00:00François Bayrou, il a pris acte de l'absence de majorité à l'Assemblée nationale.
00:04C'est-à-dire que, quoi qu'il fasse ou presque, l'EPS devrait, pourrait voter la motion de censure
00:09qui sera inévitablement déposée par LFI. Il y en aura une dès la fin du mois de septembre.
00:13Il y en aura d'autres d'ici la présentation du budget. Rappelons-le, le budget, ce n'est pas tout de suite.
00:17C'est d'ici l'automne, au mois d'octobre ou novembre.
00:20Donc François Bayrou, il a pris acte de l'absence de majorité au Parlement.
00:23Et donc, il fait le pari qu'il peut réussir à faire prendre conscience aux Français
00:28de l'ampleur de la tâche qui est la sienne. Rappelons-le, la France, c'est plus de 3 300 milliards d'euros de dettes.
00:35Le plan de François Bayrou, on parle souvent d'un plan d'économie de 44 milliards d'euros,
00:38mais c'est un abus de langage. Il ne fait pas 44 milliards d'euros d'économie,
00:42il fait 44 milliards d'efforts budgétaires. Ce n'est pas la même chose,
00:45puisque dans cet effort, il y a une part de fiscalité qui va augmenter,
00:49qui pour les plus aisés, qui pour les entreprises les plus fortunées.
00:53Donc si vous voulez, François Bayrou, il va essayer d'expliquer cet après-midi
00:56et dans les semaines qui viennent aux Français, l'ampleur de la tâche qui est la sienne,
00:59la réalité de la situation financière et budgétaire du pays.
01:03Et il fait le pari qu'en réussissant à convaincre les Français,
01:06il pourra tordre le bras de toute ou partie des députés.
01:08C'est un pari très risqué.
01:09Emmanuel Anizon, vous les connaissez, ces Français, cette opinion.
01:12Vous les aviez suivis à l'époque pour les Gilets jaunes.
01:13On parle beaucoup d'un parallèle avec ce mouvement du 10 septembre,
01:17qui est appelé à bloquer le pays. Est-ce qu'ils peuvent encore être convaincus par François Bayrou ?
01:22– Là, le mouvement semble bien parti. Je pense que d'ici le 10 septembre,
01:25ça va être compliqué de les convaincre.
01:29C'est un mouvement protéiforme, très compliqué à saisir,
01:33comme c'était d'ailleurs le cas pour les Gilets jaunes,
01:35avec finalement des gens qui décident sur le terrain d'eux-mêmes,
01:39avec des mouvances assez disparates.
01:41Et les politiques essayent de se greffer pour tenter de récupérer le mouvement.
01:46– Les politiques cherchent à se greffer,
01:48mais c'était le cas aussi pour les Gilets jaunes,
01:50avec d'ailleurs assez similaire,
01:52c'est-à-dire que c'est parti plutôt d'une mouvance droite,
01:57des mouvements de droite.
01:58Et puis finalement, aujourd'hui, c'est une récupération
02:00qui se veut plutôt à gauche.
02:02Mais ce mouvement est justement en prône,
02:05le fait de ne pas être récupéré par les politiques,
02:07ni par les syndicats.
02:08Il n'y a pas de chef, volontairement, pas de tête d'affiche,
02:12et la volonté que ça reste quelque chose de collectif, en fait.
02:15– Dans les points communs avec les Gilets jaunes,
02:17vous avez raison, le fait que les politiques courent derrière,
02:19il y a une différence, me semble-t-il,
02:21mais je voudrais vous poser la question.
02:22Est-ce qu'avec les Gilets jaunes,
02:23il n'y avait pas une tentative aussi syndicale
02:25de récupérer ce mouvement qui leur échappait à l'époque,
02:28là où les syndicats, à l'inverse sur ce mouvement du 10 septembre,
02:30me semble-t-il, prennent plutôt leur distance
02:33en attendant d'y voir plus clair sur l'origine du mouvement ?
02:35Est-ce que vous l'identifiez, ça,
02:36ou est-ce que c'est une erreur de le lire comme ça ?
02:38– Alors, au moment des Gilets jaunes,
02:39les syndicats étaient très frileux aussi.
02:41En fait, il n'y a jamais vraiment eu de communion avec les syndicats.
02:44Sur la fin, il y a eu des tentatives,
02:47mais qui ont avorté,
02:49parce que même les manifestants,
02:50en fait, les manifestations syndicales,
02:53Nation République, Nation Bastille,
02:55en fait, sont avec les fagnons législables,
02:59parce que c'est ce que disent les Gilets jaunes,
03:00les pancartes et les doigts,
03:02en fait, ne servent à rien.
