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  • il y a 2 mois
Le duo stéphanois Terrenoire était de passage à Metz à l'occasion de leur concert aux Trinitaires. Dans le cadre de leur tournée, les deux frères ont décidé de prendre le temps de rencontrer les gens et leur territoire. A Metz cela s'est notamment traduit par un atelier d'écriture à La BAM mais aussi par une belle rencontre avec la chorale messine "Les Drôles de Jam" avec laquelle ils ont répété "Jusqu'à mon dernier souffle" avant de l'interpréter sur scène à leur côté. Rencontre avec deux artistes passionnants et passionnés, engagés, toujours en quête de beauté, qui placent la musique et l'humain au coeur de l'art.

Interview, images, réalisation, montage : Alicia Hiblot

Musique Générique : Alice Arthur

Musiques Entretien :
Terrenoire : album"Protégé.e" © 2025 Black Paradiso, under exclusive license to Virgin Music France / album "Les forces contraires" © 2020 Black Paradiso, under exclusive license to Virgin Music France

© Moselle TV - Octobre 2025

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00J'ai avancé pour le bien de nos corps, pour le bien de nos vies, de nos vies, vive au soir de moi.
00:10Sans ambition, on se mêle le monde à moi, qui me réclate en force, vive au soir de moi.
00:19Raphaël Théo, bonjour.
00:20Bonjour.
00:21Bonjour.
00:21Merci beaucoup d'être à mes côtés, vous composez le duo Terre Noire.
00:25Vous étiez déjà présent à Metz il y a trois ans.
00:27C'était il y a trois ans déjà.
00:28On va faire un concert au Trinitaire.
00:30Aujourd'hui, on se trouve à la BAM, où vous avez animé un atelier d'écriture hier.
00:34Tout à l'heure, vous allez travailler avec une chorale, une chorale messine, qui va interpréter sur scène un morceau avec vous, demain, au Trinitaire une fois encore.
00:43On a senti chez vous, on sent chez vous l'envie de ralentir, contrairement à la tournée précédente,
00:49puisque là, vous vous êtes installé à Metz pour trois jours, avec cette envie d'appréhender la ville, de la sentir,
00:55et puis aussi d'aller à la rencontre des personnes qui la font vivre, cette ville.
01:00C'était important pour vous ? Il y avait une urgence pour vous à ralentir ?
01:03Oui, peut-être l'urgence, plus que ralentir, elle était de rencontrer, je pense, et d'aller au devant de plus de liens.
01:13C'est ça qui nous a manqué, je pense, sur la première tournée.
01:14Ça paraît, je pense, difficilement compréhensible, mais un public, et c'est magnifique les moments de concert,
01:22et on a une chance immense d'avoir des publics, des gens qui viennent constituer un public dans des salles.
01:27Mais ce n'est pas des liens immédiats, interpersonnels, on n'a pas accès à l'intimité de l'autre, ça reste une foule.
01:34On entend des applaudissements, on attend de l'amitié, de la sensibilité, donc c'est une émotion puissante,
01:39mais c'est très différent de la rencontre.
01:41Que vous soyez à Metz ou à Perpignan, finalement, c'est un peu la même chose.
01:44Il y a quelque chose, il y a des différences d'ambiance, mais par contre, c'est vrai que ce qui peut se passer au bout d'un moment,
01:48c'est la sensation de vivre toujours un peu le jour sans fin.
01:51Ça standardise un peu le moment du spectacle, donc il y a un vrai plaisir aussi de bien faire son métier,
01:58de tout d'un coup peaufiner, peaufiner jusqu'à montrer un spectacle,
02:00mais tout le reste de la journée, et tout le reste de la vie, finalement, on est beaucoup balotté dans des transports,
02:07dans des zones un peu à l'extérieur des villes, dans des hôtels, dans des loges,
02:12et ça fait des moments où on est vraiment juste tourné les uns contre les autres,
02:17l'équipe de tournée, les musiciens, les techniciennes, les techniciens et tout ça,
02:20mais on ne rencontre pas les gens, on ne rencontre pas les villes.
02:22Donc ça a été surtout l'urgence, je pense, de la rencontre,
02:26et surtout dans le climat politique qui est le nôtre en ce moment.
02:28C'est de dire comment on peut faire, nous, à notre échelle, pour, je ne sais pas,
02:31mettre notre, comment on dit, notre truc à l'édifice, notre pierre à l'édifice, voilà, du lien.
02:37Ça me semble important, en ce moment, justement, dans un moment où les gens se séparent,
02:42fabriquent des camps les uns contre les autres, de travailler à ce qui nous est commun.
02:45L'amour a changé mes idées, j'ai reconsidéré le sens de tout ce que je fais,
02:55j'adhère aux idées de mon amour, mon art, je le ferai encore, mais par amour.
03:03Il y a une chanson, « Vivre sobrement », vous nous invitez à vivre sobrement,
03:07en tout cas, ça va aussi avec cette dimension écologique de voyager en prenant le train,
03:10en faisant attention aux choses, aux gens, aux autres.
03:13Il y a une manière, oui, de repenser son fonctionnement,
03:17mais je pense que notre tournée, finalement, on est avec un van et on tourne.
03:21Ce qu'on imagine de ce qu'il y a plus politique et de ce qu'il y a plus écologique à l'intérieur de notre tournée,
03:26du moins, c'est comme ça que nous, on essaye de la vivre et de l'investir, c'est surtout par le lien.
03:31C'est par le lien que l'on crée avec les gens, c'est-à-dire comment on va chercher
03:35à l'intérieur d'un atelier d'écriture, à l'intérieur d'une chorale, de la singularité chez l'autre.
03:39Comment on va aussi chercher des informations de l'intime, de la joie avec l'autre
03:44et comment on recrée un balancier beaucoup plus logique que celui d'un artiste que celui d'un artiste n'a pas vraiment.
03:53C'est-à-dire l'artiste est souvent surplombant, il est sur la scène, la fosse est là,
03:56le regarde dans le noir, lui, il est plongé dans la lumière.
