- il y a 2 jours
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Tout investissement comporte des risques. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Faites vos propres recherches avant d’investir. Il est important de demander conseil à un conseiller financier avant toute décision d’investissement.
Les sanctions économiques contre la Russie ont épuisé les finances de Moscou et réduit l'accès aux équipements critiques nécessaires pour la guerre. Avec Cyprien Ronze-Spilliaert, économiste associé au Centre de recherche de la Gendarmerie Nationale, nous analysons la situation et les perspectives de l'économie russe.
Pour signer la pétition Skyshield : https://www.change.org/p/skyshield-sauvons-les-civils-des-drones-russes-prot%C3%A9geons-le-ciel-de-l-ukraine
Pour soutenir les actions en Ukraine deux collectes :
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00:00 : Poutine sacrifie l'économie civile pour sa guerre
05:34 : Les 3 objectif des sanctions contre la Russie
09:57 : Les sanctions sur le pétrole et le gaz
16:09 : L'économie tusse peut-elle encore tenir ?
19:42 : Effet des frappes ukrainiennes
21:28 : Comment accroître la pression sur la Russie
23:26 : Perspectives pour la Russie après la guerre
- Discord : https://discord.gg/G9nfDc8PbV
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- le blog de sécurité aérienne : http://www.peuravion.fr/blog/
- le livre "Je n'ai plus peur de l'avion" que j'ai écrit avec le Dr Negovanska : https://amzn.to/324A39V
Mes chaînes en langue étrangère :
- English : www.youtube.com/@AeroDefenseX
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- Polski : https://www.youtube.com/@XavierTytelman_pl
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NewsTranscription
00:00Bonjour et bienvenue aujourd'hui dans cette vidéo dans laquelle on va parler de la Russie, de l'économie russe
00:04et surtout des sanctions qui ont été appliquées contre ce pays et de leurs effets aujourd'hui.
00:09Pour ça, on a mon ami Cyprien. Bonjour !
00:11Salut Xavier, ça va ?
00:12Qu'est-ce que tu fais Cyprien pour l'économie russe ?
00:14Moi je suis économiste, je travaille un peu sur l'économie russe et je suis chercheur associé au centre de
00:18recherche de la gendarmerie nationale.
00:20Excellent ! Alors d'abord, quand on a lancé, on a à combien ? 20 paquets de sanctions ?
00:24C'est ça exactement, 20 paquets de sanctions européens.
00:27C'est quoi notre objectif ? Qu'est-ce qu'on a cherché à faire ? C'est faire s
00:30'effondrer économiquement la Russie ?
00:32Lui nuire dans sa capacité à conduire sa guerre ?
00:34En fait, c'est vrai qu'il y a certains hommes politiques qui ont communiqué au début sur le fait
00:38que les sanctions allaient provoquer un effondrement de l'économie russe.
00:42Mais à mon sens, c'était erroné. C'est pas l'objectif principal des sanctions.
00:45Et puis d'ailleurs, force est de constater que l'économie russe, elle ne s'est pas effondrée.
00:49Mais si elle ne s'est pas effondrée, c'est parce que sa production est tirée par la base industrielle
00:53de défense.
00:55Ça, on le voit clairement, exactement, la BITD.
00:57On le voit clairement dans les chiffres sectoriels.
00:59C'est, mois après mois, les secteurs qui sont associés à la base industrielle de défense qui tirent l'économie
01:07vers le haut.
01:08Mais malgré tout, il faut quand même souligner que l'économie russe, là, elle commence à s'enrhumer un peu.
01:12Là, en 2025, la croissance, elle est à plus 1% seulement.
01:15C'est une chute par rapport à 2023 et 2024.
01:18Elle était à plus 4,1%.
01:20Ça, c'est l'effet de la guerre et des sanctions.
01:22Sachant, on va le rappeler, que la Russie ne peut pas se comparer à nous parce que c'est un
01:25pays en voie de développement qui doit être en rattrapage, qui doit faire 4% de moyenne comme le Kazakhstan,
01:30le Brésil et tous les autres.
01:30Exactement. Ça, c'est une remarque très intéressante parce qu'il y a beaucoup de gens de comptes pro-russes
01:35sur les réseaux qui disent, regardez, la Russie, elle est beaucoup moins endettée que nous.
01:39De quel droit on va critiquer la croissance russe alors que nous-mêmes, on galère à atteindre 1%.
01:45Mais oui, la moyenne des pays en développement, des pays émergents, c'est à peu près plus 4%.
01:49Et concernant la dette russe, si la Russie, elle avait ne serait-ce que la moitié de la dette française,
01:54ces taux, ils exploseraient parce que les investisseurs n'ont peu confiance dans la Russie à rembourser sa dette.
02:00Alors que nous, la France, on est à plus de, je crois, 115-120%, mais ce n'est pas très
02:04grave parce qu'au derrière, on a une base industrielle, une économie, une qualité de l'économie des produits qu
02:10'on exporte qui donne confiance aux investisseurs.
02:12Et puis, accessoirement, on emprunte à quelques pourcents et la Russie, c'est autour de 17 à 20 selon les...
02:17Voilà, c'est exactement ça. Et puis d'ailleurs, le taux d'intérêt, le taux directeur de la Banque de
02:21Russie, il est à 14,5%, alors que l'inflation, elle n'est que à 6%.
02:24Enfin, c'est beaucoup, 6%, mais le taux directeur est vraiment très élevé. Pourquoi ? Parce que la Russie, c
02:30'est une économie émergente.
