Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 mois
Philippe Notton, drecteur général et fondateur de SiPearl, était l'invité de François Sorel dans Tech & Co, la quotidienne, ce jeudi 2 octobre. Il s'est penché sur le lancement de leur microprocesseur Anthena1, et l'enjeu de la consommation énergétique des microprocesseurs, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, l'invité.
00:04Et j'accueille donc Philippe Nothomb. Bonsoir Philippe.
00:07Bonsoir.
00:08Vous êtes un peu la lutte des stars de ce soir parce que c'est vrai qu'on évoque beaucoup les microprocesseurs
00:13et c'est vrai qu'on reprochait un petit peu à notre Europe d'être à la traîne dans ce domaine-là.
00:19Alors certes on a SML, certes on a STMicro qui est un peu en mauvaise posture actuellement,
00:24mais on a des boîtes moins connues comme la vôtre, Cipurl, qui essaie de faire son trou dans ce domaine-là.
00:32Il faut savoir que vous avez été créé en 2019, aujourd'hui ça représente Cipurl 200 employés,
00:38600 de R&D en France, Espagne et Italie, 130 millions d'euros levés en série A,
00:44lancement d'une série B de 200 millions d'euros.
00:47Et vous êtes là aussi pour déjà nous présenter ce que vous faites et nous parler d'Athéna 1 ou Athéna 1,
00:52je ne sais pas comment vous le prononcez, qui sera votre premier processeur qui devrait sortir l'année prochaine ou en 2027 je crois.
00:59Alors ça sera oui prêt pour 2027, on a notre premier processeur, R&D est passé en production chez TSMC,
01:06donc à Taïwan il y a le fondeur Star qui est aujourd'hui le seul capable de gérer ce type de technologie.
01:16On produira en Europe, quand il y aura les bottes usines on sera ravis de le faire en Europe,
01:19et on a annoncé ce matin une variante pour les marchés qu'on appelle, le marché qu'on appelle Dual,
01:24une version un peu allégée de notre processeur qu'on pourra retrouver dans tout ce qui est, je dirais, défense, aéros,
01:29et activité gouvernementale parce qu'il y a un très gros besoin de calcul également dans tous ces secteurs,
01:34et le calcul s'ouvre.
01:35Comment justement vous distinguez-vous de tous ces autres fabricants de processeurs,
01:40les Nvidia, les Intel, on parlait d'AMD tout à l'heure, etc.
01:43Quelle est votre particularité dans cette jungle et cette concurrence qui est féroce ?
01:48La concurrence rendue en Europe est assez limitée, sur ce qu'on appelle des CPU, des microprocesseurs,
01:54en Europe on est tout seul, on travaille sur base ARM, ce que vous disiez tout à l'heure sur la session précédente,
02:00précédente, oui il y a des concurrents qui sont aujourd'hui essentiellement américains,
02:05un peu, je dirais, un peu au Japon également.
02:07Il y a la Chine aussi non qui accélère ?
02:09Oui, alors la Chine on les voit moins.
02:10Et les Sud-Coréens aussi non ?
02:12Alors Samsung fait énormément de processeurs pour les téléphones,
02:15pour l'instant on ne va pas sur les data centers,
02:17Qualcomm va aller sur les data centers, il y en a des nouveaux arrivants qui se positionnent sur,
02:21on va dire, ce qu'on appelle l'écosystème ARM,
02:23qui était dans les smartphones et qui commençait à entrer dans les data centers.
02:26D'accord, vous parliez tout à l'heure de votre choix,
02:30finalement de confier la fabrication de vos processeurs à TSMC,
02:35vous disiez, le jour où s'il y a une usine qui ouvre en Europe
02:39et qui serait capable de faire ça, on irait avec plaisir,
02:43vous y croyez franchement ?
02:44Vous qui êtes un professionnel de ce domaine,
02:47on peut imaginer rattraper un peu notre retard dans ce domaine-là ?
02:51On a globalement la matière première, la matière grise pour le faire,
02:53on a SML, on a Air Liquide, les constituants, ce qu'on a,
02:56ce qui montre c'est suffisamment de produits pour remplir une usine,
02:58c'est déjà le premier élément, et c'est une des raisons pour lesquelles
03:00aujourd'hui TSMC n'est pas en Europe sur ce type de process,
03:03parce qu'il n'y a personne pour alimenter la charge,
03:06si l'usine est vide, ça ne sert à rien.
03:07Il y a un très bon exemple à citer, ce qu'on appelle Rapidus au Japon,
03:10ils ont mis plus de 20 milliards dessus,
03:12et en 2027, ils vont commencer à produire en 2 nanomètres.
