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  • il y a 5 heures
Interview diffusée le 8 février 2024 dans l’émission L’Invité sur TV5 Monde. Christophe Dechavanne revient sur une anecdote marquante liée à Johnny Hallyday, évoquant avec humour et franchise une altercation passée. Une séquence qui dévoile un souvenir étonnant et les relations parfois électriques entre le chanteur et certaines personnalités du paysage audiovisuel français.

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Musique
Transcription
00:05– Il n'y en a pas beaucoup qui ont changé l'histoire de la télévision,
00:07un avant, un après, ça continue.
00:09Christophe De Chavanne, sans transition, l'autobiographie publiée chez Fab Marion.
00:12Bonjour Christophe.
00:12– Mais bonjour, merci de me recevoir.
00:14Avant, après, je ne sais pas ce que ça veut dire.
00:16– Mais quand je dis, ça continue, parce que ça continue.
00:18Mais avant, après, ça veut dire qu'à un moment donné,
00:20vous êtes arrivé à la télévision et il y a un truc comme ça,
00:23une façon de présenter des émissions, une autre manière de les présenter.
00:27– D'abord, je pense que j'ai eu la chance,
00:28c'est-à-dire que j'avais la bonne tête au bon moment, au bon endroit,
00:31à la bonne période, que je sais à peu près m'exprimer correctement.
00:35J'ai mon cerveau qui fonctionne pour la plupart.
00:40Non, oui, disons que j'ai fait de la télévision comme je suis.
00:44J'ai fait de la télévision en essayant de ne pas adopter de posture.
00:47Et d'ailleurs, à chaque fois que quelqu'un me dit,
00:50ou des jeunes qui viennent me voir en me disant,
00:52j'aimerais même voir, vous n'avez qu'on sait, qu'est-ce que je dois faire ?
00:55Sois toi-même.
00:56Et c'est très difficile d'être soi-même devant une caméra,
00:58parce qu'on a forcément tendance soit à rondir un angle,
01:02soit à prendre une posture.
01:04Et moi, pendant 30 ans, 35 ans, et encore maintenant,
01:07je dois travailler à être le plus naturel possible.
01:10– Oui, mais ça vient de quoi ?
01:11Parce qu'on se livre, il y a les origines,
01:14il y a évidemment le nord de Paris,
01:16ce père qui va sombrer dans l'alcoolisme,
01:19et puis finalement ce gamin qui va même raconter des blagues à un moment donné.
01:22– Ah non, mais mon gamin, j'ai toujours été…
01:24Oui, oui, ça m'a posé quelques soucis à l'école.
01:27Donc je n'ai jamais été…
01:28Je n'ai jamais été…
01:30Si, j'ai été le premier de la classe pendant jusqu'à la quatrième,
01:34oui, au moins la quatrième.
01:35Et quand il a fallu commencer à ouvrir des livres, etc.,
01:41ça a été un peu plus compliqué,
01:43parce que j'étais assez peu assidu,
01:44et comme j'ai du mal à être concentré et à rester…
01:47À l'époque, si le fameux TDAH dont on parle aujourd'hui
01:51avait été autant à la mode qu'aujourd'hui,
01:54j'aurais évidemment été diagnostiqué TDAH,
01:57c'est-à-dire enfant hyperactif, manque de concentration,
02:00mais néanmoins, quand je fais quelque chose,
02:01j'essaie de le faire quand même jusqu'au bout.
02:03– Oui, à fond !
02:03Et puis alors des rencontres !
02:04Évidemment, il va y avoir Patrice Carmouze,
02:06avec qui vous faites la bringue !
02:09– Alors non, on ne fait pas la…
02:10– Enfin non, le premier soir, on fait la bringue.
02:13En fait, c'était l'ex-mari d'une bonne copine,
02:17et elle me parlait souvent de lui,
02:20ça m'intéressait toujours, la façon dont elle m'en parlait,
02:22je me disais, j'aimerais mal rencontrer.
02:23Et un soir, on est allé à un dîner,
02:24elle m'a dit, il va être là,
02:26et puis je me suis assis à côté de lui,
02:27et puis on ne s'est plus quitté,
02:29et ça fait maintenant, je ne sais pas, 86, 7 ?
02:36Quand il était rédacteur en chef au quotidien de Paris,
02:38ça fait 86.
02:39Et puis après, on a beaucoup travaillé ensemble.
02:41Après, moi, j'ai eu des creux,
02:42lui, il est parti travailler, il a fait d'autres choses,
02:45et puis on s'est retrouvés,
02:45enfin, de toute façon, nous sommes amis,
02:47et nous sommes encore en contact,
02:49il était à mon anniversaire,
02:50il y a quelques jours.
02:51– Ça venait de loin,
02:52parce que les premières apparitions de la télévision,
02:55il y a des émissions,
02:56il y a Super Défi en 1983.
02:58– Il m'avait lu un magnifique papier dans le Figaro.
03:00– Ça, c'est intéressant de dire que dans le Figaro,
03:01ils écrivent alors animateur de quinzaines de commerciales
03:03qui ferait mieux de rentrer chez lui.
03:05C'est un bon début.
03:06– Comme quoi le gars avait du pif.
03:07– Oui, il avait du pif, oui.
03:08– Et alors, après…
03:09– Mais ma mère était quand même très fière
03:10que j'avais un papier dans le Figaro.
03:12– Oui.
03:13– Ça, c'est ça, oui.
03:14– Le mec dit de la merde quand même,
03:16enfin, c'est très mauvais.
03:16– Et après ça, vous vous retrouvez à France Inter
03:18en attendant que la bande craque,
03:20parce qu'effectivement,
03:21vous êtes là pour uniquement,
03:22si ça ne marche plus,
03:23pour prendre l'antenne.
03:24– Ça s'appelle les permanences d'antenne.
03:25C'est 121 francs brut de l'heure,
03:28si mes souvenirs sont bons.
03:30Et je venais avec mes paquets de disques.
03:32Et avant moi,
03:33il y avait une émission dont je pense
03:34que c'était celle de Jean Gareto,
03:36qui était une émission emblématique d'Inter.
