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L'ancien Premier ministre, Manuel Valls, était l’invité de #LaGrandeInterview de Romain Desarbres dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:008h13, la grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Manuel Valls. Bonjour Manuel Valls.
00:05Bonjour.
00:05Merci d'être avec nous, ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur.
00:09On va parler de la situation politique, évidemment. On va parler prix de l'essence.
00:12On va parler de tous les sujets d'actualité. Je voulais qu'on commence évidemment par la guerre au Moyen
00:16-Orient.
00:17On semble se diriger vers la paix entre Israël et le Liban.
00:21Le président libanais et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou,
00:23devraient se rencontrer dans quelques jours à Washington.
00:26Le Hezbollah se serait engagé à respecter le cessez-le-feu. Est-ce que vous êtes optimiste ce matin ?
00:31Je reste prudent, bien évidemment, parce qu'il y a déjà eu, notamment en 2024, des cessez-le-feu
00:37qui n'ont pas été respectés, plus particulièrement par le Hezbollah.
00:41Mais je constate qu'en effet, pour la première fois, il y a des discussions,
00:47une possibilité de discussion directe au plus haut niveau entre le Liban,
00:52qui n'a jamais reconnu Israël, qui de fait est officiellement,
00:55depuis des décennies en guerre avec Israël, et les dirigeants israéliens.
00:59Donc c'est l'occasion, je l'espère, de trouver le chemin de la paix,
01:03qui passe pour Israël, mais d'abord peut-être pour les Libanais,
01:08par le désarmement total et absolu du Hezbollah,
01:12qui a pris en otage depuis des décennies nos amis libanais.
01:16Mais on peut faire confiance au Hezbollah ?
01:18Non, on ne peut pas faire confiance avec le Hezbollah.
01:20Le Hezbollah qui se serait engagé à respecter ce cessez-le-feu ?
01:23Le Hezbollah, contrairement, y compris parfois à une doxa très française,
01:28n'est pas une organisation politique.
01:30C'est d'abord une organisation terroriste,
01:32qui notamment depuis plusieurs mois, agit essentiellement,
01:35c'est le cas avant, mais surtout depuis la guerre du 12 jours,
01:39depuis qu'il est très affaibli par les frappes ciblées des Israéliens,
01:44agit pour l'Iran.
01:46C'est un des éléments, c'est une des cartes du régime d'Emola
01:49dans cette guerre et dans ces négociations ouvertes aux azimuts,
01:53dont, je dois reconnaître, on ne connaît pas encore totalement les objectifs.
01:57Catherine Vautrin, la ministre des Armées,
01:59qui est à votre place il y a quelques semaines,
02:00ne voulait pas dire que le Hezbollah était une organisation terroriste ?
02:03Le Hezbollah est une organisation terroriste, nous le savons,
02:07qui a frappé d'ailleurs il y a quelques années la France,
02:11qui a encore manifesté il y a peu sa volonté au fond
02:16d'une forme de tentative de coup d'État au Liban
02:19et qui agit encore une fois pour l'Iran,
02:22c'était vrai il y a quelques années en Syrie pour soutenir Bachar,
02:25et qui attaque régulièrement Israël
02:29et qui a une responsabilité dans la situation politique dans la région.
02:34Nous le savons et donc on ne peut pas le nier.
02:36Mais il faut sortir de cette idée.
02:38C'est le Hezbollah qui, ces dernières années,
02:41a provoqué cette situation, ces tensions,
02:44et qui prend en otage le Liban.
02:46Qui, à part l'armée israélienne, peut démilitariser, désarmer le Hezbollah ?
02:50C'est une excellente question, parce qu'au fond, la France le dit,
02:54il faut désarmer le Hezbollah.
02:56Mais désarmer, ça veut dire aller chercher des armes sur le terrain.
02:58Et oui, et donc nous savons aujourd'hui que l'armée libanaise,
03:02malgré la bonne volonté du président Aoun et du Premier ministre libanais,
03:07nous savons que l'armée libanaise ne peut pas le faire.
03:09Qui d'autre ?
03:10La Finule, nous avons 700 hommes dans la Finule,
03:13qui, ces dernières années, n'a cessé de regarder et pas d'agir.
