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  • il y a 4 mois
Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme était l'invité du Face à Face sur RMC et BFMTV, du 6 octobre. Il est notamment revenu sur le nouveau gouvernement, le risque de censure mais également les notes de frais de certains élus de la mairie de Paris.

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Jean-Philippe Tanguy, vous êtes député RN de la Somme et vous êtes le monsieur économie du RN, président délégué du groupe RN à l'Assemblée.
00:11Folle soirée hier, après 26 jours d'attente, un gouvernement a été nommé, mais à peine nommé. Il est critiqué de toutes parts, de votre côté, côté RN.
00:21Quelle est votre réaction et pourriez-vous censurer ce gouvernement dès demain ?
00:26C'est une évidence puisque nous avions demandé avec Jordan Bardella et Marine Le Pen une rupture, une rupture dans la politique avant tout.
00:33Et ça s'incarne aussi forcément dans une rupture avec les hommes, donc les personnes qui fondent et qui doivent mener cette politique.
00:40Donc visiblement, M. Lecornu avait beaucoup de temps à perdre pour annoncer la prolongation, mais sans aucune nuance, de ce qu'il faisait déjà,
00:48de ce qui a été condamné par les Françaises et les Français qui ont voté à deux reprises aux européennes législatives contre cette politique.
00:55Et cette politique qui est menée, mais je veux dire, au-delà de toute raison.
01:00Ce qui est quand même impressionnant à Mme de Malherbe, c'est qu'hier, cette alliance de briquettes-brocs s'effondre sur elle-même,
01:05avec des gens, M. Rotaillou qui est membre d'un gouvernement, qui n'assume pas être membre d'un gouvernement depuis un an,
01:10et qui conteste un gouvernement qui est pourtant à l'image des gens avec qui il a travaillé depuis un an,
01:16des gens que personne ne connaît, qui démissionnent avant d'être démissionnés.
01:20La scène d'hier est pitoyable et en fait résume ce qui s'est passé il y a un an.
01:25En fait, aujourd'hui, le petit personnel politique qui s'est allié contre le Rassemblement National
01:30et en fait contre la volonté des Français de changer, de faire une rupture, s'effondre sur lui-même,
01:35parce qu'à part se regarder dans le miroir, ils n'ont rien à proposer aux Français.
01:38Philippe Tanguy, il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit.
01:40Prenons étape par étape.
01:41D'abord, quand je vous dis « allez-vous censurer ce gouvernement dès demain ? »,
01:46vous répondez « c'est une évidence ».
01:47Il n'y a pas de rupture et donc, comme l'ont dit hier Jordan Bardella et Marine Le Pen dans des expressions très claires,
01:54on va se réunir aujourd'hui, ils vont décider, mais il n'y a pas de rupture.
01:58Donc nous, on a pour habitude de faire ce qu'on dit, évidemment.
02:01Donc il n'y aurait pas d'autres options pour vous que de censurer dès demain ?
02:05Je reprécise les choses. Vous aviez initialement évoqué l'idée d'attendre au moins le discours de politique générale
02:11pour prendre votre décision.
02:12Sauf que là, la copie telle qu'elle a été rendue, avec ce gouvernement et ses nominations,
02:19pour vous, vous savez déjà que le contenu n'est pas ?
02:21C'est la décision que doivent prendre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
02:24Il y a une réunion à 11h, de savoir sans doute si on attend quand même le discours de politique générale.
02:28On n'essaie de ne pas prendre des décisions sur l'émotion.
02:30C'est vrai qu'hier aussi, moi, vous savez, je pense aux gens qui vont travailler ce matin,
02:34qui ont une vie compliquée et qui se disent qu'il y a des hommes et des femmes politiques
02:39qui envoient bouler un gouvernement auquel ils appartiennent,
02:42cinq minutes après une annonce, sous le coup de l'émotion.
02:45Donc nous, on va réfléchir, on va pondérer les choses,
02:48on va essayer de voir s'il faut attendre ce discours de politique générale
02:51ou si la situation est trop grave. On verra.
02:53Mais c'est vrai que la nomination de Bruno Le Maire,
02:57ministre de l'Économie de M. Macron, pendant sept ans,
02:59qui a ruiné les comptes publics, qui a menti sur la réindustrialisation du pays,
03:04qui a menti sur la baisse du chômage, qui a menti sur la baisse des impôts
03:10et qui a menti sur sa morale personnelle.
