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  • 3 months ago

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00:00– Bonjour et bienvenue en Tête à Tête sur France 24.
00:13Notre invité Jean-Louis Billon, ancien ministre ivoirien du Commerce,
00:17ancien pilier du Parti démocratique de Côte d'Ivoire, le PDCI,
00:21est désormais candidat à la présidence qui doit avoir lieu le 25 octobre
00:25à la tête d'une nouvelle coalition, le Congrès démocratique.
00:28Et il est avec nous depuis Abidjan. Bonjour M. Billon.
00:34– Bonjour.
00:35– Alors vous êtes donc sur la ligne de départ d'une élection
00:39où ne figurent ni Laurent Gbagbo, ni Pascal Afien-Guessant, ni Tijantiam,
00:44qui devaient concourir au nom du PDCI.
00:48Est-ce que du coup l'élection est une véritable élection ?
00:54– Oui, ça reste une véritable élection,
00:56parce que c'est la règle du jeu auquel nous participons.
01:04Ils ont été screenés, comme tout le monde, par le Conseil constitutionnel,
01:08et au final, ils n'ont pas été retenus.
01:10Bon, par le passé, d'autres candidats avaient été éliminés.
01:14Quand on pense à 2010, de nombreux candidats avaient été éliminés.
01:18En 2000 également, encore plus.
01:20Et pourtant, ça n'a pas empêché une élection et une alternance démocratique.
01:26– Est-ce que vous pensez que…
01:28– Nous avons une véritable élection.
01:29– D'accord.
01:30Est-ce que vous pensez que Laurent Gbagbo, qui avait son problème de condamnation,
01:34et Tijantiam, qui avait son problème de nationalité française,
01:38ont une part de responsabilité ?
01:40– Je pense que le cas de Laurent Gbagbo aurait pu être réglé politiquement,
01:50mais il aurait fallu des démarches politiques pour obtenir une amnistie générale.
01:55Mais Tijantiam a lui-même avoué qu'il ne connaissait ni la constitution,
01:58ni l'article 48.
02:00Donc, c'est une impréparation qui a amené son élimination, tout simplement.
02:04– Alors, vous, vous présentez donc comme indépendant,
02:10vous étiez un pilier, j'allais dire, du PDCI.
02:13– Non, je ne suis pas indépendant, je dois corriger,
02:17je suis candidat du Congrès démocratique.
02:21Indépendant, c'est sans étiquette, là j'ai une étiquette.
02:24– Oui, mais vous n'avez plus l'étiquette PDCI,
02:27le PDCI n'a toujours pas dit pour qui il voterait.
02:29Est-ce que vous pensez quand même que les militants du PDCI vont voter pour vous
02:35parce que c'est peut-être la clé de votre performance ?
02:39– Oui, je le pense sincèrement.
02:42Déjà, pour obtenir les parrainages, ils m'ont accompagné, ils m'ont soutenu,
02:46ils ont fait en sorte que je puisse obtenir les parrainages.
02:49Maintenant, sur le terrain, hier j'étais à un meeting à Dabou
02:53et les militants du PDCI étaient présents.
02:58Pareillement sur Cocody et demain sur Abobo, ils seront également présents.
03:04Depuis un certain temps, ils m'accompagnent partout
03:06et un bon nombre d'entre eux s'affichent clairement avec moi.
03:09Il faut savoir que dans le Congrès démocratique,
03:11nous sommes un certain nombre de militants du PDCI,
03:14également à faire partie du Congrès démocratique.
03:16– Est-ce que vous espérez toujours que le PDCI vous soutienne ?
03:21Est-ce que vous avez échangé avec Tijan Thiam ?
03:24Vous avez eu des mots très durs l'un envers l'autre,
03:26mais est-ce que depuis son exclusion, vous avez échangé ?
03:28Est-ce que ça reste possible ?
03:32– Non, ces derniers temps, bon, il faut dire qu'il n'est pas en Côte d'Ivoire,
03:35mais tout reste possible.