03:16D'ailleurs, ce n'est pas sa mission.
03:18Et ce n'est pas en plus la mission qui lui a été donnée par l'ONU.
03:23Encore qu'il y a une résolution, qui date déjà de quelques années,
03:29la France était à l'initiative, résolution 1401, si j'ai bonne mémoire,
03:33qui prévoyait, et le désarmement, et le fait qu'il fallait renoncer aux armes.
03:37Donc les seuls aujourd'hui qui puissent le faire, ce sont les Israéliens.
03:42Donc il y a une curiosité dans cette double injonction,
03:44à la fois il faut désarmer le Hezbollah, et une mise en cause d'Israël,
03:50parce que Tzahal agit pour désarmer le Hezbollah,
03:54ce que les Libanais attendent,
03:56et pour empêcher, évidemment, les frappes régulières sur le nord d'Israël,
04:00qui a valu depuis trois ans le déplacement de plusieurs dizaines de milliers d'Israéliens.
04:05Avec l'Iran, Donald Trump annonce qu'un accord est très proche.
04:08C'est Donald Trump qui pourrait se rendre à Islamabad, au Pakistan, pour signer cet accord.
04:13Est-ce que ce n'est pas un peu trop tôt de signer un accord de fin de guerre avec
04:17l'Iran ?
04:18Le régime iranien est encore en place ?
04:20Je me méfie de toutes les déclarations, je vais dire chaque jour, non,
04:27plusieurs fois par jour, de Donald Trump.
04:30Alors c'est peut-être une méthode pour empêcher de voir exactement quels sont les objectifs.
04:37Est-ce qu'une paix est souhaitable avec ce régime ?
04:39Moi je garde toujours l'idée, et je l'espère, que ce régime s'effondrera.
04:44Je sais que c'est extrêmement difficile, parce que je pense, et on les a un peu oubliés,
04:48aux millions d'Iraniens qui aspirent à la liberté, à la démocratie,
04:53et qui ont été réprimés d'une manière féroce, effrayante.
04:57Mais aujourd'hui c'est un pari.
04:58Mais parce qu'il y a toujours un pari.
05:00Il y a une forme de critique que je ne partage pas sur les buts de la guerre.
05:05Les buts de la guerre, c'est de faire en sorte que ce régime, d'abord,
05:09ne puisse plus nuire à la stabilité du proche et du moyen d'Iraniens.
05:12N'oublions jamais que le régime des Mollahs déstabilise la région à travers ses proxys,
05:17on vient de parler du Liban, menace Israël en permanence d'anéantissement,
05:23représente un danger pour nous depuis 40 ans en alimentant l'islamisme dans le monde,
05:28et le terrorisme également.
05:30Donc il n'y a rien à attendre de ce régime.
05:33Je considère que cette guerre a terriblement affaibli,
05:36évidemment je n'oublie pas les conséquences économiques,
05:38a affaibli ce régime,
05:40et j'espère qu'on pourra aller progressivement jusqu'au bout,
05:43en écartant bien sûr aussi la menace nucléaire.
05:46Emmanuel Macron et Kier Starmer, le premier ministre britannique,
05:48organisent aujourd'hui une grande réunion en visioconférence
05:51avec une trentaine de pays non belligérants dans la région
05:54pour évoquer la réouverture du détroit d'Hormuz.
05:57Quel rôle doit, peut jouer la France ?
05:59Il y a une phrase du président Emmanuel Macron avec laquelle je ne suis pas d'accord.
06:02quand il a affirmé que ça n'était pas notre guerre.
06:05Je ne propose pas de participer directement à la guerre.
06:09Est-ce que nous avons les moyens ? Je ne sais pas.
06:11C'est difficile.
06:12Nous avons un rôle, la sécurisation en effet du détroit d'Hormuz,
06:15soutenir ce que nous faisons nos alliés,
06:17et plus particulièrement les Émirats.
06:19Mais oui, d'une manière ou d'une autre,
06:21c'est notre guerre.
06:23à cause de l'identité même de ce qu'est le régime des Molasses.
06:30Et je constate que l'Europe et la France sont très loin de pouvoir agir,
06:36de peser dans ce conflit.
