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  • il y a 4 mois
Les informés de franceinfo du mercredi 22 octobre 2025

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News
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00:08Bienvenue dans Les Informés, c'est parti pour une demi-heure
00:11de décryptage de l'actualité. Bonjour
00:14Renaud Delis. Bonjour Agathe. On croyait
00:15qu'il avait donné carte blanche à son Premier ministre
00:17finalement Emmanuel Macron a pris le risque de
00:19tout faire capoter sur les retraites
00:22hier. Pourquoi ? Et puis après
00:23le vol au musée du Louvre, les oppositions
00:25cherchent des têtes. Qui est responsable ?
00:28Ce matin, l'éclairage
00:29l'analyse de nos informés. Valérie Gage
00:32chef du service politique du RFI. Bonjour
00:34Valérie. Bonjour. Et Pierrick Bonneau
00:36journaliste au service politique de France Info.
00:38Bonjour Pierre. Bonjour Agathe. Renaud, on commence
00:40donc avec cette question. Pourquoi Emmanuel
00:41Macron complique-t-il la vie de son Premier ministre ?
00:44Comme un semblant de cacophonie au sommet
00:46de l'exécutif. Résumons, c'est vrai
00:47qu'on avait entendu Sébastien Lecornu
00:50la semaine dernière annoncer et promettre
00:52aux socialistes, justement, pour
00:54franchir le cap de la censure, la
00:55suspension de la réforme des retraites.
00:57Et puis le chef de l'État n'a pas pu s'en
00:59empêcher. Il a pris la parole hier à l'issue d'un déplacement
01:02en Slovénie, à l'étranger, pour dire
01:03non, non, non, c'est pas une suspension,
01:05c'est un décalage. Alors, il a
01:08été ensuite, d'ailleurs, rectifié
01:10par Sébastien Lecornu à l'Assemblée nationale.
01:12Je vous propose d'écouter, par ordre
01:13d'apparition, Emmanuel Macron d'abord,
01:16puis Sébastien Lecornu.
01:17Ça n'est ni l'abrogation, ni la suspension.
01:20C'est le décalage d'une échéance, qui est la prochaine échéance,
01:23celle des 63 ans au 1er janvier 2027,
01:26qu'il a décalé au 1er janvier 2028.
01:28À cette tribune, la semaine dernière,
01:30je me suis non seulement engagé sur la suspension de la mesure d'âge,
01:34qui ne serait rien sans la suspension de l'accélération dite
01:37touraine sur le nombre des trimestres.
01:39Donc soyons précis, et le président de la République s'est exprimé
01:42uniquement sur les mesures d'âge tout à l'heure en Slovénie.
01:44Alors là résiderait donc le quiproquo.
01:47C'est parce que le président n'aurait pas évoqué
01:50l'accélération de l'allongement de la durée de cotisation
01:52qui était prévue par la réforme touraine,
01:55et qu'il n'aurait parlé que de l'âge égal.
01:56Il n'empêche qu'on a bien entendu, tous ensemble ici,
02:00Sébastien Lecornu répéter hier le mot suspension
02:03qu'Emmanuel Macron, lui, n'arrive pas visiblement à formuler.
02:06Le Premier ministre a d'ailleurs offert hier un autre gage de socialiste
02:08en annonçant que cette suspension de la réforme
02:10serait ajoutée à la version initiale du projet de loi de financement
02:14de la sécurité sociale par une lettre rectificative.
02:16Ce sera fait à l'occasion d'un conseil des ministres demain.
02:19Ce qui fait que si ce débat, si le débat parlementaire
02:21sur le fameux PLFSS n'arrivait pas à son terme,
02:24ce qui est possible en raison des délais assez restreints,
02:27eh bien le gouvernement appliquerait par ordonnance ce PLFSS,
02:30dont la fameuse suspension, il l'a dit, répétait,
02:33Sébastien Lecornu, de la réforme des retraites.
02:35Alors pourquoi ces deux sons, j'allais dire, deux ambiances au sommet de l'État ?
02:40Pourquoi est-ce qu'Emmanuel Macron a-t-il fait une sorte de croque en jambe à son Premier ministre ?
02:45Il n'était pas censé avoir donné carte blanche à Sébastien Lecornu,
02:48Emmanuel Macron, Valérie Gasse ?
02:50Alors oui, ça c'était le discours officiel en effet,
02:53et c'était la suite de la renomination de Sébastien Lecornu
02:57qui avait posé visiblement quelques conditions pour y retourner à Matignon
03:01et nommé un gouvernement.
03:02On s'est tous interrogés sur ce que représentait réellement cette carte blanche.