03:59Tous les ateliers d'écriture, tout ce qu'on fait en amont et même ce qu'on fait, à vrai dire,
04:02maintenant sur scène, c'est-à-dire descendre dans la fosse et chanter avec les participants
04:07et les participantes de nos différentes actions qu'on fait en amont des dates,
04:11ça nous permet de retrouver cet équilibre-là.
04:12Marcinès, c'est ça qu'on dirait.
04:40On a besoin d'écouter, on a besoin de s'écouter les uns les autres,
04:48on a besoin de s'entendre, on a besoin d'apprendre de l'autre.
04:52Et ce n'est pas ce vers quoi nous mène ce métier dans la manière dont il est structuré industriellement.
05:00Il nous pousse beaucoup plus à la tour d'ivoire, on va dire.
05:05Et ce n'est pas souhaitable, ni pour les uns ni pour les autres,
05:10parce qu'on ne s'entend plus pour les autres et pour soi, parce qu'on est coupé du monde.
05:14Et les œillères, elles créent de la peur et les œillères, elles créent de la réaction bête aux choses.
05:23Donc tenir le contact, garder les choses et rencontrer les gens dans leur singularité,
05:27c'est faire fleurir de l'intérêt partout, de la singularité, de l'échange.
05:34Et faire preuve de bon sens, comme vous le chantez, avec une chanson,
05:38un titre très très entêtant comme ça, qui martèle, un petit peu comme à la chaîne finalement,
05:43c'est l'espèce de paradoxe entre justement ce côté à la chaîne et...
05:46Une scansion un peu industrielle quoi.
05:48Voilà, un peu industrielle pour nous dire, attention,
05:51on s'éloigne de ce qui est nécessaire, de l'essentiel peut-être.
05:54Cette chanson, elle reprend un peu la litanie de la machine qui pose des questions
06:20et c'est un peu une chanson de désorientation quoi.
06:24Comment trouver la bonne direction, le bon sens, ça a été un peu central dans l'écriture de cet album-là.
06:30Cette idée de s'orienter, ouais.
06:31Comment prendre la bonne direction intimement dans la société aussi.
06:35Où on va quoi, où ça va tout ça.
06:37Hier vous le disiez, vous avez animé un atelier d'écriture.
06:40Les mots ont extrêmement d'importance pour vous.
06:43Est-ce que les mots vous protègent ?
06:45Les mots, c'est la peau entre nous et le monde quoi.
06:53C'est même au-delà de ça, c'est des flèches, c'est des animaux, des oiseaux, c'est de la matière.
07:00Là on se parle, enfin je veux dire, en tout cas pour l'humain c'est quand même un sacré truc le langage.
07:04Après on va pas faire beaucoup de philosophie.
07:07Mais est-ce que ça nous protège les mots ?
07:09On a senti que c'était vital quand même chez vous.
07:12Qu'il y avait aussi ce besoin d'écrire.
07:14C'est ça, au-delà de...
07:16Je pense pas que ça protège parce que ça...
07:18En tout cas, c'est la vie en fait.
07:21J'essaie de trouver mes mots mais les mots c'est la vie.
07:24C'est-à-dire que c'est le lien le plus immédiat à la sensibilité, à nos sens quoi.
07:30En tout cas, le fait de nommer, nommer quelque chose c'est pas seulement l'extérioriser,
07:34mais c'est aussi renforcer ce qu'on ressent, c'est aussi réussir à préciser ce qu'on ressent.
07:39Et donc moi, écrire c'est penser.
07:42Et ça me fait penser à notre ami Marc Fiscara qui le dit dans notre accent stéphanois, il dit « pincez ».
07:48Et en fait, il fait lire les deux idées de « penser » avec sa tête et « penser » comme le pansement, P-N-S-R.
07:55Et peut-être que les mots nous aident à penser, penser en mode stéphanois quoi.
08:00Mes souffles, j'imaginerais le pire, j'suis pas mauvais pour ça, j'ai du prendre de mon père.
08:07Je vieillis doucement, je vais vers le bonheur, toujours le chercher, quelle erreur.
08:15Je vis toujours à cliché, ça fait plus de sept ans, j'le compte même plus.
08:21L'ombre de filles, l'ombre de nuits passées sous ces toits, à rouler des étoiles entre mes bras.
08:28J'ai pas un regard d'ici, moi, je suis loin de chez moi, les enfants de terre noire ont très bonnes mémoires.
08:40J'en suis un étard, les collines dorées, par le soleil du soir.
08:47C'est l'heure de rentrer, papa nous sifflait, le jour s'embrimait.
08:50J'en suis en silence devant la terre.
08:57Ça fait un vrai point d'orgue ici.
08:58Là, il y a un vrai point d'orgue.
08:59Comment le langage s'est invité chez vous quand vous étiez gamin ?
09:02De quelle manière la langue s'est immiscée dans votre vie ?
09:04La lecture, on a eu la chance d'avoir nos premières artistes dans la famille qui étaient nos grands-mères et nos mères.
09:11Et notre mère, pardon, on n'a pas eu plusieurs mères.
09:13Nos grands-mères et notre mère.
09:15Et les mères de notre ville aussi.
09:17Non, non.
09:18Tous nos mères.
09:19On a eu la chance d'avoir nos premières artistes dans la famille qui étaient nos deux grands-mères et notre mère
09:24qui nous ont lu des histoires et des histoires qui nous les ont lues, racontées, improvisées, façonnées de toutes les manières.
09:32Dans la voiture, dans le lit quand on est petit, en bas, tout le temps.
09:39Donc, le récit, ce qu'on peut s'imaginer, ce que ça vient générer en soi, dans notre tête, dans l'imaginaire,
09:47ça vient d'un moment de jeunesse, vraiment, je ne pourrais pas dire, ça a toujours été là.
09:53Donc, cette importance originelle, elle a créé ensuite, je pense, un rapport heureux à la création, un rapport heureux à l'imagination.
10:01Et ça s'est traduit par beaucoup de musique, mais aussi beaucoup d'écriture pour Raphaël.
10:06En l'occurrence, c'est aussi la réalisation de films à l'époque, il faisait beaucoup de réalisations.