02:32Et donc, pour ancrer la confiance des marchés, des consommateurs, des ménages à éviter une hyperinflation, elle est obligée d
02:39'avoir des taux très élevés.
02:40Et ça se répercute aussi sur les taux auxquels emprunte l'État russe.
02:44Mais avant de continuer, j'ai une petite chose à vous dire.
02:47Vous savez, quand j'analyse un conflit ou ici une situation économique, je ne m'intéresse pas simplement aux gros
02:53titres.
02:53On va réellement, dans la profondeur de l'information, rechercher à la source les images, les rapports et les chiffres
02:58qu'on va pouvoir recouper.
02:59Et quand je conclue des partenariats professionnels ou alors que j'investis avec mon propre argent, je suis exactement la
03:05même démarche.
03:06Je reviens à la source.
03:07Par exemple, aujourd'hui, il y a énormément d'inflation en Europe.
03:10C'est-à-dire que sur le papier, votre livret A, il va générer quelques euros chaque année.
03:14Sauf qu'en réalité, ces euros, ils sont moins forts que l'inflation et donc vous vous appauvrissez.
03:18L'un des outils que j'adore et que j'utilise réellement, c'est ce qu'on appelle le crowdlending.
03:22C'est-à-dire que vous prêtez à une véritable entreprise européenne contre un intérêt.
03:26Et le prêt est adossé aux actifs de la société et les intérêts tombent chaque mois.
03:30La plateforme que j'ai disséqué, c'est Maclear.
03:33Elle est suisse.
03:34Elle est membre de l'organisation d'autorégalation Polyreg, placée sous la surveillance de la Finma.
03:39Je n'ai pas regardé les rendements en premier.
03:40Je suis allé à l'audit, là où, pour un analyste, se loge la confiance.
03:43Les emprunteurs sont contrôlés selon les règles suisses avant qu'un projet n'arrive sur la plateforme.
03:48Et pour chacun, j'ai ouvert le scoring, la garantie et la structuration juridique de l'opération.
03:54Et je les ai lus comme une image satellite.
03:56Ici, les intérêts, ce n'est pas une promesse d'avenir.
03:58C'est de l'argent qui est déjà versé.
04:00Et à la fin mai 2026, plus de 9 millions d'euros ont déjà été versés aux investisseurs.
04:05Le rendement cible des projets, il est de 15% par an.
04:09Ça peut paraître beaucoup, mais c'est parce que vous investissez dans l'économie réelle.
04:12Vous aidez réellement des entreprises qui ont gagné des contrats,
04:15mais qui n'ont pas la liquidité pour pouvoir les financer,
04:17qui vont pouvoir trouver ces liquidités, qui vont vraiment pouvoir créer de la richesse, de la valeur.
04:21Et vous en récupérez une partie par ces prêts que vous conduisez auprès de ces entreprises.
04:26Et depuis que cette plateforme existe, il n'y a eu qu'un seul défaut d'une entreprise.
04:29Et la plateforme a quand même remboursé les investisseurs.
04:32Donc, ne me croyez pas sur parole.
04:34Faites comme avec l'OSINT.
04:35Le lien est en commençant à cette vidéo.
04:37Renseignez-vous.
04:38Ceci est un message informatif, éducatif.
04:40Ce n'est pas un conseil d'investissement.
04:42Et nous, on retourne à notre vidéo.
04:44Donc, ça veut dire que les fondamentaux de l'économie russe ne sont pas glorieux.
04:48Mais alors, encore une fois, est-ce que c'est parce qu'ils investissent tout dans la guerre
04:51ou c'est parce que nos sanctions ont un effet ?
04:54Alors, clairement, il y a en effet, il y a Poutine qui décide de sacrifier l'économie civile
04:58pour allouer un maximum de ressources dans sa guerre.
05:01Les dépenses militaires de la Russie, elles sont passées de 3,5% du PIB en 2021 à 7,5
05:08% en 2025.
05:10Donc, c'est une hausse massive.
05:11Et forcément, ça nuit à l'économie civile.
05:14Ça dégrade la productivité, la compétitivité.
05:18Et ça relègue l'économie civile de la concurrence internationale sur le moyen et le long terme.
05:22Donc, c'est un choix de Vladimir Poutine.
05:25Mais c'est aussi en effet des sanctions qui viennent limiter les revenus pétrogaziers de la Russie
05:29qui bloquent l'accès direct aux technologies occidentales.
05:33Et justement, je voulais en venir aux trois principaux objectifs des sanctions.
05:39L'objectif numéro un des sanctions, c'est d'augmenter le coût de la guerre pour Poutine.
05:43En gros, qu'est-ce que ça veut dire ?
05:44Ça veut dire que Poutine, il sait que tant qu'il continue la guerre, il aura moins de revenus pétrogaziers.
05:49Il n'aura pas accès aux technologies occidentales de bonne qualité.
05:55Et il sera aussi déconnecté du système financier international.
05:59Mais alors, typiquement, sur ces trois exemples que tu donnes, on sait que la Russie contourne les sanctions.
06:04On sait par exemple que sur les missiles qui sont tirés aujourd'hui sur l'Ukraine,
06:08ils ont été produits il y a moins de six mois.
06:10Donc, c'est tout récent.
06:11Et pourtant, on trouve encore plus de 200 composants occidentaux dans chaque missile KH-101 qui est tiré sur l
06:16'Ukraine.
