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Les Vraies Voix avec Fabrice Epelboin, enseignant à Sciences Po et co-fondateur de Yogosha

Retrouvez Les Vraies Voix avec Cécile de Ménibus et Philippe David du lundi au vendredi de 17h à 20h sur #SudRadio.
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##LE_COUP_DE_PROJECTEUR_DES_VRAIES_VOIX-2025-08-19##

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Transcription
00:00Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:04Avec notre invité qu'on accueille avec plaisir, Fabrice Eppelboin, bonsoir.
00:08Bonsoir.
00:09Bienvenue à vous sur Sud Radio, vous êtes enseignant à Sciences Po, cofondateur de Yogosha.
00:13Vous êtes par ailleurs, pardonnez-moi, spécialiste notamment des médias sociaux.
00:18On vous interview assez souvent sur les nouvelles tendances auxquelles on assiste sur certaines plateformes.
00:23On va vous parler d'une histoire qui révolte une bonne partie des réseaux sociaux et qui a de quoi révolter.
00:27C'est la mort d'un homme dont le pseudo était Jean Permaneuve.
00:33Il est manifestement mort en plein pendant un live sur une plateforme en direct qui était en train de dormir.
00:39Cet homme était très célèbre, ses vidéos sur TikTok avaient cumulé en tout plus d'un milliard de vues.
00:44Il était avec certains de ses acolytes et en découvrant sa mort, ceux qui ne connaissaient pas ce qu'il faisait,
00:49ont découvert qu'il était assez souvent maltraité, parfois avec son consentement, par ses acolytes.
00:54Et qu'un certain nombre d'internautes regardaient les vidéos en direct pour le voir se faire harceler,
00:59parfois houspiller, parfois insulter, parfois aussi comme dans cet extrait qu'on va vous faire écouter,
01:05qui était malheureusement prémonitoire.
01:07C'était donc Jean Permaneuve avec ses complices.
01:11Écoutez.
01:11Ah non, à moins qu'il se fasse caméra là maintenant, que si demain il meurt en plein live, c'est dû à son état de santé de merde, c'est pas nous ?
01:20Non, non.
01:21Comme ça ? Non, non.
01:22Je ne fais rien du tout.
01:24C'est pas grave.
01:25Du moment que le coronavirus, ils vont voir que tu m'as porté le secours ou qu'il m'a porté le secours.
01:29Non, mais non, ça ne marche pas comme ça.
01:30Non, mais imagine que ça arrive au moment.
01:31Vas-y.
01:32Là, là, ce que tu veux, là, ce que tu veux.
01:33Les gens, ils vont s'en prendre à nous alors que c'est dû à tes 46 ans de déminables.
01:38Je ne peux pas savoir que j'aurais fait une crise serrée.
01:40Imagine, ça finit tout héroïde et t'as un...
01:42Ça fait un déclat de la porte-clue aussi.
01:43Oui, mais lui, sa vie, elle est morte après, frère.
01:45Oui, mais effectivement.
01:46En tout cas, dans un certain nombre de vidéos qui duraient parfois des heures, on le voyait se faire maltraiter, se faire peinture lurée, se faire frapper, se faire ligoter aussi.
01:57Ça durait des heures, ça attirait beaucoup de public.
02:00C'était notamment sur la plateforme en direct qui...
02:03Alors, première question, parce que je suis un peu un étranger à ce domaine.
02:06Malheureusement, je le conseille, je le concède, pardon, Fabrice et Pelleboin.
02:11Qu'est-ce que cette plateforme Kik ?
02:13C'est une plateforme qui est spécialisée dans la retransmission en live d'événements et plus particulièrement de jeux vidéo.
02:20C'est très similaire à Twitch, qui a beaucoup plus de succès.
02:25Mais néanmoins, cette émission, si on peut qualifier ça ainsi, était l'une des plus populaires de la plateforme au niveau mondial et la plus populaire en France.
