– Le plus gros producteur
12:44du monde de télévision,
12:46on peut le dire,
12:47le plus gros.
12:47– Et donc il s'associe
12:48avec Arthur,
12:50et un jour il vient
12:50vous racheter.
12:51– Non, il s'associe avec Arthur
12:54parce qu'il m'a proposé
12:55de s'associer avec moi,
12:56je n'avais aucune notion,
12:57je n'ai pas fait
12:57d'école de commerce,
12:59et donc je n'avais aucune
12:59notion véritable de…
13:01Donc il voulait 50-50,
13:02je lui ai dit,
13:03écoute,
13:03je te montrais,
13:04on peut faire 51-49,
13:05tu vois.
13:06– Donc 51 pour vous ?
13:07– Oui,
13:07mais en fait,
13:08c'est beaucoup plus important
13:09que ça pour quelqu'un
13:11qui sait ce que c'est,
13:1251,
13:12ce n'est pas 50.
13:14Donc 50-50,
13:15c'est une vraie égalité.
13:17Industriellement,
13:1751-49,
13:19ce n'est pas du tout
13:19la même chose,
13:19il y a une majorité par exemple,
13:21alors que moi,
13:22je n'y voyais simplement
13:22que je t'ai tout montré,
13:25par rapport à normal
13:26d'avoir 51,
13:27tu vois,
13:27c'était pas…
13:28Et lui,
13:28il voulait 50-50,
13:29ce qui fait que finalement,
13:30bon,
13:30il s'associe avec Arthur
13:32et puis voilà,
13:34et puis des années plus tard,
13:35il est revenu
13:35pour me proposer
13:36d'acheter fort cher
13:37ma société,
13:39mais je ne me voyais pas
13:40vendre ma boîte
13:41à un autre animateur.
13:43– Non,
13:43mais c'était une connerie
13:44ou pas ?
13:44– Ah oui, énorme,
13:45oui.
13:45– C'était une connerie,
13:46il faut le dire.
13:46– Je me suis assis
13:47sur 122 millions de francs,
13:49mais c'est beaucoup d'argent.
13:51– Mais c'est quoi ?
13:51C'est l'orgueil ?
13:52C'est dire non…
13:52– Ce n'est pas de l'orgueil,
13:53non, non,
13:54c'est…
13:54Si, sûrement,
13:55il y a une part d'orgueil.
13:59Si Stéphane avait été tout seul,
14:02je pense que j'aurais cédé
14:03à ses sirènes
14:04ou à ses chants de sirènes.
14:07Le fait qu'il soit
14:07avec un autre animateur,
14:09quelque chose m'a gêné probablement.
14:11– Vous rencontrez une fois
14:12en Roumanie,
14:13où vous dites
14:13qu'il prend un enfant,
14:14un orphelin,
14:15deux orphelins dans les bras,
14:17et là, vous dites,
14:18ce jour-là,
14:19on comprend dans ce que vous dites,
14:20c'est presque le seul jour
14:21où j'ai vu de l'humanité chez lui.
14:22– Non, je n'ai pas dit
14:23que c'était le seul jour
14:23où j'ai vu de l'humanité,
14:24mais là,
14:25j'étais certain qu'il y en avait.
14:26Et c'est d'ailleurs
14:27la seule chose
14:27que je raconte sur lui
14:28dans le bouquin
14:28parce que j'ai voulu
14:31que ce livre ne soit pas
14:32à la mode du bashing
14:34qu'on vit aujourd'hui.
14:35J'ai envie que ce soit
14:36un bouquin
14:37où je raconte
14:37de vraies histoires
14:38et après tout,
14:39même si j'ai eu
14:40des emmerdements
14:40avec l'un ou l'autre
14:41ou si j'ai eu une embrouille
14:43avec celui-là
14:44ou celui-là,
14:45on s'en fout.
14:45Ce qui compte,
14:46c'est les choses importantes
14:47et il m'a envoyé
14:49un très gentil mot d'ailleurs
14:50avant-hier,
14:52mais je ne sais pas
14:53quel jour on est là,
14:54mais il m'a envoyé
14:55un gentil mot,
14:56mais il y a une grosse émission
15:02de reportage
15:02qui est venue m'interviewer
15:03un jour sur Stéphane Courblis.
15:05On me l'a demandé 40 fois.
15:06Je suis le mec du PAF
15:07qui le connaît le mieux.
15:08Il avait 12 ans
15:10et il était au Minitel
15:11chez moi.