03:07C'est vrai que quand Sébastien Lecornu a dit,
03:09lors de sa déclaration de politique générale,
03:11le fameux mot suspension qui était attendu par les socialistes,
03:13finalement il avait l'air d'aller à la carte blanche.
03:15Mais Emmanuel Macron, au bout de quelques jours, a semblé réfléchir
03:19et à la première occasion, il a voulu redonner, reprendre.
03:23C'est toujours le même schéma avec Emmanuel Macron.
03:27Il lâche, puis il reprend parce qu'il veut rester dans le jeu.
03:30Et donc c'est une manière de montrer qu'il y a des nuances,
03:33tout en disant qu'il n'y en a pas.
03:36Après, ça le met lui-même en porte-à-faux, le président de la République.
03:38Parce que là, c'est Sébastien Lecornu qui a repris la main,
03:42c'est Sébastien Lecornu qui est à l'Assemblée devant les députés,
03:45et c'est Sébastien Lecornu qui va gérer, qui va négocier.
03:47Et ça, tout le monde le sait, et notamment les parlementaires.
03:51Cette stratégie, elle marcherait peut-être pour Emmanuel Macron
03:54de dire, regardez quand même, j'ai encore la capacité
03:57d'aller dans un sens ou d'aller dans un autre,
03:59s'il tenait le groupe parlementaire Renaissance.
04:01Ce qui n'est plus le cas.
04:03Donc c'est un peu un président qui donne l'impression de parler dans le vide.
04:06Et par ailleurs, Emmanuel Macron,
04:07Pierrick Bonin, il prend le risque de tout faire capoter.
04:10Parce que les oppositions, quand elles entendent
04:11ce discours du président, elles ne savent plus à quel sens vouer.
04:14Oui, puis en fait, il y a deux hypothèses dans cette affaire.
04:16Soit Emmanuel Macron est dans le déni,
04:18et il n'a toujours pas compris que Sébastien Lecornu
04:20était allé plus loin qu'un simple décalage,
04:23et avait donné des gages aux socialistes.
04:25Soit effectivement, il veut reprendre la main,
04:28et peut-être déjà de la friture sur la ligne
04:30entre le Premier ministre et le Président de la République.
04:33Effectivement, ni dans les oppositions,
04:35ni dans la majorité hier,
04:36on comprenait ce qu'avait voulu dire Emmanuel Macron.
04:39Les oppositions accusaient effectivement
04:41le Président de la République
04:42de revenir sur un engagement du Premier ministre,
04:45et au sein même de la Macronie,
04:47on se disait, mais attendez,
04:48il ne peut pas se taire deux minutes.
04:49En fait, le Président de la République,
04:50il est en train de tout faire capoter,
04:51et il est en train en fait de revenir sur la seule concession
04:54qui finalement a fait plier les socialistes.
04:56Donc il y a de la compréhension un peu partout,
04:58et on sent bien effectivement que même au sein de son camp,
05:01on est en train de se demander
05:02pourquoi est-ce que le Président de la République
05:03est en train de s'exprimer en plus
05:05sur une question nationale alors qu'il est à l'étranger.
05:07Bref, il y a plein de questions qui se posent
05:08au sein même de son camp.
05:09Et d'ailleurs, Jean-Yves Le Drian,
05:10qui est son ancien ministre
05:11et son envoyé personnel au Liban,
05:13tout à l'heure se félicitait du fait
05:14que Sébastien Lecornu ait rectifié les propos du Président.
05:17Ce n'est pas tout à fait dans l'ordre des choses,
05:21de la politique, et ce n'est pas le cas
05:23de cette sortie d'Emmanuel Macron hier,
05:25ce qui est difficilement commencée.
05:26Parce que si on se passe du point de vue des faits,
05:28quand Emmanuel Macron s'excrime,
05:30s'obstine à parler de décalage,
05:31de décalage de la mesure d'âge
05:33au 1er janvier 2028.
05:36Il n'a pas tort sur le fond.
05:37Les faits, effectivement, il y a un décalage
05:39au 1er janvier 2028.
05:41Rappelons que d'ici là,
05:42il y aura une élection présidentielle.
05:43Donc le fait est que ce sera au futur président
05:46ou présidente de la République
05:47de trancher cette question.
05:49Et il n'empêche que dans les faits
05:50d'un point de vue politique,
05:52évidemment, ça se traduit par une suspension
05:53de surcroît avec la suspension
05:55de la réforme dite touraine
05:56de l'arrangement de la durée de cotisation.
05:57Et que ce terme-là,
05:58il est extrêmement important
06:00d'un point de vue politique
06:01pour l'accord de non-censure
06:03qui est plus ou moins en train d'être négocié
06:05pour l'avenir du gouvernement Lecornu.