06:16Donc, ils arrivent quand même à les contourner.
06:18Oui, exactement. Ils arrivent à les contourner, mais ça ne veut pas dire que les sanctions ne fonctionnent pas.
06:22Et ça, c'est le deuxième objectif des sanctions.
06:24C'est qu'en fait, ça renchirait considérablement le coût des composants qu'importe la Russie.
06:33En gros, soit elle va réussir quand même par des circuits détournés à importer des composants occidentaux,
06:38mais ça va coûter plus cher parce qu'il faut payer quand même une voie logistique qui est plus longue,
06:44plus difficile d'accès.
06:45Il faut rechercher des intermédiaires qui sont prêts à assumer le risque, donc ils s'exposent aux sanctions secondaires américaines.
06:52Donc, c'est beaucoup plus coûteux pour la Russie.
06:54Et quand elle n'arrive pas à accéder à ces composants occidentaux, elle va importer des composants chinois d'une
07:00qualité bien inférieure.
07:01Par exemple, juste un exemple, Huawei a cherché, la Russie a demandé à Huawei de remplacer les semi-conducteurs avancés
07:09de l'américain NVIDIA.
07:10Et il y a un quotidien coréen qui nous dit que le taux de défaillance, il était de 80%.
07:16Sur les plus.
07:17Voilà, exactement.
07:18Et tu avais fait une émission récemment avec Marianne où tu expliquais que les drones russes, ils avaient un taux
07:22de réussite largement inférieur aux drones ukrainiens.
07:25Donc, le taux de réussite que tu avais mentionné, c'était 40% pour les Ukrainiens et seulement de 10
07:30% pour les Russes.
07:31Alors, ça s'explique effectivement par le fait que les défenses anti-ariennes ukrainiennes sont performantes,
07:37mais aussi parce que les défenses anti-ariennes russes sont moins performantes que les ukrainiennes et que les drones russes
07:42aussi,
07:42que ce soit les semi-conducteurs utilisés pour fabriquer les drones russes ou les connecteurs électriques,
07:47ils sont soit déjà usagés parce que la Russie n'arrive pas à se procurer en neuf, soit c'est
07:53des composants chinois de moindre qualité.
07:56Donc là, ça veut dire que, un, les systèmes qu'ils arrivent à obtenir, ils les payent plus cher.
08:01Voilà.
08:01Deux, ils n'ont pas le volume qu'ils souhaitent.
08:03Exactement.
08:03Donc, c'est-à-dire que les Russes pourraient tirer 2, 3, 4 fois plus de missiles s'ils avaient
08:06accès à tous les composants qu'ils souhaitent obtenir à l'étranger.
08:09Voilà, exactement.
08:10C'est ça.
08:10Et tu dis que les Chinois cherchent à compenser ou à s'accaparer un marché parce qu'ils sont devenus
08:16monopolistiques, finalement, sur la Russie ?
08:18Quasiment, oui.
08:18Ok, c'est pas la qualité qui était attendue, mais est-ce qu'au moins, le fameux partenariat des BRICS,
08:23etc.,
08:24est-ce que les Chinois cherchent à piéger les Russes dans une naze parce qu'ils sont monopole, ou alors
08:29quand même c'est un vrai partenariat ?
08:31Alors non, c'est vraiment, pour moi, c'est pas un vrai partenariat, c'est un partenariat déséquilibré.
08:35Et j'en viens justement au troisième objectif des sanctions, c'est d'isoler la Russie.
08:39C'est de la forcer à se tourner vers un nombre restreint de partenaires, donc elle perd en capacité de
08:44négociation.
08:45Et si la Russie, elle est isolée, ça veut dire qu'elle est plus faible.
08:48Et alors, le fait qu'elle soit plus faible, c'est intéressant pour les Occidentaux et pour l'Ukraine.
08:52Comme on l'a dit, elle va payer une surcote sur les produits qu'elle importe.
08:56Il y a une étude intéressante de la Banque de Finlande de novembre 2025 qui explique que la Chine, elle
09:02vend à plus 90% les produits sous sanction à la Russie.
09:07Le même produit, quand il est vendu en France ou en Russie, c'est 90% de taxe ?
09:10C'est ça, exactement.
09:11En fait, on peut aussi parler du financement.
09:15Certains nous expliquent que même si la Russie n'a pas les devises pour payer la Chine, c'est pas
09:20grave parce que la Chine, elle est prête à prêter.
09:25Les banques chinoises ne veulent pas prêter à la Russie parce qu'elles ont peur des sanctions secondaires occidentales.
09:30Donc, il y a aussi un problème d'accès au financement chinois.
09:33La Chine rechigne à prêter à la Russie.
09:36Et alors, accessoirement, avec la guerre en Iran, on a vu que les Émirats, le Qatar, la Turquie, tous ces
09:42pays qui aidaient la Russie à contourner les sanctions,
09:44ils ont découvert qu'ils se prenaient des composants qu'eux-mêmes avaient aidés la Russie à contourner.
09:50Donc, je pense que ces pays vont aussi assécher la pompe et que la Russie va se retrouver encore plus
09:54en difficulté dans son approvisionnement.
09:56C'est ça.
09:56Il y a un élément super important qu'on n'a pas réellement évoqué pour l'instant, c'est le
10:00pétrole et le gaz.
10:02Les sanctions qu'on a appliquées.
10:03Alors, ces différentes catégories, déjà on arrête d'en acheter nous-mêmes,
10:06mais on impose aux autres pays d'acheter le pétrole russe moins cher.
