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  • il y a 4 mois
Après sa condamnation à cinq ans de prison dans l'affaire Kadhafi, Nicolas Sarkozy a fustigé une décision motivée, selon lui, par la "haine" des magistrats. Jean-Pierre Raffarin réagit sur l'antenne de BFMTV

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Transcription
00:00Quand vous avez appris que votre ancien ministre allait passer plusieurs jours, plusieurs semaines, plusieurs mois peut-être en prison, comment vous avez réagi, humainement ?
00:11J'étais secoué et touché, et mon amitié pour lui, même si j'ai eu beaucoup de divergences avec lui, a été très sensible et à vif.
00:22Je mesure le choc que c'est pour lui, pour sa famille, et c'est quand même quelque chose...
00:28En politique, on est habitué à ce que ça soit très très dur, mais là, sur le plan personnel, ce qui lui arrive est quelque chose de terrible, surtout que vu de son point de vue...
00:36Vous lui avez fait un message de soutien ?
00:37Pardon ?
00:38Vous lui avez fait un message de soutien ?
00:39Oui, j'ai exprimé mon amitié.
00:42Est-ce que c'est injuste ?
00:44Écoutez, bon, je ne peux pas dire ça parce que je suis républicain et je veux qu'on respecte la justice.
00:52Dans une démocratie, j'ai fait un grand forum au début de cette rentrée en Poitou, il y avait 1000 personnes sur justement les démocraties en danger.
01:01Et la conclusion, c'était que l'essentiel de la démocratie, c'est l'état de droit.
01:04C'est ça notre valeur centrale.
01:07Et si on ne respecte pas la règle commune, il n'y a pas de vivre ensemble.
01:10Oui, mais au début, juste après l'énoncé du Jean-Pierre, vous avez relayé des messages très critiques sur les réseaux sociaux à l'encontre de la décision de justice.
01:18Et puis là, vous dites qu'il faut respecter la justice.
01:22Moi, je vais vous dire exactement ma pensée, mais je n'ai pas appelé...
01:27Non, vous avez relayé des messages très critiques.
01:29Non, mais il y a eu des messages très critiques. Moi, je pense qu'il faut respecter la justice.
01:34Je pense que la justice, les magistrats notamment, ils appliquent le droit.
01:37Donc moi, je propose tout de suite des changements de notre droit.
01:41Je pense qu'il faut faire assez vite un texte de loi pour que l'exécution immédiate ne concerne que les gens directement et immédiatement menaçants.
01:52Il n'y a aucune menace, Sarkozy, pour le pays.
01:55Donc cette décision immédiate est quelque chose de très difficile à accepter,
02:01de se dire qu'il est présumé innocent, il va en prison.
02:07Et peut-être qu'il va être jugé en appel comme innocent, il aura été en prison.
02:10Et donc on aura cassé quelque chose de très important, alors que le jugement ne sera définisif.
02:14Sauf que cette exécution provisoire s'applique quotidiennement.
02:18Mais je pense qu'elle doit s'appliquer que pour les gens menaçants.
02:22Mais on pourrait vous dire que c'est une justice à deux vitesses et que vous protégez l'école Blanc.
02:26Non, mais je protège des gens assez responsables.
02:29Le maire de Toulon, le maire de Toulon, il est condamné en première instance.
02:34Et on lui demande de démissionner immédiatement.
02:37Ça veut dire quoi ?
02:38Ça veut dire que le jugement, il est présumé innocent, parce que c'est la première instance.
02:42Mais comme on lui demande de démissionner, l'opinion publique, l'homme politique est un homme public.
02:47Publiquement, il est sanctionné par sa démission.
02:50Je trouve qu'il n'était pas menaçant, Hubert Falco.
02:53C'est quelqu'un de très, je dirais, sociable et qui...
02:58Donc pour vous, c'est aberrant, inquiétant et injuste ?
03:00Moi, je pense que c'est une mauvaise décision, c'est un mauvais droit.
