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  • il y a 3 mois
Hafsia Herzi était de passage au Klub de Metz pour présenter son troisième long métrage "La petite dernière", adaptation du roman de Fatima Daas (avec Nadia Melliti, Prix d'Interprétation au Festival de Cannes 2025).
Rencontre avec une artiste à l'image de son film : sensible et pudique.

00:00 - Générique
00:30 - Sommaire
01:26 - Rencontre avec Hafsia Herzi
20:00 - Présentation de la deuxième édition du Festival RTT à l'Agora de Metz (Rencontres du Théâtre de Témoignage). Avec Marie-Pierre Mazzarini (directrice artistique).

Présentation, images, réalisation, montage : Alicia HIBLOT

Musique Générique :
Alice Arthur
Musique reportages et plateaux :
Motion Aray : Soniq Branding "Put Your Dancing Shoes On"
DHD "Music MySoul", Berry Deep "Mellow Flats", Shiny Groove

© Moselle TV - Octobre 2025
Transcription
00:00Votre dose quotidienne de spectacle avec le Casino 2000 de Montdorff-les-Bains au Luxembourg.
00:30Bonjour à toutes et à tous, je suis très heureuse d'ouvrir avec vous cette nouvelle boîte à Malice,
00:35dans laquelle il sera question de théâtre aujourd'hui, avec un très beau festival, les RTT, Rencontres du Théâtre de Témoignages,
00:43dont la deuxième édition aura lieu du 7 au 9 novembre à Metz.
00:47Huit spectacles sont programmés à l'Agora pour une invitation poétique et engagée.
00:52Nous allons le voir dans quelques minutes avec sa directrice artistique Marie-Pierre Mazzarini.
00:56Mais tout de suite l'actualité, c'est la sortie du nouveau film de l'actrice, et dans le cas présent réalisatrice, Avzia Herzi.
01:03Elle adapte le roman de Fatima Das, La Petite Dernière.
01:06On y retrouve Fatima, 17 ans, qui vit en banlieue avec sa mère et ses soeurs.
01:11Une jeune fille en pleine émancipation qui va se mettre à questionner son identité.
01:15Comment concilier la foi et le désir ?
01:18Telle est l'une des questions posées par ce film sensible et pudique à l'image d'Avzia Herzi,
01:22qui a eu la gentillesse de répondre à mes questions lors de sa venue au club de Metz.
01:28Salam tout le monde.
01:29Salam ma fille.
01:30Ça va, Yann ?
01:30Ça va.
01:31Fatima, t'as les mains dégueulasses.
01:33On travaille dégueulasses.
01:34T'as l'air, tu ne seras à rien.
01:35Je vais pas faire comment plus tard avec ton mari.
01:36On ne sera pas là.
01:36Quel mari qui va vouloir l'épouser ?
01:38Elle a zéro féminité, regarde.
01:40Et lui alors ?
01:40Afzia Herzi, bonjour.
01:56Bonjour.
01:56Merci beaucoup de m'accorder cet entretien.
01:59Vous allez présenter ce soir au club de Metz votre troisième film,
02:02la petite dernière adaptation du roman de Fatima Das.
02:06Première question.
02:07Quelles émotions vous avez ressenties en lisant son livre ?
02:10Ça a été un choc émotionnel ?
02:12Ça a été beaucoup d'émotions.
02:14J'ai été tout de suite bouleversée par l'histoire,
02:17le personnage,
02:18la manière dont le roman était écrit.
02:24J'ai eu vraiment un coup de cœur pour le personnage en premier.
02:28Oui, le personnage.
02:29Et ensuite, c'était cette histoire de cette jeune femme
02:32qui a du mal à faire cohabiter son homosexualité
02:38avec la religion.
02:41La question de l'identité de la religion,
02:43les questions d'islam et d'homosexualité.
02:45Mais plein de questions.
02:47Pour moi, vraiment, le livre parlait de plusieurs sujets.
02:52Et le personnage, pour moi, a été traversé de beaucoup d'émotions.
02:57Oui, elle est mal dans sa peau.
03:00Ça parle d'homosexualité, de religion, mais pas que.
03:02Ça parle d'émancipation, du rapport à la famille,
03:05du rapport à la mère, du rapport avec soi-même.
03:08Beaucoup, beaucoup de choses.
03:10C'est assez pudique dans l'écriture,
03:12mais très riche en profondeur.