10:10En tout cas, il y a eu plein de choses de l'imaginaire qui sont venues par les mots.
10:15Il y avait quoi alors comme livre de chevet, hormis les histoires contées justement par votre grand-mère, votre mère,
10:22dans les livres un petit peu qui vous ont nourris, qui vous ont marqués, dont vous vous souvenez sur la table de chevet ?
10:27C'était des choses assez simples et communes. Il y a des livres d'enfants, je pense qu'on a dû lire,
10:33il y a dû avoir les tubes qu'on allait chercher à la bibliothèque de Terre Noire.
10:37Il y avait Tom, Tom et Nana, il y avait Astérix.
10:39Il n'y avait pas trop Tintin, par exemple, tu vois.
10:42Ça commence par la BD un peu ?
10:43Oui, la BD, il y avait ça, puis notre mère faisait tous les personnages, c'était assez rigolo.
10:47Il y avait vraiment les personnages avec des différentes voix et tout ça.
10:51Donc, on se marrait quand même beaucoup.
10:53Mais il y avait quand même beaucoup d'oralité, quoi.
10:55Enfin, c'était des voix qui parlaient, qui chantaient et tout ça.
10:58Notre mère était prof d'anglais.
11:01Elle avait des bouquins, c'est assez différent.
11:04Enfin, les éditions des bouquins pour enfants d'autres pays, ce n'est pas la même culture.
11:09Et il y avait des chats qui partaient sur une île.
11:11Bien sûr, je pense exactement à ça, c'est fou.
11:13Avec des tortues.
11:15Ils veulent aller goûter sur une île avec une tortue.
11:17C'est pour ça que vous vouliez être une tortue dans la précédente interview qu'on avait faite ensemble.
11:21Vous avez demandé quel animal vous vouliez être.
11:23Vous vouliez être, elle vous avait dit une tortue.
11:24C'était un animal assez lent.
11:27On a l'impression d'avancer lentement.
11:30La tortue, ça va.
11:32La tortue, c'est bien.
11:34La tortue, ça va bien parce que c'est insubmersible.
11:38Ça vit longtemps.
11:39Et ça vit longtemps.
11:40Et ça cesse de protéger.
11:42Et...
11:43Ouais, ouais, on est très lent.
11:45On essaie de cultiver la lenteur.
11:48De ne pas faire les choses trop vite et de ne pas aller trop vite.
11:51C'est pour pouvoir savourer.
11:52Et je crois qu'il faut manger les jours comme une tortue mange une petite tranche de l'écriture.
12:00C'est vrai.
12:01Dans ce geste de savourer comme ça.
12:03Ah bah tiens, je viens de refaire un lien là très puissant.
12:05Parce que j'ai voulu avoir une tortue à un moment donné dans ma vie.
12:08Et c'est vrai que ce bouquin m'a vachement marqué.
12:09Je pense que les choses primitives nous marquent évidemment.
12:11Mais ce livre, il était sans mots justement.
12:13Et donc il fallait...
12:15Remplir ce vide.
12:16Il fallait raconter l'histoire, la créer à chaque fois.
12:20Donc il y avait une attente de trouver des repères à l'intérieur de cette histoire.
12:26Et puis on pouvait à chaque fois la recréer.
12:28Mais moi c'est une histoire que j'ai lue à un enfant pendant quelques temps aussi.
12:31Donc bref, bon on s'éloigne un peu de la question.
12:33Mais il y avait ça.
12:34Et puis après, un peu plus grand, il y a eu franchement des Harry Potter qui ont été des trucs super marquants en tant qu'ado.
12:41Il y a eu de la science-fiction, des romans.
12:45Et aujourd'hui, vous lisez beaucoup ou pas ?
12:47Je relis pas mal.
12:48J'ai arrêté pendant quelques temps, mais je relis pas mal.
12:51Dernièrement, j'ai lu un bouquin qui s'appelle Melmode furieux de Sabrina Calvo.
12:55Qui est très intéressant.
12:56En une belle ville dystopique.
12:59Où l'ennemi est Mickey Mouse à Disneyland Paris.
13:04Et donc il y a une grande révolution qui s'avance jusqu'à Disneyland Paris.
13:08Ça nous fait un peu penser à ce qui se passe en ce moment.
13:11C'est ce sentiment de révolte des gens qui sortent dans les rues.
13:14J'ai lu un bouquin passionnant qui s'appelle Littérature Révolution.
13:17De Joseph Andras et Kautar Archi.
13:19Qui est un dialogue de deux écrivains.
13:22Enfin une écrivaine et un écrivain sur leur pratique d'écriture et leur rapport au politique.
13:26Et c'est un livre d'entretien.
13:27Et c'est extraordinaire je trouve.
13:30Le politique, il était présent aussi dans votre vie.
13:33Comment, on se rend un engagement très fort dans les chansons que vous chantez.
13:37On aura l'occasion de parler du fou dans la voiture.
13:41Il y avait la misère sur l'album précédent.
13:45Cette conscience politique, vous l'avez toujours eue ?
13:48Je pense que c'était quand même dans la famille.
13:50On a un grand-père qui était syndicaliste.
13:54C'était culturel je pense.
13:55Il y avait quelque chose.
13:56Plus qu'affirmé.
13:57Et puis ensuite nos parents, il y avait une préoccupation de la chose politique.
14:04Sans être spécialement engagé aux militants, à vrai dire.
14:08Et je pense que de notre côté, en tout cas en ce qui me concerne, ça a été, avec toujours une préoccupation sensible.
14:16Mais en tout cas la structuration politique, ça a été vraiment dans l'amitié avec certains amis qui m'ont remis dedans.
14:21Voilà, pour moi en tout cas.
14:45Pour revenir peut-être au mot, est-ce que vous savez quel est le premier mot que vous avez dit chacun ?
14:49Non.
14:50Je ne sais pas.
14:50Il faudrait demander.
14:52Il faudrait demander.
14:52Il faudrait demander.
14:53C'est intéressant, oui.
14:53Vous me le redirez, Alain.
14:55Ce serait drôle.
14:56Tortue !
14:57Tortue !
14:58Moi, je disais Bullon, c'était le nom du chat.