03:39Et avec le technicien,
03:40on mettait mes disques.
03:41Moi, je me préparais au cas où,
03:43parce qu'à l'époque,
03:44c'était des bandes, des bobineaux.
03:46Et si ça pétait,
03:47bim, je prenais l'antenne,
03:48j'envoyais un disque.
03:50Ça n'a jamais pété.
03:51Et donc, mes prestations se limitaient à,
03:54vous écoutez France Inter,
03:56ting, ting, ting, ting, ting.
03:58Il est minuit.
03:59Enfin, l'inverse.
04:00Il est minuit.
04:01Non, vous écoutez France Inter,
04:02il est minuit.
04:03Ting, tac, tac, tac, tac, tac, tac.
04:04Tac, les informations,
04:05José Sétien.
04:06Voilà.
04:07Et je rentrais chez moi,
04:09enfin, chez nous,
04:09puisque j'étais avec celle
04:11qui serait la mère de ma fille grande,
04:14et qui me disait,
04:15pas mal ce soir.
04:17Mais c'est mignon, tu vois.
04:18Oui, mais c'est bien.
04:19Mais c'est là que je prenais ça
04:21extrêmement à cœur.
04:22Oui.
04:22Alors, admirateur de Coluche,
04:24vous écrivez à un moment,
04:25il m'a donné envie, finalement,
04:27de faire un peu ce métier.
04:28Je ne suis pas un gars idole,
04:30mais j'en ai eu deux
04:31qui m'ont fasciné
04:33dans deux choses totalement différentes,
04:35mais que j'ai réussi à faire dans ma vie.
04:37C'est-à-dire, mon métier, c'est Coluche.
04:39Et la course automobile,
04:40c'était Sénat.
04:41Et j'ai eu la chance
04:42absolument extraordinaire
04:44de les rencontrer.
04:46Et rencontrer ces idoles,
04:47c'est rare.
04:48Et puis, je ne suis pas...
04:49Voilà.
04:49J'ai pris une photo dans ma vie,
04:51une fois, avec un polaroïde
04:53de mon idole Coluche
04:54qui sortait de Bobineau.
04:55Je devais avoir 17 piges.
04:57Et en plus,
04:57il a pu me la signer tout de suite.
04:59Et puis, on s'est retrouvés
05:01des années, des années plus tard,
05:02l'avant-veille de sa mort.
05:04Oui, oui.
05:04Mais alors, avant ça,
05:05il y a eu une mauvaise expérience
05:06sur scène.
05:06Oui, au gymnase.
05:07Il refuse de continuer son spectacle
05:09parce qu'il y a une femme
05:10qui rit avant.
05:11Alors, ça, c'est choquant.
05:13Quelque part, c'est choquant.
05:14C'est très choquant.
05:14Mais il était fatigué,
05:15on va dire.
05:16Il était dans un état
05:17qui n'était pas son état normal.
05:20Coluche, il brûlait la vie
05:21par tous les bouts.
05:22Et donc, il s'est énervé.
05:24Il y avait effectivement
05:26une femme qui riait
05:27décalée et fort.
05:28Ce qui, pour un type sur scène,
05:30peut être très gênant.
05:31Mais peut-être pas au point
05:32de dire, bon, voilà,
05:33elle s'en va
05:33ou moi, j'arrête.
05:34Et il s'est arrêté.
05:35Les jambes pendantes.
05:36La fille ne voulait pas partir.
05:38Il a été assez odieux.
05:39Et moi, j'ai été invité
05:40par une jeune femme
05:42que j'avais rencontrée
05:42quelques jours avant.
05:43Et j'ai dit, va, on s'en va.
05:45Elle m'a dit, non, non,
05:45on ne peut pas.
05:46Tu comprends, on a eu des places.
05:48Et je suis allé le voir, en fait.
05:51Il a dit, ah, les pauvres,
05:52là-haut, descendez.
05:52Parce que les gens s'en allaient.
05:54Il a dit, partez, je vous rembourse.
05:55Vous serez remboursés à la caisse.
05:56Donc, les gens faisaient la queue
05:57pour être remboursés.
05:58Et les gens du haut
05:59sont descendus à l'orchestre.
06:03Et je suis allé le voir.
06:03Je dis, mais tu ne peux pas
06:04faire ça, en fait.
06:05Nous, on est fans.
06:07On a un respect immense.
06:08Et là, OK, même si elle déconne,
06:11ce n'est pas bien.
06:12Et elle dit, ouais,
06:12mais je n'ai rien à foutre et tout.
06:13Et donc, ça, c'est...
06:14Et là, j'étais tout seul.
06:16Puis il y a trois, quatre gars
06:17qui m'ont rejoint.
06:18Et gentiment, on lui tient un discours
06:19de, on t'adore, qu'est-ce que tu fais ?
06:20On ne jette pas comme ça
06:22quelqu'un dehors.
06:23Et après, je l'ai rencontré
06:25parce que je faisais une émission d'été
06:26qui était ce qu'elle était,
06:27qui s'appelait
06:28Toute folle de lui.
06:29Oui, il ne voulait plus la faire
06:30l'émission à la dernière minute.
06:34Quand il a vu l'émission,
06:35je comprends qu'il n'ait pas eu envie de la faire.
06:36Il a dit, non, je ne la fais pas.
06:38Non, il n'a pas envie.
06:38Je ne l'irai pas.
06:39C'était un truc.
06:40Il y avait des filles à moitié à poil
06:41dans le bassin.
06:42C'était un truc où, à l'époque,
06:43on passe ça aujourd'hui,
06:44je pense qu'on va en prison.
06:45Toutes les filles étaient topless.
06:47Moi, j'étais au milieu.
06:48Je faisais des interviews dans l'eau.
06:49Oh, la vache.
06:50Oh, dis donc, il y a du matos.
06:52C'est des couvertures.
06:53Oui, oui, j'ai bien compris.
06:54Oui, c'était une leçon au fond Coluche.
06:58Je ne me rappelais plus.
06:58J'ai fait une couverture avec Stéphanie.
