00:00Plus de 25 000 sanctions et restrictions occidentales plus tard, l'économie russe tient toujours debout.
00:16N'en déblaise aucun centre, l'économie russe ne s'est pas effondrée, ou pas encore du moins.
00:23La croissance fait de la résistance et le FMI prévoit pour le pays encore près de 1% en 2026.
00:29L'économie russe plie, mais ne ronde pas, car la demande publique s'est substituée à un investissement privé.
00:37Commande militaire, l'appareil productif est fortement sollicité par les forts de guerre,
00:42transfert socio-massif et soutien au pouvoir d'achat et subvention aux entreprises alimentent l'activité.
00:49Si Moscou parvient à tenir financièrement, c'est que la rente issue des matières premières ne s'est pas tarie,
00:55même si des flux se sont réduits compte tenu des conditions tarifaires pratiquées.
01:00Le blocus et les embargos occidentaux ont sans doute pesé sur le niveau de production du pétrole, par exemple.
01:06Mais ce dernier ne s'est pas effondré.
01:08Acheminé via des centaines de tanqueurs vieillissants qui constituent le Shadow Fleet,
01:13le brut russe trouve des débouchés en Chine, en Turquie, en Inde.
01:18Les sanctions des occidentaux dans ce domaine sont parfaitement contournées,
01:24tout comme leur volonté de couper les sources d'approvisionnement du marché russe.
01:28Les importations parallèles via des pays tiers ont reconstitué l'accès à des biens intermédiaires et d'équipements.
01:35C'est moins efficace et plus cher, mais suffisant pour maintenir la production civile et militaire au-dessus du seuil de rupture.
01:43Coupé de l'Occident, la Russie est parvenue à trouver auprès des autres pays émergents
01:49un ensemble commercial qui lui offre une alternative en matière d'approvisionnement.
01:55L'explosion des exportations chinoises vers la Fédération,
01:58passée de moins de 70 à 110 milliards de dollars annuels depuis le début du conflit, en témoigne.
02:04Même si elle se tasse depuis peu.
02:07Mobilisation, départ et réorientation sectorielle rarifient la main-d'œuvre,
02:11mais l'emploi reste élevé et progresse grâce aux commandes de l'État
02:15qui font tourner l'outil industriel à haute cadence.
02:19La surchauffe n'est d'ailleurs pas loin, avec un taux de chômage à peine supérieur à 2%.
02:23Les salaires nominaux augmentent, alimentent le pouvoir d'achat, la consommation,
02:29mais aussi l'inflation, qui reste néanmoins nettement inférieure à la progression des salaires.
02:34Le contrôle des capitaux et la crédibilité de la Banque centrale
02:38contribuent également à surmonter les difficultés actuelles.
02:41Le rouble est encadré par des restrictions de sortie et par une banque de Russie
02:45qui privilégie la désinflation.
02:48Le taux directeur a été porté à plus de 20% avant de redescendre à 17%.
02:53Le message est clair pour les ménages et les entreprises.
02:56La stabilité des prix prime, ce qui évite la panique financière.
03:00Enfin, l'État arbitre et ponctionne pour prolonger la séquence.
03:06Taux redevices fiscaux et affectation prioritaire au poste des fonds sécurité.
03:10Le Trésor sécurise ses ressources pour obtenir la ligne.
03:14Cela n'est pas neutre pour la croissance future, mais cela finance le présent.
03:18La Russie ne s'effondre pas parce qu'elle a basculé dans une économie d'allocation.
03:24État acheteur en dernier ressort, revenu d'hydrocarbures redirigé,
03:29finances contrôlées, importations contournées.
03:32La contrepartie est connue.
03:35Taxation molle, investissement privé déprimé, productivité dégradée, déficit sous pression.
03:41La Russie est engagée dans un conflit majeur avec l'Occident.
03:45Contre toute attente, ces digues ont tenu bon, mais des fissures apparaissent.
03:50Les sanctions occidentales semblent devoir agir comme un poison à diffusion lente.
03:55La guerre économique est aussi une guerre d'usure.
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