15:00Mon ami, c'était Barbie Kennell.
15:02Barbie Kennell.
15:03Barbie Kennell.
15:03Toi, tu disais...
15:04Adonis Arouk.
15:06Voilà.
15:06C'est quoi Barbie Kennell ?
15:07Un ami qui s'appelait Adonis Arouk, il m'a dit son premier mot, c'était Barbie Kennell.
15:11Incroyable.
15:11Peut-être il y a matière à salle, manger sur le divan pour essayer de remonter un peu.
15:15C'est sûr.
15:15Et votre mot préféré ?
15:17Là, je pensais au mot murmure.
15:21Je ne sais pas si c'est mon préféré, parce qu'il y en a plein de jolis mots.
15:23Mais quand on parlait d'enfance, je ne me souviens pas de premier mot.
15:26Mais en tout cas, la première chose qu'on m'a offert, c'est un ours en peluche.
15:30Et qui a été nommé Murmure.
15:32Et je pense que c'est ma grand-mère qui l'a appelé comme ça.
15:36Je trouve que c'est un sacré beau nom d'ours.
15:39Et pendant longtemps, j'ai cru que c'était Murmure, deux murs en fait.
15:42Et après, j'ai compris que c'était le mot Murmure, Murmure.
15:45Et Théo, peut-être un mot préféré ?
15:48Je n'ai pas de mot préféré à vrai dire, mais j'aime bien aussi Poupette.
15:52Ma première petite peluche aussi.
15:54En coton.
15:55Poupette.
15:56Qui faisait de la musique.
15:57En tout cas, les mots, la parole, c'est hyper important.
16:00On l'a vu pendant l'atelier d'écriture.
16:03Les personnes qui étaient là réunies, vous les avez invitées à écrire autour de thèmes.
16:08D'abord, vous les avez invitées à parler d'elles.
16:10Et puis, à parler de leur maison d'enfance.
16:13Tout en ne perdant pas de vue que finalement, il y avait l'écriture, mais il y avait la parole.
16:17Et l'importance aussi, après, que ces mots soient lus finalement à voix haute.
16:21Ça, c'est important.
16:22Oui, à voix haute, c'est important, je pense.
16:24Disons que, enfin, pour moi, l'écriture, elle est...
16:28C'est pas un geste de littérature, quoi.
16:30Enfin, nous, on écrit des chansons, j'écris pas de romans.
16:32Ça m'intéresse assez peu.
16:34J'aime bien l'écriture poétique dans le fait qu'elle peut sonner, quoi.
16:39Enfin, il y a toujours un lien à l'oralité dans l'écriture.
16:41Et à la fois, moi, je peux pas penser sans écrire.
16:43Donc, c'est un point bloquant ou de déséquilibre qui est intéressant.
16:48Nous, on n'est pas des profs d'écriture.
16:50C'est pas ça qui est important.
16:52C'est surtout la nécessité d'écrire.
16:54Qu'on voulait faire passer hier.
16:55Et la nécessité de ce qui est notre singularité,
16:58ce qu'on nomme de nous-mêmes, c'est précieux.
17:02Et ça a de la place.
17:04Et quand c'est dit et quand c'est entendu,
17:05parce que, évidemment qu'écrire, c'était important hier,
17:08mais l'écoute, elle est au moins aussi importante
17:10que le fait d'écrire.
17:11Et puis avoir le courage de dire.
17:13Donc, c'est ces trois choses qui sont combinées.
17:15C'est prendre la parole, en fait.
17:17Oui, c'est ça.
17:17C'est prendre la parole et de quelque chose qui est intime.
17:20Et je pense qu'on voit quand les choses intimes sont dites
17:24qu'on a beaucoup en commun,
17:26mais que c'est important d'exprimer sa singularité
17:29et de se sentir entendu.
17:31Et pour moi, c'est la dimension la plus politique en ce moment.
17:34En tout cas, à l'intérieur de ce travail-là,
17:36je pense qu'on était tous super soulagés
17:38d'avoir entendu des paroles humaines
17:39qui nous rassurent, qui nous font du bien,
17:42qui nous rapprochent de l'autre.
17:44Et je pense qu'en ce moment,
17:45ce qui ne fonctionne pas dans la société,
17:46c'est que les gens ne se sentent pas entendus
17:47à l'endroit de leur intimité,
17:50de ce qui les préoccupe,
17:51de ce qui leur coûte,
17:53de ce qui leur fait du mal,
17:54de ce qui est douloureux, en fait.
17:56Ou ce qui est beau, même.
17:57Mais juste, ça, c'est coupé.
18:00Et je pense qu'il y a des manières...
18:02Voilà, on ne fait pas...
18:03Ce n'est pas une grande révolution qu'on fait,
18:05mais je pense qu'à l'endroit de la sensibilité,
18:07il est important.
18:08Puis c'est tout d'un coup,
18:09quand les gens se mettent à dire,
18:10on regagne en confiance et quand on...
18:12Oui, on se dit tout simplement
18:13qu'on pense pareil qu'une personne.
18:15On se dit, oh tiens, je suis comme toi.
18:17La personne est comme moi,
18:18elle ressent à ces endroits de l'intime,
18:20parce que c'est difficile d'aller chercher
18:21quelqu'un dans l'intime encore plus
18:22quand on vient de la rencontrer.
18:24Quand quelqu'un...
18:25Quand on se sent si proche d'une personne
18:27qu'on vient à peine de rencontrer,
18:28on se dit, ah mais...
18:30Voilà.
18:30Et puis parce qu'on érige énormément de camps,
18:32on érige énormément de...
18:33de...
18:34de murs entre les gens
18:37et un rapport aux politiques
18:39où vraiment il n'y a quasiment plus aucun lien
18:41entre les...
18:41On se dit, mais les gens vivent vraiment
18:43dans des mondes différents.
18:45C'est une image médiatique
18:46qu'on nous renvoie,
18:47c'est-à-dire de celle de...
18:48de personnes qui ne veulent pas entendre
18:49ce que...
18:50ce que...
18:50la population dit, quoi.
