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  • il y a 6 heures
Chères lectrices, chers lecteurs,

Mardi 3 février, nous avons eu le plaisir de recevoir M. Vincent Crouzet, auteur et ex-agent de la DGSE qui publie cet hiver aux éditions de L'Observatoire Le jour où je suis devenu espion.

Discussion animée par Caroline Fourgeaud-Laville, directrice de la collection Le jour où... aux éditions de L'Observatoire.

Vous souhaitant de belles lectures,

L'écume 🌊

La Quatrième : « Je souhaite raconter non pas un, mais des jours J, ceux qui m’ont construit dans mon activité d’agent de renseignement au sein du “service clandestin” de la DGSE. Qui m’ont fait me confronter, à la fin de la guerre froide, aux fractures du monde, auprès des personnalités les plus extraordinaires que j’aie jamais rencontrées.

Il sera question évidemment d’opérations clandestines, de manipulations, d’apprentissage de “couvertures” et de “légendes”, d’officiers traitants, d’infiltration dans les milieux criminels. Contrebandier au côté des guérilleros, marchand de carburant et de bien d’autres choses, consultant dans le milieu diamantaire d’Anvers, j’ai connu mille vies, du Liban au Congo, du Caire au Cap, au service de mon pays. Bienvenue dans ce métier fantasmé, digne des plus grands romans d’espionnage. »
Transcription
00:01Voilà, ladies and gentlemen, les bonnes messieurs,
00:06vous êtes heureuse de vous retrouver ici ce soir à la librairie d'Écule des Pages,
00:10qui se transforme, en tout cas le temps d'une soirée,
00:12pour la présentation du livre de Vincent Crozet,
00:15en un cockpit, le cockpit peut-être du Pilatus, n'est-ce pas ?
00:19Ce premier bimoteur dans lequel s'est embarqué notre cher Vincent Crozet.
00:24Un bon jour des années, bip, on va dire, un certain temps disons,
00:29lors de sa première mission, qui l'a transformée en espion,
00:32et qui est tout l'objet de ce livre.
00:34Alors, je suis très heureuse de vous réunir ce soir,
00:37parce que c'est vrai que c'est une grande première,
00:39c'est la grande première de Vincent dans cette collection,
00:41et c'est tout simplement la grande première de cette collection,
00:44qui s'appelle Jourji, et comme vous voyez, tout est prévu.
00:49Jourji, donc, c'est la nouvelle collection des éditions de l'Observatoire,
00:53et pour filer l'image, je vous dirais que je salue ce soir mon copilote,
00:58Séverine Courtaud, et le commandant de bord,
01:00Muriel Beyer, des éditions de l'Observatoire,
01:03et je suppose aussi tout l'équipage des éditions ici présents.
01:08Alors oui, c'est une grande aventure,
01:10parce que Jourji est donc une collection qui est vouée aux vocations,
01:13à tout ce qui fait qu'un jour, on bascule dans une passion,
01:16ou alors même, on y est amené sans trop s'en rendre compte.
01:20Et j'ai pensé immédiatement à Vincent pour ouvrir ce bal,
01:22parce que Vincent, qui est un ami, m'a souvent compté ses mille et une aventures,
01:27et je suppose qu'il a...
01:28Oh, mille, mille, ou pas ?
01:31Et il a quelques amis ici présents à qui il a dû en compter mille autres.
01:35C'est ça, l'idée, c'est qu'on n'a sûrement pas les mêmes dans les poches.
01:39Et je me suis dit que ça serait une très bonne chose de le convier dans cette collection,
01:45parce que je me demandais si le métier d'espion était justement une vocation.
01:51Je savais bien que ça collait à la peau,
01:53et je me suis dit que ça serait une très bonne chose de voir ce que Vincent avait à nous
01:57dire de tout ça.
01:58Et ma surprise est très grande, parce que c'est vraiment au-delà de mes espérances,
02:03c'est-à-dire qu'on n'a pas là un énième document sur un agent de la DGSE,
02:08mais on a un vrai bouquin incroyable d'aventures, lyriques, danses, riches, voluptueux,
02:15et plein de musiques, comme l'est souvent, vous le savez,
02:20Vincent qui est très musical et qui adore la musique.
02:24Donc c'est vraiment à la croisée des genres, si vous voulez,
02:28un livre formidable où Vincent va nous délivrer à tous des petits instants,
02:34évidemment pas toute sa vie, mais des instants décisifs,
02:37de sa vie d'espion.
02:39Parce que Vincent, c'est vrai, nous on le connaît,
02:41on est nombreux à le connaître maintenant, sous les projecteurs.
02:45Mais longtemps, il a fait en sorte d'éviter de déposer sa signature,
02:50en tout cas sûrement pas sur un livre, sur aucun document,
02:53il a fait en sorte de ne répondre à, surtout, aucune question,
02:56de ne croiser personne et de ne pas dire ce qu'il faisait.
02:59Donc à peu près l'inverse du livre que vous allez lire tous,
03:02sur lequel vous allez vous précipiter tout à l'heure.
03:05et je me disais que c'était une belle façon d'ouvrir la collection,
03:10c'est-à-dire d'aller de l'ombre vers la lumière.
03:14Et donc Vincent, ma première question, c'est,
03:16toi en tant qu'espion, est-ce que tu as connu beaucoup de James Bondgar ?
03:22La première est là, évidemment.
03:24Vous l'entendez, non ?
03:25Moi je suis une James Bondgar.
03:29Bon, d'abord, avant toute chose, avant de répondre à tes questions,
03:31comme tu as entendu, donner le suspense,
03:34mille merci à la librairie Lécume des Pages.
03:36Je suis très ému d'être là, parce que vous avez été ma librairie
03:40pendant près de 20 ans.
03:41J'habitais à 200 mètres d'ici, au niveau des Saint-Père.
03:44Et je traînais au divan, je ne peux pas parler de la concurrence,
03:46parce qu'elle n'est plus là.
03:48Donc voilà, elle est dans le 15e.
03:51Et donc, à Lécume des Pages,
03:55d'abord parce que, je ne sais pas si vous sentez quelque chose,
03:57c'est l'odeur de l'enquête.
03:58Non, ça sent bon.
03:59Du parquet.
04:00Moi, qui m'a toujours attiré ici.
04:03Et quand j'avais un petit coup de mouche, je passais ici,
04:06pour justement ressentir cette odeur de parquet,
04:09finalement un petit peu de bel appartement, du 6e arrondissement.
04:13Voilà, donc c'est un bel endroit.
04:14Je suis très heureux d'y revenir ce soir.
04:16Et puis je suis très heureux, parce que je suis très bien entouré,
04:18je suis entouré par mes éditrices,
04:21par Muriel Beyer, donc la présidente des éditions de l'Observatoire,
04:24qui est une grande éditrice parisienne.
04:27Voilà, donc je suis très heureux et très honoré
04:30d'être publié à l'Observatoire.
04:35Voilà, mené de main de maître par la chef d'orchestre,
04:38Séverine Courteau.
04:40Et puis, ma directrice de la nouvelle collection,
04:43voilà, ma camarade, Caroline.
04:49Qui est une grande héléniste, et pas que, voilà,
04:55et qui est une très bonne aussi, meneuse de revue, si j'aime dire.
04:58Comme vous voyez.
05:00Alors, les James Bond girls,
05:02bah oui, ça fait un petit peu partie, je dirais,
05:04de l'attrait du métier quand on est un garçon.