03:14Moi, quand j'accepte et que j'écris le scénario
03:18et tout le reste,
03:19je sais dans quoi je m'engage, en tout cas.
03:22Et je sais ce que j'ai envie de défendre, de raconter.
03:26Et c'est surtout, comme je disais,
03:28c'est un personnage qu'on n'a jamais vu au cinéma.
03:31Et c'est bien aussi de mettre la lumière sur ces personnes-là.
03:35À partir de là, quand vous avez décidé de l'adapter,
03:39comment ça se passe avec Fatima Das ?
03:41Il y a des rencontres, des échanges ?
03:43Elle vous laisse champ libre, justement ?
03:45Alors, il y a un premier rendez-vous en Zoom, je me souviens.
03:49Ça, ça a été quand j'ai dit que ça pouvait m'intéresser.
03:54Et ensuite, on s'est rencontrés pour de vrai.
03:56Et non, ça a tout de suite matché.
03:58Ça a tout de suite matché.
04:00On a très vite sympathisé, on a rigolé.
04:01On s'est trouvé des points en commun.
04:03D'ailleurs, moi-même, dans le roman,
04:04j'ai trouvé des points en commun avec le personnage,
04:07avec son univers familial et plein d'autres choses.
04:12Mais non, ça a tout de suite matché.
04:14Non, très vite.
04:15Ma condition, c'était quand même d'avoir vraiment ma totale liberté
04:21sur l'adaptation et qu'on me fasse confiance.
04:24Donc, celle, vous l'a laissée ?
04:25Oui, c'est ça.
04:26Ça n'a pas été la question.
04:28Elle m'a dit tout de suite qu'elle avait vu mon travail en tant que réalisatrice,
04:32qu'elle aimait bien mes films et qu'elle me faisait confiance.
04:36Elle venait sur les tournages un peu ou pas ?
04:39Alors, je l'ai invitée, oui.
04:40Elle est venue, je pense, deux, trois fois.
04:42Deux, trois fois, oui, oui.
04:44Comment t'as su que tu préférais les femmes ?
04:47Je suis tombée amoureuse, en fait, d'une de mes copines au lycée.
04:51Banale.
04:52Je ne sais pas encore.
04:54En fait, j'ai une très bonne amie à moi qui est musulmane.
04:57Elle s'est rendue compte qu'elle était attirée par les femmes.
04:59L'homosexualité est quelque chose de prohibé.
05:02L'instinct de l'homme, c'est d'être attirée par les femmes.
05:04Et l'instinct des femmes, c'est d'être attirée par les hommes.
05:06C'est un film qui est forcément porté par une héroïne centrale, exceptionnelle,
05:11qui a été recrutée sur Casting Sauvage.
05:14Là, également, comment ça s'est passé quand vous vous êtes rencontrée ?
05:17Ça a matché aussi entre vous ?
05:20Ça a matché, oui, tout de suite, bien sûr.
05:22Sinon, ça aurait été compliqué de faire le film.
05:28Mais oui, ça a matché humainement.
05:30Ça a matché humainement.
05:31Et la rencontre s'est faite après plusieurs semaines.
05:35Donc, ça a été sur photo, d'abord.
05:37Après, il n'y a eu pas vraiment un casting de jeu.
05:42Ça a été une rencontre où ma directrice de casting pose des questions un petit peu
05:47aux uns, aux autres personnes que j'ai sélectionnées.
05:50Et après, il y a une troisième étape où je leur demande de jouer des situations.
05:53Et après, je rencontre ceux ou celles qui m'intéressent.
05:58Et non, pareil, comme avec Fatima, ça a été très simple.
06:03Elle n'avait donc jamais joué.
06:06Est-ce que vous avez eu besoin de la diriger de manière très précise ?
06:09Comment ça se passe ?
06:10Est-ce que vous laissez champ libre un peu à vos acteurs ?
06:12Ou au contraire, est-ce que c'est très millimétré, très travaillé ?
06:14C'est très travaillé, beaucoup de répétitions.
06:17Donc, j'ai demandé à commencer le casting pendant que j'étais en écriture.
06:22Donc, j'étais à ma troisième version.
06:24Bon, je savais que j'avais encore du travail de scénario.
06:26Mais assez régulièrement.
06:28Donc, ça a été vraiment un travail de répétition, mais tranquille, sans stress.
06:34Vraiment tranquillement.
