Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois
Avec Benjamin Morel (politologue et maître de conférence en droit public à l'université panthéon Assas à Paris) et Jacques Henno (journaliste spécialiste des réseaux sociaux)

Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
______________________________________

🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
______________________________________

🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴

▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr

##LES_GRANDS_DEBATS_DU_MATIN-2025-08-21##

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jean-François Akili.
00:04A 9h04, votre rendez-vous comme chaque matin avec nos deux débats de l'été sur Sud Radio.
00:10Dans un instant, la rentrée de la France Insoumise aujourd'hui.
00:13Et jusqu'à dimanche, les traditionnels amphi à Châteauneuf sur Isère.
00:19Nous verrons quels sont les enjeux des Insoumis pour cette rentrée très, on va dire, sous le coût du budget de France à Bayrou.
00:28Également, le deuxième débat tout à l'heure, la mort en direct, évidemment, de Jean-Port Manov.
00:32Nous y revenons et nous verrons comment est-ce que nous en sommes arrivés là.
00:40Mais avant nos deux débats au hashtag, on en parle avec vous, Jules Boscherini, ce rabbin qui fait de nouveau parler de lui après avoir menacé Emmanuel Macron.
00:49Et cette fois-ci, pas de menace envers le Président de la République, mais le rabbin David Daniel Cohen s'attaque désormais à l'homosexualité avec des propos pour le moins assez tranchés.
00:58Faire vouloir les mauvaises unions comme l'homosexualité. Nous devons bannir cela à tout prix.
01:04Comprendre que c'est Amalek qui a vraiment fait naître quelque chose qui n'est pas une réalité, qui n'est que de l'imaginaire et qu'il faut brûler, faire sortir, repousser et bannir cela à tout prix.
01:19Et oui, mais rien n'est fait.
01:22Et bien, les réactions ne sont pas faites à temps de la vidéo, circulent actuellement et le rabbin subit la foudre des internautes.
01:28L'homosexualité, ce n'est pas un choix, peut-on lire sur X.
01:33Ou encore, cette attaque est plus que problématique, il doit y avoir un front républicain qui doit se constituer face à la haine.
01:39Mais aussi l'indignation, si c'était un imam, Retailleux l'aurait expulsé en personne.
01:44Imaginez la même phrase dite par un gamin de quartier.
01:48Oui, et donc on ne fait rien, quoi.
01:49Eh bien, c'est que ce rabbin francophone n'habite pas en France, il semble vivre en Israël.
01:55Et c'est là tout le problème, puisqu'au vu des derniers échanges très tendus entre la France et Israël, difficile d'imaginer que quelque chose se passe.
02:02Allez, merci à vous là-dessus, Jules Boscherini.
02:05Premier débat du jour, premier débat de cette matinée sur la rentrée de la France insoumise aujourd'hui,
02:18qui organise jusqu'à dimanche ses traditionnels amphi-université d'été à Châteauneuf-sur-Israël.
02:26Pour en parler, nous sommes avec vous.
02:28Bonjour, Benjamin Morel.
02:30Bonjour.
02:30Enchanté de vous retrouver, Benjamin, politologue, maître de conférence en droit public à l'université Panthéon-Assas à Paris.
02:39Benjamin Morel, quels sont les enjeux des Insoumis en cette rentrée de septembre ?
02:46Alors, les enjeux pour la France insoumise, c'est de se positionner dans, je dirais, la configuration actuelle de la gauche
02:53comme étant les opposants en chef et ceux qui incarnent la réelle contestation.
02:57Les socialistes sont sur une ligne qui est aujourd'hui une ligne de ferme conciliation avec le gouvernement.
03:03Ils essayent de se donner des points en termes de crédibilité en tant que parti du gouvernement.
03:07Pour les Insoumis, il s'agit au contraire d'incarner une forme de radicalité en pariant sur les colères qui existent aujourd'hui dans le pays.
03:15L'autre élément, c'est de se positionner avant une échéance qui, pour l'instant, nous échappe un petit peu,
03:20mais qui va être fondamentalement importante, qui sont les élections municipales.
