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00:00A 13h19, Philippe Mathias, le moment d'accueillir vos deux chroniqueurs pour décrypter l'actualité de ce jeudi 25 septembre.
00:08Avec vous, le journaliste politique au journal du dimanche, Jules Therès, le chroniqueur politique Jean-Claude Dacier.
00:13Nous on rejoint aussi en studio, William Modigli du service police-justice de Repin et Louis Dragonel, chef du service politique de Repin.
00:20Bonjour à tous, on est nombreux aujourd'hui, mais il y a une actualité qu'il convient de décrypter.
00:25L'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, a été relaxé ce matin des chefs de corruption passive, de détournement de fonds publics libyens et de financement illicite de campagne électorale.
00:36Mais reconnu coupable d'association de malfaiteurs par ce même tribunal correctionnel de Paris.
00:41On est toujours dans l'affaire des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de 2007.
00:46Et pourtant, William Mollinier est pourtant 5 ans de prison ferme, c'est ce que vient de décider le tribunal correctionnel de Paris.
00:54100 000 euros d'amende, on ne comprend pas bien ce coup de théâtre.
00:585 ans de prison ferme, effectivement, avec mandat de dépôt différé.
01:03Cela veut dire concrètement que le tribunal correctionnel veut que Nicolas Sarkozy fasse quelques jours en prison.
01:14Concrètement, comment ça va se passer ? Vu que le mandat de dépôt est différé, cela veut dire qu'après l'audience d'aujourd'hui qui va se terminer, une date va être fixée avec l'exécution des peines,
01:28au cours de laquelle ils vont se mettre d'accord sur un jour d'entrée en détention pour Nicolas Sarkozy.
01:41Et le jour où Nicolas Sarkozy rentrera en détention, il pourra, en tout cas ses avocats, pourront formuler une demande de remise en liberté qui sera ensuite évaluée.
01:51Mais concrètement, cela veut dire effectivement qu'il y a un mandat de dépôt différé qui a été prononcé et que donc le tribunal veut envoyer Nicolas Sarkozy en prison.
02:01Donc pas tout de suite ?
02:02Pas tout de suite.
02:03Mais ?
02:03Mais en tout cas, dans les cinq mois qui viennent, Nicolas Sarkozy sera incarcéré.
02:10Mais Louis Dragnel !
02:11Ce qui est très important quand même dans cette histoire, c'est que quand on regarde le détail de ce qui a été décidé,
02:18tout ce qui a été reproché par le parquet national financier et par Mediapart concernant Nicolas Sarkozy,
02:23à savoir le financement illégal de campagne qui était supposé libyen et la corruption,
02:28pour le coup, Nicolas Sarkozy est totalement relaxé.
02:31En revanche, c'est pour un autre chef d'accusation pour lequel Nicolas Sarkozy est condamné,
02:36c'est pour l'association de malfaiteurs.
02:39Et je cite William Molinier qui est en face de moi puisque c'est lui qui m'a précisé ça tout à l'heure.
02:43C'est parce qu'on reproche à Nicolas Sarkozy d'avoir laissé ses collaborateurs envisagés de permettre des contreparties à certaines personnes.
02:53Alors, il faudra qu'on voit quand même le jugement de la manière avec laquelle c'est rédigé,
02:57parce que pour l'instant, c'est très flou.
02:58On ne sait pas exactement, on ne sait pas précisément ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy
03:02et la raison pour laquelle il a été condamné à ses cinq années de prison.
03:06Mais c'est ça, c'est la peine qui paraît très lourde.
03:08Mais il faut bien retenir qu'il n'y a plus d'histoire de financement libyen.
03:11Tout ce qu'on nous a raconté pendant dix ans, depuis la campagne perdue de 2012 de Nicolas Sarkozy,
03:18tout ça, c'est complètement faux.
03:19La justice considère qu'il n'y a pas eu de financement libyen, il n'y a pas eu de financement illégal de campagne,
03:24il n'y a pas eu de corruption, et même que le document qui a servi à Mediapart pour commencer le début de ses enquêtes,
03:30juste avant la campagne présidentielle, il faut quand même rappeler le contexte que Nicolas Sarkozy a perdu,
03:35tout ça, c'est faux.
03:37Le document de Mediapart est faux, et donc tout ça, c'est faux.
03:40Ils retiennent simplement une qualification, voilà, association de malfaiteurs.
03:43Et là, il a le maximum légal.
03:46Et le maximum.
03:47Cinq ans.
