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  • il y a 4 mois
Avec Alexis Corbière, député écologiste de Seine Saint-Denis et co-fondateur de l'Après

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##L_INVITE_POLITIQUE-2025-09-19##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, l'invité politique, Maxime Liedot.
00:088h17, mon invité ce matin est Alexis Corbière, député écologiste de Seine-Saint-Denis, co-fondateur de l'Après.
00:12Bonjour.
00:13Bonjour.
00:14Au lendemain de cette manifestation du 18 septembre, vous n'êtes pas trop déçu ?
00:19Au contraire, moi je suis content, je trouve que c'est un succès.
00:22Je reste attaché au chiffre des ordonnations syndicales, près d'un million de personnes en France.
00:27Ce n'est pas rien, vous savez, de perdre une journée de salaire, d'aller manifester.
00:32Ce n'est pas simple, il n'y a que ceux qui n'ont jamais fait grève de leur vie qui croient qu'on va s'amuser.
00:36Les gens le font pour l'intérêt général.
00:38C'est un acte de générosité d'hier, de dire dans ce contexte actuel, je ne me résous pas aux inégalités,
00:43je ne me résous pas à l'affaiblissement des services publics qui est proposé.
00:47Je donne une journée, je vais manifester, un million de personnes, plus plein de gens que je connais.
00:52Vous savez, souvent je parle, c'est souvent des femmes d'un métier précaire qui disent
00:55« Moi, je ne peux pas parce que je fais des métiers du soin, je ne peux pas prendre ma journée de grève
00:59parce que les personnes âgées dont je m'occupe, il n'y aura personne. »
01:02Mais je suis solidaire avec vous.
01:04Moi, je pense que le mouvement d'hier, il est majoritaire dans le pays.
01:07Il y a un ras-le-bol ou une colère.
01:08Au fond, parce que quand on voit qu'il y a 95% de la fonction publique qui travaillaient,
01:1283% de l'éducation nationale qui travaillaient, fonction publique, territoriale et les hôpitaux,
01:1695% qui travaillaient.
01:18En fait, la France était non-gréviste, elle est non-gréviste.
01:20Je crois que ce n'est pas vrai.
01:21Les parents d'élèves, vous savez, je prends juste les écoles,
01:24les parents d'élèves jugeront que hier, ce n'est pas vrai,
01:26parce que certains, parfois, ils se retrouvent avec les gamins sur les bras.
01:30Ce n'est pas vrai que 95%...
01:31C'est pour ça qu'il n'y a pas toujours besoin d'une manifestation.
01:33Vous êtes méchant.
01:34Non, mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
01:36Moi, en Seine-Saint-Denis, 80% des enseignants étaient mobilisés dans ma circonscription.
01:40Donc, il y a eu quelque chose, il y a eu un mouvement de grève.
01:41Mais vous savez, une grève, vous n'avez jamais fait grève, ou peut-être pas,
01:44mais ça se construit...
01:46J'ai fait grève.
01:46Bon, alors voilà, vous voyez bien.
01:47Ça se construit, des premières journées, comme ça.
01:49C'est une grève, quand même, dans un contexte où on est dans le syndical,
01:54et je félicite et j'encourage les organisations syndicales à rester unis,
01:57mais on est dans quelque chose qui n'est pas simple.
02:00C'est aussi un message en direction du politique, clairement,
02:03dans un moment, quand même, qui est incroyable.
02:05Parce que, tout de même, ce qui ne va pas dans le pays,
02:07c'est qu'il n'y a même pas de gouvernement à l'heure actuelle.
02:09Je veux dire, on a les gouvernements en chute.
02:11Franchement, les Français s'aperçoivent qu'il n'y a pas de ministre,
02:13ça revient un peu au même.
02:14Ça montre bien l'extrême faiblesse de ce qu'est devenu le macronisme.
02:17Et hier, il y a une démonstration de force et de puissance.
02:20Bravo à tous ceux qui y sont allés.
02:21Vous, qui décrivez, de fait, un pays qui ne va pas bien,
02:24avec des difficultés, notamment du travail.
02:27Et les appels qui vont sans doute suivre d'appels à la mobilisation.