06:07Et donc d'ailleurs pour Emmanuel Macron lui-même.
06:09Donc c'est un discours,
06:10c'est un propos qui,
06:12d'un point de vue politique,
06:12est assez incompréhensible
06:14et le fragilise d'abord lui-même,
06:16d'ailleurs peut-être plus que Sébastien Lecornu,
06:18qui effectivement a repris la main très vite,
06:19à rectifier le président en expliquant
06:21non, non, mais c'est pas ça
06:22et voilà où on en est.
06:24Et juste un deuxième point
06:25qui me semble-t-il participe aussi
06:26de cette même logique
06:27d'un point de vue politique
06:28qui est assez, qui interroge,
06:30c'est quand Emmanuel Macron évoque de nouveau
06:32la perspective, pourquoi pas, d'un référendum.
06:34Alors ça c'est un autre sujet.
06:35Ça fait des années qu'il en parle
06:36et hier il remet sur la table
06:38ce sujet du référendum
06:39mais sur les retraites.
06:40Mais il n'y en aura pas, Agathe.
06:41Il n'y aura pas de référendum
06:42et encore moins sur la réforme des retraites.
06:44Le président de la République
06:45n'est pas en position
06:45de convoquer un référendum
06:46sur la réforme des retraites
06:47en tout cas sur un tel sujet.
06:48S'il y en a un, ça ne peut être
06:49que sur un sujet ultra consensuel
06:51où 90% voteraient
06:53comme le président de la République.
06:54S'il convoque un référendum demain
06:56mais c'est comme pour,
06:58comment dirais-je, agiter,
06:59un leurre, faisant croire
07:00qu'il leur ait encore la main,
07:02qu'il leur ait encore le pouvoir.
07:03Il ne peut pas convoquer un référendum
07:04sur la réforme des retraites
07:06où il défendra une position
07:07qui sera battue par 60, 65, 70, 80% des Français.
07:12Vous êtes d'accord, Pierrick ?
07:14C'est l'illusion d'avoir toujours la main ?
07:17Oui, complètement.
07:18Et puis, ce que me disait hier
07:19un élu du Rassemblement National,
07:20c'est qu'en fait,
07:20la meilleure façon de perdre un référendum,
07:22c'est de l'organiser en ce moment
07:24et c'est qu'Emmanuel Macron
07:25reprenne la main là-dessus.
07:26C'est-à-dire qu'il a tellement peu,
07:27finalement, de crédit politique
07:28aujourd'hui, Emmanuel Macron,
07:29que la meilleure façon, effectivement,
07:31qu'on aille peut-être même au-delà
07:33d'une simple suspension,
07:34on ne sait pas quelle question
07:35pourrait être se proposée,
07:36mais on peut imaginer aujourd'hui
07:37que si Emmanuel Macron demande aux Français
07:39« Est-ce que vous êtes pour ou contre la brogation ? »
07:41Vu le peu de crédit politique
07:42qu'il y a Emmanuel Macron,
07:43les Français vont dire « Oui, directement ».
07:45Voilà, en fait, c'est un risque
07:47que prendrait Emmanuel Macron.
07:48Donc, là, encore une fois,
07:49on est dans le domaine du mystère.
07:50Pourquoi est-ce que, effectivement...
07:51Peut-être qu'il pense à une autre question ?
07:53Peut-être.
07:54Une refonte du système ?
07:56Non, je pense que, comme le disait Renaud,
07:58il n'y aura pas de référendum.
07:59Et en effet, comme vous le disiez, Agathe,
08:01ça fait des années qu'Emmanuel Macron
08:03nous ressort le référendum à chaque occasion
08:04en disant « Attention, attention, préparez-vous,
08:06il va y avoir un référendum ».
08:08Et là, il est dans la situation
08:09où il est à l'écart du jeu politique.
08:11Et ça, il, visiblement, ne le supporte pas.
08:13C'est assez contradictoire
08:14parce qu'il avait convoqué les députés
08:16pour leur dire à l'Élysée,
08:17les députés Renaissance,
08:18pour leur dire le compromis, la suspension,
08:21il fallait la stabilité politique.
08:22Puis ensuite, quand il prend la parole
08:24officiellement pour essayer de les convaincre,
08:26députés Renaissance qui sont contre cette suspension,
08:28quand il prend la parole publiquement,
08:29il a l'air de remettre en cause
08:31tout l'accord qui avait été conclu
08:32par Sébastien Lecornu.
08:34Sur le référendum,
08:35c'est une manière de dire
08:36« Regardez, j'ai quand même
08:37des pouvoirs institutionnels. »
08:39On nous a fait sortir de l'Élysée
08:42la dissolution, attention, attention.
08:44Le référendum, attention, attention.
