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  • il y a 2 jours
Dans son édito du 20/01/2026, Thomas Bonnet revient sur l'usage du 49-3 par Sébastien Lecornu

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Transcription
00:00Alors c'était un changement de stratégie qui était attendu, il semblait inéluctable et à vrai dire on ressent une forme de soulagement en envisageant enfin la perspective de la fin de ces interminables débats budgétaires.
00:10Sébastien Lecornu avait, c'est vrai, promis d'abandonner le 49-3, c'était même l'acte fondateur de son deuxième mandat, né dans le chaos de sa démission précipité par le départ de Bruno Retailleau.
00:20Pour acheter la bienveillance des socialistes, l'ancien ministre des armées avait décidé de battre en retraite, offrant le scalp de la réforme du même nom.
00:27Depuis, c'est un terrain miné de taxes et d'impôts en tout genre qui s'est présenté devant lui. Malgré tout, des couleuvres ont été avalées au nom de la sacro-sainte stabilité.
00:36Stabilité, c'est le mot sympa que le gouvernement a trouvé pour dissuader toute censure et tout retour aux urnes.
00:42Entre perdre la face en revenant sur sa promesse et perdre son poste, Sébastien Lecornu a donc tranché pour la première option.
00:48Pour justifier sa décision, il a évoqué le sabotage du RN et de LF.
00:52Et c'est un fabuleux cadeau. De fait, voici les deux partis installés officiellement comme les seuls partis d'opposition.
00:59Ils n'en demandaient pas tant. En votant les motions de censure, les voici comme les seuls à assumer une ligne claire.
01:04Car oui, ça peut paraître bizarre, mais en démocratie, les oppositions s'opposent.
01:07En miroir, voici le PS et LR coincés dans le soutien à un gouvernement minoritaire, obligés d'accepter un passage en force consenti.
01:15Le PS a au moins obtenu des mesures concrètes quand les LR se sont contentés de limiter la casse sur quelques impôts.
01:21Mais tout est bon pour ne pas avoir à retourner aux urnes.
01:24Nous vivons une période fabuleuse où la vue d'un électeur donne de l'urticaire à de nombreux élus,
01:29conscients que leur élection doit plus aux tactiques de barrage qu'à une réelle adhésion politique.
01:33Pour vous, le responsable se trouve à l'Elysée ?
01:36Bien sûr, c'est Emmanuel Macron qui a saboté, pour reprendre l'expression, la vie politique française en décidant d'une dissolution inconsidérée.
01:42C'est lui aussi qui n'en a pas tiré les leçons en admettant sa défaite aux élections législatives qui ont suivi.
01:47Lui qui s'est informé dans le déni de son échec.
01:49Il y a quelque chose de véritablement crépusculaire à voir les premiers ministres défiler
01:54et jouer les contorsionistes pour faire adopter des budgets que les Français ne valident pas.
01:58Il y a quelque chose de profondément antidémocratique au fait de décréter « persona non grata »
02:02et la FI et le RN du jeu politique, excluant de fait des millions de Français.
02:06Le slogan d'Emmanuel Macron, c'est « moi ou le chaos ».
02:09Nous avons, lui, et le chaos, le chaos politique, budgétaire, sécuritaire, migratoire.
02:14Et si le 49-3 devrait permettre de lever le blocage budgétaire pour un temps,
02:18notre pays reste coincé dans l'immobilisme politique sur tous les autres sujets.
02:22Et chaque jour qui passe est donc un jour de perdu pour s'attaquer aux problèmes qui minent le quotidien des Français.
02:27La seule question, en fait, c'est de savoir vers qui les Français se tourneront pour les sortir de ce marasme.
02:31De fait, ceux qui évitent la chute du gouvernement aujourd'hui risquent d'apparaître demain
02:36comme comptable du bilan d'un pouvoir en décrépitude
02:38et dont le maintien en vie ressemble de plus en plus à de l'acharnement thérapeutique.
02:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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