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  • il y a 5 mois
Avec Yoann Gillet, Journaliste politique et Franz-Olivier Giesbert, Éditorialiste et auteur



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##C_EST_DANS_L_ACTU_5-2025-08-16##

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Transcription
00:00C'est pas du tout un robot, François-Olivier Gisbert, bonjour.
00:07Bonjour.
00:07Bonjour Yoann Gillet.
00:09Bonjour Laurence, bonjour Yannot.
00:11Bonjour Laurence, bonjour France, bonjour aux auditeurs.
00:13Alors messieurs, avec vous, je voulais déjà avoir votre regard sur cette mise en scène hier
00:18de l'accueil de Trump sur la base militaire américaine d'Alaska,
00:22le tapis rouge, les quatre avions de chasse américains,
00:24les applaudissements de Trump à l'arrivée de Poutine, plutôt souriant,
00:28la fameuse poignée de main, Poutine invité dans la voiture blindée du président américain,
00:34ce qui n'est pas forcément très protocolaire.
00:36Comment, je ne sais pas si vous avez regardé ces images hier,
00:38mais comment vous analysez cette mise en scène déjà, François-Olivier Gisbert ?
00:44Écoutez, je vois, j'entends partout que c'est un échec.
00:50Moi, l'expérience m'a appris qu'il faut peut-être attendre un peu avant de dire que c'est un échec.
00:56Simplement, je pense que Trump s'est très mal débrouillé.
01:02Vous savez, il a écrit un livre avant d'être président qui s'appelle « L'art du deal »,
01:07« L'art de la négociation » en français.
01:10Mais enfin, c'est sous-titré « L'art du deal » parce que c'est plutôt ça.
01:13Et il a une façon de négocier qui a pu donner des résultats ces dernières années.
01:20Il avance, il recule, il avance, il recule.
01:23Enfin, ça, on l'a vu avec les droits de douane.
01:25Là, simplement, je pense que la négociation a très mal démarré.
01:27Dès le départ, il a semblé donner raison à Poutine qui est arrivé en position de force pour la négociation.
01:32C'est pas comme ça.
01:33Enfin, je sais pas, ça me paraît être une grande, grande faute
01:38puisque, on sait très bien, la paix, elle vient surtout par la force,
01:42comme l'a très bien dit le général chinois du 6e siècle avant Jésus-Christ,
01:46sous-dessous, dans « L'art de la guerre ».
01:48C'est quand on fait semblant de vouloir faire la guerre qu'on peut obtenir la paix.
01:53Et là, il est arrivé, comment dire, un peu...
01:57Enfin, c'est pas qu'il est candide, Trump.
01:59C'est évidemment qu'il n'est pas candide.
02:01Mais, je sais pas, un petit peu euphorique et donnant, d'ailleurs, vraiment raison à Poutine.
02:07Dès le départ, on se souvient quand même de la séance absolument abjecte
02:10dans le bureau aval de la Maison-Blanche.
02:13Donc, moi, j'ose pas dire que c'est un échec parce que je pense qu'il faut attendre un peu.
02:19Mais ça me paraît pas forcément bien parti,
02:21dans la mesure où il est très clair que la Russie réclame
02:24les quatre régions partiellement occupées.
02:27Elles sont pas complètement occupées, en plus.
02:29De Donetsk, Lugansk, Zaporizhia, Kherson.
02:32Et puis, évidemment, la Russie veut garder la Crimée.
02:38Ouais. Bon, de toute façon, il n'y a pas eu d'annonce.
02:41Non, non. Et le plus important, peut-être, quand il dit...
02:43La réponse est du côté... Maintenant, c'est...
02:45Oui, c'est ça.
02:45La parole est dans le camp de Zéline-Russi-Trump.
02:47C'est parce que, quand même, en plus de prendre ces régions,
02:51Poutine veut faire de l'Ukraine une sorte d'état croupion,
02:56sans défense, sans aide occidentale, sans rien.
03:00C'est-à-dire, en attendant la prochaine invasion de Poutine.
03:03Avant de parler, effectivement, sur cette pression,
03:06et à la fois de l'Europe et de Zelensky,
03:09votre regard, Johan Gill, est quand même sur cette mise en scène hier.
