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  • il y a 6 mois
Avec Yoann Gillet, journaliste politique et Franz-Olivier Giesbert, éditorialiste et auteur



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##C_EST_DANS_L_ACTU_5-2025-08-09##

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News
Transcription
00:00Avec notre tandem du samedi, bonjour François-Olivier Gisbert.
00:08Bonjour Laurence, bonjour Johan.
00:11Bonjour Johan Gilly.
00:14Bonjour Laurence, bonjour François, bonjour aux auditeurs.
00:16Johan, vous êtes sur une aire d'autoroute là ?
00:19Il paraît.
00:20Il paraît, voilà, faites attention.
00:22Sur la route des vacances peut-être.
00:24Alors, avec vous nous allons parler forcément de cette censure par le Conseil constitutionnel
00:28de la mesure phare de la loi Duplon qui visait à réintroduire sous condition l'acétamipride,
00:35l'ai-je bien dit, pesticide interdit en France depuis 2018.
00:38Alors forcément, on va en reparler, mais beaucoup, beaucoup de réactions de la classe politique
00:41largement divisées entre une gauche plutôt réjouie et une droite et une extrême droite, pas du tout.
00:46Votre réaction déjà pour commencer, François-Olivier Gisbert,
00:50à cette censure partielle par les sages, comme on dit ?
00:54Les sages, enfin, il faudrait vraiment mettre des guillemets,
00:57parce que vous dites comme on dit, parce qu'en fait, ils font de la politique.
01:00Le Conseil constitutionnel, bon, c'est une sorte d'épad de luxe,
01:03où il y a quand même pas mal de politiciens,
01:07et il n'y a pas, à mon avis, suffisamment de juristes.
01:11On fait souvent la comparaison avec la Cour suprême aux Etats-Unis.
01:13La Cour suprême, vous savez, quand vous regardez la justice américaine,
01:17elle est très politisée, puisqu'ils sont élus, les magistrats,
01:20il y a les magistrats démocrates, les juges démocrates, les juges républicains.
01:23Bon, mais à l'arrivée, très souvent, ils ont tendance à,
01:27même si, par exemple, en ce moment, la Cour suprême et la majorité conservatrice,
01:30ils ont tendance quand même à juger en droit.
01:32Et là, on voit bien que c'est quand même très approximatif.
01:35Alors moi, je ne me prononce pas sur le fond, après on va en parler du tout.
01:39Mais là, quand même, si vous voulez, il y a une façon de notifier la décision
01:43qui est complètement frappadingue.
01:45En quoi elle est frappadingue ?
01:46C'est-à-dire, voilà, voilà, ils se servent, bon, pour interdire l'acétamigride
01:52qui n'est pas interdit en Europe.
01:55Ça veut dire, donc, ça veut dire, on va vraiment,
01:58c'est vraiment un très mauvais coup pour les agriculteurs français,
02:00notamment les producteurs de noisettes, de tomates, etc.
02:04Bon, on a recours à la Charte de l'environnement,
02:06qui est un document de 2004, qui est, paraît-il, à valeur constitutionnelle.
02:10Ok, inscrit dans la Constitution.
02:12Alors, le Conseil constitutionnel s'appuie sur, par exemple,
02:15regardez, des considérations de ce genre,
02:17chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré, respectueux,
02:20de la santé.
02:21Non, mais c'est vraiment se foutre du monde.
02:23Dans le même temps, d'ailleurs, parce que vous parlez de la loi Duplomb,
02:28il y a également l'histoire de la rétention.
02:30C'est-à-dire que l'allongement de la durée de rétention
02:32pour les individus dangereux qui avaient été...
02:37Ah oui, mais ça, c'est un autre sujet, France.
02:39Attendez, là, on s'égare un peu.
02:40C'est la même chose.
02:41Oui, mais attendez.
02:41Non, non, attendez.
02:42Oui, mais j'aimerais après faire réagir, Johan.
02:45Excusez-moi, Laurence.
02:45Allez-y.
02:46Excusez-moi, Laurence.
02:46Avant de parler du fond, on va en parler avec Johan, forcément,
02:49mais avant de parler du fond, c'est-à-dire, il y a une tendance
02:52du Conseil constitutionnel.
02:54Vous savez, Mitterrand avait une phrase géniale qui disait,
02:57il reprenait cette phrase de Thucydide,
02:58toujours tout homme va toujours jusqu'au bout de son pouvoir,
03:01si rien ne l'arrête.
03:02Et c'est la même chose avec les institutions.
