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Pierre de Vilno reçoit Manuel Valls, ancien Premier ministre et ex-ministre des Outre-Mer, dans #LeGrandRDV, en partenariat avec Europe 1 et Les Echos

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00:00Bonjour à tous, bienvenue au Grand Rendez-vous Europe 1 C News, les échos. Bonjour Manuel Valls.
00:05Bonjour.
00:06Merci d'être avec nous, c'est votre Grand Rendez-vous ce dimanche, ancien Premier ministre et tout récemment encore ministre d'État et des Outre-mer.
00:12Un poste que vous auriez souhaité conserver puisque vous vouliez suivre vos dossiers, notamment l'épineux dossier de la Nouvelle-Calédonie.
00:20Avec vous ce matin, nous allons faire le décryptage de la situation du pays, des forces politiques en place, des socialistes, votre famille politique qui menace déjà de censurer.
00:30Nous allons vous demander maintenant que votre parole est peut-être plus libre. Comment vous voyez la suite ?
00:36Et je sais que vous n'êtes pas forcément pour le retour du clivage gauche-droite que tant veulent pour 2027.
00:42La France a besoin en tout cas de réformes structurelles, vous en conviendrez, de remettre les Français au travail, de purger dans les dépenses, d'assécher les aides en tout genre.
00:49Tout le monde est-il prêt à cela ? Et puis nous évoquerons aussi la paix fragile au Proche-Orient.
00:54Est-elle possible lorsque le Hamas fait s'agenouiller des Palestiniens avant de leur tirer des balles dans la tête ?
01:00Ce conflit qui sans cesse revient chez nous et qui alimente en France l'antisémitisme grandissant.
01:06Pour vous interroger ce matin, Stéphane Dupont-Deséchos, bonjour Stéphane.
01:08Bonjour.
01:09Et Mathieu Bocoté, bonjour Mathieu.
01:10Bonjour.
01:11Manuel Valls, il y a encore quelques semaines, vous étiez numéro 3 du gouvernement, vous étiez ministre d'État en charge des Outre-mer.
01:16Comment est-ce qu'on vous a expliqué cette non-reconduction ?
01:21En vous répondant et peut-être en essayant avec vous bien évidemment de prendre de la hauteur, mais évidemment je vais vous répondre.
01:29Je vais placer peut-être cette émission au niveau de la gravité du moment.
01:34Vous l'évoquiez, le pays fait face à des finances dégradées comme jamais.
01:38On va y venir, mais juste sur cette question-là.
01:41C'est pour ça que je vous réponds.
01:42Dettes et déficits publics, un pays sous surveillance, des agences de notation et des marchés.
01:52Et puis nous vivons une crise politique sans précédent, nous allons l'évoquer, avec une crise de régime possible, une crise de la démocratie.
01:59Et puis surtout un rejet profond, un dégoût exprimé par nos compatriotes à l'égard des responsables politiques.
02:07Et je pourrais rajouter, quand on lit la presse internationale, l'impact des images concernant le casse du Louvre
02:13ou l'entrée d'un ancien président de la République en prison.
02:17Et à l'étranger, on ne comprend plus ce qui se passe en France.
02:20Donc, je veux dire très honnêtement que, dans ce contexte-là, ma personne a peu d'importance.
02:28Même si, évidemment, j'ai été indigné de la décision qui a été prise par le président de la République.
02:32Vous avez parlé de mesquinerie et de cynisme.
02:34Oui, donc une forme d'indignation, pas seulement à mon égard, parce qu'au fond, j'ai déjà été au gouvernement
02:39et un remaniement ministériel peut vous amener à partir.
02:43Mais j'avais été confirmé une semaine avant, lors d'un dîner avec tous les élus ultramarins à l'Elysée,
02:51les choses, me semble-t-il, étaient très claires.
02:53Il y avait des dossiers à poursuivre, vous l'avez évoqué, la Nouvelle-Calédonie,
02:57le texte de loi sur la vie chère, qui va être débattu la semaine prochaine au Sénat,
03:04et des réformes institutionnelles importantes concernant la Guyane, la Martigny et la Guadeloupe.
03:09Est-ce qu'il y a eu des divergences, Manuel Valls, entre vous et le président de la République,
03:12parce que sur le dossier calédonien, sur lequel vous êtes beaucoup investi,
03:15à un moment, on a senti qu'il y avait quand même eu du tirage.
03:17Est-ce que le président n'a pas voulu, à cette occasion, se débarrasser de vous ?
03:20Peut-être, mais c'est normal qu'il y ait des divergences,
03:23puisque j'avais été, avant d'être nommé au gouvernement,
03:26ce fut une proposition de François Bayrou,
03:27j'avais marqué, de manière très nette, mes critiques sur la manière dont le dossier calédonien avait été piloté.
03:34Vous étiez considéré comme trop proche des indépendantistes, y compris par le président de la République.
03:38Non, je voulais changer, je voulais revenir, au fond, à ce qu'avait été la doctrine,
03:43la ligne impulsée par Michel Rocard et Lionel Jospin,
03:47c'est-à-dire où l'État joue son rôle, une forme de neutralité, en tout cas,
03:52pour essayer de trouver le chemin de la paix,
03:54et surtout de la reconstruction économique et sociale, dont la Nouvelle-Calédonie a besoin.
03:58Alors, nous arriverons au fond des choses très bientôt,
04:01mais simplement sur le contexte politique, encore une fois.
04:03On a pu avoir l'impression que Sébastien Lecornu, ou peut-être même Emmanuel Macron,
04:08avaient voulu se délivrer des politiques poids lourds.
04:10Donc, avoir un gouvernement, quasiment un gouvernement technique qui ne dit pas son nom,
04:14très peu de figures politiques lourdes,
04:15est-ce que, de ce point de vue, vous n'avez pas été sacrifié avec d'autres politiques,
04:18dans un macronisme qui est la tentation du gouvernement technique ?
04:21Oui, sans doute, et le départ volontaire de Bruno Retailleau a sans doute accéléré ce mouvement,
04:27mais là aussi, vous avez raison de souligner, au fond,
04:31et c'est ce que j'ai dit moi-même il y a quelques jours dans un entretien au Point,
04:35où depuis déjà quelques années, on assiste à une forme de destruction de la politique.
04:41Par Emmanuel Macron ?
04:43Par Emmanuel Macron, par la nomination d'un certain nombre de premiers ministres
04:46qui n'enlèvent rien à leur qualité politique, technique ou humaine,
04:52mais où, au fond, le premier ministre doit être un collaborateur,
04:56les ministres ne doivent pas avoir de personnalité politique,
04:59les partis politiques n'existent plus,
05:02et on se retrouve avec un président de la République, seul, face au peuple.
05:07C'est ce qui explique, me semble-t-il, aussi, c'est un des éléments de la crise politique.
05:12Quand vous avez une personnalité comme Elisabeth Borne, ou Manuel Valls, ou Bruno Retailleau,
05:17qui portent un certain nombre de dossiers, qui ont leur franc parler,
05:19qui s'expriment aussi au sein du Conseil des ministres,
05:23j'ai toujours pensé, moi, qu'en travaillant avec des gens qui ont des personnalités,
05:26on fait avancer les choses.
05:27J'ai eu la chance d'être Premier ministre, avec, à mes côtés,
05:31Laurent Fabius, Jean-Yves Le Drian, Bernard Cazeneuve, Michel Sapin,
05:36Najavalo Belkacem, etc.
05:37C'est des personnalités qui avaient leur propre pensée, qui n'hésitaient pas,
05:41ou, je pense, à Marisol Touraine, à débattre, à contester,
05:45à interroger les décisions qu'on pouvait prendre.
05:47Et ensuite, le président de la République et le Premier ministre arbitrent.
05:49Vous faites une comparaison avec ces socialistes-là,
05:52et les socialistes d'aujourd'hui.
05:54On dit que les socialistes d'aujourd'hui ont voulu votre tête au gouvernement.
05:59Est-ce que vous répétez que c'est faux et grotesque,
06:02comme vous l'avez dit à mes confrères Dupont ?
06:04C'est une explication qui m'a été donnée par Emmanuel Macron lui-même,
06:08qui, effectivement, ne tient pas la route, je le dis avec d'autres mots,
06:12mais enfin, qui est fausse et grotesque.
06:14Et d'ailleurs, ces responsables socialistes ont eu l'occasion de le dire.
06:18Au moins, il faut reconnaître quelque chose.
06:19Depuis quelques mois, non seulement j'avais réussi à faire en sorte qu'en Nouvelle-Calédonie,
06:22tout le monde se remette autour de la table pour discuter,
06:26mais je travaillais avec tous les groupes politiques, tous,
06:28tous ceux de l'hémicycle, et avec l'ensemble des parlementaires,
06:31dont une très grande majorité, d'ailleurs, viennent de la gauche,
06:34mais pas seulement, puisque, en général, ces dossiers ultramarins,
06:38je cherchais à les sortir du débat politique de l'hémicycle,
06:44parce qu'il s'agissait de trouver le chemin de la paix en Nouvelle-Calédonie,
06:47de reconstruire ce territoire, mais aussi, évidemment,
06:51le territoire de Mayotte éprouvé par un cyclone.
06:54Nous avons voté deux textes de loi à une très large majorité.
06:57Pour la reconstruction de Mayotte.
06:59Est-ce que votre départ du gouvernement met en péril le processus
07:02qu'on a appelé de bougival sur la Nouvelle-Calédonie ?
07:05Est-ce que ça risque de tout faire capoter ?
07:06C'est déjà mal engagé, puisque le FLNKS s'est retiré de la signature ?
07:10C'est un dossier toujours fragile,
07:12mais cet accord dit de bougival le 12 juillet dernier,
07:16il faut toujours le rappeler,
07:17est soutenu par l'immense majorité de la population,
07:20par beaucoup de forces politiques,
07:22dont des forces indépendantistes,
07:24comme le Palika ou l'UPM,
07:25qui sont des signataires des accords de 88 et de 98.
