00:00Il est midi 32 sur Europe 1 et Lyot 2, allez-vous, ça continue jusqu'à 13h et cap à présent sur la politique française avec notre nouveau Premier Ministre Sébastien Lecornu
00:08qui a dévoilé ses pistes sur le budget de la France et parmi ses premières déclarations, il n'y aura pas de taxe Zuckmann.
00:14L'étoile filante Zuckmann, adios, afuera, il ne le dit pas comme ça, attention, mais c'est ce qu'on comprend en substance,
00:22on est toujours avec Thomas Bonnet du service politique de CNews et Georges Fenech, ancien député, ancien magistrat.
00:29Alors qu'a dit Sébastien Lecornu ? Et j'ai hâte d'avoir les auditeurs sur ce sujet, parce que vous savez, dans le monde médiatico-politique,
00:36c'est taxé, il faut taxer, il faut taxer, il faut encore plus taxer, on est les champions du monde.
00:40Au niveau de l'OCDE, on est déjà les plus...
00:41Non mais c'est extraordinaire, on est les champions du monde, mais il faut taxer encore un peu plus.
00:44Il le dit d'ailleurs, il le dit dans son article, dans son interview.
00:46Sébastien Lecornu, justement.
00:48Oui, on est les plus taxés de la zone OCDE.
00:50Que dit-il ? Est-ce que la taxe Zuckmann est la bonne réponse ? Il se pose la question.
00:54La seule réponse, deuxième question, personnellement, je ne le crois pas, pour deux raisons.
00:59dernière, elle fait de taxer le patrimoine professionnel, et particulièrement l'outil de travail, usine, machine, brevet, etc.
01:06Je suis frappé de voir que les impacts en termes d'emploi, d'investissement, poursuit-il, et de compétitivité,
01:12ne sont pas suffisamment pris en compte dans ce débat.
01:14L'entreprise n'est pas que l'affaire du patron.
01:17La deuxième raison est que nous avons besoin de capitaux français pour défendre notre souveraineté économique,
01:22vis-à-vis de certaines prédations étrangères.
01:25Enfin, il y a un débat technique, car le président du conseil d'analyse économique,
01:30je ne savais même pas qu'il y avait un conseil d'analyse économique,
01:32établit le rendement de cette taxe Zuckmann à moins de 5 milliards d'euros,
01:36et non 15 ou 25 milliards, comme parfois avancés.
01:41On nous a fait le coup avec Mme Castet, étoile filante.
01:44D'ailleurs, si vous avez des nouvelles de Mme Castet, moi je suis très inquiet pour elle.
01:47C'est l'état des finances de la ville de Paris, on va peut-être éviter de la nommer à Matisse.
01:50Je vous rappelle qu'elle travaillait quand même avec Mme Anne Hidalgo en charge des comptes de la ville.
01:54Elle avait raison Thomas Bonnet.
01:56Mais alors là, en tous les cas, il a dit, ça y est, on signe la fin de la récré.
02:01Alors M. Zuckmann aura peut-être toujours son rond de serviette, j'imagine, sur le service public.
02:05Ils vont perdre les socialistes.
02:06Ils vont perdre les socialistes, vous dites ?
02:08Ah, ça craint fort, oui.
02:09Ça craint.
02:09Ah oui, je pense que le Premier ministre devra se méfier d'un retour sous forme de motion de censure.
02:17C'est ce qui se murmure en tout cas.
02:19Bon, en tous les cas, est-ce qu'il balaie la taxe Zuckmann pour proposer la taxe Lecornu ?
02:25Et là, ça poserait problème, non pas à la gauche, mais à la droite, normalement, Thomas Bonnet ?
02:30Moi, ce que je vois dans les déclarations de Sébastien Lecornu, c'est la victoire de la droite qui fait partie du gouvernement.
02:35Bruno Retailleau, notamment, qui a placé des lignes rouges, qui ont été suivies par le Premier ministre.
02:40Parce que là, dans ce que je lis, quand même, c'est le dernier mot est donné à Bruno Retailleau et à la droite dans son ensemble.
02:45Donc, bye bye la taxe Zuckmann.
02:48C'est pas faute quand même de nous l'avoir matraqué matin, midi et soir, un peu partout sur les médias du service public.
02:54Bon, ben, malheureusement pour lui, il va retourner dans les oubliés de la pensée médiatique.
03:00Malgré tout, le débat n'est pas totalement clos, parce que c'est vrai que dans l'interview,
03:03Sébastien Lecornu dit que des impôts pourraient augmenter sans en dire davantage.
03:07Donc, bon, ben, maintenant, on se demande qui pourrait subir cette hausse d'impôts.
03:11Ce qu'on comprend quand même, c'est que la partie professionnelle, voilà, l'outil de production ne sera épargné.