03:25Et ces élections-là, l'objectif pour les Insoumis, ce n'est pas tant de remporter des villes,
03:30mais essentiellement de faire trébucher le parti socialiste pour faire place nette à Jean-Luc Mélenchon en vue de 2027,
03:36en étant la dernière force de gauche debout.
03:38On va parler des municipales avec vous. C'est intéressant ce que vous dites, Benjamin Morel, juste sur la rentrée.
03:42Vous savez, chaque mois de septembre, on nous promet le grand soir.
03:48Et vous avez cette journée qui est organisée le 10 septembre.
03:54Et Jean-Luc Mélenchon, c'était dans une tribune publiée ce dimanche,
03:58a semblé vouloir se raccrocher à l'événement.
04:03Oui, alors, je dirais, il y a un double élément d'analyse dans la matière d'abord.
04:07Les Insoumis, comme une grande partie de la gauche, s'en sont voulus de ne pas être parvenus à se raccrocher assez tôt et assez bien au dernier mouvement des Gilets jaunes.
04:18Et donc, à partir de là, il y a cette sorte de traumatisme historique qui fait qu'aujourd'hui, ils considèrent qu'il faut très très rapidement se positionner.
04:26La France Insoumise a emporté dans son sillage en la matière les communistes et de manière assez étonnante.
04:31Souvenez-vous du dernier mouvement des Gilets jaunes, ce n'était pas forcément là-dedans que pouvaient s'inscrire les écologistes, mais les écolos également.
04:38Donc, on a vraiment aujourd'hui cette nécessité pour la gauche de parvenir à incarner réellement le mouvement social d'où qu'il vienne,
04:47même si en l'occurrence, ce n'est pas un mouvement qui vient des structures habituelles justement de la gauche.
04:51L'autre élément, c'est que comme je l'évoquais, les Insoumis aujourd'hui veulent camper une position de radicalité.
04:55Ils veulent que si le gouvernement tombe à l'automne, ce qui actuellement est une option assez probable,
05:00ce soit grâce à eux, grâce à la radicalité qu'ils peuvent incarner, d'où ce ralliement au mouvement du 10 septembre,
05:08d'où la volonté de déposer très rapidement une motion de censure dès la rentrée parlementaire.
05:14L'objectif, on l'a dit, c'est de se distinguer du PS, qui est sur une ligne plus consignante,
05:17mais également du Rassemblement National, qui lui, pour l'instant, est sur une position plutôt prudente, ne soutient pas le mouvement,
05:22dit que probablement, il ne votera pas la motion de censure de la France Insoumise,
05:28pour montrer qu'au fond, la vraie opposition, celle qui incarne la radicalité la plus claire vis-à-vis de la Macronie,
05:34ce n'est pas le RN, c'est encore moins le PS, c'est la France Insoumise,
05:37et ça, c'est le pari de Jean-Luc Mélenchon en cette rentrée.
05:39Benjamin Morel, vous évoquiez l'enjeu des élections municipales.
05:43C'est vrai que l'EFI ne détient pas de grandes villes ou de fiefs particuliers,
05:48ils sont dans les exécutifs locaux, Benjamin Morel,
05:51mais il y a vraiment une forme de divorce, aujourd'hui, avec le Parti Socialiste, localement.
05:58Vous savez ce qu'on dit, la politique à Paris, ce n'est jamais la même que localement dans les communes.
06:03Oui, alors, il y a une forme de divorce au sein des bases,
06:07mais ça, à la rigueur, la gauche a montré, et ça a été le cas lors des dernières élections législatives,
06:11que quand c'était dans l'intérêt bien compris des partis politiques,
06:15le cerveau reptilien conduisait à s'unir pour, tout bêtement, soit ne pas mourir,
06:20voire même l'emporter.
06:22Donc, ce divorce, il n'est pas forcément absolu,
06:25mais pour l'instant, les forces politiques se comptent en vue de 2027.
06:30Pour les socialistes, ces municipales, elles sont importantes.