06:40Et je constate par exemple que la France,
06:43du fait de son attitude vis-à-vis d'Israël,
06:47de discours très radical, de critique permanente,
06:50de boycott, y compris les armements israéliens
06:52dans un certain nombre de salons,
06:54n'est pas à la table des discussions à Washington
06:57avec les Israéliens et avec les Libanais.
07:01Et d'une certaine manière, c'est très triste,
07:04vu les liens que nous avons avec le Liban.
07:07Vous dites ce matin, Manuel Valls,
07:09que c'est notre guerre également parce qu'il faut défendre
07:12et il faut protéger Israël.
07:14Oui, parce qu'Israël est en première ligne face à l'islamisme,
07:18parce qu'on sous-estime le changement profond,
07:22et bien sûr pour Israël, mais également pour la région.
07:25Les cartes ont été rebattues liées aux attaques du 7 octobre 2023.
07:29Le monde a changé, c'est une date aussi importante
07:31que le 11 septembre 2001.
07:33Et nous n'avons pas, notamment en France,
07:35suffisamment pris conscience de ce qui était en train de se passer,
07:38notamment parce qu'Israël ne pourra jamais accepter
07:41de subir une nouvelle attaque de ce type.
07:43Et entre le Hamas, le Hezbollah, et derrière il y a l'Iran,
07:49Israël, démocratie avec toutes ses imperfections,
07:52bien évidemment, avec les critiques qu'on peut apporter à son gouvernement,
07:54mais la société israélienne le fait bien mieux que nous.
07:57Nous devons soutenir Israël en première ligne face à l'islamisme.
08:01Je ne changerai pas de ligne et de conviction sur ce sujet.
08:06Manuel Valls, avec nous ce matin pour la grande interview,
08:08c'est News Europe 1.
08:09Je voulais vous entendre sur le carburant, Manuel Valls.
08:11Le gouvernement n'a pas décidé de mesures généreuses.
08:14Avec tous les automobilistes, il n'y a plus d'argent.
08:17Déjà, est-ce que c'est la mesure que vous auriez prise
08:19si vous étiez encore à Matignon ?
08:21C'est-à-dire de sectoriser, vraiment de prendre des mesures
08:24très sectorisées sur certains métiers ?
08:28Je crois que nous n'avons pas d'autre choix que de faire ainsi.
08:31Peut-être moi, Matignon, nous n'aurions pas cette situation
08:34des déficits publics.
08:35Quand j'ai quitté Matignon, à la fin du quinquennat de François Hollande,
08:40nous étions à moins de 3% de déficit public.
08:42Et à quel niveau de dette ?
08:43Et la dette était autour de 100%, mais pas au niveau que nous connaissons aujourd'hui.
08:49Et plus les déficits augmentent, plus la dette, évidemment,
08:52augmente au fur et à mesure.
08:53Mais aujourd'hui, oui, ce sont ces mesures.
08:56Il y a peut-être une forme d'attentisme également à avoir
08:59en fonction des évolutions de conflits que nous venons de connaître.
09:03Mais il faut aussi peut-être anticiper des risques sérieux
09:06de pénurie en matière de carburant, de fuel.
09:09Parce qu'on sait qu'aujourd'hui, c'est sans doute l'un des risques
09:11les plus importants pour les semaines et pour les mois qui viennent.
09:14Mais nous n'avons plus d'argent, il faut le dire,
09:16il ne peut plus avoir des mesures.
09:17Il faut s'habituer à cet État qui ne peut plus distribuer d'argent à tout va.
09:21C'est un devoir de vérité que nous devons aux Français.
09:25Je ne sais pas si c'est une question d'habitude,
09:27mais ça veut dire qu'à l'occasion du grand rendez-vous de 2027,
09:31il faudra dire aux Français comment on réduit les déficits et la dette.
09:35Où sont les priorités à partir du moment où nous nous sommes engagés,
09:38et je l'approuve, à augmenter massivement les budgets de la défense.
09:43Parce que je n'oublie pas la guerre en Ukraine.
09:45Parce que je n'oublie pas les nouveaux dangers qui sont face à nous.