03:04Donc je n'attaque pas les magistrats.
03:05Mais je dis que le politique, sa responsabilité, c'est de changer la loi.
03:10Le politique, c'est de faire la loi.
03:11Mais pourquoi ne pas l'avoir fait avant ? Parce que le problème se pose depuis des années.
03:14Mais écoutez, pas dans ces proportions-là.
03:16Là, c'est en effet un cas flagrant.
03:18Parce que non seulement les preuves ne sont pas évidentes.
03:21Parce qu'il y a beaucoup de sujets qui sont en discussion.
03:23Et que cette exécution immédiate pose un vrai problème sur nos deux niveaux de juridiction.
03:30Tout ceci fait que la question est aujourd'hui posée de manière très populaire.
03:35Partout, tout le monde vous en parle.
03:36On sort dans la rue, tout le monde vous en parle de ça.
03:38Donc là, on n'a jamais eu de cas si puissants dans l'opinion publique récemment.
03:43Donc je pense qu'il faut se dire, quand on est politique et quand on n'est pas satisfait d'un fonctionnement de la justice, c'est à la loi.
03:51Le magistrat, il applique la loi.
03:51Oui, mais souvent la droite demande une justice plus forte, plus dure, moins laxiste.
03:58Et là, quand il s'agit d'un responsable de droite qui amaye à partir avec la justice, on a un coup on demande un peu plus de souplesse.
04:05Non, c'est une question de principe.
04:08Il y a un principe de la présomption d'innocence.
04:11Il y a le principe de la double juridiction.
04:13Ce sont des principes qui, là, sont mis en cause par ce type d'édition.
04:17Quand on a des délinquants qui sont remis en liberté au bout de 24 heures, on voit bien.
04:22Et tous les gendarmes nous disent ça en permanence quand on discute un peu sur le terrain avec eux.
04:26Ils disent, le type, je l'ai arrêté déjà trois fois, mais trois fois il est reparti.
04:29Donc on se dit, il faut bien être plus sévère.
04:31Là, le principe, c'est que les gens qui sont menaçants, les gens qui sont récidivistes,
04:36les gens qui posent un problème à l'ordre public, qu'on applique ce type de décision, je suis d'accord.
04:41Mais quand vous avez des gens qui ne sont pas dans une situation de menace,
04:44là, il a insisté à tout son procès.
04:46Il ne va pas fuir.
04:47Il ne va pas fuir.
04:48Il dit même qu'il est prêt à donner son passeport, etc.
04:51Donc il n'y a vraiment aucune menace.
04:53C'est de l'acharmement ?
04:54Il n'y a pas de menace Sarkozy, je pense.
04:58Ça veut dire que les juges ont voulu se payer Nicolas Sarkozy ?
05:00L'humilier ?
05:01Ça, vous ne me ferez pas dire des choses que je ne veux pas dire.
05:04Je pense ce que je veux penser.
05:05Vous le pensez, mais vous ne voulez pas le dire parce que vous êtes un ancien Premier ministre.
05:08Non, parce que je suis un républicain.
05:10Et que la loi de la République doit s'appliquer.
05:12Et quand on n'est pas content, ce n'est pas le magistrat qu'on attaque,
05:15c'est on dépose des amendements au Parlement et on change la loi.
05:18Quand Nicolas Sarkozy dit qu'il y a de la haine de la part des magistrats...
05:21Je pense qu'il y a dans tout...
05:24Ce n'est pas républicain de dire ça pour un ancien président de la République ?
05:26Au total, si.
05:28Un ancien président de la République ne devrait pas dire ça ?
05:30Écoutez, il dit ce qu'il veut.
05:33Est-ce qu'un ancien président de la République...
05:35Vous vous êtes exprimé en tant que Premier ministre,
05:37en tant qu'ancien Premier ministre,
05:38est-ce qu'un ancien président de la République devrait parler de haine des juges ?