03:37Je pense que le plus important, c'est la Côte d'Ivoire
03:40et qu'on doit pouvoir mettre nos égaux de côté
03:41et obtenir une grande victoire pour le PDCI
03:45parce que je reste un militant du PDCI.
03:48Et je vous remercie de me donner cette occasion.
03:51J'appelle mon frère Tijan, mettons nos égaux de côté,
03:55pensons à la Côte d'Ivoire, pensons aux Ivoiriens d'abord
03:58et faisons en sorte que nous puissions obtenir une grande victoire,
04:02une belle victoire.
04:03Il peut être à mes côtés et nous travaillerons ensemble.
04:07– Alors Jean-Louis Billon, vous avez 60 ans
04:10et pourtant vous êtes le plus jeune de tous les candidats à cette élection
04:15dans un pays quand même où trois quarts de la population a moins de 35 ans.
04:19Comment est-ce que vous expliquez ce décalage
04:22entre la classe politique et la population ivoirienne ?
04:28– Alors justement, malheureusement, nous avons une classe politique
04:31qui reste trop longtemps aux affaires.
04:34Et je me bats depuis des années pour une nouvelle génération.
04:36Il y a une vingtaine d'années plus,
04:39je me présentais comme président de la Chambre de commerce
04:42de l'industrie de Côte d'Ivoire, j'étais déjà le plus jeune candidat.
04:45On m'avait reproché ma jeunesse et pourtant je l'avais emporté.
04:49Aujourd'hui, malgré mes 60 ans, je reste le plus jeune des candidats.
04:53J'aurais pu être candidat bien plus tôt,
04:55mais nous avons une classe qui reste,
04:58qui veut rester malheureusement trop longtemps.
05:00Je représente la nouvelle génération de cette classe politique
05:04et je pense que les Ivoiriens veulent voir une nouvelle génération accéder au pouvoir.
05:10Et je veux me battre justement pour l'emporter
05:11et faire en sorte que nous rajeunissions la classe politique dans son entièreté
05:15et que demain, on puisse accéder à la gestion de l'État
05:20beaucoup plus jeune encore.
05:21– Alassane Ouattara se targue d'un bilan positif.
05:27Vous êtes par ailleurs le premier employeur privé du pays.
05:31La Côte d'Ivoire marche bien.
05:33Pourquoi est-ce qu'elle marcherait mieux avec Jean-Louis Billon
05:36qu'avec Alassane Ouattara ?
05:38– Alors, je suis un des premiers à dire que son bilan est respectable,
05:45mais on peut faire mieux, on peut faire bien mieux que ça.
05:47Voyez-vous, la croissance de la Côte d'Ivoire
05:49repose essentiellement sur l'investissement public.
05:54Le secteur privé n'est pas véritablement le moteur de la croissance ivoire.
05:57Et avec un Jean-Louis Billon, ce sera le secteur privé
06:01qui sera le moteur de cette croissance.
06:03Avec un Jean-Louis Billon, ce seront les jeunes qui auront plus d'emplois.
06:07On va avoir plus d'investissement, plus de retours sur investissement.
06:11C'est toute la différence.
06:12Je le remercie, le président Ouattara,
06:14parce que le travail de construction d'infrastructures
06:18qui devait être fait, a été fait.
06:20Maintenant, nous devons passer à une autre phase.
06:22Et pour cette autre phase, il faut un autre type de leader,
06:25un autre type de gouvernance.
06:28Et je représente ce leadership et cette gouvernance.
06:32Il sera plus difficile pour Alassane Ouattara
06:35de convaincre les Ivoiriens de lui accorder 5 ans de plus
06:38que pour moi de convaincre les Ivoiriens de commencer par m'accorder 5 ans
06:42pour changer la Côte d'Ivoire.
06:44– Alors, vous avez lancé un appel à Tijan Thiam à vous soutenir.
06:50Quid de Laurent Gbagbo ?
06:51Parce que c'est vrai que vous êtes des ennemis politiques.
