- il y a 3 mois
Tous les jours, les informés débattent de l'actualité autour de Hadrien Bect et Renaud Dély.
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00:00Et bienvenue dans les informés, votre demi-heure de décryptage de l'actualité politique comme chaque matin.
00:12Bonjour Renaud Delis.
00:12Bonjour Adrien.
00:13Vous allez bien ?
00:13Très bien et vous ?
00:14Moi ça a l'air d'aller. Enfin moi ça va, je vous remercie et vous aussi ça a l'air d'aller.
00:18Bonjour Paul Barcelone.
00:19Ça va bien aussi, merci Adrien. Bonjour à tous.
00:21Je vais demander, si ça ne va pas, vous me le dites.
00:24Comme ça on continue.
00:26Bonjour Paul Barcelone.
00:26Donc, service politique de France Info, je vais y arriver.
00:29Bonjour Roselyne Fèvre.
00:30Bonjour Adrien.
00:30Vous êtes chef du service politique de France 24.
00:34Et bonjour Étienne Girard.
00:35Bonjour Adrien.
00:36Bonjour Adrien.
00:36Directeur adjoint de la rédaction de L'Express.
00:39Renaud, nous allons parler évidemment du budget puisque c'est aujourd'hui le jour J pour son examen dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
00:46Et oui, c'est le grand jour pour Sébastien Lecornu.
00:49Un de plus, donc c'est un test compliqué pour le Premier ministre, pour son gouvernement.
00:52Cet examen du projet de loi de finances qui commence aujourd'hui dans l'hémicycle.
00:55Rappelons que, ce qui complique un peu plus la tâche du Premier ministre, c'est qu'il s'est engagé à ne pas recourir à l'article 49.3 pour faire adopter ce texte budgétaire.
01:03Dès lors, comment trouver une majorité ?
01:05On a vu cette semaine lorsque le texte, la première partie du texte consacré aux recettes a été étudiée, examinée en commission des finances,
01:12qu'il n'y avait pas de majorité, si ce n'est d'ailleurs pour rejeter le texte puisque cette première partie consacrée aux recettes et notamment aux recettes fiscales
01:20a été rejetée par le vote de la commission des finances.
01:26Alors pourquoi, comment, qu'est-ce que ça change ?
01:28Voici ce qu'on disait il y a quelques minutes sur ce plateau.
01:30Philippe Juvin, député LR et rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale.
01:35Il se trouve que le texte qui est voté ou pas d'ailleurs à la fin de la commission n'est pas pris en compte par la séance.
01:42On repart de zéro.
01:43On repart du texte.
01:44À quoi ça sert ?
01:45Au plan législatif pur, rien, puisque de toute façon on reprend le texte initial en séance.
01:50Ça sert à ce que chacun plante son drapeau ou ses drapeaux en montrant ses priorités.
01:56À quoi ont donc servi ces débats en commission des finances ?
01:58Rien, voilà, c'est le rapporteur général du budget qui le dit.
02:00Ça n'a donc servi à rien cette semaine.
02:02Qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
02:03Dès lors que chacun a planté ses drapeaux, donc à ses revendications,
02:06peut-on aboutir à une majorité pour voter le budget ?
02:10C'est loin d'être évident.
02:11Les socialistes, par la voix du président du groupe PS, Boris Vallaud,
02:14rappellent ce matin dans les colonnes du Parisien Aujourd'hui en France
02:17qu'ils ont notamment une revendication, la taxe Zuckmann.
02:19C'est ce que disait d'ailleurs le même Boris Vallaud il y a quelques jours sur France Info.
02:24Nous allons faire un débat.
02:25Nous verrons ce qu'est le budget.
02:27Nous n'avons pris aucun engagement de voter ce budget.
02:30Je reviens par exemple sur la taxe Zuckmann.
02:33C'est l'un de nos combats principaux.
02:35Et on va y mettre toute notre énergie, toute notre conviction.
02:37Elle est juste cette taxe.
02:38J'ai bien dit que la possibilité de la censure demeurait.
02:42Bon voilà, on vient d'entendre.
02:42Donc Boris Vallaud, le chef de file des députés socialistes,
02:45rapide tour de table.
02:46Tiens, j'ai envie de vous entendre quand même sur cette question de
02:50est-ce qu'on peut aboutir ou pas ?
02:51Alors vous allez me dire, on commence peut-être par la fin,
02:52mais quand on entend Philippe Juvin ce matin qui dit
02:56bon ça n'a servi à rien les premiers débats,
02:57on va voir, ça ne va quand même pas être facile.