18:52ne veut pas comprendre,
18:55ne veut pas entendre
18:56ou fait mine en tout cas
18:56de faire tous les gestes
18:59pour faire croire qu'il ne comprend pas.
19:01Et entendre juste dans l'intime
19:02que des personnes qui ne se connaissent pas
19:03s'entendent et comprennent
19:04la nécessité humaine
19:08juste qui est de raconter son intime,
19:11et bien c'est vraiment puissant
19:12pour les uns comme pour les autres.
19:13Ça, c'est sûr.
19:14La parole, vous en parle également
19:30dans la chanson qui ouvre tout de suite
19:32le morceau.
19:33Parle-moi.
19:34Dans ton territoire, vous dites
19:36parle-moi, parle-moi,
19:37j'ai besoin que tu me parles,
19:38j'ai vraiment besoin que tu me parles.
19:40Parler en amour,
19:41mais comme finalement,
19:42de manière générale,
19:43là aussi, on y revient,
19:44à cette importance,
19:46de cette parole et d'écoute.
19:48Oui, c'est l'endroit du lien.
19:52Enfin, je veux dire,
19:52c'est l'endroit où tout se joue quasiment.
19:55C'est l'endroit où tout se joue.
19:56Donc c'est évidemment
19:57parle-moi en amour,
19:58mais ça pourrait être aussi
19:59le cri d'un peuple
20:02face au gouvernement
20:03qu'il n'entendrait pas, par exemple.
20:06Dis-moi, écoute-moi, parle-moi.
20:08En tout cas, établis le lien.
20:10Parle-moi, parle-moi, parle-moi.
20:13Fais-moi voir ton territoire,
20:15le fond de toi,
20:16le cœur du feu,
20:17enfin tout ce qui fait que tu es toi.
20:19Tout ce qui fait que tu as ce gousy qui fond,
20:21tout ce qui fait que tu es toi.
20:23Tout ce qui fait que tu as ce gousy qui fond,
20:25tout ce qui fait que tu es toi.
20:25Parle-moi, parle-moi, parle-moi.
20:28Fais-moi voir ton territoire,
20:30ton Atlantide, le cœur de tout,
20:32enfin tout ce qui fait que tu es tout pour moi.
20:34la chanson justement le fou dans la voiture c'est une chanson métaphorique justement pour parler de
20:41l'extrême droite de cette de cette montée de l'extrême droite qui vous fait peur elle est
20:46venue comment cette communément comment il est venu ce morceau il s'est imposé finalement c'est
20:51même au moment d'un côté tribal en plus c'est un peu c'était pas le travail en effet c'était
20:59c'était rip de mourreuvant vraiment marie zemmourt prenait beaucoup de place médiatiquement on
21:03sentait qu'il ouvrait l'a comme on dit la fenêtre d'overtum et un fou au volant de la voiture
21:08on a droit d'entrée à droite est un fou au volant de la voiture sur ma droite sanadroite en b от
21:16front de la voiture dure la volant pour night tournez droit de coalition mon nom ça doit
21:17lire les volants du tournat droit petit tourne à droite sur un main mendor qui a euçu pas de la
21:24maladresse on a écrit cette chanson pour le
21:29la réédition, on l'avait pas mis dessus et on l'a un peu réagencé, réarrangé, on a mis ces
21:35bruits de manifestants aussi en introduction. Ça part des mots quand vous composez ou ça
21:42part de la musique ? Un peu des deux finalement ? Il y a plusieurs chemins différents, on se laisse
21:48le choix. Ouais pareil, les deux s'entremêlent. Une musique, une émotion musicale va me donner envie
21:53d'écrire par exemple, mais même pas un truc que je compose ou que Théo est composé, juste un beau
21:57morceau d'ambiante ou un truc qui laisse de la place pour écrire, j'écris par dessus. Ça oriente un
22:00peu l'écriture et dans l'autre sens, les mots parfois quand ils viennent comme ça, après je les mets en
22:06musique. Je ne l'ai pas encore évoqué, le nom de l'album il s'appelle Protégé, donc ces chansons
22:11dont on a parlé, Ton territoire ou encore Le fou dans la voiture s'y trouvent. Protégé, point et inclusif,
22:17exactement. C'est aussi un peu comme le précédent aussi un album d'amour, j'ai l'impression aussi
22:24au sens large. Avant de parler, peut-être revenir sur les mots, la musique, il y a quelque chose chez
22:30vous de très, c'est très travaillé, il y a des sons électro qui s'invitent, parfois ça peut partir en
22:36jazz, tout d'un coup il y a des cordes qui vont s'envoler avec des instruments plus organiques. Vous
22:43avez vraiment, je trouve, une recette à vous qui est assez particulière, qui va entre l'électro,
22:46la pop, ce n'est pas trop où on est et c'est toujours assez surprenant. Donc la tambouille,
22:52la cuisine, elle se fait comment ? Elle ne vient jamais en tout cas du mot et d'étiquette. En
22:58effet, comme vous dites, ce n'est pas l'idée d'aller chercher la case ou d'aller chercher,
23:06mais de toute façon je ne sais plus vraiment qui réfléchit comme ça maintenant, c'est-à-dire
23:09qu'on vient d'une génération où toutes les musiques et tous les genres ont été mélangés,
23:12parce qu'on est des enfants de l'internet, on est des enfants où il n'y a pas de chapelle,
23:19il n'y a pas de mur, on ne va pas dans le disquaire rock ou le disquaire rap ou le disquaire classique,
23:24tout est dans un seul gigantesque forum qu'est l'internet. Donc nous, à vrai dire, on n'a jamais
23:31mis de hiérarchie sur les genres musicaux et le plaisir de pouvoir se saisir de la joie que génère
23:37chacune de ces émotions musicales qui sont équivalentes. Bah on a envie,
23:43on a envie par délectation d'aller réussir à faire tout ce qu'on aime en hybridifiant les choses qu'on aime.
23:52La vie est une farandole, on se fait déchirer la gale, on en redemande encore, moi j'en redemande encore,
23:58dans mon corps bouillon de feu, je fais comme la vague sur l'aurore, je cours comme l'eau sur le feu, je cours comme un chien sur le port.