10:10Comment ça marche ?
10:11Donc, effectivement, tu l'as mentionné, d'abord, il y a eu un embargo européen
10:14qui fait qu'on a arrêté d'importer 90% du pétrole russe.
10:19Il y a une exception pour la Hongrie et la Roumanie qui sont isolés.
10:23Mais voilà, sinon, globalement, l'Europe a arrêté d'importer du pétrole russe.
10:27Donc, c'est-à-dire qu'en fait, la Russie, pour écouler son pétrole, elle s'est tournée vers l
10:30'Inde, vers la Turquie, vers la Chine.
10:33Et du coup, elle perdait en pouvoir de négociation.
10:35Et c'est ce que je disais sur le troisième objectif des sanctions, qui est d'affaiblir diplomatiquement la Russie.
10:40En fait, elle est obligée d'écouler son pétrole avec une décote qui a pu atteindre 30% par rapport
10:45au baril de Brent,
10:46qui est le baril de la mer du Nord, qui est le baril de référence internationale.
10:50Donc ça, c'est l'embargo.
10:51Après, il y a le price cap qui fonctionnait surtout au début.
10:56Le price cap qui, au départ, était fixé à 60 dollars, puis est descendu plus bas.
11:00En fait, c'est si la Russie utilisait des services occidentaux, par exemple, du fret maritime, des assurances maritimes, des
11:09fleet managers, etc., etc.,
11:11pour exporter son pétrole.
11:13Elle avait le droit d'utiliser les services occidentaux, mais seulement si le pétrole était vendu à moins de 60
11:19dollars au départ.
11:20Ensuite, il se passait, je crois, à 47,5 dollars.
11:23En tout cas, ça a baissé.
11:25Après, elle s'est constituée une Shadow Fleet, une flotte fantôme.
11:28Alors là encore, on dit, oui, du coup, elle arrive à contourner, mais ça a été extrêmement coûteux pour la
11:33Russie de se constituer une flotte fantôme,
11:35de racheter des tankers, de...
11:38Des dizaines de milliards de dollars d'achats de bateaux pourris.
11:40Exactement.
11:41Et ensuite, il faut les exploiter, et puis il faut les protéger.
11:43Et puis, il ne faut pas oublier que quand la Russie, elle utilise sa Shadow Fleet, c'est-à-dire
11:49qu'elle utilise aussi des assureurs qui ne sont pas occidentaux,
11:52mais ces assureurs, ils ont peur des sanctions américaines, et donc ils imposent à la Russie une prime de risque.
11:59Et c'est ce qui est très intéressant, c'est que depuis fin 2023, les États-Unis ont commencé à
12:04imposer des sanctions secondaires.
12:05Ils ont sanctionné des bateaux, des managers de flotte, etc.
12:09Et donc, tout ce petit monde-là, parallèle, non-occidental, qui servait le pétrole russe, en fait, ils assument un
12:17risque plus important,
12:18parce qu'en fait, c'est très grave d'être inscrit sur la liste SDN, la liste des sanctions américaines,
12:23parce qu'ils sont déconnectés du marché américain, ils ne peuvent pas utiliser le dollar,
12:27ils ne peuvent pas ouvrir à avoir un compte bancaire aux États-Unis, donc c'est vraiment très grave pour
12:31eux.
12:31Et donc, ils impôment des prix de...
12:32Sachant, on va peut-être le préciser, que dès qu'il y a un contrat international, il est libéré en
12:36dollars.
12:37Exactement.
12:37Donc, si on peut utiliser le dollar, ça ne va pas.
12:39Et puis, les boîtes qui produisent du pétrole, s'ils ne peuvent plus acheter Technip,
12:43s'ils ne peuvent plus acheter des systèmes pour creuser, pour forer, s'ils ne peuvent plus acheter des bateaux,
12:47c'est la merde.
12:49C'est ça, exactement.
12:50C'est un peu ces larmes...
12:51Les sanctions secondaires, c'est l'arme atomique pour dissuader, en fait,
12:55ces opérateurs de servir la Russie et les exportations de pétrole.
12:59Et donc, la Russie, elle arrive quand même à couler en volume son pétrole,
13:03mais avec des primes de risque qui sont élevées.
13:06Et c'est pareil avec ce qu'on a vu hier, avec l'arraisonnement du bateau.
13:10Quand les États européens, les marines européennes, la marine française, donc c'est arrivé quatre fois,
13:15on arraisonne un bateau de la flotte fantôme,
13:18qu'ensuite on le rapatrie dans un port pour le contrôler,
13:21on lui impose des amendes,
13:24et surtout aussi on dévoile qui sont les opérateurs qui sont associés à ce bateau,
13:30qui peuvent eux-mêmes être sanctionnés.
13:31On augmente, alors on augmente déjà les délais de livraison,
13:35la Russie peut payer des pénalités,
13:37donc on augmente les coûts logistiques.
13:39Quasiment 100 000 dollars par jour de retard, de décalage.
13:41Exactement.
13:41Donc il y a ces pénalités-là, il y a les amendes imposées,
13:44et puis il y a aussi tous ces opérateurs associés à la Shadow Fleet
13:48qui se voient, qui encourt un risque supplémentaire,
13:52et donc ils augmentent la prime de risque qu'ils imposent à la Russie.
13:55Et plus la prime de risque est importante,
13:57plus la Russie doit décoter son pétrole
14:00pour compenser le prix final livré à l'acheteur qui lui est fixé par le marché.