03:12Parce qu'il y a encore deux semaines, dans une interview à l'usine Nouvelle,
03:15il jurait au grand Dieu que, oh jamais, il ne reviendrait à ce gouvernement.
03:19Donc si vous voulez, à la fois l'incompétence intellectuelle de M. Le Maire,
03:24mais aussi son incompétence, il ne faut pas dire son indigence morale,
03:29il y a un moment où on est au bout du tunnel, au bout du système.
03:31Bruno Le Maire ?
03:32On ne sait même plus quoi dire, qui ne confine pas à l'insulte,
03:36je suis bien désolé de le dire.
03:37Bruno Le Maire, pour vous, c'était la ligne rouge ?
03:39C'est pire qu'une ligne rouge, en fait, c'est un chiffon rouge,
03:43c'est comme agiter devant des taureaux ce chiffon rouge
03:47en espérant qu'on ne va pas vous foncer dessus, si vous voulez, comment ?
03:50On nous a dit depuis un an, les comptes publics, et c'est vrai, sont dans le rouge.
03:54On a eu M. Bérou, avec M. Macron, il ne faut pas l'oublier,
03:57qui est venu devant les Français en disant
03:58« Ah bah dis donc, il y a beaucoup d'argent qui ont été dépensé,
04:01maintenant il va falloir payer la facture,
04:02et ce n'est pas la faute des gouvernements, c'est la faute des Français. »
04:04C'était évidemment la faute des gouvernements,
04:06et M. Le Maire, ce n'est pas le seul à avoir fait n'importe quoi avec les comptes publics,
04:10ce serait trop facile, mais il incarne à lui seul, il faut bien le dire,
04:13plus de 1000 milliards d'euros de dettes,
04:15et surtout un mensonge permanent.
04:16Il faut quand même se souvenir, il faut être précis dans ce qu'on dit,
04:19les accusations qu'on porte les uns contre les autres,
04:20parce qu'on parle au nom des Françaises et des Français qui nous ont fait confiance.
04:24M. Le Maire avait dit « Je vais rendre un budget à l'euro près. »
04:28Et il manquait 60 milliards d'euros, Mme de Palerme.
04:3060 milliards d'euros !
04:33Non, pas d'explication pour vous.
04:35Je vous remercie de faire cette remarque,
04:37parce que justement, vous êtes ministre,
04:39vous êtes à la tête d'une administration,
04:41c'est ça être ministre,
04:41ce n'est pas avoir une voiture avec le chauffeur
04:42et faire le tour des plateaux et de raconter n'importe quoi.
04:45Être ministre, c'est que vous êtes à la tête d'une administration,
04:46avec des hauts fonctionnaires, des fonctionnaires qui sont à 99% dévoués à l'intérêt public,
04:52qui vous obéissent.
04:53Et dire, au bout de 7 ans,
04:55ce n'est pas moi, c'est les fonctionnaires,
04:57c'est absolument lamentable.
04:58Parce que soit c'est vrai,
04:59et dans ce cas-là, il fallait virer un certain nombre de hauts fonctionnaires
05:02qui sont responsables de ça,
05:04soit c'est faux,
05:04et c'est la faute du ministre,
05:05et il doit dégager.
05:06Jean-Philippe Tanguy, je vous interrogerai dans un instant
05:08sur les promesses de Sébastien Lecornu,
05:11de lutter contre la fraude fiscale et sociale,
05:14de taxer les plus hauts patrimoines.
05:16Mais si je tire le fil de ce que vous avez dit,
05:19selon toute vraisemblance,
05:20et pour vous c'est une évidence,
05:21demain, vous ferez sauter le gouvernement.
05:23Quand je dis vous,
05:24c'est l'association autour d'une motion de censure.
05:27Si la motion de censure vient de LFI,
05:28ça ne change rien pour vous,
05:29vous la votez quand même.
05:30Non mais nous, on s'en fait.
05:30Ce qui compte, c'est d'avancer pour le pays
05:32après tout ce temps perdu.
05:33Donc en gros,
05:34ça veut dire que LFI,
05:36plus probablement l'EPS,
05:37plus vous,
05:38ainsi que les écologistes.
05:40Et peut-être même les LR,
05:41parce qu'on en est là.
05:42Et peut-être même les LR.
05:43On est même à se demander
05:43si Gabriel Attal ne va pas censurer
05:45son propre gouvernement.