03:47Cinq ans de prison ferme.
03:49Si on peut, toujours, pour expliquer les choses aux auditeurs, ce qui est très pervers dans cette décision,
03:55c'est que pendant toute la matinée, on a entendu le fait que Nicolas Sarkozy était relaxé du financement libyen,
04:01ce qu'on vient de se dire.
04:03Donc tout le monde, on va se raconter la vérité, on va se dire les choses,
04:05s'attendait à ce que Nicolas Sarkozy ne soit pas condamné à une peine de prison ferme avec mandat de dépôt,
04:10et donc qu'il dormait en prison.
04:11Donc, la présidente du tribunal, Madame Gavarino, a aussi laissé croire à Nicolas Sarkozy,
04:18laissé penser, pendant toute cette matinée, qu'en réalité, ça allait plutôt bien se passer.
04:22Et coup de théâtre, ça, c'était pas prévu du tout.
04:25La sanction tombe, Nicolas Sarkozy est condamné à cinq années de prison, avec mandat de dépôt,
04:30et d'autres prévenus aussi, je pense notamment à Alexandre Djoury,
04:34qui lui, mandat de dépôt immédiat, donc il dort ce soir en prison.
04:37Oui, les peines sont lourdes, mais c'est de ce coup de théâtre, finalement, qu'on parle ce matin.
04:44Jean-Claude Dessier, Jules Torres, Jules Torres pour commencer.
04:46Oui, mais c'est vrai que c'est un coup de théâtre politico-judiciaire auquel on assiste.
04:51C'est vrai que tout le monde se disait ce matin, quand on voyait que les chefs d'accusation,
04:55de corruption, de recel, de financement de campagne étaient écartés,
04:58qu'on n'avait finalement que l'association de malfaiteurs, mais là aussi, c'est un scandale.
05:03En réalité, on sanctionne Nicolas Sarkozy, c'est très simple, on lui a dit finalement,
05:07vous ne saviez pas, mais vous auriez dû savoir.
05:10Ce que vos collaborateurs, ce que vos plus proches collaborateurs ont fait, vous auriez dû savoir.
05:14En réalité, c'est la même chose qu'on retrouve dans l'affaire Bismuth,
05:17c'est la même chose qu'on retrouve avec les récentes affaires de Nicolas Sarkozy.
05:20On voit bien qu'il y a un problème, qu'une partie de la justice, une partie des magistrats,
05:24ont voulu se payer Nicolas Sarkozy.
05:26Cette affaire, elle révèle tout ce qu'on a pu voir depuis 15 ans,
05:30et elle est déminée par les faits.
05:32On vous dit qu'il n'y a pas un euro qui a servi à Nicolas Sarkozy,
05:35pas d'enrichissement personnel, que ça n'a pas financé sa campagne politique de 2012.
05:39Je vous rappelle qu'il a quand même perdu la campagne présidentielle de 2012,
05:42notamment sur ce fait majeur.
05:44François Hollande s'en est servi pendant des mois de campagne
05:47pour dire que c'est finalement comme ce qui est arrivé en 2017 à François Fillon.
05:51Donc en réalité, c'est un naufrage aujourd'hui de notre justice
05:54qui va envoyer un président de la République en prison pour quasiment rien.
05:59Jean-Claude Dacier, comment vous l'interprétez, vous, ce jugement ?
06:01Il faut faire attention à ce qu'on dit, parce que la justice va être très sourcilleuse.
06:05Elle l'est déjà.
06:06Ça fait un bout de temps qu'elle veut se payer Nicolas Sarkozy.
06:09Dépendant avec qui.
06:09Je ne pensais pas que ça irait jusqu'à l'envoyer absolument en prison.
06:13Parce que ce qu'on n'a pas dit, me semble-t-il,
06:15c'est que l'appel que vont faire, probablement,
06:18que vont former les syndicats qui défendent Nicolas Sarkozy,
06:20les avocats, pardon,
06:23ça ne change rien.
06:24Je veux dire que l'appel n'est pas suspensif.
06:26Parce qu'il y a une exécution provisoire de l'incarcération.
06:30Les Français ont fini par apprendre ce que c'était que l'exécution provisoire.
06:33Non, mais ils vont finir.
06:34Bref, c'est vrai qu'on est tout de même abasourdi
06:39par un jugement de cette force et de cette ampleur.
06:42Encore une fois, ça fait 15 ans, c'est pas rien,
06:46la justice a pris son temps pour aboutir à ce brillant résultat.
