00:00Bonsoir Christine, la nuit du bien commun c'est un...
00:02Est-ce que vous êtes bien installé déjà ?
00:03Je suis très bien installé.
00:03Prenez le temps, installez-vous bien, on a le temps.
00:06On en peut y être d'un auteur !
00:09Je sentais qu'il n'était pas tout à fait bien installé.
00:11Vous êtes bien, vous voulez un verre d'eau, quelque chose ?
00:13Bon voilà.
00:14Alors, qu'est-ce que la nuit du bien commun ?
00:16Parce qu'on va parler quand même d'un sujet dont personne ne parle et qui est, je trouve, assez effrayant.
00:21Je le confirme.
00:22La nuit du bien commun c'est un événement philanthropique, un peu unique en France.
00:26On l'a créé il y a dix ans, avec une vingtaine de dirigeants d'entreprise.
00:29Et l'objectif était tout simple, c'était d'emmener dans un grand théâtre des centaines de donateurs et de soutenir des associations.
00:36Donc l'enjeu numéro un était vraiment rassembler des gens qui ont de l'argent pour donner à des associations qui en manquent.
00:42On a rassemblé dès la première édition 600 personnes, 600 000 euros de dons, une immense fête.
00:47Et on s'est très vite dit, les associations locales ont besoin de dons locaux.
00:51Donc on va proposer aux associations de collecter des dons partout en France.
00:55Donc on s'est déployé dans 15 villes de France et on a rassemblé dans chaque ville un jury de dirigeants locaux, dirigeants d'entreprise, dirigeants de fondation.
01:03Et ils organisaient à chaque fois un appel à projet qui permet à des associations de dire, moi j'ai besoin d'argent, soutenez-moi.
01:10Et cet appel à projet, hyper exigeant, on a des critères très objectifs de sélection.
01:15Pérennité du projet, impact social, capacité à s'aimer partout en France.
01:20Et à l'issue de cet appel à projet, on avait un grand oral et on sélectionne les meilleures associations, à nos yeux donc.
01:26Et on les met dans un grand théâtre, dans chaque ville de France, comme je vous l'ai dit.
01:30On leur offre un écran incroyable pour les mettre en valeur.
01:32C'est des porteurs de projet qui sont dans l'ombre, ils ont les mains dans le cambouis.
01:36Ils aident des personnes autistes, handicapées, des personnes qui sont en précarité, des femmes isolées.
01:41Et on les met pendant quelques minutes sur scène, devant un parterre de donateurs.
01:45Et on collecte dans chaque ville entre 300 000, 500 000, 1 million d'euros.
01:50Auprès de plusieurs centaines de personnes qui les soutiennent en direct.
01:53Depuis combien d'années ?
01:54Ça fait 10 ans que ça existe maintenant.
01:56Combien de personnes vous avez déjà aidées à peu près ? Est-ce que vous avez un chiffre là-dessus ?
02:00Oui, le chiffre clé c'est qu'on a aidé 530 associations à se développer.
02:04On leur a donné plus de 26 millions d'euros de dons quand même, en cumulé.
02:07Et en fait, ces associations-là aident des dizaines, des centaines de milliers de personnes
02:11dans toutes les thématiques de l'intérêt général que vous connaissez.
02:14J'aurais bien aimé vous rencontrer, moi, pour mon association.
02:16Ça m'aurait aidé.
02:17Eh bien, vous viendrez à la prochaine nuit.
02:19Non, justement, j'ai plus d'argent dans mon association.
02:22C'est tellement compliqué, c'est très strict, justement, pour bénéficier de fonds.
02:25Alors, qu'est-ce qui vous arrive concrètement ?
02:27D'après ce que j'ai compris, on va voir quelques images.
02:30Depuis 8 mois, des antifas vont devant chacune de vos soirées
02:35pour menacer vos soirées, les donateurs.
02:40Et si personne n'en parle, que se passe-t-il concrètement ?
02:42Alors, en fait, certains en parlent, mais négativement.
02:45On a eu 1000 retombées presse en un an.
02:48Et ces 1120 retombées presse, essentiellement négatives,
02:52viennent cautionner les actes d'une extrême gauche radicale de terrain.
02:56Ce sont les soulèvements de la terre, ce sont des sections antifas radicales.
03:01Et dans chacune des villes, elles ont un mode opératoire qui est toujours le même.
03:05En amont de l'événement, ils vont s'attaquer à toutes les entreprises
03:08qui parrainent l'événement.
03:09Donc, chacun de nos sponsors va recevoir des courriers, des mails de menaces.
03:15Certains vont même écrire aux clients de nos mécènes et de nos sponsors, ça va loin.
03:18On a des entreprises qui se sont fait taguer, des vitres qui ont été brisées.
03:22Enfin, vraiment, ça va, de façon assez forte, attaquer nos entreprises qui parrainent les événements.
03:28Le deuxième élément, en amont de la soirée, c'est que les associations elles-mêmes sont attaquées.
03:32Donc, toutes les associations qui candidatent reçoivent des courriers de menaces
03:35disant qu'en faisant cela, ils cautionnent le mal.
03:39Et donc, les associations ont même reçu des appels d'élus locaux
03:43pour les menacer de perdre leurs subventions, de leur retirer leurs agréments
03:46parce qu'au prétexte qu'ils participeraient à la nuit du bien commun.
03:50Et la troisième menace extrêmement virulente, en amont des soirées toujours,
03:54ce sont nos bénévoles.
03:55On a des bénévoles qui ont été menacés de mort.
03:57On a des dizaines et des dizaines de bénévoles dans chaque ville
03:59et elles se font attaquer, nommément, sur les réseaux sociaux,
04:02parfois sur les murs de leur maison, tagués avec des affichages, des collages.