08:46En fait, Emmanuel Macron,
08:47il agite ce qu'il lui reste,
08:48un peu les oripeaux de son pouvoir.
08:50Et le référendum en fait partie.
08:52Et de façon extrêmement imprécise.
08:54Il dit, Emmanuel Macron,
08:55encore faut-il qu'on se lache sur quoi ?
08:58Il parle de perspectives possibles
09:00de référendum.
09:01Après discussion entre les partenaires sociaux
09:03dans la conférence sociale
09:04qu'a promis finalement Sébastien Lecornu
09:06lors de sa déclaration de politique générale.
09:09C'est extrêmement flou tout ça.
09:11Il remet finalement le sujet
09:12du référendum sur la table
09:13sans dire vraiment
09:14quelle forme il prendrait,
09:16sur quelles questions.
09:16Enfin, on a un peu l'impression
09:18finalement qu'il est perdu, le président ?
09:19Il est perdu dans ses propres promesses en fait.
09:21Et dans la remise à flot finalement
09:24de ses promesses.
09:25C'est assez étrange.
09:26Alors, à la décharge du chef de l'État,
09:28parce que là, on a expliqué,
09:30je partageais tout à fait ces analyses
09:33et j'y ai moi-même participé
09:34qu'il y avait de toute évidence
09:35une dissension entre les deux têtes
09:37de l'exécutif,
09:38que la prise de position d'Emmanuel Macron
09:39était difficilement compréhensible
09:40d'un point de vue politique
09:41et que le référendum agité
09:43une fois de plus avait tout du leur.
09:46Il y a une autre hypothèse
09:47avec la sortie d'Emmanuel Macron,
09:49je ne parle pas du référendum là,
09:49mais sur ce décalage,
09:51c'est plutôt qu'une suspension, etc.
09:52Est-ce qu'il y aurait en quelque sorte
09:54de façon plus ou moins organisée ?
09:56On peut en douter.
09:57Mais une sorte de répartition des rôles
09:58parce que Valéry Gass le rappelait à l'instant,
09:59il a reçu des parlementaires
10:01de la majorité,
10:01enfin de la majorité
10:02qui n'existe pas,
10:03de fait, en tout cas de l'ex-majorité,
10:05bref, de Renaissance,
10:07qui ont aussi fait part à Emmanuel Macron,
10:10on va dire, au moins de leur frustration,
10:11voire de leur courroux
10:12à l'idée de suspendre
10:13la réforme des retraites.
10:14Après, s'être battu pour la porter,
10:18en avoir subi les conséquences politiques, etc.
10:21Donc, on sait que cette suspension,
10:23elle passe mal,
10:24et à Renaissance,
10:25et encore plus à LR, d'ailleurs.
10:27Enfin, bref,
10:27est-ce qu'avec cette sortie,
10:29Emmanuel Macron essaye
10:30d'apaiser un peu ses états d'âme
10:32et que ce serait lié, effectivement,
10:33au fait aussi qu'il en a reçu
10:34quelques-uns la semaine dernière
10:36à l'Élysée ?
10:37J'ouvre cette hypothèse,
10:38mais je vois qu'elle ne convainc pas.
10:39Oui, moi, je ne suis pas du tout persuadée
10:40parce que la déclaration d'Emmanuel Macron
10:42est tombée pendant la réunion de groupe,
10:44hier, de Renaissance,
10:45où était Sébastien Lecornu,
10:47et qu'en fait,
10:47les réactions étaient totalement négatives
10:49vis-à-vis de cette prise de parole
10:50de la part de députés
10:51qui, pourtant, seraient favorables
10:53à ce qu'on ne fasse pas
10:53la suspension de la réforme des retraites.
10:55Ce qui montre juste
10:56qu'Emmanuel Macron,
10:57il n'a plus du tout la main
10:58sur le groupe parlementaire,
11:00sur les députés.
11:01Il est un peu tout seul.
11:03Et donc, quand il lance quelque chose,
11:05ça retombe toujours à côté.
11:06On ne sait pas où est la cible.
11:07Elle est très difficile à imaginer,
11:09à trouver,
11:10même, on essaye de faire des...
11:11Voilà, de raisonner
11:12avec la complexité macronienne.
11:14Ce n'est pas facile,
11:15mais en règle générale,
11:16ça tombe quand même à côté,
11:18quelle que soit la cible.
11:18Mais sur le fond,
11:19il pose une bonne question quand même.
11:21Je m'incline.
11:23D'accord, mais sur le fond,
11:24Emmanuel Macron pose
11:25tout de même une bonne question.
11:26Le débat n'est pas purgé.
11:28Il va bien falloir le trancher.
11:29On ne peut pas en rester
11:30à cette suspension en 2027.
