00:0016h-18h, Pascal Praud sur Europe 1.
00:04Si vous nous rejoignez à l'instant et que vous sortez peut-être du travail,
00:09sachez que nous évoquons évidemment la condamnation de Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison.
00:14Et nous l'avons entendu une première fois tout à l'heure,
00:17mais nous pouvons peut-être réentendre l'essentiel de ce qu'a dit celui qui fut président de la République entre 2007 et 2012.
00:23Ce qui s'est passé aujourd'hui dans cette salle du tribunal correctionnel de Paris
00:31est d'une gravité extrême pour l'état de droit, pour la confiance qu'on peut avoir pour la justice.
00:39Plus de 10 ans d'enquête, des millions d'euros dépensés pour trouver un financement libyen
00:46dont le tribunal correctionnel vient de dire qu'il n'a pas pu, et pour cause, être trouvé dans ma campagne.
00:53Le tribunal était plus loin en déclarant solennellement que le document Mediapart
00:59qui était à l'origine de cette procédure était, je cite, un faux.
01:06J'ai été renvoyé devant ce tribunal pour 4 délits.
01:09Sur 3, j'ai été relaxé.
01:12Pas de financement trouvé, pas de corruption.
01:15Je suis donc condamné pour avoir prétendument laissé faire deux de mes collaborateurs
01:25qui auraient eu l'idée, l'idée d'un financement illégal de ma campagne.
01:32Cela fait deux fois que Nicolas Sarkozy, dont je combats les idées, est condamné
01:37non parce qu'il aurait commis des délits, mais parce qu'il en aurait supposément eu l'intention.
01:43Ah voilà.
01:43La justice est souveraine, mais amoureux des libertés, je ne trouve pas cela conforme à l'esprit des lois.
01:48Et ces quelques mots sont signés Denis Olivene.
01:51Et je trouve qu'il résume assez bien ce que nous pouvons penser.
01:57Oui, et puis en très peu de mots et avec une certaine hauteur d'ailleurs de vue,
02:04on peut comprendre et adhérer à ce que dit Denis Olivene.
02:08Je serais curieux quand même de découvrir la Une de Libération demain.
02:11Oui, mais il n'intervient pas sur l'éditorial.
02:14Comme ça, ça peut vous choquer, mais c'est ainsi.
02:17Moi, je le converse de temps en temps avec lui.
02:21Voilà, il s'interdit et il dit d'ailleurs qu'il n'est pas souvent d'accord avec l'éditorial,
02:26notamment sur les positions de Libé avec Jean-Luc Mélenchon.
02:29Non, mais les juges ont toujours rêvé de se faire la peau de Sarkozy.
02:32Oui.
02:33C'est clair.
02:34Donc, que souvenez-vous...
02:35Non ?
02:36Ah ben non, mais je trouve ça scandaleux.
02:37Ce que vous dites est effrayant, en fait.
02:38Oui, rappelez-vous.
02:39Mais pourquoi ça date du mur des cons ?
02:40Le mur des cons, rappelez-vous.
02:42Petit pois, qu'est-ce qu'on lui a reproché ?
02:43Qu'est-ce que les juges...
02:44Rafflez cette affaire de Petit pois, parce que je ne suis pas sûr que les gens...
02:46Les petits pois, c'était le mauvais interprète.
02:48Il avait dit, effectivement, à la cour de cassation,
02:50il avait vu tous ses magistrats avec la même robe, la même toge,
02:54le même profil, comme les mêmes profils des petits pois.
02:57Il avait dit, ils sont tous alliés comme des petits pois.
02:58Et c'est là que l'idée lui est venue...
02:59Enfin, c'est là qu'il s'est dit, il faut de la diversité,
03:02et qu'il va le nommer Rachida Dati, garde des sous.
03:05Oui, et puis il a voulu aussi supprimer le juge d'instruction.
03:07Et il a voulu supprimer le juge d'instruction,
03:08on l'a dit, ah ben, parce qu'il veut se débarrasser de son juge, c'est pour ça.
03:11Ensuite, il a...
03:12C'est-à-dire qu'on commençait à parler des affaires,
03:16et les juges disaient, oui, il veut supprimer les juge d'instruction
03:18pour pas qu'il ait d'ennui lui-même, voyez-vous.
03:21Et à l'époque, il y avait l'affaire Claire Stream, Van Rynbeek, etc.
03:24Mais il y a des justices qui fonctionnent sans juge d'instruction.
03:27Mais on est les seuls, aujourd'hui, en Europe, dans tous les Occidentaux.
03:30Les Etats-Unis, ils en ont pas.
03:31L'Allemagne l'a supprimé, l'Italie l'a supprimé,
03:34il reste la Belgique et nous.
03:35Alors, comment sont instruis les affaires ?
03:36De manière accusatoire, par le parquet, qui est autonome.
03:39Un parquet autonome, la défense,
03:41et au milieu, un juge des libertés, la détention.
03:43Qui est un système beaucoup plus équilibré.
03:45Après le juge d'instruction, il est à la fois maigret et Salomon.
03:49Il est à la fois flic et juge.
03:51Bon, manifestement, il est plus souvent maigret.
03:53C'est la formule de Badinter.
03:56C'est très intéressant ce que vous dites, Georges.
03:58Donc, bien sûr, quand vous êtes réveillés.
04:01Et à vous, ça peut reprendre.
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