04:06Donc, ça, c'est en amont.
04:07Et puis, évidemment, on parle de militants antifascistes.
04:10Donc, le jour J, le jour de la soirée, ils se rassemblent à 300, 400
04:14et ils essaient, évidemment, d'empêcher la soirée de se tenir.
04:17Donc, ça va de jets de projectiles jusqu'à de simples insultes.
04:22Heureusement, on a des forces de l'ordre qui font très bien leur travail.
04:25Donc, on n'a jamais eu de problème majeur, jamais de blessés, par exemple.
04:28Mais je vais vous donner un exemple.
04:29Et c'est pour ça, je suis désolé de ne pas m'être rasé.
04:31J'étais à Aix hier pour Aix,
04:34une soirée extraordinaire qu'on organisait dans une belle salle.
04:37Et il se trouve qu'on a eu une grève des équipes du site qui ont bloqué la soirée.
04:43400 manifestants qui sont venus, 160 policiers qui sont venus nous protéger.
04:47Non.
04:47Alors, évidemment, on est organisé et on est malin.
04:50Donc, on avait anticipé, vu le nombre de menaces qui arrivaient du terrain
04:53et vu les médias qui relayaient assez complaisamment tout ça,
04:56on avait une salle de secours qui nous a permis de faire l'événement
04:59et on a collecté 260 000 euros.
05:01Mais il n'empêche que ce sont des menaces d'une violence inouïe
05:04pour un événement de philanthropie.
05:06De philanthropie pour aider des gens, des personnes défavorisées,
05:09des associations qui sont dans le besoin.
05:11Qu'est-ce qu'on vous reproche concrètement ?
05:13J'ai vu sur les images, ce terrain.
05:15C'est un nom qui revient beaucoup dans l'actualité.
05:19J'ai eu, il y a 10 ans, l'idée de créer cet événement,
05:21je vous l'ai dit, avec des dirigeants d'entreprises.
05:23Et puis l'un d'eux me dit, il faut que tu rencontres un certain Pierre-Edouard Cterrain.
05:27Il habite en Belgique.
05:28Il a monté une boîte qui cartonne.
05:29Et il semble qu'il a envie de donner sa fortune à des associations.
05:33Donc je vais le rencontrer.
05:35On se discute pendant une heure de l'événement.
05:37Et puis il me dit, c'est super, je ferai partie de ceux qui soutiennent l'organisation.
05:41Ça a l'air extraordinaire ce format.
05:43Et donc, on a travaillé avec lui et d'autres à ouvrir tous nos réseaux.
05:47On a fait venir des patrons de fonds d'investissement, des banques,
05:49enfin tout ce que vous pouvez imaginer de personnes aisées,
05:51pour leur dire, venez donner de votre superflu ou de votre essentiel
05:55à des associations qui en ont besoin.
05:57Il se trouve que huit ans plus tard,
05:59Pierre-Edouard Cterrain a lancé son propre fonds de dotation,
06:02qui s'appelle, il faut l'avouer, ça c'est pas simple à gérer en termes de communication,
06:05le fonds du bien commun,
06:06qui a sa propre gouvernance, sa propre stratégie,
06:09ses propres lauréats, ses propres projets.
06:11Donc il n'a rien à voir avec vous ?
06:12Il n'a rien à voir avec la nuit du bien commun.
06:13Il y a le bien commun, une volonté de bien faire, en tout cas ça on peut le dire peut-être.
06:17Le bien commun n'étant pas une marque en tant que telle,
06:19qui n'appartient à personne, donc ça c'est pas un problème.
06:21Mais de fait la nuit du bien commun a une seule obsession.
06:22Donc vous pensez que les antifas mélangent Pierre-Edouard Cterrain,
06:27vous, parce que vous avez un peu le nom bien commun.
06:30Alors c'est plus grave que ça.
06:31En commun.
06:32C'est plus grave que ça parce que c'est ce qui s'est passé au départ.
06:35Et à la limite je les comprends, les marques sont proches,
06:37il a cofondé dix ans avant avec moi,
06:39on peut se dire c'est la même chose.
06:40Non mais on comprend pas la vieille chose.
06:41Une fois qu'on a prouvé par A plus B que Pierre-Edouard Cterrain était sorti
06:44de tous les organes de gouvernance,
06:45une fois qu'on a dit qu'on était indépendant de toute sa stratégie,
06:48et que lui-même le dit de façon très transparente.
06:51Le problème c'est que je l'ai entendu de la bouche
06:53de journalistes d'extrême gauche et de militants,
06:55la phrase m'a glacé le sang.
06:57La phrase est la suivante.
06:58Vous, vous êtes des réformistes.
07:00Il est vrai que j'ai un peu envie de réformer le capitalisme
07:02en faisant en sorte que les très riches donnent plus
07:03à ceux qui en ont besoin.
07:05Mais nous, m'ont-ils dit, nous sommes des révolutionnaires,
07:08vous êtes un extraordinaire outil de mobilisation
07:10de nos alliés d'extrême gauche, m'ont-ils dit,
07:13et donc nous continuerons parce que vous nous permettez
07:15de taper sur la bourgeoisie et les riches.
07:18Et donc nous sommes devenus, le prétexte de Pierre-Edouard Sterrin
07:20est devenu un faux argument pour taper sur la philanthropie privée.
07:25Leur obsession c'est que l'État fasse tout à leur place,
07:28subventionne tout ce qu'il peut,
07:29alors que notre théorie est l'inverse de dire,
07:31c'est la générosité des entrepreneurs de ce pays
07:33qui sauvera demain ceux qui en ont le plus besoin.
07:35Sous-titrage Société Radio-Canada
07:38Sous-titrage Société Radio-Canada
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