11:31Et peut-être que le référendum
11:34sera la solution pour avancer.
11:35Sébastien Lecornu,
11:36alors on en pense qu'on en veut,
11:37a dit qu'il y a d'avoir
11:38une conférence sociale,
11:39enfin, avec les partenaires sociaux,
11:41pour remettre la réforme à plat
11:43et refaire des propositions.
11:45Dans un monde idéal,
11:46il pourrait sortir quelque chose
11:48sur le fond,
11:49une proposition de réforme.
11:51Maintenant, on ressort
11:52la réforme à point,
11:53notamment, qui était défendue
11:54par Emmanuel Macron
11:54quand il est arrivé en 2017.
11:56Donc, peut-être que ce travail
11:58peut aboutir,
11:59et d'ailleurs, peut-être que
11:59ce serait bien qu'il aboutisse
12:00avant 2027.
12:01Sinon, on va reprendre
12:02une campagne la prochaine.
12:04Ce n'est pas évident,
12:05là, je cède le coin,
12:06Renaud, c'est moi.
12:07Mais néanmoins, on peut,
12:08voilà, en tout cas,
12:09que les choses avancent.
12:10Parce que si on a une campagne
12:11de 2027 qui repart sur
12:12l'âge de départ à la retraite,
12:14comme ça a été en 2022
12:15le seul sujet,
12:16ça risque de ne pas être
12:17une superbe campagne.
12:19Et le prix Nobel d'économie,
12:20Philippe Aguillon,
12:21estime que ce système à point
12:22pourrait correspondre
12:23à la personnalité des Français.
12:25Mais je pense effectivement
12:26que sur ce sujet-là,
12:27capitale, la réforme des retraites,
12:28comme sur beaucoup d'autres,
12:29d'ailleurs,
12:29sous tous les sujets politiques
12:31importants du moment,
12:32je doute qu'ils aboutissent
12:34dans la période qu'on connaît,
12:35d'instabilité,
12:36d'absence de majorité.
12:36Je pense que tout ça
12:37sera reporté
12:38à la campagne
12:38élection présidentielle.
12:39Dans un instant,
12:40Rachida Dati,
12:41ministre de la Culture,
12:42pointé du doigt
12:43après le cambriolage
12:44au musée du Louvre.
12:45Mais tout de suite,
12:45il est 9h18,
12:47c'est l'info en une minute
12:48avec Julien Raymond.
12:50Donald Trump
12:51ne veut pas d'une rencontre
12:52pour rien
12:52avec Vladimir Poutine.
12:54Le président américain
12:55a annoncé le report
12:56de sa rencontre
12:57prévue avec son homologue russe
12:59à Budapest
12:59dans les prochains jours
13:00pour évoquer
13:01une fin de guerre en Ukraine,
13:02de nouveaux bombardements.
13:04Russes ont fait deux morts
13:05à Kiev cette nuit.
13:06L'armée israélienne
13:08a annoncé de son côté
13:09cette nulle identification
13:11de deux corps d'otages
13:12récupérés à Gaza
13:14par la Croix-Rouge
13:15dans le cadre
13:15de l'accord
13:16de cesser le feu
13:16avec le Hamas.
13:18Le mouvement islamiste
13:19a remis 15 dépouilles d'otages,
13:21il en reste encore 13.
13:22Le Hamas s'est engagé
13:23à toutes les rendre à Israël.
13:25Premier réveil
13:26à la prison de la santé
13:28pour Nicolas Sarkozy
13:29ce matin,
13:30près d'un mois
13:31après sa condamnation
13:32pour association
13:33de malfaiteurs
13:34dans le procès libyen.
13:35Il va y rester au minimum
13:36trois semaines
13:37selon l'un de ses avocats.
13:38Une demande de remise
13:39en liberté
13:40a été déposée.
13:42La directrice
13:43du musée du Louvre
13:44sous le feu des questions
13:45des sénateurs
13:46auditionnés aujourd'hui,
13:47Laurence Descartes,
13:48elle va tenter
13:48d'expliquer comment
13:50des cambrioleurs
13:50ont pu voler des joyaux
13:52dans le musée
13:52le plus visité du monde.
13:5488 millions d'euros
13:55de préjudice estimé.
13:57Le musée rouvre
13:58au public aujourd'hui
13:59à l'exception
14:00de la galerie
14:00Apollon
14:01où a eu lieu
14:02le vol.
14:02France Info
14:07Les informés
14:10Renaud Delis
14:11Agathe Lambret
14:12Les informés
14:15avec Valérie Gage
14:16chef du service politique
14:17de RFI
14:18Pierre-Yves Bonneau
14:18journaliste
14:19au service politique
14:20de France Info
14:21Le musée du Louvre
14:22a rouvert ses portes
14:23à 9h ce matin,
14:24Renaud.