24:07On sent un plaisir à triturer le son, à le malaxer, c'est pas juste un instrument par-ci par-là, il y a vraiment des choses.
24:16C'est un plaisir plastique, c'est un plaisir plastique de montage, de démontage, de bricolage, de mettre les mains dans la matière, franchement.
24:23C'est le geste. C'est du taillage, après c'est sur un ordinateur, puis c'est des battements d'air, mais franchement, c'est très proche de la sculpture, de la poterie.
24:33Franchement, on coupe des trucs, on coupe des fréquences, on met des couches et des couches, c'est plastique franchement.
24:40Et on joue quand même des instruments, il y a quand même la dimension du toucher qui est là, et du geste.
24:45Et plus encore que sur le précédent album, il y a beaucoup de musiciens, musiciennes qui sont venus, qu'on a invités, d'autres voix et tout.
24:52Puis les voix, c'est que des gestes, c'est plastique.
24:56La voix aussi, c'est assez intéressant, parce que vous avez une voix qui peut partir dans des graves, on se demande parfois, on ne sait pas qui chante,
25:03et tout d'un coup, pour repartir un peu plus à l'aigu, elle est aussi parfois aussi complètement triturée.
25:08Sur Hotline Gorgon, je crois que ce n'est pas un duo, c'est moi qui chante, oui.
25:23Parfois, on a l'impression que vous êtes en duo.
25:25Oui, mais on ne se rend pas compte de ça.
25:26C'est hyper intéressant, en fait.
25:28On ne se rend pas compte des différentes voix.
25:31Hotline Gorgon, les titres que chante Théo, donc Hotline Gorgon et le jour où Théo est ouvert, ils sont vari-speedés, donc accélérés légèrement comme une bande.
25:39Donc ça rend la voix de Théo plus aiguë, ça la rend curieuse.
25:42On ne sait pas trop ce qu'elle créature sait et tout ça.
25:45Mais il y a d'autres choses en fait, c'est une manière au fur et à mesure de placer sa voix avec des modifications juste de technique.
25:50En fait, la voix, elle est de temps en temps un petit peu modifiée, mais pas tant.
25:54Mais il y a aussi, ça on me le dit beaucoup sur scène, mais je ne me rends plus vraiment compte.
25:57Il y a des intentions en fait.
25:58Moi, quand je veux mettre une espèce d'intensité lyrique ou de colère ou de tristesse, je vais faire créer une espèce de personnage.
26:06Je place ma voix différemment et les gens pensent qu'il y a un effet dessus.
26:09Oui, c'est vrai, c'est hyper marqué et c'est assez troublant et très beau en plus.
26:12Ce n'est pas été trop pensé ça.
26:14Ce n'est pas trop pensé, c'est juste comme un personnage en plus quoi.
26:18J'appuie sur le sol comme un pédale d'effet.
26:21Comme pour une guitare, on mettrait en place une distorsion ou quelque chose.
26:25Il y a plein de pédales d'effet dans votre corps.
26:27Oui, c'est ça, c'est vrai.
26:29Il y a quoi dans votre playlist ?
26:31Aujourd'hui, en faisant le tour du Mont Saint-Quentin, j'ai écouté deux fois le même album.
26:35Je peux être très clair, c'est Nate Mercero.
26:38L'album s'appelle Subtle Movements,
26:43qui est musique de hippies californiens qui jouent dans des parcs et qui ont énormément de pédales,
26:49mais pas dans leur corps, pour leur guitare.
26:51Des dizaines et des dizaines.
26:53C'est de la musique quasiment de méditation d'ashram,
26:55mais qui a été plus ou moins mélangée avec ce que la Californie a fait de meilleur,
27:00c'est-à-dire des musiciens de jazz qui sont toujours mélangés au spirituel
27:05et qui jouent extrêmement bien leurs instruments et qui, au bout d'un moment,
27:08ont arrêté d'être des virtuoses et sont retombées sur quelque chose
27:10qui vient juste parler dans l'émotion, comme ça.
27:15C'est un immense album que j'écoute beaucoup.
27:18Donc ça, c'est l'album du moment. Un album peut-être qui vous a façonné ?
27:23Il y en a plusieurs.
27:25Comme ça, la volée, il y a des grands albums de rap qui ont façonné.
27:28Il y a l'École du Micro d'Argent,
27:30même Panique Celtique de Mano, qu'on a beaucoup écouté quand on était petit.
27:35Première consultation de Doc Gynéco.
27:37Le Tour de la Question de MC Solar.
27:40Il y a eu des albums de Essence Ordinaire de Zebda aussi quand on était petit.
27:45Il y a eu L'Imprudence d'Alain Bachung qui a été important.
27:50Il y a eu l'album de notre oncle aussi qui s'appelle Le Meilleur.
27:53L'artiste est Freddy Kröger et l'album c'est le meilleur.
27:58Mais comme c'était l'oncle musicien, on l'a beaucoup écouté.
28:01Il y a eu la bande sur du Grand Bleu d'Eric Serrat,
28:03qui nous a été notre première initiation à l'Ambiante, je pense, maintenant que je les repense.
28:07Oui, c'est sûr, ces émotions-là.
28:09Il y a eu un peu de Cabrel en cassette, de temps en temps dans la voiture.
28:12Frank Zappa.
28:13Zappa beaucoup.
28:14Prince, Simon Sément.
28:15Oui, Prince, beaucoup d'albums.
28:17C'est hyper riche et varié finalement.
28:19Oui, et puis toutes les décennies.
28:20Magma.
28:21Puis ensuite, il y a un album qui a été très marquant.
28:24Il y a eu...
28:25Peace Beyond Passion, de Michel Ndegay au cello.
28:28Oui.
28:29Ken Bassi, c'est incroyable, qui continue à faire de la musique.
28:31Il a sorti de très beaux disques.
28:32Toujours des très beaux disques.
28:33Franck Océan, l'album Blonde, qui a été déterminant pour beaucoup de gens.
28:38Qui a un immense album et il n'en a pas ressorti depuis ça fait 9-10 ans maintenant.
28:42To Pimp a Butterfly, de Kendrick Lamar.