05:41Mais s'il le ressent comme ça, je ne vais pas lui dire qu'il se taise.
05:44À partir du moment où il le ressent, il a vécu des heures et des heures de procès.
05:48Donc moi, je ne les ai pas vécues, je ne peux pas apprécier ça.
05:50Donc s'il dit ça, c'est qu'il l'a ressenti, qu'il a mesuré ça dans son fort intérieur.
05:55Donc il dit ce qu'il veut dire.
05:57Et donc je n'ai pas à juger ce qu'il dit.
05:59Ce que je crois vraiment, c'est qu'aujourd'hui,
06:02il y a un certain nombre de sujets qui sont développés partout.
06:06Ailleurs, comme s'il y avait eu une menace Sarkozy.
06:08Il n'y a pas de menace Sarkozy.
06:10Donc il n'y avait pas d'exécution immédiate.
06:10Mais aujourd'hui, celle qui est menacée, c'est la présidente du tribunal,
06:14qui a reçu des menaces de mort.
06:15C'est inacceptable.
06:16C'est inacceptable de menacer les magistrats.
06:18Est-ce qu'il n'a pas provoqué cela aussi ?
06:20Je vous le dis, je fais avec vous de la pédagogie.
06:23Ce n'est pas aux magistrats qu'il faut s'en prendre,
06:25c'est aux textes de loi.
06:26Mais est-ce que Nicolas Sarkozy, en réagissant si fort,
06:28n'a pas provoqué aussi cette haine qui se dirige désormais contre les magistrats ?
06:32Vous savez, le sentiment d'injustice, c'est quelque chose de très fort.
06:35Et quand vous le ressentez, quelquefois, vous avez du mal à le maîtriser.
06:38C'est sans doute ce qui peut vous secouer le plus.
06:40Et donc, quand vous avez ce sentiment de haine, ce sentiment d'injustice,
06:44il est très difficile de le maîtriser.
06:45Je comprends qu'après toutes les heures de procès qu'il a eus,
06:49après toutes les manœuvres, ses avocats écoutés,
06:51un certain nombre de choses qui ont été, d'une certaine manière,
06:54un peu, pour lui, extraordinairement pénétrante et douloureuse.
07:00Donc, je pense que c'est normal qu'il ait ses propres réactions.
07:04Tout le monde aurait sans doute ce type de réaction.
07:06Mais aujourd'hui, quand on n'est pas content d'un dispositif,
07:09on essaie de le changer.
07:10Et donc, ce n'est pas le magistrat qu'on a.
07:12Le magistrat, il applique la loi.
07:13Quand on est politique, c'est-à-dire notamment qu'on est au Parlement,
07:16là, je pense qu'on a à changer et de dire que l'exécution immédiate
07:22est réservée aux individus menaçants.
07:24Il y a aussi un débat sur l'impartialité des juges.
07:27On a appris que cette présidente avait manifesté en 2011,
07:31lorsque Nicolas Sarkozy était aux affaires,
07:34contre sa politique pénale, puisqu'elle était syndicaliste.
07:37Est-ce que ça vous choque d'apprendre que des magistrats
07:39font finalement de la politique ou du syndicalisme ?
07:42Je le sais depuis longtemps.
07:44Ce n'est pas nouveau.
07:46Et dans notre pays...
07:46Est-ce qu'ils devraient être syndiqués, les magistrats ?
07:49C'est une question qui peut être posée.
07:51Les militaires ne le sont pas autorisés.
07:54C'est une question qui peut être posée.
07:56Moi, personnellement, ça ne me choque pas,
07:58parce que je crois à l'éthique.
07:59Et je crois qu'on peut avoir des positions personnelles
08:01dans ma vie de responsable de pays,
08:04comme président de région, comme député européen,
08:06comme parlementaire français, comme ministre,
08:07comme Premier ministre.
08:08J'ai souvent eu des décisions à prendre
08:10qui n'étaient pas forcément toujours en phase
08:12avec mes convictions.
