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  • il y a 4 mois
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Télématin reçoit Blanche Léridon, directrice éditoriale de l'Institut Montaigne et spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles.

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Transcription
00:00Et retour en France où la rentrée est beaucoup moins disciplinée.
00:02Négociation de la dernière chance ou simple courtoisie républicaine.
00:05Cette semaine, les chefs de parti se succèdent à Matignon pour rencontrer François Bayrou avant le vote de confiance lundi prochain.
00:11Bonjour Blanche Sheridon.
00:12Bonjour.
00:12Merci d'être avec nous. Vous êtes directrice éditoriale de l'Institut Montaigne, spécialiste des questions démocratiques et institutionnelles.
00:18Alors tous les partis n'iront pas. Et pour ceux qui y vont, c'est quoi ? C'est du vent ?
00:22Alors effectivement, l'issue de ces négociations, elle paraît totalement inéluctable.
00:25Et dans moins d'une semaine, il y a de grandes chances pour que le gouvernement Bayrou tombe.
00:28Mais je n'irai pas jusqu'à qualifier ça de vent.
00:30Parce qu'en réalité, le simple fait de participer à ces consultations va vous envoyer un message à l'opinion.
00:36C'est un message de respect des institutions, de sérieux et de capacité à gouverner.
00:40C'est un peu ce que recherche à la fois le Parti Socialiste, qui a présenté son budget alternatif et qui dit
00:44« Oui, nous, on respecte encore l'institution de Matignon, du Premier ministre.
00:48Et si nous-mêmes, on aspire à gouverner demain, c'est ce message-là qu'on envoie à l'opinion.
00:52Idem pour le Rassemblement National, qui se dit prêt à y aller lui aussi.
00:56Et qui veut dire que oui, finalement, c'est un parti sérieux et respectable qui joue le jeu de cette consultation.
01:02Même si, encore une fois, l'issue, elle est parfaitement connue aujourd'hui.
01:05Le RN, dans l'objectif de notabilisation, en allant à Matignon, c'est Jordan Bardella et Marine Le Pen
01:11qui seront reçus tout à l'heure après les représentants de place publique.
01:14Ils ont convié les caméras, les dirigeants du RN hier, à un bureau de campagne pour les législatives.
01:20Ils engendrent donc, finalement, sa boîte de confiance lundi et plaident pour une dissolution.
01:25Là, c'est le scénario le plus probable aujourd'hui, la dissolution ?
01:27En tout cas, c'est celui souhaité par le RN, et c'est peut-être le seul parti qui aurait un intérêt
01:32à ce que ce soit ce scénario-là qui soit privilégié par le président de la République.
01:37Un scénario qui est aussi souhaité aujourd'hui par une majorité de Français.
01:39On voit que les courbes ont beaucoup augmenté durant l'été.
01:44Alors, il n'est pas évident que le président de la République utilise cet outil
01:48dont il peut à nouveau se servir depuis deux mois désormais.
01:52Mais effectivement, le RN, en mettant en scène, en appelant les médias à cette réunion hier,
01:57veut envoyer ce message-là.
01:59Nous sommes prêts.
02:00On ne refera pas l'erreur du fameux plan Matignon, souvenez-vous, l'année dernière,
02:03qui en réalité était infiniment moins abouti que ce que le parti voulait faire entendre.
02:08Il y a là encore une espèce de volonté un petit peu performative
02:11dans l'organisation de ce type de réunion en disant
02:13à mesure qu'on va se mettre en ordre de marche,
02:16peut-être que ça va avoir une influence sur le réel
02:18et sur les décisions du président de la République.
02:20Alors, en cas de dissolution hypothétique, encore faut-il que le RN ait des candidats,
02:23puisque lors des dernières législatives, des casseroles sont sorties.
02:27Pour beaucoup d'entre eux, il y a eu accusation de racisme, antisémitisme, homophobie.
02:30Est-ce que le RN a fait du ménage dans ses troupes ?
02:33Alors, en tout cas, c'est ce qu'il prétend,
02:35puisque aujourd'hui, les dirigeants du parti affirment qu'il n'y a plus,
02:40vous vous souvenez, ce qu'on qualifiait de brebis galeuses
02:42avec tous les comportements controversés que vous venez de mentionner.
02:46Après, aujourd'hui, on n'a aucun moyen de le savoir et de le vérifier.
02:52Les dirigeants du RN disent qu'ils ont 85% à peu près.
02:54C'est ça, dans la Commission nationale d'investiture,
02:56qu'ils seraient prêts.
02:58Donc là encore, il y a cette volonté de montrer,
02:59regardez, on anticipe, on est sérieux, on est prêts,
03:01on est les candidats idéals pour y aller maintenant.