28:44Oui.
28:45Pour moi, Mister Moral and the Big Steppers, de Kendrick Lamar.
28:49Tu peux faire une émission que de musique.
28:51Oui, c'est ça.
28:52Pascal Clark, en aparté.
28:54Maintenant, vous pouvez le mettre dans le listeur CD.
28:56C'est ça.
28:57À côté de la cheminée.
28:58Qu'est-ce que...
29:00Si il y avait un featuring qui était possible là, avec justement un artiste, là tout de suite maintenant.
29:05Hop, je prends une baillette, tac, je cague des doigts.
29:07Avec qui ?
29:08Un instrumentiste, ça serait bien.
29:11Bah, Nate Mercero, ce serait beau, franchement.
29:13Nate Mercero, ça serait magnifique.
29:14Daffer Youssef, ça serait magnifique.
29:16Tiens, Woodis, c'est fou.
29:17Kendrick, j'adorerais.
29:18C'est pas mal, déjà.
29:19Kendrick Lamar.
29:20Un feat avec Kendrick.
29:21Ce serait juste faire du studio avec Kendrick.
29:23Ou juste apporter un café à Kendrick dans un studio.
29:26Enfin, ça peut être un feat café, quoi.
29:28Ça suffirait pour moi.
29:29Juste de voir travailler, en fait, d'aller voir travailler.
29:31En vrai...
29:32C'est des jeux bars.
29:33Wow, Kendrick qui travaille avec nous.
29:35Wow.
29:36Bah, disons que je pense que c'est des artistes tellement incroyables.
29:38On va lui envoyer le lien de l'émission.
29:40Quelle bonne idée.
29:41Je sais qu'il y a Mehdi Maizy qui lui avait...
29:44Il y a genre 12 ans, il lui avait écrit sur Instagram.
29:47Il lui avait répondu direct.
29:48Thank you guys, merci.
29:49Il était pas connu encore.
29:50Pas très connu.
29:51Maintenant, je pense, c'est un peu compliqué.
29:52Il y a même plus Instagram.
29:53Il doit passer par quelques...
29:55Non, mais oui.
29:56Bon, ça marchera pas.
29:57Bon, maintenant, pour faire écho un petit peu aux chansons,
30:00j'ai quelques petites questions comme ça pour terminer.
30:02Quelle est la dernière fois que vous avez pleuré devant la beauté ?
30:05Moi, c'est assez souvent...
30:08Ça peut être...
30:10C'est pas en écoutant What Remains ?
30:12Si, si.
30:13Ouais, ouais, si.
30:14Théo, il a fait...
30:15Ouais, carrément.
30:16Théo, il a fait un geste avec son amoureuse...
30:20Enfin, il a fait un geste musical autour d'une création.
30:23Et à l'intérieur de cette création, il y a beaucoup de voix.
30:28Et une des voix est celle de notre grand-mère, qui est morte il y a des années maintenant, presque dix ans.
30:32Et que je n'avais pas réentendu depuis très longtemps et ça m'a beaucoup ému.
30:36Oui.
30:37Théo ?
30:38Je l'avais sur le bout de la langue, là.
30:40C'était il y a pas longtemps, c'est...
30:42Moi, c'est souvent avec les films...
30:44Ah ben si, c'est Le garçon et le héron de Miyazaki.
30:47Qui est son dernier film qui est sorti il y a pas longtemps.
30:50Qui est beaucoup plus psychanalytique et cryptique que tous ses autres films.
30:54Un petit peu moins généreux, on va dire.
30:56Il y a quand même toujours des endroits où...
31:00Une sorte de magie immense de sincérité, de douceur envers les choses.
31:09Enfin bon, dans toute la contradiction de Miyazaki, c'est que c'est vraiment pas doux du tout.
31:14C'est cauchemardesque tout le temps.
31:16Et à la fois, il y a un souffle de la jeunesse en fait.
31:21Même pour un homme de 90 ans et je crois que ça me touche beaucoup.
31:25Il vous influence beaucoup le cinéma dans votre manière de travailler ou...
31:30Inconsciemment ou...
31:32Ouais, enfin c'est...
31:35Le cinéma et la musique sont tellement liés, pour moi en tout cas.
31:39C'est-à-dire que le fait qu'un film ça peut...
31:41Je peux pas imaginer un film sans...
31:43J'entendais Wim Wenders parler de ça la dernière fois, il a dit que lui il a compris qu'il voulait faire du cinéma
31:46le jour où il a mis de la musique sous des images qu'il avait filmées.
31:49Et ça m'a touché parce que c'est ce que j'avais ressenti.
31:51J'ai fait que des films gamins, des bêtes quoi.
31:54J'ai pas fait de vrais films, j'ai filmé mes frères, des copains et puis...
31:57Mais par contre, le bon de montage et de mettre de la musique dessous.
32:00Je pense que ça a été le début en fait de mon travail d'auteur de chanson en fait d'une certaine manière.
32:06C'est de mettre de la musique sur du langage quoi.
32:08Mettre de la musique sur...
32:10Et d'une image, quelqu'un qui parle, une émotion et c'est toujours une combinaison.
32:14La musique elle éclaire comme...
32:16C'est-à-dire qu'on éclaire une sculpture, un truc.
32:19Bah la musique elle éclaire le réel et elle le déforme quoi.
32:22Et je voyais que quand je changeais de morceau, ça racontait plus la même histoire.
32:26Bah pour moi un texte, écrire une chanson c'est pareil.
32:28C'est-à-dire qu'il faut écrire une chanson et il faut trouver le bon éclairage en dessous pour éclairer le texte.
32:33Pour qu'il puisse dire en même temps au plus profond de ce qu'il est.
32:36Et en même temps le détourner, le courber, refaçonner ce qu'il est quoi.
32:40Donc c'est toujours une zone de tension presque magnétique entre texte et musique.
32:44Répondez à cette question si vous voulez bien.
32:47Dis-moi comment faire pour tenir nos promesses ?
32:51Ah oui ça c'est l'ancien album.
32:53Dis-moi comment faire pour tenir nos promesses ?
32:57Se mettre dans le geste. Commencer par un pas.