05:07Mais pas seulement, il ne faut pas résumer ce métier à un simple fantasme.
05:13Mais il se trouve que c'est à travers la fiction, finalement,
05:16que j'ai découvert le monde du renseignement et de l'assetionnage.
05:21Comme beaucoup de garçons de mon âge,
05:24c'est très genré, le monde du renseignement.
05:27Heureusement, les choses ont beaucoup changé,
05:30y compris surtout dans le métier,
05:32avec la féminisation du service.
05:35Mais les James Bond girls ont dû faire partie,
05:37à un moment donné, quand j'avais 25 ans,
05:39évidemment, de l'attrait du métier.
05:41En tout cas, vous verrez que je ne vous donne pas les pages.
05:44J'en ai pas rencontré beaucoup, malheureusement.
05:46Enfin, pas assez, pas suffisamment.
05:49Bon, il y a des pages, on voit que c'est vrai, Vincent,
05:53s'éloigne un peu de James Bond,
05:54parce qu'il roule moins en Aston Martin qu'en pick-up.
05:58Mais enfin, tout de même, c'est un grand séducteur.
06:01Ma deuxième question, Vincent...
06:03Oui, oui, oui, Vincent.
06:04Pas de bémol, pas de bémol.
06:06Il y a quelques pages, vous verrez,
06:09particulièrement lyriques.
06:11Et donc, mon cher Vincent, je voulais savoir aussi
06:13si tu trouves, enfin, je suppose que tu trouves
06:15beaucoup de coïncidences entre le métier d'écrivain
06:17et le métier d'espion,
06:18mais toi, tu t'es senti d'abord écrivain
06:20ou d'abord espion dans la vie ?
06:23Ni l'un ni l'autre.
06:24Alors, c'est un peu gênant parce que ta collection
06:26est dédiée aux vocations,
06:28mais ça n'a pas été ma vocation de prime abord.
06:31J'ai grandi dans une station de sport d'hiver, aux Arcs,
06:35et ma vocation, c'était plutôt la montagne.
06:37C'était plutôt le ski, le tennis,
06:40le golf, des futilités dont je voulais faire mon métier.
06:44Des futilités agréables.
06:47Je l'ai presque regretté, d'ailleurs,
06:48parce que quand je retourne aux Arcs,
06:49chaque année, que je vois mes copains
06:50qui sont les vieux moniteurs
06:52qui ont une belle vie,
06:54tannés au soleil de la haute tarente,
06:57je me suis dit,
06:57« Ouah, ceux-là, quand même,
06:58ils ne se sont pas ennuyés dans la vie. »
07:02Mais comme je ne regrette jamais rien,
07:04finalement, j'étais très content de changer de voie.
07:07J'ai d'abord écrit « Petit, ado ».
07:10Et qu'est-ce que j'ai écrit « Petit, ado » ?
07:12Parce que je les ai retrouvés.
07:13Après, j'ai écrit des romans d'espionnage.
07:16Je vois un autre romancier,
07:17Laurent Guillaume,
07:18qui manque le bout de son nez.
07:20Donc, j'ai écrit des romans d'espionnage,
07:24petits, je ne sais pas,
07:25je dois avoir 10, 11 ans.
07:27Ça s'appelait TR007, je crois.
07:31Et le premier se passe aux Indes, au Bengale.
07:35Et effectivement, alors là,
07:36il y a des James Bond girls
07:37avec des Indiennes mirifiques.
07:40Donc, finalement,
07:41j'ai commencé par être écrivain
07:43avant d'être espion
07:44et j'ai commencé par lire
07:45de la littérature d'espionnage
07:46qui m'a fait rentrer
07:47dans le monde de l'espionnage.
07:48Et tu crois aussi
07:50que ta passion pour le langage
07:51et son goût de l'écriture
07:52a une influence dans ton métier
07:54dans ton métier d'espion ?
07:57Alors oui, pour une chose très simple.
07:59Quand vous êtes un agent de terrain,
08:01vous vous référez à votre officier traitant.
08:03Et normalement,
08:03c'est votre officier traitant
08:04qui rédige les notes
08:06afin de diffusion éventuellement.
08:08Et ces notes sont lues
08:09ensuite par les analystes
08:11du département concerné
08:13avant de remonter à la direction générale
08:15et avant de remonter
08:16aux autres autorités politiques.
08:17Et le fait de savoir écrire,
08:19synthétiser, finalement,
08:20arrangé bien tout le monde,
08:22y compris mes officiers traitants
08:23qui étaient très contents
08:24de ne pas avoir de la rédaction
08:25derrière superpétatoire
08:26et qui étaient contents
08:27de pouvoir donner des notes
08:29à leur direction
08:30de manière fluide,
08:33sans perdre de temps.
08:34Donc finalement,
08:34j'ai fait gagner beaucoup de temps
08:35à mes officiers traitants.
08:37Alors, il y a beaucoup
08:38d'espions écrivains, évidemment,
08:40mais par exemple,
08:40si tu avais désigné
08:42dans la salle,
08:43puisqu'on est dans une superbe librairie,
08:44quelques titres essentiels
08:47qui conduisent comme ça
08:48sur cette route d'aventure ?
08:49Si j'en avais un seul,
08:52ce serait le facteur humain
08:54de Graham Greene
08:56pour plusieurs raisons.
08:58La première,
08:59c'est que je l'ai lu
09:00bien avant de savoir
09:01que je suis allé finalement
09:02parcourir les mêmes
09:04territoires que lui.
09:05Et quand j'ai relu
09:06ce roman
09:07qui est exceptionnel,
09:08qui raconte la trajectoire
09:10d'un couple,
09:10d'un couple mixte,
09:13une jeune femme
09:14d'origine sud-africaine
09:15et puis un espion anglais
09:17un petit peu amorti
09:18qui n'est pas un top guy,
09:21si j'ose dire,
09:23qui est un peu saqué
09:24par sa direction.
09:26Finalement,
09:27j'ai retrouvé
09:28énormément d'endroits
09:30et de lieux
09:30où je me suis rendu
09:31et notamment
09:32un hôtel extraordinaire
09:33au Mozambique,
09:34à Maputo,
09:35la capitale du Mozambique,
09:36qui s'appelle
09:36l'hôtel Polana
09:37où j'ai passé énormément de temps,
09:39qui est un endroit magnifique.
09:40Je rentrais souvent
09:43dans un environnement difficile.
09:47Je travaillais
09:48auprès de la guérilla
09:49de l'époque
09:49qui s'appelle Arenamo
09:50et quand j'arrivais au Polana,
09:51j'arrivais dans un univers
09:52tellement différent
09:53et je me suis rendu compte
09:55que c'est un hôtel mythique,
09:56notamment pour Green,
09:57qui a dû vivre
09:58quelques nuits d'amour
09:59et pas de tente.
10:00J'ai décrit très bien
10:02justement dans
10:02le facteur humain.
10:04Qui a donné aussi
10:05un film,
10:06un très beau film.
10:07Oui, oui, tout à fait.
10:08Avec Alec Guinness, je crois.
10:10Non ?
10:10Non, je...
10:12Je ne sais plus qui...
10:14En tout cas,
10:16le roman est formidable.
10:18Et puis,
10:19deux romans
10:20de John Le Carré,
10:22Le Tailleur du Panama,
10:24pour son humour.
10:25Et puis,
10:26pour déjà,
10:27le grand dément,
10:27Le Tailleur du Panama,
10:28il l'est écrit
10:28il y a peut-être 25 ans.
