00:00Il est 7h38, langue éco, François Langlais. Dans le privé, les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes restent abyssaux, plus de 22% en moyenne.
00:10Alors on accuse souvent les entreprises d'en être les seules responsables, mais une étude américaine nous apprend ce matin que ce ne sont pas précisément les seuls responsables.
00:19C'est vrai, c'est un professeur d'économie de l'université américaine de Wharton, elle s'appelle Caroline Law, qui s'est intéressée à la question suivante.
00:27Alors pourquoi le salaire des femmes ne progresse-t-il plus après la maternité, même longtemps après la ou les naissances ?
00:35Alors elle a enquêté, collecté un certain nombre de chiffres, puis elle en a fait un livre qui est sorti la semaine dernière, Having It All, c'est passionnant.
00:40Et alors qu'est-ce qu'on y apprend, qu'est-ce qu'on y découvre ?
00:43Bien sûr, les entreprises ont une part de responsabilité. Toutes les études montrent qu'elles offrent davantage de promotion aux hommes qu'aux femmes,
00:50qu'elles aient ou non des enfants, alors qu'en général leur niveau de formation est souvent supérieur.
00:55Et c'est souvent à cause de la crainte du congé de maternité.
01:00Mais le reste de l'histoire se joue au sein des couples, parce que les individus sont rationnels.
01:06Ils ont donc intégré le biais du marché du travail au détriment des femmes.
01:11Donc, ils misent sur le cheval qui court le plus vite, l'homme.
01:14Autrement dit, dès qu'il apparaît la nécessité de libérer du temps pour la famille,
01:18c'est la femme qui prend le temps partiel, pour que soit préservée la principale source de revenu du foyer.
01:24Le biais se prolonge donc au sein de la famille.
01:27Bon, pour dire vrai, il y a aussi une explication moins honorable.
01:31Oula, je sens que le cheval qui court le plus vite, autrement dit l'homme, va en prendre pour son grade, là.
01:35Alors, figurez-vous, ce chiffre est sidérant.
01:37Mais le temps passé aux activités ménagères des hommes n'a quasiment pas varié depuis 1976.
01:46En réalité, ça s'est monté un petit peu jusqu'en 85, depuis 85, calme plat.
01:51Bon, ça explique la surcharge féminine, qui se traduit par des heures de présence moindres au travail.
01:56Ce qui, sinon légitime, du moins explique la prévention des employeurs.
02:01Lesquelles prévention conduisent les couples à choisir la carrière de l'homme ?
02:05Bah, c'est un cercle vicieux.
02:07Bon, une fois qu'on a posé le diagnostic, qu'est-ce qu'elles pourraient faire, les entreprises ?
02:10Il y a deux choses.
02:11D'abord, augmenter systématiquement ou promouvoir les femmes au retour du congé de maternité.
02:16Certaines entreprises en ont fait une politique.
02:19Et puis, essentiel, essentiel, organiser le temps de travail des jeunes mères avec des horaires fixes.
02:25Le grand stress de ces femmes, c'est le travail imprévu en fin de journée,
02:29qui va déstabiliser toute l'organisation pour récupérer les enfants.
02:31Les femmes avec les enfants de moins de 4 ans se disent ainsi prêtes à gagner jusqu'à 40% de moins
02:38pour éviter un poste aux horaires aléatoires.
02:41Mais est-ce que c'est la même situation, François, dans tous les pays ?
02:44Non, en fait, il y a de fortes différences dans le taux d'activité des mères.
02:48En France, dans les 10 ans qui suivent une naissance,
02:51les femmes ont un taux d'activité en moyenne inférieur de 25% à celui des hommes.
02:56Dans les 10 ans ?
02:57Oui, c'est énorme.
02:58En Allemagne, et c'est le pire pays en Europe, cet écart est de près de 50%.
03:03Et c'est en Suède que le chiffre est le plus bas, à 9%.
03:06Si on considère le monde maintenant,
03:08et c'est en Afrique où l'écart est le plus faible entre les hommes et les femmes,
03:12même taux d'activité, pour de mauvaises raisons,
03:14les femmes ne peuvent pas se permettre d'arrêter de travailler.
03:17Et en attendant un petit rappel, messieurs, passer l'aspirateur, ça n'est pas...
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