07:02Et puis, on m'a dit,
07:04il ne veut pas faire l'émission,
07:05mais il aimerait bien te voir.
07:06Deux minutes.
07:07Et on est resté quatre heures dans ma loge.
07:10Et quand on est parti,
07:11il m'a pris dans ses bras.
07:11Il m'a dit, on va s'éclater.
07:13Toi et moi, on va s'éclater.
07:14Le lendemain, il s'est tué
07:15sur une route de Provence.
07:16Oui, oui.
07:17Alors, les blagues.
07:18Mais c'est vrai qu'à un moment donné,
07:19vous allez monter sur scène
07:20pour faire des blagues.
07:21Il y a un moment où il y a quelque chose,
07:22il y a un déclic qui va amener
07:28Vous parlez du passé.
07:29Oui, de vous.
07:31Non, comment ?
07:32Il y a un moment,
07:33vous allez monter sur scène.
07:35Non, mais parce qu'à l'époque,
07:37voilà, à l'époque,
07:38c'était les blagues,
07:39quand je disais ça,
07:39le gamin,
07:40et qui, à un moment donné,
07:41va devenir,
07:42va passer à faire
07:44une émission de télévision.
07:45Première fois.
07:46C'est un hasard
07:47parce que j'ai fait un casting
07:48à Avoriaz
07:49parce que je n'avais pas une thune
07:50et que le casting disait
07:52quatre heures de radio par jour
07:54à Radio Avoriaz.
07:55Quatre heures de radio par jour
07:56en échange d'un forfait,
07:58d'une paire de skis
07:59et d'un studio
08:00et d'un ticket resto pour bouffer.
08:02Ce qui m'allait très bien
08:03parce que je n'avais pas
08:03les moyens de l'osport d'hiver.
08:04Donc, je suis allé
08:05faire le casting à Avoriaz.
08:07Je n'ai pas été pris
08:09parce que le jury ne m'a pas pris.
08:11Mais quand je suis rentré à Paris,
08:12deux jours après,
08:12j'ai eu un coup de fil
08:13d'un monsieur que je ne connaissais pas
08:14qui me dit
08:15« Je m'appelle Maurice Brosec,
08:16je faisais partie du jury.
08:18Moi, j'ai voté pour vous,
08:19je voulais vous prendre.
08:20À l'unanimité,
08:21ça ne s'est pas fait,
08:22mais voulez-vous faire de la télé ? »
08:24Oui.
08:26Voilà.
08:27Et j'ai fait « Super défi »
08:29qui était ce jeu
08:29où je devais commenter
08:32les premiers jeux vidéo
08:33à « Clique, clac, clac, clac,
08:34Pac-Man, crac, crac, crac, crac, crac. »
08:36Passionnant,
08:37mais très compliqué à faire.
08:39Et en vrai,
08:40commenter ça, c'est affreux.
08:41Et puis, ça a démarré comme ça.
08:43Et puis, après,
08:44j'ai été stagiaire à RTL.
08:45Après, j'ai découpé des dépêches.
08:47Après, j'ai fait des flashs de nuit.
08:48Après, j'ai fait des émissions de nuit
08:505 minutes par semaine
08:51à France Inter.
08:52Et puis, un jour,
08:53il y a mon copain Roger Isabelle
08:54qui a appelé son copain Denisot.
08:55On dit « Je connais un petit mec
08:56qui sait faire plein de trucs,
08:57tu devrais le voir. »
08:58Et puis, j'ai inventé
08:59la rubrique gadget.
09:00Et puis, et puis, et puis, et puis, et puis.
09:02Oui.
09:02Et puis, et puis, et puis.
09:03Et puis, il y a le Christophe de Javane
09:05que j'ai devant moi
09:05qui se révèle dans ce livre,
09:07qui se raconte de manière intime.
09:08Et c'est vrai que, par exemple…
09:09Un peu pour la première fois.
09:10Oui.
09:10Vous dites, au fond,
09:11même au niveau du fric,
09:13j'y comprenais rien.
09:14C'est-à-dire que je ne savais même pas
09:16ce que j'allais toucher
09:17ni comment.
09:18C'est vrai que j'y comprenais rien
09:19au point de vue du fric,
09:20mais j'y connaissais rien
09:21au point de vue du métier.
09:22C'est-à-dire que quand on m'a proposé
09:24mon premier salaire énorme,
09:27mais bon, qui était aussi
09:28deux heures et demie,
09:29d'antenne quotidienne, etc.,
09:32j'ai dit « D'accord ».
09:33C'était sur TF1.
09:35Avant, j'étais sur Antenne 2,
09:36sur France 2.
09:37Et j'ai dit « D'accord,
09:38mais sans le budget des émissions. »
09:41C'est pour montrer
09:41que je n'étais pas tout à fait
09:42au fait du truc
09:44parce que mon salaire
09:45ne couvrait même pas
09:46le budget d'une émission.
09:47Donc oui,
09:48je n'y connaissais pas grand-chose.
09:49Je ne pensais pas
09:49devenir producteur.
09:51J'ai créé une boîte
09:52qui s'appelle « Coyote »
09:53qui était faite au départ
09:54pour faire de l'incentive,
09:56du conseil en communication
09:57d'entreprise,
09:58parce qu'en fait,
09:59j'en faisais quelques-unes
09:59sur scène.
10:00J'apportais beaucoup,
10:01beaucoup, beaucoup
10:02de mes idées
10:03et de créativité
10:04pour les boîtes
10:05qu'ils faisaient pour Peugeot,
10:07machin,
10:07les grosses boîtes.
10:08Et je me suis dit
10:09« Je vais le faire moi-même
10:10parce que tout ce que j'apporte,
10:12c'est lui qui en profite
10:15et moi, j'ai mon petit cachet. »
10:17Donc voilà,
10:17c'est comme ça
10:17qu'est né Coyote
10:20et qui est devenu ensuite
10:21le Coyote qu'on sait.
10:23C'est une petite boîte.
10:24Non mais par exemple,
10:25Berlusconi,
10:25à un moment,
10:26vous propose un salaire énorme.