03:00Sébastien Lecornu hier soir qui dit
03:01honnêtement c'était un tour de chauffe,
03:04tout peut encore se passer.
03:05Est-ce qu'il a raison d'être optimiste le Premier ministre ?
03:07Je pense que c'est assez improbable parce que ce budget
03:10c'est comme de la cuisine trois étoiles.
03:13C'est compliqué, c'est difficile.
03:15Vous avez dix casseroles sur le feu.
03:17En gros c'est les budgets de l'éducation, la défense, la santé.
03:21Vous avez onze chefs cuisiniers.
03:23C'est les onze partis, les parlementaires,
03:26les groupes parlementaires qui n'ont pas les mêmes recettes.
03:29Et là-dessus vous avez le PS qui met à feu vif
03:31pour faire payer les riches.
03:33Vous avez la droite qui les baisse pour ne pas avoir d'impôts.
03:37et vous avez Lecornu qui court d'une casserole à l'autre.
03:40Donc le plat n'est pas véritablement mangeable pour l'instant
03:42et on ne peut pas présenter ça aux Français.
03:44Donc c'est improbable.
03:46Oui, encore très difficile.
03:47Ou en tout cas difficile d'imaginer un texte
03:51qui se tienne au bout du compte
03:52où il y aurait un minimum de logique et de cohérence.
03:55Ça paraît complètement improbable effectivement.
03:58D'autant que, et Renaud le rappelait,
03:59le Premier ministre a renoncé au 49.3
04:01ce qui a d'un côté permis de tester la fluidité
04:05du lien de confiance entre Premier ministre et Socialiste.
04:07C'était une condition posée par le PS
04:09pour ne pas voter la censure.
04:10Sauf qu'au bout du compte,
04:11Sébastien Lecornu se prive quand même d'une arme.
04:14On sait que quand il y a 49.3
04:15le gouvernement choisit ce qu'il garde
04:17en menu pour filer la métaphore de Roselyne.
04:20Et que cela simplifie en quelque sorte les débats.
04:22Là ce ne sera pas le cas.
04:23C'est extrêmement...
04:24Enfin, c'est peut-être ça la nouveauté
04:26avec cette arme dont se prive Sébastien Lecornu.
04:29Donc nous avons deux pessimistes autour de la table.
04:32Avons-nous un optimiste, Étienne Girard ?
04:34Optimiste serait trop dire.
04:36Je vais essayer d'être un tout petit peu moins pessimiste.
04:38Même si c'est peu probable
04:41qu'on aboutisse à un accord autour du budget.
04:44Il reste une arme.
04:45Pour Sébastien Lecornu,
04:47c'est les articles 44 et 45 de la Constitution.
04:50Il a renoncé au 49.3.
04:52Il n'a pas renoncé à toutes les armes
04:54du débat parlementaire,
04:55les armes constitutionnelles.
04:56Les articles 44 et 45 lui permettent,
04:59s'ils le souhaitent,
05:00de proposer à l'Assemblée nationale
05:02un texte qu'il aura remodelé.
05:05Le gouvernement a la capacité
05:06de proposer simplement ses amendements à lui
05:10au bout d'un moment.
05:11Alors ce n'est pas la promesse de débat
05:13telle qu'elle existe aujourd'hui.
05:15C'est-à-dire que chacun peut proposer ses amendements.
05:18Il faut que le débat vive.
05:19Peut-être qu'à la fin,
05:21Sébastien Lecornu décidera de reprendre la main
05:24et dire « moi, je garde ça, je garde pas ça »
05:27et c'est à prendre ou à laisser.
05:29Avant ça, il y aura une négociation
05:31avec les forces politiques,
05:32les groupes politiques et l'Assemblée nationale
05:34et c'est là qu'il devrait être très très bon
05:35dans sa négociation pour faire accepter
05:38certaines mesures qui hérisent d'autres groupes.
05:39– Et c'est là qu'on va dans le détail,
05:40Renaud Delis, justement,
05:41parce que, bon, négociation,
05:44c'est quand même le Parti Socialiste
05:47qui demande un certain nombre de gestes fiscaux
05:50qu'il n'a pas obtenu pour l'instant.
05:51– Alors, le problème auquel on se heurte
05:53avec cette Assemblée nationale,
05:54c'est qu'un compromis ne peut se concrétiser
05:56que s'il y a des concessions de part et d'autre.
05:59Ce budget ne peut pas être le budget
06:01d'un socle commun qui n'existe plus,
06:03d'une majorité macroniste qui n'existe pas davantage,
06:06donc pas de Sébastien Lecornu,
06:07mais pas non plus, ça ne peut pas être non plus
06:09le contre-budget des socialistes
06:10ou de n'importe quel autre groupe,
06:13d'ailleurs, Assemblée nationale,
06:14puisque tout le monde est minoritaire.