09:50Parce qu'il nous faut, au niveau européen comme au niveau français,
09:53nous réarmer.
09:54Parce qu'en matière de sécurité et de justice,
09:57il faut maintenir un niveau très important d'investissement.
10:01Et sans doute faut-il aller plus loin.
10:02Donc ça veut dire qu'il faut faire des économies ailleurs.
10:04Et ça veut dire aussi, il faut dire aux Français,
10:06qu'il faudra des réformes importantes,
10:07notamment de notre protection sociale, de la santé,
10:10et bien sûr des retraites.
10:10Tout autre discours, c'est un mensonge.
10:14Alors justement, devoir de vérité auprès des Français.
10:17Selon le président de l'INSEE,
10:2056% des Français reçoivent plus d'argent de l'État qu'ils n'en versent.
10:25Voilà, bon, 56% des Français sont bénéficiaires.
10:29Voilà, c'est-à-dire que versent moins d'argent à l'État qu'ils n'en perçoivent.
10:33Ça veut dire que 56% des Français ont, s'ils ne pensent qu'à eux, on va dire,
10:37s'ils ne pensent pas à l'intérêt général,
10:38qu'ils ne pensent qu'à leur petite personne,
10:40ce qui peut arriver, voilà, ont intérêt à ce que ça ne change pas.
10:44Donc, qu'est-ce qui va faire qu'en 2027, ça change ?
10:46Eh bien, c'est le discours de vérité.
10:48C'est le débat de l'élection présidentielle.
10:49Si l'élection présidentielle n'aborde pas ces questions,
10:53si les candidats ne demandent pas aux Français,
10:55ce qui n'a pas été le cas, notamment en 2022...
10:57Et ceux qui disent la vérité, généralement, sont...
10:59Vous avez raison, mais c'est une véritable contradiction.
11:02C'est-à-dire que si on dit la vérité,
11:03on est en grande difficulté face aux électeurs,
11:08et si on ne dit pas cette vérité,
11:10quel que soit le président de la République élu,
11:13quelle que soit la majorité,
11:14au bout de quelques mois,
11:15la réalité va s'inviter.
11:17D'ailleurs, notre système de retraite
11:19est dans une situation tout à fait insupportable.
11:22On ne peut pas continuer avec des déficits.
11:24Et si les candidats à l'élection présidentielle
11:26promettent tout,
11:27sans rappeler quels sont les moyens nécessaires
11:31pour atteindre ces objectifs,
11:33nous n'y arriverons pas.
11:34Donc, je prône un devoir de vérité.
11:36Ce n'est pas uniquement des sangs et des larmes,
11:38mais de dire que, par exemple,
11:41pour réformer notre système de retraite,
11:43dans un monde où il faut travailler davantage,
11:46produire davantage,
11:47parce qu'on vit aussi beaucoup plus longtemps,
11:49il faut un système de retraite toujours juste.
11:51Je pense aux carrières longues,
11:53je pense aux ouvriers qui vivent
11:548 à 9 ans de moins que les 4.
11:56Donc, il faut évidemment de la justice sociale,
11:58mais il faut un système de retraite
11:59où on va travailler davantage,
12:01peut-être par points,
12:02je reste favorable à ce que proposait la CFDT,
12:05adapter davantage aux carrières de chacun.
12:08Mais il va falloir faire des économies,
12:10il faut sans doute ouvrir également à la capitalisation.
12:13Donc, sur tous ces sujets-là,
12:14il faut des mesures concrètes.
12:15Si c'est une incantation permanente,
12:18de par exemple,
12:19rien ne changera.
12:20Et les problèmes du pays,
12:21ce sentiment de déclin va se poursuivre.
12:25Où est-ce qu'on en serait,
12:25Manuel Valls,
12:26si votre famille politique,
12:27les socialistes,
12:29ne l'avait pas emporté en 81 ?
12:3181, la retraite à 60 ans,
12:33on est passé de 40 heures à 39 heures
12:35et ensuite les 35 heures,
12:37et puis les 5 semaines de vacances.
12:39On est en train de payer
12:40la victoire de 81.
12:41Mais il y a eu des alternances depuis.