07:29Mais il faut évidemment poursuivre la discussion,
07:32rentrer dans la négociation,
07:33faire en sorte que le FLNKS rentre aussi dans cet accord de bougival,
07:39moyennant évidemment des accords,
07:40mais qui concernent l'ensemble.
07:42Et puis le Parlement, le Sénat et l'Assemblée nationale,
07:44au moment de la réforme constitutionnelle,
07:46auront évidemment un rôle essentiel à jouer.
07:48Donc moi je ferai tout, évidemment à ma place et en conseil,
07:53pour soutenir ce processus,
07:55non seulement parce que je l'ai porté,
07:57mais parce qu'il me semble dominé par l'intérêt général,
08:01pour la Nouvelle-Calédonie,
08:02mais aussi évidemment pour la France.
08:04On va revenir sur les Outre-mer, sur la Nouvelle-Calédonie.
08:05Tout à l'heure, je voulais juste qu'on reste sur ce carcan des socialistes,
08:08vos collègues socialistes.
08:10Je voulais en fait avoir une question un peu profonde,
08:13savoir est-ce que vous vous sentez socialiste aujourd'hui,
08:17au même titre que les socialistes d'aujourd'hui,
08:19qui imposent une taxe Zuckmann,
08:21qui veulent suspendre la réforme des retraites,
08:23qui est compensée par les retraités justement,
08:25le reste des classes moyennes et complémentaires de la santé,
08:27qui veulent taxer les héritages, le patrimoine,
08:30les plus riches de ce pays,
08:31qui peut-être vont se poser la question de savoir
08:34s'ils restent en France ou pas.
08:35Est-ce qu'il y a un tronc commun entre Manuel Valls,
08:38le socialiste que vous êtes ou que vous étiez,
08:41avec aux côtés, vous l'avez dit,
08:43de Jean-Yves Le Drian, de Marisol Touraine et des autres,
08:46et puis ceux d'aujourd'hui ?
08:47Pierre Delignot, j'ai quitté le Parti Socialiste en 2017.
08:51Oui, mais votre cœur bat d'une certaine manière.
08:53J'ai même dit, mais ça nous amènera à un débat trop théorique,
08:57que le mot socialisme était mort,
08:59parce qu'il avait été inventé au XIXe siècle.
09:01Je pense même que la social-démocratie
09:03connaît une crise à cause de la globalisation,
09:05la crise de l'État-providence, etc.
09:10Donc, je me considère comme un républicain,
09:12un républicain de gauche,
09:14avec des références qui sont celles, évidemment,
09:17de Clémenceau, des grands républicains du XIXe siècle.
09:20Mais c'est une référence facile,
09:21si je peux me permettre, républicain,
09:22à l'Assemblée, vous posez la question à chacun,
09:23tout le monde se dit républicain.
09:25Oui, oui, mais tout le monde se dit gaulliste.
09:26Non, mais je ne suis pas en train de dire
09:27que les autres ne le sont pas.
09:28Je dis que moi, je me définis comme un républicain de gauche,
09:31avec des références qui peuvent être celles de Valdez-Grousseau,
09:35Clémenceau, d'autres, bref.
09:36Mais au temps présent, qu'est-ce que ça veut dire ?
09:38Parce que globalement, il y a trois groupes.
09:39Il y a le bloc dit national,
09:41il y a la gauche plus ou moins radicale,
09:43il y a le bloc central.
09:44Vous vous sentez appartenir à un des trois camps particuliers ?
09:47Moi, c'est précisément...
09:48La politique est quelque chose d'appartenance.
09:50Oui, mais je pense que d'abord, ça part d'idées, de valeurs.
09:54Je pense que nous sommes dans un moment où il faut unir.
09:56On a besoin d'un redressement national
09:58par rapport à tous les défis que nous évoquions
10:00au début de cet entretien.
10:03Il faut défendre évidemment la laïcité,
10:05face tout particulièrement à la montée de l'islamisme,
10:09combattre la haine des juifs,
10:10parce que c'est quelque chose qui dit beaucoup
10:12de ce qu'est la société,
10:14réponde aussi à l'attente puissante de ce pays
10:16en termes de justice,
10:17et notamment de justice sociale.
10:19Et ça, les socialistes d'aujourd'hui
10:20ne sont pas capables de le faire ?
10:21C'est ça que vous dites ?
10:22Est-ce qu'ils ont dérivé,
10:24pour rebondir sur la question de Pierre,
10:25par rapport aux socialistes qu'il citait tout à l'heure
10:27quand vous étiez avec François Hollande ?
10:28Est-ce que les socialistes d'aujourd'hui
10:29sont très différents de ceux que vous aviez fréquentés ?
10:32Oui, bien sûr.
10:33Est-ce qu'ils ont dérivé ?
10:33Un certain nombre d'entre nous sommes partis.
10:35Je n'ai pas été le seul à partir.
10:37Vous citez Jean-Yves Le Drian,
10:38vous pourrez citer aussi Bernard Cazeneuve.
10:40Mais je me réjouis d'un élément.
10:43C'est que les socialistes,
10:44ces dernières semaines,
10:46ont donné le sentiment,
10:47et pas seulement le sentiment,
10:48qu'ils se détachaient de la stratégie passée,
10:50en tout cas celle imposée par la France insoumise,
10:54en cherchant une voie de compromis
10:56avec le gouvernement.
10:58Après, on parlera du fond de ce compromis
11:00pour faire en sorte que le pays se dote d'un budget
11:04et évite des élections législatives
11:06qui pourraient semer le chaos.
11:08Donc, pas de dissolution,
11:10dit Manuel Valls ce matin sur Europe 1 et sur ce jour.
11:11Cet esprit de responsabilité
11:15chercher un compromis
11:17me paraît intéressant
11:19parce que ça veut dire que, d'une certaine manière,
11:21il renoue ou il renouerait
11:22avec la culture de gouvernement,
11:25avec la responsabilité.
11:27Je ne dis pas que c'est solide.
11:29Il menace de censure après tous les deux jours.
11:31Oui, mais on va y venir
11:33parce que c'est tout le paradoxe du moment.
11:36C'est un compromis court terme.
11:39On cherche à gagner du temps,
11:40mais il n'y a pas de vision stratégique
11:43pour un compromis plus large
11:44qui permettrait au pays de sortir de la crise.
11:47Une pause et on revient avec Manuel Valls
11:49au Grand Rendez-vous.
11:49Restez bien sur Europe 1 et sur CNews.
11:52Toujours sur le plateau du Grand Rendez-vous
11:58avec Manuel Valls, ancien Premier ministre
12:01et tout récemment encore ministre des Outre-mer.
12:03On parlait des socialistes.
12:06Moi, à chaque fois qu'on me parle de socialisme,
12:09me vient en tête cette phrase de Margaret Thatcher
12:11qui disait le problème avec les socialistes,
12:13c'est qu'on finit par dépenser tout l'argent des autres.
12:15Est-ce que ce n'est pas, j'allais dire,
12:17le carcan des socialistes d'aujourd'hui
12:20que sont Olivier Faure, Boris Vallaud
12:21qui demandent des taxes dans tous les sens ?
12:24Après Margaret Thatcher, il y a eu Tony Blair
12:26qui a rénové en profondeur la gauche britannique.
12:32Mais vous ne pensez pas que c'est un problème français
12:34d'une manière générale ?
12:35C'est-à-dire que la dépense publique,
12:38l'augmentation de la dépense publique,
12:40les déficits que nous connaissons,
12:42une dette à 3 500 milliards,
12:45à 116% du produit interne brut.
12:47Vous voulez me dire qu'il y a une seule personne
12:48qui est responsable de ce chaos ?
12:49Mais je vais y venir, mais c'est...
12:50Non, mais c'est...
12:51Et avec une dette qui va croître à 130%,
12:54nous allons dépasser l'Italie.
12:56Donc, le quoi qu'il en coûte,
12:58ça n'est pas le fruit des socialistes.
13:01Moi, quand je suis parti comme Premier ministre,
13:03il y avait préparé un budget qui a été exécuté
13:06autour de 3% des déficits, du déficit public.
13:09Donc, ça veut dire que c'est le bon chiffre
13:11pour commencer à faire baisser la dette.
13:14Mais dans la conjoncture actuelle,
13:15est-ce qu'il n'y a pas un autre élément ?
13:16C'est qu'il y a deux questions possibles.
13:18Soit baisse des dépenses,
13:19soit augmentation des impôts d'une manière ou d'une autre.
13:22Et manifestement, même jusqu'à droite,
13:24on se dit qu'il y a encore de l'argent à taxer,
13:26encore des impôts imposés.
13:27Il n'y a pas de redressement possible des comptes publics
13:30sans la contribution de tous.
13:32de tous, évidemment.
13:33Vous n'avez pas l'impression
13:34que tous contribuent déjà beaucoup ?
13:35Et donc des plus hauts revenus
13:36à l'effort national nécessaire,
13:38puisqu'il y a une passion,
13:40c'est ainsi la France,
13:41pour la justice sociale et l'égalité.
13:44Ça veut dire quoi, la justice sociale ?
13:45Ça, c'est très important.
13:46Ça veut dire que chacun participe à l'effort
13:49en fonction de sa propre capacité.
13:53Ça vous paraît légitime ?
13:55Ça, c'est un élément essentiel,
13:57parce que sinon, le pays bascule dans la jacquerie,
14:01dans la radicalité, dans la violence.
14:04C'est presque la logique du chantage.
14:05Non, mais je parle des Français en général,
14:09nous l'avons vu notamment,
14:10et pas seulement à l'occasion des Gilets-jeux.
14:12Il faut taxer plus les riches
14:13pour calmer le plan, c'est ça ?