33:03Et ensuite on voit si on tient nos promesses.
33:05Mais juste, je ne sais pas si les promesses sont si importantes.
33:09Je pense que la mise en action est importante.
33:12D'ailleurs le pas ça me fait penser au pas de danse.
33:15Et dans votre musique il y a le langage du corps aussi qui est très présent.
33:20On vous voit aussi sur scène, ça passe énormément par le corps, la manière dont vous bougez.
33:25Ça la danse elle prend aussi une grande place.
33:28Je crois que vous avez dansé Théo ?
33:30Non ?
33:31Moi je pensais que vous aviez fait de la danse.
33:32En club, en nightclub.
33:33Juste un nightclub ?
33:34Comment on a l'impression ?
33:35On a l'impression que vous avez été danseur.
33:38Mais en tout cas ça vous traverse, c'est fou.
33:41Vous êtes habité.
33:42Je n'ai jamais été danseur.
33:43Sans technique mais des danseurs primitifs.
33:45J'adore, j'adore danser.
33:47J'adore danser quand la musique me plaît.
33:48Moi je ne danserais jamais dans silence.
33:50Enfin je veux dire c'est comme Raphaël ou comme Wim Van Dors.
33:53Moi c'est pour rendre grâce à la musique.
33:56Ce n'est pas pour la beauté de mon geste de danse.
34:00Oui, c'est le corps qui s'anime.
34:02Dites-moi comment faire pour avancer.
34:06Qui est le titre d'une magnifique chanson qui se trouve sur...
34:10Comment faire pour avancer ?
34:12Un pied puis l'autre.
34:14Un danser.
34:16Un pied puis l'autre.
34:18Jusqu'à l'église tout lâche.
34:21Là où le coeur se soulève.
34:24Le poids se soulage.
34:26Tu sais l'ombre.
34:28N'a jamais tout repris.
34:30Y'a que l'omain tout reprêt.
34:33J'jure que c'est le pain dans mon âge.
34:36Pas sûr que ça fout le vertige.
34:38C'est ce qui dit la phrase après.
34:40Se décontracter je pense.
34:41Décontracter le geste.
34:42Et faire en sorte que le poids soit bien équilibré.
34:46Dites-moi comment faire pour arrêter le fou.
34:49Les fous dans la voiture.
34:51Se réunir.
34:54S'armer de courage.
34:58S'armer de patience.
34:59Je pense que là ça va durer longtemps.
35:01Et fabriquer des bases arrières.
35:06Se servir de l'art et de la beauté comme lien social.
35:12Pour nous donner de la force pour tenir longtemps.
35:15Et se dire que tant qu'on résiste.
35:20On n'a pas perdu.
35:22Il faut qu'on se protège à l'image du nom de l'album.
35:26Protéger.
35:27C'est protéger, se protéger.
35:28Soit protéger les autres avant tout.
35:30C'est ça ?
35:31C'est...
35:32L'interprotection.
35:33Ouais.
35:34J'ai pas eu cette dernièrement.
35:35L'interprotection.
35:36L'interprotection.
35:37Ouais.
35:38C'est interprotéger.
35:39Protéger ceux qui ont besoin d'être protégés.
35:45Protéger les plus fragiles en premier.
35:48Parce que les plus puissants se protègent eux-mêmes.
35:51Donc la protection elle est ambivalente quoi.
35:53Mais c'est protéger ce qui est le plus fragile.
35:56Je pense que c'est ça qui est le plus important.
35:58En nous-mêmes et chez l'autre quoi.
36:00Et au final ça va aller ?
36:01Ça va aller la vie ?
36:02Ça va aller bien ?
36:03Toujours.
36:04Ouais ouais.
36:05Ça...
36:06Regarde.
36:07Il fait beau.
36:08C'est...
36:09Si ça va aller, ça va quand on sait regarder les choses simplement.
36:14Dans leur beauté justement.
36:16Et ça c'est...
36:17Voilà.
36:18Donc faut pas aller trop vite.
36:19Et on revient à la première question.
36:20Le ralentissement il sert à admirer ce qui est beau.
36:23Et prendre le temps parce que sinon quand on va trop vite on voit pas ce qui est beau.
36:27C'est bon.
36:28Et je conclue toujours.
36:29Mais c'est une interview avec cette question.
36:30À quoi sert la musique ?
36:39Elle...
36:40Nous rend plus humains.
36:43Bah merci beaucoup.
36:44Merci à tous les deux.
36:45Merci à toi.
36:46A bientôt pour le troisième album.
36:47Ouais.
36:48Carrément.
36:49Vous bossez-tu déjà ?
36:50Non.
36:51Non.
36:52Bah alors bon...
36:53Ça va venir.
36:54On patientera.
36:55On se délecte des deux précédents c'est déjà pas mal.
36:56Ouais.
36:57La vie est une fois on pleut.
36:59On se fait déchirer la gueule.
37:01Moi je me redemande encore.
37:03On me redemande encore.
37:04Dans mon corps rien de feu.
37:06Je trouve comme un chien sur le bord.
37:08Je trouve comme le lait sur le feu.
37:10J'ai comme la vache sur l'aurore.
37:12J'ai comme chignon sur le cancer.
37:14T'as bule à race pour amour.
37:17Pharmacopée du désir.
37:19Dans mes bras mon amour.
37:21J'envoie son crème dévoilée.
37:22J'envoie son corps abîmé.
37:24J'envoie son âme épuisée.
37:26J'envoie son corps abîmé.
37:27J'envoie son corps abîmé.
37:28J'ai beaucoup trop peur que tu meurs.
37:31T'as mon peur que tu me laisses.
37:33T'as mon peur que les vautours
37:35vont sur toi dans la bise.
37:38Est-ce que ça va bien ?
37:39consolider.
37:40Est-ce que ça va bien ?
37:41Ouais !
37:42Ça va ?
37:43Ouais !
37:44Tiens.
37:45Dis-moi, est-ce que tu vas bien ?
37:47Ouais !
37:48Tiens.
37:49À moi.
37:50Bien, bien.
37:51Merci, Isabelle.
37:53Merci.
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