05:46Ça vous a étonné la réaction
05:47de Gabriel Attal hier
05:48qui parle d'un spectacle affligeant ?
05:49Tout ça est pitoyable.
05:51Marine Le Pen...
05:52Enfin, vous faites le même constat
05:52que lui en même temps.
05:53Oui, mais moi,
05:53je ne suis pas sur le radeau de la Méduse.
05:55Tous ces gens sont sur le radeau de la Méduse.
05:57Alors ceci dit,
05:58il se trouve que chez vous,
05:59il y a un an,
05:59j'avais dit
06:00c'est dangereux le radeau de la Méduse
06:02parce qu'à la fin,
06:02les gens se dévorent entre eux.
06:03C'est comme ça que ça a fini
06:04le radeau de la Méduse.
06:04Il y avait du cannibalisme.
06:05Donc voilà, ça y est,
06:06ils ont commencé à se dévorent entre eux.
06:08Les zombies se dévorent
06:09ce qu'il leur reste de cerveau
06:10pour passer une journée de plus.
06:12Donc on se demande
06:13qui va se bouffer le dernier.
06:14Et le problème,
06:15c'est que pendant qu'ils se bouffent
06:16sur le radeau de la Méduse,
06:17les industries ferment.
06:19Moi, dans ma circonscription,
06:20comme partout en France,
06:21il y a beaucoup d'industries
06:22en difficulté.
06:23On va avoir un déficit commercial
06:25sur l'agriculture française.
06:27Ça faisait,
06:27depuis la Seconde Guerre mondiale,
06:29l'agriculture était
06:30un joyau de la France
06:31qui nous apportait des devises.
06:33On venait en déficit même sur ça.
06:34C'est ce que nous exportions
06:34davantage que nous n'importions.
06:35Exactement,
06:36merci de préciser.
06:37Donc voilà,
06:38pendant que tout ce petit monde
06:39se regarde le nombril
06:40et se dévore entre eux,
06:41la situation pour les gens
06:42est catastrophique.
06:43Il faut donc dissoudre
06:44le plus vite possible ?
06:45Il faut dissoudre
06:46le plus vite possible,
06:47absolument,
06:47et avoir un vrai débat.
06:49Et les Français choisiront.
06:50Et cette fois,
06:50choisiront librement
06:51et pas avec des caricatures
06:53et en faisant croire
06:54que le sort du pays,
06:55c'est de savoir
06:55si la Rassemblea nationale
06:56est gentille ou méchante.
06:56Ça veut dire que vous ne croyez plus
06:57au barrage républicain
06:58qui vous a empêché
07:00d'accéder clairement
07:01à la majorité
07:03à l'Assemblée nationale ?
07:04Je pense que les Français
07:05n'étaient pas spécialement croyants.
07:06Pourquoi cette fois-ci ?
07:07Pourquoi les Français
07:08ne le feraient pas cette fois-ci ?
07:09Parce que là,
07:10je crois qu'ils ont vu
07:10que ces gens
07:11qui leur juraient une fois plus
07:12une dernière fois,
07:13en toute sincérité,
07:14moi je pense qu'il y a
07:15des Françaises et des Français
07:15qui en toute sincérité
07:16se sont dit,
07:17bon,
07:18vu le message électoral
07:19qu'on a envoyé,
07:19cette fois,
07:20ils ont compris,
07:20ils vont changer de comportement.
07:21En tout cas,
07:22une partie va changer de comportement
07:23et c'est pire.
07:24Et c'est pire
07:24parce qu'en fait,
07:25ce barrage républicain,
07:26il n'était pas sincère.
07:27Vous assumez donc potentiellement
07:29de faire tomber
07:29le gouvernement demain ?
07:30Non mais ça,
07:30on s'en fiche.
07:31Ce gouvernement n'existe pas.
07:33Donc on fait tomber le néant.
07:34Non, la question,
07:35c'est maintenant,
07:35on part aux élections
07:36en disant aux Français
07:38la France est dans
07:39une situation budgétaire
07:40catastrophique,
07:41une situation économique
07:42catastrophique.
07:43L'école s'est effondrée,
07:44le système de santé
07:45s'est effondré,
07:46les frontières ne sont pas contrôlées.
07:47Maintenant,
07:48il faut faire des grands choix.
07:49Parce que de toute façon,
07:49là où ça,
07:50vous ne pouvez pas tenir,
07:50Madame de Malherbe,
07:51ces espèces d'accords d'appareils,
07:53de bouts de ficelle,
07:54la France est au bout du chemin.