14:16Non, je dis qu'il n'y a pas
14:16de redressement possible des comptes publics
14:18sans la participation de tous.
14:20Mais, il ne faut pas faire croire aux Français
14:23que cela va résoudre les problèmes du pays,
14:27et notamment de sa dette
14:29et de ses déficits publics.
14:30Et c'est pour ça qu'il faut, en effet,
14:31une maîtrise de la dépense, d'une part,
14:34et de réformes structurelles, d'autre part.
14:37Mais on ne le fait jamais,
14:38les réformes structurelles, Manuel Valls.
14:40Oui, mais je pense que nous sommes dans un moment,
14:42on pourrait dire que nous sommes au bord du gouffre.
14:44Nous sommes dans un moment
14:45où la conjonction d'une situation internationale
14:48particulièrement grave...
14:49En 2007, François Fillon,
14:50qui était Premier ministre,
14:51disait que je suis à la tête d'un État en faillite.
14:54Le gouffre, il est visible à n'importe quel point.
14:56Oui, mais à force de dire pardon...
14:58A force de dire que tout se ressemble,
15:00on oublie aussi qu'il y a eu des périodes
15:03où on a réussi à maîtriser davantage
15:05ces déficits publics.
15:07Encore une fois, quand je pars comme Premier ministre,
15:09on est...
15:10Quand François Hollande quitte l'Elysée,
15:12nous sommes à 3%...
15:13Qui n'a fait aucune réforme structurelle.
15:14Nous sommes à 3%, oui,
15:15mais nous sommes à 3% de déficit public.
15:17Il y a eu une réforme des retraites,
15:18on l'oublie trop souvent,
15:19qui consistait à allonger la durée de cotisation,
15:23c'est la réforme de Touraine.
15:24Mais aujourd'hui, si nous ne reprenons pas
15:28notre propre destin en main,
15:30si nous ne maîtrisons pas cette dépense publique,
15:32si nous ne prenons pas des décisions courageuses,
15:33regardez, prenons le dossier des retraites,
15:36et d'une manière générale, de la dépense sociale.
15:38Vous êtes pour la suspension ?
15:39La suspension était la condition
15:44pour permettre le dialogue,
15:46pour ne pas qu'il y ait une motion de censure.
15:48Ça va coûter très très cher.
15:49Attendez, laissez-le répondre.
15:50Si je peux répondre.
15:51Mais la suspension,
15:53ça ne peut pas être l'illusion,
15:56il ne peut pas y avoir,
15:57il ne pourrait pas y avoir,
15:58une réforme des retraites,
15:59et d'une manière générale,
16:00de la dépense sociale.
16:022 000 des 3 500 milliards d'euros
16:04de la dette actuelle
16:05concernent les prestations sociales,
16:07et concernent aussi, évidemment,
16:09le système des retraites.
16:11Donc, si on suspend,
16:13c'est pour faire une réforme.
16:15Et cette réforme,
16:16elle doit tenir compte de quoi ?
16:16D'abord, évidemment,
16:17des questions financières, bien sûr,
16:19et deuxièmement, de la démographie,
16:21liée notamment à l'espérance de vie,
16:23à l'allongement de la durée de vie.
16:24Donc, si on ne fait pas une réforme
16:25en profondeur structurelle,
16:27il y en avait une sur la table en 2019,
16:31c'est-à-dire la réforme par points
16:32que je défends depuis des années,
16:33que la CFDT...
16:34Qui revient, M. Farandou,
16:35voudrait remettre ça sur le tapis.
16:37Mais donc, ça passe par une négociation
16:39avec les partenaires sociaux,
16:40par un débat au Parlement.
16:42Mais l'idée qu'on suspende
16:43pour ne faire aucune réforme
16:45et revenir même en arrière aux 62 ans
16:47n'a aucun sens
16:49à un moment où, sans doute,
16:50il faut travailler davantage
16:52pour produire plus.
16:53Parce que c'est bien le problème
16:54aujourd'hui de la France.
16:55Et François Bayrou, il y a quelques mois,
16:57en avait fait parfaitement le diagnostic.
16:59Parce que ce qui est étonnant
17:00dans le débat actuel,
17:01c'est qu'on a le sentiment
17:02que tout le débat que nous avons eu
17:03il y a quelques semaines
17:04sur le niveau de la dette
17:06et des déficits publics
17:06a disparu.
17:07Oui, mais justement,
17:08ce n'est pas un déficit public.
17:08Il n'y a plus aucun sens.
17:09Donc, pardon, Mathieu Bocoté,
17:11oui, il faut une réforme des retraites.
17:15Elle passera forcément
17:16par des mesures d'âge,
17:17par un allogement des cotisations,
17:19par le fait qu'on travaille davantage.
17:21Mais la retraite par points,
17:22même si c'est difficile
17:23à mettre en œuvre,
17:24je vous l'accorde,
17:25elle doit tenir compte davantage
17:27de la question de la pénibilité,
17:28des carrières longues,
17:29des carrières à chez des femmes,
17:30etc.
17:30Et c'est là où on introduit
17:31la justice.
17:32Mais on a besoin d'une réforme
17:34parce que s'il n'y a aucune réforme,
17:35mais pour l'instant,
17:36on ne la suspend pas.
17:36Celle actuelle qui va jusqu'à 64 ans
17:38avec 42 années d'annuité.
17:41On ne la suspend pas
17:42et ça servira de base
17:43pour cette réforme
17:44que vous proposez.
17:45Alors est-ce que c'est au moment
17:46du grand débat présidentiel de 2027 ?
17:48On pourra rajouter des points
17:48ou de la capitalisation ?
17:50Mais n'entretenons pas l'illusion
17:51que cette suspension
17:53qui est liée à un choix politique
17:56qu'on peut comprendre,
17:58qui était créer les conditions
17:59de la stabilité
18:00pour permettre à la France
18:01d'avoir un budget,
18:02ne peut pas exonérer
18:03l'ensemble des responsables politiques
18:05d'une véritable réforme
18:07en profondeur
18:08de notre système de retraite.
18:09Nous le savons.
18:10D'ailleurs, les mêmes Français
18:11qui se sont opposés...
18:12Vous êtes très optimiste,
18:13Manuel Blas,
18:14quand on regarde les débats
18:14qui ont lieu actuellement
18:15à l'Assemblée
18:16qui ont commencé
18:16dans l'hémicycle
18:17sur le budget,
18:19les économies,
18:19il n'y en a pas.
18:20On ne parle que de hausses d'impôts.
18:21Pour le moment, oui.
18:23Je suis comme vous,
18:24le débat,
18:25y compris ce dimanche
18:26qui se passe à l'Assemblée nationale.
18:28Non.
18:29Le risque que nous avons
18:30suite à ce compromis
18:31qui a permis d'éviter la censure,
18:33c'est que le gouvernement,
18:34le corps nu,
18:35échoue au fond
18:36sur la seule mission
18:38qui pourtant lui avait été exigée,
18:41donner un budget à la France.
18:42Et ce budget ne peut être basé
18:44le budget des comptes publics
18:45comme de la Sécurité sociale
18:46que sur des bases sérieuses.
18:48Parce que si c'est une augmentation
18:49des dépenses
18:51et une augmentation
18:51de la fiscalité
18:53d'une manière générale,
18:55là, on va évidemment
18:56droit dans le mur.
18:57Est-ce que vous trouvez
18:58normal l'absence
18:59de prise de parole
19:00du président de la République
19:02sur cette question-là ?
19:03Le président de la République
19:05est le principal responsable
19:07de la crise
19:09que nous connaissons.
19:10Et notamment
19:11de la crise politique,
19:12de la crise institutionnelle,
19:13de la crise démocratique.
19:15Alors bien sûr,
19:16cette crise démocratique,
19:18elle est plus large,
19:19elle est liée à la globalisation,
19:20au sentiment que
19:21les États
19:21et les responsables politiques
19:23font preuve
19:26d'une forme
19:27d'impuissance.
19:28Mais dans notre système
19:29institutionnel,
19:31la clé de voûte
19:31de la Ve République,
19:33élue au suffrage universel,
19:34c'est le président de la République
19:35dont le principal responsable,
19:37c'est évidemment
19:38Emmanuel Macron.
19:40Dans deux domaines.
19:40D'abord dans le domaine politique,
19:42notamment depuis 2022.
19:44Pas de campagne présidentielle,
19:46il n'a pas écouté
19:46le message des Français,
19:48il n'a pas tenu compte
19:48de la majorité relative
19:50issue des élections législatives
19:52de 2022.
19:54Il n'a pas voulu
19:54une coalition
19:55avec les Républicains
19:56alors que c'était possible.
19:57Il a engagé
19:57une réforme des retraites
19:58particulièrement brutale.
20:00C'est comme ça
20:00que l'ont ressenti
20:01les Français
20:02en niant le rôle
20:03notamment des partenaires sociaux.
20:06Il a dissous
20:07l'Assemblée nationale,
20:08décision funeste
20:08et incompréhensible
20:09et progressivement,
20:10il a détruit
20:11d'une certaine manière
20:12la politique,
20:13même s'il y a d'autres responsables
20:14dans les formations politiques,
20:15bien évidemment.
20:17Et il est probable
20:17que la confusion
20:18et le désordre
20:19soient la marque
20:20de ce quinquennat.
20:21Et ce désordre,
20:22c'est lui évidemment
20:23qui l'a provoqué.
20:24Et puis il y a eu
20:25les choix évidemment
20:25financiers,
20:27budgétaires.
20:27La crise financière,
20:28c'est lui aussi ?
20:29Non, je ne veux pas
20:30être caricatural.
20:31Mais enfin,
20:32quand il y a eu
20:32la crise des Gilets jaunes,
20:35on a répondu
20:36par des mesures financières.