14:25On l'entendait à l'instant
14:26donc après le cambriolage
14:28spectaculaire de dimanche
14:29et ce préjudice estimé
14:31à 88 millions d'euros
14:33par le musée.
14:34Rappelons que donc
14:34des malfaiteurs
14:35ont dérobé 8 joyaux
14:36de la couronne
14:37dans la galerie d'Apollon.
14:38Le préjudice patrimonial
14:40et historique
14:40lui est inestimable.
14:41Ce vol spectaculaire
14:42a relancé tout un débat
14:44sur la sécurité
14:45du musée du Louvre
14:46en particulier
14:47et pas seulement.
14:48Est-ce que l'État
14:49en quelque sorte
14:50a des retards
14:51d'investissement
14:52en la matière
14:52et délaisse
14:53la sécurité du musée ?
14:54Et puis il a déclenché
14:55aussi ce vol
14:55une polémique politique
14:57avec au centre
14:59de cette polémique
14:59la ministre de la Culture
15:01Rachida Dati
15:02qui se retrouve sous le feu
15:03des critiques de l'opposition
15:04et qui a d'ailleurs
15:05été interpellé hier
15:06à l'Assemblée
15:06par les mêmes oppositions.
15:08Alors est-ce qu'aux yeux
15:09de la ministre de la Culture
15:10tout s'est passé normalement ?
15:13Eh bien oui
15:14on en a un peu l'impression
15:15en l'écoutant
15:16Rachida Dati
15:16hier à l'Assemblée nationale.
15:18Est-ce que les dispositifs
15:20de sécurité du musée
15:21du Louvre
15:21ont été défaillants ?
15:23Non
15:23ils n'ont pas été défaillants.
15:26C'est une réalité.
15:28Les dispositifs
15:29de sécurité
15:29du musée du Louvre
15:30ont fonctionné.
15:32J'ai diligenté
15:33une enquête administrative
15:34qui fera
15:35en toute transparence
15:37le détail
15:38des événements
15:39survenus dimanche dernier.
15:41Alors si les dispositifs
15:42de sécurité
15:43ont fonctionné
15:44comme le dit la ministre
15:44il faudra peut-être
15:45songer à les revoir
15:46parce qu'en l'occurrence
15:47donc le préjudice
15:49est quand même
15:49assez important
15:51et le vol
15:51spectaculaire
15:52et puis rappelons
15:53qu'aujourd'hui
15:54la présidente du musée
15:55Laurence Descartes
15:55sera auditionnée
15:56dans l'après-midi
15:57par la commission
15:57culture du Sénat.
16:00Elle sera elle-même
16:00interrogée évidemment
16:01sur les systèmes
16:02de sécurité
16:03du musée du Louvre
16:04donc il y a
16:05plusieurs étages
16:06dans cette polémique.
16:07Il y a la question
16:08sécuritaire
16:09du musée du Louvre
16:10et puis au-delà
16:10d'ailleurs
16:10il y a polémique aussi
16:11sur les responsabilités
16:13politiques
16:13et est-ce que celle
16:14de Rachida Dati
16:15est engagée ou pas ?
16:17C'est assez étonnant
16:18cette ministre de la culture
16:19et avec cet aplomb
16:21qui assure que
16:22tout a bien fonctionné
16:23Pierrick Bonneau
16:23qu'est-ce qu'il faut comprendre ?
16:24Là encore il y a
16:24un énorme contre-temps
16:25c'est-à-dire qu'elle déclenche
16:26une enquête administrative
16:27qu'elle confie à l'inspection générale
16:29des affaires culturelles
16:29et avant même
16:30le moindre résultat
16:31de l'enquête administrative
16:32elle dit
16:32il n'y a pas eu de défaillance
16:33d'accord
16:34mais dans ce cas-là
16:34pourquoi faire une enquête ?
16:36Là encore une fois
16:37un peu incompréhensible
16:39Rachida Dati
16:39Elle ne veut pas perdre la face ?