02:30Est-ce qu'il n'y a pas, comme ça, toujours l'impression d'avoir
02:33une France qui peut se permettre de manifester
02:35et l'autre France qui bosse, qui est impactée ?
02:37Alors déjà, bien sûr, les forces de l'ordre,
02:38mais on pense aux artisans, aux restaurateurs,
02:40ceux qui ne peuvent pas livrer, peut-être, ceux qui perdent.
02:42Vous savez que les pharmaciens étaient là, par exemple, mobilisés.
02:45Ce ne sont pas des gens qui ont l'habitude de manifester.
02:47Ceux qui étaient dans la rue hier, c'est des gens qui bossent.
02:49Donc cette manifestation était différente de toutes les autres ?
02:51Elle a été importante, déjà.
02:54Je vous assure qu'en mois de septembre, comme ça,
02:55c'était une belle journée.
02:57qui était là, hier, dans la rue, y compris des commerçants,
03:00des petits commerçants, des gens qui n'ont pas
03:01des traditions de manifester, parce que ce n'est pas simple pour eux,
03:04qui, eux, sont là aussi.
03:05Mais moi, je suis persuadé que, que hier,
03:08les gens soient dans la rue, ou qu'ils n'y soient pas,
03:10il y a une colère dans le pays.
03:11Il y a un ras-le-bol. Les gens, ils le disent avec des mots simples.
03:14On en a marre. Ça suffit.
03:15On l'a vu hier, d'ailleurs, dans les snogans.
03:17Là, on est d'hier.
03:19Elle est déjà la pointe immergée,
03:22si je puis dire, de cette colère.
03:23Mais ce qu'il faut voir, et pas jouer sur les mots,
03:25je sais que vous me taquinez pour l'échange, mais j'espère que le gouvernement
03:28ne se satisfait pas en disant que tout va bien,
03:30parce que finalement, hier, ils étaient un million,
03:32et blablabla. Non, le pays est au bord
03:34d'une quasi-rupture.
03:36Franchement, et soit il y a un règlement pacifique...
03:39Pays au bord de la rupture.
03:40Oui, mais franchement, les gens
03:41doutent, ont le sentiment que quand ils vont voter,
03:44ils se font flouer. La dernière fois, le sens
03:46du résultat des urnes, en juin dernier,
03:48a été détourné. Le président s'obstine.
03:50C'est un quasi-acharné.
03:52Je veux dire, c'est un homme...
03:53C'est l'acharnement du président de la République.
03:54Il veut absolument garder le pouvoir. Il veut maintenir sa politique.
03:57C'est quand même un homme qui a imposé une réforme des retraites
03:59à un pays, par exemple, contre la vie générale.
04:01Toutes les études d'opinion disaient que 70% sont contre.
04:04Unanimité syndicale, le Parlement est contre.
04:06Il impose. Et il continue à nous dire
04:08quoi ? Vous savez quoi ? Vous avez trop dépensé, bande
04:10de profiteurs.
04:12Désormais, je vais vous imposer 41 milliards
04:14de restrictions budgétaires.
04:16Les gens savent compter. Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:18Quand vous allez à l'hôpital avec votre gamin,
04:19des heures en salle d'attente parce qu'il n'y a pas assez de personnel,
04:21l'école, les professeurs qui ne sont pas remplacés,
04:23des policiers qui travaillent dans des conditions difficiles,
04:25ils ont dit qu'il y aura encore moins de moyens pour le service public
04:27pendant, et c'est notre discussion, certains,
04:30notamment les minorités plus riches,
04:31accumulent les richesses.
04:32Comment on fait pour provoquer ? On continue à manifester ?
04:33On essaye d'avoir quoi ? Une révolution populaire ?
04:36Je suis favorable à ce que...
04:37Non, non, je n'ai pas dit ça.
04:40Mais je veux dire, celui qui prend le pouvoir par la force
04:42et qui le garde par la force actuellement,
04:44c'est Emmanuel Macron et ses amis.
04:46Je ne dis pas ça pour... Les mots sont excessifs,
04:48mais c'est quand même une réalité. Ils gardent le pouvoir.
04:50Moi, je suis un homme tout à fait pacifique.
