00:00Good Morning Business, la matinale de l'économie.
00:04Il est 8h19 sur BFM Business et sur AMC Découverte.
00:06Notre invité c'est Thierry Cotillard, bonjour, président du groupement Mousquetaires.
00:10On va parler consommation ensemble avec cette annonce quand même du gouverneur de la Banque de France
00:14qui vient de faire sur notre antenne sur BFM Business,
00:16qui nous dit bon, la baisse des taux c'est acté, ça sera pour la prochaine réunion.
00:20Une bonne nouvelle parce que franchement quand on regarde les chiffres de consommation,
00:22on a un peu besoin en France quand même.
00:24C'est une bonne nouvelle et il faut le dire parce qu'on est un peu dans cette morosité ambiante.
00:27Donc des taux qui baissent, c'est effectivement une relance possible de la consommation et donc de l'économie.
00:34Ce qu'il faut retenir c'est qu'en alimentaire, puisque notre groupement c'est Intermarché, c'est Bricomarché et Rodi,
00:41en alimentaire ça se porte quand même bien, c'est-à-dire c'est une croissance en volume.
00:45Et là aussi ça faisait un paquet de temps qu'on n'avait pas eu de la progression, donc on est plutôt satisfait.
00:50Mais par contre une vraie difficulté, si je prends le marché du bricolage, Bricomarché, Bricocache et Rama,
00:54et bien avec des taux qui étaient très importants, une difficulté à l'accession à la propriété,
01:00à se mettre en travaux, à rénover sa maison et donc un marché du bricolage sur les gros chantiers
01:05qui est en difficulté et qui est à moins 4, donc tout ça c'est plutôt des bonnes nouvelles.
01:10En même temps pour comprendre ma prime rénov' et se lancer dans les travaux de rénovation,
01:13il faut quand même se lever tôt, donc c'est clair après ça se voit dans les chiffres.
01:16Sur la consommation, on voit, on en parlait avec l'INSEE il y a quelques instants,
01:19que le consommateur il est déprimé alors que les chiffres du pouvoir d'achat sont plutôt positifs.
01:24Vous le dites sur l'alimentaire, on a vu des chiffres baissés auparavant,
01:27donc quand même on a un consommateur qui va mieux.
01:29Il va mieux mais en fait il ne s'est toujours pas remis de l'inflation à deux chiffres.
01:33Il est traumatisé par ça.
01:33On a pris 20%.
01:35Et ça c'est vraiment traumatisant et vous avez raison de le souligner.
01:38Et il faut le dire, la réalité économique c'est que le pouvoir d'achat depuis 18 mois a légèrement progressé.
01:43Plus 0,8 sur un an.
01:45Mais c'est inaudible, c'est inaudible parce que tout a pris 20%
01:50et puis on n'arrête pas de parler de la prochaine taxe, du prochain impôt,
01:53donc il y a aussi un principe de prudence, d'épargne énorme, vous l'avez dit, c'est près de 20%,
01:58200 euros, vous imaginez 200 euros par ménage, c'est 5 points de plus que tous les voisins européens,
02:03c'est 10 points de plus que les Etats-Unis.
02:06Donc bien sûr une inquiétude qui est là et donc il faudrait annoncer des bonnes nouvelles tous les jours pour que ça reparte.
02:11Alors la rentrée a été moins chère, c'est ce que nous a dit Marie-Chevache et Carmilla,
02:14là on est dans les zones commerciales de Carrefour, chez vous aussi, sur la rentrée scolaire c'était moins cher.
02:19C'était moins cher, moins 4% tout simplement parce qu'on a tous acheté la matière première,
02:24notamment le papier, beaucoup moins cher.
02:26C'était moins 3 sur le papier, moins 5 sur la colle, moins 7 sur les classeurs.
02:30Et puis c'était moins cher parce qu'en fait c'est un rendez-vous commercial
02:33où il y a une guerre entre nous tous, Carrefour, Leclerc.
02:36Et la concurrence ça marche, ça fait baisser les prix.
02:38Exactement et c'est acquis, coin le plus fort sur la promo.
02:40Et nous on avait fait des kits où on avait 70% d'avantages cartes,
02:44donc c'est sûr que ça fait du trafic et ça fait venir et à la fin ça fait un panier qui baisse.