16:40Certainement
16:41mais ça fait partie
16:41de sa personnalité
16:42à Rachida Dati
16:42on ne va pas faire de la psychologie
16:43mais Rachida Dati
16:44ne supporte pas
16:45d'être mise en défaut
16:46Rachida Dati
16:47préfère attaquer
16:49plutôt que se défendre
16:51voilà
16:51mais bon
16:52moi j'ai tendance à dire
16:53attendons de voir
16:54avant de juger
16:55attendons de voir
16:56avant de donner
16:56des conclusions
16:57d'une enquête
16:58qui n'a pas encore démarré
16:59Oui parce que
17:00ce n'est pas très rassurant
17:00après un cambriolage
17:02aussi spectaculaire
17:03aussi grave
17:04Valérie Gasse
17:04que les ministres disent
17:05tout a bien fonctionné
17:07Oui il y a une forme
17:08de déni
17:08de ce qui s'est passé
17:09mais en effet
17:10comme le disait Pierrick
17:11Rachida Dati
17:12c'est avant tout
17:13une femme politique
17:13elle est à l'Assemblée nationale
17:14elle répond
17:15elle ne lâche rien
17:16et elle ne veut pas être
17:17mise en cause
17:18donc elle y va
17:19un peu fort
17:20un peu vite
17:21voilà
17:22on va voir ce qu'il en sort
17:23incontestablement
17:24il y a eu des failles
17:25à défaut de défaillance
17:26et en effet
17:27le système
17:28n'est pas opérationnel
17:29peut-être à la hauteur
17:30de ce qu'il faudrait
17:30sur un musée
17:31qui comporte des joyaux
17:32d'une telle valeur
17:34et d'une telle envergure
17:35donc on va voir
17:38ce que donne
17:38l'audition aujourd'hui
17:39de la directrice du Louvre
17:40qui a été assez
17:41elle silencieuse
17:42jusqu'à présent
17:43qui aurait
17:43semble-t-il
17:44remis sa démission
17:45qui n'a pas été acceptée
17:46tout ça montre bien
17:48qu'il y a quand même
17:48un gros problème
17:49c'est un peu dommage
17:50j'ai envie de dire
17:51pour Rachida Dati
17:52et Emmanuel Macron
17:53parce que le Louvre
17:53ça faisait partie
17:54d'un grand projet
17:55de rénovation
17:56qui avait été annoncé
17:57on voulait mieux
17:58mettre en valeur
17:59la joconde
17:59on voulait ouvrir
18:00une nouvelle porte
18:01et paf
18:01c'est ce musée-là
18:02qui est victime
18:03du casse du siècle
18:04en gros
18:05et avant que les travaux
18:07de rénovation
18:08n'aient commencé
18:08on va aller surtout aussi
18:10en période budgétaire
18:11sur la question
18:11de comment on finance
18:12les moyens de sécurité
18:14autour de ces musées
18:15où il y a des joyaux
18:17d'une telle valeur
18:17Les sénateurs ont posé
18:18une question par ailleurs
18:19à Rachida Dati
18:20cet après-midi
18:20pendant les questions
18:21au gouvernement
18:22sur la possibilité
18:23de grossir un peu
18:25le budget de la sécurité
18:26dans les lieux culturels
18:27Alors juste pour venir
18:29à la réaction de Rachida Dati
18:30peut-être que son déni
18:31est aussi à la hauteur
18:31de la réaction
18:32de la classe politique
18:33qu'il a immédiatement ciblée
18:34Renaud Nant
18:35il y a eu de l'instrumentalisation
18:36de part et d'autre
18:37Alors il y a plusieurs éléments
18:37elle n'a pas été tellement
18:39autant ciblée que ça
18:39d'ailleurs par les responsables politiques
18:41Par la gauche
18:41Par la gauche
18:42La gauche parisienne
18:43Le sénateur
18:44le sénateur communiste
18:45le sénateur de Paris
18:46par des élus aussi
18:48RN
18:49Mais il y a plusieurs choses
18:51c'est-à-dire
18:52je pense que
18:53comme le disait Valéria
18:54c'est une femme politique
18:55c'est une responsable politique
18:56et au-delà du cas
18:57d'ailleurs elle-même
18:58de Rachida Dati
18:59ça en dit long
18:59parfois sur le réflexe
19:01d'un certain nombre
19:02de responsables politiques
19:02qui ont du mal
19:03à assumer justement
19:04d'un responsable politique
19:05qui est responsable
19:06C'est-à-dire que
19:06le fait est qu'aux yeux
19:07de l'opinion
19:07il y a une forme de responsabilité
19:08à assumer
19:09ne serait-ce que d'un point
19:09de vue verbal
19:10et d'autres l'ont fait
19:11d'ailleurs
19:11Gérald Darmanin
19:11a évoqué le fait
19:12qu'on avait failli
19:13de toute évidence
19:13en tout cas
19:14avec ce vol
19:15au Louvre
19:17mais ça
19:19c'est pas à nouveau
19:19on a même connu
19:21en son temps
19:21mais ça
19:21les plus anciens