06:4915 ans que l'affaire a commencé
06:51et qu'on a été incapable de prouver qu'il y avait...
06:56Incapable de le prouver, c'est comme ça ce que le jugement veut dire.
07:00Qu'il y avait une affaire de corruption entre la Libye
07:03et la campagne de Nicolas Sarkozy,
07:06elle a été incapable de le prouver.
07:08Donc, on dit, oui, alors il y a une association de malfaiteurs,
07:12Sarkozy ne pouvait pas ne pas savoir
07:14que ses deux collaborateurs, Guéant, Hortefeu,
07:19allaient rencontrer des personnages plus que douteux,
07:22voire responsables du terrorisme.
07:24Le fameux terroriste de Lockerbie,
07:27où un avion décès, je ne sais plus combien il y a eu de victimes,
07:30c'est considérable.
07:32Monsieur Sénoussi.
07:33Ça prouve que le président ne pouvait ne pas être au courant.
07:37Donc, sur des probabilités, sur des possibilités,
07:41on aboutit à un accord qui fait que les télévisions du monde entier
07:45vont assister dans quelques mois ou quelques semaines
07:47à l'arrivée de M. Sarkozy, un ancien président de la République, en prison.
07:51Jean-Claude, on va revenir sur tous ces aspects.
07:56Juste j'aimerais, pour qu'on soit clair,
07:57parce que déjà que le dossier est tentaculaire,
07:59mais il faut aussi comprendre la justice française.
08:01William Molinier, là, et Jean-Claude Dessier a commencé,
08:04nous en parler.
08:05Il y a donc une peine de 50 prisons
08:07qui a été prononcée à l'encontre de Nicolas Sarkozy
08:10avec mandat différé,
08:12c'est-à-dire mandat de dépôt différé,
08:14c'est-à-dire qu'il ne va pas y aller tout de suite,
08:15qu'il aura un rendez-vous, qu'il entrera ensuite en prison.
08:17Et puisque l'appel n'est pas suspensif,
08:20on imagine, pour l'instant, on ne sait pas encore quand même,
08:22mais on peut imaginer peut-être que ses avocats vont faire appel.
08:25S'il veut sortir de prison, qu'est-ce qu'il doit faire ?
08:28Il doit formuler...
08:29Alors déjà, il doit faire appel.
08:31Il doit formuler une demande de remise en liberté
08:34qui ensuite sera étudiée par la Cour d'appel.
08:38Mais ça peut durer quelques jours,
08:40quelques semaines,
08:42pendant lesquelles Nicolas Sarkozy restera
08:46en prison.
08:49Ce qui est intéressant quand même,
08:51malgré cette peine de prison ferme,
08:55le maximum du quantum de peine
08:57qui est prévu par le Code pénal,
08:58c'est que ça reste malgré tout ce jugement,
09:01un désaveu de la thèse initiale
09:04du parquet national financier
09:06qui soupçonnait Nicolas Sarkozy
09:08d'avoir financé cette campagne électorale de 2007
09:11grâce à de l'argent du régime de Kadhafi
09:14et d'en être le bénéficiaire.
09:16On va évidemment en revenir.
09:18Aider Kadhafi à revenir sur la scène internationale.
09:19On va revenir sur ce dossier,
09:20on va revenir bien sûr sur ce jugement,
09:22on essaie de comprendre ce qui se passe,
09:24la suite du débat dans un instant.
09:2613h28 sur Europe 1.
09:27Louis de Ragnel,
09:29j'aimerais qu'on revienne quand même
09:30sur ce qui s'est passé,
09:31sur ce qu'on a entendu ce matin
09:32au tribunal correctionnel de Paris.
09:34On a entendu un désaveu
09:36de ces 15 ans d'enquête,
09:38de ces révélations de Mediapart
09:39et finalement du parquet national financier.
09:42Absolument.
09:42Le document par qui tout arrive,
09:44c'est un fameux document de Mediapart
09:46qui était censé être une preuve
09:47du financement libyen
09:48de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007.
09:51Eh bien, le tribunal considère
09:52que c'est un faux.
09:53Et puis là, je lis simplement
09:54la condamnation de Brice Hortefeux
09:56et de Claude Guéant.
09:58Eh bien, il est écrit quand même
09:59noir sur blanc
10:00que la preuve d'un financement
10:02n'a pas été établie par la procédure,
10:05mais l'avoir préparé
10:06suffit à caractériser
10:07le délit d'association de malfaiteurs
10:08à estimer le tribunal.