14:04Mais là, est-ce qu'on a un ordre d'idée du manque à gagner
14:08qui ont représenté ces sanctions sur le pétrogaz depuis le début du coup ?
14:11C'est des dizaines de milliards, des centaines de milliards de dollars ?
14:13C'est ça, c'est des dizaines de milliards.
14:15En fait, c'est difficile à estimer parce que ça dépend des volumes,
14:19ça dépend des prix.
14:21En fait, même en termes de décote, il y a différentes sources,
14:23ce n'est pas la même décote à l'est de la Russie qu'en Inde.
14:26Il faut même reconnaître que pendant la guerre en Iran,
14:29la Russie, elle a bénéficié d'une surcote en Inde.
14:31Il y avait tellement un tel déficit de pétrole,
14:34une telle peur de manquer,
14:36de manquer qu'en fait les Indiens étaient prêts à payer une surcote à la Russie.
14:39Alors c'était très ponctuel et c'est très difficile à estimer.
14:42Mais l'ordre de grandeur, c'est des dizaines de milliards.
14:44Mais la guerre...
14:46Parce qu'au début de l'année,
14:47normalement, la Russie devait renoncer à une augmentation de son budget militaire.
14:51Et puis quand Trump a eu la bonne idée d'envoyer à l'Iran,
14:54la Russie s'est dit, finalement, je n'annule pas ma hausse du budget.
14:57C'est ça.
14:57Donc ça a quand même donné une petite bouffée d'air à la Russie
14:59qui était exsangue économiquement.
15:02Et ça lui a donné quelques mois de surcis, j'ai envie de dire, économiquement.
15:05Donc en fait, on revient un peu sur la conjoncture russe.
15:08La croissance au premier trimestre 2026 de la Russie, elle est négative.
15:13Elle est à moins 0,2%.
15:15Et ce, malgré le coup de pouce du mois de mars,
15:18qui effectivement a permis de relancer la croissance.
15:21Mais en janvier-février, c'était moins 1,8%.
15:23Alors c'est en glissement annuel.
15:25C'est par rapport à la même période de l'année dernière.
15:27Mais malgré l'Iran, au premier trimestre, la croissance, elle est négative.
15:31Et le ministre, le ministère de l'économie russe en mai,
15:35a revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance.
15:38Il prévoit une croissance seulement de plus 0,4% en 2026, malgré l'Iran.
15:44Donc oui, l'Iran, c'est un sursis.
15:47On peut dire que c'est un sursis.
15:48Ça n'a pas lancé la croissance à 3%.
15:50Depuis 2023, la croissance, elle est en baisse 4,1%.
15:54Et là, on s'attend à 0,4% en 2026.
15:57C'est l'effet de la guerre, c'est l'effet des sanctions.
16:00Et la guerre d'Iran, elle finira bien par se finir.
16:02Bien sûr, bien sûr.
16:02On a plutôt possible parce que ça fera du mal à la Russie
16:04et ça nous fera du bien à nous.
16:06C'est ça, exactement.
16:07Double effet de kid's cool.
16:08Là, tu as évoqué beaucoup de dimensions différentes sur la guerre.
16:11Il y a pas mal d'économistes qui font des projections.
16:14On m'avait dit que deuxième semestre 2025,
16:17la Russie, au rythme qu'elle avait par le passé,
16:20elle était morte.
16:20Mais en fait, ils ont vendu leur stock d'or.
16:22Ils sont en train de s'épuiser économiquement.
16:25Là, il manque d'hommes maintenant.
16:26On n'est plus capable de continuer à produire suffisamment.
16:29Est-ce qu'il y a quand même des perspectives
16:30dans lesquelles on se dit, là, c'est bon,
16:32c'est pas possible de continuer.
16:33La population va se réveiller.
16:35C'est ça, la limite ?
16:36La limite, à mon avis, c'est que la croissance russe,
16:38en fait, elle risque de stagner aux alentours de 0%.
16:41Parce que si le complexe militaire ou industriel
16:43a atteint son potentiel de croissance
16:48et donc peut croître seulement à des gains de productivité modestes,
16:52parce que, comme on l'a dit,
16:53comme la Russie n'a plus accès aux technologies occidentales,
16:56les gains de productivité, ils sont plus faibles.
16:58Donc quand le potentiel de croissance aura été atteint
17:01par le complexe militaire ou industriel
17:02et que l'économie civile aura très peu de main d'œuvre,
17:06parce que la main d'œuvre, elle aura été absorbée
17:07par l'industrie de défense ou directement par la guerre.
17:10Ou qu'ils ont fui à l'étranger, comme un million d'hommes.
17:12Voilà, exactement.
17:13Alors, j'ai pas de boule de cristal,
17:15mais on se dirige quand même vers une croissance
17:17à tonne, soit négative.
17:19D'ailleurs, le député Suleymane,
17:21Suleymane, pardon, a dit clairement
17:24qu'il s'attendait à ce que la poursuite de la guerre,
17:29à ce que l'économie ne survive pas
17:30à la poursuite de la guerre.
17:32Ça, c'est un député russe qui dit ça ?
17:33C'est ça, exactement.
17:34Donc malgré le régime...
17:36Donc les voix commencent à s'élever.
17:39Et pareil, un mathématicien célèbre en Russie
17:42lors du forum économique de Moscou
17:44n'a pas hésité à dire
17:45qu'il s'attendait à une récession à deux chiffres.
