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  • il y a 6 mois
François Damiens présente le film "Police Flash 80" de Jean-Baptiste Saurel en salle le 19 mars. L'acteur belge évoque son personnage d'Yvon Castendutch, un flic décalé, et partage ses souvenirs des années 1980, sa fascination pour l'observation humaine et son approche des rôles. Entretien à retrouver sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-portrait/le-grand-portrait-du-mercredi-11-mars-2026-2973598

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00:02Générique
00:08Et c'est un plaisir de vous retrouver chaque matin pour cette heure de magazine
00:11faite de débats et de belles personnes.
00:13Charline Vanhoenacker nous rejoindra pour parler politique européenne et immigration.
00:18Chaussez vos pointes, Daphné Burki nous présentera Roxane Stojanoff,
00:23danseuse étoile à l'Opéra de Paris à 9h30.
00:26Vous retrouverez le débat du jour.
00:27Il porte sur la progression fulgurante de l'école privée en France.
00:31Dans les grandes villes et notamment à Paris, de plus en plus d'élèves, petits et grands, y sont inscrits.
00:36Faut-il s'en inquiéter ? On en discute tout à l'heure, mais tout de suite, le grand portrait.
00:41France Inter
00:44La grande matinale
00:48Sonia de Villers
00:49Aujourd'hui, l'humanité se divise en deux catégories.
00:53Les humains qui ont connu les années 80 et ceux qui n'étaient pas nés.
00:57Je vais donc m'adresser à la première catégorie, l'autre nous énerve un peu donc elle va aller se
01:02recoucher.
01:03Vous que les mots Minitel, Péritel et Interville font immédiatement sourire.
01:08Vous qui avez eu peur des micro-ondes, vous qui n'avez pas toujours connu le rap, la nouvelle comédie
01:15dans laquelle revient François Damiens va vous ravir.
01:18Il y joue un flic foireux.
01:21Certes, dans ses caméras cachées, il a déjà joué des dizaines et des dizaines de flics complètement foireux.
01:27Mais là, c'est les années 80, vus par un gars qui ne les comprend pas.
01:31Il trouve que c'était mieux avant, un peu comme vous, si vous aimez Jean-Jacques Goldman et Michel Sardou.
01:40Vous en étiez où de l'enquête sur le trafic d'héroïne avec Lansky ?
01:43On en était qu'on va se tutoyer parce que j'ai vraiment l'impression de passer pour un vieux
01:46con.
01:47Vous n'avez pas des procès-verbaux d'interrogatoire, des saisies, des photos ?
01:52Maintenant, nous avec Lansky, on pense à l'ancienne. On avait tout dans la tête.
01:55Excusez-moi chef, si c'est possible de ne pas fumer dans le bureau, je suis un peu asthmatique.
01:58C'est quand même étrange, avec toute l'héroïne qui circule ici, il n'y a eu aucune arrestation, aucun
02:02suspect.
02:03Oh, oh, on baisse le chauffage, Guylaine, d'accord ?
02:05Et Guylaine, pour info, ne me donne pas d'ordre, d'accord ?
02:08Tout en plus, on me transmet un souhait.
02:10Oui, bien sûr, mais je veux juste savoir par où vous voulez qu'on commence.
02:13Parce que tuer un inspecteur, ce n'est quand même pas à la portée de n'importe qui.
02:15Bon, écoutez bien ce qu'on va faire.
02:18On va laisser jeter un petit noir au troquet d'en face.
02:20Et c'est moi qui rigale.
02:21Bonjour François Damiens.
02:23Bonjour Sonia Damiens.
02:24Voilà, Police, Flash 80, le film de Jean-Baptiste.
02:27Sorel, sur vos écrans, avec Audrey Lamy, Thomas N. Gijol, Xavier Lacaille, sur un scénario de Thomas N. Gijol.
02:36Je me suis posé la question.
02:37Ébrahim Loubel.
02:38Voilà, Ébrahim.
02:40Votre personnage de flic foireux, je l'ai dit, s'appelle Yvon Kastendutch.
02:45Je le prononce bien ?
02:46Oui, très bien.
02:46Très bien.
02:47Donc, dans cette brigade, Audrey Lamy s'appelle Guylaine Roblo-Bernard.
02:51Elle est accompagnée de Marfou de Lalaoui et de Roberto Torricelli.