06:35Enfin, apprendre à faire connaissance, à passer des moments ensemble,
06:39aussi à créer un rapport de confiance, c'est important.
06:44C'est vrai qu'on sent, alors vous le dites, c'est très, très travaillé.
06:46Pour autant, le rendu, il est très naturel.
06:49Quelque chose du réalisme naturaliste, un petit peu comme ça dans votre manière de filmer.
06:55Alors, on a dû vous le dire souvent.
06:56On le ressent en regardant l'image.
06:58On pense à Abdelatif Kichich avec ses gros plans, avec, je pense aussi à ses moments de scènes sensuelles où elle s'embrasse, etc.
07:08Il a vraiment été pour vous une inspiration ?
07:13C'est vrai qu'on me dit souvent ça, mais moi, je trouve que c'est très différent.
07:20C'est très différent.
07:21Après, moi, j'avais peur.
07:22Enfin, j'avais peur.
07:23Je me suis posé la question en acceptant d'adapter le roman.
07:27Je me suis dit, bon, est-ce qu'on ne va pas comparer mon travail à celui d'Abdelatif ?
07:31Parce que justement, il a raconté une histoire d'amour entre femmes.
07:33Après, ça n'a rien à voir.
07:34Ça n'a rien à voir, mais on le cite souvent.
07:38Et notamment avec la vie d'Adèle, alors que vraiment, ça n'a rien à voir.
07:43Je pense que le point en commun, c'est ça.
07:44Après, oui, j'ai commencé avec lui.
07:46Ce n'est pas vraiment une source d'inspiration.
07:49C'est quelqu'un qui...
07:51Enfin, bien sûr que j'adore ses films, son travail.
07:55Mais ça a été la première personne qui m'a encouragée à...
07:58En tout cas, elle est à écrire des scénarios.
08:02Enfin, non, j'en avais déjà écrit quand je l'ai rencontré, mais à développer ça, voilà.
08:05L'écriture et la mise en scène.
08:08Mais après, de toute façon, on ne peut pas trop imiter.
08:11Oui, bien sûr.
08:12Moi, ce que je ressens surtout, c'est cet amour de nous emmener dans quelque chose de très intime, finalement.
08:17Et avec cette caméra, justement, qui colle au corps et qui est très proche.
08:22Et je pense qu'il y a peut-être ça dans votre cinéma.
08:24C'est ça que j'ai toujours aimé.
08:25Enfin, j'ai toujours voulu...
08:27Enfin, quand j'imaginais que j'allais filmer, j'ai toujours su que j'avais envie d'être proche des gens.
08:34Mais en même temps, il y a les deux.
08:35Je suis parfois très proche et parfois très loin.
08:38Ça dépend des situations, de l'émotion.
08:40Oui.
08:41Et de comment j'ai envie de terminer ou commencer la séquence.
08:45Mais ça dépend.
08:47Après, oui, j'aime filmer les visages, le grain de peau.
08:49Ça, oui, c'est vrai.
08:50Ça, c'est votre patte.
08:53Ce point commun, oui.
08:54Mais ça, oui, oui.
08:55C'est pas artistique.
08:56Mais il exprime notamment de la souffrance.
08:58Oh, tu suis ou tu manges ?
09:00Mais je t'écoute.
09:01Tu m'écoutes de quoi ?
09:02Je t'écoute.
09:02Je t'écoute.
09:04Vas-y, continue.
09:06Là, je suis perdue maintenant.
09:07J'ai même plus, je ne sais pas.
09:08Il exprime la joie qui l'épreuve, fait ses expériences, de sa liberté.
09:11De sa liberté.
09:14De ses possibilités.
09:15De ses possibilités infinies.
09:16Il exprime également.
09:18La troisième plumeur.
09:19Oh, attends.
09:20Vas-y, c'est bon.
09:20Vas-y, écoute-y.
09:22Il y a des bruits de bouche, là.
09:23On va parier.
09:24Là, tu seras mieux préparé, comme ça.
09:26Oui.
09:28Là, tu fais un peu trop du par cœur.
09:31Il faut qu'on comprenne.
09:31Tu ne comprends pas quand je parle, c'est pas français.
09:33Je comprends, mais je n'ai pas l'impression que tu comprends ce que tu dis.
09:35Si, je comprends.
09:36Déjà, il faut qu'elle connaît bien, et après, pour elle mettre...
09:38Il faut que ce soit tes mots.