06:32Si le Parti Socialiste gagne des villes, ou au moins n'en perd pas,
06:35il pourrait dire, regardez, on est la principale force de gorge à l'issue des municipales,
06:39et donc, à partir de là, on peut l'être pour la présidentielle.
06:41Donc, votez pour nous.
06:42Le PS a beaucoup à perdre dans ces élections municipales,
06:45parce que, si vous avez des grandes villes qui tombent,
06:47Paris, Lille, Nantes, ou Montpellier,
06:52à ce moment-là, comment est-ce qu'on va analyser ce scrutin ?
06:54On va analyser ce scrutin comme étant le dernier clou dans le cercueil du Parti Socialiste,
07:00qui, demain, ne pourrait plus incarner l'alternative et l'alternance,
07:04et une force dynamique à gauche en vue de 2027.
07:06Qui est-ce qui reste debout à ce moment-là ?
07:09Eh bien, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise.
07:11Et donc, pour les Insoumis aujourd'hui,
07:13il s'agit d'un point de vue un peu cynique,
07:16d'abord de faire perdre les MRPS,
07:18c'est un peu la dynamique de la candidature également à Paris,
07:21bien plus que de prendre ces villes,
07:23parce que l'objectif, ce n'est pas de devenir une force importante au niveau local pour les Insoumis,
07:27ils en ont assez peu les moyens,
07:28mais c'est réellement de faire place nette à gauche,
07:31à dessein, demain, de porter la seule candidature crédible,
07:34et de faire ce qui s'est fait la dernière fois,
07:36c'est-à-dire qu'au fond, le vote utile à gauche,
07:38eh bien, finit par se concentrer sur Jean-Luc Mélenchon,
07:41ce qui lui permet de passer en quelques mois
07:42de 10% à 15%, de 15% à 20%,
07:45et il espère au-delà.
07:47Quelle est la parade possible, Benjamin Morel ?
07:50Qu'en viendra le temps du vote, du scrutin ?
07:53Nous avons entendu, c'était sur l'antenne de Sud Radio,
07:56Karim Bouhamran, le maire socialiste de Saint-Ouen,
08:00défier clairement et les désigner comme des adversaires,
08:04Éric Coquerel, qui a des ambitions locales,
08:06et les insoumis, en s'adressant quelque part aux électeurs de Saint-Ouen,
08:11il n'y a pas d'ambiguïté possible.
08:14Est-ce que lui, par exemple, comme d'autres,
08:16ne devra sa survie qu'avec un discours de clarté ?
08:21C'est difficile, parce que si vous prenez Karim Bouhamran,
08:24il est en effet pris dans une situation où, dans sa commune,
08:28les insoumis font de très très bons scores.
08:30Et encore une fois, aujourd'hui, la France insoumise n'a aucun intérêt
08:34à jouer le marche-pied des maires socialistes sortants ou futurs.
08:38Et donc, dans ce cadre-là, l'idée que tout d'un coup,
08:41il pourrait y avoir une grande alliance à gauche qui les comprendrait,
08:44qui permettrait de soutenir ses maires, est très très improbable.
08:47Donc, les maires socialistes en question n'ont également aucun intérêt
08:51à faire des yeux de chimène aux insoumis,
08:53d'où la position très claire de Karim Bouhamran.
08:55Il y a en fait deux stratégies pour le PS.
08:58D'abord, parier sur un vote utile du reste de l'électorat,
09:02qui ne voudrait pas la France insoumise,
09:03notamment une partie de l'électorat de centre-droit ou de droite.
09:08C'est un peu ce qu'on a vu, d'une certaine façon,
09:11avec l'échec à Villeneuve-Saint-Georges.
09:17Et de l'autre côté, parier sur ce qu'on appelle
09:21la mobilisation différentielle.
09:23En d'autres termes, aux élections municipales,
09:25le nombre de votants est souvent assez réduit.
09:28On a beaucoup d'abstentions.
09:30Vont voter surtout, tendanciellement des personnes plus âgées,
09:36plutôt des CSP+, un peu moins les classes populaires.