03:03C'est ce qu'est estimé les Gilets jaunes,
03:05c'est ce qu'ils disaient,
03:06et à l'époque, ils ont débordé les manifestations syndicales
03:09qui ont terminé dans la violence.
03:10Les syndicats, évidemment, ne souhaitent absolument pas ça,
03:13donc, en fait, ça n'a jamais vraiment eu lieu, cette union.
03:15Et aujourd'hui, il y a même plutôt quelques Sudraï,
03:18par exemple, qui le suivaient,
03:20les métallurgistes aussi, je crois,
03:21qu'ils engagent une grève à partir du 10 septembre,
03:23donc, symboliquement, c'est quand même le 10 septembre.
03:25Après, clairement, ce sont vraiment deux formes
03:28de revendications qui sont différentes.
03:30– Mais partie à chaque fois d'une décision
03:32liée à des questions économiques,
03:34il y a un enjeu pour François Bayrou,
03:36c'est de déminer le terrain avant le 10 septembre.
03:39Il a déjà essayé, Bertrand Martineau,
03:42cet exercice de pédagogie mi-juillet,
03:44il n'avait pas réussi à convaincre,
03:45et on le voit encore ce matin avec ce dernier sondage
03:47d'Octa pour le Parisien,
03:4884% des Français sont opposés à la mesure
03:51qui crispe la suppression de deux jours fériés.
03:54Pour que l'effort soit accepté,
03:56on dit qu'il faut qu'il soit acceptable.
03:58Est-ce qu'il peut continuer sur cette lancée ?
04:01Est-ce qu'il peut faire passer cette suppression
04:03des deux jours fériés ?
04:04Réussir à convaincre les Français
04:05ou il va devoir lâcher du lest sur cette mesure ?
04:07Comme il a été dit,
04:09le moment de vérité,
04:10ce ne sera pas maintenant,
04:11ce sera plutôt à partir d'octobre,
04:13lors des débats budgétaires.
04:15Donc il a quelques semaines,
04:16effectivement,
04:17pour faire un travail médiatique et politique
04:19sur ces sujets.
04:21Et en fait,
04:22ce que dit aussi le sondage,
04:23c'est qu'il y a une grande majorité de Français
04:25qui ne comprend pas le lien
04:26entre travailler plus
04:27et la situation des finances publiques.
04:28Donc déjà,
04:29s'il peut arriver à faire cette explication,
04:32je ne dis pas que la mesure sera populaire,
04:33ça c'est sûr,
04:34mais au moins,
04:35il peut essayer de dégonfler la baudruche peut-être.
04:37Sachant qu'en face,
04:38les oppositions ne proposent rien
04:39pour redresser massivement...
04:42Mais quels arguments
04:43il peut employer
04:43pour convaincre les Français
04:44que cette suppression
04:45des jours fériés
04:46est nécessaire ?
04:47Rappelez encore et encore
04:48que notre pays
04:49ne travaille pas assez globalement.
04:50Ça ne veut pas dire
04:51qu'il n'y a pas beaucoup de Français
04:52qui travaillent énormément,
04:53mais globalement,
04:54en masse,
04:54on ne travaille pas assez.
04:55D'où la question des retraites,
04:57d'où la question du temps de travail
04:58au cours de l'année,
05:00d'où le problème particulier des ponts,
05:02évidemment,
05:02qui est quand même
05:02une spécificité française.
05:04On a à peu près autant
05:05de jours fériés
05:06que les autres pays,
05:06mais on a un problème
05:07des ponts du mois de mai,
05:08par exemple,
05:08qui entrave vraiment l'économie.
05:10Ça, je crois que maintenant,
05:11c'est assez clair.
05:11Donc, vous, l'économie,
05:13c'est une véritable mesure
05:15pour vraiment faire des économies
05:16et gagner de l'argent ?
05:17Ça permet de redresser
05:19un tout petit peu la situation.
05:20Est-ce qu'il pourrait reculer ?
05:21Est-ce qu'on peut imaginer
05:22que François Bayrou recule
05:23sur cette suppression ?
05:24À la limite,
05:25ça dépend de combien
05:26il veut redresser
05:27les finances publiques.
05:28Aujourd'hui,
05:28pour stabiliser la dette
05:29en part de PIB,
05:31pour stabiliser la dette,
05:32je ne dis pas la diminuer,
05:33il faut 120 milliards d'économie.
05:35Mais c'est comptable,
05:35ce n'est pas un truc
05:36de droite ou de gauche,
05:37c'est compte tenu
05:37du niveau des taux d'intérêt
05:38et du niveau du taux de croissance,
05:40eh bien, il faut 120 milliards d'économies.