03:14Voilà, parce que tout a été, bien sûr, calibré, etc.
03:16Démonstration de force, quand même, aussi, malgré tout,
03:19de Trump avec ses quatre avions de chasse.
03:20Mais un Poutine qui sort déjà gagnant ?
03:23Oui, enfin, Donald Trump vient de nous inventer une nouvelle fable de La Fontaine.
03:30On connaissait la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf.
03:33Et alors là, c'est étonnant, c'est le bœuf qui veut se faire aussi gros que la grenouille.
03:36C'est-à-dire que ça n'a aucun sens.
03:37Mais comme souvent avec Donald Trump, le bœuf, c'est Donald Trump.
03:40C'est quand même quelqu'un qui est à la tête d'un pays
03:43dont le PIB par habitant est six fois supérieur à celui de la Russie.
03:48Donc, il n'a pas de gage à donner à Vladimir Poutine.
03:51Il n'a pas à montrer ses muscles.
03:52On connaît les muscles des États-Unis d'Amérique.
03:55Donc, c'est étonnant.
03:56On a l'impression que le gros gaillard veut essayer d'impressionner quelqu'un
04:00qui n'est pas censé normalement, j'ai envie de dire,
04:03mettre en doute et en cause la puissance américaine.
04:06Donc, par cette démonstration de force,
04:08Donald Trump, en fait, nous montre qu'il en doute.
04:11En fait, qu'est-ce qui se passe ?
04:12C'est que l'apprenti dictateur Trump a pris une petite leçon
04:16par son maître qui est venu sur place lui donner un cours à domicile.
04:20Parce qu'en fait, il est fasciné.
04:21C'est quelqu'un qui montre ses muscles parce qu'il connaît ses propres faiblesses.
04:24Celle d'un gars, d'un type qui est admiratif de tous les régimes autoritaires,
04:30de tous les chefs d'État qui sont capables de tenir leur pays d'une main de fer.
04:36Il est admiratif de ça à Trump.
04:38Je vous interromps, Johan, pas anodin aussi.
04:40Au départ, il était prévu un tête-à-tête.
04:41Et finalement, chacun s'est retrouvé avec ses trois conseillers.
04:45Beaucoup disent, ah ben voilà, Trump redoute peut-être la capacité de Poutine
04:49à manipuler psychologiquement ses interlocuteurs aussi, non ?
04:53Ou plutôt ses conseillers.
04:55C'est plutôt ses conseillers qui redoutent que Donald Trump se laisse effectivement avoir.
04:59Et on a vu qui était le patron.
05:00Le patron, il est très clair.
05:01Ce n'est pas celui qui change de ligne et d'avis toutes les deux minutes.
05:05France vient d'en dire un mot.
05:08Quand Trump appelait Poutine au téléphone, après il disait que c'était Zelensky le méchant.
05:12On dirait les gamins à la cour de récré.
05:14Quand ensuite il avait Zelensky, il disait que c'était Trump qui était devenu fou.
05:16Après avoir dit que Poutine était devenu fou, il dit qu'il l'admire.
05:22Il y a quand même un problème de structure psychologique.
05:25Trump a donné un 10 sur 10 à sa rencontre.
05:27C'est ce qu'il a dit.
05:29Un 10 sur 10 à sa rencontre.
05:30Et vous avez vu qui était le patron.
05:31C'est celui qui a tenu sur les quelques minutes de conférences de presse.
05:35Il y en a un qui a tenu 8 minutes et l'autre qui a tenu 3 minutes 30.
05:388 minutes pour Poutine.
05:39Qui en plus s'est permis, pardonnez-moi, de menacer, évidemment avec un discours flotré,
05:44mais de menacer l'Europe en disant j'espère que les capitales européennes
05:46ne viendront pas se mettre en travers de l'accord qu'on est en train de conclure.
05:50Donc depuis les Etats-Unis d'Amérique qui sont censés être nos alliés,
05:53notre camarade Poutine se la joue, donneur de leçons au monde entier.
05:58Depuis les Etats-Unis d'Amérique qui sont censés être le rempart.
06:00On a bien compris que les Etats-Unis d'Amérique n'étaient plus le rempart,
06:03n'étaient peut-être même plus forcément des alliés
06:05et que peut-être un nouvel axe est en train de se décider.