02:33Qu'est-ce qui s'y passait ?
02:34Quelque chose qui s'apparence à des séances de torture continues, et ce depuis des mois et des mois et des mois,
02:41qui généraient des revenus très très importants.
02:43On parle de plusieurs dizaines de milliers d'euros par mois de revenus pour l'ensemble du groupe.
02:52Cet individu qui est mort lui-même avait droit à une petite part du gâteau, mais assez réduite.
02:58Il me semble que ses revenus étaient de l'ordre de 6 000 euros par mois, alors que les autres comptaient leurs revenus en dizaines de milliers d'euros.
03:04Et cette émission avait lieu depuis nettement plus d'un an.
03:08Ça a fait l'objet de trois articles dans Mediapart en 2024, de signalements auprès de l'ARCOM par la Ligue des droits de l'homme,
03:16de signalements auprès du secrétariat à l'économie numérique de la part de Mediapart,
03:21d'une multitude de signalements dans tous les sens, sans le moindre effet jusqu'à aujourd'hui.
03:25J'ai une question toute bête.
03:27Vous dites que c'était l'une des émissions les plus populaires de la plateforme.
03:30Combien de personnes en général venaient assister à ça à un instant T ?
03:35Et surtout, qu'est-ce qu'ils venaient voir ? Qu'est-ce qui les a tirés ?
03:38Alors, combien de personnes ? Je ne sais pas.
03:40Mais très clairement, cette émission faisait partie du top 10 mondial,
03:44était numéro 1 sur les audiences en France.
03:46Donc, on est face à une audience de masse.
03:48120, 130 000.
03:49C'est les chiffres de Nasdaq, par exemple, sur ses lives sur Twitch,
03:54à l'époque, quand il était numéro 1.
03:56On était à peu près dans ces eaux-là, et de tête sur cette équipe de streamers.
03:59C'était plus ou moins la même chose.
04:01Voilà, donc l'équivalent de l'audience de LCI ou de France Info, par exemple.
04:03C'est considérable.
04:04Sauf que qu'est-ce qu'on venait y voir ?
04:06Un homme, alors, avec son consentement pour toucher quelques milliers d'euros manifestement,
04:10mais qui se faisait souvent torturer, en tout cas harceler ou maltraiter.
04:14Souvent, c'est un euphémisme.
04:15C'était le thème central de leur émission.
04:17Il était en permanence maltraité et torturé.
04:21Donc, ça veut dire que près de 130 000 personnes se connectent régulièrement, voire tout le temps,
04:27pour voir ce pauvre homme qui, aujourd'hui, est décédé se faire maltraiter.
04:32C'est ça.
04:33Et on peut d'ailleurs se poser des questions sur la responsabilité juridique des gens qui regardaient tout ça,
04:39et qui contribuaient à tout ça à travers des dons, typiquement, qui constituaient les revenus de cette émission.
04:45Et ça me paraît absolument stupéfiant.
04:47Alors, il faut que je le précise quand même.
04:48Le parquet a précisé qu'à ce stade, il n'y avait rien de suspect, même si une enquête a été ouverte.
04:55On ne sait pas quelle est la responsabilité des uns ou des autres.
04:58Une autopsie sera pratiquée, et évidemment, on en saura plus dans les jours qui suivent.
05:02Ce qui pose question, c'est presque tout ce qui s'est passé avant,
05:05et pendant des mois et des mois, que je trouve hallucinant, Samuel Botton,
05:09ça n'a pas l'air de vous surprendre ?
05:11Alors, déjà plusieurs choses.
05:13Une précision sur Kik.
05:15Kik a été le refuge de tous les streamers qui ont été bannis de Twitch
05:19pour les affaires les plus sombres.
05:21Je pense notamment à des affaires de harcèlement sexuel.
05:23Il y a même eu certains streamers qui ont été écartés pour des raisons de pédophilie.