12:44Et la droite a-t-elle remis en cause
12:46ces éléments ?
12:47Sur la retraite,
12:48nous avons évolué.
12:48Quand nous avons gouverné
12:50avec François Hollande,
12:51il y a eu la réforme.
12:52Quand il y a eu Jospin,
12:53on est passé aux 35 heures.
12:54Oui, mais sur les 35 heures,
12:56d'abord, c'était à la fin du quinquennat.
12:58Mais qu'est-ce que ça dit
12:58de notre rapport au travail ?
12:59On paye encore ça ?
13:00Moi, j'ai eu l'occasion de dire
13:01qu'il fallait sans doute assouplir,
13:03bien après,
13:04ces 35 heures.
13:05Mais je n'oublie pas non plus
13:06que pendant cette période,
13:07on a créé également beaucoup d'emplois,
13:09que les déficits n'étaient pas
13:10au niveau que nous connaissons.
13:12Donc, on pouvait encore dépenser
13:13de la croissance.
13:14Oui, mais la France n'a jamais été
13:16un pays libéral.
13:18Vous pourriez d'abord mettre en cause,
13:19si vous étiez cohérent,
13:21les grandes réformes portées,
13:22mais vous l'êtes, je n'en doute pas,
13:24les grandes réformes du général de Gaulle
13:26après la guerre.
13:27Je ne suis pas remonté juste là.
13:28Non, mais parce qu'on a
13:29beaucoup nationalisé aussi.
13:30Il y a un rapport, la France,
13:31à l'État.
13:32C'est incontestable.
13:33C'est l'État qui a construit la nation.
13:34C'est l'État qui est la colonne
13:35vertébrale de notre pays.
13:37C'est pour ça qu'aujourd'hui,
13:37il y a une crise de confiance
13:38sur l'efficacité de l'État
13:40en matière de sécurité,
13:41de santé ou de l'école
13:43qui doit être le grand sujet
13:44de cette élection présidentielle.
13:46Mais aujourd'hui, incontestablement,
13:48nous vivons au-dessus de nos moyens.
13:50Il faut des réformes profondes
13:51de nos services publics,
13:52des collectivités territoriales
13:53et surtout de nos protections sociales.
13:55Parce que c'est là où il y a
13:56des économies à faire
13:57et de l'efficacité à gagner.
13:59Manuel Valls, avec nous ce matin
14:00sur CNews et sur Europe 1.
14:02Hier, la proposition de loi Yadant
14:03portée par Caroline Yadant
14:04a été repoussée.
14:06Elle va revenir sous la forme
14:08d'un projet de loi.
14:09Elle visait à lutter
14:10contre l'antisémitisme
14:11en condamnant les appels
14:13à la destruction d'un pays,
14:14d'un État reconnu par la France.
14:16On pense évidemment à Israël.
14:18Il y a eu dans l'Assemblée
14:19comme une collusion
14:20entre des élus LFI
14:22et certains députés Renaissance
14:24pour faire capoter le texte.
14:25Comment est-ce que vous analysez
14:27ce qui s'est passé hier ?
14:28Comme une défaite de la raison
14:32de ce que je crois être la France
14:34quand il s'agit de lutter
14:35contre l'antisémitisme
14:37et ses nouvelles formes,
14:38c'est-à-dire l'antisionisme.
14:40Caroline Yadant est très courageuse.
14:42Elle a été attaquée
14:43d'une manière monstrueuse
14:44au cours de ces dernières semaines.
14:46Moi, je peux comprendre
14:47qu'il y a un débat
14:48sur la nature de ce texte.
14:50D'ailleurs, il y a des avocats,
14:52des juristes
14:53qui ne sont pas d'accord
14:53sur la finalité.
14:54Moi, je soutenais
14:55cette proposition.
14:57Mais ce qu'a révélé
14:59ce débat,
15:00c'est les attaques massives
15:03contre Caroline Yadant,
15:04contre sa proposition,
15:05et sur, au fond,
15:08la puissance du mensonge.
15:11Les 600 000 personnes
15:12qui ont signé une pétition
15:13contre cette loi
15:14ont signé un texte
15:15qui dit des mensonges
15:17sur le fait que
15:18la proposition de loi
15:19interdirait de critiquer,
15:20par exemple, Israël.