15:12Il servait le café.
15:13Non, non,
15:13il était au Minitel.
15:14Et puis après,
15:15je lui ai montré
15:15comment on faisait
15:16une émission
15:16et puis il a vite appris.
15:17Très, très vite
15:18parce que ça fonctionne
15:18très vite là.
15:19Et j'ai raconté
15:23des choses,
15:24on va dire,
15:25techniques
15:25et puis j'ai raconté
15:26des choses,
15:27celle-ci,
15:28notamment que je raconte
15:29qui s'est passée
15:29en Roumanie
15:30quand je l'emmenais voir
15:31après la chute
15:31des Chaosescu,
15:32l'état monstrueux
15:33dans lequel vivaient
15:35les enfants orphelins
15:35puisque l'avortement
15:36était interdit.
15:37Et la contraception aussi.
15:40Et ils n'ont gardé
15:42dans le reportage
15:43que les choses
15:44touchées
15:44sur l'argent,
15:46machin de ça.
15:46Donc je m'étais promis
15:47de ne plus jamais
15:48parler de lui
15:48ou en tout cas,
15:49ce que j'ai à dire
15:50sur lui,
15:51je l'ai dit là-dedans
15:51parce que moi
15:52qui suis un peu
15:53hypocondriaque,
15:54j'étais un peu effrayé
15:55dans ces 12 mètres carrés
15:56avec 40 enfants
15:56éborgnés,
15:58la peau pourrie,
16:00du pipi,
16:00du popo,
16:01sur une dalle de béton.
16:03C'était monstrueux en vrai.
16:05Mais comme j'emmenais
16:06Stéphane partout avec moi,
16:07je l'ai emmené là aussi
16:07parce qu'on m'a proposé
16:09de visiter ça.
16:11Voilà.
16:12Et je l'ai vu
16:13prendre un enfant
16:14dans chaque bras.
16:14Il y a un milieu
16:15de la télé,
16:16etc.
16:16On voit,
16:17il y a des pages,
16:18Patrick Lelay.
16:19C'était rustique.
16:20Oui, c'était rustique.
16:21Il y a quand même
16:22des moments,
16:22quand ça marche,
16:24ils sont à vos pieds.
16:25Non, vous êtes un génie
16:26quand ça marche.
16:26Oui, un génie.
16:28Et puis deux jours après...
16:29Vous êtes une crotte.
16:30Vous êtes...
16:30Mais oui,
16:31pour être poli.
16:32Oui.
16:32Parce qu'il y a des moments,
16:33ça revient presque aux mains.
16:35Avec Moujotte.
16:36Non, avec Lelay.
16:37Avec Lelay.
16:38Oui, oui.
16:38Non, non, Lelay ou l'humain, non.
16:40Mais avec Patrick Lelay,
16:42c'était un homme très virulent.
16:44C'était un breton
16:44qui avait un caractère trempé.
16:46Mais parfois,
16:47qui ne se condisait pas
16:48toujours très bien.
16:48avec les autres,
16:49je ne sais pas.
16:50En tout cas,
16:51moi,
16:51je parle chinois,
16:52chinois.
16:53Ça veut dire que
16:53moi, je suis le mec
16:54le plus gentil du monde.
16:56Mais j'attends.
16:58Je suis fidèle.
16:59Je ne suis pas monteur.
17:00Je suis honnête,
17:02sincère,
17:02entier.
17:03Je suis plutôt bienveillant.
17:05Je suis plutôt dans l'empathie.
17:06Si je peux donner un coup de main,
17:08je le fais.
17:08Enfin, voilà.
17:09Et vous êtes face à des gens
17:11qui ne voient que leur intérêt
17:12industriel.
17:13Et puis qui vous disent des choses
17:16qu'ils ne respectent pas forcément.
17:18Là, en l'occurrence,
17:19ce n'était pas industriel.
17:21C'était un autre cas.
17:23Mais quand on a eu cette histoire
17:27de procès,
17:27car j'ai eu un procès avec TF1,
17:29je lui dis,
17:29mais enfin, Patrick,
17:30tu ne peux pas me supprimer ça.
17:32On a topé.
17:33Il y a un contrat.
17:34Tu m'as donné ta parole.
17:35Laisse-moi finir.
17:35Oui, du moins de moi,
17:36je n'ai qu'une parole.
17:37C'est pour ça que je la reprends.
17:38Donc, je ne sais pas
17:38si c'est de lui.