02:55Vous qui adorez les déguisements, est-ce que le premier accessoire d'un personnage, ce n'est pas son nom
02:59?
03:00Ben oui, ça raconte déjà pas mal.
03:02C'est un peu le béabat de la comédie.
03:03Oui, complètement.
03:05Et ici, justement, j'adore les déguisements, mais je crois que je préfère encore les costumes, en fait.
03:09C'est-à-dire ?
03:10C'est-à-dire que je trouve que Rachel Raoult a fait un travail magnifique sur ce film.
03:15C'est qu'elle n'est pas rentrée dans le cliché des vêtements qu'on portait dans les années 80,
03:19mais plutôt, elle nous a habillés à la mode des années 80.
03:23Enfin, à la mode, entre guillemets, pas à la mode fashion, vous voyez ce que je veux dire.
03:29Et donc, je trouvais ça très intéressant, la façon dont on est tous accoutrés dans le film.
03:35Ce n'est pas de la blague, en fait.
03:37On n'a pas tiré sur tous les curseurs.
03:39Voilà.
03:39La barbe, en revanche, vous avez essayé de négocier pour la garder.
03:42Oui, oui.
03:42On ne vous l'a pas laissé ?
03:43Non, non.
03:44Il a fallu la raser ?
03:45Oui, oui.
03:45Enfin, j'ai négocié, mais j'ai très vite compris que j'allais à ma paix.
03:48Et l'accent belge ? On en parle de l'accent belge.
03:50Qu'est-ce que votre personnage de flic, Franck Chouillard, fait avec un accent belge à couper au couteau ?
03:57En fait, ça s'est passé à la lecture.
03:58Quand on a fait la lecture du scénario, en fait, j'étais parti avec un accent.
04:03Comme maintenant, que je pense être neutre.
04:05Mais qui n'est pas neutre, je le sais bien.
04:07Je vous rassure aussi.
04:09Je ne sais pas quoi être en fou.
04:13Là, vous pensez avoir gommé l'accent belge ?
04:15Oui, là, j'essaye, du moins.
04:16D'accord.
04:18Non, mais...
04:18Et vous pouvez le forcer beaucoup plus ?
04:20Oh oui, honnêtement, oui.
04:21C'est ça.
04:21Je suis à 10% là.
04:22D'accord.
04:22Et en fait, pendant la lecture, j'ai commencé à reprendre mon accent belge.
04:25Et on s'est rendu compte, en fait, il y a quand même pas mal d'impros aussi dans le
04:29film.
04:30Jean-Baptiste Torel, malgré que le scénario est très bien écrit, il m'a laissé quand même certaines marges de
04:35manœuvre.
04:35Plus les scénarios sont bien écrits, plus on peut s'amuser avec.
04:39Voilà, c'est en échappé.
04:40Exactement, oui.
04:41Et alors, qu'est-ce qui vous a pris, pour toujours parler d'accent, de recevoir un René ?
04:46Les René, ce sont les Césars belges, avec un énorme accent américain.
04:52Oui, c'était pour faire un petit clin d'œil à la cérémonie de César avec Benjamin Lavin, qui a
04:58fait un travail magnifique.
04:59Mais là, je me répète, comme je viens d'arriver à Paris.
05:01En face de Jim Carrey.
05:01Voilà, exactement.
05:03Et puis, voilà, on a fait un petit honneur aussi à Jim Carrey.
05:07Voilà, et puis c'est ça, on est passé des Magritte au René, et c'est un ami qui produit
05:11cette émission, et donc je me suis dit que c'était sympa d'y assister.
05:14C'est vrai, que les René, c'était les Magritte, que vous avez changé de nom en Belgique.
05:18Allez, Souvenir.
05:20Souvenir, qu'il faut du temps, j'ai pour l'écrire, si noir sur blanc, quoi que je fasse, où
05:36que je sois, rien ne t'efface, je pense à toi.
05:44J'ai une petite anecdote sur Georges Agoleman.
05:45Allez-y.
05:46Parce qu'il est dans le film, alors après ça, je ne sais pas si je peux le dire ou
05:49pas le dire, mais le disque dans le film dure 4 minutes.
05:55Je vais voir le producteur, j'ai dit, mais comment t'as fait pour avoir les droits d'une chanson
05:58de Georges Agoleman ?