07:56Et donc,
07:57il y a des grandes décisions à prendre.
07:58Je vais vous donner,
07:58je ne vais pas balancer de noms,
08:00mais il y a des gens
08:00avec une certaine autorité morale
08:01et compétence à l'Assemblée,
08:02assez âgée,
08:03qui avaient renoncé à un poste
08:05âgé au sens expérimenté,
08:06qui avaient renoncé
08:07à un poste de ministre des Finances.
08:08Pourquoi tu as renoncé
08:10à un poste de ministre des Finances
08:11parce qu'il avait les compétences,
08:12pour le coup,
08:12pour faire quelque chose.
08:13Il me dit,
08:13mais même si j'étais nommé ministre,
08:15de toute façon,
08:16on n'a pas le poids politique,
08:17les députés,
08:18pour faire les réformes.
08:19Donc,
08:19en fait,
08:19c'était un membre
08:20de Jean Macroni ?
08:22Non,
08:22non,
08:22c'était une personne indépendante.
08:24C'est-à-dire que des personnes qualifiées...
08:26Vous lancez un petit...
08:27Non,
08:27mais parce que je ne veux pas le manipuler.
08:29Un petit jeu de cache-cache ?
08:29Non,
08:29mais je ne veux pas manipuler cette personne.
08:31Mais ce qui était intéressant,
08:32c'est que c'est une personne
08:33qui est reconnue comme compétente
08:34par 90% de l'échiquier politique,
08:36y compris ses adversaires,
08:37et qui ne va pas...
08:38Lui,
08:38il refuse une place,
08:39justement,
08:40alors qu'il est compétent.
08:41Ils sont nombreux,
08:41visiblement,
08:42à avoir refusé des places.
08:43Oui,
08:43j'aimerais bien savoir
08:44le niveau de ce qu'ils ont refusé
08:45des places.
08:46À mon avis,
08:46vu le niveau de ceux
08:47qui l'ont accepté,
08:48on ne doit pas être loin
08:48de l'école maternelle.
08:50Donc,
08:50il renonce parce qu'il dit
08:51je n'ai pas la force politique
08:52de faire les réformes.
08:53Et d'ailleurs,
08:54c'était le message
08:54de Jordan Bardella à la dernière.
08:55Quand il disait,
08:56nous avons besoin
08:58d'une majorité absolue
08:59pour gouverner.
09:00Ce n'était pas un caprice.
09:03Peut-être,
09:03on aurait dû collectivement
09:04mieux l'expliquer.
09:05C'est que pour faire
09:05les réformes
09:06dont la France a besoin,
09:07il faut une rupture telle
09:09dans les pratiques politiques
09:10et une force politique,
09:11une légitimité démocratique telle
09:12qu'il faut une majorité absolue
09:15pour faire ces réformes.
09:16Sinon,
09:16la France va sombrer.
09:17Moi,
09:17je suis désolé,
09:18c'est quand même le message
09:18que je veux faire passer.
09:19Pourquoi on s'engage en politique ?
09:21C'est parce qu'on voit notre pays,
09:22on voit notre peuple,
09:23on le voit souffrir
09:23et on ne l'accepte pas.
09:25Donc oui,
09:26je sais que les personnels politiques
09:27ont déçu.
09:27Oui,
09:28il y a beaucoup d'hommes politiques
09:28et de femmes politiques
09:29qui ont déçu.
09:30Mais il y a encore
09:30de la sincérité dans ce monde
09:31et on veut redresser le pays.
09:32Jean-Philippe Tanguy,
09:33vous avez vu l'histoire
09:33des notes de frais ?
09:34Oui,
09:35mais c'est épouvantable.
09:36Les notes de frais
09:36des élus de la mairie de Paris,
09:38d'ailleurs de droite
09:39comme de gauche,
09:40qui ont acheté parfois
09:42jusqu'à 30 000 euros
09:43de vêtements.
09:44Non,
09:44mais c'est consternant.
09:45Et quand vous avez
09:46Madame Aude Serre,
09:47maire du 8ème arrondissement,
09:49qui a dépensé,
09:49je crois,
09:5035 000 euros
09:50en robe mage
09:52et sac,
09:53je ne sais pas quoi,
09:54Burberry,
09:54qui débarque sur votre antenne
09:56et qui est tellement perché
09:57dans un monde parallèle
09:58qu'elle remercie les Français
09:59d'avoir payé ses fringues
10:00et qui a dit
10:01je suis content d'être bien sapé.
