00:00Et tout de suite dans Smartimon, on fait un petit pas de côté, on va s'intéresser à la politique et notamment la politique du logement avec notre invité Jean-Philippe du Pointe-Clément.
00:12Bonjour.
00:12Bonjour.
00:13Vous êtes maire de Mency, c'est une commune dans l'Essonne, vous êtes vice-président également du conseil régional d'Île-de-France et on est ravis de vous accueillir sur ce plateau.
00:21Bien sûr, pour décrypter, mais c'est compliqué, la politique nationale et puis s'intéresser quand même à ce qui se passe au niveau régional puisqu'on vient de parler effectivement de la ville du quart d'heure, on verra que vous avez une région des 20 minutes.
00:32Tout d'abord Jean-Philippe, on ne peut pas passer à côté de cette nouvelle, on a le nouveau gouvernement de Sébastien Lecornu, mais on se demande très sincèrement Jean-Philippe, combien de temps il va tenir ?
00:43Quelle est votre réaction hier à 20h quand vous avez eu ce nouveau gouvernement qui ressemble furieusement à l'ancien ?
00:50Moi je suis atterré, déjà à ce qu'on est sur un gouvernement qui fait dans la consanguinité, sur 18 ministres, 12 sont renaissances et 12 renaissances macronistes, il n'y a pas un nataliste dedans.
01:05On ramène dans ce gouvernement M. Le Maire, ce qui est une faute politique, parce qu'à Toro a raison, qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, il est assimilé à celui qui a créé le déficit abyssal de notre pays
01:17et qui n'a eu de cesse que de taper sur les collectivités locales là où ma formation, l'UDI Centre-Droit, nous sommes profondément décentralisateurs.
01:27Et puis c'est un gouvernement au-delà de ça qui ne comprend pas de ministre du Logement.
01:33Il y a un grand périmètre avec M. Woerth qui n'a jamais été un spécialiste du logement, ce qui est pourtant un des sujets et un des enjeux majeurs.
01:40Alors quand on voit ça, je pense que ce gouvernement est morné. Est-ce que LR restera ou pas, on le saura ce lundi matin.
01:48Et puis je ne vois pas comment il peut échapper à une motion de censure quand on prend les premières actions du PS et du Rassemblement National.
01:55On a l'impression qu'on prend les mêmes et qu'on recommence, sauf peut-être quelqu'un qui avait fait du bien au monde du logement en général,
02:00Valérie Leretta, a été unanimement reconnu comme une bonne ministre du Logement qui avait fait avancer certains dossiers.
02:04En moins d'un an, elle a fait plus que ses cinq ou six prédécesseurs pendant des années. Effectivement, on a quelqu'un qui était une battante,
02:10qui était engagée, qui connaissait son sujet et qui, pour le coup, ne fait pas partie d'une première vague.
02:16Donc il n'y aura pas de seconde vague parce que ça veut dire que le logement est une fois de plus pris comme une variable d'ajustement budgétaire par Bercy.
02:24Moi, je ne conçois pas que le logement, qui est le problème numéro un des Français, soit toujours envisagé au niveau national comme une variable d'ajustement budgétaire.
02:32Le logement, c'est le premier poste de dépense des Français, c'est ce qui conditionne nos vies, c'est ce qui conditionne nos réussites
02:38et ce n'est pas quelque chose qui peut être géré de manière totalement technocratique.
02:41Comment ça se passe, par exemple, dans votre commune à Mancy ? On rappelle combien d'habitants à Mancy ?
02:4516 000 habitants.
02:4616 000 habitants, donc moyenne commune d'Île-de-France.
02:49On subit aussi dans ces petites moyennes communes une crise du logement ?
02:54Vous savez, en Île-de-France, obtenir un logement, c'est arithmétiquement plus de 10 ans sur du logement social.
02:59C'est-à-dire que quand vous prenez le nombre de demandeurs en attente et le nombre de logements qui se libèrent, c'est plus de 10 ans.
03:04Le délai arithmétique moyen, c'est 4 à 5 ans.
03:08Et dans ma commune, c'est 50 à 60 logements qui se libèrent par an pour plus de 4 000 personnes qui sont en état de demander.
03:14Donc effectivement, la crise du logement, on la vit, on la subit.
03:17Moi, j'ai assumé mes responsabilités en tant que maire.
03:19Lorsque j'étais élu il y a 15 ans, ma commune était en situation d'illégalité au titre de la SRU.
03:24Nous avions 15% de logements sociaux, là où la loi impose 25% à toutes les communes en Île-de-France.
03:30Nous sommes à 26% aujourd'hui.
03:32Maintenant, ça a été assumé une politique d'aménagement, une politique de restructuration de la commune
03:38et de produire du logement, mais de produire aussi des services publics,
03:41de produire aussi de l'emploi pour essayer de compenser, d'équilibrer les choses.
03:47Oui, bien sûr.
03:48Quand on regarde le national, on se désole, mais quand on regarde le régional, le local, on se console.
03:52On a l'impression que les maires, bâtisseurs ou pas d'ailleurs, sont plutôt au combat, sont là, sont présents,
03:59sont plus peut-être même au courant des réalités de ce qui se passe chez eux.
04:03Autant le national aujourd'hui fait totalement déconnecter des réalités,
04:06et l'annonce du gouvernement de ce dimanche soir montre une déconnexion totale,
04:11totale des élites parisiennes avec la réalité des territoires,
04:16autant au niveau local et singulièrement au niveau communal,
04:19on arrive encore à agir, à produire, à remplir son rôle d'élu.