03:15Donc les Japonais ont réussi à faire ce que les Européens,
03:17aujourd'hui, ne sont pas encore capables de faire.
03:19Pourquoi c'est faisable, sans être à...
03:22Mais ils ont des clients pour cette usine ou pas ?
03:24Oui, tout à fait, ça démarre, donc la production démarre en 2027,
03:28ils sont mis sur une taille d'usine plus raisonnable que TSMC,
03:31pour être quelque chose de réaliste,
03:32et qui peut être amorti sur des volumes plus bas.
03:34Vous parliez de 2 nanomètres,
03:36c'est un peu l'indice de référence en termes de processeur,
03:40plus c'est petit, plus c'est performant, moins ça chauffe, etc.
03:44Et plus c'est cher à faire.
03:45Et puis c'est cher à faire, et 2 nanomètres, c'est vraiment très, très, très, très, très, très petit.
03:49Tout à fait.
03:52Vous fabriquez des processeurs pour qui ?
03:54Alors, historiquement, c'était pour ce qu'on appelle l'HPC,
03:56High Performance Computing, donc les supercalculateurs,
03:58où on a été sélectionnés...
04:00Donc supercalculateur pour calculer les prévisions météo, des choses comme ça ?
04:02Tout ce qui est, ou simulation nucléaire, comme on le fait en France,
04:05c'est basé là-dessus.
04:06On est sélectionnés, on va équiper à partir de fin de l'année prochaine
04:09la plus grosse machine européenne, qui est la machine Jupiter en Allemagne,
04:11sur la partie CPU, avec Nvidia qui fait la partie training,
04:15donc entraînement.
04:16C'est le premier marché, et sur la partie de notre deuxième génération,
04:20on va accéder également au marché, qu'on dit datacenter,
04:22tout ce qui est inférence et high,
04:23qui sont des marchés beaucoup plus gros, alors mondiaux,
04:26mais avec des volumes qui sont quand même plus,
04:28beaucoup plus intéressants que l'HPC.
04:29L'HPC, il faut voir ça comme de la Formule 1,
04:31et les datacenters tels qu'on va les adresser,
04:33c'est un peu de la voiture premium.
04:36Et est-ce que c'est...
04:37Alors, je ne suis pas un spécialiste,
04:38mais ces HPC pourraient faire tourner
04:40des modèles via générative, à terme,
04:43ou est-ce que leur conception n'est pas compatible ?
04:46Alors, en fait, ça dépend des charges de calcul,
04:48des workloads qu'on met dessus.
04:49Certaines ont été typées pour des CPU.
04:52Le training, aujourd'hui, c'est typé pour des GPU,
04:54donc pour ça qu'Nvidia est très loin devant.
04:56Pour tout ce qui est inférence,
04:57donc quand vous allez utiliser ChatGBT ou Mistral,
04:59enfin le chat pour une réponse imprompte,
05:02c'est des systèmes d'inférence qu'on peut effectivement adresser.
05:04Mais on n'est pas sur le même type d'hardware,
05:06qui, lui, doit très peu consommer
05:08et coûter le moins cher,
05:09par question posée à un modèle LLM.
05:12Alors, parlez-nous de ce Athena 1 ?
05:16One ?
05:17Ah oui, Athena 1.
05:18Athena 1.
05:18Des clinaisons duales de Réa 1,
05:22qui va consommer moins.
05:23Parce que pour des systèmes du haut,
05:26on est plutôt sur des puissances de l'ordre de 150 watts.
05:30Dans l'HPC, c'est no limit.
05:31Dans les data centers, c'est également nos limites,
05:34parce qu'on veut, c'est faire le plus de calculs par cœur.
05:37Quand on commence à faire la défense duale,
05:39il faut restreindre ça,
05:40parce que ce n'est pas les mêmes systèmes de refroidissement, etc.
05:42Donc c'est une version spécifique,
05:45une déclinaison de notre premier processeur pour adresser ça,
05:47et qui va clairement être unique en Europe.
05:49Et on parle beaucoup de problématiques de défense,
05:52de calculs souverains en ce moment.
05:53Donc on va l'adresser.
05:54Donc vous êtes le candidat parfait.
05:55On est le candidat parfait, tout à fait.
05:57C'est top.
05:58Deux questions.
05:59Le quantique, vous y croyez ou pas ?
06:01Et est-ce que, dans votre réflexion,
06:04ça rentre dans le futur de ce que vous pourriez faire ?
06:07Le quantique, pour nous, c'est une forme d'accélération.