03:04Aujourd'hui, le Conseil constitutionnel, le Conseil d'État,
03:06prennent de plus en plus d'importance.
03:08Et là, d'ailleurs, sur l'histoire de la loi de rétention,
03:10vous regardez bien, c'est une directive européenne
03:13qui autorise une durée de 18 mois.
03:16Eh bien, nous, ce ne sera que 90 jours.
03:18C'est l'exception française, c'est le Conseil constitutionnel
03:20qui a décidé.
03:21C'est-à-dire qu'on voit bien que le Conseil constitutionnel,
03:23j'arrête là, il a tendance quand même de plus en plus
03:26à faire fi de ce qu'on appelle la souveraineté populaire
03:31que le général de Gaulle mettait toujours au sommet.
03:33Bon, je vous laisse là.
03:35Après, on va aborder le sujet de front avec Yohann.
03:38Exactement, on va faire réagir Yohann Gillet.
03:40Et pas de luxe, le Conseil constitutionnel, Yohann Gillet ?
03:44Non, je ne vais pas dire des choses comme ça.
03:46Enfin, je veux dire, on ne peut pas à la fois dire
03:48qu'Emmanuel Macron est trop jeune, qu'il n'a pas d'expérience.
03:50Et quand les personnes sont trop âgées,
03:52dire que c'est un EHPAD de luxe.
03:53Ou alors, il n'y a que les gens de 50 ans
03:54qui ont donc 55 ans, qui peuvent faire de la politique.
03:58Donc, bon, il faut raison garder là-dessus.
04:01Je comprends ce que veut dire France.
04:03Ce qu'il essaie de décrire, et ce qu'il décrit bien France,
04:06c'est l'idée que, en gros, nous avons des assemblées
04:09qui sont a priori représentatives du peuple
04:12et que c'est un conseil de sages, comme on dit,
04:15qui va d'un coup mettre un frein ou un coup d'arrêt.
04:18Bon, et en même temps, j'ai envie de vous dire que,
04:21parce qu'on n'arrête pas de parler de l'Europe qui ne l'interdit pas,
04:23mais enfin, l'Europe n'a pas la même politique que la France
04:26au niveau des lobbyings.
04:26Je vous rappelle que la France, aujourd'hui,
04:28il y a une haute autorité sur la transparence de la vie publique
04:31qui permet de déclarer, enfin, qui oblige les élus à déclarer,
04:37lorsqu'ils sont approchés par des lobbyistes en tout genre,
04:41à déclarer les rencontres.
04:43Là où, au niveau de l'Europe, vous avez, vous savez,
04:45autour du Parlement européen, par exemple,
04:47tous les lobbies qui sont installés autour du Parlement.
04:50Donc, ça ne nous étonne pas qu'au niveau européen,
04:52on n'ait pas encore avancé sur cette question aussi rapidement
04:55qu'on pourrait le faire en France.
04:56Donc, il y a quelque chose de rassurant.
04:57Et puis, on ne peut pas à la fois vouloir que la France
04:59soit à la pointe des combats
05:02et en même temps vouloir qu'elle soit à la queue des combats.
05:04Donc, je comprends que ce soit compliqué,
05:07sachant que derrière tout ça, il y a de l'humain.
05:08Il y a de l'humain dans les deux sens.
05:09Il y a de l'humain chez ceux qui tombent malades
05:11parce qu'il y a des cancers.
05:12Il y a de l'humain chez les agriculteurs
05:13qui essaient de faire du chiffre dans des conditions
05:15qui ne sont pas les bonnes,
05:16parce que les règles européennes ne sont pas toujours bonnes,
05:18parce que les règles mondiales ne sont pas toujours bonnes.
05:20Bon, après, il va falloir aussi qu'on se pose la question
05:24de l'ère du phytosanitaire.
05:25On ne peut pas accepter la disparition des abeilles,
05:27pas pour le plaisir de dire les petites abeilles volent.
05:29C'est parce que les abeilles,
05:30vous savez qu'elles viennent d'être classées,
05:32les abeilles viennent d'être classées animaux
05:35les plus précieux pour une raison très simple.
05:39C'est qu'ils permettent la reproduction des fleurs,
05:41de tout ce qui nous permet en gros de vivre
05:44et de respirer et de manger.
05:45Donc, à un moment, il faut être aussi un petit peu pragmatique
05:47et prosaïque.
05:48Donc, après, sur le fond, ce n'est pas à moi de donner mon avis,
05:51même si j'avais compris ce que j'en pensais.
05:53Mais c'est pourquoi est-ce que certains politiques,
05:55à un moment donné, se disent opposés
05:58à la décision du Conseil d'État ?