10:30Aujourd'hui,
10:31ce roman a une telle résonance
10:32à l'heure de la prédation
10:34de Trump
10:35pour l'Amérique centrale.
10:38Et puis,
10:39la constance du jardinier,
10:42The Constant Garner.
10:45parce que j'y retrouve
10:46l'Afrique que j'ai connue.
10:48Et chose exceptionnelle,
10:50le film est supérieur au roman.
10:52C'est ça,
10:53un des rares films
10:53où on sent les odeurs
10:54de l'Afrique.
10:55Quand on rentre
10:56dans le dispensaire,
10:57dans l'hôpital,
10:59avec le personnage principal,
11:01je ressens tellement
11:02les odeurs
11:03des hôpitaux africains.
11:04c'est terrible.
11:07Alors toi,
11:07aujourd'hui,
11:08on te voit maintenant
11:09en plein jour
11:10sur les têtes de télé,
11:12en expert
11:15en relations internationales,
11:17aux côtés souvent d'ailleurs
11:18d'Elisabeth Shepard
11:19qui...
11:20Voilà,
11:20que je salue
11:21à l'occasion.
11:23Chez Darius Rochebin
11:24ou David Pujada,
11:26soit ailleurs,
11:26sur la CIE.
11:27Et je me demandais
11:28justement aujourd'hui
11:29quel est ton point de vue
11:30sur le monde du renseignement ?
11:31Ne crois-tu pas
11:32qu'aujourd'hui,
11:33le renseignement
11:34a un peu supplanté
11:35la diplomatie ?
11:37J'espère.
11:38J'espère que le renseignement
11:40a supplanté la diplomatie.
11:41Ah, je vois,
11:41je vois,
11:42une membre honorable
11:44de la diplomatie française
11:45du ministère des Affaires étrangères
11:47qui commence à tiquer.
11:50Non, en fait,
11:52je vais vous rattraper.
11:53C'est très complémentaire,
11:54en fait.
11:54C'est très complémentaire.
11:55Non, il est de bon ton
11:57dans le lieu du renseignement
11:58de se moquer des diplomates,
11:59évidemment,
12:00et certainement visé vers ça.
12:02Nous voulons mettre
12:02certainement les voyous
12:03un peu fréquentables
12:04qu'on n'aime pas trop
12:05voir traîner
12:06autour des ambassades.
12:07Pour ma part,
12:08d'ailleurs,
12:08je pense que je ne suis rentré
12:10que dans deux ambassades
12:11de France
12:12en 25 ans de travail
12:13au profit de la DGSE.
12:15C'est pour vous dire
12:17la synergie
12:17qui pouvait exister
12:18entre ce que je faisais
12:19et la diplomatie.
12:21Et je me souviens
12:21d'une ambassadrice
12:22qui n'a pas trop aimé
12:23d'ailleurs que je traîne
12:23dans son pays.
12:28Non, je pense
12:28que c'est très complémentaire.
12:30Bon, d'abord,
12:30la diplomatie française
12:31a beaucoup changé.
12:32Elle a beaucoup évolué.
12:33Quand je l'ai connue
12:34il y a maintenant
12:3535 ans,
12:36c'était des vieux messieurs
12:39un peu souvent aristocrates,
12:44très bien élevés,
12:45très bien nés.
12:47Parce que maintenant,
12:48c'est des bad boys.
12:49Mais maintenant,
12:49ce sont des jeunes
12:50avec beaucoup d'enthousiasme
12:52et oui,
12:53qui peuvent être...
12:54D'ailleurs,
12:55je vous conseille
12:55d'aller,
12:56si vous êtes sur Twitter
12:57ou sur les réseaux sociaux,
12:59d'aller voir les posts
13:00des ambassades de France
13:01et des ambassadeurs.
13:02Je vous promets,
13:02c'est rock'n'roll aujourd'hui.
13:04Notamment,
13:06un truc qui s'appelle
13:07French Response
13:09qui s'occupe de répondre
13:10à toutes les fake news
13:11qui peuvent être diffusées
13:12et les attaques
13:13contre la France.
13:14Et vous verrez,
13:14c'est extrêmement amusant
13:16avec énormément d'humour.
13:18Il y a 15 jours,
13:19il y a eu un tweet
13:20de l'ambassade de France
13:22à Washington,
13:24un tweet mercredi
13:25avec une espèce
13:27de détournement
13:27d'une sitcom.
13:28Et il y a une fille
13:29qui dit au garçon
13:30« Waouh,
13:31la semaine était formidable.
13:33What a week ! »
13:34Et le garçon lui répond
13:35« Tu sais ma chérie,
13:36on ne sonne que mardi. »
13:38Et voilà.
13:39Et donc,
13:40il faut aller voir
13:43les publications
13:45des postes diplomatiques français
13:47pour se rendre compte
13:48combien la diplomatie française
13:49a changé,
13:51combien elle a évolué.
13:52Elle est portée
13:52par très grands ambassadeurs
13:53de France.
13:54Je pense à Étienne de Ponsin
13:56qui a été ambassadeur
13:56à Kiev
13:57et qui est aujourd'hui
13:58à Varsovie.
13:59Je pense évidemment
14:00à mon ami
14:00David Martinon
14:01qui aujourd'hui
14:02est ambassadeur
14:03à Pretoria
14:04et qui a eu
14:05la lourde charge
14:06de s'occuper
14:06du désengagement français
14:08à Kaboul.
14:10On a la chance
14:11d'avoir une jeune génération
14:12d'ambassadeurs
14:13qui sont épatants.
14:15Et pour le reste,
14:16pour ma partie,
14:17pour le renseignement,
14:18on a la chance aussi
14:19d'avoir un service
14:21de renseignement français
14:22qui est porté
14:23par une nouvelle équipe,
14:25par un nouveau directeur général
14:27qui vraiment a le sens
14:29du...
14:30Comment dire ?
14:32De l'esprit de corps
14:33qui est rentré
14:34dans tous les bureaux
14:35de service
14:36depuis qu'il est là
14:37depuis deux ans maintenant.
14:40qui est essayé
14:41de comprendre,
14:42lui,
14:42arriver de la sécurité intérieure.
14:43On a la chance aussi
14:44d'avoir un directeur général
14:46de la sécurité extérieure
14:47qui est passé
14:48par la DGSI
14:49donc qui est à même
14:50de porter une synergie
14:52avec sa collègue
14:52Céline Berton,
14:54une synergie
14:55qui n'existait pas
14:55nécessairement
14:56entre les deux maisons.
14:58Donc aussi,
14:59pareil,
14:59une équipe jeune
15:00avec des jeunes cadres
15:03qui comprennent le monde.
15:04Très bien.
15:05Alors je suppose
15:06que le public rêve
15:06de te poser quelques questions.
15:08C'est tout.
15:09Je veux...
15:09Ah non,
15:10mais si tu veux,
15:10j'ai encore une question.
15:11Voilà,
15:11quelques questions.
15:12Je sais que,
15:12vous rêvez de lui parler
15:15et de son livre.
15:16Non,
15:16mais Caroline m'a dit,
15:18tu sais,
15:19les gens,
15:19surtout pour signer
15:20des bouquins,
15:22donc ne soyons pas trop longs,
15:23mais on va faire traîner
15:24un petit peu.
15:25Donc Caroline...
15:26Tu veux ?
15:26Reprenons le corgé.
15:28Prochaine question.
15:29Moi,
15:29je veux le champagne
15:30tout de suite.