09:40Dans ce cadre-là, c'est un électorat qui est beaucoup moins favorable aux insoumis,
09:44beaucoup plus favorable au PS, au LR, au centre,
09:47d'où le fait qu'aux dernières élections municipales,
09:49LR et le PS ont gagné, en fait,
09:51alors que aux dernières présidentielles,
09:53ça ne s'est pas très bien passé pour eux, si vous voulez.
09:55C'est lié en grande partie à l'implantation locale
09:56et à cette mobilisation différentielle.
09:59Donc, pour les socialistes, il faut localiser le scrutin,
10:02donner le sentiment que ce sont les enjeux locaux qui comptent.
10:04Pour les insoumis, il faut parier à fond
10:07sur la nationalisation de ces élections.
10:09Benjamin Morel, vous évoquez la radicalité, celle de la France insoumise,
10:14radicalité en politique, qui peut être parfois payante.
10:17Est-ce qu'il n'y a pas un enjeu, je dirais, d'images concernant LFI ?
10:23Regardez tout ce que génèrent les tweets,
10:27enfin les messages sur X de la députée européenne Rima Hassan.
10:32Regardez récemment le docteur Saïd Wichou,
10:36un généraliste marseillais qui veut entrer en politique,
10:38qui s'est fait menacer et a déposé une main courante
10:42à l'encontre de Sébastien Delogu,
10:45le député LFI des quartiers nord de Marseille.
10:47Enjeu d'images, la radicalité, ça marche toujours aujourd'hui ?
10:52Ça marche d'une certaine façon.
10:53En fait, la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
10:55elle n'a pas vraiment changé depuis les élections.
10:57L'électorat de la France insoumise,
10:59et c'est la même chose d'ailleurs pour l'électorat Rassemblement National,
11:01c'est un électorat qui a une vraie difficulté,
11:06c'est-à-dire qu'il est très abstentionniste.
11:08Et donc, il peut assez facilement s'abstenir dans le cas d'une élection,
11:12mais il a un grand avantage,
11:13c'est qu'il y a de grandes armées de réserve dans cet électorat.
11:15Autrement dit, comme il y a beaucoup d'abstentionnistes,
11:17y compris certains qui n'ont jamais voté,
11:18si vous arrivez à les mobiliser, vous pesez beaucoup plus.
11:21Et donc, pour arriver à être audible par ces électeurs,
11:24pour arriver à exister, pour arriver à être entendu,
11:27il faut y aller à fond.
11:29Il faut être en capacité d'avoir des positions très radicales
11:33pour que ces positions-là atteignent les oreilles de ces électeurs,
11:37et qu'in fine, six mois avant une élection présidentielle,
11:41ils disent qu'ils vont aller voter aux sondeurs,
11:42ils disent qu'ils seront là,
11:44et donc que mécaniquement, dans les sondages,
11:46vous montiez, ça vous permet de monter jusqu'à 10-15%.
11:48Et une fois que vous avez monté autour de 10-15%,
11:51la stratégie de Jean-Luc Mélenchon,
11:53ce n'est plus du tout la radicalité,
11:54c'est au contraire la normalisation,
11:57un discours beaucoup plus républicain.
11:59Et à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ?
12:01Le reste de l'électorat de gauche considère que
12:03vous avez un Jean-Luc Mélenchon à 10-15%,
12:06que les autres candidats sont d'environ à 5%,
12:08et que donc la seule chance pour la gauche,
12:10c'est que Jean-Luc Mélenchon soit aux entours.
12:12Comme le discours de Jean-Luc Mélenchon
12:13se modère beaucoup plus avant les élections,
12:16ces électeurs qui ont dit
12:17« moi, je ne voterai plus jamais Mélenchon »,
12:19d'un coup se disent
12:19« finalement, là, le dernier discours de Jean-Luc Mélenchon
12:21était très républicain,
12:22je n'ai pas vraiment de raison, vu égard à ce discours,
12:25de ne pas voter pour lui. »
12:26Et donc, à partir de là,
12:27votre 10-15% par l'effet du vote utile
12:30se transforme en 20%.