05:59Il me dit, écoute, on l'a appelé, il est très sympa, il l'a décroché, et on lui a
06:04demandé s'il acceptait de nous prêter une chanson.
06:07Il a dit oui, et combien ça coûterait ? Il a dit, vous donnez ce que vous voulez, vous le
06:12donnez à telle association,
06:14mais surtout, je ne veux pas qu'on sache que ce soit moi qui l'ai offert, quoi.
06:19Ben voilà, la chance s'est fait.
06:21Oui, mais je n'ai pas dit l'association.
06:24Non.
06:24Et je n'ai pas dit le titre de la chanson non plus.
06:26Oui, mais c'est très classe, c'est très très classe.
06:28C'est ça.
06:29C'est très très classe.
06:31Alors, évidemment, les années 80, François Damien, ce sont vos années de collège et lycée, puisque vous êtes né en
06:3973,
06:40donc vraiment, c'est les années collège et lycée.
06:43Pour vous, c'était où ?
06:44Ah, c'était au sud de Bruxelles.
06:47J'ai toujours habité dans la même région, en fait.
06:50Vous habitez toujours là où vous étiez, collège et lycée ?
06:51Oui, je l'habite à 100 mètres d'où je suis né, en fait.
06:54C'est drôle, ça.
06:54Vous n'avez pas bougé.
06:56Non, pas du tout.
06:57Je connais tout le monde dans le coin.
07:00Exactement comme un flic de quartier, quoi.
07:02Exactement.
07:02Je connais toutes les petites histoires.
07:03Vous pourriez vous le décrire, le quartier ?
07:05Ben oui, c'est un petit délai.
07:06À l'époque ?
07:07Oui, c'est la campagne la plus proche, juste après Bruxelles.
07:11Il y a la forêt de Soignes qui pourrait correspondre à Fontainebleau, par exemple.
07:16Oui, quand il n'y a pas d'obouteillage, c'est 20 minutes, et quand il y a du monde,
07:20c'est une heure.
07:21Et alors, au collège et au lycée, vous écoutiez quoi ?
07:24Vous écoutiez Goldman ?
07:25Oui, oui.
07:25Vous aviez à Walkman ?
07:26Oui, oui.
07:27Je me rappelle de son concert, j'avais 14 ans.
07:30Oui, mais j'écoutais Jean-Jacques Goldman, j'écoutais Balavoine, j'écoutais Souchon, j'écoutais...
07:36Et dans les boums, vous alliez dans les boums ?
07:39Oui, oui, j'adorais.
07:41J'adorais les boums.
07:42Par sautille aussi.
08:07Et le Connemara de Michel Sardou, vous l'écoutiez quand vous étiez au collège ?
08:11Oui, oui, un peu comme tout le monde.
08:13Un peu comme tout le monde, parce que là, quand même, Jean-Baptiste Sorel vous le fait chanter
08:17à tue-tête avec Audrey Lamy, ça donne une séquence absolument hilarante, que vous jouez
08:23avec beaucoup de sérieux.
08:24Oui, elle était très compliquée.
08:26Parce qu'en fait, quand Michel se m'a accéléré, on était largué, on connaissait les deux
08:31premiers couplets, et puis on pensait qu'il allait les couper avant, et puis il nous
08:34laissait, et là, on n'y arrivait plus, on avait des anti-sèches partout.
08:38Alors, Yvon Kasten-Dutch, c'est l'histoire d'un flic un peu dépassé par son époque.
08:42Un flic qui pensait que c'était mieux avant, un flic qui commande du Côte-du-Rhône en
08:46discothèque, ça ne s'en rend pas, mais si, Thomas Njijol a inventé ça.
08:52Ça change trop vite pour lui, et pour vous, aujourd'hui.
08:55Il y a quelque chose, Yvon Kasten-Dutch, en vous ?
08:59Oui, c'est vrai que ça avance très très très vite pour moi.
09:02Mais je suis encore un peu, honnêtement, resté dans les années 80.
09:07Vous voyez, je n'ai pas de portable, je vais passer pour un vieux, mais honnêtement,
09:14je n'ai jamais rien acheté sur Internet.
09:16C'est vrai ?
09:17Oui, si Steve Bezos est minardé, ce n'est pas grave.
09:20Il s'appelle Jeff, en l'occurrence, mais ce n'est pas grave.
09:21Non, c'est Steve Jobs.
09:22C'est Steve Jobs.