15:31Non,
15:32c'est juste pour parler
15:33quand même
15:34de cet ouvrage.
15:37Alors d'abord,
15:38c'est très gênant
15:39parce que quand on vous demande
15:40de commencer à écrire des mémoires,
15:41c'est très mauvais signe.
15:44Malheureusement.
15:45ça veut dire
15:46qu'on a un petit peu avancé en âge
15:47et qu'on est plein perdraux de l'année.
15:50Mais j'ai tellement été enchanté
15:52de répondre à cette proposition
15:54de Caroline.
15:56Ce n'est pas vraiment des mémoires,
15:57ça s'arrête en...
15:59Ce sont en fait,
15:59ce sont les premiers instants,
16:00les premiers pas.
16:03Donc le recrutement,
16:05la formation...
16:06Je ne suis pas trop rentré.
16:07Moi,
16:08ça m'ennuie un peu
16:08les documents
16:10sur le renseignement
16:12un peu froid
16:14où on rentre un petit peu
16:15dans la mécanique,
16:16dans les secrets d'alcool,
16:17de cuisine.
16:18Moi, je voulais un petit peu
16:19mettre de la chair
16:21et raconter un petit peu
16:24mon envie,
16:25mon goût de voyage
16:28et la manière
16:29dont j'ai perçu
16:31au départ le métier
16:32qui était un petit peu
16:33l'envie du jeu
16:34et de l'aventure,
16:35je dois dire.
16:36C'était plus
16:37par plaisir personnel.
16:40Avec quand même
16:40quelques bons moments d'émotion.
16:43Ah bah oui,
16:43bien entendu,
16:44oui,
16:44des moments d'émotion,
16:45d'engagement
16:45et puis petit à petit
16:47quand même
16:49le sentiment
16:50de servir
16:52à...
16:53Même en étant
16:54qu'un petit pion
16:55sur l'échiquier,
16:56sachant que la somme
16:58du travail
16:58de tous ces pions,
16:59finalement,
17:01c'est l'architecture
17:02du travail
17:03d'un service
17:03de renseignement
17:04dont le principal goulot
17:07c'est l'aide
17:07à la décision
17:08pour les décideurs
17:10politiques,
17:11pour le président
17:11de la République,
17:12pour le ministre
17:12de la Défense,
17:13pour le Premier ministre.
17:14Et donc,
17:15qui conduit un petit peu
17:16à la sérénité
17:16et à la tranquillité
17:17de tout le monde,
17:19y compris ce soir.
17:20On peut parler
17:20dans un pays
17:22en paix,
17:23certes,
17:23dans un environnement
17:25global
17:26qui est en conflit,
17:27mais néanmoins
17:28dans un pays
17:28où on peut
17:30sortir tranquillement,
17:32ne pas vivre
17:32dans le froid
17:33comme les Kévins
17:35cette nuit encore.
17:37Donc voilà,
17:38et se satisfaire,
17:40finalement,
17:40c'est une grande satisfaction
17:41de se dire
17:41que ce travail silencieux,
17:44muet,
17:44pour lequel je communique,
17:46mais je suis un des rares
17:46à communiquer,
17:48et je comprends
17:49tous ceux
17:49qui ne communiquent pas
17:50et qui en veulent
17:51à ceux qui communiquent,
17:52je sais,
17:53dans les services
17:54de renseignement.
17:58Je trouve
17:58que c'est une vraie satisfaction
17:59de se dire
18:00que ce travail,
18:01finalement,
18:02sert à quelque chose.
18:04J'ai une petite anecdote
18:06pour ça.
18:07J'ai fait
18:08une parenthèse
18:09de cabinet ministériel
18:11entre 1995
18:12et 1997.
18:14Et quand je suis arrivé
18:15au secrétariat
18:16d'État
18:16du commerce extérieur,
18:17comme conseiller technique,
18:19j'ai été destinataire
18:20de notes jaunes,
18:23télégrammes,
18:23de la DGSE,
18:24Confidentiel Défense.
18:26Et j'ai trouvé une note
18:27que je n'avais rédigée
18:2715 jours auparavant.
18:30Et c'était très émouvant
18:32parce que je me disais
18:34« Wow, cette note
18:34est remontée. »
18:37Et c'était finalement
18:37quelque part
18:38la propre
18:39de mon boulot.
18:42C'était très satisfait.
18:43Oui, bien sûr.
18:44Et je crois aussi
18:44que ce livre,
18:45d'ailleurs,
18:45serait émouvant
18:46pour les très jeunes
18:46qui ont envie
18:47d'engagement,
18:48qui ont envie aussi
18:48de découvrir
18:49ce qu'est ce métier
18:50puisque de plus en plus,
18:52la DGSE,
18:53évidemment,
18:53communique sur les réseaux
18:55et souhaite aussi
18:56susciter des engagements.
18:57Et je crois que ce livre
18:58va beaucoup y contribuer.
19:00Enfin, du moins,
19:00je l'espère.
19:01Parce que c'est aussi
19:02la vocation
19:03de cette collection.
19:06Que de susciter
19:07des envies,
19:08des découvertes.
19:09Je ne vais faire un jour
19:10à personne.
19:11Ça ne se voit pas trop
19:11ce soir.
19:12Mais il faut que les jeunes,
19:14oui,
19:15lisent ce livre.
19:17Mettez-le dans les mains
19:19de vos enfants,
19:20de vos grands ados.
19:23le métier du renseignement,
19:25c'est d'abord,
19:25il y a par exemple
19:26la DGSE,
19:26elle propose 200 métiers
19:28différents.
19:30Il y a 7000 personnes
19:31et plus qui travaillent
19:33pour la DGSE.
19:34C'est 200 métiers différents.
19:35Si vous avez des garçons
19:36qui sont scientifiques,
19:37qui veulent faire une croix
19:38sur un beau salaire
19:39sortie école,
19:40mais travailler
19:40sur une très belle machine
19:41et avec de très gros enjeux
19:42pendant quelques années,
19:44avant d'intégrer
19:45une grande boîte
19:46avec cette fois-ci
19:48un salaire décent,
19:49poussez-les à faire
19:51cette expérience.
19:52Et puis,
19:52si vous en avez
19:53qui sont très doués,
19:54qui sortent de grandes écoles
19:55et qui ont envie
19:56de passer le concours
19:57de fonctionnaires
19:58de catégorie A,
19:59membres d'officiers
20:00traitants,
20:01ça vaut le coup,
20:02il y a quelques années,
20:0310 ans, 15 ans,
20:05de travailler
20:05sur la matière humaine
20:07et sur les grands enjeux
20:09géostratégiques de ce monde.
20:10En ce moment,
20:11il y a du travail.
20:13Voilà, très bien.
20:15Oui, alors,
20:15une question,
20:16juste une question.
20:17Non,
20:18attendez,
20:18je ne sais pas
20:19la question,
20:21mais c'est simplement
20:21qu'il ne faut pas
20:22être trop loin.
20:25Tenez ça,
20:26et voilà,
20:27sous l'axe de son nom.
20:28Ah, voilà.
20:31On va savoir
20:32si les critères
20:33de recrutement
20:33des femmes
20:34sont les mêmes
20:34que celles des hommes
20:35pour devenir espions.
20:37Et,
20:38non,
20:38c'est pas vrai.
20:39Et est-ce que vous avez
20:41déjà pu considérer
20:42que ce métier
20:42est un métier dangereux ?
20:44Est-ce que vous avez...