06:08J'espère que la vieille Europe va vite se réveiller, très très vite.
06:13La vieille Europe va-t-elle se réveiller ou pas ?
06:16François-Olivier Gisbert ?
06:18Là Yoann met le point sur quelque chose de très important,
06:23c'est-à-dire que, contrairement à lui, lui il dit
06:26l'Europe, il faut qu'elle se réveille, elle va se réveiller.
06:30Le problème est qu'elle ne s'est toujours pas réveillée
06:32depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.
06:35Moi je pensais, je faisais partie des optimistes comme souvent,
06:39qui croyaient que ça créait un mouvement en Europe.
06:42Oui, ça a créé un peu un mouvement d'ailleurs du côté allemand,
06:45vous vous souvenez, avec le plan de réarmement absolument incroyable
06:49qu'avait fait le chancelier de l'époque, Scholz,
06:51et puis c'est poursuivi aujourd'hui d'ailleurs par Mertz.
06:53Mais sur le fond, j'ai l'impression qu'il n'y a pas grand-chose qui a avancé,
06:57sinon quand même, et ça c'est plutôt d'ailleurs l'effet Trump,
06:59plutôt que l'invasion russe de l'Ukraine,
07:03c'est l'effet Trump, c'est-à-dire le fait que l'Europe a travaillé un petit peu sur sa défense.
07:11Je veux dire, la France a toujours été le bon élève, pour une fois, dans cette affaire,
07:15comme d'ailleurs la Grande-Bretagne, mais enfin l'Allemagne s'y est dit,
07:18et puis bon, il y a encore des pays à la traîne, c'est d'ailleurs la honte,
07:21parce qu'il n'y a pratiquement pas de défense.
07:23Ces gens ne se reposent en fait que sur les États-Unis, c'est-à-dire sur l'OTAN,
07:28je pense à l'Espagne ou des pays comme ça,
07:30qui vont être obligés à un moment donné de faire des efforts.
07:34Et si vous voulez, le problème, ce que montre cette affaire,
07:37en fait, c'est l'incroyable faiblesse de l'Europe,
07:41qui est peut-être un géant économique,
07:43mais qui est un nain politique, et puis un nain militaire,
07:47et même si on voit bien qu'il y a quelque chose qui est peut-être en train de se faire
07:51à travers l'alliance qui se dessine entre l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne.
07:57Quelle leçon pour les Européens aussi ?
07:59C'est dire quoi ? Voilà, la loi du plus fort,
08:01c'est plus fort que le droit international aussi,
08:03Yoann Gillet ?
08:05Je ne sais pas en tout cas ce qui doit être très déboussolant pour nos concitoyens,
08:10c'est de se dire qu'aujourd'hui,
08:11on peut avoir un mandat d'arrêt international qui court contre nous
08:15et être reçu en grande pompe aux États-Unis d'Amérique.
08:17On peut déporter des enfants et on peut être reçu en grande pompe aux États-Unis d'Amérique.
08:20On peut envahir un territoire
08:22et être applaudi à trois reprises par Donald Trump,
08:24qui dit qu'il admire Vladimir Putin.
08:26Ça doit faire vraiment très très drôle à tous nos concitoyens,
08:29auxquels on rappelle en permanence la nécessité de respecter l'État de droit.
08:33Je crois qu'effectivement, on est pris en étau,
08:37parce que quand on a des tyrans au pouvoir, forcément ça rebat les cartes.
08:40Au moment où on devrait se concentrer sur la manière dont on préserve notre planète,
08:42on est en train de voir comment est-ce qu'on va pouvoir rentrer dans le concours
08:45de celui qui a la plus grosse capacité nucléaire.
08:50En l'occurrence, comme l'ont dit les commentateurs depuis toute la nuit
08:53sur les chaînes d'information continue,
08:57à partir du moment où vous dépassez les 5000 ogives nucléaires,
09:01vous rentrez dans le club des puissants qui peuvent discuter.
09:03Ce qui va m'intéresser surtout, parce que là l'Europe a un gros travail à faire,
09:07il ne faut pas qu'elle lâche évidemment son éthique, celle qui fait sa grandeur,
09:10c'est-à-dire celle des droits de l'homme, de l'universalité des droits.
