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00:00Alors aujourd'hui a également lieu en Angleterre une rencontre avec le ministre des affaires étrangères britannique et le vice-président américain G. Davins
00:11qui accueille ce samedi une réunion des conseillers à la sécurité nationale, européens et américains.
00:18Bonjour Laura Calmus, vous êtes notre correspondante à Londres. Que sait-on de cette réunion ?
00:23Eh bien on a l'impression que cette réunion a été organisée un peu à la dernière minute en prévision de ce face-à-face Trump-Poutine de la semaine prochaine en Alaska.
00:34Alors c'est à Chevening qui est donc la résidence de campagne du ministre des affaires étrangères, David Lemmy qui accueille J.D. Vence ainsi que des membres de la sécurité nationale venus d'Ukraine, d'Europe et également des Etats-Unis.
00:50Certains sont en visioconférence, d'autres en présentiel et selon le Guardian, eh bien cette réunion a été organisée à la demande de Washington.
00:59Alors l'objectif est simple, il faut d'abord avancer sur le cessez-le-feu mais également essayer d'établir les conditions de cette paix juste et durable et aussi coordonner et connaître les positions des alliés européens.
01:12Car on le sait, eh bien l'Europe ne sera vraisemblablement pas là la semaine prochaine en Alaska.
01:17On sait également que ce matin, le Premier ministre britannique Keir Starmer s'est entretenu avec Volodymyr Zelensky.
01:25Ils ont bien sûr salué la volonté de Donald Trump de mettre fin à cette guerre barbare, je cite.
01:32Et ils ont également essayé ensemble de maintenir cette pression sur Vladimir Poutine.
01:38Il y a également ce point qui est important, cette réunion est stratégique car on le sait, l'Ukraine veut absolument faire partie de la négociation, faire partie des discussions.
01:50Avec Volodymyr Zelensky qui a tweeté encore aujourd'hui en expliquant que toute décision prise sans elle sera une décision contre la paix.
01:59Merci pour ces précisions, Laura Calmus, notre correspondante au Royaume-Uni.
02:05Nous sommes en ligne avec Adina Revol.
02:07Bonsoir, merci d'être avec nous.
02:09Vous êtes l'ancienne porte-parole de la Commission européenne en France.
02:12Cette réunion dont Laura Calmus nous parlait à l'instant, qu'est-ce que c'est au final ?
02:16C'est une façon d'essayer d'exister pour les Européens ?
02:19Écoutez, on sait très bien que pour avoir une paix juste et durable en Ukraine, il faut la défaite de Vladimir Poutine.
02:27Et depuis le début, l'Union européenne est fortement engagée auprès de l'Ukraine.
02:33Mais encore une fois, la paix ne peut pas être faite sans la défaite de Vladimir Poutine.
02:38La défaite de Vladimir Poutine peut se faire sur le front de bataille, donc en livrant massivement des armes.
02:45Et sur ce point-là, le rôle des États-Unis est capital.
02:48Et il y a un deuxième point qui est également capital, c'est le niveau économique.
02:53Aujourd'hui, l'économie russe va mal.
02:56Vladimir Poutine a épuisé son fonds de réserve parce qu'il finance sa guerre en Ukraine avec les achats des énergies fossiles.
03:05Et donc, c'est un levier très important aujourd'hui d'arrêter d'acheter des énergies fossiles russes pour assécher l'économie russe,
03:12pour que Vladimir Poutine puisse ne plus financer cette guerre en Ukraine.
03:17Donc, aujourd'hui, l'économie russe va mal.
03:19Vladimir Poutine est en position de faiblesse.
03:21Et en réalité, Donald Trump lui offre une occasion en or de réintégration dans l'ordre international avec cette réunion en Alaska.
03:31– Comment pourront réagir les Européens si les décisions prises entre Washington et Moscou
03:37arrivent à un accord contraire finalement à leur position ?