12:31Mais pour ça,
12:32il faut être en capacité pendant 4 ans et demi
12:35de parler plus fort que les autres
12:36et d'être dans cette position de radicalité.
12:39Et donc là, on assiste encore à cette même stratégie.
12:41Et nous verrons bien.
12:42Merci à vous, Benjamin Morel,
12:44politologue et maître de conférence
12:46en droit public
12:48à l'université Panthéon,
12:49Assas à Paris.
12:50Merci pour votre regard.
12:51Nous verrons bien
12:51ce qu'il sortira
12:53de l'intervention
12:54de Jean-Luc Mélenchon
12:56au clôture de ses amphi-universités d'été
12:59qui se déroulent
13:00à Châteauneuf
13:01sur Isère.
13:02Dans un court instant,
13:04notre deuxième grand débat ce matin
13:06sur la mort en direct
13:07du streamer
13:08qui choque la France.
13:09Le Grand Matin Sud Radio
13:127h10h
13:14Jean-François Akkili
13:15Il est 9h21min
13:17notre deuxième débat
13:19avec la mort du streamer JP
13:22décédé en direct
13:24dans la nuit de dimanche à lundi.
13:26Elle continue à faire beaucoup de bruit.
13:28Je tiens à vous saluer d'abord.
13:29Bonjour à vous, Jacques Henault.
13:32Bonjour.
13:32Vous êtes journaliste spécialiste
13:34des réseaux sociaux.
13:36Vous allez nous éclairer
13:37sur ce drame
13:40qui fait beaucoup de bruit
13:42dans notre pays
13:43et pour cause.
13:44Si vous le permettez,
13:45Jacques Henault,
13:45on va planter le décor
13:46d'abord avec Jules Boscherini
13:49et les dernières précisions
13:51concernant cette affaire, Jules.
13:53Effectivement, Jean-François,
13:54le décès en direct
13:54sur la plateforme de streaming
13:56Kik de Jean-Portmanov
13:57alias JP
13:58n'en finit plus de faire parler.
14:00Hier, le parquet de Nice
14:01a ouvert une enquête
14:01pour déterminer les causes
14:02de la mort du streamer
14:03de 46 ans.
14:04Et ce matin, l'autopsie du corps
14:06doit-elle être réalisée
14:08afin de lever le voile ?
14:09L'ARCOM a également été saisie
14:11par la justice française
14:12et la ministre déléguée
14:13au numérique Clara Chapaz
14:14a dénoncé sur X
14:15une horreur absolue.
14:17Se pose aussi la question
14:18des viewers.
14:19Ont-ils eux aussi
14:19une part de responsabilité ?
14:21Et de son côté,
14:22la plateforme de streaming
14:23australienne Kik assure
14:24qu'elle va collaborer
14:25avec la justice.
14:26Voilà, merci à vous, Jules.
14:27Le décor est planté.
14:28Jacques Henault,
14:29ravi de vous avoir en direct
14:30pour essayer de comprendre
14:31ce matin
14:32ce qui s'est passé.
14:34Jacques Henault,
14:35permettez-moi de vous dire,
14:36il y a une série étonnante
14:38sur Netflix,
14:39c'est Black Mirror,
14:40et il y a un épisode
14:41où un individu
14:42s'automutile
14:43pour gagner de l'argent.
14:45Jacques Henault,
14:46ça ne date pas d'hier,
14:48ce qui s'est passé sur Kik.
14:49Il y avait une alerte
14:52de Mediapart,
14:53il y a eu déjà des enquêtes
14:55et rien n'a abouti
14:56les mois derniers.
14:57Comment expliquer cela ?
14:58Alors, d'abord,
15:01pour expliquer,
15:01comme vous le disiez,
15:03cette propension
15:05de certains streamers
15:06à aller dans l'incendable,
15:09dans l'innommable,
15:11il faut quand même savoir
15:12que vous avez tous les jours
15:13sur les réseaux sociaux
15:15dans le monde
15:16plus d'un milliard
15:18de photos ou de vidéos
15:19qui sont partagées.
15:20Un milliard.
15:21Un milliard.