02:48Bon dans tout ce contexte on a les mobilisations, il y a eu le 10 septembre, il y aura le 18 septembre.
02:52Quand vous regardez la journée du 10, finalement plus peur que de mal.
02:55On avait du mal à prédire l'ampleur du mouvement, il n'y a pas eu d'incident majeur.
03:01Il y a bien sûr eu des points de vente inaccessibles, il y a bien sûr eu des camions qui ont été bloqués.
03:06Mais globalement je dirais il n'y a pas eu d'incident qui est catastrophique.
03:10Peut-être aussi parce que notre enseigne, vous savez, elle est dans les territoires, elle est dans la proximité.
03:14Donc je pense qu'elle a aussi un dialogue avec des consommateurs qui pouvaient être des manifestants.
03:19Donc il y avait une compréhension de part et d'autre, donc ça a donné ça.
03:22Maintenant pour le 18 septembre, on voit bien, ça va être certainement plus structuré.
03:26Il y a un appel de l'intersyndical, donc une mobilisation plus forte.
03:30Donc on s'attend à quoi ? On s'attend à ce qu'il y ait une difficulté à rouler, des blocages.
03:34Et bien ça s'organise, c'est-à-dire que mes collègues passent des commandes un peu avant
03:39de manière à ce qu'on puisse être approvisionné et tenir la journée de vente au cas où le camion n'arriverait pas le matin.
03:46Mais pour le 18, la même chose quoi, réorganisation ?
03:49Organisation en amont, c'est-à-dire un peu plus de stock en magasin parce que, comme je vous le dis,
03:53si on n'est pas livré, ça pose un problème.
03:55Mais on tient, il n'y a pas d'inquiétude au moment où je vous parle.
03:57Vous disiez proximité dans les territoires.
03:59Vous avez repris 300 magasins, casinos.
04:01On va reparler de ceux qui sont fermés de l'organisation.
04:03Mais désormais, ça fait un intermarché, vous me disiez, tous les 10 kilomètres.
04:06C'est assez incroyable.
04:07On est hyper fiers de ça parce que c'est la première attente des Français,
04:10c'est d'avoir des commerces de proximité près de chez eux.
04:13Et donc un point de vente tous les 10 kilomètres, c'est incroyable.
04:16Il y en avait un tous les 15 kilomètres et c'est vrai que l'opération Casino est demain Coleroyd
04:20puisque dans l'Est de la France, on a eu cette chance aussi d'avoir gagné la partie face à nos concurrents.
04:27Donc c'est formidable.
04:28Et puis là, on a un peu de recul, je peux vous dire que c'était un vrai pari
04:31parce que c'était 10 000 salariés qu'il fallait embarquer dans une culture d'indépendants.
04:35Et avec le recul, on est en train de se dire que c'est en train d'être gagné.
04:38On a même créé 1 500 emplois sur les points de vente qu'on a repris.
04:42Et c'est une belle aventure humaine.
04:43Mais vous ne considérez pas que 10 kilomètres, ce n'est pas trop ?
04:47C'est-à-dire que là, vous êtes au bon niveau de magasin ?
04:50On est au bon niveau de maillage.
04:52Et vous savez, le contexte législatif aujourd'hui, il est très contraignant.
04:56Et donc vous avez de moins en moins d'ouverture de mètres carrés en France.
04:59Nous, les mousquetaires, c'était 200 000.
05:01Là, je sors d'un séminaire de rentrée.
05:03On a annoncé qu'on allait en ouvrir, tous métiers confondus, 50 000.
05:06Donc c'est 4 fois moins qu'il y a 4,5 ans.
05:08Donc le seul moyen d'ouvrir, c'était de faire des opérations de croissance externe.
05:12C'est ce qu'on a fait.
05:13Et après, il y a effectivement un moment, un niveau de saturation qui va faire que ça va se calmer.
05:17Il n'y en aura pas tellement plus.
05:18Vous considérez que la situation est assainie avec ce que vous avez intégré ?
05:21Les 30 que vous avez fermés, on est au...
05:23Oui, l'exercice est fait.
05:25On a cédé 11 points de vente à la concurrence parce que là, on était en quasi-monopole sur certaines villes.
05:30Donc l'autorité nous a demandé de les céder, ce qu'on a fait.
05:32Et puis, il y avait effectivement 30 points de vente.