20:38Quand il y a eu
20:38la crise du Covid,
20:39ça a été 100%
20:40de remboursement
20:42et d'aide,
20:43ce qu'on peut essayer
20:43de comprendre.
20:45Quand il y a eu
20:45la crise énergétique,
20:47il y a eu des boucliers
20:48et des chèques.
20:49Donc il y a eu
20:50un moment
20:50où, évidemment,
20:52cela a eu
20:53comme conséquence
20:54une augmentation,
20:55même s'il y a une crise
20:56des recettes aussi
20:57que je n'oublie pas,
20:58il y a eu une crise,
20:59évidemment,
21:00des dépenses publiques,
21:01donc des déficits
21:02et de la dette
21:03en augmentation.
21:04Donc forcément,
21:05celui qui donnait
21:08des leçons
21:08sur la manière
21:09dont on gère
21:10un pays
21:10en 2017,
21:12se retrouve face
21:14à ses propres responsabilités
21:16dont la plus grande,
21:17me semble-t-il,
21:18est aujourd'hui
21:18la crise politique
21:19qui est même provoquée
21:20par la dissolution.
21:21Mais la crise politique,
21:22est-ce qu'elle n'est pas
21:22antérieure à la dissolution ?
21:24Quand, depuis 2017 environ,
21:26le président de la République
21:27n'obtient qu'une forme
21:28de majorité négative ?
21:29J'entends par là,
21:30il se fait élire
21:31par le cordon sanitaire.
21:33C'est moi ou le chaos,
21:34moi ou le fascisme,
21:35moi ou l'extrême droite.
21:36Mais quand vous vous faites
21:36moins élire sur un projet
21:37que sur l'idée
21:38qu'une forme d'antifascisme
21:40résiduel,
21:40est-ce qu'à terme,
21:41quand vient le temps
21:41de gouverner,
21:42il ne vous manque pas
21:42quelque chose ?
21:43Je ne suis pas d'accord
21:43parce qu'en 2017,
21:45il faut bien le reconnaître,
21:46il est élu sur une espérance
21:47et notamment sur une forme
21:49de remplacement
21:50des vieux partis politiques.
21:51Une forme de dégagisme
21:52centriste.
21:52Oui, j'avais parlé
21:53d'une forme de populisme light,
21:55j'avais utilisé cette expression
21:57en septembre 2016.
22:00Ce n'est pas que ça,
22:01l'électorat,
22:01c'est aussi un électorat
22:03par défaut qui...
22:04Il y a eu l'affaire Fillon,
22:05il y a Penelope Gates,
22:06il y a eu une partie de la droite
22:08qui s'est reportée
22:08sur Emmanuel Macron.
22:09Bien sûr,
22:09il ne voulant pas voter
22:10pour le Rassemblement National.
22:11Mais essentiellement,
22:12d'abord à l'époque,
22:14sur la crise de la gauche
22:15et sur les contradictions
22:16de celle-ci au pouvoir,
22:17j'en sais quelque chose,
22:19les contradictions au pouvoir,
22:20un exercice du pouvoir
22:21pas suffisamment bien préparé,
22:23basé très souvent
22:24dans les années 2000
22:25sur l'antisarkozisme.
22:26L'électroat de gauche,
22:27on est d'accord.
22:27Et on se retrouve.
22:28Je parle d'électroat de droite.
22:29Il suscite incontestablement
22:31un espoir,
22:32une espérance
22:33et honnêtement,
22:33le débat
22:34entre Marine Le Pen
22:36et Emmanuel Macron,
22:36je parle,
22:37entre les deux tours de 2017,
22:39marque clairement
22:40les différences.
22:40Il y a néanmoins
22:41la rhétorique,
22:42c'est nous
22:42ou l'extrême droite en commun.
22:44Et ça ne s'est pas radicalisé
22:45depuis quelques années ?
22:45Ça s'est sans doute radicalisé
22:47après,
22:47mais il décide à ce moment-là
22:49de ne pas faire de coalition,
22:50d'absorber tout le monde
22:52dans un seul et même parti.
22:54Mais le premier quinquennat,
22:55et vous l'avez tellement commenté,
22:57celui des crises,
22:58les gilets jaunes,
23:00la crise évidemment ukrainienne,
23:04des actes terroristes aussi
23:05qui ont frappé le pays,
23:07etc.
23:08Et bien sûr,
23:09il ne faut jamais l'oublier,
23:10la pandémie.
23:11Mais en 2022,
23:12il est réélu,
23:13sans doute,
23:14bien sûr,
23:15avec ce projet
23:16de Marine Le Pen.
23:18Il dit lui-même
23:18le soir du second tour,
23:20j'y étais au Champ de Mars,
23:21qu'il a entendu le message
23:23et ce que les Français perçoivent,
23:24c'est qu'il n'entend pas
23:25ce message
23:26et qu'il ne gouverne
23:27que pour lui,
23:28que pour les siens.
23:28Et donc ça conduit...
23:31La grande coalition d'Edouard Philippe
23:32à Jean-Luc Mélenchon.
23:33Et donc ça arrive
23:34à la dissolution incomprise
23:37et donc nous nous retrouvons
23:38dans cette crise politique.
23:40Est-ce qu'elle est facile
23:40à rajouter cette crise politique ?
23:41Non,
23:42mais elle a introduit en plus
23:43le poison du jeu des partis
23:46et des responsables
23:47de la 4ème République
23:48dans la 5ème.
23:50La non-utilisation du 49-3
23:51en rajoute aussi,
23:53donc nous sommes en train
23:53de voir le démembrement
23:54de la 5ème République.
23:55Ça c'était une erreur le 43.
23:56Donc, je vois bien
23:58que c'était utilisé
23:59pour permettre de passer,
24:00mais enfin,
24:01se priver d'un élément
24:02du parlementarisme rationalisé
24:04permettant de faire croire
24:06que tout le monde
24:06va pouvoir négocier
24:07sur le budget,
24:08alors qu'il y a l'Assemblée
24:09et le Sénat,
24:10ça me semble être
24:10extrêmement dangereux.
24:12Donc attention,
24:13c'est pour ça qu'il faut
24:13un sursaut républicain
24:15pour les institutions
24:16et sur le plan politique.
24:17Manuel Valls,
24:17invité du Grand Rendez-vous,
24:18on revient dans un instant
24:19sur Europe 1 et sur CNews.
24:23La suite du Grand Rendez-vous
24:25Europe 1 et CNews,
24:25les échos avec notre invité
24:26Manuel Valls,
24:28on parlait à l'instant
24:28d'Emmanuel Macron.
24:29Il y a une chose qui est sûre,
24:30c'est qu'en 2027,
24:31il ne sera pas candidat
24:33et comme vous l'avez
24:35très justement dit,
24:36il y a un chaos politique
24:38en ce moment,
24:38une crise
24:39où il y a même
24:41certaines personnes
24:41qui ne savent pas
24:42exactement où ils habitent.
24:43Mais il y a une très bonne phrase
24:44dans le dernier livre
24:46de Giuliano da Empoli,
24:48en attendant,
24:48évidemment,
24:49celui de Mathieu Bocoté
24:51et qui illustre,
24:54me semble-t-il,
24:55bien au fond
24:55la personnalité
24:56du président de la République
24:57quand il écrit
24:58qu'il n'y a pratiquement
24:59aucune relation
25:00entre la puissance intellectuelle
25:02et l'intelligence politique.
25:05On peut avoir
25:05une puissance intellectuelle,
25:07on peut avoir
25:07une certaine vision,
25:09mais la pratique politique,
25:11aussi les sentiments
25:14qu'on peut avoir
25:15vis-à-vis du pays,
25:17des élus locaux,
25:18des partenaires sociaux,
25:19des responsables politiques,
25:21on considère tous
25:22comme quantité négligeable,
25:24amène à ce face-à-face
25:25que je regrette évidemment
25:27et je suis inquiet
25:28pour l'avenir du pays
25:29entre le président
25:31et le peuple.
25:32Ce qui explique aujourd'hui
25:33cette violence,
25:34on peut considérer
25:34parfois comme exagérée,
25:36mais cette violence
25:37se rejette
25:38à l'égard du chef de l'État.
25:39La violence est montée
25:40aussi des radicalités.
25:42J'ai une question pour vous
25:42et je vous demande
25:43de répondre franchement
25:44Manuel Valls.
25:45Imaginez un deuxième tour
25:46en 2027,
25:48Mélenchon,
25:49Le Pen,
25:50vous votez pour qui ?
25:51Vous m'avez déjà posé
25:52cette question,
25:52elle m'est posée,
25:53c'est un piège
25:54dans lequel je ne veux pas
25:55tomber.
25:56Pourquoi ?
25:57Et je vous ai déjà répondu
25:58comme ça.
25:59La présence de Jean-Luc Mélenchon
26:00au second tour,
26:01c'est l'élection assurée
26:03de Marine Le Pen
26:04ou de Jordan Bardella.
26:07Parce que ?
26:07Mais parce que
26:08c'est ce que veut Mélenchon,
26:10Mélenchon veut la victoire
26:11du Rassemblement National
26:13quel que soit son candidat
26:15pour justifier,
26:16je mets des guillemets évidemment,
26:17le chaos,
26:18l'insurrection
26:19ou la révolution du peuple.
26:23Donc participer
26:24de ce débat,
26:26non,
26:26moi ce que je veux
26:27c'est tout faire,
26:28ça va être mon rôle
26:29avec d'autres bien évidemment,
26:31pour qu'en 2027
26:31il y ait une alternative
26:33à ce choix.
26:34Parce que là
26:34c'est un débat
26:35droite-gauche
26:36mais pas traditionnel.
26:38C'est un débat
26:38qui donne évidemment
26:39une victoire claire
26:40et nette
26:41au Rassemblement National
26:42et à toute une partie
26:43du pays
26:44et pas seulement
26:44de l'électorat de droite
26:45qui ira vers
26:47Le Pen ou Bardella.