03:04Aujourd'hui, il n'y a que le RN qui a intérêt à ce qu'il y ait une dissolution ?
03:07A priori, oui, parce que pour le Bloc central,
03:10on anticipe une petite régression.
03:13Pour la gauche, qui sera beaucoup plus divisée
03:14qu'elle ne l'était l'année dernière,
03:16du fait des dissensions désormais entre le Parti Socialiste et la France Insoumise.
03:20Et la France Insoumise est plutôt dans l'étape d'après, si vous voulez.
03:23Elle appelle à la destitution du président de la République.
03:25Donc, elle ne pense même plus législative.
03:27Elle est dans une autre étape institutionnelle.
03:31Mais après, même pour le RN,
03:33les choses ne sont pas si évidentes que ça.
03:34Déjà, il y a évidemment la question de l'inéligibilité
03:37avec l'exécution de la Covid-19.
03:38Alors, il y a des débats aujourd'hui entre juristes
03:40sur sa capacité qu'elle aurait à accélérer le calendrier judiciaire
03:43puisqu'elle pourrait, c'est un peu complexe,
03:45mais soumettre au Conseil constitutionnel
03:49la viabilité de cette décision de justice
03:51et donc peut-être l'annuler du fait de sa présentation aux législatives.
03:55Mais encore une fois, même si le Rassemblement national
03:59obtenait une majorité des sièges,
04:01Jordan Bardella a bien dit que lui, pour aller à Matignon,
04:05sa condition, ce serait d'avoir une majorité absolue.
04:07Or, aujourd'hui, le RN a à peu près 120 sièges.
04:10Donc, pour en avoir 289,
04:11il faudrait quand même faire un bond absolument stratosphérique
04:15pour en arriver là.
04:16Et donc là, rien non plus n'est acquis.
04:18Si François Bayrou n'obtient pas la confiance,
04:21c'est l'hypothèse la plus probable a priori,
04:23ce sera donc le départ du quatrième Premier ministre depuis 2022.
04:26Aucune combinaison tentée par Emmanuel Macron ne tient.
04:28Donc, le 10 septembre, menace de blocage du pays.
04:31Vous diriez qu'on est dans une crise politique majeure ?
04:34Crise politique majeure, oui.
04:36Crise de régime, pas encore.
04:37Il faut quand même rappeler que les institutions tiennent,
04:40qu'on a réussi finalement à avoir un budget pour l'année 2025,
04:44qu'on a réussi à voter des lois aussi.
04:46Par exemple, la loi sur la fin de vie,
04:47qui était pourtant une loi difficile.
04:48Les parlementaires, en dépit du climat totalement délétère à l'Assemblée,
04:51ont réussi tout de même à s'entendre sur un certain nombre de sujets sociétaux
04:55de la plus haute importance.
04:57Donc, pour le moment, on n'a pas basculé dans cette crise de régime.
05:01Mais oui, on a une crise politique.
05:02Alors, vous mentionnez la crise sociale et les perspectives du 10.
05:07Parfois, les crises s'autoalimentent, parfois elles se neutralisent.
05:09Et là, il y a quand même un petit risque
05:11que si le gouvernement Bayrou tombe l'avant-veille,
05:14ça puisse minimiser...
05:17Parce que quand même, les revendications portées
05:19par ceux qui appellent à la mobilisation le 10,
05:21c'est une opposition au budget du gouvernement Bayrou
05:23et notamment à la suppression de deux jours fériés.
05:25À partir du moment où le gouvernement tombe,
05:27vous n'avez plus vraiment de raison.
05:29Même s'il y a une infinité d'autres revendications qui sont portées,
05:33ça affaiblit un tout petit peu la contestation.
05:35Un dernier mot sur François Bayrou,
05:36puisqu'il est en première ligne cette semaine.
05:39On le voit tous les jours dans les médias,
05:40des conférences de presse au risque parfois de crisper.
05:44Est-ce qu'il y a un problème de méthode
05:45où il est déjà dans la posture de l'après ?
05:47Il se tourne vers 2027.
05:49Comment est-ce que vous l'interprétez ?
05:50Il soigne surtout sa sortie.
05:51Il veut pouvoir dire
05:52« Écoutez, j'ai fait tout ce que je pouvais jusqu'au bout
05:55et ce n'est plus ma responsabilité,
05:56mais c'est celle d'opposition que lui va juger irresponsable. »
06:01Après, on verra ce qu'il va dire.
06:02Moi, ce que j'attends, c'est vraiment le contenu
06:04de sa déclaration de politique générale lundi prochain.
06:07Et on verra comment, pour ce dernier discours,
06:10est-ce qu'il la réussira à se défendre ?
06:12Merci beaucoup.
06:13Merci à vous.
06:13Merci à vous.
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