06:16Et au point où on en est,
06:17on va voir comment ça évolue
06:18lors du débat qui démarre dans l'hémicycle,
06:20mais en tout cas, ce n'était pas le cas
06:21lors des débats en commission des finances
06:23qui expliquent le rejet du texte.
06:25Chacun est resté sur ses positions.
06:28Le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu,
06:30a déjà fait des concessions,
06:32a commencé par la suspension
06:33de la réforme des retraites
06:34dont on débattra tout à l'heure,
06:35et puis la taxation des holdings, par exemple,
06:37même si celle-ci a été remise en cause
06:39par la commission des finances, d'ailleurs.
06:41Et puis donc l'abandon du 49-3.
06:42Pour l'instant, les socialistes,
06:43eux, ils campent sur leur position,
06:45notamment sur le plan fiscal
06:46et notamment sur la taxe Zuckman
06:47qui avait déjà été écartée explicitement
06:49par Sébastien Lecornu.
06:50Donc on voit bien que,
06:51si les positions ne bougent pas,
06:52on a l'échec garanti.
06:55Et ensuite, on le sait,
06:56si jamais au bout d'un délai de 70 jours,
06:57il y a une autre hypothèse
06:58qui n'a pas été évoquée par Étienne Girard,
07:00le budget n'est pas adopté,
07:01il y a le gouvernement
07:01qui peut le mettre en application
07:03par ordonnance.
07:05Un tout dernier point, on le voit bien,
07:07ce qui est essentiel,
07:08c'est l'abandon du 49-3
07:10qui fait que soit ça va partir
07:13dans tous les sens et il n'y aura pas d'accord,
07:15soit ça peut inciter les groupes
07:17à la responsabilité.
07:18Mais il faut bien qu'on montre
07:19que le 49-3,
07:20l'abandon c'est une gêne,
07:21une fragilisation du gouvernement,
07:23bien sûr,
07:23et du Premier ministre,
07:23mais aussi en fait des oppositions.
07:25Parce que...
07:26Ils ne peuvent pas faire
07:26n'importe quoi, entre guillemets.
07:28Et puis parce que le 49-3 aussi,
07:30ça permet en cas de dépôt
07:31de motion de censure,
07:32c'est plus facile,
07:33on va dire,
07:33au moins douloureux,
07:34de s'abstenir pour un groupe d'opposition
07:36lors du vote d'une motion de censure,
07:39que de devoir,
07:40parce qu'il n'y a pas le 49-3,
07:41voter pour un budget
07:43à la fin du débat.
07:43Ce que je veux faire Sébastien Lecornu,
07:46c'est permettre à tout le monde
07:47d'abord de s'exprimer,
07:49c'est l'affichage,
07:49mais aussi de prendre ses responsabilités.
07:51Chacun va devoir travailler sur le budget.
07:52C'est un peu le message qu'il envoie
07:53en disant,
07:54j'aurais pas recours au 49-3.
07:56Manière de dire,
07:56le gouvernement ne va pas forcément
07:57vous faciliter la tâche
07:59et vous prémâcher le travail.
08:00Certes, on part de la copie du gouvernement,
08:02mais enfin maintenant,
08:03mettez-y ce que vous voulez,
08:05avancez sur la réflexion.
08:06Preuve de cette bonne volonté
08:08ou de cette bonne foi,
08:08c'est lui qui va ouvrir les débats,
08:09et ça c'est assez rare pour être souligné.
08:12Le Premier ministre
08:12qui va aller tout à l'heure
08:14mener la discussion générale
08:15au nom du gouvernement
08:16dans l'hémicycle
08:17à 15h de l'Assemblée nationale,
08:19normalement c'est le ministre de l'Économie
08:20qui est plutôt amené à le faire.
08:23Il a même dit qu'il reviendrait
08:24à l'occasion de certains points.
08:25Défendre parfois certains objets,
08:27arbitrer certains débats,
08:28donner l'avis du gouvernement
08:29sur certains débats.
08:30Et puis pour terminer là-dessus,
08:32ça va commencer très fort
08:33dès ce week-end,
08:34puisque Boris Vallaud disait
08:35dans Le Parisien ce matin,
08:37chez nos confrères de la presse écrite,
08:39que dès ce week-end,
08:40des choses essentielles
08:42allaient se jouer
08:42du point de vue de la justice fiscale.
08:44Parmi les premiers articles,
08:46sans rentrer dans le détail technique
08:47de ce texte budgétaire,
08:49il y a dès les premiers articles
08:50la taxation des plus riches,
08:53la taxe sur les holdings,
08:54la contribution exceptionnelle,
08:55là encore sur les entreprises.
08:57Donc tout un tas d'objets
08:58qui peuvent être à la fois électriques
09:00pour le débat,
09:00mais qui vont aussi donner,
09:02malgré tout, des gages
09:04sur la tenue,
09:05sur l'ambiance,
09:06sur la manière dont les choses
09:06peuvent se dérouler.
09:07Puisque là maintenant,
09:08on est parti,
09:08c'est vraiment cet après-midi,
09:10le coup d'envoi
09:10d'un long marathon
09:11jusqu'à la fin de l'année.
09:12Roselyne Fèvre,
09:13est-ce que les socialistes
09:14peuvent quand même,
09:16même si, voilà,
09:17vous avez évoqué
09:17Paul Barcelone,
09:18Boris Vallaud,
09:19ce matin dans Le Parisien,
09:20aujourd'hui en France,
09:20est-ce que les socialistes
09:21peuvent quand même dire
09:22bon, là-dessus,
09:23on va quand même évoluer un peu,
09:25on va bouger sur tel aspect,
09:27on va faire un pas
09:27sur tel autre ?
09:29Ils ont l'air,
09:29en tout cas sur la taxe Zuckman,
09:31ils ont l'air
09:31totalement accrochés.
09:33Si ce n'est pas Zuckman,
09:34ce sera Tartampion
09:35ou ce sera d'autres taxes,
09:37en tout cas d'un montant
09:38de 15 milliards,
09:40c'est-à-dire,
09:41c'est ce qu'ils veulent
09:42et pour la droite
09:43et le bloc central,
09:45c'est absolument inacceptable.
09:47Là où ça se complique,
09:49et on en parlera peut-être
09:49sur la réforme des retraites
09:50et sur la mesure d'âge,
09:52c'est-à-dire que le gouvernement
09:53prévoit de financer cette mesure
09:56par une baisse des pensions,
09:59donc le deal
10:00n'est pas forcément gagnant-gagnant
10:01pour les retraités déjà
10:04et puis pour les socialistes
10:06qui perdent peut-être des plumes
10:08et on y voit d'ailleurs
10:09la France Insoumise
10:10et le Rassemblement National
10:12ricaner en disant
10:14qu'ils se sont fait rouler
10:16dans la farine.
10:17Donc il y a un moment
10:18où ils vont quand même
10:19un peu s'en rendre compte.
10:20Premièrement, vous citez l'ORN,
10:21il faut rappeler que sur la taxe Zuckman aussi,
10:22l'ORN est hostile à la taxe Zuckman.
10:24Ils ont voté contre en commission.
10:25Ils ont voté contre la taxe Zuckman,
10:26donc il n'y a pas de majorité
10:28en l'État, très clairement,
10:29pour approuver cette mesure
10:31qu'on continue de réclamer
10:32les socialistes au effort.
10:33Alors, la question qu'on peut se poser,
10:34c'est si d'un coup
10:35le gouvernement disait
10:36on est d'accord,
10:38il faut faire une forme
10:39de taxe Zuckman,
10:40éventuellement Canada Dry
10:41ou atténuer,
10:43bon, Étienne Girard,
10:45est-ce que ce qu'il lui reste
10:47de groupe central,
10:49de bloc central,
10:50pourrait suivre en disant
10:51bon, c'est l'objet de la négociation,
10:54allons-y, on accepte ça ?
10:56– Le groupe dit macroniste,
10:58oui, probablement,
11:00en tout cas,
11:00il y a encore des leviers
11:01pour convaincre un groupe macroniste
11:03d'être discipliné.
11:05Les Républicains,
11:07les autres parties du socle commun,
11:09Horizon et les Républicains,
11:11ça risque d'être un peu plus compliqué.
11:13La difficulté,
11:14mais Renaud le rappelait,
11:15de ce budget,
11:17c'est qu'il n'y a pas
11:18la possibilité habituelle
11:20de se taire
11:21et de laisser faire un 49-3.
11:23Là, il faut se positionner.
11:25Donc, à partir du moment
11:26où il faut se positionner,
11:27c'est plus délicat
11:28pour les parties
11:29de laisser faire
11:30une mesure
11:31qu'ils execrent.
11:33Donc, la taxe Zuckmann,
11:34en réalité,
11:35on discute fictivement
11:37parce que Sébastien Lecornu
11:38l'a toujours écarté.
11:40Ce qui est possible,
11:41c'est un ersatz
11:42de taxes
11:43qui ressemblerait
11:44et qui serait une contribution
11:46pour les plus fortunés
11:48de notre pays.
11:48– Mais le point de la question
11:49était dans la mesure
11:49où les socialistes
11:50réclament 15 milliards
11:51d'impôts en plus.
11:52Est-ce que, voilà,
11:53si, à un moment donné,
11:55les troupes d'Emmanuel Macron
11:56sont quand même confrontées
11:57à cette nécessité
11:59de faire un effort,
12:00est-ce qu'ils le feront ?
12:01Donc, j'ai votre réponse,
12:03Étienne.
12:04Paul Barcelone,
12:05une toute dernière question.
12:07Qu'est-ce qui se passe
12:08si ce volet recette
12:09est rejeté ?
12:10Est-ce que tout tombe ?
12:11Est-ce que le texte
12:12passe au Sénat ?
12:13– Non, on continue
12:13sur les dépenses.
12:14Le volet dépenses
12:15qui suivra le volet recette.
12:18– A priori,
12:19il me semble que
12:19l'ensemble du texte
12:20est renvoyé au Sénat,
12:20justement,
12:21et c'est-à-dire que
12:21si le volet recette
12:23n'est pas adopté
12:24à l'Assemblée nationale,
12:25je crois que l'ensemble
12:25du texte…
12:25– Tout de suite au Sénat.
12:26– Il me semble que
12:27dans ces cas-là,
12:27mais je peux me tromper,
12:28Paul,
12:29le volet recette
12:30n'est pas étudié
12:31à l'Assemblée nationale
12:33en première lecture,
12:33tout part au Sénat
12:34et ensuite,
12:35ça revient à l'Assemblée.
12:36– Ça revient à l'Assemblée.
12:36– Aussi obéissant
12:37qu'à toute mesure de recette,
12:39il faut accoler
12:40une mesure de dépense,
12:41il faut que tout soit équilibré.
12:42– À l'arrivée, oui.
12:43Et d'ailleurs,
12:44ce qui est intéressant,
12:44juste sur ce point-là,
12:45c'est qu'on l'a vu,
12:45d'ailleurs,
12:46y compris à travers notre échange,
12:47mais c'est ce qui se passe
12:47à l'Assemblée nationale,
12:48on parle très peu
12:49du niveau de réduction
12:49des déficits,
12:50des objectifs
12:51qui sont déjà revus
12:52à la baisse.
12:53En son temps,
12:54François Bayrou
12:55parlait de 44 milliards d'euros,
12:56François Bayrou
12:56que ça semble déjà
12:57très très loin
12:57au rythme de la vie politique,
12:58on est aujourd'hui
12:59autour de 30 à peu près,
13:01mais on voit bien
13:02que c'est aussi
13:03un acte politique
13:04très important,
13:05le vote du budget
13:06et l'équilibre du budget,
13:07mais il y a aussi
13:08une dimension financière
13:09et la question
13:09de la réduction des déficits
13:11qui est quand même
13:12beaucoup moins
13:12à l'ordre du jour
13:13des positionnements
13:15des différents groupes.
13:16– Même si le gouvernement
13:17et Sébastien Lecornu
13:18hier encore en marge
13:18d'un déplacement
13:19en région parisienne
13:20sur la lutte
13:21contre la fraude fiscale
13:22disait,
13:22ce sera notre matrice,
13:23j'entendais Roland Lescure
13:24aussi le ministre
13:25de l'économie hier soir
13:25dire la réduction
13:26des déficits
13:27ce sera notre ligne rouge,
13:28autant on est prêt
13:28à discuter
13:29sur ce qu'on met
13:30ou pas au menu du budget,
13:31autant la réduction
13:33des déficits,
13:34nos engagements européens
13:35c'est le nerf de la guerre
13:36et il faudra absolument
13:37y tenir.
13:37Juste un dernier mot,
13:39le compromis nécessite
13:41quand même
13:41que chacun
13:42à un moment
13:42fasse des pas
13:44un peu douloureux
13:44et revienne
13:45sur certains acquis,
13:46ça va être la grande question
13:47là des prochaines heures aussi,
13:48jusqu'où les uns
13:49et les autres
13:49sont capables d'aller.
13:50Et ça va être la question aussi
13:51de la manière
13:51dont on peut compenser
13:53la suspension
13:54de la réforme des retraites,
13:55ça c'est notre sujet suivant
13:56dans une minute,
13:57juste après l'essentiel
13:58de l'actualité,
13:59il est 9h20
13:59et c'est Manon Lombard-Brunel.
14:02A la cour d'assises de Paris,
14:03dernier jour aujourd'hui
14:04du procès du meurtre
14:05de Lola,
14:06ce matin l'avocat général
14:07doit rendre ses réquisitions,
14:09les six jurés populaires
14:10accompagnés de trois magistrats
14:11se retireront ensuite
14:12pour délibérer
14:13l'accusé d'Abia Benkiret
14:15en cours,
14:15la réclusion criminelle
14:16à la perpétuité incompressible.
14:19Sébastien Lecornu
14:19sera aujourd'hui
14:20devant les députés,
14:21le Premier ministre
14:21tentera de défendre
14:22son projet de loi budgétaire
14:24après son rejet
14:25en commission des finances.
14:26En début de semaine,
14:27la partie recette
14:28arrive aujourd'hui
14:29dans l'hémicycle.
14:303 700 amendements
14:31doivent être examinés,
14:32le début des débats
14:33c'est à 15h.
14:34La situation est sous contrôle,
14:36en haut de corps,
14:37c'est ce qu'indique ce matin
14:37sur France Info
14:38le préfet du département
14:39après le passage
14:40de la tempête Benjamin.
14:42Hier, un homme,
14:42un touriste allemand
14:43est mort,
14:43plus aucun département
14:44en étant Vigilance Orange.
14:46Et puis le duo
14:47Britannic Soft Cell
14:49dit adieu à l'un de ses membres,
14:50Dave Ball, musicien,
14:52pionnier de la musique électro
14:53et mort hier
14:54à l'âge de 66 ans.
14:55Le groupe est connu
14:56notamment pour sa reprise
14:57de Tainted Love
14:58sorti en 1981.
15:03France Info
15:04Les informés
15:06Adrien Beck
15:07Renaud Dely
15:09Et toujours avec
15:10Roselyne Fèvre,
15:11chef du service politique
15:12de France 24,
15:13Étienne Girard,
15:14directeur adjoint
15:15de la rédaction de L'Express
15:16et Paul Barcelone,
15:17journaliste au service politique
15:19de France Info.
15:20Renaud Dely,
15:21notre deuxième sujet
15:22est un peu lié au premier
15:23puisque nous parlons
15:24de la réforme des retraites
15:26très liée,
15:27même comme vous le dites
15:27si justement
15:28votre parole est d'or.
15:30La manière dont on peut compenser
15:31la suspension
15:37de la réforme des retraites.
15:38Cet engagement du Premier ministre.
15:39Le Conseil ministre
15:40a donc corrigé hier
15:41par lettre rectificative
15:42l'autre texte budgétaire,
15:43le projet de budget
15:44de la Sécurité sociale,
15:45le fameux PLFSS,
15:46pour y intégrer
15:47à sa version initiale
15:48du PLFSS
15:49la suspension
15:50de la réforme des retraites.
15:50C'était un engagement
15:51de Sébastien Lecornu.
15:52Le gouvernement a essayé
15:53de chiffrer
15:54le coût de cet engagement
15:55autour de 100 millions d'euros
15:57en 2026
15:57et 1,4 milliards d'euros
15:59en 2027.
16:00Et donc cette lettre
16:01rectificative détaille
16:02un certain nombre de pistes
16:03justement pour compenser
16:04ce financement.
16:05Une taxe exceptionnelle
16:06sur les mutuelles
16:07et assureurs notamment.
16:08Et puis des efforts
16:09supplémentaires
16:10demandés aux retraités
16:11avec une éventuelle
16:13sous-indexation
16:14de leur pension
16:15par rapport à l'inflation.
16:16Alors même question
16:16que sur le projet
16:17de loi de finances.
16:18Est-ce qu'il y a une majorité
16:18à l'Assemblée nationale
16:19pour approuver
16:20la suspension
16:21de la réforme des retraites
16:22dans ces conditions financières ?
16:24Peut-être.
16:24Mais en tout cas,
16:25la droite,
16:26le groupe LR,
16:27n'en serait pas.
16:27C'est ce que disait hier
16:28sur France 2
16:29Agnès Éveraine,
16:30la porte-parole
16:31des Républicains.
16:33Nous, nos députés
16:34à l'Assemblée
16:34et nous-mêmes au Sénat,
16:35nous voterons
16:36contre la suspension
16:37de la réforme.
16:37Très franchement,
16:38j'ai trouvé ça
16:39assez grotesque en fait
16:40de revenir sur la principale
16:42réforme structurelle
16:43engagée depuis 7 ans
16:44qui visa à réduire
16:45le poids
16:46de nos dépenses publiques.
16:47Cette réforme,
16:48elle est indispensable
16:49pour pérenniser
16:50notre système
16:51par répartition.
16:52Nous,
16:52nous considérons aujourd'hui,
16:54compte tenu encore une fois
16:55de ce facteur
16:56démographique imparable
16:58que nous ne devons absolument
16:59pas revenir sur cette réforme.
17:01Le groupe LR
17:02est donc foncièrement contre.
17:04Les macronistes,
17:04on le sait,
17:05sont assez réticents
17:06et encore plus du côté
17:07d'Horizon ou du Modem.
17:09Est-ce que finalement,
17:09la suspension
17:10de la réforme de la retraite
17:10ne va pas dépendre d'abord
17:11de l'attitude
17:12des insoumis d'une part
17:14et puis du Rassemblement
17:15national de l'autre part ?
17:16Est-ce que ce n'est pas eux
17:17qui pourraient constituer
17:17une majorité
17:18avec le reste de la gauche
17:19pour valider cet engagement
17:20de Sébastien Lecornu ?
17:22Alors là,
17:22Roselyne Feb,
17:22s'il s'agit de compter
17:23sur les insoumis
17:24et le Rassemblement national,
17:25ce n'est pas forcément
17:26très simple.
17:27Ce n'est pas très simple
17:28du tout,
17:28d'autant que c'est là
17:30ce que je disais tout à l'heure,
17:31c'est que dans le fond,
17:32les socialistes
17:32se sont fait piéger.
17:34C'est ce que disent
17:35évidemment la France insoumise
17:37et le Rassemblement national
17:39et d'autres d'ailleurs
17:41à gauche
17:42parce que
17:43suspendre l'âge de départ,
17:46il faut financer
17:47et comment on finance
17:48avec la baisse des pensions ?
17:53Donc, est-ce que
17:54c'est un jeu
17:55gagnant-gagnant ?
17:56Ce n'est pas sûr
17:57pour les retraités
17:59d'ailleurs
18:00qui vont payer
18:01cette non-indexation,
18:04la hausse,
18:05c'est ça ?
18:06La sous-indexation.
18:06Même si Sébastien Lecornu
18:07a dit que c'était
18:08en gros une piste de départ,
18:11que ça pouvait encore
18:12être discuté.
18:12Oui, mais en tout cas
18:13c'était leur choix,
18:14c'était leur choix de départ.
18:15Après, est-ce que
18:15ça peut changer ?
18:17Pour l'instant,
18:19je n'ai pas le mot.
18:20Si on essaie de rembobiner
18:21le film, dans la copie initiale
18:23du gouvernement,
18:23il n'y avait pas la suspension
18:24de la réforme des retraites,
18:25c'est pour ça qu'il y a eu
18:26cette lettre rectificative
18:27qui est d'abord passée
18:28au Conseil d'État,
18:29puis examinée hier
18:30à l'occasion d'un deuxième
18:31Conseil des ministres
18:32en deux jours,
18:33examinée par le gouvernement,
18:35validée,
18:36et dans lequel il y a écrit
18:37noir sur blanc,
18:38suspension de la réforme
18:39des retraites,
18:39âge légal,
18:40et on arrête
18:41à 170 trimestres
18:43pour partir un taux plein,
18:44c'est l'allongement
18:44de la durée de cotisation,
18:45ce qu'on avait appelé
18:46la réforme touraine.
18:48C'est donc un ajout
18:49qui a été fait au texte.
18:50Désormais,
18:51la suspension est en quelque sorte
18:53gravée dans le marbre,
18:54y compris d'ailleurs
18:55si Sébastien Lecornu
18:56décidait de faire passer
18:58le budget de la sécurité sociale
18:59par ordonnance.
19:01Le problème pour le gouvernement,
19:03c'est qu'une partie de la gauche
19:04se méfie d'une forme
19:05de plan caché,
19:06en disant
19:06qu'il faut regarder
19:06la petite note
19:08en bas de page du contrat,
19:10la manière de suspendre
19:11la réforme des retraites,
19:13ça nécessite de financer,
19:15en tapant sur les retraités
19:16en l'occurrence.
19:17Sébastien Lecornu
19:18fait la proposition
19:19de dire
19:20on va demander
19:20un effort supplémentaire
19:21aux retraités
19:22et taxer
19:24les complémentaires santé.
19:25Mais ça,
19:25c'est la copie de départ,
19:26en tout cas,
19:26c'est ce qu'il dit.
19:27Maintenant,
19:27on place au débat parlementaire.
19:28Les socialistes ont accepté ce deal.
19:30Alors,
19:31les socialistes n'acceptent pas vraiment
19:32en disant
19:32qu'on préférerait éventuellement
19:34une hausse de la CSG.
19:35Non,
19:36ce qu'ils voulaient,
19:36c'est la suspension.
19:37En revanche,
19:38là où la France Insoumise...
19:39On va laisser la parole
19:41à Étienne Girard là-dessus,
19:42Étienne.
19:43Ce choix-là de départ,
19:46c'est une manière
19:47de mettre sous pression
19:47les socialistes.
19:48C'est-à-dire que désormais,
19:49si les socialistes refusent tout,
19:51s'il n'y a pas de budget,
19:52la suspension de la réforme des retraites
19:55sera financée
19:56d'une manière
19:57qui leur déplaît profondément.
19:59Ça correspond à la vision
20:00de la politique macroniste,
20:03c'est-à-dire à l'idée
20:03qu'il y a trop d'impôts
20:05et il y a trop de dépenses publiques.
20:06Donc,
20:06on doit financer
20:07tous les efforts
20:09par une réduction
20:10de la dépense publique.
20:12C'est vrai que
20:12quand on regarde
20:13les grands équilibres,
20:14le financement des retraites,
20:15c'est 30% du budget
20:16de certains ministères,
20:18du budget de l'éducation nationale.
20:19L'éducation,
20:19on en a parlé.
20:20Donc,
20:20macroéconomiquement,
20:23ce n'est pas insensé.
20:24Maintenant,
20:25ce qui est dénoncé
20:26par notamment les socialistes
20:27et le Rassemblement national,
20:29c'est l'absence de distinction
20:30entre les retraités.
20:32C'est-à-dire que
20:32tous les retraités
20:34seront mis à contribution.
20:35Pas simplement...
20:36Oui, y compris celui
20:36qui a 800 euros par mois
20:37ou celui qui en a 3 500.
20:39Exactement.
20:40Donc,
20:41ce qui va se passer maintenant,
20:42c'est une négociation,
20:44notamment entre Sébastien Lecornu
20:46et les socialistes,
20:48pour aboutir
20:48à une piste alternative.
20:50Alors,
20:50est-ce que ce sera
20:50un plafond ?
20:52Est-ce que ce sera
20:53un autre mode
20:54de financement
20:55de cette suspension ?
20:57Il pourrait y avoir
20:57quoi d'autre
20:58comme mode de financement ?
20:59La hausse des cotisations
21:00patronales...
21:01On est toujours
21:02sur quelque chose.
21:03La difficulté
21:04auxquelles vont se confronter
21:05les forces politiques
21:05au Parlement,
21:06c'est que tout le monde
21:06essaye de draguer
21:07les retraités.
21:08Ça va bien
21:09pour le Parti socialiste
21:10comme pour le Rassemblement
21:11national, évidemment,
21:12et pour les Républicains,
21:13on entendait Agnès Évren.
21:14Il est aussi là,
21:14le nœud du problème.
21:15Personne ne veut taper
21:16sur les retraités
21:16parce que c'est peut-être
21:18le dernier électorat
21:18qui vote.
21:19Renaud, vous avez 38 mots.
21:20C'est juste que je vous l'ajoutais.
21:21C'est par amour des retraités
21:22qui est évidemment
21:23ô combien légitime,
21:24mais c'est aussi parce que
21:25ce sont d'abord
21:26des électeurs
21:27et ce sont les électeurs
21:27les plus présents
21:28dans les isoloirs.
21:29Oui, et puis on rappelle
21:30que pour réformer les retraites,
21:31il y a trois règles.
21:32C'est ou l'âge de départ,
21:33ou l'âge de cotisation,
21:35ou le niveau des pensions
21:37ou des cotisations.
21:38C'est quatre règles.
21:39C'est ce que vous nous résumiez
21:40tout à l'heure
21:41sur l'aspect cotisation.
21:43Merci à vous,
21:44Paul Barcelone,
21:45journaliste de service politique
21:46de France Info.
21:47Roselyne Fèvre,
21:49chef du service politique
21:50de France 24.
21:51Et Étienne Girard,
21:52vous êtes directeur adjoint
21:53de la rédaction de L'Express.
21:55Je remercie évidemment
21:56Renaud Delis.
21:57Et moi, je vous remercie aussi.
21:59Sincèrement.
22:00Écoutez, ça me fait très plaisir
22:01et ça me va droit au cœur.
22:02Bon week-end, Renaud.
22:03Merci d'avoir suivi les informés.
22:05Ils reviennent ce soir à 20h.
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