09:24Qui est décédé entre-temps.
09:25Vous voyez, je suis un fond de là.
09:27Fais mélanger les deux.
09:27Oui, mais bon, ça s'appelle la matinale aussi.
09:29Oui, c'est ça, c'est tôt le matin, mais c'est surtout dire le peu d'intérêt que
09:33vous avez pour ces gens-là.
09:34Sur les nouvelles technologies.
09:35C'est ça.
09:36Et les jeux électroniques.
09:37C'est curieux parce que, je me suis posé la question d'ailleurs, vous qui avez passé
09:42votre vie à observer le genre humain, partout où vous pouvez,
09:46vous avez regardé, regardez, vous vous êtes imprégné, vous avez...
09:50Vous ne trouvez pas que les réseaux sociaux, que TikTok, Instagram, Facebook, pour vous
09:54c'est une matière extraordinaire, ça permet de voir sans être vu.
09:58Il y a des gens qui se filment en train de faire des barbecues, de déballer les courses,
10:03de laver leur chien.
10:04Mais pour vous, c'est génial, non ?
10:05Oui, mais je préfère le voir en vrai en fait.
10:07C'est vrai ?
10:08Mais cette émission, on aura pu la faire en visio aussi.
10:11Qu'est-ce que ça aurait changé ?
10:12Nous deux, en interview.
10:13C'est bien la preuve qu'il faut avoir la personne devant soi.
10:17Et pas un écran entre les deux.
10:20Voilà.
10:21Vous avez vu quelle leçon vous prenez là ?
10:23Total, total, total.
10:25Next.
10:26Ce personnage d'Ivon Castendutch, il est drôle, il est ridicule, il est agaçant,
10:30il est aussi touchant, même s'il storche avec le code de déontologie comme il dit.
10:34Mais c'est le fil rouge de tous vos personnages en général.
10:37François Damiens, comment on force le trait sans être méprisant ?
10:41Comment on force le trait sans être méchant ?
10:44Moi, j'essaie toujours de mettre de l'humanité, de rendre les personnages les plus...
10:52De rendre aux personnages ce qu'ils vous ont donné ?
10:54Oui, c'est ça.
10:55C'est-à-dire, moi, quand j'incarne ce personnage, il me fait penser à mon oncle,
10:59il me fait penser à mon père, il me fait penser à mon grand-père,
11:01il me fait penser à mon garagiste, il me fait penser à tout...
11:04Qu'est-ce qu'il a, votre oncle, d'Ivon Castendutch ?
11:07C'était quelqu'un qui était au-dessus des lois, ou à côté, du moins.
11:12Je pense que les lois, pour lui, c'était un indicatif, quoi.
11:15Ah oui, il était très très fort, un peu comme Michel Sardou,
11:19il roulait vite en voiture à l'époque, et puis quand il se faisait avoir sous la route par un
11:23radar,
11:24il appelait le commissariat en direct avec son téléphone portable.
11:27Déjà, il était dans les premiers à les avoir en Belgique,
11:29il appelait pour faire sauter la contravention, quoi.
11:32Vous voyez ce que je veux dire ? Il était, entre guillemets, sans foi ni loi.
11:38Voilà, au-dessus de tout, il s'en foutait du Candiraton,
11:41il expliquait, quoi, à tout le monde, même quand il ne savait pas, il expliquait quand même.
11:44Et ça a commencé avec votre famille, cette envie de regarder, d'observer, de s'imprégner,
11:49de noter les mimiques, ça a commencé...
11:52Ah oui, quand j'étais petit, en fait, j'ai jamais joué à rien.
11:56Je ne lisais pas de BD, je ne regardais pas de dessins animés, je ne jouais pas aux jeux de
12:01société.
12:02J'avais des frères et sœurs qui jouaient tout le temps, mais moi, j'allais plutôt les ennuyer,
12:05enfin, les perturber quand ils jouaient.
12:07Vous ne jouiez pas avec eux ? Vous ne faisiez pas des quels avec eux ?
12:10Je n'avais jamais joué à rien, mais par contre...
12:11Vous n'avez jamais joué à rien ?
12:12Non, jamais joué à rien.
12:13Vous jouez toute votre vie, le travail d'un comédien, c'est de jouer,
12:16et quand vous étiez petit, vous ne jouiez à rien.
12:18Non, mais toujours pas, je déteste jouer à quoi que ce soit.