10:28Sept fois, mon salaire.
10:29Mais il faudra être habillé
10:30en smoking.
10:32Et là, vous dites
10:33« Ah ben non,
10:34le pognon, non,
10:35pas de smoking. »
10:35Oui, ce n'est pas comme ça
10:36que ça se passe.
10:37J'en déduis ça.
10:38Mais en fait,
10:39il me dit
10:39« Est-ce que tout porte le smoking ? »
10:41Je dis « Ben oui,
10:43le 31,
10:44s'il faut.
10:45Non, non,
10:45tout porte le smoking. »
10:47Je dis « Ben je vous dis
10:48oui, une fois par an ou deux. »
10:50Non, non,
10:50moi je te donne
10:51un daily show
10:52et tu portes le smoking.
10:53Je dis « Ben non,
10:54je ne vais pas me mettre
10:55en pingouin tous les jours
10:56pour faire une émission de télé. »
10:58Et il faisait la gueule
10:59parce qu'il n'avait pas
11:00tellement l'habitude
11:00que les gens lui disent non.
11:02Et il m'a dit
11:03« Mais je vais te rappeler. »
11:04J'ai bien vu
11:05qu'il ne me rappellera jamais.
11:06Mais je ne voulais pas
11:07présenter une émission en smoking.
11:08D'ailleurs,
11:08tous mes petits camarades
11:09qui sont allés sur la 5
11:10à l'époque
11:11et qui arrivaient comme ça
11:12avec la 5
11:13et tous en smoking,
11:15avec toutes les falbalas
11:17à l'italienne
11:18et tout ça,
11:19voilà,
11:19ce n'était pas
11:20mon genre de télé,
11:21on va dire.
11:21Ils sont tous revenus vite fait.
11:22Oui, oui.
11:23Mais par exemple,
11:23une émission avec Sophie Favier
11:24qui cartonne,
11:26deuxième numéro,
11:27vous dites « Non, stop.
11:28On arrête. »
11:29Mais pourtant,
11:29TF1 vous dit
11:30« Non, ça cartonne. »
11:31« Non, on veut. »
11:37On va simplifier.
11:37L'argent n'a jamais été
11:38mon moteur, voilà.
11:40Donc, quoi qu'il arrive,
11:42et d'ailleurs,
11:42je peux m'en grignoter
11:45les coucouniètes
11:46de temps en temps,
11:47quoi qu'il arrive,
11:48ce n'est pas ça
11:48qui va me faire faire un choix.
11:50Et comme l'émission…
11:50Pardon pour ma voix,
11:51mais je suis un peu malade.
11:52Comme l'émission…
11:52C'est pour ça
11:53que je me suis mis un peu loin.
11:54Vous protégez.
11:56Mais comme l'émission
11:57ne convenait pas
11:58à ce que je voulais
11:58qu'elle soit,
11:59c'est-à-dire
11:59un peu sensuel,
12:01érotique,
12:01cauchique,
12:03et qu'en plus,
12:04il y a eu un petit souci
12:04en interne,
12:06dans la réunion du lendemain,
12:08parce que comme ça avait fait
12:0954% de parts de marché,
12:11ça pouvait faire tourner
12:12les têtes de certains
12:13ou de certaines.
12:14J'ai dit « On arrête, voilà. »
12:15Et j'ai appelé Mougeot
12:17pour lui dire que j'arrêtais.
12:18Et avant même que je parle,
12:19il me dit
12:19« C'était formidable,
12:20je t'en ferai en 20 de plus. »
12:22Et j'ai dit
12:22« Ah non, non, non, non,
12:23je m'arrête maintenant. »
12:25Et ça, j'avoue
12:25qu'il ne comprenait pas.
12:26Et je pense que…
12:29Je ne pense pas
12:29qu'il y ait beaucoup
12:30de producteurs
12:30qui aient fait ça à Paris.
12:32Par exemple,
12:33en notre cas,
12:33Stéphane Courby,
12:35vous l'avez avec vous,
12:36il s'occupe du Minitel.
12:38Il est devenu…
12:38Il a commencé son…
12:39Il est devenu
12:40un des plus gros producteurs
12:42mondiaux aujourd'hui.
12:43Le plus gros producteur
12:44du monde de télévision,
12:46on peut le dire.
12:47Et donc,
12:48il s'associe avec Arthur
12:49et un jour,
12:50il vient vous…
12:51Non, il s'associe.
12:52Non, il s'associe,
12:52oui.
12:53Mais il s'associe avec Arthur
12:54parce qu'il m'a proposé
12:55de s'associer avec moi.
12:56Je n'avais aucune notion.
12:57Je n'ai pas fait
12:57d'école de commerce.
12:58Et donc,
12:59je n'avais aucune notion
12:59véritable de…
13:00Donc,
13:01il voulait 50-50.
13:02Je lui ai dit,
13:03écoute,
13:03je te montrais,
13:04on peut faire 51-49,
13:05tu vois.
13:06Donc, 51 pour vous.
13:07Oui.
13:07Mais en fait,
13:08c'est beaucoup plus important
13:09que ça pour quelqu'un
13:11qui sait ce que c'est.
13:1251,
13:12ce n'est pas 50.
13:14Donc, 50-50,
13:15c'est une vraie égalité.
13:17Industriellement,
13:1751-49,
13:18ce n'est pas du tout
13:19la même chose.
13:20Il y a une majorité,
13:20par exemple.
13:21Alors que moi,
13:22je n'y voyais simplement
13:22que je t'ai tout montré.
13:25un peu normal
13:26d'avoir 51,
13:27tu vois,
13:27ce n'était pas…
13:28Et lui,
13:28il voulait 50-50,
13:29ce qui fait que finalement,
13:30bon,
13:31il s'est associé avec Arthur.
13:33Et puis,
13:33voilà.
13:34Et puis,
13:34des années plus tard,
13:35il est revenu
13:35pour me proposer
13:36d'acheter fort cher
13:37ma société.
13:38Mais je ne me voyais pas
13:40vendre ma boîte
13:41à un autre animateur.
13:43Non,
13:43mais c'était une connerie.