20:44Alors,
20:45les critères
20:45sont les mêmes,
20:46sauf pour certains emplois
20:47très physiques
20:48au sein du service action
20:50de la DGSE.
20:52Il y a des femmes
20:52au sein du service action,
20:53d'ailleurs.
20:54Mais certains métiers,
20:55mais alors très spécifiques,
20:58certaines spécificités techniques
20:59comme l'agentur de combat,
21:00par exemple,
21:01on ne trouve pas de femmes,
21:02à ma connaissance,
21:03sinon les choses
21:03vont peut-être changer.
21:04Sinon,
21:05pour le reste,
21:06c'est un métier
21:06vraiment depuis très longtemps
21:10où tout le monde
21:11est considéré
21:12à égalité.
21:14Il n'y a absolument
21:15aucune différenciation
21:18entre hommes et femmes.
21:20Et je pense
21:20que la balance,
21:21elle doit être 60-40
21:22aujourd'hui,
21:23entre 60% d'hommes
21:24et 40% de femmes
21:25au sein du service.
21:28C'est dangereux.
21:29Est-ce que vous avez déjà
21:29vous-même considéré
21:31que vos métiers
21:31pouvaient être dangereux ?
21:32Est-ce que vous avez ressenti ?
21:33La première page du livre
21:35vous en donnera une idée.
21:40Oui, mais quand on a 30 ans,
21:42oui, mais aussi,
21:44on s'engage aussi
21:46parce qu'on a envie de ça.
21:47Je veux dire,
21:48on a le goût de ça.
21:50On a le goût
21:50d'aller sur des terrains
21:52compliqués.
21:57traverser la place
21:57de la Concorde
21:58aujourd'hui
21:58est certainement
21:59plus dangereux
21:59que de se rendre
22:00sur une zone de guerre.
22:03Vraiment,
22:03traverser le boulevard Saint-Germain,
22:04j'ai toujours l'habitude
22:05de traverser,
22:06je regarde toujours
22:06dans le même sens
22:07parce que j'ai toujours...
22:08Et en fait,
22:09maintenant,
22:09c'est à double sens.
22:10Donc, c'est beaucoup
22:11plus dangereux finalement
22:12que d'aller,
22:12je ne sais pas,
22:14à Kiev,
22:15par exemple,
22:16ce soir.
22:18Mais je pense que,
22:20justement,
22:22le sel du métier,
22:23c'est de se prémunir.
22:26quand c'est dangereux,
22:27c'est qu'on a mal fait
22:28son boulot
22:28et qu'on n'a pas su,
22:30justement,
22:32anticiper suffisamment
22:34les difficultés.
22:35Mais ça arrive,
22:35effectivement,
22:35d'être en guerre,
22:37de se retrouver
22:37dans des choses compliquées.
22:41Laurence,
22:42tu voulais poser une question ?
22:44Je récupère le micro
22:45et je récontribue
22:46à ce qu'il souhaite.
22:50Moi, je voudrais savoir
22:51comment on est recruté
22:52par la BGSM ?
22:54Alors, il y a plusieurs moyens,
22:56Fabienne.
22:58Le premier,
22:59c'est par la voie de concours.
23:01Vous avez la voie de concours.
23:03Vous avez des concours
23:04qui sont ouverts.
23:06Ensuite,
23:06vous avez des recrutements externes.
23:10Vous êtes recrutés
23:11pour votre...
23:12Vous êtes repérés
23:13à la fac.
23:15Moi, c'était pendant
23:16mon service national
23:18par des gens
23:19qui ont un peu l'œil.
23:20Maintenant,
23:21il y a des gens
23:21dans les universités,
23:22il y a des correspondants
23:23dans les universités
23:24qui disent
23:24comme dans le monde
23:25anglo-saxon.
23:26Ça se pratiquait beaucoup
23:27comme ça,
23:28notamment en Angleterre
23:29et puis aux États-Unis.
23:32Et vous avez des gens
23:33qui vous approchent
23:34parce que vous parlez
23:35deux, trois langues
23:35couramment.
23:37Il ne faut pas trop
23:37bien parler une langue,
23:39néanmoins,
23:39pour les projeter
23:40à l'étranger
23:40parce qu'on est suspect.
23:42Il faut la bredouiller
23:43quand on la parle
23:45trop bien.
23:47Voilà.
23:48Et puis,
23:49il y a les candidatures
23:51spontanées
23:52qui peuvent être
23:52effectivement
23:56regardées
23:57avec beaucoup
23:57d'intérêt.
24:00Mais il y a
24:01beaucoup de candidats.
24:02Sur les concours,
24:03il y a beaucoup de candidats.
24:03Je crois,
24:03concours de catégorie A,
24:05vous avez
24:052000 candidats au concours
24:07de 2 000 à 3 000
24:08voire 4 000 par an
24:09pour 40 places.
24:11C'est un concours
24:12extrêmement exigeant
24:13et ne sont pas
24:14nécessairement
24:14les plus grosses
24:15têtes qui sont prises,
24:15mais ce sont les jeunes
24:17qui sont capables
24:17d'adaptabilité,
24:20de capacité à voyager,
24:21à se projeter
24:22dans le monde,
24:22etc.
24:27Peut-être nous donner
24:28un petit peu de couleur,
24:29soit une situation
24:31compliquée
24:31que tu as vécu
24:32parce qu'effectivement,
24:32les mille et un
24:33mille et un exemple,
24:35donne-nous un petit peu
24:36de couleur,
24:36de saveur,
24:37d'une situation
24:38qui viendrait.
24:40C'est celle que je raconte
24:42au tout début du livre.
24:43Je ne vais pas déflorer
24:44le bouquin,
24:45mais en août 98,
24:47je devais aller récupérer
24:49des documents
24:51dans une ville
24:51que tu connais bien,
24:52le Bumbashi,
24:53au sud de la République
24:54démocratique du Congo,
24:56au Katanga,
24:57qui était en pleine
24:58guerre civile.
25:01Je n'ai pas pu y aller
25:02en avion.
25:02On a atterri en avion
25:03avec un avion piloté
25:06par quelqu'un
25:06que vous connaissez peut-être
25:07dans votre imaginaire,
25:09enfin,
25:09pas dans votre imaginaire,
25:10il s'appelle Victor Booth,
25:12lors de foire,
25:14qui m'a amené
25:15à le Bumbashi,
25:16mais je n'ai pas pu
25:16descendre de l'avion
25:17parce que j'ai eu
25:17une situation très particulière.
25:19J'ai dû revenir en Zambie
25:20et de la Zambie,
25:21j'ai dû prendre la route
25:21pour gagner
25:23le Bumbashi
25:23et j'ai été arrêté
25:24à la frontière
25:26congolaise
25:26par l'Agence nationale
25:27du renseignement.
25:28J'ai été jeté
25:29dans un conteneur
25:30tout nu
25:34et la magie
25:36tout nu,
25:37mais la magie
25:38de l'histoire
25:38qui m'a
25:40préservé le moral,
25:41c'est que
25:43quand un blanc
25:43est tout nu
25:44dans un conteneur
25:44dans un village africain,
25:45vous avez vu
25:46tous les enfants du village
25:46qui viennent voir
25:47le blanc tout nu
25:50et il m'avait laissé
25:51mon Walkman
25:52pour écouter
25:53de la musique.