05:28Donc, ça a été un vrai attrape-poussière, si j'ose dire.
05:33Et à partir de là, j'en veux aussi à Mme Chapaz, notre ministre,
05:38qui a lancé plusieurs signalements, mais qui n'ont jamais été suivis d'effet.
05:43Il y a l'ARCOM aussi, qui a eu un grand rôle à jouer dans cette histoire,
05:46et qui n'a pas bougé.
05:47Et en fait, ce qui doit nous interpeller,
05:49et c'est un sujet que j'aborde régulièrement avec mes étudiants,
05:52c'est l'impact de ces plateformes, des réseaux sociaux
05:54et de différents créateurs de contenu,
05:56et surtout, comment tout ça n'a pas pu être anticipé
05:59alors qu'on sort à peine d'une commission parlementaire
06:01qui a été dédiée à ces questions-là.
06:03J'en veux aux députés qui ont maltraité ces sujets,
06:05qui ont posé les mauvaises questions,
06:07et qui ont reçu les mauvaises personnes.
06:08On a abordé sur cette commission, rapidement du doigt,
06:11avec Nasdaq Chianté à l'époque,
06:13ce qu'étaient ces questions d'humiliation sur des streams.
06:16On n'est pas allé plus loin.
06:17Et sur cette histoire, avec ce streamer en question,
06:20ça faisait plus d'un an que des lives et des images ignobles
06:23remontées et étaient signalées.
06:25Rien n'a été fait, et avec le dénommement qu'on connaît tous,
06:28qui a eu lieu hier.
06:29Donc, à un moment, ça pose plusieurs questions.
06:31Ça pose la question de l'éducation de nos enfants,
06:33de l'accès aux écrans et de ce qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux.
06:36Ça pose la question plus spécifiquement de cette plateforme
06:38qui a indiqué qu'elle n'était pas en position de divulguer des informations,
06:42puisque visiblement, c'est dans sa charte.
06:43Et ça, c'est inadmissible.
06:45Et puis après, ça pose la question de la responsabilité de chacun,
06:47de celui qui est devant et celui qui est derrière l'écran.
06:49– Alors, moi, je suis d'une génération d'avant,
06:51c'est la preuve que j'ai dit.
06:53Quand j'étais adolescent, on nous disait que je regardais de la télé poubelle.
06:56Effectivement, vous aviez du voyeurisme,
06:58vous aviez une émission sur M6,
06:59où un couple a été accusé d'avoir copulé en direct dans une piscine.
07:02On a franchi une limite supérieure, là, William Thé ?
07:05– Oui, parce que la société a évolué aussi, entre-temps.
07:08Parce que, malheureusement, ce que vous rencontrez là, en fait,
07:11au sein de cette émission,
07:11c'est ce que rencontrent la plupart des enfants au sein du harcèlement scolaire.
07:14C'est-à-dire qu'en fait, vous avez toujours, et c'est malheureux,
07:17un certain public qui apprécie,
07:20pour expurger les problèmes qu'ils ont au quotidien,
07:22de voir une autre personne aller plus mal qu'eux.
07:24Avec la première phrase qui est connue,
07:25lorsque je me regarde dans le miroir, je me désole,
07:28et lorsque je me compare, je me console.
07:29Eh bien, vous avez une partie des gens qui sont comme ça,
07:31ça fait partie des travers de notre société, c'est comme ça.
07:33Et moi, je pense qu'eux ont un problème,
07:35et notamment, ça a été rappelé par votre intervenant,
07:38ça pose une question, c'est comment ça se fait ?
07:41Est-ce que toutes ces personnes-là peuvent être inculpées
07:43pour non-assistance à personnes en danger ?
07:46Sachant que, attention, je le précise,
07:48pour l'instant, on ne sait pas si ça se trouve,
07:49la mort est complètement naturelle,
07:51quels que soient les actes.