03:17Et si vous remarquez bien, c'est une demande du Rassemblement National.
03:19Donc, est-ce qu'il n'est pas en train d'essayer de s'acheter une forme de bienveillance de Mme Le Pen et M. Bardella ?
03:24C'est peut-être une piste.
03:25On est avec Antoine. Bonjour Antoine.
03:28Bonjour Ayotte, bonjour à tous.
03:29Vous nous appelez d'où, Antoine ?
03:31Je vous appelle de Compiègne, en Picardie.
03:32Ah, Compiègne, belle ville.
03:35Il y a des grands journalistes qui viennent de Compiègne.
03:38J'ai une pensée pour une journaliste du service public qui travaille désormais à BFM.
03:44Vous allez bien, Antoine ?
03:45Bien, très très bien et vous ?
03:46Bah, écoutez, je suis ravi de pouvoir échanger avec vous.
03:49Est-ce que vous avez finalement épousé la Zucmania ?
03:54Pas facile à dire.
03:55La Zucmania.
03:56Est-ce que vous êtes dans l'équipe de la Zucmania ?
03:59Gabriel Zucman qui a été vraiment l'idole de ces dernières semaines
04:02quand il s'agissait de taxer les ultra-riches ?
04:06Eh bien, pas trop.
04:08Pourquoi ?
04:09Non, je n'ai pas été emmené par cette vague de joie
04:13parce qu'en fait, aujourd'hui, le mot taxe fait pousser des boutons à beaucoup de monde.
04:20Encore une taxe, encore un impôt, encore du prélèvement, encore...
04:24En vrai, on se demande quand est-ce qu'ils vont s'arrêter ?
04:29Jusqu'où est-ce qu'ils sont capables d'aller ?
04:31Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, on n'est pas capables avec tout le prélèvement,
04:36tous les impôts que nous payons à vivre correctement,
04:43d'avoir des services publics qui fonctionnent,
04:45d'avoir des hôpitaux sans tension,
04:50un système carcéral sans manque de moyens ?
04:54Et quand je dis qu'on ne sait pas quand est-ce qu'ils s'arrêteront,
04:57on ne sait pas jusqu'où ils sont capables d'aller,
04:59c'est-à-dire qu'ils trouveront toujours le moyen de réduire le curseur.
05:02Aujourd'hui, ils parlaient de patrimoine à 100 millions,
05:05que ce soit du patrimoine professionnel, du patrimoine privé.
05:09Dites-vous qu'il y a quand même des patrons, aujourd'hui,
05:11pour en avoir côtoyé certains,
05:13qui sont capables, pour quelques dizaines de milliers d'euros,
05:16une fois qu'ils se sont assurés à certains petits chiffres d'affaires,
05:19ils vont juste aller chercher le bon avocat ou le bon expert comptable
05:23qui va mettre en place le petit montage financier,
05:25qui va leur permettre d'optimiser au maximum,
05:29sans forcément faire sortir l'argent à l'étranger.
05:32Mais au moins, d'optimiser au maximum l'argent sur le territoire français
05:35pour s'assurer qu'ils ne dépassent pas les plafonds,
05:38qu'ils n'atteignent pas un certain seuil de chaque côté.
05:40On se retrouve avec une multiplication des dossiers administratifs, des SCI, des...
05:46Vous faites quoi dans la vie ? Parce que vous avez l'air bien informé, Antoine.
05:49Moi, je suis ingénieur télécom.
05:52Je ne suis pas patron, je ne suis rien de tout ça,
05:54mais automatiquement, même si j'ai une position un peu de cadre,
05:59enfin un cadre supérieur, j'ai dans mon entourage
06:03des directeurs, des dirigeants, d'entreprises de toute taille,
06:09que ce soit du très très grand groupe aux petits artisans.
06:15Et automatiquement, ce décalage se voit,
06:17ce décalage et cette tension administrative,
06:20cette tension fiscale se sent à tous les niveaux.
06:23Bien sûr.
06:23Et il faut écouter les patrons de petites et moyennes entreprises,
06:27il faut écouter les grands patrons,
06:29ceux qui créent la richesse, ceux qui créent l'emploi.
06:31Moi, je suis fasciné de voir que dans notre société,
06:35on fait du grand patron un problème,
06:38on fait du patron d'une PME un problème,
06:41au lieu justement de leur donner la parole,
06:44de leur dire, mais comment vous avez réussi à créer,
06:46comment vous avez réussi à innover,
06:49et comment on pourrait multiplier ?
06:50Moi, je veux moins de Gabriel Zuckman sur les plateaux,
06:53et plus de Bernard Arnault, c'est mon avis,
06:55peut-être que je me trompe,
06:56mais peut-être que vous ne le partagez pas, Antoine.
06:57Thomas Bonnet.