15:22Non.
15:22Le texte interdit,
15:24vous venez de le rappeler,
15:25ou enfin rappel,
15:26qu'on ne peut pas appeler
15:28à la destruction d'un État,
15:29il ne peut pas y avoir
15:29d'apologie du terrorisme.
15:31Le texte permettait
15:32de critiquer la politique
15:33d'un gouvernement,
15:34mais pas d'appeler
15:35à la destruction d'un État.
15:36C'est clair.
15:37Et c'est là où il y a
15:38une forme d'échec.
15:39Donc il y a des tartuffes
15:40qui se cachent
15:41derrière la défense
15:43de la liberté
15:44et qui cachent
15:45leur antisémitisme comme ça ?
15:47Cela m'a rappelé
15:48quand j'ai décidé
15:48d'interdire
15:49les spectacles
15:50de Dieudonné
15:50fin 2013,
15:52tous les grands éditoriaux
15:54sur le thème
15:55et la liberté d'expression.
15:56Non, c'était
15:56des meetings antisémites.
15:58Et l'antisionisme aujourd'hui,
16:00le palestinisme,
16:01le fait qu'on brandisse
16:02des drapeaux palestiniens,
16:03ça permet de réunir
16:04toute une série de gens
16:05autour de l'idée
16:06de l'antisionisme
16:07qui, comme le rappelait
16:08le grand philosophe
16:09Vladimir Yankelevitch
16:10en 1967,
16:12c'est la forme démocratique
16:13et bien élevée
16:14d'être antisémite.
16:15Je vais vous dire,
16:16Romain Desarmes,
16:17je suis indigné
16:18de ce débat.
16:19Et notamment, en effet,
16:20des silences.
16:21Que le modem
16:21se soit opposé
16:22à cette loi.
16:23Que le groupe socialiste,
16:24à part François Hollande
16:25et Jérôme Gage,
16:26ait décidé de voter contre
16:28au nom de l'idée
16:29qu'il faut rassembler
16:31tout le monde
16:32contre l'antisémitisme.
16:34Enfin, ne rassemble pas
16:36avec un parti antisémite,
16:38LFI.
16:38Donc, oui,
16:39je vois la capacité encore
16:41de LFI
16:42non seulement à obstruer,
16:43faire de l'obstruction
16:44pour le débat,
16:45mais essayer d'imposer
16:46ces thèmes.
16:47L'antisémitisme,
16:48aujourd'hui,
16:48est plus à gauche
16:49qu'à droite ?
16:50Il est plus à l'extrême gauche.
16:51À l'extrême gauche.
16:51Absolument.
16:52Moi, je n'oublie pas
16:53qu'il y a toujours
16:54des antisémites
16:55au Rassemblement national.
16:56Je n'oublie pas
16:57que dans la société française,
16:58d'une manière générale,
16:59il y a les bienformes.
17:00C'est un réflexe
17:02parce que
17:02qu'est-ce qu'il y a
17:03comme déclaration
17:05chez des élus RN
17:06qui voudrait dire
17:07qu'aujourd'hui,
17:08chez des élus
17:08du Rassemblement national,
17:09aujourd'hui en 2026,
17:10il y a de l'antisémitisme
17:11au RN ?
17:12En 2024,
17:13on n'a pas arrêté
17:14de découvrir
17:14un certain nombre
17:15de propos
17:15de candidats
17:17du RN.
17:19Mais,
17:19et je le dis
17:20depuis des années,
17:21c'est pour ça
17:21que j'avais évoqué
17:22les gauches irréconcilables.
17:23Certains candidats
17:23qui ont été
17:25évacués immédiatement,
17:26exclus immédiatement.
17:26Je le sais,
17:27mais il y a
17:27dans l'extrême droite française
17:29aussi toujours
17:30des groupes
17:32antisémites.
17:33Je pense par exemple
17:33à M. Chatillon
17:34dont on connaissait
17:35les liens
17:36avec Marine Le Pen.