25:54J'étais là
25:55où j'avais mon Walkman
25:57tout seul
25:57pour son instrument
26:01et je voyais
26:02un petit africain
26:03qui l'orniait
26:04sur mon Walkman
26:05et vous avez
26:07beaucoup
26:08dû connaître ça
26:09avec les Sony
26:10avec les pi
26:10et puis j'écoute
26:11beaucoup de musique
26:12baroque
26:12et j'écoutais
26:14la Passion
26:14sur Saint-Mathieu
26:18et j'ai donné
26:19le Walkman
26:19et j'ai vu
26:21ce petit garçon
26:21qui avait 4-5 ans
26:22avec qui roulait des billes
26:23comme ça
26:24en écoutant la Passion
26:25sur Saint-Mathieu
26:25jusqu'à l'épuisement
26:26des piles.
26:27Et finalement
26:28c'était un très très beau moment
26:30qui m'a
26:34vraiment
26:35qui m'a
26:36remonté le moral
26:37et qui m'a porté
26:38jusqu'au moment
26:39où j'ai été amené
26:41à être
26:42un petit peu interrogé
26:44et je m'en suis tiré
26:45avec un peu d'audace
26:46cette fois-ci.
26:48Oui parce qu'en fait
26:49c'est ça
26:50quand on a Vincent
26:50on a l'impression
26:52de pouvoir toucher
26:53une relique
26:53en quelque sorte.
26:54C'est vrai
26:59parce que c'est vrai
27:00on dit toujours
27:01ah mais ce gars
27:02a vraiment réussi
27:03c'est cool
27:04c'est passé au travers
27:05de tous les dangers
27:09non mais j'ai pas vécu
27:10tant de trucs
27:11heureusement
27:12j'ai pas vécu
27:12tant de trucs
27:13terribles que ça
27:16quand même
27:16quand même
27:19est-ce que c'est
27:20pendant cet épisode
27:21que vous venez d'évoquer
27:22que vous êtes
27:23fait passer
27:23pour un entraîneur
27:24de foot
27:24non un agent
27:25de joueur de foot
27:27parce qu'on est en août
27:2898
27:29et on vient de gagner
27:30la coupe du monde
27:31et je me dis
27:32il y a deux choses
27:33qui peuvent me sauver
27:33dans cette situation
27:34assez désagréable
27:35en Afrique
27:37le football
27:37ou la musique
27:39la musique africaine
27:41je dois avouer
27:42qu'en étant
27:43un pénitent baroqueux
27:45c'est un peu compliqué
27:47et là j'avais lu
27:48dans le Times of Zambia
27:50la veille
27:51en Zambie
27:52qu'il y avait
27:52un tournoi de sixth
27:53à Lubumbashi
27:54en pleine guerre civile
27:56et donc un tournoi junior
27:58et donc
27:58je me suis improvisé
28:00agent de
28:01agent de joueur de foot
28:02donc c'est ce que
28:04j'ai raconté
28:04aux gens qui m'ont interrogé
28:07je l'aurais dit
28:08de manière assez
28:09avec beaucoup
28:10d'audace
28:11et beaucoup de culots
28:13j'étais l'agent
28:15de Lilian Thuram
28:16et là tout d'un coup
28:19j'étais un semi-dieu
28:21mon chauffeur
28:22qu'on avait tabassé
28:23auquel on avait tout pris
28:25ils avaient désossé
28:26la voiture
28:26alors on a remonté
28:27des pneus neufs
28:28sur la voiture
28:29mon chauffeur
28:29on s'est excusé platement
28:31on m'a redonné
28:32mon portefeuille
28:33il ne manquait pas
28:34un dollar
28:35ou un rente sud-africain
28:37et les gens
28:38étaient adorables
28:39avec moi
28:39et en sortant
28:40je sors du poste frontière
28:42il y a une main
28:43qui s'est là
28:43sur mon épaule
28:44il y a un black
28:45énorme
28:46avec le torse
28:48bardé de cartouchière
28:49avec une mitrailleuse
28:50qui me dit
28:51et 1
28:51et 2
28:52et 3 0
28:57et là dessus
28:58l'histoire que je ne raconte pas
28:59c'est que je m'engueule
28:59avec mon chauffeur
29:00qui me laisse
29:01au bord de la route
29:02à la tombée de la nuit
29:04dans une espèce de far west
29:06parce qu'on est dans la copper belt
29:08dans la zone de production
29:08de minières de cuivre
29:10la deuxième plus grande
29:11ça je le raconte
29:13il m'abandonne
29:14au bord de la route
29:14et là je me dis
29:18l'Afrique c'est sympa
29:19je vais tout de suite être récupéré
29:20et puis je fais du stop
29:22et je vois des
29:24des chauffeurs hilaires
29:25qui me font des bras d'honneur
29:26et je vois la nuit tomber
29:28et puis vous savez
29:29la brousse en Afrique
29:30on prend tout de suite
29:30pas mal de bruit
29:33on se dit
29:33waouh
29:33où est-ce que je vais dormir
29:34cette nuit
29:35donc
29:36et puis je vois mon chauffeur
29:37revenir en pleurant
29:38en disant
29:39je ne suis pas
29:40je ne suis pas un Congolais
29:41je suis un Zambien
29:42je suis Pierre
29:42je ne suis pas un voleur
29:43je te ramène
29:45voilà la destination
29:46donc finalement
29:47il y a toujours un miracle africain
29:49qui fait qu'on se mentir toujours
29:52bonjour
29:53bonjour Vincent
29:55ce que je voulais te demander
29:56c'est nous dans nos métiers
29:57tous un peu tous
29:58je pense qu'on effectue des tâches
29:59tous les jours
30:00on a l'impression d'avancer
30:01plus avancer que de reculer
30:02est-ce que dans le renseignement
30:03des fois on n'a pas l'impression
30:04qu'on avance vers un but
30:06qu'on interne absolument jamais
30:07il n'y a pas de frustration
30:09provoquée par ça
30:11la frustration c'est autre chose
30:12la frustration c'est plutôt
30:14de ne pas savoir
30:16pourquoi on fait quelque chose
30:18c'est à dire que l'on reçoit
30:19ce qu'on appelle des orientations
30:21donc une liste de questions
30:24auxquelles on doit répondre
30:26on ne sait pas à quoi ça sert en fait
30:30alors effectivement
30:31on ne répond pas à toutes
30:32parce qu'on peut échouer
30:33sur certaines choses
30:35on ne sait pas du tout
30:36à quoi ça sert
30:37vous savez dans les films
30:38on vous dit
30:38voilà votre mission c'est de
30:39parce qu'il faut aller là
30:41parce que
30:41c'est pas du tout ça
30:42voilà on vous donne
30:44des choses très précises
30:45après vous pouvez déborder du cadre
30:47si vous avez ce qu'on appelle
30:48des renseignements
30:49du renseignement d'opportunité
30:51donc vous vous dites
30:51tiens ça ça fait sens
30:52ça peut faire sens
30:53c'est un renseignement qui est important
30:55donc j'ai la chance
30:56j'ai l'opportunité de l'avoir
30:57donc je le retransmets
30:59mais sinon on reste dans son couloir de nage
31:01et ça c'est frustrant
31:02ça c'est la grosse frustration
31:05mais finalement on a l'habitude
31:07parce que les choses s'enchaînent
31:08et on repart sur un autre voyage
31:12et sur une autre projection