17:48Donc là, ce qui attend la Russie,
17:50c'est clairement, à court terme,
17:53c'est une croissance à tonne.
17:54Et même le FMI prévoit une croissance
17:56de seulement 1,1% en 2026.
17:59Et ça va probablement être vu à la baisse
18:01avec la croissance négative au premier trimestre.
18:06Mais ce qui est surtout intéressant,
18:07pardon, c'est le fait que la Russie,
18:10elle sacrifie en fait son économie à long terme.
18:13Même avant la guerre,
18:14l'un des grands enjeux,
18:15c'était la diversification.
18:17Parce que la Russie,
18:18elle dépend trop du pétrole,
18:19trop du gaz.
18:20Et à l'époque de la transition écologique,
18:22ça peut être dramatique
18:23si jamais elle n'arrive pas à se diversifier.
18:25Et avec la guerre, évidemment,
18:27il n'y a que deux secteurs phares.
18:29C'est le secteur de l'industrie de défense
18:31et le secteur pétrogazier.
18:34Et là, Poutine,
18:34il sacrifie,
18:35il a manqué le grand rendez-vous
18:37de la diversification.
18:39Et pendant,
18:40ça fait depuis 4 ans que la guerre dure,
18:424 ans qu'il est privé,
18:45en tout cas de l'accès direct,
18:46mais en partie des technologies occidentales
18:48et qu'il sacrifie son économie civile.
18:51Et ça, c'est des gains d'innovation.
18:53Il n'y a plus d'innovation.
18:53Il n'y a plus d'innovation.
18:54Quand il y a des taux à 21% au début de la guerre,
18:57le taux directeur de la banque centrale
18:59est maintenant à 14,5%,
19:01comment veux-tu investir
19:03quand tu es une entreprise
19:04avec des taux aussi élevés ?
19:06On va préciser,
19:07c'est-à-dire qu'une banque
19:07va prêter à une entreprise à 14%
19:11à peu près
19:11dans une économie en croissance à 1%.
19:13C'est ça.
19:14Donc, en fait,
19:14les investissements ne seront jamais rentabilisés
19:16par une croissance éventuelle future.
19:17Voilà, exactement.
19:19Il y a beaucoup de faillite aussi.
19:20Ce qui est intéressant,
19:21j'ai trouvé le chiffre
19:22pour les auto-entrepreneurs.
19:23Le nombre de faillites en 2025,
19:25il était trois fois plus élevé
19:27qu'en 2023.
19:28C'est une explosion.
19:29Et inversement,
19:30le nombre de créations d'entreprises,
19:32il a baissé de 20% en 2025
19:34par rapport à 2024
19:35pour atteindre le point bas
19:37depuis 14 ans.
19:38Donc, le tissu économique civil,
19:40on le voit,
19:40il est en plein dépérissement.
19:42Donc, c'est une catastrophe
19:44pour l'économie civile russe.
19:45Eh bien, cerise sur le gâteau,
19:47les sanctions ukrainiennes.
19:49Voilà.
19:50Les sanctions ukrainiennes,
19:50en plus,
19:51qui frappent sur tout ça.
19:52Quel est, finalement,
19:53est-ce que ce n'est pas un relais
19:54de sanctions ?
19:55Parce que nos sanctions,
19:56on a l'impression
19:56qu'on arrive à un plafond
19:57et finalement,
19:58pour faire encore plus mal,
19:59c'est la destruction
20:00de l'outil productif
20:01et du financement de la guerre
20:02par l'Ukraine.
20:03Oui, c'est un superbe relais
20:05qui fonctionne très bien.
20:06Il y avait des débats
20:07il y a quelques...
20:07Enfin, au début de la guerre,
20:08on avait peur
20:09que ça provoque
20:10une panique des marchés,
20:11une explosion du barrel de brut.
20:13Mais en fait,
20:14les quantités
20:15sont...
20:16Les quantités
20:16par rapport
20:17au marché global
20:18sont quand même négligeables.
20:20Mais par contre,
20:21pour la Russie,
20:21c'est un coup dur.
20:22Par exemple,
20:22en avril dernier,
20:24le prix du baril russe
20:26a augmenté de 20%.
20:27Mais grâce
20:28aux sanctions ukrainiennes,
20:30donc aux frappes ukrainiennes,
20:32les volumes exportés
20:33ont baissé de 24%.
20:35Et donc,
20:35on combine les deux,
20:37ça fait une baisse
20:38des revenus de 9%.
20:39Sachant qu'ils ne font plus
20:40que du brut,
20:41ils ne peuvent plus exporter,
20:42de raffinés
20:43qui vaut plus.
20:44Parce qu'ils ont des manques,
20:46même en interne,
20:46il y a des pénuries en Russie.
20:47Exactement,
20:48et pas plus tard
20:48qu'hier,
20:50ils ont mis en place
20:51un embargo
20:52sur les exportations
20:53de kérosène
20:54jusqu'à novembre.
20:55Et il y a aussi
20:55un embargo en cours
20:56sur l'essence
20:57jusqu'à juillet.
20:59Donc,
20:59ce qui est intéressant,
21:00c'est que la rue...
21:00Et les produits raffinés,
21:01en fait,
21:02ça rapporte beaucoup plus
21:03que le brut.
21:03Parce que c'est plus qualitatif.