13:44Oui,
13:44énorme,
13:45oui.
13:45C'était une connerie,
13:46il faut le dire.
13:46Je me suis assis
13:47sur 122 millions de francs.
13:49Mais c'est beaucoup d'argent.
13:50Mais c'est quoi ?
13:51C'est l'orgueil,
13:52c'est dire non…
13:52Ce n'est pas de l'orgueil,
13:53non,
13:53non,
13:54c'est…
13:54Si,
13:55sûrement,
13:55il y a une part d'orgueil.
14:00Si Stéphane avait été tout seul,
14:02je pense que j'aurais cédé
14:03à ses sirènes
14:04ou à ses chants de sirènes.
14:07Le fait qu'il soit
14:07avec un autre animateur,
14:09quelque chose m'a gêné probablement.
14:11Vous rencontrez une fois
14:12en Roumanie,
14:13où vous dites
14:13qu'il prend un enfant,
14:14un orphelin,
14:15deux orphelins dans les bras.
14:17Et là,
14:17vous dites,
14:18ce jour-là,
14:19on comprend dans ce que vous dites,
14:20c'est presque le jour
14:21où j'ai vu de l'humanité chez lui.
14:22Non,
14:23je n'ai pas dit
14:23que c'était le seul jour
14:23où j'ai vu de l'humanité,
14:24mais là,
14:25j'étais certain qu'il y en avait.
14:26Et c'est d'ailleurs
14:26la seule chose
14:27que je raconte sur lui
14:28dans le bouquin
14:29parce que…
14:31parce que j'ai voulu
14:31que ce livre
14:32ne soit pas à la mode
14:33du bashing
14:34qu'on vit aujourd'hui.
14:35J'ai envie que ce soit
14:36un bouquin
14:37où je raconte
14:37de vraies histoires
14:38et après tout,
14:39même si j'ai eu
14:40des emmerdements
14:40avec l'un ou l'autre
14:41ou si j'ai eu une embrouille
14:43avec celui-là
14:44ou celui-là,
14:45on s'en fout.
14:45Ce qui compte,
14:46c'est les choses importantes
14:47et il m'a envoyé
14:49un très gentil mot
14:50d'ailleurs avant-hier
14:51mais je ne sais pas
14:53quel jour on est là
14:53mais il m'a envoyé
14:55un gentil mot
15:01mais il y a une grosse émission
15:02de reportage
15:02qui est venue m'interviewer
15:03un jour sur Stéphane Courblis.
15:05On me l'a demandé 40 fois.
15:06Je suis le mec du PAF
15:07qui le connaît le mieux.
15:08Il a commencé.
15:09Oui, vous l'avez vu.
15:09Il avait 12 ans
15:10et il était au Minitel
15:11chez moi.
15:12Il servait le café quoi.
15:13Non, non,
15:13il était au Minitel.
15:14Et puis après,
15:15je lui ai montré
15:15comment on faisait une émission
15:16et puis il a vite appris.
15:17Très, très vite
15:18parce que ça fonctionne
15:18très vite là-haut.
15:22Et j'ai raconté des choses
15:24on va dire techniques
15:26et puis j'ai raconté
15:26des choses,
15:27celle-ci,
15:28notamment que je raconte
15:29qui s'est passée en Roumanie
15:30quand je l'emmenais voir
15:31après la chute
15:31de Ceausescu
15:32l'état monstrueux
15:34dans lequel vivaient
15:35les enfants orphelins
15:35puisque l'avortement
15:36était interdit
15:37et la contraception aussi.
15:41Et ils n'ont gardé
15:42dans le reportage
15:43que les choses touchées
15:44sur l'argent,
15:45machin,
15:46de ça.
15:46Donc je m'étais promis
15:47de ne plus jamais parler de lui
15:48ou en tout cas,
15:49ce que j'ai à dire sur lui,
15:51je l'ai dit là-dedans
15:51parce que moi
15:52qui suis un peu
15:53hypocondriaque,
15:53j'étais un peu effrayé
15:55dans ces 12 mètres carrés
15:56avec 40 enfants
15:57éborgné la peau pourrie
15:59du pipi,
16:00du popo,
16:02sur une dalle de béton.
16:03C'était monstrueux.
16:05Mais comme j'emmenais Stéphane
16:06partout avec moi,
16:07je l'ai emmené là aussi
16:08parce qu'on m'a proposé
16:09de visiter ça.
16:11Voilà.
16:12Et je l'ai vu
16:13prendre un enfant
16:14dans chaque bras.
16:14Il y a un milieu
16:15de la télé,
16:16etc.
16:16On voit,
16:17il y a des pages,
16:18Patrick Lelay.
16:19C'était rustique.
16:20Oui, c'était rustique.
16:21Il y a quand même des moments
16:22quand ça marche,
16:24ils sont à vos pieds.
16:25Non, vous êtes un génie
16:26quand ça marche.
16:27Oui, un génie.
16:28Et puis deux jours après...
16:29Vous êtes une crotte.
16:30Vous êtes...
16:30Mais oui,
16:31pour être poli.
16:32Oui.
16:32Parce qu'il y a des moments
16:33où ça revient presque aux mains.
16:35Avec Moujotte.
16:36Non, avec le lait.
16:37Avec le lait.
16:38Oui, oui.
16:38Non, le lait ou l'humain, non.
16:40Mais avec Patrick Lelay,
16:42c'était un homme très virulent.
16:44C'était un breton
16:44qui avait un caractère trempé
16:46mais parfois
16:47qui ne se condisait pas
16:48toujours très bien.
16:49Enfin, avec les autres,
16:49je ne sais pas.
16:50En tout cas, moi,
16:51je parle chinois,
16:52chinois.
16:53Ça veut dire que
16:53moi, je suis le mec
16:54le plus gentil du monde
16:55mais j'attends.
16:57Je suis fidèle.
16:59Je ne suis pas monteur.
17:00Je suis honnête, sincère, entier.
17:03Je suis plutôt bienveillant.
17:05Je suis plutôt dans l'empathie.
17:06Si je peux donner un coup de main,
17:08je le fais.