06:58Non, mais surtout, ce qui est intéressant,
06:59c'est que quand vous entendez les chefs d'entreprise,
07:00ils ne vous le disent pas,
07:01qu'ils ne veulent pas participer à l'effort,
07:03s'il y a un effort.
07:03Simplement, ils veulent aussi, déjà,
07:05d'une part, relancer l'activité,
07:06donc ne pas taxer l'outil de production,
07:08ça va de soi,
07:09mais surtout que l'argent prélevé soit utile,
07:12et qu'il n'y ait pas cette gabegie d'argent public
07:14qu'il soit dépensé à tort et à travers.
07:16Et donc, Sébastien Lecornu, quand même,
07:17c'est l'accent qu'il met aussi dans cet entretien
07:19sur la réduction des dépenses publiques.
07:20Enfin !
07:21Enfin !
07:22Après, moi, vous savez, je suis comme Saint-Thomas,
07:23je ne crois que ce que je vois,
07:24donc je vais attendre de voir
07:25où il va faire les réductions de dépenses.
07:27En tout cas, je trouve que ça va dans le bon sens,
07:28parce qu'il est temps, effectivement,
07:29de fermer le robinet,
07:31et s'il cherche des idées,
07:32le Premier ministre, on en a deux, trois à lui donner.
07:34Oui, vous avez peut-être le même prénom,
07:36mais vous n'avez rien d'un saint, Thomas Bonnet.
07:37Je vous connais un peu.
07:44Alors, Gabriel Zuckman, la taxe Zuckman,
07:47ça serait intéressant d'avoir quelqu'un qui me dise
07:48« Eh ben, moi, je suis pour. »
07:50Il faut taxer encore un peu plus les ultra-arriques.
07:52On va appeler M. Zuckman.
07:53Ce serait bien de l'avoir.
07:54Vous me trompez de numéro, là, alors.
07:55Ah mince !
07:56Bon, alors, je raccroche.
07:57Au revoir, M. Paul.
07:58Non, je plaisante.
07:59Qu'est-ce que vous en pensez ?
08:01D'abord, je pense qu'on taxe des gens
08:05qui possèdent peut-être des sociétés,
08:07mais qui ne sont pas encore rentables.
08:09Donc, taxer du capital alors qu'il n'y a pas de revenus,
08:12c'est mortifère pour ces sociétés
08:13qui ne sont plus des start-up,
08:15mais qui sont au stade d'après.
08:17Donc, déjà, on va tuer toute l'innovation
08:20parce qu'avant de pouvoir distribuer des dividendes
08:24et en plus des impôts,
08:26il faut que la société soit lancée.
08:27Donc, taxer des gens qui sont levés de fonds,
08:29même pour un milliard ou deux,
08:30et qui perdent de l'argent,
08:32c'est une bêtise.
08:33Après, je pense qu'il y a assez de taxes
08:37sur les entreprises.
08:40Les gouvernements successifs ont voulu
08:42et ont commencé à supprimer les impôts de production,
08:45mais ils n'ont pas allé jusqu'au bout.
08:46Ça aurait été reporté, etc.
08:48Parce que, comparé à nos voisins allemands
08:50et autres pays européens,
08:52on a des taxes sur la production.
08:54C'est-à-dire, avant de gagner quoi que ce soit,
08:56qui sont les plus fortes d'Europe.
08:58On n'est pas allé au bout.
08:59Après, qu'il faille qu'il y ait un sentiment
09:03de justice fiscale,
09:04qu'effectivement,
09:06les bris sont de plus en plus riches
09:07et les pauvres, de plus en plus pauvres,
09:08bien que la France soit, dans ce domaine-là,
09:10la moins mal placée en Europe,
09:12on peut le comprendre
09:13et politiquement,
09:14il faut peut-être faire quelque chose.
09:15Mais la taxe Superman,
09:16c'est le plus mauvais moyen de le faire, d'abord.
09:19Qu'on arrête de taxer
09:21et après de dire
09:22qu'on fait des cadeaux aux entreprises,
09:24tout simplement qu'on taxe moins les entreprises
09:25et qu'on ne leur fasse pas de cadeaux.
09:26C'est ça que c'est le plus simple.
09:27Eh bien, écoutez, vous avez tout dit
09:29et je terminerai juste par ce chiffre,
09:31cher Paul.
09:31Vous m'entendez, Paul ?
09:33Paul ?
09:34On a parlé, Paul.
09:35Paul, est-ce que vous êtes avec nous ?
09:37Ah, Paul, je vais terminer juste par ce chiffre.
09:40En France,
09:41les 10% des foyers percevant le plus de revenus
09:44payent 76% de l'impôt sur le revenu.
09:48Bon, écoutez, j'imaginais,
09:49maintenant on veut aller taxer l'impôt sur les sociétés,
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