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  • il y a 1 an
Deux heures pour vivre l’info. Loïc Besson donne les clés aux téléspectateurs pour mieux comprendre les grands enjeux de la journée.

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00:00Le face-à-face tournera-t-il au fiasco ou sera-t-il un succès ?
00:04Et dans ces cas-là, un succès pour qui ?
00:06Rarement, autant d'inconnus n'ont entouré une rencontre diplomatique.
00:10Énorme tension dans chacun des camps.
00:12Le monde a les yeux rivés sur l'Alaska.
00:14L'heure de vérité approche.
00:16Et on va être fixés, puisque ça y est, on y est.
00:18C'est aujourd'hui que Donald Trump et Vladimir Poutine se rencontrent.
00:22On va retrouver tout de suite à Kiev Cyril Lamorski.
00:26Les enjeux sont évidemment énormes.
00:28scrutés partout sur le globe.
00:31Et en premier lieu, chez les Ukrainiens, bien sûr, puisque ça les concerne.
00:35C'est eux qui sont en première ligne aujourd'hui.
00:38Tout à fait. C'est évidemment scruté ici en Ukraine.
00:41Et d'ailleurs, en ce moment, je suis juste à côté de l'ambassade des États-Unis en Ukraine.
00:46Et vous le voyez derrière moi, il y a des familles de prisonniers de guerre ukrainiens
00:49qui sont toujours en captivité.
00:51Et leur message aujourd'hui, il est assez simple.
00:53C'est que rien ne pourra se passer sans l'Ukraine.
00:56Il y a un slogan qui a été utilisé d'ailleurs pendant cette manifestation.
01:00C'est de dire que, monsieur le président des États-Unis, nous avons beaucoup de respect pour vous.
01:04Mais n'oubliez pas que le pays et la population qui payent véritablement le prix de cette guerre,
01:09ce sont les Ukrainiens.
01:10Et que dans ces conditions-là, il n'est absolument pas normal que l'Ukraine soit utilisée comme une monnaie d'échange,
01:16plutôt que ses territoires soient une monnaie d'échange.
01:18Et qu'on ne peut pas avoir de négociations et de discussions avec la Russie
01:22tant que le sujet des prisonniers de guerre ne sera pas soulevé.
01:25C'est ici, en tout cas, le message principal des familles qui se sont rassemblées.
01:30Cyril Lamorski, en direct de Kiev pour BFM TV.
01:33Merci, merci à vous.
01:34Bonjour, général Jean-Paul Paloméros.
01:37Merci d'être notre invité dans le live BFM, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air.
01:43C'est une journée historique aujourd'hui, quel qu'en soit l'issue d'ailleurs.
01:48Oui, on a vécu déjà des journées historiques, donc on peut aussi être déçu.
01:53Mais on sent qu'il y a des échéances qui se rapprochent.
01:57Normalement, ce genre de sommets, si vous voulez, sont préparés par des émissaires
02:04et tout est préparé à l'avance.
02:07Mais ici, ça ne donne vraiment pas l'impression d'être le cas.
02:10L'émissaire de Donald Trump a surtout parlé de commerce et autres.
02:16Mais donc, on ne peut pas parier vraiment sur l'issue de ces discussions,
02:26si ce n'est que les Russes vont essayer d'entraîner les Américains sur un autre champ que l'Ukraine.
02:31Disons que l'Ukraine, c'est important, mais ils vont essayer de parler des armements,
02:36vont essayer de parler de négociations sur des enjeux, des minerais et autres,
02:43des enjeux stratégiques, pour détourner la tension en quelque sorte
02:46et se mettre les bonnes grâces de Trump de leur côté.
02:52Et Trump, lui, il sait quand même que le piège est tendu,
02:55mais on ne sent pas bien quelle est aujourd'hui sa vraie position sur la question.
03:00Est-ce qu'il a pris une décision définitive sur les problèmes territoriaux, par exemple, de l'Ukraine
03:05et qu'il veut les imposer par la force de Zelensky ?
03:08Je pense qu'à l'issue de ce sommet, on en saura un peu plus, évidemment.