17:39Il paraît que non.
17:40Mais en tout cas,
17:40quand vous entendez ça,
17:41vous dites,
17:42ouf, on n'est pas les mêmes.
17:43Moi, je donne ma parole.
17:44c'est ma parole.
17:45Donc, j'ai du mal
17:46à accepter qu'on me dise ça.
17:46À un moment où vous lui dites,
17:47Patrick, pardon de l'expression,
17:49tu penses avec ta bite.
17:50Je cite, c'est dans le bouquin.
17:52Oui.
17:52C'est violent.
17:53Oui.
17:53Oui.
17:54Mais c'est parce qu'il y avait
17:55une drôle d'histoire là-dedans.
17:57Donc, j'avais une émission un jour
17:59et puis je suis parti en Lacan.
18:00J'ai vu que cette émission
18:01ne m'était plus attribuée.
18:03Je ne voyais pas
18:04pour quelle autre raison
18:06elle aurait pu être attribuée
18:08à la personne
18:09à laquelle elle était attribuée.
18:11Donc, c'est la raison
18:11pour laquelle je lui ai dit,
18:12moi, depuis le début,
18:15je te respecte.
18:16Alors, quand tout le monde
18:16m'a vu arriver
18:17avec ses sabots de bâtiment,
18:19tout le monde a dit
18:20qu'est-ce qu'il va faire
18:21d'une chaîne ?
18:22Il en a fait avec Moujotte
18:23la première chaîne européenne.
18:25Il faut appeler un chat, un chat.
18:26Et donc, je dis, voilà,
18:27jusque-là, il y a respect
18:28parce que tu pensais
18:29avec tes tripes.
18:31Si tu penses avec ta bite,
18:32c'est autre chose.
18:32Et là, il est devenu fou.
18:33Oui.
18:33Oui, oui, pratiquement.
18:34Ah non, non.
18:35Là, il est devenu
18:35de la couleur de la table.
18:37Mais pas grand monde
18:38nous parlait comme ça.
18:39Mais en même temps,
18:40il se conduisait très, très mal
18:41avec moi sur ce coup-là.
18:43Mais Moujotte,
18:44à un moment, il vous dit,
18:45c'est un autre sujet,
18:46pas de noir à l'antenne,
18:48notamment.
18:49Ah oui, oui.
18:49Non, mais ça, quand même.
18:51C'était le grand patron de TF1.
18:54C'était...
18:55Oui, mais il n'y avait pas
18:55de noir à l'antenne.
18:56C'est dingue.
18:57Oui.
18:57Donc, il n'y en avait pas.
18:59Il n'y avait pas beaucoup
18:59de noir nulle part.
19:00Mais il n'y avait pas
19:01de noir à l'antenne.
19:02Et donc, moi, j'ai décidé
19:03de mettre un camarade de jeu
19:05parce que j'ai toujours
19:06fonctionné comme ça.
19:06J'avais des gens dans mon équipe
19:08qui faisaient des jobs
19:09à Coyote.
19:10Et puis, quand je ne repère rien
19:11avec lequel il pouvait
19:12se passer quelque chose,
19:13je le tentais à l'antenne.
19:15Et donc, j'ai prévenu
19:15que je mettrais Charlie Nestor,
19:17il s'agit de lui,
19:17à l'antenne.
19:18Et il m'a dit
19:19un pas de noir à l'antenne.
19:20Ah.
19:20Et je dis, il n'y a plus coucou.
19:22Bon, écoute, fais pas chier.
19:23On verra.
19:24Et puis, bon, voilà.
19:25Ça se passait toujours comme ça.
19:26C'était toujours...
19:27Et après, ils ont mis
19:28un gros élmac.
19:30Parce que...
19:31Et heureusement.
19:32Mais...
19:32C'était choquant, oui.
19:34C'était choquant.
19:35Alors, moins grave,
19:36peut-être Bouygues
19:37qui vous convoque
19:39parce que vous avez fait
19:40une blague
19:41après la mort de Georges Simonon.
19:43Une pipe, une pipe
19:44qui était dit par Denis Fabre.
19:46Oui, c'est une blague.
19:47Donc...
19:47Non, mais...
19:48C'est potache.
19:49Oui, mais vous et Francis
19:50aînés beaucoup.
19:51Francis et moi,
19:51on s'aimait beaucoup.
19:52Il y avait un...
19:53Moi, je respectais énormément
19:55cet homme qui était
19:55très impressionnant.
