00:00Est-ce que c'est la fin du cordon sanitaire ou le début de l'union des droites ?
00:04Alors la fin du cordon sanitaire, c'est vrai qu'on l'annonce depuis longtemps.
00:07Le cordon sanitaire, c'est le phénix qui renaît souvent de ses cendres.
00:10Mais néanmoins, c'est extrêmement intéressant.
00:13Alors que le cordon sanitaire, chacun sait que c'est François Mitterrand qui l'a mis en place,
00:18puisqu'un cordon, c'est une corde avec un nœud coulant au bout pour pendre la droite.
00:25Et c'est une grande réussite, parce que le cordon sanitaire est resté,
00:29les hommes sont passés. François Mitterrand, ça fait quand même longtemps,
00:31mais le cordon sanitaire, lui, il résiste.
00:33Et plus qu'un nœud coulant, c'est un nœud gordien.
00:36Vous savez, le nœud gordien, on connaît l'histoire,
00:39c'est Alexandre Legrand qui est arrivé et qui l'a tranché.
00:45Et il y avait un oracle qui avait dit, écoutez,
00:48si celui qui arrivera à trancher le nœud gordien, il sera le maître de l'Asie,
00:53et bien là, moi je ne suis pas oracle de Delphi d'ailleurs,
00:57mais je peux prédire que celui qui rompra le nœud gordien du cordon sanitaire
01:01présidera au destiné de la France,
01:03et ce qui s'appelle Alexandre, Jordan ou je ne sais qui.
01:07Donc c'est aujourd'hui un secret de polichinelle.
01:10Donc François Mitterrand l'avait mis en place pour diviser la droite.
01:15Il a favorisé, les LR le racontent souvent, du reste,
01:18la montée du Front National, notamment par la proportionnelle temporaire,
01:23mais tout en le contenant dans une forme de marginalisation par ce cordon sanitaire,
01:28et ce qui permettait d'avoir face à soi deux pôles divisés.
01:33Alors bien que les ressorts soient connus,
01:36en fait, jamais la droite n'a réussi à le conjurer.
01:40Pour être piégé, il faut être piégeable,
01:41et il faut reconnaître qu'ils étaient tous piégeables.
01:43Donc c'était le levier, évidemment, de la diabolisation contagieuse.
01:48Si vous approchiez le diable, vous étiez contaminés.
01:51Et c'était ce cordon sanitaire comme le mur de Berlin.
01:54Et ceux qui essayaient de le franchir,
01:55ils étaient aussitôt flingués politiquement,
01:58comme les Vopo en Allemagne de l'Est,
02:01mais par les sentinelles de la bien-pensance.
02:05D'ailleurs, certains en ont fait les frais.
02:07J'en souviens de Jean-Pierre Soissons et Charles Millon,
02:11dans les années 90,
02:12qui, pour garder la présidence du Conseil régional,
02:16se sont alliés, ont accepté l'appoint des élus du Front National,
02:21et ils ont été mis au banc de leur parti.
02:25Alors à l'époque, pourtant,
02:27le Front National se présentait comme plutôt de droite.
02:30C'était une espèce de droite réganienne.
02:32C'est ainsi qu'il se définissait.
02:34Donc tout ce monde-là se disait de droite.
02:36Alors aujourd'hui, la situation a changé.
02:38Et puis surtout, les masses se sont inversées,
02:41puisque c'est le RN qui a la plus grande masse des lecteurs
02:45et qui peut-être ou pas,
02:47mais peut avoir besoin de l'appoint de LR ou de Reconquête.
02:51Donc ne serait-il pas temps enfin de rompre cette malédiction ?
02:54C'est vrai que vous savez,
02:55dans les films de Michel Ondiard,
02:57on dit quand les hommes de 130 kilos disent certaines choses,
03:00ceux de 60 se taisent.
03:01Nous, en France, la droite est très forte.
03:03Mais c'est quand même la gauche petite
03:05qui, lui, intime le silence.
03:09C'est un sujet récurrent, hein, Gabriel ?