03:13C'est tout l'enjeu, justement, parce qu'aujourd'hui, personne ne sait
03:17quelle est véritablement la position de Donald Trump,
03:20ce qu'il pense de ça, surtout aujourd'hui, parce qu'on sait que ça peut changer.
03:25C'est l'homme le plus puissant du monde, c'est peut-être aussi l'homme le plus imprévisible
03:28à l'heure où on se parle, et il souffle aussi le chaud et le froid.
03:32Il y a quelques heures, quelques jours encore, il disait qu'il avait beaucoup de respect
03:38pour la décision de Vladimir Poutine de venir jusqu'aux États-Unis
03:41pour prendre le temps de discuter avec lui.
03:43Et puis, cette nuit, il s'est adressé à la presse.
03:46Il a dit que peut-être qu'en cinq minutes, ça serait terminé
03:48parce qu'il comprendrait qu'il n'aurait rien à tirer de Vladimir Poutine.
03:53On n'a pas idée, pour l'instant, de la position et l'humeur
03:57avec laquelle Donald Trump va se présenter face au président russe.
04:01Non, mais le fait est qu'il rencontre le président russe.
04:06Ça, c'est une décision qu'il a prise.
04:08Il le rencontre sans Vladimir Zelensky, il le rencontre Vladimir Zelensky
04:12sans les Européens, donc dans une rencontre bilatérale
04:16où, comme je le disais tout à l'heure, ils vont élargir le scope,
04:20en quelque sorte, de la question.
04:23Et je ne dirais pas que l'Ukraine sera mise de côté, pas du tout.
04:26Elle est au cœur du débat.
04:27Mais les Russes, et M. Poutine, sont quand même passés
04:32mettre dans l'arbre cette manipulation, en quelque sorte, des esprits.
04:36Trump a l'air de le savoir, mais il est quand même fasciné,
04:40finalement, par Poutine.
04:43Donc, souhaitons qu'un de mes amis anglais disait « do no harm »,
04:48c'est-à-dire que cette rencontre ne fasse pas de mal aux Ukrainiens.
04:52Parce que l'enjeu, il est là.
04:53Ça peut être assez catastrophique pour les Ukrainiens, c'est clair,
04:56avec l'imprévisibilité de Trump et la volonté farouche de Poutine,
05:03qui peut s'enorgueillir de petites victoires aujourd'hui sur le terrain,
05:07qui continue à attaquer l'Ukraine.
05:09Donc, Poutine ne faillira pas.
05:11Poutine ne va pas changer de cap.
05:14Si quelqu'un change de cap, ça sera Trump, malheureusement.
05:16Et on peut souhaiter que ça ne soit pas le cas.
05:21Violetta Moskélo, on disait, ça peut être très difficile,
05:24ça peut être violent potentiellement pour les Ukrainiens.
05:28Et en même temps, les Ukrainiens, ils ne sont pas autour de la table.
05:30Donc, ils n'ont pas leur mot à dire ce soir.
05:32Malgré tout, ça aura des répercussions.
05:35Mais je pense que les Ukrainiens et les Européens ont dit déjà leur mot
05:39durant cette semaine qu'on a suivi tous de la préparation du sommet, en fait.
05:44Et donc, si l'intention première, c'était d'avoir une rencontre bilatérale
05:48qui allait décider de sceller le sort du monde de l'Ukraine
05:50avec les échanges de territoire et tout,
05:52aujourd'hui, la situation a quand même été infléchie
05:55par le sommet européen qui a été organisé mercredi
05:59et où Donald Trump a participé.
06:01J.D. Vence a d'ailleurs, pour la première fois,
06:03participé aussi à la réunion des pays de la coalition des volontaires.
06:08Et la question de dire cessez le feu,
06:10pas un échange de territoire, mais avec quelle garantie, en fait.
06:14Et Donald Trump a accepté l'idée que les États-Unis
06:17vont rester partie des garanties de sécurité à l'Ukraine
06:21aux côtés des Européens.
06:22Tout un nuancé, certes, que ça ne sera pas fait dans le cadre de l'OTAN,
06:25parce que c'est un peu comme un torchon rouge pour la Russie
06:27et que ça, c'est OK, c'est mis de côté.