06:00Parce qu'ils ont des électeurs.
06:01Et qu'ils savent que les agriculteurs,
06:03quand ils se mettent en colère,
06:03ils s'y mettent fortement.
06:04En tout cas, les agro-industriels.
06:06Oui, parce que la Confédération Paysanne
06:09salue la censure par celle du Conseil constitutionnel aussi.
06:13Pour la faire très très courte,
06:15en gros, vous savez,
06:16parce qu'on n'arrête pas d'invoquer les produits phytosanitaires
06:18comme les produits miracles à tout.
06:20Les dernières famines, en France,
06:22c'était à la moitié du 19e siècle.
06:24Et pendant 100 ans,
06:26on n'a pas eu de produits phytosanitaires.
06:27Et pour autant, il n'y a pas eu de famine.
06:28Donc, il faut remettre les choses à leur place.
06:31Il y a aujourd'hui un lobby,
06:32des lobbies qui sont extrêmement puissants.
06:34Et il y a des paysans qui sont un peu moins puissants
06:36parce qu'il n'y a pas forcément l'argent
06:39qui va avec, qui va derrière.
06:40Et eux sont très contents
06:40qu'on arrête d'empoisonner les sols.
06:42Parce que ce n'est que décaler le problème.
06:43À chaque fois qu'on autorise ces produits,
06:46on décale le problème.
06:47On ferait mieux d'aider les agriculteurs
06:49à trouver des alternatives,
06:50à mettre beaucoup d'argent là-dessus,
06:52beaucoup d'accompagnement,
06:53beaucoup de partage d'expérience
06:54sur ceux qui ont été les pionniers en la matière,
06:56en agroforesterie, etc.
06:58Et ne pas décaler, repousser le problème
07:01et tuer encore un peu plus les sols
07:03et la faune et la flore.
07:04Une transition vers un modèle agricole sans pesticides
07:06avec plus d'accompagnement aussi pour les agriculteurs.
07:10C'est une vraie question aussi.
07:10Il y a une question d'anticipation aussi,
07:12François-Olivier Gisbert.
07:13Je suis évidemment d'accord,
07:17sauf quand même sur les approximations.
07:20C'est-à-dire que l'interdiction de l'accompagnement,
07:23d'utiliser pour les agriculteurs français,
07:27c'est vrai qu'il va favoriser les concurrents européens.
07:31Et c'est vrai que nos paysans,
07:32on ne cesse de les couvrir,
07:37de leur mettre des boulets au pied,
07:39des normes, etc.
07:39Vous savez très bien,
07:40quand vous avez des amis paysans,
07:42j'espère que Johan en a,
07:44il raconte évidemment...
07:45Oui, je suis petit-fils de paysans.
07:47Il est petit-fils de paysans.
07:48Oui, mais c'est de la paperasse toute la journée.
07:50C'est de la paperasse toute la journée.
07:51Et moi, je constate que la molécule en question,
07:54qui n'est pas encore...
07:56Tancérigène, ça c'est encore...
07:58Ça c'est du cinéma.
07:59C'est pas vrai encore, c'est pas établi.
08:01Et là, je considère...
08:02D'abord, elle est autorisée aux Etats-Unis,
08:04au Canada, au Japon, en Australie.
08:06Ah, c'est pas une référence.
08:07Elle est présente dans nos maisons...
08:08Non, mais là, je peux terminer juste,
08:09s'il vous plaît, Johan.
08:11Elle est présente dans nos maisons,
08:12dans 95 produits biocides,
08:15les produits anti-puce, anti-blat,
08:17anti-fourmis, etc.
08:19Et je constate aussi que l'EFSA,
08:21Agence Européenne de Sécurité Alimentaire,
08:23et l'ANSES, Agence de Sécurité Alimentaire,
08:25alors l'une est européenne et l'autre française,
08:28assurent toutes les deux
08:29qu'il ne faut pas les confondre,
08:32qu'il ne faut pas confondre cette molécule
08:34avec les autres produits tueurs d'abeilles.
08:37Donc voilà, ça c'est quand même une réalité.
08:40Donc moi, le problème, si vous voulez,
08:42je pense que dans la loi, de toute façon,
08:44il y a une erreur, c'est clair,
08:46c'est qu'il aurait fallu peut-être dire
08:48que c'est une...
08:49Comment dire ?
08:50Un maintien à titre provisoire,
08:53ou quelque chose comme ça.
08:54Il y aurait dû avoir un petit...
08:55Comment dire ?
08:56C'était trop...