07:52Non, mais même, à partir du moment où quelqu'un subit autant de violence,
07:55vous avez quand même un article du Code pénal
07:57qui prévoit que lorsque vous voyez quelqu'un qui subit des préjudices,
08:00qu'il faut l'aider, d'une certaine manière ou d'une autre,
08:02et ces personnes-là n'ont pas voulu l'aider.
08:04Pire, ils ont aggravé cette situation,
08:06en étant un, public, et deux, qu'ils ont donné des dons.
08:08Ensuite, après, ça pose la question de ces co-responsables,
08:11c'est-à-dire qu'au bout d'un moment,
08:12non seulement par leur service,
08:13mais en plus par leur objet de monétisation,
08:16je pense qu'il y a quand même plusieurs articles en France,
08:18et on en a assez beaucoup,
08:20pour pouvoir les inculper d'une manière ou d'autre,
08:21ou en tout cas, les faire entendre.
08:22Et après, pose la question de la plateforme,
08:25si la plateforme récupère tous les tarés
08:26qui ne sont même pas les bienvenus sur Twitch,
08:28et dire que Twitch dérive déjà, c'est quand même un euphémisme,
08:31il faudrait quand même se poser la question,
08:32lorsque vous êtes ministre du numérique,
08:34de ne pas poser la compatibilité de l'existence d'une telle plateforme.
08:37En France, on met plein de European acts
08:40pour régler les plateformes du numérique,
08:41et ce qu'on peut tolérer qu'une plateforme comme ça puisse exister dans le continent.
08:44C'est un sujet qui est cher à Fabrice Eppelboin,
08:46qui vous répondra dessus dans un instant,
08:48mais j'aimerais qu'on l'entende aussi Anthony Martin-Smith,
08:50qui est très sage depuis son studio personnel à distance.
08:54Anthony, est-ce que vous avez été surpris de découvrir tout ça,
08:57ou vous connaissiez l'existence de cette émission ?
09:00Non, je ne connaissais pas l'existence de cette émission,
09:02j'étais assez stupéfait quand notre rédaction nous a envoyé les sujets,
09:06il a fallu évidemment que je me renseigne,
09:07parce que je suis très étranger à cet univers des streamers,
09:10j'en connais quelques-uns pour ceux qui sont très mainstream,
09:14c'est-à-dire les plus connus sur YouTube, etc.
09:19J'ai été catastrophé de lire à la fois cette terrible nouvelle,
09:23mais aussi peu surpris,
09:25parce qu'il faut constater quand même
09:27que tout ceci n'est que le reflet de notre humanité,
09:32ou de notre inhumanité parfois, même trop souvent.
09:36Les réseaux sociaux ne sont que des accélérateurs,
09:38que des facilitateurs, et transmettent une information
09:41qui en fait existe déjà depuis très longtemps,
09:45mais beaucoup plus rapidement.
09:47Moi ça me pose forcément question,
09:49je me dis, est-ce que là, on a eu la chance dans notre pays,
09:53en France, d'avoir l'ARCOM,
09:55l'autorité de régularisation,
09:59de régulation, pardon, excusez-moi,
10:00de la communication et de l'audiovisuel,
10:02et des médias, son rôle devrait être davantage renforcé.
10:07On a la chance d'avoir cet organe,
10:08on y est soumis, nous, les médias,
10:10chez Sud Radio et d'autres.
10:12On doit faire attention à ce que nous publions.
10:14À partir du moment où vous avez une audience
10:15de 120 000, 130 000 spectateurs,
10:18à chaque fois, vous devez être considéré comme un média.
10:21Le rôle de la plateforme, évidemment, il est prégnant.
10:24La plateforme, elle doit juste collaborer avec la justice,
10:27elle doit collaborer avec l'ARCOM,
10:29si un jour, ça devenait son périmètre d'intervention,
10:33pour contrôler ce qui peut être fait,
10:37ce qui peut être dit, ce qui peut être montré.