17:08Enfin, voilà.
17:09Et vous êtes face à des gens
17:11qui ne voient que leur intérêt industriel
17:13et s'il y a un moment...
17:14Et puis qui vous disent des choses
17:16qu'ils ne respectent pas forcément.
17:18Là, en l'occurrence,
17:19ce n'était pas industriel.
17:20C'était un autre cas.
17:26Mais quand on a eu cette histoire
17:27de procès,
17:27car j'ai eu un procès avec TF1,
17:29je lui dis,
17:29mais enfin, Patrick,
17:30tu ne peux pas me supprimer ça.
17:32On a topé.
17:33Il y a un contrat.
17:34Tu m'as donné ta parole.
17:35Laisse-moi finir.
17:35Oui, du moins de moi,
17:36je n'ai qu'une parole.
17:37C'est pour ça que je la reprends.
17:38Donc, je ne sais pas
17:38si c'est de lui.
17:39Il paraît que non.
17:40Mais en tout cas,
17:40quand vous entendez ça,
17:41vous dites,
17:41ouf, on n'est pas les mêmes.
17:43Moi, je donne ma parole.
17:44C'est ma parole.
17:45Donc, j'ai du mal à accepter
17:50Je cite,
17:51c'est dans le bouquin.
17:52C'est violent.
17:53Oui.
17:54Mais c'est parce qu'il y avait
17:56une drôle d'histoire là-dedans.
17:57Donc, j'avais une émission un jour
17:59et puis je suis parti en Lacan.
18:00J'ai vu que cette émission
18:01ne m'était plus attribuée.
18:03Je ne voyais pas
18:04pour quelle autre raison
18:07elle aurait pu être attribuée
18:08à la personne
18:09à qui elle était attribuée.
18:11Donc, c'est la raison
18:11pour laquelle je lui ai dit,
18:14moi, depuis le début,
18:15je te respecte.
18:16Alors, quand tout le monde
18:16m'a vu arriver
18:17avec ses sabots de bâtiment,
18:19tout le monde a dit,
18:20qu'est-ce qu'il va faire
18:21d'une chaîne ?
18:22Il en a fait avec Mougeot
18:23la première chaîne européenne.
18:25Il faut appeler un chat, un chat.
18:26Et donc, je dis,
18:27voilà, jusque-là,
18:28il y a respect
18:28parce que tu pensais
18:29avec tes tripes.
18:31Si tu penses avec ta bite,
18:32c'est autre chose.
18:32Et là, il est devenu fou.
18:33Oui, oui, pratiquement.
18:34Ah non, non, là,
18:35il est devenu de la couleur
18:37de la table.
18:37Mais pas grand monde
18:38nous parlait comme ça.
18:39Mais en même temps,
18:40il se conduisait très, très mal
18:41avec moi sur ce coup-là.
18:43Oui, mais Mougeot,
18:44à un moment, il vous dit,
18:45c'est un autre sujet,
18:46pas de noir à l'antenne,
18:48notamment.
18:49Ah oui, oui.
18:49Non, mais ça, quand même,
18:51c'était le grand patron de TF1.
18:54Oui, mais il n'y avait
18:55pas de noir à l'antenne.
18:56C'est dingue.
18:57Oui, donc il n'y en avait pas.
18:59Il n'y avait pas beaucoup
18:59de noir de nulle part,
19:00mais il n'y avait pas
19:01de noir à l'antenne.
19:02Et donc, moi, j'ai décidé
19:03de mettre un camarade de jeu
19:05parce que j'ai toujours
19:06fonctionné comme ça.
19:06J'avais des gens dans mon équipe
19:08qui faisaient des jobs
19:09à Coyote.
19:10Et puis, quand je repère rien
19:11avec lequel il pouvait
19:12se passer quelque chose,
19:13je le tentais à l'antenne.
19:14Et donc, j'ai prévenu
19:15que je mettrais Charlie Nestor,
19:17il s'agit de lui,
19:18à l'antenne.
19:18Et il m'a dit
19:19un pas de noir à l'antenne.
19:20Ah, et je dis,
19:20il n'y a plus coucou.
19:22Bon, écoute, fais pas chier,
19:23on verra.
19:24Et puis, bon,
19:25ça se passait toujours comme ça.
19:26C'était toujours...
19:27Et après, ils ont mis
19:28Roselmac,
19:30parce que...
19:31Et heureusement,
19:33mais c'était choquant, oui.
19:34C'était choquant.
19:35Alors, moins grave,
19:36peut-être Bouygues
19:37qui vous convoque
19:39parce que vous avez fait
19:40une blague
19:41après la mort de Georges Simonon,
19:42une pipe, une pipe,
19:44qui était édite
19:44par Denis Fabre.
19:46Oui, c'est une blague.
19:47Donc, non, mais...
19:48C'est potache.
19:49Oui, mais vous êtes...
19:50Francis aimait beaucoup.
19:50Francis et moi,
19:51on s'aimait beaucoup.
19:52Il y avait un...
19:53Moi, je respectais énormément
19:54cet homme
19:55qui était très impressionnant.
19:56Et je pense qu'il m'aimait bien
19:58parce que j'étais
19:58un peu rock'n'roll
19:59et que j'aurais pu être
20:03un gars de la famille
20:04un peu comme ça.
20:06Et oui,
20:07mais c'était rigolo.
20:09En fait,
20:10pendant le bloc-notes,
20:11on faisait les couillons
20:12à la fin de Seulement mardi
20:13avec Patrice,
20:14Ronora,
20:14Michel Field,
20:15Sophie Favier.
20:18Et il se trouve
20:18que trois jours avant l'émission,
20:20la veille ou deux jours avant,
20:21il y a...
20:22Georges Simonon meurt
20:23et à l'époque,
20:24il y avait encore une speakrine
20:25et TF1 bouleverse ses programmes
20:28pour mettre un film
20:28maigré.
20:31Et je vois, moi,
20:32à la télé,
20:33Denis Fabre dire
20:34un chapeau,
20:35une pipe,
20:36Georges Simonon s'en est allé,
20:37etc.