08:57C'était trop...
08:58Trop ferme dans le projet de loi.
09:03Peut-être qu'il faut atténuer un petit peu.
09:04Mais on ne peut pas, quand même,
09:07flinguer à ce point
09:08l'industrie agroalimentaire française,
09:11qui était quand même
09:12notre fer de lance pendant si longtemps,
09:15et qui aujourd'hui est menacée de toutes parts.
09:17On voit très bien.
09:18Parce que les noisettes, là, aujourd'hui,
09:20on va les importer en Italie, évidemment.
09:22Et on va se bouffer d'une étela.
09:24Et puis les tomates,
09:25de toute façon, elles sont déjà en Hollande.
09:27Et si vous voulez, on perd.
09:28Par exemple, vous savez que
09:29c'est quand même une réalité.
09:31Le suisse de paysans,
09:32il devrait savoir ça.
09:33Le petit-fils, pardon, de paysans,
09:35c'est que la filière légumière et fruitière,
09:39aujourd'hui, elle est difficile.
09:40Mais ce n'est pas normal.
09:41On est le jardin de l'Europe.
09:43Donc, si vous voulez,
09:43là-dessus, je pense qu'il y a un travail à faire.
09:44Oui, mais pourquoi ?
09:45Je vais te dire.
09:46On devrait sortir ce débat même,
09:47c'est-à-dire qu'il devrait y avoir
09:48l'agriculture, le maintien,
09:50la sauvegarde de l'agriculture française,
09:52ça devrait être une grande cause nationale.
09:54Voilà.
09:54Et c'est très important.
09:56Alors, le petit-fils de paysans,
09:57comme dit François-Olivier Gisbert,
09:59il y a une chanson de l'anglais.
10:00Moi, j'ai été élevé à la ferme aussi.
10:02Ah bah voilà, chacun...
10:03Oui, oui, moi aussi.
10:04Et puis dans les vignes,
10:05j'ai fait toutes les vendanges
10:07et je connais tout ça.
10:08Et puis, j'ai développé,
10:10et j'essaie pour tout te dire,
10:11mais on n'est pas là.
10:14On a vu des vaches.
10:15On a vu des vaches.
10:16Ce n'est pas seulement au salon d'agriculture.
10:18On a compris.
10:19Éric Piolle et Sandrine Rousseau,
10:21je pense qu'ils n'ont jamais eu une vache de leur vie.
10:22Oui, oui, oui.
10:23Mais on n'est pas là, effectivement,
10:25pour faire valoir nos cédars.
10:28Nos origines.
10:28Parce que ça ferait décaler.
10:29Oui, et puis ça ferait décaler
10:30par rapport à ceux qui se lèvent tous les matins
10:32pour faire le vrai travail
10:33qui lui est difficile.
10:34Donc, je ne veux pas faire ça.
10:35Même si, effectivement,
10:36dans ma vie de tous les jours,
10:37dans les à-côtés de mon travail,
10:39on est en train d'étudier
10:40comment fonctionne une forêt-jardin.
10:43On est en train de cultiver
10:44pour voir comment est-ce que les arbres
10:45peuvent se défendre tout seuls.
10:48si on mise à fond sur l'agroalimentaire,
10:52c'est aussi pour que ce soit
10:53une zone d'expérimentation.
10:55Parce que si c'est pour être toujours en retard
10:57et créer de la maladie,
10:58vous savez que la vraie famine de demain,
11:00la vraie problématique,
11:01c'est qu'on a tellement appauvri les sols,
11:02on a tellement abîmé nos fruits et légumes
11:04qu'aujourd'hui, par exemple,
11:05les tomates contiennent beaucoup moins,
11:08beaucoup moins de vitamines, de nutriments
11:10que ce que l'on pouvait trouver
11:11dans les tomates d'avant.
11:12Le problème, c'est qu'aujourd'hui,
11:13on essaie de répondre à la question de la satiété
11:14et non plus de la vitamine
11:16et non plus des nutriments
11:17et non plus de tout ça.
11:18Donc aujourd'hui, oui,
11:19on va produire en masse,
11:19mais on va produire quelque chose
11:20qui ne répond pas.
11:22Donc aujourd'hui, il faut en faire
11:23le fer de lance,
11:23comme le dit France,
11:24mais de l'expérimentation
11:26pour être avant-gardiste
11:27et non pas rétrograde,
11:28non pas conservateur.
11:29Merci, Yoann Gillet.
11:30Merci, François-Olivier Gisbert.
11:32Toujours aussi péchus et inspirés,
11:34tous les deux.
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