10:38Parce que 120 000, 130 000 personnes,
10:41je crois que c'est Samuel qui le disait,
10:42c'est une audience proche de celle de LCI,
10:44c'est complètement fou.
10:47Donc, vous avez une responsabilité dans ce que vous montrez,
10:50et évidemment, vous avez une responsabilité
10:51dans ce que vous regardez, dans ce que vous tolérez.
10:53Si les gens ont regardé ces vices-là,
10:56120 000, 130 000,
10:57ça veut dire 120 000, 130 000 personnes
10:59qui ont toléré la violence en direct sur une personne.
11:03Ce n'est pas porter assistance à une personne qui est en danger.
11:09Fabrice et Pelleboin,
11:09beaucoup de choses ont été dites,
11:10il faut que vous puissiez répondre aussi,
11:12parce que c'est un vieux serpent de mer,
11:14la régulation des plateformes,
11:16la sanction de celles qui laissent diffuser,
11:18des choses horribles,
11:19et pour vous, ce n'est pas crédible,
11:21en tout cas, ce n'est pas réalisable.
11:23Peut-être qu'il y a un malentendu sur le rôle de l'ARCOM
11:26sur les réseaux sociaux,
11:28ce n'est absolument pas comparable
11:29à ce qui se passe sur les médias traditionnels.
11:32L'ARCOM, qui est un dispositif central
11:35dans le digital service acte,
11:37la loi sur la régulation des réseaux sociaux
11:39qui a été votée en Europe
11:41et qui est en application depuis déjà quelques années,
11:44à ce stade,
11:45se contente de déléguer à des associations et des ONG
11:47le pouvoir de censure.
11:49On n'est pas du tout dans ce cadre-là,
11:53dans la mesure où, essentiellement,
11:54cette censure est de nature politique.
11:57Là, il n'y a pas de contenu politique.
11:59Le seul petit morceau de contenu politique
12:02qu'il y a eu dans cette...
12:03Je vous appelle ça une émission.
12:06Ça a été un salut nazi fait par ce jeune homme qui est mort,
12:09qui a donné lieu, effectivement,
12:10à une interruption d'une semaine de l'émission.
12:13C'est pas ce que j'ai dit.
12:14Visiblement, il n'y avait absolument rien à reprocher.
12:16Mais sur les sévices...
12:18Mais c'est pas ce que j'ai dit, en plus.
12:20Ce que je dis, c'est que l'ARCOM devrait avoir...
12:21Attendez, attendez, attendez.
12:23On a, d'une part,
12:24un ministère qui a été averti de 2024.
12:28On a l'ARCOM,
12:29qui a été saisi par la Ligue des droits de l'homme
12:31dès 2024.
12:33Il ne s'est rien passé.
12:34Et pourquoi il ne s'est rien passé ?
12:35Moi, la question...
12:36Parce que ce n'est pas le boulot de l'ARCOM.
12:37L'ARCOM se focalise sur des problématiques politiques.
12:40Alors, je vais reformuler la question,
12:42si vous le permettez.
12:43Comment on empêche une plateforme
12:45de laisser diffuser sur une émission très regardée
12:48des sévices ?
12:50Qu'est-ce qu'on doit faire, Fabrice Pellebois ?
12:52En lui demandant poliment.
12:54Il aurait suffi que l'ARCOM le demande poliment
12:56ou que la ministre qui fait censurer
12:58une multitude de choses,
12:59comme on l'a appris dans ses auditions parlementaires
13:01que vous évoquiez il y a peu de temps,
13:03le demande poliment,
13:05ça aurait largement suffi.
13:06Visiblement, ça ne fait pas partie
13:08des sujets qui préoccupent...
13:09Mais ça veut dire que tout ça est au bon vouloir ?
13:11Ça veut dire que pour vous,
13:13ce n'est pas la faute de la plateforme
13:15puisqu'on ne lui a pas demandé poliment ?
13:17En gros...