08:13Mais au nom de l'éthique, je devais les prendre.
08:15Et j'ai créé la distance entre ma conviction et l'éthique.
08:18Et donc, je sais, c'est l'éthique qui doit conduire la décision.
08:22Et je pense que l'éthique des magistrats...
08:25Là, c'est le droit qui doit conduire la décision.
08:27Oui, mais c'est le fait de mettre ses convictions en retrait.
08:30Parce que quelquefois, le droit, c'est le cas,
08:32le droit donne des capacités d'interprétation.
08:34Et est-ce que vous croyez qu'ils les mettent en retrait
08:36vis-à-vis de Nicolas Sarkozy ?
08:37Je pense que vous êtes quand même malicieux.
08:40Vous voulez me faire dire des choses ?
08:41Non, pas du tout.
08:42Je ne veux pas, comme républicain, penser que...
08:45Parce que vous parlez de vous-même en disant...
08:47On a inventé la politique pour lutter contre la violence.
08:50Notre société est terriblement violente.
08:52La seule façon de lutter contre la violence,
08:54c'est la règle commune.
08:56C'est le droit qui nous protège.
08:57C'est le droit qu'il faut défendre
09:02et c'est le droit qu'il faut améliorer.
09:03Et donc, c'est au Parlement qu'on doit faire.
09:05Et il faut faire confiance aux magistrats
09:06pour qu'ils aient une éthique.
09:08De temps en temps, on peut avoir le sentiment contraire,
09:10mais ce n'est pas un homme politique aujourd'hui
09:12d'aller faire le procès.
09:13Le mur des cons a laissé des traces.
09:15Vous le savez bien.
09:16Alors, c'était le syndicat de la magistratie.
09:18D'ailleurs, Nicolas Sarkozy a été épinglé sur ce mur.
09:20Mais bien sûr, c'était inacceptable,
09:23ce type d'attitude.
09:24Il y a des choses qui sont inacceptables
09:25dans les comportements, bien sûr.
09:27Mais je pense qu'il y a un homme responsable
09:29qui est un responsable politique.
09:31Il doit se dire,
09:32si je ne suis pas content de ce jugement,
09:34c'est sur le droit que je dois travailler.
09:35Et ce n'est pas sur la liberté du magistrat.
09:38Non, mais je voulais juste vous entendre dire
09:39dans le cas inverse
09:40que les juges ne sont pas politisés.
09:42Alors, à vos yeux,
09:42est-ce qu'on peut faire l'affirmation inverse ?
09:45Je pense qu'évidemment,
09:46il y a des juges politisés.
09:48Qu'est-ce que ça veut dire politisés ?
09:49Ils sont comme tous les autres Français.
09:52Ils sont politisés.
09:53La question, c'est que je crois
09:54que la magistrature,
09:56c'est une éthique.
09:57Cette éthique,
09:58elle s'apprend dans les écoles.
09:59C'est quelque chose
10:00qui est un exercice professionnel,
10:02tout comme le médecin
10:03qui respecte un certain nombre
10:06de règles éthiques.
10:08Et je pense que
10:08prendre de la distance
10:09avec la politique,
10:11quand on est responsable,
10:12ça s'appelle l'éthique.
10:13Moi, ça m'est arrivé très souvent.
10:14Parce qu'il y a un moment...
10:15Et pour se parler franchement,
10:16les responsables de droite
10:17ne sont pas plus victimes aujourd'hui
10:18de décisions de justice dures
10:20pour vous que les responsables de gauche.
10:21Mais droite ou gauche,
10:22je parle d'un cas
10:23qui est Nicolas Sarkozy,
10:24qui est président de la République.
10:25Mais lui, il élargit le problème.
10:27Oui, mais traitons ce cas-là.
10:28Parlons de ce cas-là.
10:29Parce que les autres cas
10:30sont tous très différents.
10:32Mais pour ce qui est de ce cas-là,
10:33il est évident
10:34que cette décision de justice
10:36a créé un choc dans l'opinion.