19:56Et je pense qu'il m'aimait bien
19:57parce que j'étais
19:58un peu rock'n'roll
19:59et que j'aurais pu être
20:01un gars de la famille
20:04un peu comme ça.
20:06Et oui, mais c'était rigolo.
20:09En fait, genre,
20:10pendant le bloc-notes,
20:11on faisait les couillons
20:12à la fin de Scellement Mardi
20:13avec Patrice, Renora,
20:14Michel Field,
20:15Sophie Favier.
20:18Et il se trouve que
20:19trois jours avant l'émission,
20:20la veille ou deux jours avant,
20:21il y a...
20:22Georges Simonon meurt
20:23et à l'époque,
20:24il y avait encore une spickrine
20:25et TF1 bouleverse ses programmes
20:28pour mettre un film maigré
20:29et je vois, moi,
20:32à la télé,
20:33Denis Favre dire
20:34un chapeau,
20:35une pipe,
20:36Georges Simonon
20:37s'en est allé, etc.
20:38Et donc,
20:39j'ai téléphoné,
20:40j'ai dit,
20:40je voudrais qu'on isole
20:41une pipe.
20:42Donc, on a isolé uniquement
20:43le moment,
20:43le morceau,
20:44une pipe.
20:45Et pendant le bloc-notes,
20:46je lui ai dit,
20:46attendez les gars,
20:46excusez-moi,
20:47on a peut-être une proposition
20:48de Denis Favre.
20:48Denis Favre,
20:49ce soir,
20:49vous nous proposez quoi ?
20:51Une pipe.
20:51Alors, une fois,
20:52deux fois,
20:52trois fois,
20:53puis deux mardis de suite,
20:54trois mardis de suite.
20:55Elle en a eu ras-le-bol,
20:56à juste titre,
20:57avec le recul,
20:58et puis elle avait des enfants.
20:59Donc, à l'école,
21:00ça devait être un peu le bordel.
21:02Et donc,
21:02elle a appelé Francis au secours
21:03et il m'a convoqué
21:05et j'ai pris
21:06mais une avoinée,
21:08mais familiale,
21:11c'est-à-dire,
21:11comme un père
21:12peut hurler sur son fils.
21:14Vous voyez ce que je veux dire ?
21:14Le fils fait une bêtise
21:16et le père,
21:17il ne le touche pas
21:18parce qu'il ne le frappe pas,
21:20mais il le démonte.
21:21Et j'ai eu ça
21:21et croyez-moi,
21:23quand Francis se mettait
21:24en cet état-là,
21:25c'était,
21:25oui, oui, Francis,
21:27oui, oui,
21:27tu m'as bien compris.
21:29Oui.
21:29Tu ne recommenceras jamais.
21:31Jamais.
21:32Oui.
21:32J'ai dit,
21:33non, mais jamais.
21:33C'est bon.
21:34J'ai compris.
21:35Il y a un autre
21:36qui t'a dit,
21:37je vais te casser la gueule.
21:38Non, non, mais ça, quand même.
21:40Cherchez le buzz.
21:41Je ne pensais pas
21:42qu'on pensait sur...
21:43Non, mais enfin,
21:43sur tes dessins.
21:44Monde.
21:45Qui t'a dit,
21:45à un moment,
21:46et à plusieurs reprises,
21:47je vais te casser la gueule.
21:48Mais vous n'avez qu'à lire le livre.
21:49Non, Johnny.
21:50C'est Johnny
21:51qui a voulu te casser la gueule.
21:52Oui, mais...
21:53Mais c'était sérieux.
21:54Mais parce qu'il s'est trompé
21:55et puis qu'il était
21:55un petit peu chaud.
21:56Il voulait te casser
21:57vraiment la gueule.
21:57Oui, mais il ne l'a pas fait.
21:59Oui.
21:59Mais c'était...
22:00Tu t'es barré,
22:00tu t'es barré.
22:01Non, non, je me suis éloigné.
22:03Éloigné.
22:03Non, non, vous êtes gentil,
22:04vous rétablissez les choses
22:06dans la vérité.
22:07Je me suis éloigné.
22:08Ben oui,
22:08c'était une soirée d'anniversaire.
22:10Je n'allais pas le laisser
22:12briser cette soirée-là.
22:14J'étais à une table
22:15et puis quand j'ai vu
22:15qu'il a commencé
22:16à mettre ses mains comme ça,
22:17j'ai dit
22:17il va me la mettre sur la tronche
22:18donc je m'en vais
22:19parce que ça va.
