00:00Bordeaux, capitale de la beauté et du commerce atlantique.
00:04Parlons de ce qu'on voit et de ce qu'on préfère oublier.
00:12Ce que je vais te montrer, ce sont des faits, pas des slogans, des chiffres, des flux, des visages.
00:20Et cinq phrases du livre Bordeaux au 18e siècle qui ne laissent aucun doute.
00:26On y va.
00:30Au milieu du 18e siècle, Bordeaux change d'échelle.
00:36Le port devient un nœud majeur entre la France et ses colonies.
00:40À la page 37, on peut lire ceci.
00:42À partir de 1743, le port de Bordeaux, qui assure à lui seul le tiers de tous les mouvements entre la France et ses colonies, devient enfin le premier port français.
00:53Ce n'est pas un simple essor local.
00:56C'est un basculement à l'échelle du royaume.
00:59Et derrière cette première place, il y a les produits coloniaux.
01:03Le sucre, le café, l'indigo, le coton, dont la production repose sur le travail servile.
01:09Toujours à la page 37, on peut lire ceci.
01:11Chaque année, 3000 navires environ viennent mouiller dans le port de la Lune.
01:173000 navires ! Imagine juste le flux.
01:21Cargaison, assurances, entrepôts, raffineries, manufactures.
01:25Chaque arrivée nourrit toute une chaîne de profit.
01:28Bordeaux s'embellit, les mascarons, les façades, les monuments, tout respire l'abondance.
01:40Mais d'où vient cette richesse ?
01:42Des circuits coloniaux, des échanges triangulaires, du sucre de Saint-Domingue, premier producteur mondial.
01:48Cet essor a besoin de bras.
01:56Artisans, journaliers, marins, la main-d'oeuvre afflue.
02:00Et de ce fait, la ville grandit à vue d'oeil.
02:02A la page 39, on peut lire ceci.
02:05La ville voit sa population doubler entre 1715 et 1789, passant de 55 000 à 110 000 habitants.
02:13Deux Bordeaux pour le prix d'un en une vie.
02:16Et plus la ville grossit, plus le commerce colonial s'ancre dans son quotidien.
02:21On parle d'emplois, de loyers, de fortunes, de spéculations immobilières.
02:27On efface trop souvent les personnes.
02:34Pourtant, elles sont là.
02:36Des noirs et des gens de couleur vivent en Aquitaine au 18e siècle pour des durées et effectivement des statuts différents.
02:44On parle de libres, de domestiques, d'esclaves amenés des îles et des enfants métisses de planteurs.
02:52Page 51, on peut lire ceci.
02:53Environ 4 000 noirs et gens de couleur ont vécu en Aquitaine au 18e siècle pour des durées variables.
02:59Face à ces circulations humaines, l'État resserre le contrôle.
03:04Interdiction, dépôt, enfermement.
03:07La métropole tente de contenir la visibilité de cette présence.
03:12Toujours page 51, on peut lire ceci.
03:15L'arrêt du 9 avril 1777 interdit d'amener en métropole des esclaves et des gens de couleur.
03:21Cette phrase, vous l'avez vue, dit tout.
03:23On interdit d'amener parce qu'on amenait.
03:27La loi ici révèle la pratique.
03:35Négociants, armateurs, juristes, noblesse parlementaire, les élites bordelaises se mêlent au réseau atlantique.
03:43On investit dans la vigne, dans les manufactures, mais aussi dans les îles.
03:48Les alliances se font par le commerce, par les mariages, mais aussi par la plantation.
03:54Et de ce fait, les fortunes s'agrègent.
03:56Maintenant, les pierres racontent l'abondance.
04:04Les registres dévoilent les flux.
04:06Les lois trahissent les pratiques.
04:08Et au milieu des vies, domestiques, enfants arrachés, marins, esclaves amenés, puis parfois déposés.
04:17L'histoire ici n'est pas abstraite.
04:19Elle est sculptée dans la ville.
04:20Quand on parle de Bordeaux, et donc du XVIIIe siècle, il faut tout dire.
04:29La beauté, l'architecture, oui, et l'économie coloniale qui les a portées.
04:35Si tu veux que je poursuive avec d'autres pages de ce livre, nom, lieu, trajectoire, etc.,
04:40dis-le-moi en commentaire et partage si tu penses que la mémoire mérite mieux que le silence.
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