09:40Bah, c'est mes mots.
09:42Bref, vas-y, continue.
09:44Vas-y, c'est vrai, tu vas.
09:47Ouais, déjà, on commence.
09:50Être libre et se n'obéir qu'à soi.
09:51Vous, avec le film de Kéchiche, La Grenée de Mulet, vous avez eu le César du meilleur espoir.
09:57Vous aviez une vingtaine d'années, 21 ans, je crois, si j'ai bien calculé.
10:00Nadia, elle, elle a eu le prix d'interprétation à Cannes.
10:03À peu près 23, 24 ans.
10:06Est-ce que vous vous reconnaissez en elle ?
10:09Est-ce qu'il y a un peu une passation qui s'opère entre vous ?
10:11Ouais, il y a des points en commun, c'est sûr.
10:13Bah, déjà, enfin, moi, le premier prix que j'ai eu, c'était à Venise, pour La Grenée de Mulet.
10:19Donc, ça a été dans un grand festival où, on va dire, tout a plus ou moins changé du jour au lendemain.
10:24C'est-à-dire que, du jour au lendemain, les gens vous reconnaissent, on vous félicite pour votre travail.
10:30Et vraiment, ça a été comme ça, du jour au lendemain.
10:32Et pour elle, ça a été pareil.
10:33Mais ça, oui, je lui avais dit, enfin, j'avais un petit peu prévenu en amont.
10:39Mais oui, non, il y a beaucoup de points en commun.
10:40Il y a ça, il y a le fait que, bah, moi aussi, ça a été du casting sauvage.
10:45Et non, ouais, pas mal, ouais.
10:50Bah, il y a une passation, c'est sûr.
10:52Bon, après, c'est, et, enfin, passation, je ne sais pas, après, j'ai...
10:57Vous vous prenez, c'était en elle, comme si, effectivement, ça pouvait être votre petite sœur.
11:02Oui, c'est ça.
11:02D'ailleurs, le film à étranger s'appelle La petite sœur.
11:05Et je trouve que c'est un très beau titre, et complètement.
11:09Et même, je trouve que, même quand on voit le film,
11:12enfin, c'est un petit peu notre petite sœur à toutes et à tous.
11:15Je pense que c'est pour ça que les gens sont très attachés au personnage aussi de Fatima.
11:20Bonsoir, bonsoir, toutes les trois.
11:23On va s'amuser.
11:27Pourquoi faire ?
11:28Vas-y, toi, pourquoi faire ? Arrête ton blabla, là.
11:31C'est bon, je sais ce que c'est de ne pas s'assumer,
11:34de ne pas être bien dans sa peau, tout ça.
11:35Mais au moment, il faut vivre, non ?
11:36Je serais notre petite Géoconde.
11:43Moi, je serais Cassandra da Vinci.
11:50C'est quoi un cœur brisé, c'est quoi ?
11:53Moi, je te recoue ton cœur, moi.
11:56Tu dis que de la merde.
11:58Je suis bourrée.
12:00Cette question de l'homosexualité, de pouvoir la vivre librement,
12:06c'est hyper important.
12:08Il y a un engagement qui est fort.
12:09Alors là, effectivement, se rajoute à ça le fait qu'elle soit musulmane,
12:13algérienne, musulmane, pratiquante.
12:16Et je crois que vous avez beaucoup aussi enquêté.
12:19Vous êtes sortie dans les bars.
12:21Pour être au plus proche de la vérité, surtout.
12:24J'ai vraiment...
12:26Le scénario a été écrit, mais après, j'avais besoin d'aller sur place
12:30pour voir de mes yeux un petit peu comment ça se passait dans la réalité.
12:34Et j'ai vraiment...
12:36J'ai fait comme si c'était moi qui allais jouer le rôle.
12:39Et je le fais d'ailleurs à chaque fois que j'ai un rôle qui s'y prête.
12:44J'aime bien observer.
12:45Ça fait partie du travail de préparation.
12:47C'est important.
12:48C'est vrai qu'on ressent énormément la souffrance
12:50qui est traversée par Fatima dans le film.
12:54D'ailleurs, dès le début du film,
12:56elle est insultée, traitée de lesbienne.
12:59Elle ne l'assume pas du tout.
13:01Il y a une vraie violence qui est là.
13:03Et elle, elle aborde les choses à la fois de colère.
13:05Elle est très taiseuse aussi.
