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  • il y a 5 mois

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Transcription
00:00Et à 7h18 sur Europe 1, place à l'édito éco Dimitri Pavlenko.
00:05Bonjour Olivier Babaud.
00:06Bonjour Dimitri, bonjour Anissa, bonjour à tous.
00:08Olivier, vous nous dites ce matin que François Bayrou a mis le doigt avec raison lundi.
00:12Sur le nœud du blocage français, d'après vous, c'est l'absence de capacité à avoir un diagnostic partagé sur la gravité de la situation.
00:20Oui Dimitri, alors qu'il est assez probable que le vote de confiance du 8 septembre se traduise par la chute du gouvernement,
00:24il faudra que l'histoire retienne que François Bayrou a su mettre en évidence le point essentiel qui nous nuit collectivement
00:29une forme de négationnisme économique, selon la formule des économistes André Zilberberg et Pierre Cahuc dans un livre éponyme.
00:35Et négationnisme économique, le mot est fort, ça signifie quoi exactement ?
00:39Le refus obstiné de regarder la réalité économique en face, en dépit des chiffres,
00:44comme cette charge de la dette qui dépasse le budget éducation nationale.
00:47Un aveuglement qui touche à peu près toutes les familles politiques qui empêchent une politique sérieuse de redressement.
00:52Chacun aujourd'hui ne reconnaît pas que la situation est grave ?
00:54Pas vraiment justement, si l'on en juge par la timidité des solutions avancées.
00:58La droite radicale pense qu'on peut régler le problème budgétaire en rognant sur les dépenses liées à l'immigration,
01:03en diminuant la contribution française à l'Union Européenne, en faisant une relance keynésienne, c'est illusoire.
01:07Et à gauche, le déni serait encore plus marqué.
01:09Oui, alors on y trouve des économistes affirmant que la dette ne serait pas un problème,
01:12puisque n'est-ce pas la France a des actifs, comme s'il était possible de vendre la joconde.
01:16Par ailleurs, la description de la situation proposée par la gauche est souvent assez étonnante.
01:20Lors d'un récent meeting de la France Insoumise, Eric Coquerel a par exemple déclaré
01:23qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter parce que nous en prétions, n'est-ce pas, à taux négatifs,
01:27ce qui est rigoureusement faux.
01:29L'inflation est tombée à 1%, l'État emprunte autour de 3,5%, donc à taux réel 2,5%.
01:33Avec de telles visions biaisées, on ne peut tout simplement pas fonder une proposition de consensus.
01:37La discussion est impossible.
01:38Pourtant certains, à gauche comme ailleurs, affirment partager le diagnostic du Premier ministre.
01:42Oui, mais là on rentre plutôt dans le domaine de ce que j'appellerais le négationnisme budgétaire.
01:45Beaucoup font mine de croire qu'une ou deux mesures suffiront.
01:48Le meilleur exemple, c'est la fameuse taxe Zuckman sur les ultra-riches.
01:51Croire que taxer 1 800 foyers les plus riches réglera nos déséquilibres n'est vraiment pas sérieux.
01:56Donc on sous-estime l'ampleur de l'effort à fournir.
01:58Exactement, c'est un autre aspect du négationnisme.
02:00On ne veut pas voir les ordres de grandeur réels.
02:02On a un effort budgétaire de plus de 100 milliards à réaliser.
02:05Ça ne peut pas se faire sans actionner tous les leviers.
02:07Il faut repenser tout le périmètre de l'action publique, revoir ce qu'on finance,
02:10comment on le finance, avec quel résultat.
02:12On peut discuter ensuite, selon les sensibilités politiques, des grands équilibres.
02:15Mais pour l'instant, nous n'en sommes même pas là,
02:17puisqu'une bonne partie de l'Assemblée préfère encore le déni.
02:20Amis parlementaires, méfiez-vous.
02:22Vous pouvez faire tomber tous les gouvernements que vous voulez.
02:24Vous ne ferez pas tomber le réel.
02:25A bon entendeur. Signature Europe 1, Olivier Babot.
02:28Merci beaucoup Olivier.
02:29Merci.
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