15:22Donc, quand vous publiez
15:24une photo ou une vidéo
15:25sur un réseau social,
15:26quand vous faites du live
15:28sur un réseau social,
15:30sur une plateforme
15:30comme Kik ou comme Twitch,
15:32vous avez potentiellement
15:33un milliard de concurrents,
15:35pour faire simple.
15:37Et donc,
15:37si vous voulez vous démarquer
15:39de la concurrence,
15:40ça va vous pousser
15:40à aller vers des extrêmes,
15:42vers des choses
15:42que les autres ne montrent pas,
15:44vers des choses
15:45qui vont attirer,
15:47qu'on ne voit pas ailleurs,
15:48qui vont attirer
15:48des viewers,
15:49pour reprendre l'expression
15:51que vous étiez tout à l'heure.
15:53Et donc,
15:53ça va vous pousser,
15:54effectivement,
15:55à montrer de plus en plus
15:56de choses,
15:57soit dans la nudité,
15:58soit éventuellement
16:00dans la sexualité,
16:02soit dans le crime,
16:04dans le...
16:05Voilà.
16:06Une forme de surenchère, oui.
16:08Voilà,
16:08il y a une surenchère,
16:09d'où, effectivement,
16:10ce succès de Jean-Port Menov
16:11sur le réseau Kik.
16:14Ensuite,
16:15pour les enquêtes,
16:17effectivement,
16:17il y a eu un article
16:18de Mediapart
16:19qui expliquait que...
16:20qui date de décembre 2024,
16:23qui expliquait,
16:23effectivement,
16:24que Jean-Port Menov
16:25était souffre-douleur
16:27sur des lives
16:28sur Kik.
16:30Donc,
16:30il faudra que l'enquête
16:31éclaircisse
16:35pour que nous dise
16:36pourquoi
16:36il n'y a pas eu
16:38plus
16:39de poursuites pénales,
16:42pourquoi est-ce que
16:42l'ARCOM n'a pas été
16:43saisie à l'époque.
16:44D'après les éléments
16:47qu'on a aujourd'hui,
16:48qu'il faut toujours
16:49prendre avec précaution,
16:50parce qu'on ne sait pas
16:51toujours tout
16:51dans les premiers jours,
16:54il semblerait
16:54que Jean-Port Menov
16:55ait dit
16:55« non,
16:56je suis consentant »
16:57et qu'il ait refusé
16:58de porter plainte
16:59et c'est le discours
17:00qui a été tenu
17:02par ses complices.
17:03Donc,
17:03voilà où on en est.
17:05Il était,
17:05a priori,
17:06d'après ce qu'on sait
17:07aujourd'hui,
17:08il disait
17:09qu'il était consentant
17:10et que tout ça
17:11était de la fiction,
17:12de la mise en scène.
17:13Mais il y a eu
17:14de la diffusion,
17:15il y a eu
17:15des consommateurs
17:18de ce programme
17:20et la mort
17:21d'une personne,
17:22donc en l'occurrence
17:23ce streamer
17:24en direct,
17:25qui pose des questions.
17:27Le régulateur,
17:27par exemple,
17:28l'ARCOM
17:28est montré du doigt,
17:31mais est-ce qu'au fond
17:31un régulateur
17:32peut tout ?
17:34Alors,
17:35il faut comprendre
17:35que Quick
17:36est une société
17:39dont le siège social
17:40est en Australie.
17:41c'est compliqué
17:44même pour l'ARCOM,
17:46même pour le gouvernement français,
17:47l'administration française,
17:48pour la justice française,
17:49d'avoir la main,
17:50d'avoir une influence
17:51du poids
17:51sur une société
17:53qui est en Australie.
17:54Donc,
17:54il faudrait que l'ARCOM
17:55saisisse la justice,
17:56que la justice française
17:57saisisse la justice australienne,
17:59qui ensuite
18:00poursuive Quick,
18:03donc ça peut prendre
18:04des semaines,
18:04des mois,
18:05donc là,
18:05on ne sait pas
18:06ce qui s'est passé exactement.