04:52Mais vous dites qu'il a pris quand même le pouvoir par la force.
04:54Oui, il le garde, oui. Actuellement, le fait de nommer Sébastien Lecornu
04:57est un pouvoir qui lui est donné par la Ve République.
04:59Il nomme qui il veut et il choisit un homme, selon moi,
05:01qui ne correspond pas à ce qui est le point d'équilibre démocratique du pays.
05:05C'est-à-dire qu'il choisit un homme qui est dans un groupe minoritaire
05:07au sein de l'Assemblée nationale.
05:09Ce n'est quand même pas rien.
05:10On est habitué maintenant à ce que les gouvernements,
05:12j'espère que celui d'Alfora, ne prennent même plus
05:14un discours de confiance devant l'Assemblée,
05:16dirigent par 49-3.
05:18C'est la moindre des choses, j'espère que c'est la moindre des choses quand même.
05:21Que quelqu'un vienne devant l'Assemblée
05:22et dire, est-ce qu'au moins vous êtes majoritairement à mes côtés ?
05:25C'est une bonne idée de se suicider politiquement en plus.
05:26Mais pourquoi c'est un suicide ?
05:27Non, mais ça s'appelle la démocratie.
05:29Moi, ce que je propose, au-delà de tout ça,
05:31vous savez, je suis un unitaire, je suis pour le maintien
05:32de ce qu'est le nouveau Front Populaire,
05:34ce qui en soit est une bataille, mais je l'amène avec mes amis,
05:36c'est pour ça que j'ai fondé l'après.
05:38Je suis pour actuellement qu'on passe par un gouvernement
05:39nouveau Front Populaire.
05:41Certes, il sera face à beaucoup de difficultés,
05:42mais il s'appuiera, selon moi, sur le sentiment majoritaire du pays
05:45qu'il faut une autre politique, une rupture avec le macronisme.
05:48J'embrosse les traits très rapidement.
05:50Mettre un terme à la réforme des retraites qui est injuste
05:52et qui baisse en vérité les pensions de retraite.
05:54Augmenter les salaires, il faut que le travail paie.
05:56Les gens travaillent dur et ont le sentiment que les salaires ne paient pas.
06:00Et la grande réforme fiscale, pacifique,
06:02telle que toujours ça a été fait,
06:04c'est l'histoire de la République et de la France.
06:05De l'impôt juste.
06:07Les gens ont le sentiment qu'il y a une injustice face à l'impôt.
06:09notamment une minorité d'ultra-riches
06:11payent moins d'impôts que les travailleurs qui se lèvent très tôt le matin.
06:13On a bien compris en tout cas que Sébastien Lecornu
06:15n'avait pas forcément vos faveurs,
06:16bien que les Français dans les sondages estiment
06:18qu'ils s'en sortent à peu près, même du côté du PS,
06:2150% des sympathisants.
06:22C'est l'homme qui commence avec le plus bas taux de confiance
06:25de tous les premiers ministres.
06:26Les premiers pas de Sébastien Lecornu,
06:28en tout cas ils sont jugés de manière un peu près acceptable
06:31de la part de la part.
06:32C'est le sondage ce matin.
06:33Je suis d'accord que ça se réfige, je ne dis rien, je ne fais rien.
06:36Et les gens disent, bon, mais sinon il n'est pas si mal.
06:39C'est une stratégie.
06:40C'est une stratégie.
06:42Sur la table également, vous en parliez, Alexis Corbière,
06:45plusieurs options.
06:45Ce matin, notamment dans les journaux,
06:47on apprend qu'on réfléchit, sous l'impulsion du Parti Socialiste,
06:50à une baisse de la CSG
06:51pour rendre les salaires un peu plus importants.
06:53Est-ce que dans la fameuse révolution fiscale
06:55dont vous dessignez les contours,
06:58est-ce que ça c'est un moyen qui pourrait avoir vos faveurs ?
07:00Mes amis socialistes, moi je ne suis pas d'accord avec ça.
07:03Je ne suis pas d'accord.
07:03Pourquoi ?
07:04Parce que c'est une baisse.
07:05La CSG, c'est ce qui permet,
07:07c'est un système de cotisation,
07:09de contribution, on va dire, pour être précis.