22:20Puis il m'a dit
22:21je vais te casser la gueule
22:24comme tu ne t'es jamais fait
22:24casser la gueule.
22:25Sauf que je n'avais pas bu une goutte.
22:27J'étais totalement sobre.
22:28J'étais totalement maître de mon corps.
22:31J'ai dit
22:31on n'y est pas Johnny.
22:32Mais voilà.
22:33Puis je suis parti
22:33mais très vexé.
22:35Et puis plusieurs mois plus tard,
22:36il m'a vu dans un restaurant.
22:37Il m'a fait signe comme ça.
22:39J'ai fait no way.
22:40Il a envoyé quelqu'un
22:41qui aimait trois fois me chercher.
22:42J'ai fini par y aller
22:43en disant que si tu veux
22:44il m'aille
22:44tu veux que je retire, c'est ça ?
22:47J'ai dit
22:47je ne retire rien.
22:49J'ai dit
22:50mais moi je n'oublie pas.
22:50Moi tu veux quoi ?
22:51Je dis je ne veux rien moi.
22:52Tu veux que je m'excuse ?
22:54J'ai dit
22:54c'est toi qui en parle.
22:56Et bien il dit d'accord.
22:57Et bien je te présente mes excuses.
22:58Et j'ai dit
22:59ben tout va bien.
23:00Et après
23:00on est resté très copains.
23:02C'était un type charmant,
23:03très gentil
23:04qui s'était fait
23:05des histoires de jalousie
23:06avec Laetitia
23:07qui n'avait pas lieu d'être
23:08et qui m'a offert un t-shirt
23:11des années plus tard
23:12que j'ai toujours chez moi
23:12avec la tronche de Steve McQueen
23:14et qui est très doux.
23:16Il y a un Christophe de Chavannes-Touchon
23:17dans ce bouquin.
23:18C'est gentil.
23:18C'est celui aussi de sa maman.
23:21La mort de ta maman.
23:22C'est aussi...
23:22Alors ça je vais vous dire.
23:23Ce que j'ai écrit
23:24j'ai eu un peu de mal à l'écrire.
23:27Alors je vais avoir
23:27encore plus de mal à en parler.
23:29Oui.
23:29La mort aussi.
23:30Tu as eu un accident grave
23:31de moto.
23:32Moi j'ai cartonné plusieurs fois.
23:34En course automobile,
23:36en moto,
23:37en hélico.
23:38J'ai vécu un ou deux trucs
23:39un peu chaud.
23:40Oui.
23:40On va dire que la mort
23:41que je teste,
23:43j'ai tiré pas mal de jokers.
23:46Oui.
23:47Et à un moment j'ai dit
23:48il doit me rester moins en moins
23:50de jokers quand même.
23:50Oui.
23:51Donc je me suis un peu calmé.
23:52À un moment vous vous dites
23:53quand je serai un jour au ciel
23:55il y aura une génération de Chavannes
23:58qui passera à la télévision
23:59et je regarderai ça là-haut
24:00et je me dirai tout ça pour ça.
24:02Alors j'ai pas dit
24:03je regarderai ça de là-haut
24:04mais je dis oui.
24:07On voit bien
24:08quand quelqu'un compte
24:09quand quelqu'un qui compte
24:11meurt
24:11c'est voilà
24:12une journée,
24:13deux journées
24:14et puis à part des phénomènes
24:16comme Johnny
24:17qui déplace des millions de gens
24:18sur son passage
24:19mais oui
24:20je pense que la télé
24:21a quelque chose
24:22à ceci d'éphémère
24:24que déjà
24:25quand on tourne le bouton
24:26du programme
24:26elle est finie.
24:27c'est pas une oeuvre artistique
24:29théâtrale
24:30c'est pas un livre
24:31c'est pas une chanson
24:32c'est pas une pièce
24:33c'est pas un film
24:35c'est pas un tableau
24:36voilà
24:36c'est que de la télé.