13:06Elle est pleine de nuits.
13:08C'est difficile.
13:08Après, pour elle, elle est au lycée à 17 ans.
13:11Je ne pense pas qu'elle se cherche
13:12parce qu'elle sait très bien qui elle est.
13:16C'est juste qu'elle a du mal et c'est normal.
13:18C'est normal.
13:19Et en tout cas, dans tous les témoignages
13:23que j'ai pu recueillir durant ma petite enquête,
13:28je trouvais qu'il n'y avait pas d'âge
13:30pour être pas bien intérieurement
13:33par rapport à sa sexualité.
13:36Pour moi, c'est la nature,
13:38c'est sa nature et elle a du mal avec ça.
13:40Parce que malheureusement,
13:41ce n'est pas toléré par certains.
13:44Elle sait que ce n'est pas toléré,
13:46que ça va être compliqué.
13:49Il y en a qui l'assument très bien au lycée,
13:51son camarade par exemple.
13:53Mais elle, elle a du mal parce qu'elle voit,
13:56entre parenthèses,
13:57ce que j'ai voulu raconter avec cette séquence,
13:58c'est qu'il y a toute cette violence
14:01parce qu'elle ne supporte pas
14:02de voir ce qu'elle est aussi.
14:06Et il y a aussi ce rapport qui est compliqué
14:08avec ses sœurs et sa mère
14:09où on sent qu'elle aurait envie
14:11de pouvoir parler avec elle,
14:13mais que ça reste compliqué.
14:15Alors, je ne sais pas si elle a envie de parler.
14:16En tout cas, quand sa mère lui propose
14:21de parler, en tout cas lui tend une perche,
14:24elle a du mal.
14:25Elle a du mal parce que,
14:26en tout cas, moi, dans ce que je voulais raconter,
14:28c'est que, pour moi, sa mère lui dit clairement
14:31« Tu peux me parler, lui parler de ça,
14:35de ce secret ? »
14:36Et c'est difficile pour elle.
14:40C'est difficile pour elle.
14:42Est-ce qu'elle lui dira ou pas ?
14:43On ne sait pas.
14:44Oh, j'adore, t'es toute timide.
14:47C'est quoi un cœur brisé ?
14:48C'est quoi ?
14:49Moi, je te le recous, ton cœur, moi.
14:50Je sais ce que c'est de ne pas s'assumer,
14:52d'être bien dans sa peau, tout ça,
14:53mais on m'en fout vite, non ?
14:58L'émancipation est une question fondamentale.
15:04C'est une demande de te reconnaître
15:06comme égaux parmi les égaux.
15:11Indépendamment de ce film,
15:13est-ce que vous vous souvenez
15:13de votre premier souvenir cinématographique,
15:16du premier film qui vous a touché ?
15:18Alors, du premier film qui m'a touchée,
15:21il y en a plein.
15:23C'était plus à la télé,
15:24parce que je n'allais pas trop au cinéma.
15:27Je dirais, il y avait
15:28« La petite maison dans la prairie »
15:30que je regardais beaucoup.
15:32C'était des séries, quoi.
15:34« La petite maison dans la prairie ».
15:36Je regardais beaucoup de films
15:38avec Louis de Finesse,
15:40avec ma mère.
15:42Et après, ça a été des films
15:44comme Rocky, Titanic, plus tard.
15:48Est-ce qu'il y a un film
15:49qui vous a donné envie
15:50de devenir réalisatrice ?
15:51À quel moment vous décidez
15:52de devenir réalisatrice ?
15:54J'ai toujours eu cette envie-là.
15:55En tout cas, je suis toujours écrite
15:56des scénarios qui ne ressemblaient pas
15:59à des scénarios.
16:02Franchement, depuis petite,
16:03en tout cas à l'école,
16:05je pense qu'on découvre un peu
16:06la littérature, la poésie,
16:09les pièces de théâtre.
16:11Et en observant un petit peu autour de moi,
16:13je savais que j'avais envie
16:14de raconter des histoires.
16:15Je ne savais pas forcément.
16:18Ça a toujours été des films,
16:20mais je me suis quand même
16:21laissé cette liberté de me dire
16:22peut-être que ce sera autre chose
16:23ou pas.
16:24Mais non, depuis toujours.
16:26Et vous mettre au service de l'histoire,
16:28c'est ce qui compte avant tout
16:29pour vous au cinéma ?