10:37Ça existe.
10:38On en parle partout.
10:39Donc, j'ai regardé
10:40les heures d'émission.
10:41Parce que c'est la première fois
10:41qu'on va mettre
10:42un ancien président en prison.
10:43Oui, et parce qu'il y a quand même
10:45un désaccord
10:46qui existe dans les débats
10:48sur ce sujet.
10:48Est-ce que vous irez le voir en prison ?
10:50Ça, je ne sais pas.
10:51Je verrai ça avec lui.
10:52Mais si ça lui fait plaisir...
10:53Mais potentiellement...
10:54Mais ça, je pense
10:56qu'il est tout à fait possible.
10:59Ça n'enlève pas le respect
11:00que j'ai pour ce qu'il a fait.
11:02J'ai eu des désaccords durs avec lui.
11:04J'ai des désaccords
11:04qui ne sont pas effacés.
11:06Mais j'ai des désaccords
11:06et j'ai un respect.
11:08Et d'abord,
11:08pour la fonction qu'il a exercée
11:09au président de la République
11:10et pour ses qualités personnelles.
11:12Je l'ai vu.
11:12Ça abîme la France.
11:14Est-ce que ça abîme la France
11:15ou c'est juste une histoire d'un homme ?
11:17Je pense que ça ne fait pas bien la France.
11:20Mais il ne faut pas exagérer non plus.
11:22De nombreux pays ont connu
11:24un certain nombre de secousses
11:25de cette nature.
11:27Que la vie française soit agitée,
11:30que la politique ne soit pas sacralisée
11:33comme il est dans d'autres pays,
11:34c'est un peu ce qu'est son,
11:37cette démocratie assez vivante
11:38et de culture un peu révolutionnaire.
11:40Est-ce que le président Macron
11:42doit le gracier,
11:44puisqu'il en a le pouvoir ?
11:46Je pense que le président Sarkozy
11:48a répondu lui-même à cette question
11:50qu'à partir du moment
11:51où le président exige
11:53qu'il reconnaisse les faits,
11:54qu'il s'affirme coupable
11:55et qu'il veut défendre son innocence,
11:57le sujet n'est pas posé.
11:59Donc, visiblement,
12:00Nicolas Sarkozy n'est pas prêt
12:01à accepter l'inacceptable.
12:05Ce serait inacceptable ?
12:07– De son point de vue.
12:08– De le gracier, oui.
12:09– De son point de vue,
12:10parce que ce qui est inacceptable,
12:12c'est de reconnaître sa culpabilité.
12:14– Une grâce serait-elle acceptable ?
12:17– À partir du moment où la grâce
12:19est impréalable qu'il l'accepte,
12:20elle n'est pas acceptable
12:20parce qu'il ne veut pas accepter forcément.
12:23– Il nous reste quelques minutes,
12:24un mot sur la situation politique du moment.
12:26On a un Premier ministre
12:27qui lui-même avoue être le plus faible
12:29de la Ve République, Sébastien Lecornu.
12:31Vous êtes d'accord avec ça ?
12:32– Un Premier ministre sans majorité,
12:34ce n'est pas un ministre très fort.
12:35Parce que, qu'est-ce que c'est qu'un Premier ministre ?
12:37C'est le chef d'une majorité.
12:39Et donc, quand on n'est pas en majorité,
12:41et là, il n'y a pas de majorité à l'Élysée,
12:43il n'y a pas de majorité à Matignon,
12:44il n'y a pas de majorité au Parlement.
12:45Donc, dans la Ve République,
12:47l'articulation principale, le fait essentiel,
12:49c'est le fait majoritaire.
12:50Qu'il n'est où ?
12:51Ce fait majoritaire,
12:52il n'est dans l'élection présidentielle
12:53au deuxième tour,
12:54car il n'y a que deux personnes.
12:55Et donc, celui qui est en tête,
12:57il a forcément une majorité.