03:11On sait qu'Éric Zemmour, Sarah Knafou,
03:13encore Marion Maréchal,
03:15plaident inlassablement pour l'union des droites.
03:17Mais la réponse qu'on leur oppose,
03:19qu'elles viennent de LR, qu'elles viennent du RN,
03:22c'est toujours la même.
03:24Le RN n'est pas de droite,
03:25donc ne serait faire partie d'une union des droites.
03:27Alors, que répondre à cela ?
03:29Oui, alors ça, c'est assez nouveau.
03:31Ce n'était pas le cas, donc,
03:32du Front National il y a quelques années.
03:33C'est ça.
03:33Donc, pour LR, le RN ne serait pas de droite
03:36parce qu'il serait économiquement de gauche,
03:38voire d'extrême-gauche.
03:39C'est assez récurrent.
03:39Quand on leur dit
03:40pourquoi vous ne voulez pas faire l'union des droits ?
03:41Ah, parce que vous alliez avec le RN,
03:44parce qu'ils ne sont pas de droite.
03:46On dit que le RN n'est pas assez ferme
03:48en matière d'assistanat
03:50et qu'ils ne sont pas d'accord
03:51pour faire reculer l'âge de la retraite.
03:55Alors, on entend quand même
03:56qu'il y a un léger volte-face
03:57parce que l'UMP et le RPR
03:59disaient jadis que le Front National
04:01était d'extrême-droite.
04:03Donc, on lui a reproché d'être trop à droite.
04:05Maintenant, on reproche au RN
04:07d'être trop à gauche.
04:08Donc, il y a un moment où il va falloir choisir.
04:10Et puis, c'est quand même assez curieux
04:12parce que Mathieu le disait
04:14tout à l'heure d'Edouard Philippe,
04:15mais Xavier Bertrand dit
04:16préférer communiste que voter RN.
04:19Alors là, les communistes, c'est sûr.
04:20Ça, c'est sûr.
04:21Économiquement, tout, ils sont à gauche.
04:23On est d'accord.
04:24Donc, c'est vrai que ça manque quand même
04:26d'une cohérence un peu élémentaire.
04:28Alors, il est vrai aussi
04:30que Marine Le Pen
04:31et d'autres avec elle
04:32nient être de droite.
04:34Ils récusent cette étiquette.
04:35D'ailleurs, il y a député RN
04:36Mathias Renaud
04:38qui a fait un développement
04:39sur un poste sur X intéressant.
04:41Et ils disent aussi,
04:43et c'est sans doute pour ceux-là
04:44qui n'ont pas envie
04:44d'avoir cette étiquette sur le dos,
04:46que c'est sur des terres de gauche
04:48qu'ils font leur meilleur score.
04:51C'est vrai que quand on passe
04:52de la CGT au RN
04:53ou même quand on est encore
04:54à la CGT et qu'on vote RN,
04:55parce que ça, c'est quand même nouveau
04:57depuis ces dernières années,
04:58mais cela existe,
04:59eh bien, on ne se sent pas de droite.
05:03Mais néanmoins,
05:05convenons qu'ils ne sont pas de gauche.
05:08Le mot droite, justement,
05:10est-ce qu'il n'est pas un peu
05:10comme le mot libéral,
05:11un mot un peu piégé, finalement ?
05:12Oui, c'est un mot qui est piégé.
05:14En fait, tout le monde
05:15a sa propre...
05:16Piégé, connoté...
05:17Oui, mais il peut avoir
05:18plusieurs exceptions, en fait.
05:19Il peut avoir plusieurs définitions.
05:20C'est vrai que si être de droite,
05:22c'est être ultra-libéral,
05:23ne gérer que par la circulation
05:24sans limite des biens
05:25et des personnes,
05:26on peut convenir
05:27que le RN n'est pas de droite.
05:29Mais à moins que l'erreur
05:30se soit qualifiée
05:31l'ultra-libéralisme
05:32et le capitalisme échevelé,
05:34de droite.
05:35Un monde sans limite,
05:36en réalité,
05:36c'est un monde de gauche.