10:02Dans le texte,
10:03je cite le texte.
10:04C'est juste.
10:04Je cite de bien sapé.
10:06Je confirme.
10:06Mais moi j'ai cru
10:07que c'était une caricature.
10:08Je vous jure,
10:08au début,
10:09j'ai cru que c'était
10:09l'intelligence artificielle.
10:11Maintenant c'est tellement bien fait
10:12que le commandant...
10:13Vous n'arriviez pas à le croire.
10:15Je vous jure,
10:15il y avait des petits dessins,
10:18je me suis dit
10:19ce n'est pas possible.
10:19Mais non,
10:20mais en fait,
10:20je n'ai même pas cru.
10:21Elle avait l'air très contente
10:22d'elle-même
10:22et je suis sûr
10:23que la mot de serre
10:23est rentrée
10:24dans son huitième arrondissement
10:25très cossu
10:26en se disant
10:26qu'elle avait fait un bon coup.
10:28Donc tout ça
10:29est vraiment consternant
10:30et une fois plus,
10:32vous savez,
10:32nous on est au service
10:33des gens.
10:34C'est le travail
10:35des Français
10:35qui nous payent
10:36et quand on voit ça,
10:37c'est vrai que...
10:38Y a-t-il,
10:38Jean-Philippe Tanguy,
10:40y a-t-il une option
10:42qui ferait
10:43que vous ne censuriez pas ?
10:45Y a-t-il encore
10:45la possibilité
10:46que vous ne censuriez pas ?
10:47À l'instant,
10:47Olivier Faure
10:48menace de censurer
10:51mais n'annonce pas
10:52qu'il censurera.
10:53Il dit
10:53je promets la censure
10:54si on ne rouvre pas
10:56un débat
10:57sur les retraites.
11:01Écoutez,
11:01je découvre ses propos.
11:02Écoutez,
11:02nous on va réfléchir
11:03une fois plus.
11:04Vous,
11:04est-ce que vous pourriez dire
11:05nous on ne censure pas
11:06si on ne rouvre pas ?
11:08Mais nous,
11:09c'est très clair,
11:09mais nous on n'a jamais varié.
11:10Nous c'est toujours
11:11les mêmes tabous.
11:12Lutter contre l'immigration
11:13incontrôlée,
11:14baisser les impôts
11:16des classes moyennes
11:17et populaires,
11:18baisser cette dépense publique,
11:19mettre les comptes publics
11:20en ordre
11:20parce que sinon
11:20on ne peut faire
11:21aucune politique,
11:22lutter contre la fraude.
11:23Nos lignes,
11:24elles sont connues,
11:25elles n'ont jamais varié.
11:26Ce sont les promesses
11:27qu'on a faites
11:27aux Françaises et aux Français.
11:28Nous,
11:29on n'a pas besoin
11:30de négocier des postes.
11:31Moi je pense que M. Faure
11:32panique devant sa propre dalle
11:35si je puis dire
11:35puisqu'il se rend compte
11:36qu'on va à la censure
11:37sans doute,
11:38qu'on va donc
11:39à la dissolution
11:40de manière encore plus certaine
11:41et que les socialistes
11:43ou les sociotraitres
11:44vont dégager aussi
11:45de ce petit monde
11:46parce que tous ces gens
11:47qui se sont alliés
11:48avec les insoumis
11:49et qui après
11:50leur ont craché dessus
11:51alors qu'ils sont capables
11:52de se réallier avec eux,
11:54on n'en peut plus.
11:55Moi franchement,
11:55je ne peux plus
11:56ce personnel politique.
11:57Moi ça fait 10 ans
11:58que je suis dans le monde politique,
11:59je suis encore un peu frais,
12:00j'espère,
12:00et quand je vois
12:01tous ces comportements
12:02pitoyables, pathétiques,
12:04qu'ils acceptent.
12:05Moi je vais vous dire
12:05ce que je pense.
12:06Il faut que ces gens
12:07acceptent la défaite.
12:08Voilà.
12:09Ils se sont trompés
12:10intellectuellement,
12:11ils ont tous gouvernés,
12:12ils nous ont tous mis
12:13dans la merde.