21:05Donc,
21:05quand les Ukrainiens
21:06ciblent les raffineries,
21:08c'est très intéressant
21:09parce que ça vient
21:11gommer une partie
21:12de la valeur ajoutée
21:13que la Russie
21:13peut apporter à son pétrole.
21:15Ok,
21:16on en est
21:16à une situation
21:17qui n'est pas géniale.
21:18Est-ce qu'on pourrait
21:19accélérer
21:19l'effondrement économique
21:21de la Russie ?
21:21L'objectif,
21:22c'est quand même
21:22qu'il n'y ait plus
21:22les moyens
21:23de continuer
21:23à attaquer l'Ukraine.
21:25Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ?
21:26En tout cas,
21:26de renforcer considérablement
21:28le coût
21:30de la production
21:31des armes,
21:32ralentir les délais
21:33de production,
21:33limiter les volumes
21:34de production
21:35et surtout
21:36amoindrir la qualité
21:37des armes
21:37qui sont utilisées
21:39en Ukraine.
21:40Comment on fait ?
21:41Comment ?
21:41Comment on fait ?
21:42Comment on fait ?
21:43Donc,
21:43là,
21:43on a interdit
21:44un peu tout
21:44ce qu'on pouvait interdire.
21:45Ce qu'on pourrait
21:46mettre en place,
21:46par exemple,
21:47sur le pétrole,
21:48c'est plutôt qu'un price cap,
21:49c'est un service ban complet.
21:50On interdit
21:51aux services occidentaux,
21:53les assurances maritimes,
21:54etc.,
21:55de servir le pétrole russe.
21:56Comme ça,
21:57la Russie,
21:57elle va être encore plus
21:58obligée de se tourner
21:59vers les opérateurs
22:01et les intermédiaires
22:02non occidentaux
22:03qui ont un pouvoir
22:04de négociation
22:05plus élevé
22:05et qui pourront imposer
22:06des surcoûts
22:07à la Russie.
22:07Et bien sûr,
22:08ce qui est absolument crucial,
22:10c'est de poursuivre
22:11de manière méthodique
22:12et systématique
22:13la politique
22:14de sanctions secondaires
22:15parce que,
22:16comme je le disais,
22:17les sanctions secondaires,
22:18elles viennent mettre
22:20en panique
22:21les intermédiaires
22:21qu'il y a de la Russie.
22:22Elles augmentent
22:23les primes de risque
22:23et les coûts
22:24que supporte la Russie
22:26et de manière associée
22:28aux sanctions secondaires.
22:28Et c'est là,
22:29je pense qu'on a
22:29une vraie marge de manœuvre.
22:31C'est la pression maritime
22:32sur les bateaux fantômes russes,
22:35soit les bateaux
22:35qui exportent le pétrole,
22:36mais pourquoi pas
22:37c'est les bateaux
22:38qui transportent des armes,
22:39enfin pas des armes
22:40mais des composants
22:41technologiques
22:42vers la Russie.
22:44J'ai une idée,
22:46on ne pourrait pas aider
22:46les Ukrainiens à frapper,
22:48ça serait aussi
22:48une sanction indirecte,
22:49ce n'est pas nous.
22:50C'est une opération
22:52logistique spéciale,
22:53on fournit aux Ukrainiens
22:53le matériel, non ?
22:54Pourquoi pas ?
22:55Et puis aussi mettre en place
22:56ce Sky Shield,
22:57ça c'est essentiel.
22:59Parce que non seulement
23:00ça sauvera des vies ukrainiennes,
23:01mais ça aiderait
23:02l'Ukraine à gagner
23:03la guerre d'attrition
23:04et donc ça augmenterait
23:05les coûts pour la Russie.
23:06Donc ça c'est essentiel,
23:09je ne sais pas pourquoi
23:09ce n'est pas encore fait.
23:10Ça ne provoquerait pas
23:12d'escalade à mon avis,
23:14parce qu'on n'irait pas,
23:16on irait juste détruire
23:17des drones russes,
23:18des missiles russes,
23:19je ne vois pas,
23:19c'est un bouclier,
23:20ce n'est pas un glaive.
23:21On est 100% d'accord.
23:22On vous remet le lien
23:23vers cette bonne initiative
23:24que vous pouvez signer
23:25la pétition accessoirement.
23:27Dernier point,
23:29les perspectives de la Russie.
23:30La guerre s'arrête
23:31la semaine prochaine,
23:32ils ne se sont pas effondrés,
23:33on revient à la normale.
23:35Qu'est-ce qui se passe
23:36pour la Russie ?
23:36Parce qu'on dit beaucoup
23:37que l'économie russe
23:38est en surchauffe,
23:39tout le monde est engagé,
23:39gna gna gna.
23:40Est-ce que ça s'effondre
23:41quand la guerre s'arrête ?
23:43Alors c'est difficile à dire,
23:45mais ce qui est sûr,
23:46c'est qu'il va y avoir
23:47des déséquilibres.
23:48Déjà, il va y avoir
23:49des milliers de soldats
23:49qui vont revenir à la vie civile
23:52avec des problèmes
23:53d'alcoolisme,
23:53de délinquance,
23:54des difficultés d'accès
23:55au système de santé.
23:56On sait très bien
23:57comment la Russie
23:57traite ces vétérans,
23:59ce n'est pas très glorieux.
24:00C'est aussi des gens
24:01qui sont désociés.
24:02On le voit déjà aujourd'hui,
24:03les anciens prisonniers,
24:04il y a un vrai problème
24:06déjà sur ceux
24:06qui ont le droit
24:07de revenir à la vie civile.