26:48Pourquoi ?
26:49Parce qu'ils considéreront
26:50que le danger
26:51pour la démocratie,
26:54pour la République
26:55à travers un parti
26:56qui a ces derniers mois
26:58consacré beaucoup de temps
27:00à la haine d'Israël
27:01et des Juifs,
27:02que ce parti
27:03est dangereux
27:04c'est un parti antisémique.
27:05Ils ont raison
27:06ou ils n'ont pas raison
27:06de penser ça ?
27:07Moi je pense
27:08qu'ils ont en grande partie
27:09raison sur le fait
27:10que ce parti
27:11et je l'ai déjà dit
27:12suffisamment
27:12ces candidats
27:13on l'a vu
27:14aux Européennes
27:15participaient
27:16de la haine d'Israël
27:17et des Juifs
27:17bien évidemment
27:18et que Mélenchon
27:20sème le désordre.
27:21C'est pour ça
27:21que j'avais théorisé
27:22en 2016
27:23les gauches
27:24irréconciliables.
27:25Donc je ne veux pas rentrer
27:26je vous le dis très franchement
27:27dans ce débat
27:29et le rôle des politiques
27:30c'est pas de commenter
27:30et encore moins
27:31de faire un pronostic
27:32c'est de faire en sorte
27:33que les choses se passent
27:33différemment.
27:34Il y a des sondages
27:35et pour l'instant
27:36Marine Le Pen
27:37ou Jordan Mardella
27:38sont en tête
27:39de tous les sondages.
27:39Mais vous savez parfaitement
27:40puisque vous êtes un journaliste
27:41avisé
27:42que ce que sont
27:43les sondages
27:44vous dire que
27:45le Rassemblement National
27:46ne serait pas le favori
27:47aujourd'hui
27:47les élections
27:48il a gagné
27:48les élections européennes
27:50tous les sondages
27:51le donnent
27:51possible vainqueur
27:53des législatives
27:53et d'une présidentielle
27:55mais précisément
27:55la démocratie
27:57et la politique
27:58c'est de faire en sorte
27:59que les choses
27:59ne sont pas
28:00telles qu'on les imagine
28:01pourquoi ?
28:02Le Front Républicain
28:02ne marchera pas
28:03de la même manière
28:04qu'en co-législatif 2024.
28:06Mais de toute façon
28:07on sera dans un autre scénario
28:09d'abord parce que
28:09nous vivons
28:09une crise financière
28:11nous vivons une crise politique
28:12nous vivons une crise géopolitique
28:14et donc face à cela
28:15alors si on ne fait rien
28:16si on se contente
28:17de commenter
28:18ou de répondre
28:18à votre question
28:19l'un ou l'autre
28:20alors à ce moment-là
28:21on baisse les bras
28:22si je suis ici
28:22Maintenant on fait avancer
28:23les choses
28:23il me semble Manuel Valls
28:24je ne pense pas
28:25qu'on est là
28:25en train de prendre
28:26le café ensemble
28:27précisément
28:28et donc comme je pense
28:29que nous ne faisons pas ça
28:30je vous réponds
28:31le rôle d'un responsable politique
28:33avec un peu d'expérience
28:34avec la parole libre
28:36qui est la mienne
28:37c'est de se dire
28:37il faut faire autrement
28:39il faut faire autrement
28:40si on veut
28:41un autre scénario
28:42que celui que vous proposez
28:43Vous nous ramenez à la question
28:43que je vous ai posée
28:44il y a quelques instants
28:44celle de votre appartenance
28:45à quel camp ?
28:46C'est-à-dire si vous ne voulez pas
28:47du RN
28:47très bien
28:48on comprend
28:48vous ne voulez pas
28:49de la gauche telle qu'elle est devenue
28:50des gauches peut-être irréconciliables
28:52mais néanmoins réconciliées
28:54autre chose
28:54donc vous voulez autre chose
28:56cette autre chose
28:56vous voulez y participer
28:57ne serait-ce qu'indirectement
28:59quelle est cette autre chose
29:00quel est ce camp
29:00vous allez dire les républicains
29:02mais vous avez convenu
29:02que tous le sont
29:03ou à peu près
29:03donc quel est votre camp aujourd'hui ?
29:05Une coalition
29:06De qui ?
29:07Une coalition
29:07qui aille des socialistes
29:09qu'ils souhaitent
29:09jusqu'aux républicains
29:11Un peu comme aujourd'hui ?
29:11Non
29:12parce qu'aujourd'hui
29:12ce n'est pas une coalition
29:14ou alors ce qui se passe aujourd'hui
29:15à l'Assemblée
29:15c'est pour gagner du temps
29:17Ça y ressemble quand même
29:17dans les dégociations
29:18Non
29:18il faut faire totalement
29:20différemment
29:20je ne suis pas d'accord avec vous
29:22Donc d'Olivier Faure
29:22à Bruno Botaillot ?
29:23La politique
29:24elle est relativement simple parfois
29:26Il faut un leader
29:28il faut un projet
29:29il faut une stratégie
29:30Le leader
29:30il se dégagera
29:31à un moment ou l'autre
29:32Il faut un projet
29:33Le projet
29:35ça ne peut pas être
29:35non au RN
29:36ou non à LFI
29:37non au fascisme
29:38ou non à cause
29:39ça ne suffit pas
29:40Les français ne seront pas convaincus
29:41Donc il faut
29:42des propositions
29:43pour les retraites
29:44pour diminuer les dépenses publiques
29:46pour changer la structure
29:47dans le pays
29:47Il y en a pour l'instant
29:48des taxes
29:48des taxes
29:49des taxes
29:49Je ne vous parle pas de ça
29:51Regardez ce que propose
29:52par exemple
29:52Jean-Louis Borloo
29:53qui a un peu d'expérience
29:54sur ce sujet
29:55concernant l'organisation
29:56de notre pays
29:57Je rajouterais
29:58une relation différente
29:59avec les Outre-mer
30:01et évidemment
30:01les questions de sécurité
30:02d'immigration
30:03les questions d'identité
30:04Vous dites qu'il faut un leader
30:06C'est ça qui est le leader ?
30:08C'est autour de cela
30:09et ensuite
30:10il faut une stratégie
30:10et cette stratégie
30:11ça passe par une coalition
30:12parce que s'il n'y a pas
30:13une coalition
30:14présentée devant les français
30:15en disant
30:15on va gouverner différemment
30:17on va respecter
30:18ce que sont les partis
30:19mais on se met d'accord
30:20sur un projet
30:20ce projet
30:21c'est le redressement national
30:22c'est le sursaut républicain
30:24c'est la défense
30:25d'un certain nombre de valeurs
30:26dont la laïcité
30:27la lutte contre
30:28l'antisémitisme
30:30mais aussi le respect
30:31on en dira un mot
30:31dans un instant
30:32de la séparation des pouvoirs
30:34et notamment
30:34de la justice
30:35sur tous ces sujets-là
30:36si on n'est pas capable
30:37si on n'est pas capable
30:37de trouver
30:37l'homme ou la femme
30:38la coalition
30:39le projet
30:40et la coalition
30:41donc pour le porter
30:42alors à ce moment-là
30:43nous n'aurons qu'à choisir
30:44entre Mélenchon
30:45ou Bardella
30:46Qu'est-ce que vous pensez
30:47de Gérald Darmanin
30:48qui est allé
30:49au cœur même
30:50de la formation
30:51des magistrats
30:52et qui a dit
30:52qu'il faut changer les choses
30:54est-ce que vous pensez
30:54qu'il y a un dogme
30:55à l'école nationale
30:56des magistrats ?
30:57Moi l'idée qu'il y ait
30:58qu'on garde
30:59ce qu'il a dit
31:00d'ailleurs
31:00l'école nationale
31:01de la magistrature
31:02parce que certains veulent
31:03s'en passer
31:04qu'on l'ouvre
31:05d'une manière générale
31:06qu'il y ait
31:06ce qui est déjà le cas
31:07pour les avocats
31:08et les magistrats
31:09des formations communes
31:11un corps commun
31:12que la magistrature
31:13s'ouvre encore davantage
31:15à la société
31:15ça ne me paraît pas
31:17être révolutionnaire
31:18en tout cas
31:18ça me paraît être nécessaire
31:20En tout cas
31:20il est le premier
31:21à pointer du doigt
31:21qu'il y a 60%
31:22d'élèves
31:24qui sont des fils
31:25ou des filles
31:26de professionnels du droit
31:27ou de fonctionnaires
31:28et 2% seulement
31:29Mais c'est vrai
31:30qu'on retrouve ça
31:31dans le monde enseignant
31:32peut-être ça parmi les politiques
31:33parmi les journalistes
31:34parmi les magistrats
31:36c'est un des problèmes
31:37d'ailleurs que nous avons
31:38parce que
31:38dans tout ce que j'ai dit
31:39j'ai oublié
31:41mais je n'ai pas oublié
31:43dans mon esprit
31:43la priorité
31:44et notamment
31:45de ce pacte
31:46que j'évoque
31:47pour 2027
31:48c'est la question de l'école
31:49parce que
31:49dans la crise identitaire
31:51culturelle
31:52française
31:53il y a une crise
31:54au fond
31:54sur l'idée
31:55que l'Etat
31:55ne fonctionne pas
31:56santé
31:57sécurité
31:58et école
31:58et dans la crise
31:59de l'école
32:00justice
32:00réponse pénale
32:01aujourd'hui c'est quand même
32:01une des questions majeures
32:02et dans la crise de l'école
32:03puisque nous étions
32:05sur les questions
32:05de formation
32:06il y a au fond
32:06le sentiment
32:07qu'on reproduit
32:08les inégalités
32:09qu'au fond
32:10ce qu'on appelle
32:11c'est un peu facile
32:12comme formule
32:12l'ascenseur social
32:14qui était la marque
32:14de l'esprit républicain
32:17dans notre pays
32:17ne fonctionne
32:18plus
32:19bon donc
32:20c'est autour
32:20sans aucun doute
32:21de l'école
32:21mais l'école nécessite
32:22des réformes structurelles
32:24profondes
32:25pas uniquement pédagogiques
32:26mais d'organisation
32:27de décentralisation
32:28de déconcentration
32:29donc c'est autour
32:31de cela
32:31qu'il faudra renouer
32:32ce pacte républicain
32:33mais ça nous oblige
32:34à un travail de fond
32:35bien sûr
32:36impressionnant
32:37et au fond
32:39écoutez
32:40quand j'entends
32:40les socialistes
32:41ou les républicains
32:42à l'Assemblée nationale
32:42on a le sentiment
32:44qu'ils ont la majorité absolue
32:45que vous voulez coaliser
32:46si je vous permets
32:47en tout cas
32:48en grande partie
32:48on verra
32:50que je veux
32:51j'essaie de bien comprendre
32:51dans votre logique
32:52Laurent Wauquiez aujourd'hui
32:53est plus proche potentiellement
32:55d'une coalition
32:55avec Olivier Faure
32:56qu'avec le RN
32:57ça dépend des jours non
32:58aujourd'hui
32:59là ça a été créé
33:00sur le plan idéologique
33:01j'essaie de comprendre
33:02il a fait le choix
33:03aujourd'hui j'ai le sentiment
33:04mais ça peut changer
33:05mais qu'il fait le choix
33:06évidemment
33:07de la coalition
33:08mais c'est un débat
33:09pardon
33:10c'est un débat stratégique
33:11et qui n'est pas
33:12négligeable
33:13pour les socialistes
33:15est-ce que
33:16oui ou non
33:16demain s'il y avait
33:17des élections
33:18il y a de nouveau
33:18une alliance
33:19avec la France insoumise
33:21c'est une question fondamentale
33:22vous avez une réponse ?