07:11Et en fait, vous baissez ceux qui participent
07:13à des financements d'organismes sociaux.
07:17Augmenter les salaires, c'est une autre répartition
07:19entre, je vais le dire un peu vulgairement,
07:21j'espère qu'on me comprendra,
07:21le capital et le travail.
07:23Il faut mieux redistribuer les richesses.
07:24Vous allez faire la différence,
07:25contrairement à certains de vos anciens collègues.
07:26Non, non, mais c'est important
07:28parce que c'est comme toutes ces idées
07:29que propose aussi le Rassemblement National.
07:31Il y a une autre idée,
07:32il y aura moins de salaire indirect.
07:35Toutes les cotisations et plus de salaire direct.
07:37Mais vous vous faites avoir
07:38parce que même votre salaire indirect,
07:39c'est-à-dire quand vous prenez votre fiche de paye...
07:41La différence entre le brut et le net.
07:42Voilà, c'est donne-moi ta montre
07:43et je te dirai à l'heure.
07:45C'est une partie de salaire,
07:46c'est du salaire socialisé.
07:47C'est-à-dire que vous,
07:48vous avez votre salaire net,
07:49mais en brut,
07:50vous cotisez dans des caisses
07:51si un jour vous cassez la jambe.
07:52C'est quand même la différence avec d'autres pays.
07:53Il y a des pays où les salaires
07:54sont plus importants.
07:56Moi, j'ai de la famine
07:56à l'Amérique latine ou ailleurs.
07:58Mais franchement,
07:58l'hôpital public n'existe quasiment pas.
08:01Et c'est des assurances privées
08:02qu'il vous faut pour vous soigner.
08:03Et la France, c'est plutôt bien,
08:05même si c'est perfectible,
08:06qu'on ait tout ça.
08:06Donc, ce n'est pas la bonne idée.
08:08La bonne idée,
08:08ce n'est pas assez de smig à 1 600 euros net,
08:102 000 euros brut.
08:11Ça, c'est ma proposition.
08:12Par décret, on peut le faire.
08:13Un gouvernement de gauche
08:14le ferait immédiatement.
08:15Et on vous entend ce matin
08:16l'affaire au micro de Sud Radio.
08:18Dans cette bataille,
08:19qui est une bataille d'idées
08:20du monde économique
08:21entre les politiques,
08:22les syndicats,
08:23mais aussi le monde politique,
08:24est-ce que vous reprendriez
08:25les termes de Sophie Binet
08:26qui, hier, à la Lune de Libération,
08:28expliquait la patronne de la CGT,
08:29expliquait qu'en réalité,
08:31les patrons sont en train
08:32de perdre la bataille des idées.
08:34Vous êtes d'accord avec ça ?
08:35Je suis assez d'accord avec l'idée.
08:36Moi, j'ai 57 ans maintenant.
08:37Je trouve que,
08:38par rapport à une époque
08:39où j'étais plus jeune...
08:40Un genre de l'âge.
08:40Oui, merci,
08:41mais où j'étais plus jeune,
08:43l'idée qu'on a
08:44un mode de production,
08:46déjà qui abîme la planète,
08:47qui pose le problème écologique,
08:48et d'une accumulation de richesses
08:49entre les mains de quelques-uns
08:50qui est une forme de capitaine singulier
08:53qui n'a pas toujours été comme ça,
08:54les gens se disent
08:55qu'il y a trop d'injustice.
08:56Par exemple,
08:56les 500 premières fortunes
08:58de ce pays,
08:58de France...
08:59Vous êtes venu avec Challenge,
09:00je l'ai dit,
09:01l'édition de l'été
09:01sur les plus grandes fortunes.
09:02J'ai été étonné, Alex.
09:03C'est pas très radiophonique,
09:06mais Challenge,
09:06c'est un journal qui est tenu
09:07par un groupe
09:08qui est lié quand même
09:09à Bernard Arnault.
09:10C'est pas un journal de gauche
09:11ni d'extrême gauche,
09:12mais démontre.