12:14Maintenant,
12:14il faut que ces gens
12:15acceptent la défaite,
12:17acceptent le fait
12:17qu'ils ont échoué
12:18et qu'ils rendent le pouvoir
12:19à ceux qui veulent faire
12:20d'autres politiques
12:21et qu'ils arrêtent
12:22de magouiller,
12:23de triturer les élections
12:24pour toujours garder
12:25leur poste
12:26au-delà du réel
12:27parce que là,
12:28on est tellement au-delà
12:29du réel
12:29que, vous savez,
12:30c'est comme ces personnages
12:31de cartoon
12:31qui courent au-dessus d'un trou
12:33et qui ne se rendent pas compte
12:34qu'ils sont en train de tomber.
12:35Ils sont en dehors du réel.
12:37Alors je dois vous avouer
12:38qu'en préparant cette interview,
12:39je m'étais dit
12:39on va parler aussi
12:40de la lutte
12:40contre la fraude sociale
12:41et fiscale
12:42qui a été promise
12:42par Sébastien Lecornu,
12:44de la question de la taxe
12:45au patrimoine
12:46et sur les holdings,
12:47même si, évidemment,
12:48en vous posant ces questions-là,
12:49je sais bien que nous posons
12:51des questions
12:52sur un gouvernement
12:53dont on n'est toujours pas sûr
12:55de toute façon
12:55qu'il voit le jour.
12:56Donc on ne sait pas
12:57s'il y aura un Conseil des ministres
12:58à 16h,
12:59on ne sait pas
13:00s'il y aura demain
13:01un discours de politique générale
13:02et on est à peu près certain
13:05que demain soir,
13:05il n'y aura plus de gouvernement
13:06si rien ne bouge
13:07parce que vous aurez
13:08les uns et les autres
13:09censuré
13:10avant même
13:11qu'ils ne puissent gouverner.
13:12Mais tout de même,
13:13parmi les points
13:16qui avaient été évoqués
13:17par Sébastien Lecornu,
13:18il y avait l'idée
13:19de lutter
13:20contre la fraude
13:20fiscale et sociale
13:21et d'en faire une priorité.
13:23Est-ce que ça,
13:24c'est un point
13:25qui vous convainc ?
13:25Oui, on le demande
13:26depuis des années
13:27mais M. Attal
13:28l'avait déjà fait.
13:28Moi, je me souviens
13:29d'un rendez-vous,
13:30ça s'appelait
13:30les dialogues de Bercy.
13:31Alors on a oublié,
13:32on était tous réunis
13:33et M. Attal dit
13:34ça va être la priorité
13:35des priorités,
13:36on va avoir des résultats.
13:37Tant mieux, je veux dire.
13:38Vous imaginez
13:38si un homme ou une femme politique
13:39venaient vous voir
13:40en disant
13:40moi je suis contre lutter
13:41la fraude sociale
13:43et la fraude fiscale.
13:44Enfin, tout ça n'est pas sérieux.
13:45D'ailleurs, ça prouve
13:46qu'il ne le faisait pas avant.
13:46Mais quels sont les moyens
13:47qui vous restent nécessaires ?
13:49Mais en fait,
13:50il faut juste travailler en fait.
13:51Vous savez, il y a un moment
13:51où tout n'est pas de glamour,
13:53tout n'est pas des annonces magiques,
13:54il n'y a pas de baguette magique.
13:55Un ministre,
13:56il y a un moment,
13:56il faut que ce soit
13:57avec son administration,
13:57on en parlait tout à l'heure.
14:06Il explique
14:06comment il a fait
14:07pour être le seul ministre.
14:09Ça se remarque quand même.
14:10En 30 ans,
14:10qui a fait baisser le déficit public.
14:12Il dit
14:12j'étais à mon poste,
14:14j'ai fait des arbitrages
14:15et chaque jour,
14:15je refusais des dépenses
14:16qui n'avaient pas à être faites.
14:17Si le ministre n'est pas à son poste
14:18et pas à son travail,
14:19ben oui, ce n'est pas glamour
14:20d'être à son poste
14:21et à son travail.
14:22Mais vous, vous feriez comment ?
14:22C'est le quotidien des gens.
14:23Vous avez des idées ?
14:24Vous avez réfléchi ?
14:25Moi, j'ai plein d'idées.
14:25Moi, j'ai plein d'idées
14:26pour baisser la dépense publique,
14:27notamment pour la lutte
14:29contre la corruption.
14:30Moi, je suis un des seuls
14:31qui essaie d'en parler.