33:23moi j'ai écrit
33:24avec Bernard Cazeneuve
33:25Elisabeth Ballinter
33:26et d'autres
33:27en juillet
33:272024
33:28que jamais
33:29nous n'accepterions
33:30cette alliance
33:31et
33:31il finisse par se réconcilier
33:33normalement
33:34et de l'autre côté
33:34il y a un débat
33:35pour les républicains
33:36est-ce qu'il rentre
33:38dans ce que certains appellent
33:39la coalition
33:40l'union des droites
33:41ou l'union des droites
33:42avec Marine Le Pen
33:44et plutôt d'ailleurs
33:44avec Jordan
33:45est-ce que l'union des droites
33:47d'un côté
33:47c'est la même chose
33:48que l'union avec LFI
33:49telle que vous l'avez présentée
33:50je ne veux pas caricaturer
33:52mais d'une manière
33:52oui parce que ça voudra dire
33:54que ça voudra dire
33:55qu'on serait dans un débat
33:57droite-gauche
33:58dominé politiquement
34:00et intellectuellement
34:01culturellement
34:01à gauche
34:02par LFI
34:03et par ses alliés
34:04une partie des écologistes
34:05du mouvement syndical
34:06de ce qui se passe aussi
34:08dans les universités
34:09à Paris 8 par exemple
34:10quand on fait l'apologie
34:12du 7 octobre
34:12dans l'idéologie
34:13moi je crois
34:14qu'il ne peut y avoir
34:15aucune alliance
34:15jamais
34:16aucune alliance
34:17comprenez-moi bien
34:18aucune alliance
34:19avec un parti
34:20qui apprenait
34:20la haine d'Israël
34:21et des juifs
34:22aucune alliance
34:23n'est possible
34:23ni au niveau local
34:24ni au niveau national
34:25et c'est la raison
34:26pour laquelle
34:26j'ai rompu
34:27depuis un certain nombre
34:28avec le parti socialiste
34:29même si encore une fois
34:30je me réjouis
34:31du fait qu'ils aient
34:32repris le chemin
34:33de la responsabilité
34:35et de l'autre côté
34:35il y a un débat
34:36pour les LR
34:37c'est pas ma famille politique
34:38mais je vois bien
34:39qu'il est
34:40hier soir
34:41ils ont voté
34:41avec LFI
34:42sur le barème de l'impôt
34:43avec LFI
34:44et avec le rassemblement national
34:45sur le barème de l'impôt
34:46oui mais ça c'est les débats
34:47qu'il y a à l'Assemblée nationale
34:48vous pouvez vous prouver
34:49avec les uns et les autres
34:50mais ils ont un débat
34:51plus stratégique en effet
34:52vers où ils vont
34:53et s'ils vont
34:54vers cette alliance
34:55ou cette union des droites
34:56ils seront
34:57comme
34:58Force Italia
34:59en Italie
35:01l'ancien parti
35:01de Berlusconi
35:02ils seront les supplétifs
35:04ils font sur le porte-bagages
35:06du RN
35:06je dis pas ça
35:07pour vous piéger
35:08mais j'ai l'impression
35:08quand vous parlez
35:09avec fermeté
35:10très grande fermeté
35:11de LFI
35:11j'ai l'impression
35:12que vous ne posez pas
35:13le même
35:13aujourd'hui
35:14hier
35:14c'est autre chose
35:15mais le même
35:15interdit moral
35:16autour du RN
35:17aujourd'hui
35:17comme si finalement
35:18le front républicain
35:20ou appelons ça
35:20comme vous le souhaitez
35:21ne tenait plus
35:22il peut y avoir
35:22des accords
35:23d'appareil
35:23d'idéologie
35:24avec le RN
35:26il faut avoir
35:26un débat
35:26frontal
35:28d'abord
35:29mais qui n'est pas
35:29de même nature
35:29qu'avec
35:30l'effet
35:30et un débat frontal
35:31notamment sur
35:32sa vision de l'Europe
35:34sur sa relation
35:35avec la Russie
35:36sur ce qu'ils pensent
35:36aujourd'hui
35:37des crises géopolitiques
35:38je vais avoir
35:39un débat avec eux
35:40frontal
35:40sur la question
35:41de l'état de droit
35:42je vais avoir
35:43un débat frontal
35:43évidemment
35:43sur les questions
35:44économiques
35:44parce qu'on a du mal
35:46à savoir
35:46quel est leur projet
35:48mais il y a eu
35:50des évolutions
35:50dans la grande manifestation
35:51contre l'antisémitisme
35:53même si je ne suis
35:54dupe de rien
35:55et je vois bien
35:55l'évolution
35:56de l'extrême droite
35:57en Europe
35:59notamment dans le soutien
36:00à Israël
36:00on voit très bien
36:01ce qu'il peut y avoir
36:02là derrière
36:03notamment face
36:04oui il peut y avoir
36:05des opportunismes
36:06et notamment
36:07considérant que
36:08le danger principal
36:09c'est celui que
36:09représenterait
36:10je mets des guillemets
36:11bien évidemment
36:11les musulmans
36:13mais dans cette manifestation
36:14de novembre 2023
36:16une partie de la gauche
36:18n'était pas là
36:18la France insoumise
36:21mais aussi la CGT
36:21etc
36:22et il n'y avait pas
36:23et il y avait
36:26le RN
36:28qui était représenté
36:29il n'y avait
36:29et il n'y avait pas
36:30le président de la République
36:31il n'y avait pas
36:31le président de la République
36:32je lui en avais fait
36:34le reproche
36:34à l'époque
36:35mais voilà
36:37et donc ça
36:37c'est un basculement
36:39vous savez
36:40souvent
36:40c'est une référence historique
36:42pardon
36:42je dis que nous sommes
36:43au fond dans une période
36:44comme celle que nous avons connue
36:45après l'affaire Dreyfus
36:46où l'antisémitisme
36:47a failli emporter le pays
36:49d'ailleurs une partie de la gauche
36:50évidemment il y a eu
36:51Clémenceau, Jorette
36:52etc
36:52Peggy plus que tout autre
36:54mais une partie de la gauche
36:56n'avait pas soutenu
36:56le capitaine Dreyfus
36:57le pays a failli être emporté
36:59il y avait une réaction
37:00le camp républicain
37:01notamment autour
37:02de Valdez-Grousseau
37:04avait réussi
37:04à apporter
37:06cette force républicaine
37:08nous sommes dans ce type
37:08de moment
37:09qui va obliger
37:10à d'autres types
37:10de rassemblement
37:11une nouvelle pause
37:12et on revient tout de suite
37:13avec Manuel Valls
37:14au Grand Rendez-vous
37:15restez bien sur Europe 1
37:16et sur CNews
37:17Dernière partie du Grand Rendez-vous
37:22avec notre invité
37:23l'ancien Premier ministre
37:24Manuel Valls
37:24Nicolas Sarkozy
37:25est en prison
37:26depuis mardi soir
37:27il est surveillé
37:28par deux policiers
37:29installés dans la cellule
37:30Connex
37:30et surtout
37:31il est interpellé
37:31jour et nuit
37:32par des prisonniers
37:34qui se filment
37:35qui sont très fiers
37:36d'ailleurs de se filmer
37:37qui partagent
37:38ces scènes
37:38sur les réseaux sociaux
37:39ces conditions
37:40d'emprisonnement
37:41interrogent
37:42selon vous
37:42est-ce bien la place
37:44idoine
37:44pour un ancien président
37:45de la République ?