09:12Ce que je voulais dire,
09:13c'est-à-dire que les 500 premières fortunes,
09:14et c'est ce qu'ils mettent
09:15dans un article,
09:16je vais pas vous le lire,
09:17en 1996,
09:18représentait 7%
09:19du produit intérieur brut
09:19du PIB aujourd'hui,
09:20c'est 42%.
09:21On a une accumulation de richesses
09:23et la taxe Zuckman
09:24dont je parlais tout à l'heure,
09:25c'est l'idée de l'impôt plus juste.
09:27Les Français ont une soif de justice
09:29et c'est ce que disait Sophie Binet,
09:31me semble-t-il,
09:32de ce point de vue-là.
09:33Moi, j'ai pas envie de dire
09:33les patrons,
09:34parce que personnellement,
09:35je connais des patrons
09:35petites et moyennes entreprises,
09:37les mecs qui bossent quasiment
09:38sur la bataille des idées,
09:39vous avez la même sensation qu'elle ?
09:40Sur la bataille des idées,
09:40que des gens viennent
09:41avec une forme d'arrogance
09:42pour dire non,
09:43on veut plus payer d'impôts,
09:44il faut qu'on accumule
09:46parce que tu comprends
09:47la compétition internationale,
09:48parce que sinon,
09:49je vais partir à l'étranger.
09:50Toutes ces idées-là,
09:51les Français ne les supportent pas.
09:52Et en plus, c'est du bidon
09:52parce que toutes les études,
09:54même le Conseil d'analyse économique
09:55lié au Premier ministre
09:56a démontré que s'il y avait
09:57un impôt plus juste
09:58à 2% de taxe Zuckman,
09:59c'est 0,73%
10:01des ultra-rifs qui se barraient.
10:02J'ai envie de dire
10:02que c'est peu de choses,
10:03on peut juste sans eux.
10:04L'actualité,
10:04elle se passe aussi
10:05sur la scène internationale,
10:06on l'a entendu en tout cas
10:08sur les journaux,
10:09avec la volonté
10:09du président de la République
10:10de créer cet état de Palestine.
10:12Ça se déroulera à New York
10:13à partir de lundi.
10:15Est-ce que vous soutenez
10:15toujours une telle initiative ?
10:16Est-ce que vous pensez
10:17que le président de la République
10:18a raison, on va dire,
10:19de taper du poing sur la table
10:20et d'acter cela ?
10:21Oui, il a raison.
10:22Déjà, c'est une position diplomatique
10:24conforme à la France,
10:25Mitterrand, Chirac,
10:26Hollande l'a toujours dit,
10:28il n'y a rien de sauveillé.
10:29Avec des conditions-là
10:30qui ne sont pas respectées.
10:31Vous connaissez les arguments
10:31de la démilitarisation du Hamas,
10:33etc.
10:34Non, mais évidemment
10:34qu'il s'agit dans les propositions
10:36d'Emmanuel Macron
10:37de ne pas s'appuyer sur le Hamas,
10:38que personne ne dise de ceci,
10:40ce n'est pas ça le sujet.
10:40La question par rapport
10:41à ce que fait actuellement Israël,
10:42un gouvernement fanatique
10:43d'extrême droite
10:44qui massacre la population,
10:46c'est absurde.
10:46Je veux dire,
10:47plus de 50 000, 60 000 personnes
10:48ont perdu la vie
10:49des femmes, des enfants en Gaza
10:50qui n'ont rien à voir
10:51avec la responsabilité
10:51du 7 octobre
10:52qui est un acte terroriste.
10:53Donc, il y a quelque chose
10:54qui touche
10:54et ça a été dit
10:55par la justice internationale
10:56par un risque génocidaire
10:58et on peut considérer
10:58qu'actuellement,
10:59on est dans un génocide,
11:01c'est-à-dire la destruction
11:01selon la définition internationale
11:02de toute ou partie d'un peuple.
11:04On a cela.
11:04Pour vous, vous reprenez le terme.
11:06C'est une définition internationale,
11:08ce n'est pas moi.
11:09Vous savez,
11:09après on peut discuter
11:09comme historien
11:10du contenu qu'il y a là-dedans.
11:12Mais d'un point de vue
11:13du droit international,
11:14il faut l'appliquer.
11:15Tout le monde l'applique
11:16aujourd'hui.