12:59Et donc, dans ce contexte-là,
13:00le Premier ministre, naturellement,
13:01est dans une situation fragile.
13:03Est-ce qu'il doit faire des concessions
13:05sur la justice fiscale
13:06réclamées par nombre de Français
13:08et par le Parti Socialiste,
13:09ou au contraire, il doit tenir bon,
13:10il ne faut pas davantage taxer les entreprises ?
13:11Moi, je propose,
13:12je propose qu'ils comprennent,
13:14et plutôt l'exemple, sur l'Allemagne.
13:16Ce n'est pas au Premier ministre
13:17d'avoir une proposition
13:18pour que les gens disent oui ou non.
13:20C'est de mettre ensemble,
13:22dans une pièce,
13:23les gens qui veulent essayer
13:24de sortir de cette affaire.
13:26Ça, ils n'y arrivent pas.
13:27On n'a pas le temps.
13:28Parce que là, ils les reçoivent les uns après les autres.
13:30On n'a pas le temps qu'il faut.
13:32Ils sont d'accord.
13:33Je pense que ce n'est pas
13:35en ayant une proposition de l'un
13:36et une proposition de l'autre,
13:37comme ça, séparément,
13:39qu'on en sortira.
13:39Ça ne me dit pas ce que vous pensez
13:40sur la justice fiscale.
13:42La taxe Zuckman, c'est votre truc ?
13:44Bien sûr que non.
13:45Comment voulez-vous que ce soit mon truc ?
13:46Je suis quelqu'un de raisonnable.
13:48Je suis en plus quelqu'un de juste.
13:50Et quelqu'un qui veut des emplois pour mon pays.
13:52Et qui veut de l'innovation.
13:52Et qui veut des gens créatifs.
13:54Et des gens qui investissent.
13:55Et donc, je ne suis pas pour qu'on taxe
13:57les biens professionnels.
13:58Je suis pour qu'on protège l'activité.
14:00On a quand tous les pays,
14:02tout autour de nous,
14:03travaillent souvent...
14:03Vous avez vu que les Français,
14:04dans les sondages, sont très favorables.
14:05Ça dit quoi, ça, d'ailleurs ?
14:06Que les Français, finalement,
14:08voudraient qu'on taxe davantage les plus riches ?
14:10Ça dit deux choses.
14:12La première, c'est que le travail
14:13n'est pas tout à fait à la mode.
14:15Et que la deuxième,
14:15c'est que les salaires ne sont pas assez élevés.
14:17Justement.
14:17Parce que c'est pour que les gens
14:18aient plus envie de travailler.
14:19Il est encore envoyé.
14:20On parlait de la restauration tout à l'heure.
14:22Quand je vois tous ces restaurateurs
14:23qui sont obligés de limiter
14:24leur nombre de tables en terrasse
14:25parce qu'ils n'ont pas assez de personnel.
14:27Et qu'on voit que les gens, aujourd'hui,
14:30refusent un certain nombre de travaux,
14:31en général.
14:33Pas parce que l'emploi ne leur plaît pas forcément,
14:35mais surtout parce que le salaire est trouvant.
14:38Justement, aujourd'hui,
14:39il y avait une réunion avec les alliés
14:40du Bloc central du Socle commun.
14:42Et Sébastien Lecornu a dit
14:43que son futur gouvernement
14:44ferait des propositions de baisse d'impôts
14:46en faveur du travail.
14:48Donc, ça veut dire qu'on va alléger sûrement
14:50certaines cotisations
14:51ou certaines chars.
14:52Ça va dans le bon sens.
14:53Et ça va vraiment dans le bon sens.
14:55Il faudra trouver des recettes ailleurs quand même.
14:56Mais il faudra trouver des recettes.
14:58Et des économies, surtout.
15:00Le sujet numéro un de la France,
15:02c'est les économies.
15:03Mais là, personne n'ose vraiment en faire.
15:04C'est quand même toujours très flou.