17:37Mais,
17:38et je le dis
17:39depuis des années,
17:40ce qui a changé
17:41profondément
17:42depuis sans doute
17:4325 ans,
17:44c'est qu'il y a
17:44une partie de la gauche,
17:46l'extrême gauche,
17:47notamment,
17:47c'est commencé
17:48par le NPA
17:49aujourd'hui
17:49LFI,
17:50qui a fait
17:51de la haine
17:51des Juifs
17:52et d'Israël
17:52un fonds de commerce
17:53électoral
17:54et qui a alimenté
17:56ces patients.
17:57Je sais que l'actualité
17:59va vite,
17:59il y a encore
18:00quelques semaines,
18:01Jean-Luc Mélenchon
18:03prononçait des propos,
18:05s'amusait
18:06avec des non-juifs
18:10pendant la campagne
18:11des élections municipales.
18:13On l'oublie,
18:14ça.
18:14C'est passé,
18:15on se retrouve
18:16avec LFI
18:17non seulement
18:17pour les alliances
18:18mais pour
18:19empêcher
18:20l'adoption
18:20d'une proposition
18:21de loi
18:22comme celle
18:22que nous le voulons
18:23d'évoquer.
18:23Non,
18:24il y a ce matin
18:25chez moi
18:26une grande indignation
18:27mais un soutien
18:28à ce texte,
18:29j'espère que le gouvernement
18:30va le reprendre
18:31et un soutien
18:32à la fois affectueux
18:33et politique
18:34à Caroline Yadon.
18:35L'Espagne
18:36s'apprête
18:36à régulariser
18:37500 000 migrants,
18:39est-ce que ça vous inquiète ?
18:40Oui, ça m'inquiète
18:41évidemment pour l'Europe.
18:42Alors, chaque pays
18:44est souverain.
18:46Là, il s'agit
18:46de régulariser
18:47plusieurs centaines
18:48de milliers de personnes
18:49qui travaillent déjà,
18:51donc il permet aussi
18:51qu'ils payent des impôts
18:53et qu'ils cotisent.
18:54Je rappelle que
18:55la grande majorité
18:56de ces migrants
18:56sont latino-américains,
18:58donc de langue espagnole.
19:00Mais cette décision,
19:01notamment de la part
19:02d'un pays
19:02qui est le deuxième bénéficiaire
19:04des fonds européens,
19:06sans concertation
19:08et sans intégrer
19:09les effets
19:12sur ces pays voisins
19:13et notamment la France,
19:14il suffit de voir
19:15ce qui est en train
19:16de se passer
19:16dans tous les consulats,
19:17notamment au Maghreb
19:19et le plus particulièrement
19:19au Maroc,
19:21où il y a un appel d'air
19:22de fait qui est provoqué.
19:23Il ne s'agit pas seulement
19:23de la régularisation
19:26en Espagne,
19:27mais de ce que cela peut provoquer
19:29dans les autres pays
19:30et notamment l'immigration,
19:31on va l'appeler
19:32généralement francophone,
19:33du Maghreb
19:34ou d'Afrique de l'Ouest,
19:35elle passe en Espagne
19:37et puis ensuite
19:37elle arrive en France.
19:38Au moment où,
19:39et je m'en réjouis,
19:40la Commission européenne
19:41et le Parlement européen
19:43prennent des positions
19:44particulièrement
19:46fortes,
19:47puissantes
19:47pour lutter
19:48contre l'immigration
19:50clandestine.
19:50Oui,
19:51mais moi j'ai toujours dit,
19:52vous le savez,
19:52que j'étais pour une immigration zéro,
19:54qu'il fallait changer
19:55nos objectifs
19:56en matière d'immigration,
19:57que la priorité
19:58c'était l'assimilation
19:59de ceux qui sont en France,
20:02des politiques de peuplement
20:02puissantes
20:03dans nos quartiers.
20:05Donc il faut ces changements.
20:06Moi je me retrouve proche
20:07des sociodémocrates
20:08danois par exemple.
20:09Merci beaucoup Manuel Valls
20:10d'être venu ce matin
20:11sur le plateau de CNews
20:13et dans le studio d'Europe 1.
20:14Merci à vous,
20:15bonne journée,
20:15à bientôt.
20:15Merci.
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