04:24Moi, je suis élu parce que je crois qu'être élu, c'est pouvoir modifier,
04:28c'est pouvoir changer le monde, c'est pouvoir changer les choses,
04:30alors peut-être pas à grande échelle, mais au moins dans les communes, on peut le faire.
04:33Alors justement, 15 ans, Jean-Philippe, du moins clairement que vous êtes maire de Menci,
04:38on sait qu'il y a des élections qui vont se présenter d'ici quelques mois.
04:42Vous allez vous représenter ?
04:44Écoutez, 2026, c'est en 26, donc on verra en temps d'heure.
04:47D'accord, très bien. Justement, on parlait tout à l'heure avec Carlos Moreno,
04:53qui était le grand invité de Smartimo, de cette ville,
04:56quart d'heure on a montré son nouvel ouvrage,
04:58on a parlé pour l'Île-de-France d'une région des 20 minutes, expliquez-nous.
05:03On s'est inspiré de ces travaux quand on a été amené l'année dernière
05:05à revoter tout le schéma d'aménagement de la région Île-de-France,
05:08le ZDRIF environnemental, schéma directeur environnemental de la région à 2040,
05:13quelle région on veut développer, vers quoi on veut aller.
05:16Et cette région, on a souhaité l'avoir ZAN, zéro artificialisation nette,
05:20c'est-à-dire une région qui aille réduire ses extensions urbaines progressivement
05:26pour être à zéro extension non compensée par de la renaturation en 2050,
05:31et puis une région qui soit polycentrique,
05:33c'est-à-dire qui s'appuie sur des pôles de centralité majeurs en Île-de-France
05:39pour pouvoir avoir dans un rayon de 20 minutes autour de soi à peu près toutes les aménités,
05:44qu'on parle d'offres de soins, qu'on parle d'emplois, qu'on parle d'offres universitaires,
05:49d'offres de transport, et donc c'est cette région polycentrique autour de secteurs
05:53tels que Saclet, tels que Melun, tels que le grand mot qu'on imagine et qu'on veut développer.
05:59C'est véritablement essayer de rapprocher les services publics de là où vivent les gens.
06:06Oui, ça va être le cas avec le Grand Paris, on le voit qui émerge finalement
06:10avec ces lignes de métro, de tramway, de bus qui se réorganisent autour d'un Grand Paris,
06:16ça sera aussi ça, ça participera de la région des 20 minutes ?
06:20C'est le Grand Paris Express, c'est le plus grand chantier des 50 dernières années pour notre région.
06:26C'est 68 nouvelles gares de métro, ça veut dire que c'est 68 quartiers de villes
06:32qui sont totalement réaménagés, 68 quartiers de villes où on peut recréer du logement,
06:38de l'emploi, des services publics, c'est aussi ce qui tient l'économie francilienne.
06:42C'est ce qui permet d'avoir dans un pays qui subit un marasme économique aggravé
06:47par la situation gouvernementale qu'on connaît depuis 2022, c'est aussi garder un trend
06:52d'activité extrêmement fort et puis c'est changer la vie des gens.
06:55Ce super métro, c'est permettre aussi de déconcentrer un peu
07:00et de limiter la surattraction de l'épicentre parisien qui est totalement congestionné aujourd'hui.
07:06Complètement en étoile.
07:06Et puis on sait qu'il y a aussi cette tension entre d'un côté, c'est ça, un dynamisme économique,
07:11mais aussi, on l'a dit tout à l'heure, la volonté de respecter l'écologie,
07:15de préserver cette écologie.
07:16Comment on participe à cette équation quasi impossible ?
07:19L'île-de-France, c'est une région comme il n'y en a pas d'autre en Europe occidentale.
07:23Première métropole économique de l'Europe occidentale.
07:25Si on était une principauté, on serait le sixième PIB européen.
07:29Et pour la France, c'est 31% du PIB, 18% de la population concentrée sur 4% du territoire.
07:35Nous sommes la région la plus dense en termes de peuplement de l'Union européenne,
07:39pour la partie intra à 86.
07:43Et donc tout l'enjeu pour nous, c'est pour préserver nos terres agricoles,
07:47c'est pour rester à 2040 ce que nous sommes aujourd'hui,
07:50à plus de 75% d'espaces agricoles, naturels et forestiers.
07:54C'est de reconstruire la ville sur la ville.
07:56Quand on dit ça, c'est travailler sur l'intensité urbaine,
07:58c'est travailler sur le recyclage urbain, sur les friches,
08:00sur les zones d'activité, sur les zones interstitielles.
08:03C'est permettre de continuer à assumer une croissance de 50 000 habitants par an,
08:09parce que là aussi, il y a des régions en France qui sont en perte de démographie extrêmement forte.
08:14L'Île-de-France, on est la deuxième région de France métropolitaine
08:16avec les plus grandes croissances.
08:17Donc c'est aussi assumer une croissance de la ville,
08:20mais dans ces enveloppes urbaines constituées.
08:22Merci Jean-Philippe, Jean-Philippe du Moin-Clément.
08:24Je rappelle que vous êtes maire de Mency,
08:26vice-président du conseil régional d'Île-de-France.
08:29Et quelque chose me dit qu'on vous reverra à Mency,
08:32peut-être pour un mandat supplémentaire.
08:34Merci en tout cas, merci par ce martimot et à très bientôt.
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