05:41Il propose d'en faire
05:42à peu près le tiers cette année,
05:44donc à peu près 40 milliards.
05:45Puis, il faudra faire
05:45à peu près la même chose.
05:46Pour filer la métaphore
05:48qu'il avait indiquée
05:49sur l'Himalaya,
05:50là, on est juste en train
05:51de sortir du camp de base.
05:52On n'a pas commencé l'ascension,
05:53vous voyez,
05:53avec les 40 milliards.
05:54Donc, il faut...
05:55Et les Français sont déjà
05:56quasiment dans la rue.
05:57Oui, ils ne sont pas encore.
05:58Alors, attendons de voir.
06:00Sur le 3-2, en tout cas.
06:01Attendons de voir.
06:02Et ces débats vont durer
06:03pendant des mois.
06:04D'ici des mois,
06:05il va se passer des choses.
06:06Il y aura peut-être
06:06des problèmes financiers
06:07qui vont se poser,
06:08pas forcément sur la France,
06:09mais en général.
06:10Donc, il faut être très réactif
06:11et utiliser tout le temps
06:13du débat
06:14pour essayer de faire ce lien
06:16entre les efforts demandés
06:17et la situation calamiteuse
06:18des finances publiques.
06:19Ils n'y sont pas encore,
06:19les Français dans la rue,
06:20mais il y a quand même
06:21un soutien de plus en plus important
06:22autour de ce mouvement
06:23du 10 septembre
06:24qui est à noter,
06:25malgré les exercices de pédagogie
06:27de François Bayrou,
06:27où on faisait référence
06:28à cette conférence de presse
06:29en juillet,
06:29mais aussi à ses vidéos
06:31parce que tout l'été,
06:32il s'est adressé
06:33aux Français sur YouTube.
06:34Regardez.
06:35Tous les responsables
06:36partent en vacances,
06:37bien mérités,
06:39ce que je ne ferai pas
06:41parce que les jours
06:42que nous allons vivre
06:43pendant ces semaines
06:45du mois d'août
06:45et du début du mois de septembre,
06:48ces jours sont absolument cruciaux.
06:50Arthur Berda,
06:51c'est efficace,
06:52ce genre de vidéos,
06:53est-ce que ça porte ses fruits ?
06:54Alors, François Bayrou
06:55et ses proches
06:55ont bien conscience
06:56que très peu de Français,
06:58en réalité,
06:59ont regardé ces vidéos
06:59publiées en plein cœur
07:02de l'été,
07:02en plein mois d'août.
07:03Il y en a eu une série,
07:04une petite dizaine.
07:05François Bayrou,
07:06c'est proche.
07:06Ils savent
07:07que ça n'a pas été regardé.
07:08En revanche,
07:09au-delà du fond,
07:10ils considèrent
07:10que sur la forme,
07:11dès l'instant
07:12où ces vidéos ont existé
07:14et les Français
07:14ont entendu parler
07:15de près ou de loin
07:16de ces vidéos,
07:17ils considèrent
07:17que ça participe
07:18de la prise de conscience
07:19autour de l'état
07:21des finances publiques
07:22du pays
07:22qui est,
07:23monsieur le disait
07:24à l'instant,
07:24catastrophique
07:25et qu'il est d'autant plus
07:26que vous vous demandiez
07:27qu'est-ce qui concrètement
07:28peut se produire.
07:28Eh bien concrètement,
07:29la charge de la dette,
07:30vous savez,
07:30c'est ce que nous coûte
07:31la dette en remboursement.
07:32C'est comme un Français
07:33qui a un crédit immobilier,
07:35le taux d'intérêt,
07:36ce que coûte le taux d'intérêt,
07:37la charge de la dette
07:37pourrait bientôt être
07:38le premier budget
07:39de la France.
07:40Le FMI,
07:41le Fonds Éternational,
07:42pourrait débarquer cet automne
07:43en cas de nouvelle censure,
07:44de nouvelle instabilité.
07:45On pourrait avoir
07:46le FMI aux portes de Paris.
07:48Donc si vous voulez,
07:48il y a une situation
07:49qui est concrètement grave,
07:51c'est ce que François Bayrou
07:51va essayer de faire comprendre
07:53aux Français.
07:54Mais ta vie,
07:54sinon qu'il n'y arrivera pas,
07:55au moins qu'il aura
07:56de très grandes difficultés
07:57à y arriver.
07:57est-ce qu'il n'y arrivera pas ?
Commentaires