00:00Avec Néla Latrousse, et on sent bien, au milieu des discussions laborieuses pour le budget,
00:05que le PS essaye de prendre le plus de place possible.
00:07Ils sont 66, on le rappelle, à l'Assemblée.
00:1069 en comptant les défis.
00:1169 même, oh là là, ça va peut-être tout changer.
00:13Est-ce le PS qui mène la danse ?
00:14Vous savez, en politique, en tout cas, qui maîtrise l'agenda, maîtrise le récit.
00:17Et pour l'instant, c'est le Parti Socialiste qui dicte l'agenda médiatique.
00:21C'est Olivier Faure, Boris Vallaud, qui mettent sur la table des propositions,
00:25des contre-propositions, qui posent des ultimatums, des oucazes, hurlent les cadres du bloc central.
00:32Et c'est donc, de fait, le Parti Socialiste qui, effectivement, maîtrise le récit,
00:35qui obtient des victoires, victoire symbolique et virtuelle,
00:38puisque pour l'instant, rien n'est voté.
00:40Mais dans l'opinion publique, c'est le PS qui arrache la suspension de la réforme des retraites,
00:45dont on ne connaît pas encore les modalités précisément.
00:48Victoire aussi sur la justice fiscale, puisque Sophia l'a expliqué.
00:51A défaut de la taxe Zuckman, le PS propose un dispositif approchant.
00:55Alors, sauf que, vous le disiez, ce sont des victoires virtuelles.
00:58J'aime bien ce terme. Pourquoi c'est virtuel ?
01:00Parce que rien n'est voté.
01:01Et c'est ce qui explique même, d'ailleurs, la stratégie du PS de ces derniers temps.
01:06Est-ce que vous vous souvenez des fables de La Fontaine de Pierrette et le Potolet ?
01:11Adieu, vaux, vaches, cochons, couvées.
01:13Le PS voit bien ce qu'il peut tirer de ses victoires.
01:15Mais six victoires, il y a à la fin.
01:16Or, pour l'instant, le calendrier, il est extrêmement contraint.
01:19On le voyait à l'instant, il reste trois jours uniquement pour parler de ces mesures de justice fiscale
01:24proposées par le Parti socialiste.
01:26Et donc, au PS, on a peur de finir comme l'héroïne de Jean de La Fontaine,
01:30c'est-à-dire de se retrouver gros gens comme devant.
01:31Le plan A, c'est de gagner.
01:32Le plan B, on perd tous ensemble.
01:35Mise en garde adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu et aux députés du Bloc central,
01:39si on n'obtient pas nos victoires, il n'y a pas de budget, voire il y a dissolution.
01:44Et c'est là que le serpent se ment la queue.
01:45Parce que les députés du Bloc central se disent, si la dissolution est qu'on retourne aux urnes,
01:49on veut pouvoir défendre auprès de notre électorat,
01:51au moins une forme de rectitude intellectuelle et de ne pas avoir voté des mesures
01:55contre lesquelles on s'opposait.
01:57Est-ce que Sébastien Lecornu peut faire sans le PS ?
02:00Non. Arithmétiquement, il ne peut pas faire sans le PS. Pourquoi ?
02:03Parce que le PS est incontournable, d'abord, pour ne pas être censuré.
02:05Vous vous souvenez, la censure, c'est 289 députés.
02:07Quand le PS abstient, les gouvernements tiennent ce qui se passe avec François Bayrou en février,
02:10ce qui se passe avec Sébastien Lecornu, il y a à peine dix jours.
02:13Mais sauf que le gouvernement a aussi besoin des socialistes pour faire voter un budget.
02:17Là, l'abstention des 69 députés socialistes, s'il arrive à avoir en plus les écologistes avec,
02:24ça peut permettre de faire voter le budget.
02:27Elle est là la voie de passage.
02:29Mon raisonnement ne tient que si tout le monde vote comme il est censé le faire,
02:33c'est-à-dire aussi les députés du Bloc central, s'ils votent comme ils sont censés le faire,
02:37là aussi ce n'est pas fait.
02:39Donc vous voyez, ça complique un petit peu nos calculs arithmétiques.
02:42En fait, le gouvernement, il est pris dans des injonctions contradictoires.
02:44C'est un peu les vases communicants.
02:46Ce qui gagne côté PS, il le perd du côté des députés qu'il soutienne,
02:49notamment le centre, les Républicains.
02:51D'ailleurs, il n'y a qu'à voir comment les députés du Bloc central votent ces derniers jours.
02:54Tout, n'importe quoi, jamais ensemble.
02:57Le vote solennel, c'est mardi prochain.
02:58Le gouvernement n'a que quelques jours pour trouver cette voie de passage.
03:01Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires