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  • il y a 3 mois

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00:00Il y a 13h32 sur Europe 1, la suite d'Europe 1 Info avec vous Clélie Mathias et vos deux chroniqueurs du jour, Victor Hérault et Jules Thores.
00:06Avant de revenir sur les Républicains, la crise au sein des Républicains,
00:11juste un mot évidemment sur ce Conseil des ministres ce matin qui a acté la suspension de la réforme des retraites.
00:17Alors, elle est suspendue à la fois sur l'âge et le nombre de trimestres cotisés, c'est ce que voulait le Parti Socialiste,
00:22jusque loin le Parti Socialiste sort les cotillons, mais, mais, il y a toujours des mais, il y a toujours des mais.
00:28La mise à contribution des complémentaires santé et des retraités, prévue donc par le gouvernement pour la financer,
00:35parce qu'il faut bien financer, ça suscite de vives critiques.
00:38Les retraités partiront trois mois avant, mais avec une retraite plus faible, c'est ce qu'a relevé le président de la Commission des Finances, Eric Coquerel.
00:45Alors, c'est quoi ? C'est une entourloupe ? C'est un jeu de dupe ? Jules Thores ?
00:48Depuis le début, c'est une entourloupe, un jeu de dupe, une mascarade.
00:52On sait très bien qu'il ne faut pas suspendre cette réforme des retraites, même si elle est incomplète,
00:57même si ce n'est pas la meilleure réforme qu'on aurait pu faire.
01:01Mais quoi qu'il arrive, ça nous place dans une situation qui est la suivante,
01:05c'est-à-dire que tous les pays européens réfléchissent à 66, 67 ans, 68 ans, comme âge de départ à la retraite.
01:12Et nous, on est encore à savoir, est-ce qu'on gèle la réforme qui a été votée,
01:16enfin pas votée en l'occurrence, en 2023, qui est passée par 49-3,
01:20ou est-ce qu'on la suspend, ou est-ce qu'on l'abroche complètement ?
01:23Donc, on est en retard par rapport à tous nos voisins européens.
01:25Et vous verrez, on le paiera dans les prochaines années, on paiera ce débat,
01:29qui s'est fait d'ailleurs sur un faux argument qui est celui de la stabilité.
01:33En revanche, on ne calcule jamais le coût de cette instabilité.
01:36La stabilité, ça va amener donc à 100 millions d'euros l'année prochaine.
01:39D'ici 2035, 10 milliards d'euros.
01:42Donc, en réalité, c'est extrêmement gravissime ce qui est en train de se passer.
01:46Sébastien Lecornu a été malin au départ avec cet amendement dans le PLFSS.
01:51Les socialistes ont bien vu qu'ils étaient en train de se faire en tour loupé.
01:56C'est pour ça qu'il a fait une lettre rectificative qui permet d'ajouter la suspension de la réforme des retraites
02:00dans le projet initial du gouvernement sur le projet de loi de finances de la sécurité sociale.
02:05De toute manière, il ne passera pas.
02:07Donc, il faudra soit passer par les ordonnances,
02:10ce qui est quand même assez curieux et assez cocasse
02:13quand on s'est séparé du 49-3 qui vous permet de ne pas aller au vote
02:16et de se doter d'un super 49-3 qui s'appelle les ordonnances
02:19et qu'on n'a jamais utilisé dans l'histoire de la Ve République.
02:22C'est soit ça, soit le budget ne passe pas et on fait une loi spéciale.
02:26Sébastien Lecornu l'a complètement balayé d'un revers de main.
02:29Ou soit on retourne aux urnes et c'est peut-être la meilleure des choses
02:32si on veut un petit peu plus de stabilité.
02:34Bon, alors là, vous nous avez fait tout le programme jusqu'à...
02:36Voilà, je vous ai fait les 30 prochains mois à commencer à m'appuyer.
02:39La parole à Victor Hérault.
02:40Alors, déjà, ça rassure effectivement le Parti Socialiste
02:43puisque Emmanuel Macron, vous n'êtes pas sans savoir, avait parlé d'un décalage.
02:46Donc, il avait retoqué le mot de suspension.
02:49Là, effectivement, c'est bien le mot de suspension qui est inscrit.
02:51Donc, ça, ça peut rassurer le PS.
02:52Et sur les deux mesures, sur à la fois l'âge légal et sur les trimestres cotisés.
02:58Maintenant, moi, ce qui me chagrine, je suis d'accord avec Jules sur le fait qu'il ne faille pas suspendre cette réforme des retraites,
03:04bien qu'elle soit très impopulaire, mais il faut davantage faire un travail de pédagogie plutôt que de la suspendre.
03:09Maintenant, vous connaissez Mamarotte, il faut baisser les retraites de Jean Desboomers pour rendre aux actifs le fruit de leur travail.
03:13Le problème, c'est que là, on n'est non pas déjà en train de baisser les retraites,
03:17on est en train de freiner l'augmentation des retraites puisqu'il va y avoir une désindexation, une sous-indexation
03:22par rapport à l'inflation du niveau des retraites de 0,4 point pour l'année qui arrive.
03:27Et le gouvernement se projette jusqu'en 2027 où il dit, cette fois-ci, ce sera 0,9 point.
03:31Donc, c'est bien con.
03:32Donc, ça veut dire que financièrement, concrètement, les retraites augmenteront beaucoup moins vite que l'inflation.