16:31Pour l'instant, en tout cas,
16:32raconter des choses qui me touchent,
16:34qui me parlent.
16:34Parce qu'un film,
16:35c'est beaucoup de travail,
16:36c'est beaucoup de temps,
16:38c'est beaucoup d'énergie.
16:40Il faut tenir le coup.
16:44Donc, beaucoup de responsabilités.
16:46Donc, non, non.
16:46Plus raconter des histoires
16:47qui me touchent sans me dire
16:48tiens, je vais faire des entrées
16:53ou je vais faire ça.
16:54Non, avant tout,
16:54c'est vraiment raconter une histoire.
16:57Si je vous dis devant
16:58ou derrière la caméra ?
17:00Ça dépend.
17:04Devant, ça dépend avec qui.
17:05Mais non, j'aime les deux.
17:09Après, c'est les deux,
17:10c'est une passion.
17:11Mais c'est sûr que maintenant,
17:13avec l'âge,
17:15avec le métier de réalisatrice à côté,
17:19je faisais déjà attention
17:21à ce que je choisissais,
17:22mais là, encore plus.
17:24Vu que j'ai des projets,
17:25écrire, ça prend beaucoup de temps aussi.
17:28Donc, je n'ai pas envie de me perdre
17:29dans un projet pas très intéressant
17:31qui, du coup, me retarderait
17:34pour l'écriture.
17:35Si je vous dis Marseille ou Nancy ?
17:38Marseille.
17:40Obligatoirement ?
17:41Ah oui, Marseille, oui.
17:42Il y a certaines scènes
17:43qui ont été tournées à Nancy.
17:45Qu'est-ce qu'elle représente,
17:46cette ville, pour vous ?
17:48Je n'habite pas loin de Nancy.
17:52Donc, c'est vraiment une question
17:55de logistique pour moi.
17:58Et c'est facile de tourner là-bas aussi.
18:00C'est calme.
18:01C'est important d'avoir du calme
18:04en tournage,
18:05de ne pas être dans le stress,
18:07de ne pas savoir où se garer
18:10pour les autorisations,
18:11pour les...
18:12Je ne vais pas citer des villes.
18:15Mais non, c'était pratique pour moi.
18:18C'est une ville que j'aime bien aussi.
18:19Ce n'est pas Marseille.
18:20Je n'aurais pas pu tourner
18:21le film à Marseille.
18:22Il n'y a pas la même énergie.
18:23Ce n'est pas la même énergie,
18:24mais en tout cas,
18:24pour travailler, c'est bien.
18:27Et quel est, pour terminer,
18:29le plus beau compliment
18:30qu'on pourrait vous faire
18:31sur ce film ?
18:33Le plus beau compliment...
18:35Compliment, je ne sais pas,
18:39mais quand il y a un bon retour
18:41du public et que les gens
18:42sont contents, touchés,
18:43en tout cas, qu'on me dit,
18:45qu'on me remercie
18:46d'avoir pu représenter
18:49justement un personnage
18:52qu'on n'a jamais vu au cinéma.
18:53Encore hier, j'ai présenté
18:57le film à Strasbourg
18:59et il y a vraiment
18:59plein de jeunes femmes
19:00qui sont venues
19:01et qui m'ont dit merci.
19:04Parce qu'il y en a plein aussi
19:07qui m'ont dit
19:07que c'est proche de moi,
19:09c'est mon histoire.
19:11C'est un film extrêmement touchant
19:13et utile.
19:14Merci beaucoup.
19:15Merci.
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20:55Na première fois.
20:56comments.
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21:05Merci.
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21:06est un texte de Périne Le Querec qui a été en résidence dans un foyer d'hébergement
21:12de femmes battues et elle a recueilli le témoignage de ces femmes et elle en a fait un recueil
21:19qui est poétisé parce que évidemment on est dans de l'artistique donc ça passe par
21:25un geste artistique et ce texte Périne Morin de la compagnie Les Patries Imaginaires s'en
21:31est emparé et on a fait un spectacle concert théâtrel où donc on entend les témoignages
21:38de femmes battues à travers une comédienne.
21:44Si je ne me souviens d'aucun bon moment, le jour et l'heure où je suis partie, ça je
21:54m'en souviens parfaitement.
21:55Par exemple aussi, nous programmons cette année le spectacle Nous les Fous de la compagnie
22:03Le Chant de la Carpe qui vient du Marais Poitvin.