11:17Mais juste,
11:18je termine sur une chose.
11:19Reconnaître l'État de Palestine,
11:21c'est vouloir la solution
11:22à deux États,
11:22c'est dire surtout
11:23qu'il faut une solution
11:24politique et diplomatique.
11:25Tous ceux qui disent
11:26qu'il ne faut pas le faire,
11:27quelle est leur solution ?
11:27Une solution militaire
11:28pour aller où ?
11:29Jusqu'où ?
11:30C'est-à-dire que c'est quelque chose
11:31qui va...
11:31Et puis à la fin,
11:32c'est reconnaître quoi ?
11:33Moi, je trouve que
11:34Emmanuel Macron a raison,
11:35j'ai qu'un reproche à lui faire,
11:36c'est que ça arrive trop tard.
11:37Mais c'est un symbole de paix
11:38et de volonté
11:39de sortir par la diplomatie
11:41du cessez-le-feu
11:42imposé à Netanyahou
11:42qui doit en plus subir,
11:44selon moi,
11:44des différentes mesures
11:46de rétorsion
11:47au niveau international
11:48pour qu'il arrête
11:48au plus vite ce qu'il fait.
11:50On parlait de contexte,
11:51il est très important
11:51et on voit à quel point
11:52l'importation de ce conflit,
11:53de ce qui se passe à Gaza
11:54en tout cas,
11:55arrive sur notre sol
11:55et l'omniprésence,
11:56notamment,
11:57on le voit régulièrement
11:58du drapeau palestinien
11:59dans les manifestations.
12:00Et comprenez-vous
12:00notamment ce regain
12:01au point que certains maires
12:02puissent hisser
12:03le drapeau palestinien
12:04comme ça a été évoqué
12:05notamment par le secrétaire général
12:06du parti socialiste Olivier Ford
12:07de hisser le drapeau palestinien
12:09sur le fronton de sa mairie.
12:11Mais comme il y a eu
12:11des drapeaux ukrainiens
12:12quand l'Ukraine a été envahie,
12:13qu'est-ce que c'est que cette histoire
12:14d'être surpris
12:15que quand il y a
12:16à un moment donné
12:16des grandes causes internationales
12:18et un peuple
12:19qui actuellement subit
12:20le martyr que l'on sait,
12:21de dire par solidarité
12:22je veux me rendir un drapeau
12:23qui n'est pas le drapeau du Hamas.
12:25Qu'est-ce que c'est que cette idée
12:25de faire un signe égal
12:26entre ceux qui veulent
12:27l'existence d'un peuple,
12:29d'un État palestinien,
12:30c'est mon cas,
12:31c'est le cas de beaucoup de gens,
12:32c'est le cas des présidents
12:32de la République,
12:33et dire ah non ce drapeau
12:34en fait c'est celui du terrorisme
12:35et des assassins du 7 octobre.
12:37C'est absurde.
12:37Pour vous on confond tout.
12:38Quand il y a une mairie
12:39qui est un drapeau ukrainien,
12:41c'est un signe de soutien
12:42au peuple ukrainien.
12:43Et vous savez,
12:44notre pays a toujours été
12:45un pays qui s'engage
12:47dans les différentes causes.
12:49Dans les années 70,
12:50la jeunesse était
12:50contre la guerre au Vietnam
12:51et ça a marqué le rock
12:53et la culture pop
12:54qui venait des Etats-Unis
12:55en soutien au peuple vietnamien.
12:57On pourrait continuer aussi
12:58sur une jeunesse étudiante
12:59qui s'est engagée
13:00pour l'indépendance de l'Algérie,
13:01etc.
13:02C'est très français
13:05d'être solidaires
13:06et internationalistes.
13:07On est républicains,
13:08patriotes,
13:08mais on aime les peuples,
13:10les autres peuples,
13:10en particulier ceux
13:11qui subissent actuellement
13:12un martyr.
13:13Donc n'y voyons pas
13:13plus que ce que c'est,
13:14un geste de fraternité,
13:15de solidarité pour dire
13:16à Netanyahou
13:17et son gouvernement,
13:18arrêtez.