03:36Donc, les retraités y perdront, effectivement, puisque l'inflation sera plus forte.
03:39Ça devrait vous plaindre, ça, Victor Hérault ?
03:40Non, ça ne me plaît pas. Pourquoi ? Parce que la deuxième partie de mon mantra, c'est pour rendre aux actifs le fruit de leur travail.
03:45Or, là, l'argent récupéré dans la baisse ou le ralentissement de la hausse des retraites ne va pas dans la poche des actifs,
03:50il va dans la poche de l'État pour pouvoir compenser le fait qu'on ait suspendu cette réforme qui est négative sur deux points.
03:56Un, il y a davantage de retraités à financer puisqu'ils partent plus tôt à la retraite.
03:59Deux, il y a moins de cotisants puisqu'ils partent plus tôt à la retraite. Donc, ils ne cotisent plus.
04:02Donc, là, il y a un problème, c'est-à-dire que les actifs n'y gagnent pas et les retraités y perdent.
04:05Donc, là, tout le monde est mécontent.
04:07Oui, tout le monde est mécontent.
04:09C'est vrai qu'au-delà de cette réforme des retraites, ce budget, c'est une boucherie fiscale.
04:14C'est-à-dire qu'on a une créativité budgétaire, une inventivité budgétaire de la part des députés qui frôlent, pardonnez-moi, l'indécent.
04:24C'est-à-dire qu'on est déjà le pays le plus prélevé du monde.
04:26Et avec ce budget-là, moi, je veux bien, j'entends bien l'argument de Sébastien Lecornu et de tout le monde de dire,
04:32mais vous verrez, le débat va se faire au Parlement, c'est pour ça qu'on vote.
04:36Moi, je n'ai absolument pas envie qu'on ait 20 milliards d'euros d'impôt en plus, des taxes tous azimuts,
04:41qu'on aille mettre 200 000 personnes en plus dans le barème de l'impôt sur le revenu,
04:46qu'on aille chercher vos petits tickets restaurants et vos chèques vacances,
04:49alors que l'État mammouth ne désemplit pas et qu'on a toujours autant de dépenses publiques.
04:54Donc, ce budget ne va servir à rien.
04:57Sinon, à faire encore durer deux mois, Emmanuel Macron, qui est un président, on le sait, affaibli,
05:02et qui a besoin qu'on dure encore et qu'on ait ce budget pour qu'il puisse terminer son mandat dans une stabilité,
05:08et je mets de grands guillemets.
05:09Alors, demain, il y a un débat qui s'annonce difficile, dans l'hémicycle au sujet de ce budget,
05:15ce qu'on a vu en commission des finances, c'est loin d'être gagné.
05:18Et vous l'avez dit, Jules Torres, personne n'est satisfait, donc ça veut dire censure, bientôt ?
05:23Alors, c'est une possibilité, l'article 49.2 stipule qu'on peut absolument censurer,
05:29déposer une motion de censure, la signer, et puis ensuite la soumettre au vote absolument quand on veut,
05:33donc c'est tout à fait possible.
05:35Maintenant, ce qu'il faut savoir, c'est que les débats à l'Assemblée,
05:37il y a déjà le délai de 70 jours pour pouvoir voter un budget,
05:41et donc l'horloge tourne, les députés en sont bien conscients, comme le gouvernement,
05:45le risque d'ordonnance s'avance à mesure que vous vous rapprochez de la fin du chronomètre,
05:49et puis il y a surtout, il ne faut pas l'oublier, à mon avis, les débats à l'Assemblée,
05:52plus ils s'éternisent, plus on retarde en fait l'arrivée en commission mixte paritaire,
05:55parce que ça va passer au Sénat, qui va retoquer complètement ce qui va être voté à l'Assemblée,
05:58et puis ensuite ça passera en commission mixte paritaire.
06:00Et là, la question que devra se poser absolument tout le monde, c'est est-ce que la commission mixte paritaire est conclusive,
06:07là ce sera tout le débat, si elle n'est pas conclusive, on repart à l'Assemblée,
06:10et puis là, il faudra en quelques petits jours se mettre tout de suite d'accord pour retrouver un texte et le voter,
06:14sinon on n'a pas de budget, ou alors le gouvernement le passe par ordonnance, sa copie initiale je le précise,
06:18soit la CMP, la commission mixte paritaire, est conclusive, et là, l'Assemblée ne peut plus retoquer ce texte-là,
06:23ce sera ce texte-là qui sera voté, est-ce que oui ou non vous validez ce budget ?
06:27Précisons que les forces du Bloc Central et de la droite sont largement surreprésentées dans la commission mixte paritaire.
06:33Je te reste pourquoi ce sourire ?
06:35Parce que là, tout ça est extrêmement technique, j'entends bien, parce qu'il faut faire de l'explication,
06:41il y a deux options, c'est soit le budget par ordonnance, soit la censure.
06:46Ce texte ne passera pas, il ne sera pas voté, parce que je ne vois pas comment et la gauche et la droite votent ce texte,
06:52mais le sujet c'est qu'ils ne veulent pas censurer non plus, parce qu'ils ont la trouille d'un retour aux urnes.
06:56Donc à mon avis, tout ça va passer par ordonnance, ce qui est un sujet quand même, encore une fois,
07:01mais les députés n'iront pas à la censure parce qu'ils ont peur d'un retour aux urnes.
07:07Donc c'est très simple, c'est ordonnance ou censure.
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