22:06Ces artistes, pendant plus d'une dizaine d'années, sont régulièrement allés à l'hôpital
22:11Laborde qui est un hôpital psychiatrique et ils ont recueilli le témoignage de soignants,
22:16d'aidants, de familles de fous, on a le droit de le dire là-bas, c'est pour ça que je le
22:21dis, et il nous propose un état des lieux un peu de la psychiatrie en France à travers
22:25le témoignage de personnes concernées.
22:28En tout cas, je dissocie votre présence ici d'une quelconque légitimité à venir me
22:32faire perdre du temps dans mon service avec votre enroquisme de merde ! Foutez-moi le
22:37camp !
22:37Il y a trois temps forts, il y a le vendredi, premier jour du festival, inauguration et ensuite
22:45deux spectacles qui vont nous parler des aidants, de la santé, du métier d'éducateur.
22:52Le lendemain, on est dans une journée où on va parler de militantisme, d'activisme,
22:58de colère et aussi de l'autre côté de force de police, de répression et tout avec une
23:06carte blanche au Primesautier Théâtre qui vient de Montpellier avec deux très beaux
23:10spectacles et Force Bleue ensuite en soirée.
23:15J'ai moi aussi intégré un corps collectif au sein de la LDH à l'Observatoire des Libertés
23:19Publiques parisiens.
23:20Nous observons, quand nous le pouvons, le maintien de l'ordre à Paris et ses effets
23:24sur les corps.
23:25Je sais que la police n'aime pas être filmée.
23:28Et je la filme beaucoup.
23:32Et le troisième temps fort, c'est le dimanche avec la journée Les Méduses qui est une journée
23:38complètement consacrée aux droits des femmes et à l'égalité des genres.
23:42Alors avec une chorale féministe, une rencontre littéraire de la librairie autour du monde,
23:47un film Les Méduses que j'ai réalisé avec nos tribus de production, témoignages de femmes
23:54Messines du quartier de Patrottes et deux spectacles coup de poing passantes de la
24:00Compagnie L'Allerion puis Rouge pute de la Compagnie Les Patries Imaginaires.
24:05La troisième fois que je me suis fait agresser.
24:07J'avais 18 ans, ils ont quoi la quarantaine ?
24:09J'avais 15 ans, ils devaient avoir 30 ans.
24:10J'ai été se flammer dès l'âge de 11 ans.
24:12J'avais une robe, on m'a klaxonné pour me demander combien c'était.
24:14Un jour, je me suis fait cracher dessus.
24:15Il s'est collé à moi.
24:17Le festival, les RTT, depuis l'année dernière, on l'a posé à l'Agora qui est un lieu assez particulier
24:26puisqu'il rassemble un centre social, une médiathèque, un espace de spectacle et il est au cœur
24:32d'un quartier prioritaire de la ville et c'était important pour nous d'être là
24:37parce que, ok, il y a le temps fort du festival pendant trois jours, mais il y a tout un travail
24:41qu'on mène tout au long de l'année avec les habitants et les habitantes, avec les associations.
24:48Et c'est vraiment très important pour nous d'être là et d'être en partenariat avec l'Agora.
24:53Il y a un des deux qui me met la main aux fesses et a mis sa main sur mon cul.
24:57En fait, j'ai les mêmes droits que tous les autres.
25:00Mais ce que je sais de mon grand-père et de mon père,
25:02c'est que leurs corps sont marqués par ce qu'ils ont fait.
25:11Le théâtre qui part de la parole réelle et qui, je ne sais pas quoi, je ne sais pas.
25:26Le témoignage qui est, qui apparaît dans un...
25:31RTT, c'est un jeune festival.
25:34Les RTT, un festival qui a du cœur et de l'humour aussi.
25:45Je vous invite vivement à réserver vos places pour découvrir des créations originales,
25:49surprenantes et engagées, qui invitent à voir le monde autrement
25:52et surtout à l'appréhender avec davantage d'humanité.
25:56Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui.
25:57Mais bien sûr, on se retrouve la semaine prochaine sans faute pour un nouveau plein de culture.
26:01D'ici là, portez-vous bien et émerveillez-vous.
26:04Allez, bye-bye.
26:05Musique
26:06Musique
26:07Musique
26:08Musique
26:09Votre dose quotidienne de spectacle avec le Casino 2000 de Montdorf-les-Bains au Luxembourg.
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26:37Musique
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