12:22Je n'aime pas les blagues, j'aime pas...
12:23En fait, j'aime bien observer les gens.
12:24Je n'aime pas les blagues.
12:25François Damiens, 9h21 sur France Inter, je n'aime pas les blagues.
12:28Non, ça ne me fait pas rire, les blagues.
12:29Non, d'accord.
12:30Enfin, vous venez de croiser François Larcher, Gérard Larcher, président du Sénat,
12:36et vous venez de m'expliquer droit dans les yeux qu'il est le parrain de votre fils.
12:40Et vous n'aimez pas les blagues.
12:41Non, je n'aime pas les blagues racontées.
12:42Le pire, c'est que Benjamin Duhamel, il y a cru.
12:45Il a dit, ah bon ?
12:47Vous en faites tout le temps, des blagues.
12:49Vous en faites tout le temps.
12:50Non, mais c'est des blagues comme ça, mais je n'aime pas les...
12:52Tiens, c'est quoi la dernière ?
12:55Je me suis dit, ah non, je n'aime pas trop ça.
12:57Vous n'aimez pas les blagues belles, ok.
12:59Non, non, les blagues tout court.
13:00Les blagues tout court.
13:02D'accord, donc vous n'avez pas joué avec...
13:03C'est artificiel, quoi.
13:04Votre frère, votre sœur, vous n'avez pas joué quand vous étiez enfant.
13:07Et donc, pendant que vous ne jouiez pas,
13:09et que le reste de l'humanité enfantine perdait son enfance à jouer,
13:14vous, vous regardiez ?
13:15Les adultes, oui.
13:16Vous regardiez les adultes ?
13:17Oui, mon père, il m'appelait Olga, parce que je ne sais pas pourquoi Olga,
13:21mais j'écoutais toujours aux portes.
13:23Et puis le soir, quand il y avait...
13:24Ah, parce que vous étiez un espion russe ?
13:25Oui, mais voilà, exactement.
13:26C'était la guerre froide, à l'époque.
13:28Bah si, c'est vrai.
13:28Oui, c'est pas faux.
13:29Non, mais c'est vrai que j'ai essayé de me faire discret
13:31et rester le plus longtemps possible à table
13:33quand il y avait un dîner à la maison.
13:35Et qu'est-ce qu'il y avait dans cette famille d'Amiens ?
13:39De si hypnotisant, de si riche ?
13:44D'abord, c'était quel milieu social, les Damiens ?
13:47Je voudrais voir ce que mes frères et sœurs diraient.
13:53La petite bourgeoisie, ou la grande bourgeoisie.
13:56Du côté de mon père, c'était plutôt la bourgeoisie.
13:59On était dans le high life.
14:01Vous voyez ce que je veux dire ?
14:02Le snowbook, comme on dit en Belgique.
14:04D'accord.
14:05Et du côté de votre mère, c'était un mur plus modeste ?
14:07Oui, c'était un milieu plus modeste.
14:09Ah, et c'est pas la rencontre des deux ?
14:12Qui était très intéressante.
14:13Eh bah voilà, c'est ça.
14:14C'est le décalage social.
14:16Les réunions de famille, entre les deux familles, c'était extraordinaire.
14:18Il y avait matière à regarder.
14:20Eh bah voilà, c'est ça.
14:21Parce que ça, c'est déjà un scénario de comédie.
14:23Exactement.
14:24Les bourgeois et les prolos qui se rencontrent.
14:27Donc déjà, vous, à 8 ans, c'était ça que vous...
14:30Ah oui.
14:31Mes deux grands-mères, quand on les mettait ensemble, c'était une pièce de théâtre.
14:34Et alors, regarder, c'est se faire oublier ?
14:37Parce que...
14:38Il faut se faire oublier pour regarder, effectivement, je pense.
14:40Mais vous avez du mal à vous faire oublier, non ?
14:42Enfin, comment dire ?
14:44D'abord, physiquement, vous êtes assez imposant, vous êtes grand, vous avez des épaules,
14:48vous êtes bien bâti, voilà.
14:49J'ai un petit physique qui ne me desserre pas, on dit.
14:51Non mais voilà, c'est...
14:53Non mais c'est vrai, et en plus, je ne suis pas très discret quand j'observe.
14:56J'étais à la montagne, il y a un an, avec un de mes fils, et il m'a filmé
15:00en train d'observer.