20:38Et donc,
20:39j'ai téléphoné,
20:40j'ai dit,
20:40je voudrais qu'on isole
20:41une pipe.
20:42Donc, on a isolé
20:42uniquement le morceau
20:44ou une pipe
20:44et pendant le bloc-notes,
20:46je lui ai dit,
20:46attendez les gars,
20:46excusez-moi,
20:47on a peut-être une proposition
20:48de Denis Fabre.
20:48Denis Fabre,
20:49ce soir,
20:49vous nous proposez quoi ?
20:50Une pipe.
20:51Alors,
20:52une fois,
20:52deux fois,
20:52trois fois,
20:53puis deux mardis de suite,
20:54trois mardis de suite.
20:55Elle en a eu ras-le-bol
20:56à juste titre,
20:57avec le recul.
20:58Et puis,
20:58elle avait des enfants.
20:59Donc,
20:59à l'école,
21:00ça devait être un peu
21:00le bordel.
21:02Et donc,
21:02elle a appelé Francis
21:03au secours
21:03et il m'a convoqué
21:05et j'ai pris
21:07une avoinée,
21:08mais familiale,
21:11c'est-à-dire,
21:11comme un père
21:12peut hurler sur son fils.
21:13Vous voyez ce que je veux dire ?
21:14Le fils fait une bêtise
21:16et le père,
21:17il ne le touche pas
21:18parce qu'il ne le frappe pas,
21:19mais il le démonte.
21:21Et j'ai eu ça
21:21et croyez-moi,
21:23quand Francis se mettait
21:24en cet état-là,
21:25c'était,
21:25oui, oui, Francis,
21:26oui, oui,
21:27tu m'as bien compris.
21:28Oui,
21:29tu ne recommenceras jamais.
21:31Jamais.
21:32Oui.
21:32J'ai nommé jamais.
21:33C'est bon,
21:34j'ai compris.
21:35Tu as un autre
21:36qui t'a dit
21:37je vais te casser la gueule.
21:38Non, non,
21:39mais ça quand même.
21:40Vous cherchez le buzz.
21:41Je ne pensais pas
21:41qu'on pense sur...
21:43Non, mais enfin,
21:43sur tes dessins du monde.
21:45Qui t'a dit
21:45à un moment
21:46et à plusieurs reprises
21:46je vais te casser la gueule.
21:48Mais vous n'avez qu'à lire le livre.
21:49Non,
21:50vous n'avez qu'à lire le livre.
21:51C'est Johnny
21:51qui a voulu te casser la gueule.
21:52Oui, mais...
21:53Mais c'était sérieux.
21:53Mais parce qu'il s'est trompé
21:55et qu'il était un petit peu chaud.
21:56Il voulait te casser la gueule.
21:58Oui, mais il ne l'a pas fait.
21:59Oui.
21:59Mais tu t'es barré,
22:00tu t'es barré.
22:01Non, non,
22:01je me suis éloigné.
22:03Éloigné.
22:03Non, non,
22:03vous êtes gentil,
22:04vous rétablissez les choses
22:06dans la vérité.
22:07Je me suis éloigné.
22:08Oui, c'était une soirée d'anniversaire.
22:10Je n'allais pas laisser briser cette soirée-là.
22:14J'étais à une table
22:14et puis quand j'ai vu
22:15qu'il a commencé à mettre ses mains comme ça,
22:17j'ai dit
22:17il va me la mettre sur la tronche
22:18donc je m'en vais
22:19parce que ça va.
22:20Puis il m'a dit
22:22je vais te casser la gueule
22:24comme tu ne t'es jamais fait casser la gueule.
22:25Sauf que je n'avais pas bu une goutte.
22:27J'étais totalement sobre.
22:28J'étais totalement maître de mon corps.
22:31J'ai dit
22:31on n'y est pas Johnny.
22:32Mais voilà.
22:33Puis je suis parti
22:33mais très vexé.
22:35Et puis plusieurs mois plus tard,
22:36il m'a vu dans un restaurant.
22:38il m'a fait signe comme ça.
22:39J'ai fait no way.
22:40Il a envoyé quelqu'un
22:41qui a eu trois fois à me chercher.
22:42J'ai fini par y aller
22:43en disant que si tu veux,
22:44il m'aille
22:45tu veux que je retire, c'est ça ?
22:47J'ai dit
22:48je ne retire rien.
22:49Je dis mais moi je n'oublie pas.
22:50Moi tu veux quoi ?
22:51Je dis je ne veux rien moi.
22:52Tu veux que je m'excuse ?
22:54J'ai dit c'est toi qui en parle.
22:56Et bien il dit d'accord.
22:57Et bien je te présente mes excuses.
22:58Et j'ai dit
22:59ben tout va bien.
22:59Et après on est resté très copains.
23:02C'était un type charmant,
23:03très gentil
23:04qui s'était fait des histoires
23:06de jalousie avec Laetitia
23:07qui n'avait pas lieu d'être
23:09et qui m'a offert un t-shirt
23:11des années plus tard
23:12que j'ai toujours chez moi
23:12avec la tronche de Steve McQueen
23:14et qui est très doux.
23:16Il y a un Christophe de Chavannes-Touchon
23:17dans ce bouquin.
23:18C'est gentil.
23:18C'est celui aussi de sa maman,
23:21la mort de ta maman.
23:22C'est aussi...
23:22Alors ça je vais vous dire.
23:23Ce que j'ai écrit,
23:25j'ai eu un peu de mal à l'écrire.
23:27Alors je vais avoir encore plus de mal
23:28à en parler.
23:28Oui.
23:29La mort aussi.
23:30tu as fait un accident grave
23:31de moto.
23:32Ah moi j'ai cartonné plusieurs fois.
23:34En course automobile,
23:36en moto,
23:37en hélico,
23:38j'ai vécu un ou deux trucs
23:39un peu chauds.
23:40Oui, on va dire
23:41que la mort que je déteste,
23:43j'ai tiré pas mal de jokers.
23:46Oui.
23:47Et à un moment j'ai dit
23:48il doit me rester moins en moins
23:50de jokers quand même.