05:38Mais ce qui compte surtout,
05:39c'est l'acception commune
05:41du mot dans l'opinion publique.
05:42C'est vrai que c'est
05:42ratiocination sémantique.
05:44Ça gasse un peu à la fin
05:46parce que pour le français ordinaire
05:48et de gauche,
05:49l'immigrationiste,
05:50le wokisme,
05:51le laxisme judiciaire,
05:52le progressisme échevelé,
05:54l'écologie punitive,
05:55la détestation de la France
05:56et la volonté de dissoudre la France
05:58dans un grand tout.
05:59À l'inverse,
06:00on est de droite
06:00quand on est contre l'immigration
06:02pour plus de sécurité,
06:04d'autorité,
06:05d'enracinement
06:05pour la grandeur de la France,
06:07la préservation de notre culture,
06:08etc.
06:10Nos frontières,
06:11par exemple,
06:11la préservation de nos frontières.
06:13Donc,
06:14une fois qu'on est d'accord
06:16sur ce corpus de base,
06:18on peut convenir
06:18que tous ces gens-là
06:20sont de droite.
06:22D'ailleurs,
06:24ne nous leurons pas,
06:25le Rassemblement national
06:26n'est pas à équidistance
06:28de la gauche et de la droite.
06:29Quand ils disent
06:29qu'on ne somme ni de gauche
06:30ni de droite,
06:30la meilleure preuve,
06:31c'est que Jordan Bardella,
06:32qui aujourd'hui
06:33tend la main
06:34potentiellement,
06:36s'il en avait besoin,
06:37à des députés LR
06:39pour faire la pointe,
06:40si j'ose dire,
06:41déjà au moment
06:42des Européennes,
06:43il avait proposé
06:44à François-Xavier
06:45Bellamy
06:45et à Nadine Morano
06:46des places,
06:47des belles places,
06:48haut dans sa liste,
06:51pour figurer
06:53sur sa liste
06:53aux Européennes.
06:54Il n'aurait pas fait ça,
06:55nous sommes d'accord,
06:56avec d'autres
06:57de gauche.
06:59Et on se dit,
07:01mais sur quoi
07:01ils ne sont pas d'accord ?
07:02Mais ils ne sont pas d'accord
07:04sur l'âge du départ
07:05à la retraite.
07:06Mais vous voyez,
07:07on s'est demandé
07:08si l'âge du départ
07:09à la retraite,
07:10ce n'est pas quand même
07:10le sexe des anges.
07:13Vous vous souvenez
07:13que les Byzantins
07:14discutaient du sexe des anges
07:16quand les envahisseurs
07:17étaient à leur porte.
07:19Eh bien nous,
07:19pendant que les frères musulmans
07:20étendent leur ramification
07:22pour nous mettre
07:22en coupe réglée,
07:24nous parlons
07:25de l'âge de la retraite.
07:26Mais je vous garantis
07:27que quand on sera
07:27sous le régime de la charia,
07:28je pense que l'âge
07:29de la retraite,
07:30ce n'est pas qu'on n'en aura
07:31rien à cirer,
07:32mais pas loin.
07:33En tout cas,
07:33ça ne nous semblera pas
07:34si prioritaire.
07:36C'est vrai que la mise
07:36en brûle,
07:37les Français sont là
07:38exaspérés,
07:39ils voient les pompiers
07:40qui se regardent entre eux,
07:41qui se jaugent,
07:41qui trouvent que le casque
07:42de l'autre n'est pas
07:43assez brillant.
07:45Donc c'est vraiment
07:46extrêmement désespérant
07:49parce que la gauche,
07:50elle s'allie avec
07:51les plus petits
07:52des groupuscules,
07:53les plus radicaux.
07:55Elle venait tous,
07:57venez comme vous êtes,
07:58comme dirait l'autre.
07:59Et à droite,
08:00LR refuse de regarder
08:02du côté du RN,
08:04qui lui-même refuse
08:05de regarder du côté
08:08de Reconquête.
08:09Alors qui sera Alexandre
08:11et qui arrivera
08:12à trancher ce nœud gordien ?
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