15:06Oui, et c'est pour ça que je pense vraiment
15:08que la méthode, aujourd'hui,
15:10ce n'est pas une méthode
15:11comme elle est toujours, elle est publique.
15:14Il faudrait que les gens s'enferment
15:15pour que chacun puisse négocier entre eux.
15:20se dire qu'il y a une victoire socialiste
15:21sur tel sujet,
15:22il y a une victoire des LR sur tel autre.
15:24On arrive à trouver un équilibre.
15:26Il faut prendre la méthode des Allemands.
15:28On veut faire des coalitions,
15:29on veut organiser les choses.
15:30On voudrait que les socialistes
15:32et les LR puissent s'entendre.
15:34C'est possible, ça ?
15:35Ça, c'est possible.
15:36Sans fregner ?
15:36Mais c'est possible à condition
15:38qu'on ait ce qu'on fait quelquefois
15:40pour les élections municipales.
15:41On fait des listes municipales ouvertes,
15:44mais on passe du temps à définir un programme.
15:46On passe du temps à définir un programme.
15:48Les Allemands, ils passent deux mois
15:49à définir leur programme de coalition,
15:52mais une fois qu'ils sont élus,
15:53ils ont 300 pages,
15:54et ils appliquent le programme.
15:55Mais nous sommes les Français.
15:56Et vous ne pensez pas comme Édouard Philippe
15:58que la dissolution est inéluctable ?
16:00Je pense comme Édouard Philippe en général.
16:02Justement, c'est pour ça que je vous demande.
16:03Et en particulier,
16:05en effet,
16:06il y a un moment où les choses
16:07vont devenir très difficiles,
16:09et ce sera sans doute...
16:11La dissolution.
16:12Mais la dissolution,
16:13ça a été inventé
16:14pour un jour de succès.
16:16C'est le jour où le président de la République
16:17n'a pas de majorité,
16:18qu'il dit aux Français
16:19« Vous venez de me donner une victoire,
16:22donnez-moi le Parlement
16:23pour que je puisse agir. »
16:24Donc ce serait une nouvelle crise.
16:24Et donc conformez ça.
16:25Là, on a fait une dissolution
16:26un jour de défaite.
16:28J'ai été battu.
16:28Confirmez-moi ma défaite.
16:29Ils ont confirmé la défaite.
16:31On est dans une situation
16:33où je pense que la dissolution
16:35n'aurait pas forcément
16:36de très bons résultats.
16:38Et simplement,
16:38la présidence est anticipée ?
16:40Je pense qu'à un moment,
16:41naturellement,
16:42c'est quelque chose
16:43qui s'imposera.
16:43Je ne suis pas favorable
16:45à demander la démission
16:46du président.
16:48La révocation,
16:49tout cela me paraît républicain.
16:52Le président est élu
16:52pour une certaine durée.
16:53Il doit assumer cette durée.
16:54Si on commence
16:55à faire démissionner
16:57les gens quand ils sont en place,
16:58ça va être pour les maires,
16:59ça va être pour les députés.
16:59Dès qu'il y aura des désaccords,
17:01on les mettra dehors.
17:01Or, la stabilité,
17:03c'est quelque chose
17:04qui est très important,
17:05notamment socialement.
17:06C'est la stabilité
17:07qui, pour les plus fragiles,
17:09est la plus profitable.
17:10Merci, Jean-Pierre Raffarin.
17:11Merci d'avoir été venu.
17:11Merci à vous.
17:12Vous avez été déçu
17:13par François Bayrou ou pas ?
17:15Non, je le connais
17:16depuis longtemps.
17:17Merci, Jean-Pierre Raffarin.
17:19Non, mais c'est positif.
17:21Ah bon, ah bon,
17:22c'est positif.
17:23Des compliments comme ça,
17:24on en redemande, effectivement.
17:26Que vous êtes malveillants.
17:27Merci, merci,
17:29Jean-Pierre Raffarin.
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