03:40– La position de l'Union européenne a toujours été claire
03:45sur le maintien de l'intégralité territoriale de l'Ukraine.
03:52Et l'Union a toujours été aux côtés de l'Ukraine.
03:55Maintenant, ce qui est essentiel, c'est faire en sorte que le deal dont on parle,
04:04parce que finalement, cette rencontre en Alaska,
04:08Trump et Poutine la voient comme un deal en dehors de l'ordre international.
04:13Donc, il faut que le cessez-le-feu ou toute solution qui puisse être trouvée pour l'Ukraine
04:20reste dans le droit international, respecte l'ordre international,
04:23le droit international et en même temps le droit de l'Ukraine.
04:31Puisqu'aujourd'hui, en fait, on oublie que l'Ukraine résiste depuis trois ans,
04:36résiste héroïquement.
04:37Et donc, finalement, ce deal qui est sur la table donne des dégages à l'envahisseur.
04:44Et l'envahisseur, c'est un criminel de guerre.
04:45N'oublions pas que Vladimir Poutine est un culpeux pour des crimes de guerre.
04:49Pour revenir vraiment sur le rôle des Européens, parce que c'est ce dont on parle là,
04:54c'est le fait que les Européens soient absents lors de cette rencontre
04:57entre Vladimir Poutine et Donald Trump, est-ce que vous n'avez pas l'impression
04:59que les Européens n'exercent quasiment plus grande influence sur le dossier ukrainien ?
05:05Aujourd'hui, il y a une vraie question en fait sur le rôle de l'Union Européenne
05:09sur la scène internationale et sur l'Union Européenne en tant que puissance,
05:15puisque en réalité, l'Union Européenne aujourd'hui est face à ses faiblesses structurelles
05:21depuis sa création.
05:24Aujourd'hui, l'Europe a besoin du partenariat transatlantique,
05:29aussi bien sur la défense que sur l'énergie.
05:32Et donc, aujourd'hui, l'Europe est dans une situation structurellement de faiblesse,
05:37ce qui fait qu'elle ne peut pas exercer sa puissance de manière forte.
05:44Merci beaucoup Adina Révol.
05:46Claude Blanche-Maison, l'Ukraine ne sera donc pas présente vendredi prochain.
05:50Est-ce qu'il y a des garanties crédibles quand même que les Ukrainiens peuvent espérer ?
05:56Des garanties sûrement pas.
05:57D'ailleurs, cette réunion à laquelle vous venez de faire allusion à Londres aujourd'hui
06:01montre que d'une part, le Premier ministre britannique joue son rôle habituel d'intermédiaire,
06:07de médiateur entre les États-Unis et l'Europe.
06:12C'est son rôle historique, effectivement, pour ce qui concerne la Grande-Bretagne,
06:16en dehors de la commune de l'Union européenne.
06:18Mais Vance, on ne sait pas ce qu'il a dit.
06:21À mon avis, il a dû être menaçant.
06:24Il a dû dire, faites attention.
06:26Si vous vous opposez à la bonne marche de ce sommet du Groenland,
06:31vous allez irriter Trump, puisque c'est l'argument généralement utilisé.
06:35Et si vous irritez Trump, vous savez ce qui risque de se passer.
06:40Les Canadiens ont gravement irrité Trump.
06:42Ils se sont pris 10% de droits de douane supplémentaires.
06:47M. Narendra Modi a gravement irrité Trump.
06:50Il s'est pris, peut-être, puisque c'est suspendu pour le moment,
06:53pendant trois semaines, 45% de droits de douane supplémentaires.
06:56Donc je pense qu'il a, s'il est habile, supplié les Européens
07:01de ne pas s'opposer à ce que Trump était en train de faire en Alaska,
07:05y compris sur le dos de l'Ukraine.
07:08Merci beaucoup.
07:09Et merci à tous les cas d'avoir été avec nous sur ce plateau.
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