13:17Ah si, la plateforme a sa responsabilité.
13:20Quand on a une audience de 130 000 personnes,
13:24on ne peut pas passer inaperçus
13:26sur une telle plateforme.
13:27S'il y avait 200 spectateurs,
13:30on aurait pu imaginer
13:32que noyer dans la masse,
13:33ça passe inaperçu.
13:34Mais là, 130 000, ce n'est pas possible.
13:36Donc ça veut dire qu'il y a une responsabilité
13:38et qu'on peut reprocher à la plateforme
13:39d'avoir laissé diffuser.
13:41On peut tout à fait se servir de la plateforme
13:43comme bouc émissaire
13:44et éviter de regarder les choses en face,
13:46éviter de regarder l'ARCOM en face,
13:47éviter de regarder la ministre en face.
13:49Tout à fait.
13:49C'est une stratégie.
13:51C'est d'ailleurs la stratégie que vous...
13:52Je sens l'ironie dans votre propos.
13:54Un peu.
13:55Il y a quand même deux des individus
13:56qui participent à cette émission
13:58qui ont fait une garde à vue,
13:59là encore en 2024,
14:00qui en sont ressortis libres.
14:02Et il y a eu une enquête de police
14:03qui s'en est suivie.
14:05La ministre n'a pas bougé,
14:07l'ARCOM n'a pas bougé.
14:08Il y a même un des deux protagonistes
14:12qui a volé le portable de l'individu
14:14qui est décédé
14:14et qui a vu les messages
14:16que le monsieur a envoyés à sa maman
14:18et qui disait « je veux partir,
14:19j'en ai marre d'être harcelé, etc. »
14:20Quand vous regardez les traites
14:22qui sont mises sur Twitter,
14:23c'est quand même affolant.
14:24Ils ont bien vu qu'en fait
14:25leur fonds de commerce
14:26c'était de maltraiter ce monsieur
14:27et qu'en le frappant,
14:28ils allaient gagner de l'argent comme ça.
14:29Et c'était complètement le cœur de stratégie.
14:31Et donc je pense que ces deux personnes-là
14:33doivent être inculpées
14:34pour mise en danger à la personne d'autre.
14:35On sait qu'elles le devraient.
14:36Bien sûr, ça ne souffre pas de discussion.
14:39Évidemment qu'ils doivent être inculpés,
14:40évidemment qu'ils doivent être inquiétés
14:42par la justice
14:42et ils le seront probablement à ce stade.
14:45Mais le problème n'est pas là.
14:46Le problème c'est que les autorités
14:47ont été parpétent de l'argent.
14:48Pour l'instant, ils ne le sont pas
14:49et c'est important de le préciser aujourd'hui
14:52parce que même si une enquête a été ouverte,
14:54ils ont été entendus
14:55et pour l'instant,
14:56le parquet n'a rien décelé de suspect.
14:58Donc c'est ce qu'on verra.
14:59On suivra l'affaire
15:00parce que malheureusement,
15:02j'imagine qu'on y reviendra.
15:03On sera amené à ça,
15:03ne serait-ce que pour éclaircir
15:04tout ce qui a pu se passer.
15:06Et puis on vous recontactera,
15:07pourquoi pas Fabrice Appelboin,
15:09enseignant à Sciences Po
15:10et cofondateur de Yo Gauchat.
15:13Merci à toutes nos vraies voix
15:14d'avoir pris la parole ce soir
15:15sur Sud Radio.
15:16Anthony Martin-Smith,
15:17on vous libère.
15:18Je le rappelle,
15:19champion de judo,
15:20on vous retrouve comme tous les week-ends,
15:21notamment dans l'émission
15:22Il faut que ça change.
15:22William Thé, à bientôt.
15:23A bientôt.
15:24Fondateur président du Think Tank
15:26Le Millénaire.
15:26Et merci à vous, Samuel Botton.
15:28Merci à vous.
15:29A une prochaine fois.
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