10:10Alors, ça veut dire
10:11qu'il n'y a toujours pas
10:12de financement libyen.
10:13Il n'y a rien du tout,
10:15mais on condamne certaines personnes
10:16parce que les juges pensent
10:19qu'ils ont pensé
10:20au financement libyen.
10:21Donc, il n'y a pas le début
10:22du commencement d'une preuve,
10:24il n'y a pas le début
10:24d'un euro de financement libyen
10:26de la campagne de Nicolas Sarkozy,
10:28d'enrichissement personnel.
10:29Et pourtant, Nicolas Sarkozy,
10:32effectivement,
10:33est condamné pour une autre raison.
10:35Et je trouve qu'on est au cœur
10:36de vraies interrogations.
10:38Et quand on en parle
10:39même avec des magistrats,
10:41quand on en parle
10:41avec des spécialistes,
10:43eh bien, c'est vrai
10:44qu'il y a quelque chose
10:45d'un peu nouveau
10:46depuis quelques années.
10:47C'est qu'il suffit simplement
10:48d'avoir pensé,
10:49d'avoir imaginé quelque chose
10:51qui peut provoquer un délit.
10:52Eh bien, ça vous rend coupable
10:54d'association de malfaiteurs.
10:56C'est ce qui s'est passé
10:56avec Nicolas Sarkozy.
10:58En fait, cette infraction,
10:59elle est aussi...
10:59William Olinier,
11:00du service de police justice de report.
11:01C'est une infraction
11:02de l'association de malfaiteurs
11:03qui est une infraction valise.
11:05Et d'ailleurs,
11:06au cours de l'instruction,
11:07elle arrive tardivement
11:09dans l'instruction.
11:10C'est-à-dire qu'il y a
11:10un réquisitoire supplétif
11:12qui met en examen
11:15Nicolas Sarkozy
11:17pour association de malfaiteurs.
11:18Mais l'enquête a duré 10 ans.
11:21Je crois que ça arrive
11:22au bout de la 7e ou 8e année.
11:24Donc, c'est une fois...
11:25Et d'ailleurs,
11:26ça a été interprété comme ça
11:28par la défense de Nicolas Sarkozy.
11:30C'est que c'est finalement...
11:31Les trois autres chefs
11:32de poursuite
11:34ne tiennent pas.
11:35On n'a pas les preuves.
11:36Eh bien, on va mettre
11:37cette infraction un peu valise
11:38pour pouvoir lui attribuer
11:40quand même quelque chose
11:41au bout du bout.
11:42Et les avocats Nicolas Sarkozy
11:43ont insisté là-dessus
11:44l'absence de preuves.
11:45Et donc, la justice
11:46ne doit-elle pas
11:47se fonder sur des preuves ?
11:48Non mais, on est au cœur
11:51au cœur des politiques.
11:54L'intention, semble-t-il,
11:55si on écoute le jugement d'aujourd'hui,
11:58l'intention suffit
11:59à culpabiliser tel ou tel.
12:03Là, en l'occurrence,
12:04comme tu l'as dit,
12:05il n'y a eu aucune preuve
12:06de quoi que ce soit
12:06dans le financement
12:07de la campagne électorale de 2002.
12:10Il est même dit,
12:11par la présidente de 2007, pardon,
12:13il est même dit
12:13qu'il n'y a pas de...
12:17Et cet argent,
12:1835 000 euros,
12:19qui se balade...
12:19Mais ça, c'est très intéressant.
12:21Ça aussi, c'est le point de départ.
12:22Ils disent qu'il n'est pas arrivé
12:25jusque dans les comptes
12:26de la campagne.
12:26Au début,
12:27l'enquête de Mediapart,
12:28parce qu'en fait,
12:29il faut lier, évidemment,
12:30l'enquête de Mediapart
12:31avec l'enquête
12:32du Parc national financier,
12:34puisqu'il y avait
12:34des remonts entre les deux.
12:36Parfois, ce que n'obtenait pas
12:37le Parc national financier
12:38avec ses investigations,
12:39eh bien, il le faisait
12:40fuiter à Mediapart,
12:41et c'est comme ça
12:42que ça fonctionnait.
12:43Eh bien, s'agissant
12:47quand on a parlé,
12:47qui est un faux,
12:48et Eric Wörth,
12:49parce qu'il y a eu
12:5035 000 euros d'argent...
12:51Et c'est un faux,
12:52ce n'est pas vous qui le dites.
12:52Non, non, ce n'est pas moi.
12:54Non, non, mais précisons les choses.