18:07Ensuite,
18:08ce n'est pas parce que
18:09la société Quick
18:10a son siège social
18:11en Australie
18:12que les serveurs,
18:13les serveurs informatiques
18:15qui servent à la diffusion
18:16des images
18:16sont forcément en Australie.
18:18Peut-être qu'ils sont
18:18dans un autre pays
18:20et là,
18:20ça complique encore les choses,
18:22que si vous voulez,
18:22pas avoir la main
18:23sur des serveurs
18:23qui sont peut-être,
18:24je dis n'importe quoi,
18:25on peut imaginer
18:26qui sont peut-être en Russie,
18:27en Chine,
18:28voilà,
18:28donc là,
18:29vous avez,
18:29ou en Birmanie,
18:30je ne sais pas,
18:31donc des pays
18:31qui,
18:32si vous voulez,
18:34ce qui se passe
18:35sur les réseaux sociaux,
18:36ce qui est diffusé
18:36sur les réseaux sociaux
18:37en France,
18:38c'est un petit peu
18:38quand même
18:39le cadet de leurs soucis,
18:40donc ça complique les choses.
18:43Et donc,
18:43mais effectivement,
18:44il y avait des viewers,
18:45donc des personnes
18:46qui ont versé de l'argent
18:47pour qu'ils,
18:48quelque part,
18:49encourager J.Pormenov
18:51à continuer
18:51à diffuser
18:52ses lives
18:53sur Quick.
18:55Et si j'ai un conseil
18:56à donner
18:57à nos auditeurs,
18:58moi,
18:59je leur conseille
18:59de ne pas aller voir
19:01les vidéos
19:02où elles sont en replay
19:03sur plein de serveurs,
19:05voilà,
19:06c'est pas ça,
19:08et ça va encourager,
19:09quelque part,
19:10ce genre de pratique.
19:11Est-ce que ces viewers,
19:13ces personnes
19:13qui ont donné de l'argent,
19:15qui ont versé de l'argent
19:15via la plateforme Quick
19:17à J.Pormenov
19:19et à ses complices,
19:20est-ce qu'ils sont complices ?
19:22Alors ça,
19:24là,
19:24je ne suis pas assez spécialiste
19:26du droit
19:26pour savoir
19:27si le fait
19:28de donner de l'argent
19:29à ce qui est présenté
19:31ou ce qui est dit
19:31comme étant
19:32une fiction,
19:34il y a une vraie responsabilité légale.
19:37Par contre,
19:37ils ont une responsabilité morale,
19:39ça c'est certain.
19:40Responsabilité morale,
19:41oui.
19:41Et nous verrons,
19:43merci à vous Jacques,
19:44et nous verrons
19:45si cette plateforme australienne
19:47Kick
19:47est accessible
19:49par la législation européenne
19:51parce qu'il y a
19:52des dispositifs,
19:53mais vous avez raison
19:54de le souligner,
19:54c'est relativement intouchable
19:55tout ça,
19:56des dispositifs
19:57pour au moins
19:58tenter d'approcher
20:00ces plateformes
20:02installées
20:03à l'étranger.
20:04Puis je rappelle
20:04que l'Australie,
20:05ce n'est pas la Russie,
20:06il peut y avoir
20:07des accords,
20:08des discussions.
20:09En tous les cas,
20:10l'enquête est en cours
20:11et cette affaire
20:12choque énormément
20:13parce qu'il y a
20:14devant les écrans
20:15nos ados,
20:16il n'y a pas seulement
20:17les ados,
20:17il y a des consommateurs,
20:18il y a beaucoup de questions
20:19qui restent ce matin
20:21en suspens.
20:22Et d'ailleurs,
20:23vous aussi,
20:23vous apprenez
20:24qu'un de vos proches
20:24regarde régulièrement
20:25ce genre d'émission
20:26sur une plateforme,
20:27qu'est-ce que vous lui diriez
20:28au juste ?
20:29En tous les cas,
20:30ça vous fait réagir
20:300826 300
20:33300
20:34Parlons Vrai.
20:35Vous avez la parole
20:36dans un instant.
Commentaires

Recommandations