06:10Je dirais que ça va être une partie du marché
06:12va basculer sur du quantique.
06:13Il y a des applications qui vont très bien se prêter à du quantique,
06:16comme par exemple la crypto.
06:18Le quantique aura toujours besoin de CPU,
06:20de microproceurs traditionnels autour.
06:22Donc pour nous, ce sont des partenaires,
06:23au même titre que des vendeurs d'accélérateurs
06:25type Nvidia, AMD, etc.
06:27peuvent travailler avec nous.
06:29Donc ça fait partie du même écosystème.
06:31On parlait tout à l'heure de la consommation énergétique
06:33de tous ces processeurs,
06:35qui va poser problème,
06:37en tous les cas, quand on voit cette surenchère
06:39de gigawatts qui est mise en avant aux Etats-Unis.
06:42Est-ce que c'est un sujet
06:43qui vous préoccupe, ça, ou pas ?
06:45Alors, en termes de design,
06:46c'est-à-dire de conception de la puce,
06:48les aspects énergétiques thermiques sont très importants,
06:51parce qu'il faut arriver à concentrer
06:52sur quelques millimètres carrés,
06:54énormément de puissance de calcul,
06:55donc énormément de consommation.
06:56et ce qui nous pousse à aller vers des technos les plus avancés,
06:59parce que le prochain chip qu'on a démarré
07:02sera en 3 nanomètres,
07:03c'est justement pour que les ratios énergétiques
07:05soient encore meilleurs.
07:07D'accord.
07:07Mais c'est un très gros sujet.
07:08Si vous suivez les roadmaps,
07:10là où va TSMC,
07:11vous allez concentrer de plus en plus d'énergie
07:13sur une petite puce,
07:14mais faire de plus en plus de calculs.
07:16Donc le rendement global est amélioré.
07:17Mais cette énergie, on va la trouver où ?
07:19Alors en France, nous, on est plutôt les bons élèves.
07:21On est plutôt bien équipés, tout à fait.
07:23Mais aux Etats-Unis notamment,
07:25c'est la question qu'on posait.
07:27Ils ont quand même une longueur d'avance
07:28en tout ce qui est SMR,
07:29parce que les gros clouders,
07:30hyperscalers,
07:31ils commencent à travailler sur les SMR.
07:32Là, Microsoft,
07:33à Réalumitry,
07:34c'est sur des années,
07:36voire des dizaines d'années.
07:37Alors SMR, je dirais peut-être plus rapide.
07:39Ils ont simplement en termes...
07:41SMR, pour eux,
07:42c'est des petits réacteurs nucléaires.
07:44Des petits réacteurs peuvent faire 40 mégawatts,
07:45100 mégawatts sur un conteneur.
07:47Et ça peut être très efficace,
07:50si ce n'est qu'il faut légiférer,
07:52que ça puisse se mettre n'importe où.
07:54Donc les Européens sont encore un peu réticents là-dessus.
07:56Mais vous pensez que c'est quoi ça ?
07:58Tous ces petits réacteurs nucléaires dont on parle,
08:03il y a beaucoup de startups qui sont là-dessus.
08:05Même en France,
08:06il y en a eu plusieurs, tout à fait.
08:07On est sur des cycles lents,
08:09et ce qui gêne en France,
08:10c'est justement la normalisation
08:11pour qu'on ait le droit de les...
08:12D'accord.
08:13Mais aux Etats-Unis,
08:13ça pourrait arriver quand, à votre avis ?
08:14À mon sens,
08:15c'est déjà en train de les déployer,
08:17les premiers, tout à fait.
08:18Ah d'accord.
08:18Ils en ont besoin,
08:18ça permet d'avoir des data centers
08:19complètement autonomes.
08:20Ok.
08:21Donc c'est effectivement un sujet.
08:22En tout cas, bravo.
08:23Merci.
08:23Ça fait plaisir d'avoir un acteur
08:24européen et français dans ce domaine.
08:28C'est pas simple tous les jours.
08:30Il faut trouver de l'argent,
08:30ça coûte cher,
08:31il faut trouver de l'argent.
08:32On a quand même des très bons ingénieurs
08:33qui se défoncent pour le faire,
08:34parce que c'est un peu à contre-courant
08:35de faire la conception
08:36de ce type de puces en Europe.
08:37Il n'y a pas le choix,
08:38il en faut.
08:38Eh bien voilà.
08:40Et la souveraineté va...
08:42Vous êtes beaucoup
08:42et c'est tant mieux finalement.
08:45Merci Philippe Nothon,
08:46directeur général
08:47et fondateur de Sea Pearl.
Commentaires

Recommandations