37:46Je ne peux pas me réjouir
37:47de ce qui arrive
37:48à Nicolas Sarkozy
37:49d'abord ce plan humain
37:50pour lui
37:50pour ses proches
37:51pour sa famille
37:52que je connais
37:54et donc
37:54j'imagine quand même
37:55les preuves
37:56et vous avez raison
37:57de rappeler
37:57quelle est la réalité
37:59d'une incarcération
38:01de ce qu'il peut vivre
38:02et ensuite
38:03je l'ai dit
38:03au début de notre émission
38:04de notre dialogue
38:06pour l'image du pays
38:08pour les Français eux-mêmes
38:10et pour l'image du pays
38:12à l'extérieur
38:12voir un ancien président
38:13de la République
38:14et quelle personnalité
38:15entrer en prison
38:17c'est évidemment
38:18terrible
38:18mais de l'autre côté
38:20c'est une règle
38:21que je me suis assignée
38:23je ne peux pas aller au-delà
38:24je ne peux pas commenter
38:25une décision de justice
38:26d'autant plus qu'il y a
38:27appel
38:28même l'exécution provisoire
38:30mais nous sommes
38:31mais l'exécution provisoire
38:32elle concerne 85%
38:33des personnes
38:34qui sont condamnées
38:35au moins à 5 ans de prison
38:36ça a été voté
38:36par le Parlement
38:37et y compris
38:38dans la riposte
38:40que je peux comprendre
38:40de la part
38:41de Nicolas Sarkozy
38:42de ses avocats
38:43de ses proches
38:44de ses amis
38:45mais pas seulement
38:46parfois d'une partie
38:47des responsables politiques
38:48la mise en cause
38:49de nos institutions
38:51du conseil constitutionnel
38:52aujourd'hui de la justice
38:53me paraît particulièrement dangereuse
38:55pour notre démocratie
38:55même dans ce cas-là
38:56la mise en cause
38:57mais c'est une décision
38:59étayée
39:00il y a d'ailleurs
39:00d'autres procès
39:01où Nicolas Sarkozy
39:01a été condamné
39:03il se défend
39:04et c'est parfaitement
39:05son droit
39:05il est présumé
39:06innocent
39:07de nouveau aujourd'hui
39:08puisqu'il a fait appel
39:09mais il y a des décisions
39:10de justice
39:11qui sont prises
39:11qui concernent
39:12tous les jours
39:13des milliers
39:15de français
39:15en pénal
39:17l'administratif
39:18le droit familial
39:18le seul fait d'avoir
39:18une présidente du tribunal
39:20qui a manifesté
39:21contre Nicolas Sarkozy
39:22en 2011
39:22mais vous voyez là
39:23une anomalie
39:23de la justice
39:24oui mais alors
39:25les avocats
39:26auraient dû le contester
39:26mais vous m'obligez
39:27à rentrer
39:28c'est tout à fait
39:29votre droit
39:29et moi j'ai exercé
39:31des fonctions
39:31gouvernementales
39:33je crois
39:34à l'indépendance
39:35ou en tout cas
39:36à la séparation
39:36des pouvoirs
39:38et donc
39:38tous les mots
39:39que nous responsables politiques
39:40utilisons
39:41contre la justice
39:42notamment quand nous
39:43ça ne m'est jamais arrivé
39:44mais quand les responsables politiques
39:46sont concernés
39:46on parle de l'exécution provisoire
39:48après la condamnation
39:50en première instance
39:51de Marine Le Pen
39:52ou de Nicolas Sarkozy
39:53on n'en parlait pas avant
39:54donc attention
39:55les français peuvent avoir
39:56aussi le sentiment
39:57que les politiques
39:58veulent se protéger
39:59quand ils sont mis en cause
40:01et ils sont mis en cause
40:02sévèrement
40:03par des décisions de justice
40:04qui sont particulièrement
40:05étayées
40:06alors revenons un instant
40:07sur les responsabilités
40:08qui étaient les vôtres
40:08il y a quelques semaines à peine
40:09notamment vous étiez responsable
40:10des Outre-mer
40:11et de l'accord
40:11en Nouvelle-Calédonie
40:12notamment
40:13vous l'avez mentionné
40:15tous trouvaient le moyen
40:16de s'y retrouver
40:17et les loyalistes
40:17et les indépendantistes
40:19ce qui laisse croire
40:20que chacun y voyait ses intérêts
40:21est-ce qu'à moyen terme
40:22selon vous
40:23la Nouvelle-Calédonie
40:24a vocation
40:24presque inévitablement
40:25à cause de la géographie
40:26de l'histoire de la culture
40:27à devenir indépendante
40:28il faut faire attention
40:29parce qu'il y a un mouvement
40:30général
40:30qui concerne l'ensemble
40:31d'ailleurs de nos territoires
40:32Outre-mer
40:33lié à l'affaiblissement de l'Etat
40:35la relation entre ces territoires
40:37et l'Hexagone
40:38à des mouvements géopolitiques
40:39dans l'océan Indien
40:40dans la Caraïbe
40:42et dans l'océan Pacifique
40:43qui peuvent conduire
40:44à une forme de détachement
40:45donc il faut que les réponses
40:47que nous apportions
40:47soient des réponses adaptées
40:49à chacun de ces territoires
40:50il faut s'en dire
40:51sortir de la départementalisation
40:53qui avait été le grand projet
40:55de Victor Schoeschler
40:56la politie de l'esclavage
40:57jusqu'à Aimé Césaire
40:59au lendemain
40:59de la Deuxième Guerre mondiale
41:00pour inventer autre chose
41:02je pense qu'à terme
41:03la Nouvelle-Calédonie
41:04et c'est ce qu'au fond
41:06écrit Bougival
41:07d'une certaine manière
41:08c'est une forme d'Etat
41:09c'est une forme d'Etat associé
41:12c'est vrai pour la Polynésie
41:13qui a énormément déjà
41:14de responsabilités
41:15Un Etat assististe
41:16c'est un Etat pour avoir
41:16l'indépendance
41:17ça va plus loin
41:17que le statut de la Polynésie
41:19à l'heure actuelle
41:20exactement
41:21mais c'est aussi
41:21beaucoup plus loin
41:22c'est une demande
41:23aujourd'hui
41:24du gouvernement polynésien
41:25je ne sais pas
41:26si c'est une demande
41:27je ne le crois pas encore
41:28de la population
41:29mais on voit bien
41:30qu'à 20 000 kilomètres
41:31dans des environnements
41:32notamment dans le Pacifique
41:33où il y a la grande confrontation
41:35entre la Chine
41:36et les Etats-Unis
41:37sur le plan militaire
41:38sur le plan économique
41:40il faut trouver
41:41pour la France
41:42c'est une chance
41:43pour la France
41:43d'avoir ces territoires
41:45mais la France doit aussi
41:46donner les moyens
41:47à ces territoires
41:48de se développer
41:49pour eux-mêmes
41:49donc il faut faire sauter
41:50un certain nombre
41:50de verrous
41:51de nord
41:52Mais vous comprenez
41:52les Canaques
41:53qui souhaitent l'indépendance
41:54on comprend très bien
41:55l'idée de l'intérêt
41:56de la France
41:56de conserver la Nouvelle-Calédonie
41:57vous comprenez
41:58de l'intérieur
41:58en tant qu'homme de gauche
42:00les Canaques
42:01qui souhaiteraient
42:02avoir notre pays
42:02On peut comprendre
42:03que les Canaques
42:04peuple premier
42:05aspirent en effet
42:06à la pleine souveraineté
42:07mais les indépendantistes
42:09compris le FNKS
42:10mais les indépendantistes
42:11qui sont majoritaires
42:12chez les Canaques
42:12mais les indépendantistes
42:13de l'Uni
42:14qui sont les vieux partis
42:15indépendantistes
42:16et qui soutiennent
42:17les accords de Bouchival
42:18veulent garder ce lien
42:19avec la France
42:20pour des régions aussi
42:21stratégiques
42:22pas seulement économiques
42:23et financières
42:24ils veulent garder
42:25ce lien historique
42:26même s'il a été douloureux
42:27parfois avec la France
42:28plutôt que de plier
42:29sous le joug chinois
42:30bon donc
42:31il faut inventer
42:32cette relation
42:33c'est ce que nous avons fait
42:34c'est ça la crainte
42:34il faut le dire
42:35Manuel Valls
42:36c'est la Chine
42:37c'est la Chine
42:38qui lorde sur les minerais
42:39sur les réserves naturelles
42:40et c'est pour cela que
42:41nous avons renoué
42:43le débat au début
42:44de l'année
42:44nous avons conclu
42:45un accord
42:46celui de Bouchival
42:47celui de Bouchival
42:48qui était le premier accord
42:49depuis 1998
42:50préserve à la fois
42:52cette aspiration
42:53à la souveraineté
42:54et ce lien
42:55avec la France
42:55c'est complexe
42:56je le reconnais
42:57humblement
42:58mais d'une manière générale
43:00même si la Nouvelle-Calédonie
43:01a sa propre histoire
43:02c'est encore
43:04un territoire
43:04en voie de décolonisation
43:06c'est une ancienne colonie
43:07de peuplement
43:08comme l'Algérie
43:09une colonie pénitentiaire
43:11donc il faut trouver un chemin
43:13mais d'une manière générale
43:14ce que je crois
43:14c'est que nous allons vers
43:15un changement très profond
43:17de la relation
43:18de ce territoire en général
43:19et inversement
43:20j'ai posé la question
43:21de ce point de vue
43:22des Kamaks
43:22les Européens
43:24les Français
43:25les Kaldoches
43:26est-ce que vous comprenez
43:27de leur point de vue
43:28leur crainte d'être abandonnée
43:29par la France
43:29pas leur crainte seulement
43:30leur peur
43:31parce que lorsqu'on parle
43:32avec certains d'entre eux
43:33certains disent
43:33nous serons les prochains
43:34pieds noirs
43:34oui c'est un mot
43:36le lien avec l'Algérie
43:37m'a été souvent rappelé
43:39la peur liée aux événements
43:40de mai 2024
43:42il représente aussi
43:43une part très importante
43:44de la population
43:45c'est 50-50 là-bas
43:46les deux aspirations
43:47donc nous n'avons pas
43:48d'autre choix
43:48il n'y avait pas d'autre choix
43:49que de trouver ce chemin
43:51et je dois dire
43:51même s'il faut évidemment
43:52le parfaire
43:53il faut continuer le débat
43:53et la discussion
43:54avec le FNKS
43:55j'étais particulièrement fier
43:56de mettre en oeuvre
43:58cet accord
43:59ou de conclure cet accord
44:01de le signer
44:01parce que c'est moi
44:02qui l'ai signé
44:02au nom du gouvernement
44:03et je suis
44:04triste de ne pas pouvoir
44:07le mettre en oeuvre
44:08mais je suivrai cela
44:08parce que j'ai la passion
44:10de la Nouvelle-Calédonie
44:10depuis déjà de nombreuses années
44:11La nouvelle ministre
44:12Naïma Mouchou
44:13se rendra sur l'archipel
44:14à partir du 1er novembre
44:15elle promet
44:17passage en force
44:17sur le dossier calédonien
44:19deux images fortes
44:20dans l'actualité internationale
44:21cette semaine
44:21Manuel Valls
44:22la seconde
44:24on va en parler
44:24c'est l'appel
44:26du chef d'état-major
44:27des armées
44:27généralement
44:28sur la Russie
44:28mais d'abord
44:29je voudrais qu'on revienne
44:31sur ces exécutions
44:32de civils palestiniens
44:34mis à genoux
44:35par le Hamas
44:37en pleine place publique
44:38une balle dans la tête
44:40Rima Hassan
44:40a tweeté
44:41one by one
44:42ce qui veut dire en français
44:43un par un
44:43qu'est-ce que ça vous inspire ?