13:19Avec aussi,
13:20je termine,
13:20aussi une solidarité
13:21vis-à-vis des Israéliens
13:22qui manifestent contre Netanyahou.
13:24Moi je suis très proche
13:25d'une organisation
13:25qui s'appelle
13:26Standing Together en Israël
13:27qui manifeste dans les rues
13:28contre ce qu'il y a.
13:30C'est internationalisme,
13:31ce n'est pas s'opposer
13:32au peuple israélien,
13:32c'est vouloir la paix
13:33entre les peuples.
13:34La paix entre les peuples.
13:35C'est difficile.
13:36Oui, c'est très difficile,
13:37mais on sait à quel point
13:38notamment sa décision,
13:39puisque vous parlez de peuple,
13:40le peuple juif en France
13:41est extrêmement inquiet
13:42suite à cette décision.
13:43Donc vous voyez bien
13:44que cette initiative,
13:46cette arrivée même
13:47d'un simple drabeau palestinien
13:48provoque énormément de tensions.
13:49Certains l'utilisent
13:50comme un prétexte aujourd'hui,
13:51voire un début
13:52d'antisionisme,
13:52d'antisémitisme.
13:53Déjà, moi je parlerais
13:54des juifs français,
13:55parce que les juifs sont français,
13:58ce n'est pas un peuple
13:58dans le peuple,
13:59ils ont une nationalité française,
14:01ils votent,
14:02ils ont des tas d'opinions
14:02contradictoires,
14:03c'est des gens,
14:04ça c'est une chose.
14:06Et deuxièmement,
14:06je ne crois pas que ce soit
14:07ce bloc homogène
14:08que vous décrivez,
14:09il y a des tas de personnes,
14:11de confessions juives,
14:12mais moi je n'aime pas parler
14:13des gens en raison
14:13de leur confession d'ailleurs,
14:14et qui voient bien
14:15que la dérive actuellement
14:16de Netanyahou
14:16est contraire à l'idée même
14:17qu'ils se font du judaïsme.
14:18Moi je n'ai pas à juger
14:20de la manière
14:21dont ils voient le judaïsme,
14:22mais je trouve ça bizarre.
14:23Et après,
14:23vous avez des gens
14:24très proches
14:24du gouvernement Netanyahou
14:26en France,
14:26qui font un lobby favorable,
14:28politique pour Netanyahou,
14:30en disant que
14:30quiconque critique Netanyahou
14:31est un antisémite,
14:33qui rend le débat
14:33complètement dingue.
14:34Voilà,
14:34ce groupe de pression,
14:35moi je ne suis pas d'accord,
14:36et je pense que beaucoup de gens,
14:37enfin je ne parle pas
14:38en leur nom,
14:39ne pensent pas ça,
14:40veulent la paix,
14:41mais n'entendu,
14:41avec aucune sympathie,
14:42même une détestation légitime
14:44vis-à-vis du Hamas,
14:44ce n'est pas le sujet.
14:45Alexis Corpère,
14:46vous achetez Challenge,
14:46est-ce que vous avez acheté
14:47le point cette semaine ?
14:49Je suis en indélicatesse
14:51avec le point,
14:52mais je le lis,
14:52que voulez-vous me faire dire ?
14:53Donc vous avez vu forcément
14:54la une de cette semaine,
14:56Mélenchon et les chiens
14:57avec la Chine,
14:57est-ce que vous faites partie
14:58des gens qui acceptent
14:58de dire que la Chine
14:59est une dictature ?
15:00Bien sûr,
15:00non mais la Chine
15:01est un régime autoritaire,
15:02une bureaucratie,
15:03vous savez moi j'ai commencé
15:04mon engagement en 1989
15:05quand les étudiants chinois
15:07à Plastienanmen
15:08étaient réprimés rudement
15:09par l'armée chinoise,
15:11ce n'est évidemment pas
15:12une démocratie
15:13et c'est un modèle singulier
15:15aujourd'hui d'une forme
15:16d'un capitalisme brutal
15:17dirigé par un parti autoritaire.
15:20Oui, on peut le dire,
15:20une dictature.
15:21Moi je suis un républicain,
15:21je veux des élections,
15:22évidemment je n'ai aucune sympathie
15:23pour les régimes autoritaires
15:24du monde,
15:25ce n'est pas le seul pays autoritaire.