06:54Mais enfin, si je me souviens bien, en 2000, vous avez appelé à voter pour lui.
06:59Vous lui avez également rendu visite à La Haye
07:02pendant sa détention lors de son procès dans la Cour pénale internationale.
07:08Est-ce que là aussi, vous pensez que, puisqu'il ne peut pas se présenter,
07:14certes, il y a un candidat qui est issu de son parti à Ouadon Melo.
07:18Est-ce que vous l'appelez à vous soutenir ?
07:20– Je pense qu'au moment crucial, le président Laurent Gbagbo se souviendra
07:29qu'en 2000, quand il a eu besoin de nous, nous étions là.
07:33Et que s'il a pu accéder au pouvoir, c'est précisément parce que le secteur privé ivoirien
07:40que je représentais à l'époque lors de sa convention s'était affirmé pour lui.
07:45Sinon, on aurait eu des militaires au pouvoir aujourd'hui.
07:47Donc, ils s'en souviendront et toute notre amitié qui est reconnue de tous,
07:55même si nous sommes des adversaires politiques,
07:57parce qu'idéologiquement, ils représentent la gauche et je suis de droite,
08:02au moment de faire un choix pour la présence de la République,
08:06je ne doute pas du choix qui penchera vers moi.
08:09– Est-ce que vous avez des doutes sur la transparence du scrutin à venir ?
08:13On sait que l'opposition a réclamé une réforme de la commission électorale indépendante,
08:18une surveillance des bureaux de vote.
08:19Est-ce que vous êtes confiant que le scrutin se passera bien d'un point de vue de la transparence ?
08:25– Alors, pour ma part, je m'organise pour que nous soyons représentés dans l'ensemble des bureaux de vote.
08:33Nous avons un peu moins de 26 000 bureaux de vote et nous serons représentés dans ces 26 000 bureaux de vote.
08:40Donc, je pense que le scrutin devrait bien se passer, mais on ne peut pas savoir par avance.
08:47– Est-ce que vous pensez sincèrement, étant donné que vous, comme tous les autres candidats à part Alassane Ouattara,
08:54n'ont pas d'appareil politique expérimenté qui a l'habitude du terrain et le maillage territorial,
08:59est-ce que vous pensez vraiment que vous pouvez arriver peut-être au second tour
09:05et même gagner contre Alassane Ouattara, étant donné cet état de fait ?
09:11– Vu les moyens que nous mettons en œuvre, le déploiement que nous faisons
09:17sur l'ensemble du territoire national et le retour que nous avons des électeurs,
09:22je le pense sincèrement. Je veux pousser Alassane Ouattara à arriver au deuxième tour
09:29si je ne l'emporte pas dès le premier tour et offrir aux Ivoiriens un débat de haute facture
09:36entre le président sortant et Jean-Louis Billon.
09:41Ce serait pour la démocratie une victoire.
09:46– Dernière question, de façon très concrète, il y a une question qui agite beaucoup la Côte d'Ivoire,
09:50mais d'autres pays de la région, c'est le franc CFA.
09:53Si vous êtes élu comme vous semblez le croire, est-ce que vous sortez du franc CFA,
09:58vous le gardez, qu'est-ce que vous faites ?
10:02– La question sur le franc CFA est un vieux débat aujourd'hui,
10:07puisque au niveau de la CDAO, nous avons déjà décidé de basculer sur une nouvelle monnaie qui est l'écho.
10:13Donc je sais qu'il y a des équipes qui y travaillent fortement.
10:16Donc nous sortirons du franc CFA et nous basculerons sur l'écho.
10:20Maintenant, il faudrait que l'écho réponde aux attentes des milieux financiers
10:24et de l'ensemble de la population,
10:27parce que la monnaie est une chose trop sérieuse pour en débattre légèrement.
10:31– Jean-Louis Billon, merci beaucoup d'avoir répondu aux questions de France 24 depuis Abidjan.
10:37Et merci à vous d'avoir suivi cette émission sur nos antennes.
10:41– Merci.
10:43
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