24:08Les statistiques sont catastrophiques.
24:09Et ça, forcément,
24:10c'est un coût social
24:11mais aussi économique.
24:13Et puis, comme je le disais,
24:14il y avait une augmentation
24:15des faillites,
24:16donc il y aura moins
24:17d'entreprises civiles.
24:19Et du coup,
24:19comment est-ce que la Russie
24:20va absorber cette masse
24:21de main d'œuvre,
24:22la reconvertir vers le civil ?
24:24Ça suppose déjà
24:25qu'il y ait des entreprises
24:25et des emplois disponibles,
24:27mais il y en a beaucoup moins
24:28vu qu'il y a des faillites,
24:29vu qu'il y a moins
24:29de création d'entreprises
24:31vu que le tissu économique civil,
24:33il est en dépression.
24:36Mais aussi,
24:36il va falloir former ces soldats.
24:38Là, c'est une reconversion.
24:40C'est comme quand ils s'engagent
24:40dans l'armée.
24:41Ils ont une formation.
24:42Je ne sais pas
24:43combien de temps
24:44elle dure en Russie.
24:45Elle ne doit pas être
24:45de très bonne qualité.
24:46Mais en tout cas,
24:47quand on revient à la vie civile,
24:48il faut aussi se former un métier.
24:50Donc, il va y avoir
24:50un déséquilibre important
24:53entre l'offre de travail
24:54et le nombre d'emplois disponibles.
24:57Plus les millions d'employés
24:58des entreprises d'armement
24:59qui n'ont pas rien à produire
25:00et qui vont aussi arriver
25:01sur le marché.
25:01Voilà, c'est ça.
25:02Donc, super chômage
25:03à la fin de la guerre.
25:03Et donc, non seulement
25:04il risque d'y avoir du chômage,
25:06mais en plus,
25:07tous ces gens-là
25:07qui auront touché
25:08des primes importantes,
25:08ils vont se mettre
25:09à la dépenser.
25:11Et donc, il va y avoir
25:11une hausse,
25:13une explosion de la demande
25:14et par contre,
25:15une offre qui ne suit pas.
25:16Donc, une hausse
25:17très forte de l'inflation.
25:19Et donc, la Banque centrale
25:20devra répondre
25:21avec une hausse
25:22des taux d'intérêt
25:23qui va enchérir
25:24l'investissement,
25:25enfin, compliquer l'investissement.
25:27Donc, disons que ça peut mettre
25:28un, deux, trois, quatre ans
25:29pour la Russie déjà
25:30à se remettre en branle.
25:31Et même si elle arrive
25:33à se remettre en marche,
25:34comme on l'a dit,
25:35elle aura perdu
25:35combien de temps ?
25:36Des années.
25:37Pas que 4, 5 ans de guerre.
25:38Peut-être 10 ans, 15 ans.
25:40Parce que tous ces concurrents
25:42dans le commerce international
25:43que sont les autres
25:46économies émergentes
25:47auront repris
25:48beaucoup d'avance
25:49sur la Russie
25:49en termes de compétitivité,
25:51de productivité.
25:52Et puis, ils ont accessoirement
25:54pré-vendu une partie
25:55de leur pétrole
25:56à la Chine
25:57sur des décennies.
25:58C'est-à-dire qu'ils vont
25:58avoir moins de revenus pétroliers
26:00que ce qui s'était passé
26:00s'ils n'avaient pas eu la guerre.
26:02Ils sont mal barrés quand même.
26:03Oui, ils sont mal barrés.
26:04Et enfin,
26:07ils sont exposés seulement,
26:09enfin, ils sont dépendants
26:11de deux secteurs, quoi.
26:12Le secteur militaire
26:13et le secteur pétrogasier.
26:14Comme ils ont raté
26:15le grand rendez-vous
26:16de la diversification,
26:17ils ne vont pas pouvoir
26:18produire des biens
26:19de moyenne ou haute valeur ajoutée
26:21comme des ordinateurs,
26:22des semi-conducteurs.
26:23Et ça, c'est dommage
26:25pour l'économie russe,
26:27en tout cas pour les populations
26:28civiles qui payent le prix
26:29des lubies de Poutine, quoi.
26:31C'est...
26:32Voilà.
26:33On ne va pas les plaindre, hein.
26:35En attendant.
26:36C'est très clair.
26:37Je pense que les perspectives
26:38ne sont pas très très réjouissantes,
26:40ni à court terme,
26:40ni à long terme.
26:41Non.
26:41Mais plus tôt,
26:42ils s'arrêteront,
26:43mieux ce sera,
26:43de toute façon,
26:44puisque plus ils attendront,
26:45plus ils auront
26:45d'infrastructures détruites,
26:47moins ils auront investi
26:48dans leurs propres infrastructures
26:49routières, ferroviaires,
26:50gazières.
26:5140% des gens dans les campagnes
26:52ne trouvent pas les toilettes
26:53et on tire des missiles
26:56hypersoniques
26:56pour détruire les centrales.
26:58C'est quand même...
27:00Quand on prendra un peu
27:01de recul sur cette période,
27:02je pense que ça va être
27:02quand même compliqué
27:03à justifier pour la population russe.
27:05C'est ça.
27:06Voilà.
27:06Cyprien, un grand merci.
27:07Merci, Xavier.
27:08C'était un plaisir.
27:09On espère que ça vous a plu.
27:11Et puis on vous dit
27:11à très bientôt.
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