23:50Oui.
23:51Donc je me suis un peu calmé.
23:52À un moment vous vous dites
23:53quand je serai un jour au ciel,
23:55il y aura une génération de Chavannes
23:58qui passera à la télévision
23:59et je regarderai ça de là-haut
24:00et je me dirai tout ça pour ça.
24:02Alors je n'ai pas dit
24:03je regarderai ça de là-haut
24:04mais je dis oui.
24:07On voit bien
24:08quand quelqu'un compte,
24:10quand quelqu'un qui compte meurt,
24:12c'est voilà,
24:12une journée, deux journées
24:13et puis à part des phénomènes
24:16comme Johnny
24:17qui déplace des millions de gens
24:18sur son passage.
24:19Mais oui,
24:21je pense que la télé
24:21a quelque chose
24:22à ceci d'éphémère
24:24que déjà quand on tourne
24:25le bouton du programme
24:26elle est finie.
24:28Ce n'est pas une œuvre artistique
24:30théâtrale,
24:31ce n'est pas un livre,
24:32ce n'est pas une chanson,
24:33ce n'est pas une pièce,
24:34ce n'est pas un film,
24:35ce n'est pas un tableau.
24:36Voilà,
24:36c'est que de la télé.
24:38Néanmoins,
24:39j'y mets toute mon énergie
24:40et encore maintenant
24:41le samedi soir avec Léa,
24:43ça la met,
24:43donc à l'époque.
24:46Mais oui,
24:46j'ai tendance à me dire
24:48que...
24:50Oui,
24:50j'ai tendance à me dire
24:51tout ça pour ça
24:52si jamais on meurt
24:53et que ça donne
24:53parce qu'il est prêt,
24:55il est déjà passé
24:56et il avait cartonné
24:57sur une chaîne.
24:58TF1 là,
24:59je sais
25:00et je suis sûr
25:01que le jour
25:01où il m'en arrivera une merde,
25:02ils vont mettre ça
25:03dans la machine
25:04et puis voilà.
25:06Mais c'est la vie,
25:07c'est comme ça.
25:08Ça serait la centième ?
25:09La fameuse centième ?
25:10Non, non,
25:10ça s'appelle
25:10Génération de Chavannes
25:11dans laquelle il y a
25:12la centième aussi
25:14mais c'est tout un montage,
25:16c'est un prime time
25:16de deux heures
25:17avec tout ce que j'ai fait,
25:19coucou du ciel,
25:19machin.
25:20Oui,
25:20mais il y a aussi
25:21alors ceux qui disent
25:22mais de Chavannes
25:23il est odieux,
25:23il est insupportable.
25:24Il y en a qui répondent.
25:25Ceux qui ne me connaissent pas.
25:26C'est ceux qui ne me connaissent pas.
25:28Non mais je le dis
25:29très simplement,
25:30je n'ai rien contre eux
25:32à part qu'ils ont peut-être
25:33d'autres choses à faire
25:33que de dire des conneries.
25:34Moi je ne parle pas
25:35de gens sans les connaître
25:36et je ne porte surtout pas
25:37de jugement,
25:37y compris sur ceux
25:38que je connais.
25:39mais j'en parle souvent
25:40ça autour de moi.
25:41J'ai dit oui mais les gens,
25:43j'ai des potes qui me disent
25:44non mais ce n'est pas possible,
25:45il y a des gens qui disent
25:45non mais attends
25:46mais lui je le sais,
25:48machin.
25:48Il se trouve qu'ils parlent
25:49à des potes
25:49qui me connaissent par cœur
25:51et qui en plus
25:52sont les gens suffisamment
25:56dans la bonté,
25:57l'empathie
25:57et le regard sur l'autre
25:58pour ne pas se faire chier
25:59être pote avec moi
26:00si j'étais celui-là.
26:01Et donc ils disent
26:02mais en fait sur Twitter
26:04quelquefois
26:04j'en mets des gens
26:05à leur place
26:05en disant
26:05mais vous ne savez pas
26:06qui je suis en fait mon vieux.
26:08Pourquoi vous prenez
26:09tout ce temps
26:09pour écrire
26:10autant de choses
26:12désagréables
26:12sur un mec
26:13que vous ne connaissez pas ?
26:14Parce qu'on a envie de dire
26:15vous aimez les gens
26:17parce qu'on le sent
26:18derrière tout ça
26:18parce qu'il y a la carrière
26:20tout ça
26:20si on peut parler de carrière
26:21Mais si c'est une carrière
26:22oui mais quelque part
26:24c'est ça le fil conducteur
26:25Mais c'est impossible
26:26de faire ce que j'ai fait
26:27si je n'aime pas les gens
26:27les gens qui se sont permis
26:29de dire
26:29il y en a un ou deux
26:30ils savent de qui je parle
26:32officiellement
26:32que où j'étais ingérable
26:34ce qui n'est pas vrai
26:35je suis chiant
26:36je suis précis
26:37je suis pointilleux
26:39mais je ne suis pas ingérable
26:41j'écoute
26:42dès qu'il y a un bon conseil
26:44je suis le premier
26:45à l'attraper moi
26:45et j'apprends tous les jours
26:46on apprend tous les jours
26:47vous, moi
26:48on apprend tous les jours
26:49mais c'est impossible
26:52de faire des émissions de jeu
26:53avec des milliers de gens
26:54comme je l'ai fait
26:55comme j'ai ri avec eux
26:56et avec ce qui se passait
26:58entre nous
27:00moi je n'aurais pas su le faire
27:01en étant dans une posture
27:04je ne pouvais être que vrai
27:06enfin si je vous parle
27:07avec chaleur
27:09c'est que je me sens bien là
27:10sinon
27:12on se sentirait moins bien
27:13merci Christophe
27:15sans transition
27:17autobiographie
27:18chez Flammarion
27:18très sincère
27:20et vrai
27:20oui
27:21tout est vrai
27:22tout est vrai
27:24merci d'avoir été avec nous
27:25c'est gentil
27:25merci de m'avoir invité
27:26merci !
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