14:31Moi, je peux vous dire
14:32que tous les marchés publics,
14:33c'est entre 10 et 30 %
14:34de surfacturation.
14:35On en a un peu parlé,
14:36vous savez,
14:36sur ces catalogues
14:37que les mairies sont obligées
14:39ou les lycées
14:40ou les établissements publics
14:41sont obligés d'utiliser
14:42pour commander.
14:43On découvre des chaises
14:44qui valent 5 fois le prix,
14:46des ampoules
14:46qui valent 20 fois le prix.
14:47Moi, ça s'appelle
14:48de la corruption,
14:48en gros français.
14:49Il faut arrêter
14:50de tourner autour du pot,
14:50de dire
14:51oui, on ne sait pas trop
14:51ce qui s'est passé.
14:52C'est de la corruption.
14:54C'est l'abus de position dominante,
14:55c'est de l'entente,
14:56c'est de la corruption.
14:57Moi, j'ai auditionné déjà
14:58dans une commission d'enquête
14:59le directeur français
15:00de la lutte contre la corruption.
15:02C'est quelqu'un d'intéressant quand même.
15:04Il expliquait
15:04que la corruption
15:05était enroulie
15:06dans l'ensemble
15:06des collectivités territoriales.
15:08J'ai fait un signalement
15:08au ministre et au procureur.
15:09Je n'ai pas eu de nouvelles.
15:10Voilà.
15:11Un truc tout bête.
15:12Ça demande un peu de courage
15:13de le dire.
15:13Oui, la France aujourd'hui
15:14est dans un état de corruption,
15:15corruption morale,
15:16mais aussi corruption économique.
15:17Il y a des gros intérêts.
15:19Ils s'en sont mis
15:19plein les poches
15:19sur le dos des Français.
15:20Les autoroutes,
15:21les parkings des hôpitaux,
15:23le démantèlement d'EDF.
15:25La liste est longue.
15:26Donc, vous savez,
15:26l'argent, il y en a.
15:27Il a été très mal utilisé.
15:28Et c'est là
15:29que vous iriez le chercher.
15:30Jean-Philippe Tanguy,
15:31la question de la taxe
15:32sur les hauts patrimoines
15:33ou les holdings,
15:35est-ce que ça,
15:35vous y êtes favorable ?
15:36Tout ça, c'était aussi
15:37dans le programme.
15:38C'est-à-dire qu'en fait,
15:39les holdings,
15:39pas le problème des holdings,
15:40c'est qu'il y en a
15:40qui utilisent les holdings
15:41pour frauder.
15:42Donc, en fait,
15:42on est sur le problème d'avant.
15:44Il y a de la fraude.
15:45Alors, on appelle ça,
15:45quand on est poli,
15:46de la sur-optimisation fiscale.
15:48Bon, la sur-optimisation fiscale,
15:50c'est quand on joue
15:50avec la limite de la loi.
15:51Donc, il faut arrêter
15:52de laisser des gens
15:53qui ont beaucoup d'argent
15:54jouer avec la limite de la loi.
15:55Il faut appliquer la loi.
15:56Pourquoi ?
15:56Parce que quand les personnes
15:58qui doivent payer
15:58leur juste part d'impôt
15:59ne paient pas,
16:00qui est-ce qui paye ?
16:01C'est les classes moyennes
16:02et les classes populaires
16:02qui, elles, jouent le jeu,
16:04sont des honnêtes gens.
16:05Donc, le problème
16:06de la lutte contre
16:06la fraude fiscale,
16:07ce n'est pas juste
16:07remplir les caisses de l'État,
16:09c'est, et c'est la logique
16:09de Marine Le Pen
16:10et Jordan Bardella,
16:11on récupère l'argent
16:12là où il doit aller
16:13pour baisser l'impôt
16:14des gens qui paient trop
16:15aujourd'hui.
16:15Parce que les gens
16:16paient trop d'impôts,
16:17ne consomment plus.
16:18Vous recevez souvent,
16:19et je trouve que c'est
16:20comme une marque de fabrique
16:20de votre antenne,
16:22la grande distribution,
16:23les pratiques de la consommation.
16:25On est en crise
16:25de déconsommation.
16:26C'est-à-dire que les gens
16:27ne consomment même pas
16:28ce dont ils ont besoin,
16:29notamment pour s'alimenter
16:30les produits d'hygiène,
16:31de consommation.