44:45mais ces exécutions
44:47montrent
44:48si c'était nécessaire
44:49je n'ai pas besoin
44:49d'être convaincu
44:50ce qu'est le vrai visage
44:52ce qu'est la réalité
44:53du Hamas
44:54qui est responsable
44:56de la guerre
44:57par l'attaque
44:58du 7 octobre 2023
45:00contre les israéliens
45:01qui a servi
45:04des palestiniens
45:05comme bouclier
45:05pour ses propres exécutissements
45:07qui poursuit les femmes
45:09qui poursuit
45:10les homosexuels
45:10qui se cachent
45:12à Tel Aviv
45:12qui poursuit
45:13les démocrates
45:14les autres partis
45:14voilà on voit les images
45:15à l'écran
45:16en tout cas pour ceux
45:16qui n'avaient pas vu
45:17ces civils palestiniens
45:19il a pris le pouvoir
45:20après les élections
45:20devant le Hamas
45:21qui les tient en joue
45:22il a pris le pouvoir
45:23après les élections
45:24en 2005-2006
45:25moi je connais bien Gaza
45:26parce que la ville d'Evry
45:27était jumelée
45:27avec le comité populaire
45:29du camp de Kanyounès
45:30je suis allé jusqu'avant 2005
45:32nous pouvions travailler
45:33avec des femmes
45:34avec les responsables
45:35du Fatah
45:36etc
45:36il y avait une société civile
45:37quand le Hamas
45:38est arrivé
45:39la première chose qu'il a fait
45:40c'est d'exécuter
45:41de jeter par la fenêtre
45:42les responsables du Fatah
45:43donc tant que le Hamas
45:45sera là
45:47poursuivra ses exactions
45:49avec son objectif
45:53qui est la destruction
45:54d'Israël
45:55ne désarmera pas
45:56et ne partira pas
45:57la paix
45:58pour les palestiniens
45:59évidemment pour la région
46:00mais la paix
46:00pour les palestiniens
46:01pour les palestiniens eux-mêmes
46:02sera impossible
46:04pardon
46:05est-ce qu'il peut être éradiqué
46:06parce que c'était le projet
46:07il a été profondément touché
46:08c'est difficile
46:09d'éradiquer
46:10entre guillemets
46:11une idéologie
46:11parce que regardez
46:12c'est aussi
46:13le fruit de la guerre
46:15il y a encore du soutien
46:16dans la population palestinienne
46:17trop au Hamas
46:18j'allais venir à cela
46:19il y a évidemment
46:20c'est le fruit
46:21des guerres
46:23de la haine
46:24de la vengeance
46:25qui appelle
46:25la haine
46:26et la haine appelle
46:27la vengeance
46:28et si aujourd'hui
46:29il y avait des élections
46:29probablement en Cisjordanie
46:31le Hamas
46:32l'emporterait
46:33donc ça veut bien dire
46:34qu'il y a une radicalisation
46:35y compris de la population
46:36palestinienne
46:37c'est pour ça qu'il faut tenir compte
46:39de tous ces éléments-là
46:40quand on dit
46:40il faut créer un état palestinien
46:41mais c'est quoi un état palestinien
46:43avec le risque
46:45de voir le Hamas
46:46l'emporter
46:46avec des responsables politiques
46:48et européens
46:48comme Rima Hassan
46:49qui dit
46:49one by one
46:50un par un
46:51et des responsables
46:53que voulez-vous que je lui dise
46:56ce sont des responsables politiques
46:58qui ont fait
46:59de la haine d'Israël
47:01et des juifs
47:01et de la disparition d'Israël
47:03et de la glorification
47:06il y a 20 ou 30 ans
47:07ou 40 ans plus tôt
47:09on glorifiait
47:09la bande abadère
47:10les brigades rouges
47:11à l'extrême gauche
47:12aujourd'hui
47:13on glorifie
47:14des formations politiques
47:17terroristes
47:18qui prônent la haine des juifs
47:19qui n'ont rien à faire
47:21des femmes
47:22et qui exécutent
47:23leurs opposants
47:24c'est ça
47:25le modèle
47:26donc c'est ça
47:26qui est tout à fait
47:27insupportable
47:28et comme aujourd'hui
47:29grâce à Donald Trump
47:30bien évidemment
47:31il y a
47:32un espoir de paix
47:34même si on sait
47:35que ça va être difficile
47:35compliqué
47:36mais qui intègre
47:37notamment
47:37et c'était essentiel
47:38les pays arabes
47:39et moi j'espère
47:39qu'il y aura les accords
47:40d'Abraham
47:41entre l'Arabie saoudite
47:42et Israël
47:43il n'y a plus
47:44le petit joujou
47:45elle a le joujou
47:46pour provoquer
47:47pour créer les conditions
47:49d'une haine
47:50des juifs en Europe
47:51et pour mobiliser
47:52ce plan électoral
47:53donc on va chercher
47:54d'autres choses
47:55mais Rima Hassan
47:56elle montre ce qu'elle est
47:57c'est-à-dire
47:57elle a toujours soutenu
47:58le djihadisme
47:59elle soutient le Hamas
48:01alors que
48:02ce qui s'est passé
48:03ces dernières années
48:04c'est qu'on en a fini
48:05en grande partie
48:06avec le Hezbollah
48:06on a affaibli l'Iran
48:08le régime syrien
48:09est tombé
48:10il faut terminer
48:11donc ce travail
48:12sous des formes
48:13qui sont en train
48:13d'être étudiés
48:14à Gaza
48:16ce qu'a dit
48:16le chef d'état-major
48:17désarmé
48:18le général Mandon
48:19qui estime
48:20que la France
48:20doit être prête
48:20à un choc
48:21avec la Russie
48:21d'ici 3-4 ans
48:22qu'a donc
48:23Emmanuel Macron
48:24à tellement vouloir
48:25entraîner la France
48:25dans la guerre ?
48:27mais c'est la Russie
48:27qui a entraîné
48:28l'Europe dans la guerre
48:29c'est la Russie
48:30qui a envahi
48:31on n'a pas de troupes au sol
48:32en attendant
48:33en Ukraine
48:33Emmanuel Valls
48:34mais dans les mots
48:35guerre utilisés
48:35par le chef d'état-major
48:36on voit bien
48:37c'est cette guerre hybride
48:38cette déstabilisation
48:39permanente
48:41un Poutine
48:41qui veut gagner du temps
48:42par rapport
48:43à Donald Trump
48:45face à la résistance
48:47incroyable
48:47est-ce que c'est le moment
48:47de faire peur aux Français
48:48en disant
48:49on va peut-être tous
48:49participer à la guerre
48:50d'ici 3-4 ans ?
48:51moi je crois qu'il faut
48:52être lucide
48:52la guerre est revenue
48:53vous savez
48:53à force de dire
48:54que le monde n'a pas changé
48:55que c'est le même
48:56de Yalta
48:57qu'il n'y a pas de danger
48:58on a oublié
48:59qu'il y a le risque terroriste
49:00que nous faisons face
49:01évidemment au danger
49:02de l'islamisme
49:03qui est le grand défi
49:04que l'Europe va connaître
49:05et qu'il y a effectivement
49:06le risque de guerre
49:07de confrontation en Europe
49:08et il faut dire la vérité
49:09aux Français
49:10dans ces moments particuliers
49:11nous sommes dans un de ces moments
49:12où l'histoire
49:14comme on dit
49:14s'invite à sa manière
49:16où la guerre est revenue
49:17sur le continent européen
49:19et il faut que
49:19les esprits
49:20les opinions
49:21soient conscientes de cela
49:23pour que chacun soit
49:24à la hauteur
49:24de l'enjeu
49:25qu'on ne fasse pas
49:25de la petite politique
49:26mais qu'on ait une vision
49:27pour la nation
49:28un sursaut
49:29un sursaut republicain
49:30un sursaut national
49:31et patriotique
49:31un sursaut européen
49:32Merci beaucoup Manuel Valls
49:33d'avoir été l'invité
49:34du Grand Rendez-vous
49:35Européen et CNews
49:36très bonne journée
49:38sur nos deux antennes
49:39Merci beaucoup
49:40Merci beaucoup
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