24:38Néanmoins
24:38j'y mets toute mon énergie
24:40et encore maintenant
24:41le samedi soir
24:42avec Léa
24:43ça la met
24:43donc à l'époque
24:44mais
24:45oui j'ai tendance
24:47à me dire que
24:48oui j'ai tendance
24:51à me dire
24:51tout ça pour ça
24:52si jamais on meurt
24:53et que ça donne
24:53parce qu'il est prêt
24:54il est déjà passé
24:56il avait cartonné
24:57sur une chaîne
24:57TF1 l'a
24:59je sais
25:00et je suis sûr
25:01que le jour
25:01où il m'en aura une merde
25:02ils vont mettre ça
25:03dans la machine
25:04et puis voilà
25:05mais c'est la vie
25:07c'est comme ça
25:07ça serait la centième
25:09la fameuse centième
25:10non non
25:10ça s'appelle
25:10Génération de Chavane
25:11dans laquelle
25:12il y a la centième
25:13aussi
25:14mais c'est tout un
25:14c'est tout un montage
25:15c'est un prime time
25:16de deux heures
25:17avec tout ce que j'ai fait
25:19coucou du ciel
25:19machin
25:20oui mais il y a aussi
25:21alors ceux qui disent
25:22mais de Chavane
25:23il est odieux
25:23mais il est insupportable
25:24il y en a qui répondent
25:25c'est ceux qui ne me connaissent pas
25:26c'est ceux qui ne me connaissent pas
25:28non mais je le dis
25:29très très simplement
25:30je n'ai rien contre eux
25:31à part qu'ils ont peut-être
25:33d'autres choses à faire
25:33que de dire des conneries
25:34moi je ne parle pas
25:35de gens sans les connaître
25:36et je ne porte surtout pas
25:37de jugement
25:37y compris sur ceux que je connais
25:38mais j'en parle souvent
25:40ça autour de moi
25:41j'ai dit oui mais les gens
25:42j'ai des potes
25:43qui me disent
25:44non mais c'est pas possible
25:45il y a des gens qui me disent
25:45non mais attends
25:46mais lui je le sais
25:47machin
25:48il se trouve qu'il parle
25:49à des potes
25:49qui me connaissent par coeur
25:51et qui en plus
25:52sont les gens suffisamment
25:53dans la bonté
25:57et l'empathie
25:57et le regard sur l'autre
25:58pour ne pas se faire chier
25:59être pote avec moi
26:00si j'étais celui-là
26:01et donc ils disent
26:02mais en fait
26:02sur Twitter
26:04quelquefois
26:04j'en mets des gens
26:05à leur place
26:05en disant
26:05mais vous ne savez pas
26:06qui je suis en fait
26:07mon vieux
26:07pourquoi vous prenez
26:09tout ce temps
26:09pour écrire autant
26:11de choses désagréables
26:12sur un mec
26:13que vous ne connaissez pas
26:14parce qu'on a envie de dire
26:15vous aimez les gens
26:17parce qu'on le sent
26:18derrière tout ça
26:18parce qu'il y a la carrière
26:20tout ça
26:20si on peut parler de carrière
26:21oui mais quelque part
26:24c'est ça le fil conducteur
26:25mais c'est impossible
26:26de faire ce que j'ai fait
26:27si je n'aime pas les gens
26:27les gens qui se sont permis
26:29de dire
26:29il y en a un ou deux
26:30ils savent de qui je parle
26:31officiellement
26:32où j'étais ingérable
26:34ce qui n'est pas vrai
26:35je suis chiant
26:36je suis précis
26:37je suis pointilleux
26:39mais je ne suis pas ingérable
26:42j'écoute
26:42dès qu'il y a un bon conseil
26:44je suis le premier
26:45à l'attraper moi
26:46et j'apprends tous les jours
26:46on apprend tous les jours
26:47vous moi
26:48on apprend tous les jours
26:49mais c'est impossible
26:52de faire des émissions de jeu
26:53avec des milliers de gens
26:54comme je l'ai fait
26:55comme j'ai ri avec eux
26:56et avec ce qui se passait
26:58entre nous
26:59moi je n'aurais pas su le faire
27:01en étant dans une posture
27:04je ne pouvais être que vrai
27:06si je vous parle
27:07avec chaleur
27:09c'est que je me sens bien là
27:10sinon
27:11on se sentirait moins bien
27:13merci Christophe
27:15sans transition
27:16c'est gentil
27:17autobiographie
27:18chez Flammarion
27:18très sincère
27:20et vrai
27:21oui
27:21tout est vrai
27:22tout est vrai
27:23merci d'avoir été avec nous
27:25c'est gentil
27:25merci de m'avoir invité
27:26merci de m'avoir regardé
27:31merci de m'avoir regardé
27:32merci de m'avoir regardé
27:33merci de m'avoir regardé
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