31:14et on nous redemande d'autres choses
31:17et puis parfois oui effectivement
31:20on peut travailler longtemps
31:21sur un sujet
31:23sur un pays
31:24et finalement les choses ne bougent pas
31:26oui
31:26mais souvent ce sont des choses
31:28qui sont indépendantes
31:28de la volonté du travail
31:29d'un service de renseignement
31:32on ne peut pas
31:33malheureusement on ne peut pas tout faire
31:36les espions qui sont partout
31:37et qui bouleversent
31:40la face du monde
31:41malheureusement ça n'existe pas
31:43pas suffisamment
31:46Vincent moi j'ai une question
31:47tout à l'heure tu as parlé de la littérature
31:49mais est-ce qu'il y a par exemple
31:50dans le cinéma
31:52ou les séries
31:53des titres
31:54qui pourraient parler au grand public
31:56et qui seraient assez proches
31:57de la réalité
31:57parce que souvent
31:58les fictions sont un peu extravagantes
32:01mais quels seraient les films
32:02ou les séries
32:02où tu dis
32:03ah c'est quand même assez proche du métier
32:05alors évidemment
32:05le bureau des légendes
32:06d'Eric Rochand
32:09qui est assez proche de la réalité
32:10même s'il y a
32:11des choses un petit peu
32:16bizarres
32:16pour les professionnels
32:18du renseignement
32:18par exemple
32:19le personnage de Phénomène
32:21je ne sais pas si vous avez vu
32:22qui est capturé en Iran
32:24dans la première saison
32:25et qui ensuite est reprojeté
32:26et en Azerbaïdjan
32:28et sur des zones
32:29où le service iranien
32:31peut être amené à travailler
32:32là ça paraît un peu extravagant
32:34sinon c'est très proche
32:35de la réalité
32:36moi j'ai beaucoup aimé
32:39The Agency
32:40donc le
32:43comment on appelle ça déjà
32:46la version américaine
32:47oui
32:48le remake américain
32:50j'ai beaucoup aimé
32:51je l'ai trouvé très élément
32:51j'adore Londres
32:52c'est une de mes vies de prédilection
32:54je trouve que Londres
32:55est très bien filmée
32:56je trouve la série très élégante
32:58je ne voudrais pas trop le dire
32:59mais je trouve ça presque supérieur
33:00à celle de
33:02de Rochon
33:03qui est très réaliste
33:05sinon j'aime bien
33:07Slow Horses
33:08aussi une série BBC
33:11il y avait une série BBC
33:12qui s'appelait Spooks
33:13sur le travail du MI5
33:14aussi
33:15qui était très bonne
33:17puis après
33:18une série d'espionnale
33:20The American
33:21qui a l'empestiné
33:22Regan
33:22vu par un couple
33:25d'espions
33:26du premier directorat
33:28du KGB
33:28qui est infiltré
33:30aux Etats-Unis
33:31avec une famille
33:32une famille qui grandit
33:34avec des petits américains
33:35qui ne savent pas
33:36que leurs parents
33:37sont des espions russes
33:39et qui
33:39une histoire vraie
33:40vous vous souvenez
33:41il y a deux ans
33:43Justin sous le contrôle
33:44d'une dissidente russe
33:45Nadia Chla Koutiepova
33:49ce couple
33:50d'espions russes
33:52arrêtés en Argentine
33:53qui a été échangé
33:55ce couple qui a été échangé
33:57ils sont arrivés en Russie
33:58avec leurs deux filles
33:59leurs deux filles
34:00ne parlaient pas un mot de russe
34:01ils ont été accueillis
34:03par Poutine
34:04à la descente de l'avion
34:05qui leur a parlé en espagnol
34:08voilà
34:08non ça sont des histoires
34:09les américains
34:10c'est une très jolie série
34:11une très jolie série aussi
34:12sur les années Reagan
34:14ce qui est intéressant
34:15dans l'enseignement aussi
34:16c'est qu'on balaye l'histoire
34:17souvent c'est la petite histoire
34:19dans la grande
34:19mais ça permet aussi
34:20c'est la rencontre
34:22entre des femmes
34:22des hommes et l'histoire
34:26j'ose plus dire
34:27allons prendre un verre
34:28et signer des livres
34:29je crois que c'est l'heure
34:31tout de même
34:31encore encore
34:32ah oui
34:33une dernière question
34:33je crois vous reconnaître
34:35voilà
34:36Jean-Pierre Poilet
34:37d'abord merci
34:40pour cette production
34:41Pierre Vincent
34:42en nouvelles
34:43mais une question
34:44sur juste
34:44un mot d'analyse
34:46de ta part
34:46sur le fait
34:48que l'électronique
34:49a investi
34:50depuis au moins 20 ans
34:51et envahi
34:52le monde du renseignement
34:54en tout cas
34:55sur certains pays
34:56la France
34:56s'est caractérisée
34:58par le maintien
34:59très précieux
35:00du renseignement humain
35:03est-ce que c'est
35:05parmi les
35:06disons des idées reçues
35:08cette valeur ajoutée française
35:09ou est-ce qu'elle est
35:11à la fois réelle
35:12et si précieuse
35:13elle est réelle
35:14on n'a jamais
35:15désinvesti
35:15notre engagement
35:16sur le renseignement
35:17humain
35:17on a toujours su
35:18maintenir d'abord
35:19notre maillage humain
35:20à travers le monde
35:21après on l'a
35:22réorienté
35:23en fonction
35:23de la volonté
35:25des politiques
35:25moi je me souviens
35:26à un moment donné
35:27un peu moins d'Afrique
35:28un peu plus d'Asie
35:29un peu plus de Proche
35:30et de Moyen-Orient
35:32mais c'est normal
35:33c'est la politique
35:33qui décide
35:34et qui détermine
35:35en fait
35:35la politique extérieure
35:36de la nation
35:37et donc à la fois
35:38le maillage diplomatique
35:39mais aussi le maillage
35:40du renseignement
35:41doit s'y conformer
35:45on a toujours su
35:46maintenir cet équilibre
35:47avec néanmoins
35:48des capacités
35:49d'interception électronique
35:52suffisantes
35:52pour la France
35:54à même
35:55même de suppléer
35:57et de remplacer
35:57le renseignement américain
35:58auprès des Ukrainiens
36:00maintenant depuis quelques mois
36:02comme le président de la république
36:03l'a révélé
36:03il y a 20 jours
36:05à l'occasion
36:05de ses voeux
36:06aux armées
36:06et sur la base aérienne
36:07d'Istre
36:09du renseignement spatial
36:10aussi
36:12avec une petite composante
36:13de renseignement spatial
36:14qui nous permet aussi
36:16de faire le boulot
36:16on va avoir
36:17un satellite géostationnaire
36:19qui va rentrer
36:20donc en action
36:22en 2026
36:24aussi
36:24mais l'enseignement humain
36:26c'est important
36:26pourquoi ?
36:27parce que
36:28surtout aujourd'hui
36:31la base première
36:32du renseignement
36:33c'est quoi ?