15:28Mais vous savez,
15:29le principal ami de la Chine
15:30en France,
15:30vous savez qui c'est ?
15:31C'est Jean-Pierre Raffarin.
15:32Parce que là on dit
15:33que c'est Jean-Luc Mélenchon,
15:34c'est pour ça.
15:34Je veux dire,
15:35ceux qui y ont,
15:36moi j'ai beaucoup de désaccords
15:37avec Jean-Luc Mélenchon,
15:38mais le parti communiste chinois
15:39à ma connaissance
15:40n'est pas invité
15:40dans les événements
15:41de la France insoumise.
15:43Non, c'est eux qui y vont.
15:43D'accord ?
15:44Non, mais non.
15:46Ces enquêtes sont bidons.
15:47Enfin je veux dire,
15:48moi c'est assez bidon,
15:49c'est assez faible.
15:50Il n'y a pas de lien trouble,
15:52inquiétant,
15:52entre la Chine
15:53et la France insoumise
15:54pour vous ?
15:55De ce que j'ai vu de l'article,
15:57ce n'est pas du tout
15:58ça qu'ils disent.
15:58Même le rapport
15:59de Sofia Chikirou
16:00au sein de l'Assemblée nationale.
16:01Je pense que ce rapport,
16:02effectivement,
16:03de ce que j'en ai vu
16:03et d'une complaisance
16:04un peu amusante.
16:06Ça, je suis d'accord avec ça.
16:07Vous êtes sympathique.
16:07Oui, oui.
16:08Non, mais je suis d'accord.
16:08Mais je vous dis aussi,
16:09inviter M. Jean-Pierre Raffarin
16:11est un homme qui,
16:11pour que la France
16:13fasse beaucoup d'affaires
16:14avec les Chinois
16:14et qui dit beaucoup de bien
16:15des dirigeants chinois.
16:16Bon, et pour autant,
16:17ce n'est pas,
16:18comment dirais-je,
16:19vous ne le traitez pas de maoïste.
16:20Encore que peut-être M. Raffarin
16:21est en train de devenir maoïste.
16:21Quand il viendra ce micro,
16:22je lui poserai les mêmes questions.
16:23Merci beaucoup.
16:24Pour l'essentiel,
16:25là où vous avez raison,
16:26là où j'ai un désaccord
16:27avec Sofia Chikirou
16:28qui raconte souvent n'importe quoi,
16:29par ailleurs,
16:30c'est que vis-à-vis de la Chine,
16:31on ne va pas dire
16:31que c'est un régime comparable.
16:33C'est ça ou le pire dans ce cas-là.
16:34Où la liberté d'expression
16:35est comparable à la France.
16:36En Chine,
16:37il y a des journalistes
16:37qui sont en prison.
16:38D'accord ?
16:39Donc, il ne faut pas rigoler avec ça
16:40et ne pas banaliser des régimes
16:41qui ne sont pas des modèles.
16:43Voilà au moins ce que j'ai à dire.
16:45Alexis Corbière,
16:45député écologique de Seine-Saint-Nicot,
16:47cofondateur de l'Après.
16:47Merci d'avoir été au micro
16:48Sud Radio ce matin
16:49et on retient quand même
16:50l'enquête bidon.
16:51On verra ce que ça donne.
16:52Merci beaucoup d'avoir été
16:53avec nous ce matin.
16:54Légère, peu fournie.
16:55Merci beaucoup d'avoir été
16:56avec nous ce matin.
16:57Dans un instant,
16:580826 300 300
17:00pour poursuivre le débat,
17:01bien sûr.
17:01Et on en parlait à l'instant
17:02avec Alexis Corbière.
17:03Le pouvoir d'achat,
17:04grande priorité des Français.
17:05Ah bon ?
17:06Parce que les chiffres
17:07nous disent un peu le contraire.
17:08Et vous, 0826 300 300,
17:10venez vous installer à la table,
17:11prenez votre baguette,
17:13votre pain,
17:13votre confiture,
17:14vos croissants
17:14et venez vous installer
17:150826 300 300.
17:17A tout de suite sur Sud Radio.
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