12:55C'est la présidente du tribunal.
12:56Et les 35 000 euros
12:57qui circulaient en espèces,
12:59qui circulaient dans la campagne,
13:00qui en fait étaient
13:01le fruit de dons
13:02de gens qui donnaient
13:03de l'argent à la campagne,
13:04comme il y en a
13:04dans toutes les campagnes électorales,
13:06eh bien, Mediapart
13:07était convaincu
13:08que c'était une partie
13:09de la somme d'argent libyen
13:11qui émanait
13:11de la banque centrale
13:12de Tripoli.
13:13Sauf que là,
13:14Eric Wörth
13:14est totalement relaxé.
13:16Absolument.
13:17Donc, tout ça,
13:17encore une fois,
13:18c'est une porte qui est fermée.
13:18Même les 35 000 euros,
13:20c'est une estimation.
13:21Ils ont même pas
13:21ce qui est sidérant,
13:23c'est que toutes les portes
13:26essentielles de cette enquête,
13:28financement illégal de campagne,
13:30financement libyen,
13:31toutes les portes
13:31sont complètement fermées
13:33à double tour.
13:34La justice dit aujourd'hui
13:35circuler,
13:36il n'y a rien à voir.
13:36En revanche,
13:37pour des suspicions,
13:38pour avoir imaginé
13:39la possibilité de quelque chose,
13:40et bien Nicolas Sarkozy,
13:42Claude Guéant
13:42et Aubry Sortefeux
13:44sont condamnés.
13:44On est passé de
13:45il n'y a pas eu de financement
13:46illicite de campagne
13:48à
13:48on pense que peut-être
13:50ils ont pensé
13:52et peut-être
13:52que ça a été suggéré
13:53et peut-être
13:54qu'ils ont estimé
13:56qu'il y aurait
13:56une campagne présidentielle
14:00qu'on pourrait financer
14:01avec de l'argent libyen.
14:02Quand on va faire
14:02le décompte total
14:03de cette affaire,
14:04je pense qu'on va
14:05bondir de nos chaises.
14:07C'est-à-dire que ça fait
14:0713 ans
14:08qu'on a ces enquêtes,
14:09ça fait 13 ans
14:10qu'on a des documents
14:11qui sont extrêmement douteux,
14:12qu'on a des témoignages
14:13qui sont extrêmement douteux,
14:16qu'on a des centaines
14:16de convocations,
14:17des centaines de perquisitions,
14:19des millions d'euros.
14:20Il faut le dire quand même,
14:21au frais du contribuable
14:22pour une enquête
14:23qui mène à quoi ?
14:24À une condamnation
14:25de cinq enfermes
14:25avec mandat de dépôt
14:26pour un président
14:27de la République ?
14:28Ou dans le même temps,
14:30on vous dit
14:31qu'il n'y a pas
14:31de financement
14:32et de bénéfices
14:33et d'intérêts personnels,
14:35qu'il n'y a pas
14:35de financement
14:36de la campagne de 2007 ?
14:37Quand on fait
14:38le décompte final,
14:39le temps,
14:40la crédibilité
14:41de notre justice,
14:42est-ce que ça nous a coûté ?
14:43À un moment donné,
14:44il va falloir quand même
14:45se poser la question
14:46de comment on a pu
14:47en arriver là,
14:48comment on a pu
14:48tolérer tout cela.
14:49Ce qui est totalement
14:51ahurissant,
14:52c'est que maintenant,
14:53c'est l'intention présumée
14:54qui est jugée.
14:55On va écouter Nicolas Sarkozy
14:56dans quelques instants.
14:58Ah, c'est bon,
14:59on peut l'écouter.
15:03Mesdames et messieurs,
15:06ce qui s'est passé
15:07aujourd'hui
15:08dans cette salle
15:10du tribunal
15:11correctionnel de Paris
15:13est d'une gravité
15:16extrême
15:17pour l'état de droit,
15:21pour la confiance
15:22qu'on peut avoir
15:23pour la justice.
15:26Plus de dix ans
15:27d'enquête,
15:29des millions d'euros
15:32dépensés
15:33pour trouver
15:36un financement
15:36libyen
15:37dont le tribunal
15:39correctionnel
15:40vient de dire
15:41qu'il n'a pas pu
15:44et pour cause
15:44être trouvé
15:45dans ma campagne.
15:47le tribunal
15:50était plus loin
15:50en déclarant
15:53solennellement
15:54que le document
15:57Mediapart
15:58qui était à l'origine
16:02de cette procédure
16:05était,
16:07je cite,
16:09un faux.