05:35On a tout essayé parce que, je l'ai dit à chaque fois, on ne rachète pas un groupe pour vendre ou fermer les magasins.
05:41Donc on a tout essayé jusqu'à les proposer à nos concurrents.
05:44Malheureusement, la situation économique était trop compliquée.
05:47Donc il y a un accompagnement aujourd'hui des collaborateurs pour leur avenir et un dialogue social qui existe.
05:52Vous venez d'annoncer une alliance avec les Muliès dans la publicité en ligne.
05:57Ça s'appelle Valus, c'est leur marque à eux dans laquelle vous, vous allez vous intégrer.
06:01Vous avez déjà les centrales d'achat en commun.
06:04Alors c'est la question qui va après.
06:05Est-ce qu'il y a un rapprochement avec Auchan dans les tuyaux ?
06:07Alors ce qu'on avait vu avec le président de l'AFM, Barthélémy Guillain,
06:11c'était la synergie achat, bien évidemment, sur l'alimentaire.
06:15Mais le métier de distributeur va évoluer et notamment ses ressources.
06:19Quand vous regardez notre concurrent, même pas Amazon, on va prendre Walmart qui est un retailer physique,
06:26il a 4 milliards de revenus sur son retail média et sa data.
06:31Nous, on parle de quelques millions d'euros.
06:33Donc ça veut dire que demain, en compétition avec des concurrents qui vont y aller,
06:37on n'a pas le choix que de la développer, cette data et cette régie média.
06:41Ça représente 12% des investissements en pub en France.
06:44Ça va augmenter, ça va même exploser.
06:46Et comme ça sera un marché en milliards dans 5 ou dans 10 ans,
06:50le fait aujourd'hui d'avoir associé les enseignes des mousquetaires, vous les avez citées,
06:54plus celle de l'AFM où on a des verticales incroyables, on a Décathlon, on a Leroy Merlin,
06:59ça fait qu'on a la plus grosse régie européenne.
07:02On touche, c'est 30% du marché, on touche surtout tous les Français,
07:06parce que soit on va chez Inter, soit on va chez Auchan ou Leroy Merlin-Bricot.
07:09Et concrètement, c'est-à-dire que je veux faire de la pub,
07:13je peux directement toucher l'ensemble de tout le parc.
07:16Et donc l'intérêt, c'est qu'une marque ou une régie va venir nous voir
07:19et on va leur vendre de l'espace.
07:21Et puis j'ai envie de vous dire, on va cocoréco,
07:23c'est-à-dire qu'Alternative Amazon, il a 70% du marché du retail média en Europe et dans le monde.
07:30Là, il y a une alternative franco-française.
07:32Et donc on a fait la pub auprès des annonceurs et des régies pour leur dire achetez chez nous.
07:35On ne parle plus des négociations commerciales, de refaire la loi Egalim.
07:39Désormais, les négociations sont apaisées avec l'ensemble des producteurs.
07:44La réalité, c'est qu'en fait, il y a des temps de discussion sur ces sujets-là.
07:49Et donc ça va vite revenir.
07:50Est-ce que ce nouveau gouvernement va être en capacité à présenter une nouvelle loi Egalim ?
07:54J'y crois pas, parce que là, les négociations commencent dans trois semaines à mois.
07:58En revanche, moi, si vous me posez la question, qu'est-ce que j'en pense ?
08:01Je pense que ça a fait du bien à beaucoup de filières.
08:03La filière lait, la filière porc a bénéficié de ça.
08:06De la loi Egalim ?
08:07De la loi Egalim, qui imposait la transparence.
08:09Mais il faut aller plus loin.
08:11Moi, je soutiens, comme l'AFCD d'ailleurs,
08:14je soutiens l'idée qu'il faut plus de directivité encore entre la relation agriculteur et industriel.
08:19Et plus de transparence, parce qu'on n'a pas toujours l'origine des produits.
08:23Est-ce que ça vient bien de France ?
08:25On n'a pas toujours le prix payé aux agriculteurs.
08:26Donc c'est ça qu'il faut imposer à nos industriels.
08:28La transparence, c'est utile.
08:30Et la concurrence, ça fait baisser les prix.
08:31Exactement.
08:32Merci beaucoup Thierry Cotillard d'être venu ce matin dans la matinale de l'économie.
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