15:02Et en fait, je me suis rendu compte, j'étais un vrai scanner, quoi.
15:05J'ai regardé les chaussures, les chaussures.
15:06Est-ce que c'est encore maintenant le cas ?
15:08Ah bah oui, mais c'est ce que je préfère faire, oui.
15:10C'est regarder les gens qui regardent.
15:13Ma soeur me disait récemment que quand j'étais petit, les rares fois où j'acceptais d'aller au cinéma,
15:19je regardais les gens qui regardaient le film, quoi.
15:21Parce que vous n'aimiez pas le cinéma non plus ?
15:24Non, mais même quand je vais voir le match de foot, je regarde les gens qui regardent le match de
15:27foot, quoi.
15:27Et aujourd'hui, vous aimez le cinéma ?
15:29J'aime le faire, mais me le regarder...
15:31Bof !
15:32Ah oui, carrément bof !
15:33Vous n'allez pas au cinéma ?
15:34Je regarde les bafes, je regarde l'écran, je regarde par contre où sort le son...
15:37Donc 9h24 sur France Inter, François Damiens...
15:40Sans merde au cinéma ?
15:41Oui, mais...
15:42Non seulement il n'aime pas les blagues, mais sans merde au cinéma, vous venez de casser !
15:46Mais non, non, mais je n'en fais pas une marque de fabrique, et je ne suis pas fier de
15:50le dire.
15:51Mais, mais, mais...
15:53Oui, j'ai toujours peur des interviews quand on me demande des références à des films, parce que j'ai
15:57pas vu Le Parrain, j'ai pas vu La Grande Vadrouille, j'ai pas vu...
16:01Ce qui m'intéresse, c'est discuter avec les gens, c'est les regarder, c'est...
16:05Vous avez une vague idée du dernier film que vous avez vu ?
16:08Oui, c'était à l'attachement.
16:11Ah !
16:11J'ai adoré !
16:12Ah oui, comme quoi, de temps en temps, quand je vois un très bon film, ça me donne envie d
16:16'y retourner.
16:17Mais quand j'en vois un...
16:17Nous, en France, on lui a donné un César.
16:19Oui, oui, oui, et elle le mérite.
16:21Karine Tardieu, quelle réalisatrice, quel talent immense.
16:24C'est un petit...
16:25Je l'adore, ouais.
16:26C'est un appel ?
16:27Bah non, j'avais déjà...
16:28Elle m'avait déjà permis de travailler avec elle.
16:31I know.
16:32Et c'est du vrai travail, je peux vous dire.
16:34Alors, le 18 mars, si vous voulez aller voir Police Flash 80, allez au cinéma, parce qu'il y a
16:39plein de gens qui vont vous voir au cinéma pendant François Damien ne va pas au cinéma.
16:42Ah ouais, je l'ai vu deux fois en l'occurrence, celui-ci.
16:44Une fois assis, une fois debout.
16:46Pourquoi debout ?
16:47Parce que je ne voulais pas qu'on me voit, que j'étais dans la salle, donc je me suis
16:49caché dans la...
16:50Dans la rame des escaliers.
16:52Franchement, vous ne voulez pas revenir demain et après-demain sur France Inter et après-après-demain.
16:56Ah bah, tant que vous voulez, moi.
16:57Super, vous allez revenir.
16:58Je vais continuer à la me faire platter à Paris.
17:00Le film est signé Jean-Baptiste Sorel à la réalisation Thomas N. Gijol.
17:04Le scénario Audrey Lamy qui est absolument fantastique dans le rôle de Guylaine Roblot-Bernard.
17:09C'est extraordinaire.
17:10Elle est extraordinaire.
17:11Elle est hyper forte.
17:12Mais incroyable.
17:13Elle a un sens de la comédie, mais je rêvais de travailler avec elle.
17:17Et déjà, ce n'est pas travailler parce qu'avec elle, elle est...
17:19Enfin, je ne sais pas dire autrement, mais elle est aussi marrante en plus dans la vie que dans le
17:24film.
17:24Et elle a un sens du jeu, mais énorme.
17:28Fin de l'interview.
17:29Et d'humeur constante.
17:30Ça, c'est extraordinaire.
17:31Merci François Damiens.
17:33Merci d'être venu sur France Inter ce matin.
17:35Merci Sonia.
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