16:32Ils préfèrent épargner
16:33tellement ils ont la peur
16:34du lendemain.
16:35Vous avez l'air un peu saoulé.
16:37Non, je ne suis pas saoulé,
16:37c'est qu'en fait,
16:38j'ai du mal à ne pas être en colère.
16:40C'est-à-dire que moi,
16:40j'essaie de penser
16:41une fois de plus
16:42aux Françaises et aux Français,
16:43je ne suis pas un saint,
16:44mais je me dis,
16:45d'un côté,
16:45ils n'ont pas envie
16:46d'avoir un hystérique
16:47qui hurle et qui ne propose rien,
16:48et d'un côté,
16:49j'ai du mal à me retenir
16:50de ne pas être vraiment
16:52révolté par ce que je vois.
16:53Parce que je comprends
16:55que les gens soient en colère
16:55contre le personnel politique.
16:56D'ailleurs, si on s'est engagé,
16:57c'est que moi-même,
16:58on n'était pas trop content
16:59du personnel politique
16:59qu'on avait.
17:00Mais il y a encore
17:01de la sincérité.
17:01Moi, je pense aussi,
17:02si vous voulez,
17:02aux 30 000 maires ruraux
17:04qui se lèvent le matin.
17:06Quand il y a une inondation,
17:07ils sont là.
17:08Quand il y a une tempête,
17:09ils sont là.
17:09Ils ne gagnent rien.
17:10Ils sont salis par Madame de Haute-Serk,
17:12qui est maire du 8e arrondissement,
17:13avec ses 35 000 euros de coupeuse.
17:15Si demain,
17:17Sébastien Lecornu saute
17:19et que son gouvernement saute,
17:21est-ce que le RN peut être appelé
17:23pour vous à Matignon ?
17:24Mais ce n'est pas possible
17:25parce qu'il faut
17:27une légitimité démocratique.
17:28Donc, on ne va pas faire
17:29comme les autres.
17:30Et surtout,
17:31une fois que vous êtes nommé,
17:32il faut faire des choses.
17:33Parce que ce qu'on n'a pas l'air
17:34d'avoir compris,
17:35tout ce petit monde-là
17:35qui se succède
17:36dans des ministères
17:37qui n'ont plus de sens,
17:38on ne sait même plus
17:38qui est au gouvernement.
17:39Franchement,
17:40moi, j'ai fait un meeting
17:41dans le Loiret
17:41chez Thomas Ménager,
17:43il y avait 450 personnes.
17:46Personne ne sait
17:46qui sont les ministres.
17:47Vous ne pouvez même plus faire
17:47à la limite de dénonciation,
17:49vous ne pouvez même plus
17:49dénoncer une politique publique.
17:50De toute façon,
17:51la salle ne va pas réagir
17:52puisque plus personne ne sait
17:53qui est à quel ministère.
17:55On n'est pas là
17:55pour prendre des places,
17:56on est là pour faire quelque chose.
17:58Mais j'ai l'impression
17:58d'enfoncer une porte ouverte,
18:00Madame de Malherbe,
18:00en vous le disant.
18:01Mais on est là
18:01pour mener une politique,
18:03pour agir,
18:04pour proposer des choses aux gens.
18:04Donc, dissolution ?
18:06Et un vrai débat.
18:07Vous savez,
18:08moi, j'ai plein de défauts,
18:09mille défauts,
18:09mais je crois que
18:10je n'ai pas peur du débat.
18:11Moi, je suis toujours présent
18:12pour débattre
18:12avec mes adversaires politiques.
18:14Sur le fond,
18:15c'est pour ça que j'aime bien
18:16venir à votre émission,
18:16on a le temps de parler du fond.
18:17Il faut parler des vrais problèmes.
18:20Une fois plus,
18:20moi, je suis élu Picard.
18:21L'industrie, l'agriculture,
18:22le système de santé,
18:23là, les gens,
18:24ils nous attendent.
18:24Là, les gens,
18:25ils veulent des réponses.
18:26Vous savez que c'est
18:26quand les gens,
18:26ils vous appellent
18:27dans vos émissions interactives.
18:29C'est ça dont les gens parlent.
18:30sur RMC,
18:31le 32-16, évidemment,
18:32et le témoignage des Français.
18:33Merci, Jean-Philippe Tanguy,
18:34député RN de la Somme,
18:36d'avoir répondu à mes questions.
18:37Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
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