06:30Mais les Américains, aux côtés des Européens,
06:32vont devoir construire les mécanismes de garantie
06:35pour sécuriser, en fait, et garantir ce cessez-le-feu.
06:38Et donc, je pense que malgré le fait que l'Europe ne crie pas de la même façon,
06:45notre communication est différente par rapport au bluff qui part du Kremlin
06:48et la façon de s'exprimer assez lunatique, parfois, du côté du président américain.
06:53Par contre, ce n'est pas celui qui crie le plus fort qui gagne la bataille, en fait.
06:57Donc, tout n'est pas joué.
06:58Et j'essaie de rester sur une posture légèrement optimiste
07:03pour dire que Donald Trump est obligé d'entendre aussi
07:07et de comprendre que l'Ukraine ne se pliera pas à quelque chose
07:10qui ne va absolument pas dans le sens d'une paix juste et durable.
07:16Rien n'est joué, en effet.
07:17C'est ce qui caractérise d'ailleurs cette rencontre.
07:19En général, les rencontres diplomatiques, elles sont en effet préparées en avance.
07:23Il ne reste que la phase finale qui peut être du théâtre.
07:26Là, en l'occurrence, c'est vrai qu'il n'y a eu que très peu de préparation.
07:28Les deux ont fixé et vont à ce rendez-vous un peu tête baissée.
07:32Vous avez raison.
07:33Ce qui est frappant dans ce sommet, c'est la relative impréparation des sujets
07:38en ce qui concerne le sujet le plus sensible
07:40et sur lequel tout le monde est très attentif, à savoir l'Ukraine.
07:45C'est vrai que le président Trump souhaitait rencontrer Poutine
07:49parce qu'il pense que son charisme propre, sa façon de faire
07:54permettrait d'enlever un accord sur le cessez-le-feu.
07:58C'est évidemment un très gros risque.
08:01Poutine, d'ailleurs, ne souhaitait pas prendre ce risque
08:03puisqu'il voulait que les problèmes de fond soient traités auparavant.
08:08Et puis finalement, dans l'entretien avec Vitkov, il y a une dizaine de jours,
08:13il a accepté qu'il y ait cette rencontre au sommet avec Trump
08:18avec un certain niveau d'impréparation.
08:20Pas d'impréparation chez les Russes qui, en effet, n'ayant pas changé de position,
08:24sont très bien préparés, mais peut-être chez Trump,
08:29dont on ne connaît pas exactement la position, sauf qu'il veut un cessez-le-feu.
08:33Alors est-ce que c'est un cessez-le-feu qui pourrait être partiel,
08:37par exemple uniquement aérien, pour une durée de temps très limitée,
08:42par exemple quelques semaines ?
08:44Ça pourrait être la ligne de fuite de Poutine s'il ne veut pas rompre les ponts avec Trump
08:51et le renvoyer chez lui avec un échec,
08:54ce qui pourrait avoir des conséquences graves, comme Poutine l'a dit,
08:56puisqu'en effet, il a bien dit, si ce sommet est un échec, il y aura des conséquences.
09:01Il n'a pas dit des sanctions, il a dit qu'il y aura des conséquences graves.
09:04Juste une petite remarque sur le fait qu'il ne voulait pas la rencontre,
09:06où il la voulait vraiment de tout son cœur,
09:08parce que pour lui, ça le réhabilite au niveau international
09:11et ça le positionne encore la Russie aux côtés des États-Unis,
09:14les deux grandes puissances, en fait.
09:16Poutine, il vit, il est resté mentalement au XXe siècle.
09:18Cela dépendra d'ailleurs de l'image.
09:20S'ils apparaissent côte à côte et s'ils s'expriment ensemble
09:22lors d'une conférence de presse commune.
09:24Vous restez bien sûr avec nous, on y revient dans un instant.
09:25Cette journée du 15 août 2025 restera-t-elle dans les annales.
09:29C'est l'histoire qui s'écrit actuellement sous nos yeux,
09:31ce face-à-face Donald Trump et Vladimir Poutine.
09:33Rien n'est joué, tout se passe aujourd'hui.
09:35Ça se passe évidemment sur BFM TV, édition spéciale à partir de 18h.

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