16:09j'ai été renvoyé
16:13devant ce tribunal
16:14pour quatre délits.
16:20Sur trois,
16:23j'ai été relaxé.
16:23pas de financement
16:27trouvé,
16:29pas de corruption.
16:32Je suis donc
16:33condamné
16:34pour avoir
16:36prétendument
16:37laissé faire
16:39deux de mes collaborateurs
16:42qui auraient eu
16:44l'idée,
16:45l'idée
16:46d'un financement
16:49illégal
16:50de ma campagne.
16:54Depuis toutes
16:54ces années,
16:55j'ai assumé
16:55toutes mes responsabilités.
16:59Je n'ai
16:59naturellement
17:00refusé
17:00aucune audience,
17:03j'ai été
17:03mis en garde à vue,
17:06j'ai été
17:06interrogé,
17:09ausculté,
17:11examiné,
17:11de telle façon
17:15que la présidente
17:15du tribunal
17:16a dit
17:16il n'y a
17:18aucun enrichissement
17:20personnel
17:20à vous reprocher.
17:24Pas de financement
17:24illégal
17:25de ma campagne,
17:27pas d'enrichissement
17:27personnel.
17:29Et la conclusion
17:31qu'en tire
17:31le tribunal,
17:33c'est que je dois
17:34passer cinq années
17:35en prison
17:36et alors même
17:38qu'on connaît
17:39mon adresse,
17:41qu'on peut
17:42me reconnaître
17:42dans la rue
17:43que j'ai assumé
17:45toutes mes responsabilités.
17:48Le tribunal
17:49prononce
17:50l'exécution
17:51provisoire
17:52pour me voir
17:54dormir en prison
17:55le plus tôt
17:56possible.
17:59Je demande
18:00aux Français
18:00qu'ils aient voté
18:03ou non
18:03pour moi,
18:05qu'ils me soutiennent
18:06ou non,
18:08d'apprécier
18:10ce qui vient
18:11de se passer.
18:13La haine
18:14n'a donc
18:16décidément
18:17aucune limite.
18:21J'assumerai
18:21mes responsabilités,
18:25je déférerai
18:25aux convocations
18:26de la justice
18:27et s'ils veulent
18:30absolument
18:30que je dorme
18:32en prison,
18:33je dormirai
18:33en prison.
18:35Mais la tête
18:35haute,
18:36je suis
18:38innocent.
18:40Cette injustice
18:42est un
18:43scandale.
18:46Je ne m'écuserai
18:47pas
18:48de quelque chose
18:49que je n'ai pas fait.
18:52Naturellement,
18:52je ferai appel.
18:55Sans doute
18:55devrais-je
18:56comparaitre
18:57les monottes
18:57aux mains
18:58devant la cour
18:59d'appel.
19:02Ceux qui me
19:02haïssent
19:03à ce point
19:03pensent
19:06m'humilier.
19:08Ce qu'ils
19:08ont humilié
19:09aujourd'hui,
19:11c'est la France.
19:13C'est l'image
19:14de la France.
19:16Et si
19:16quelqu'un
19:17a trahi
19:17les Français,
19:19ce n'est pas
19:19moi.
19:21C'est cette
19:21injustice
19:22invraisemblable
19:24auquel
19:25vous venez
19:25d'assister.
19:27Je n'ai
19:27aucun esprit
19:28de revanche,
19:29je n'ai
19:30aucune haine,
19:31mais que
19:32chacun comprenne
19:32bien et l'entende.
19:34Je me
19:35battrai
19:35jusqu'à
19:36mon dernier
19:37souffle
19:38pour prouver
19:39ma complète
19:40innocence.
19:42Je vous remercie.
19:43Voilà les propos
19:44de Nicolas Sarkozy
19:45après sa
19:46lourde
19:46condamnation
19:47ce matin
19:47par le
19:47tribunal
19:48correctionnel
19:48de Paris.
19:50Je demande
19:50aux Français
19:51d'apprécier
19:53ce qui vient
19:53de se passer.
19:54La haine
19:55n'a
19:55décidément
19:56aucune limite.
19:57Voilà ce que
19:58Nicolas Sarkozy
19:58vient de dire.
19:59On en parle,
20:00on en discute
20:00dans Europe 1.
20:01A tout de suite.
20:01Il est 13h44
20:02tout de suite
20:03avec Lélie Mathias
20:03sur Europe 1.
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