19:22s'en souviennent
19:23ceux qui distinguaient
19:24responsabilité
19:25et culpabilité
19:26voilà
19:26mais pas coupable
19:27là visiblement
19:28il n'y aurait pas
19:28de responsabilité politique
19:30il y a forcément
19:31une responsabilité politique
19:32il ne s'agit pas forcément
19:34d'accabler
19:35tel ou tel
19:35mais il faut l'assumer
19:36y compris aux yeux de l'opinion
19:37sinon l'action politique
19:38elle-même
19:39est totalement délégitimée
19:40et on voit à quel point
19:41aujourd'hui
19:41nous sommes plongés
19:42dans une crise civique
19:43assez terrible
19:44et puis il y a ce que vous avez dit
19:45il y a eu aussi
19:46une instrumentalisation
19:47de certains courants politiques
19:49pour faire de
19:50ce vol du Louvre
19:52ce vol au Louvre
19:53le symbole
19:54du déclassement
19:55de la France
19:56au sein de sa propre famille politique
19:57de la décadence
19:58y compris au sein de sa propre famille politique
19:59François-Xavier Bellamy par exemple
19:59tout de suite
20:00oui
20:01puisqu'il faut rappeler
20:01que François-Xavier Bellamy
20:02est membre de LR
20:03vice-président
20:04ce qui est toujours
20:05plus ou moins le cas
20:07de Rachelet
20:07alors plus vraiment
20:08mais peut-être un peu
20:09enfin là aussi on s'y perd
20:10il y a un bureau politique
20:11qui doit trancher ce soir
20:12le cas de ses
20:13François-Xavier
20:13elle reste la candidate
20:13à la municipale de Paris
20:15quand même
20:16DLR
20:16effectivement
20:17même si elle est peut-être
20:18sur le point d'être exclue
20:20c'est ça le vrai sujet
20:21aussi Pierrick Bonneau
20:22c'est celui des moyens
20:24alloués par l'état
20:25au Louvre
20:26est-ce qu'il y a
20:26assez de moyens
20:28on sait que les syndicats
20:29se plaignaient
20:29d'un manque de surveillants
20:31manque de personnel
20:32suppression de postes
20:33il y a un rapport
20:33de la cour des comptes aussi
20:34qui a pointé
20:36des avaries nombreuses
20:37oui et rien que ça
20:38en fait
20:39Rachida Dati
20:40pourrait juste le constater
20:41dire en fait
20:42on n'alloue pas
20:43les moyens nécessaires
20:44j'ai pas assez
20:44d'argent dans mon ministère
20:46elle pourrait justement
20:47surfer aussi
20:48sur cet événement
20:49pour dire à un moment donné
20:50donnez-nous plus d'argent
20:52pour pouvoir sécuriser
20:53les lieux culturels
20:54de façon
20:55plus efficace
20:56mais là encore
20:57c'est pas le choix
20:58qu'a fait Rachida Dati
20:59elle est plutôt dans la défense
21:00plutôt dans l'attaque
21:01même que la défense
21:01ne fait pas finalement
21:04de cet événement
21:05dommageable
21:08pour la culture
21:09un espèce de tremplin
21:10pour dire
21:11donnez-moi plus d'argent
21:11mais qu'est-ce que ça dit
21:12l'état néglige
21:13la surveillance des musées
21:14Valérie ?
21:15comment on en est arrivé là ?
21:17je suis pas une spécialiste
21:17des musées
21:18mais je pense qu'en effet
21:18la question budgétaire
21:20elle se répercute
21:21dans tous les domaines
21:22et c'est vrai que
21:23hors
21:24grand fric-frac
21:25comme celui-ci
21:26très médiatique
21:27on se préoccupe
21:29assez peu
21:29de ce sujet
21:31donc c'est pas là
21:31que politiquement
21:33on va allouer
21:34le plus d'argent
21:35il faut qu'il y ait
21:37un événement
21:37comme ça
21:38pour qu'on se dise
21:39il faut quand même
21:40peut-être faire quelque chose
21:41parce que se faire voler
21:42des bijoux
21:43comme ceux qu'on voit
21:44derrière vous
21:44Agathe
21:45c'est quand même
21:46un petit peu dommageable
21:48mais Rachida Dati
21:49pourquoi elle fait ça aussi ?
21:50parce qu'elle ne voit ça
21:50que comme un obstacle
21:52dans sa course
21:52vers la mairie de Paris
21:54notamment
21:54donc elle ne veut
21:56absolument pas de ça
21:57merci beaucoup
21:58les informés
21:59merci Valérie Gage
22:00chef du service politique
22:01de RFI
22:01merci
22:01Pierre-Hic Bonneau
22:02service journaliste
22:04au service politique
22:05de France Info
22:05merci Renaud
22:06on se retrouve demain
22:07et vous retrouvez
22:08les informés
22:09ce soir à 20h
22:10avec Victor Matel
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