36:34c'est de savoir
36:34ce qu'il y a dans la tête
36:35des puissants
36:36ce qu'il y a dans la tête
36:37de Donald Trump
36:38un manche
36:43quel boulot
36:43ce qu'il y a dans la tête
36:45de Vladimir Poutine
36:46ce qu'il y a même
36:46pour nous
36:47dans la tête
36:47de Merz
36:48ou de Starmer
36:49vraiment
36:50donc pour savoir
36:51ce qu'il y a dans la tête
36:52de ces gens là
36:52ces gens là
36:53ne vont pas raconter
36:54au téléphone
36:55les interceptions électroniques
36:56ils ne savaient pas tout
36:58donc il faut être à même
36:59d'approcher des gens
37:01qui leur sont
37:02qui leur sont familiers
37:03qui sont leurs confis
37:04je parlais du tailleur
37:05du Panama
37:06tout à l'heure
37:07de John Le Carré
37:08où l'espion
37:10de sa très gracieuse majesté
37:13en fait
37:13devenait le meilleur ami
37:15du tailleur
37:16du président du Panama
37:18un tailleur
37:19auquel il confiait
37:19finalement
37:20tous ses secrets
37:20plus qu'à ses généraux
37:22et à ses ministres
37:24et finalement
37:25il y a Clérence
37:25de l'humain
37:26qui est à même
37:27d'approcher
37:28le kiné
37:32le sexologue
37:33de Donald Trump
37:34le psychologue
37:36de je ne sais pas
37:37et effectivement
37:38d'être à même
37:39d'avoir
37:39d'être dépositaire
37:40de secrets d'état
37:43le nouveau directeur général
37:44le directeur général
37:45actuel de la DGSE
37:47Nicolas Lerner
37:48lui son
37:48son credo
37:49c'est l'espionnage brut
37:51donc le vrai renseignement
37:54et l'espionnage brut
37:56ce n'est pas
37:56la somme
37:58de ce que l'on peut
37:59capter
38:00récolter
38:01de manière électronique
38:03géospatiale
38:04etc
38:04c'est vraiment
38:05de trouver
38:06justement
38:09ce que seuls
38:10des humains
38:12peuvent trouver
38:12auprès d'autres humains
38:14et ça
38:15c'est très intéressant
38:16c'est finalement
38:18ce que j'ai fait
38:20moi auprès
38:20des chefs de guerre
38:21que j'approchais
38:23j'étais leur familier
38:24et donc j'étais
38:25à même de savoir
38:27ce qu'ils pensaient vraiment
38:28ce qu'ils comptaient faire demain
38:29quelles étaient leurs stratégies
38:31etc
38:32et ça
38:33le renseignement
38:34même électronique
38:35de l'époque
38:35ne le pouvait pas
38:36même si le renseignement électronique
38:39pouvait intercepter
38:40leur communication
38:40les géolocaliser
38:42etc
38:42donc oui
38:43et puis aujourd'hui
38:45les technologies
38:46sont telles
38:46qu'on peut s'fier
38:47absolument
38:47aucune plateforme numérique
38:50aucun réseau téléphonique
38:52on dit télégramme
38:53c'est sûr
38:53c'est pas sûr
38:54signal c'est sûr
38:55c'est pas sûr
38:55whatsapp
38:56c'est vraiment ouvert
38:58à tous les vents
38:58donc vous ne pouvez
39:00plus rien échanger à distance
39:02et donc le retour
39:04de l'oralité
39:06donc de la transmission
39:07du renseignement
39:08de vive voix
39:10à l'ancienne
39:10rudimentaire
39:11va retrouver tout son sens
39:14merci
39:15merci
39:15et à quand un film
39:17Thierry Van
39:17de l'entente
39:18bon alors ça
39:20j'ai mon co-auteur
39:22qui est là
39:23ou qui était là
39:24Franck Philippon
39:25avec lequel
39:25on travaille
39:26sur des projets
39:28les gens
39:29qui travaillent
39:31sur les projets
39:32audiovisuels
39:33savent
39:33savent combien
39:34c'est long
39:35de développer
39:36soit des séries
39:37soit des longs
39:39soit des long métrages
39:41mais oui
39:42j'espère bien
39:42bientôt
39:44bientôt
39:44bientôt
39:49une cloche
39:50qui nous annonce
39:51donc le champagne
39:53d'autres questions
39:54d'autres questions
39:55bien sûr
39:57je crois que c'était
39:57Ben Arrénier
39:58qui avait dit
39:58que le métier d'espion
39:59c'était de
40:00occuper des traîtres
40:02qu'est-ce que ça
40:03vous a appris
40:04sur la nature humaine
40:07oh
40:12je crois que je termine
40:13le livre
40:14avec cette phrase
40:15quand je suis devenu
40:16un espion
40:17je suis devenu un homme
40:21évidemment
40:22on apprend beaucoup
40:23de l'âme humaine
40:24et de
40:27c'est ce qu'on nous demande
40:28de faire
40:28de mentir
40:29de manipuler
40:30de déterminer
40:32les failles
40:32et les faiblesses
40:33de chacun
40:33et faire en profiter
40:34pour en tirer
40:35la quintessence
40:35c'est le meilleur
40:36au service
40:37du service
40:38de renseignement
40:38de notre pays
40:42on est assez vite
40:43dépucelé
40:43d'abord
40:45il y a une chose
40:45qui m'a beaucoup
40:46le premier pays
40:48que j'ai approché
40:48c'est le Liban
40:50au Liban
40:50je suis arrivé
40:51avec mon oeil
40:54de jeune occidental
40:55on me racontait
40:56que c'était essentiellement
40:57des guerres de religion
40:57je me suis aperçu
40:58qu'il était essentiellement
40:59question d'histoire
41:01de fric
41:01de clan
41:02et de guerre
41:03de pouvoir
41:04et finalement
41:05je me suis aperçu
41:07au fil
41:07de mes projections
41:08et des voyages
41:09que rien ne changeait
41:11trop en fait
41:11qu'il était
41:13beaucoup question
41:15d'intérêt
41:16d'égo
41:17et que finalement
41:21si
41:22oui évidemment
41:23l'idéologie
41:23en plus
41:25elle n'arrange rien
41:25au contraire
41:27elle vient
41:28amplifier
41:29les problèmes
41:30mais oui
41:32on travaille vite
41:32on comprend vite
41:34la nature humaine
41:36mais je veux dire
41:37quand on est commerçant
41:38aussi
41:38quand on est
41:39éditrice
41:40aussi
41:40on connait bien
41:42les égos
41:43des uns
41:44et des autres
41:44je veux dire
41:46on est tous
41:46à même
41:47dans notre travail
41:49que ce soit
41:50enseignant
41:51voilà
41:52à vite comprendre
41:53comment fonctionne
41:55l'humanité
41:56maintenant
41:57sur les théâtres
41:58d'opération
41:59et sur les zones
41:59de crise
42:00tout est amplifié
42:01donc tout est amplifié
42:03tout prend une proportion
42:04tout prend une proportion
42:05dingue
42:06parce que pour beaucoup
42:07il est question de survie
42:08pas pour moi
42:09parce que moi
42:09je rentrais
42:10confortablement
42:11j'habitais à 200 mètres
42:12d'ici
42:12donc c'était pas
42:13trop désagréable
42:15mais oui
42:16mais pour beaucoup
42:16il est question de survie
42:17donc tout prend
42:19beaucoup plus
42:20d'ampleur
42:22différente
42:29bravo
42:30oui
42:31voilà
42:41merci Caroline
42:41j'ai pas eu le temps
42:42de parler de nos petits secrets
42:43entre nous
42:44non mais je plaisante
42:45je plaisante
42:45c'était pour la mettre
42:47mal à l'aise
42:48à la fin
42:51merci
42:51merci pour votre attention
42:53et pour votre écoute
42:54et bah si vous venez
42:55signer
42:56si vous venez
42:57je vais récupérer
42:59des bouquins
42:59sur les un peu
43:00passion peut-être
43:00mais je resterai
43:02jusqu'au dernier
43:02jusqu'à la dernière
43:03surtout
43:04voilà
43:04merci beaucoup
43:05merci
43:07merci
43:07merci
43:07merci
43:07merci
43:08merci
43:09merci
43:10merci
43:10merci
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