09:14Ça c'est quelque chose de très important,
09:15mais il va falloir qu'elle se donne les moyens,
09:17parce que les mots malheureusement ne peuvent pas suffire,
09:20il faut évidemment avoir les moyens.
09:21Ce qui m'intéresse c'est de voir quelle est la nature de ce deal,
09:23dont on ne sait absolument rien pour l'instant,
09:25et de voir aussi comment la Chine va regarder ça.
09:27Parce que n'oublions pas que la Chine est quand même en compétition
09:29avec les Etats-Unis d'Amérique,
09:30et elle va voir quand même comment est-ce que Vladimir Poutine gère ses affaires.
09:33À un moment donné, ils mettront aussi la pression sur Poutine,
09:35s'ils voient que leurs nouveaux partenaires économiques principaux,
09:39ce sont les Américains.
09:39Donc là, c'est en fait malheureusement la Chine
09:42qui va aussi jouer un peu le rôle d'Arbine dans cette affaire.
09:44François-Livier et Gisbert, il faut le réagir par rapport à la Chine.
09:47Vous êtes avec nous, François ?
09:49Oui, oui, oui, je suis avec nous.
09:52Oui, par rapport à la Chine.
09:53Alors, oui, évidemment, de toute façon,
09:57cette affaire concerne absolument tout le monde, c'est clair.
10:01Et donc, effectivement, la Chine comme les autres.
10:04Mais moi, je veux revenir sur l'Europe,
10:06parce que ce sommet, de toute façon,
10:09il y a quand même un point de départ à dire.
10:14Moi, je suis pour la paix, évidemment.
10:15Tout le monde est pour la paix.
10:16Je souhaite la fin de cette guerre.
10:18Cette guerre, il ne faut quand même pas oublier.
10:20Je pense qu'on ne le dit pas assez,
10:21parce que c'est vrai que les Français,
10:23avec les filles, surtout les yeux tournés vers d'autres conflits.
10:27Mais cette guerre, c'est quand même
10:29mille personnes mortes et blessées dans chaque camp,
10:31du côté ukrainien comme du côté russe.
10:34Les Ukrainiens ont montré à cette occasion
10:37que c'était un pays, c'est-à-dire qu'il y avait un vrai patriotisme.
10:41Et bon, c'est un peuple qui s'est montré
10:44extrêmement courageux dans cette affaire.
10:46Et c'est vrai qu'aujourd'hui,
10:47je quitte évidemment la sphère de la Chine.
10:53Ce qui me préoccupe plutôt, c'est l'Ukraine.
10:57C'est-à-dire que nous avons donné des bonnes paroles,
11:01nous allons continuer à distribuer des bonnes paroles.
11:04Mais le problème, c'est que c'est un pays
11:05qui aujourd'hui va se sentir abandonné
11:08et que nous faisons semblant de soutenir.
11:10Et que nous soutenons, comme d'habitude, d'une main molle.
11:13Parce que l'Europe, elle a la main molle.
11:15C'est quand même ça le fond de l'affaire.
11:17Et je pense que là-dessus,
11:19il y a quand même un rendez-vous des Européens
11:21avec l'histoire.
11:22C'est-à-dire, il faut peut-être arrêter...
11:25Si vous voulez, on revient toujours à la même chose.
11:28C'est-à-dire, si vous voulez, la paix,
11:30c'est toujours le même slogan de...
11:32Reprenez Reagan, Ronald Reagan,
11:34qui est le soi-disant le père spirituel de Donald Trump,
11:37s'il n'a rien à voir,
11:38c'était toujours l'affaire à travers la force.
11:40Peace through strength.
11:42Et c'est ce slogan-là
11:44qui est totalement abandonné par Trump.
11:46Ça, c'est clair.
11:47Puisque, comme on l'a dit,
11:49il a pris le parti de Poutine
11:51un peu contre Zelensky.
11:52Et puis maintenant, il faut faire avaler la pilule à Zelensky.
11:54C'est en ce moment, aujourd'hui,
11:56que Zelensky a besoin plus que jamais de l'Europe.
11:59Et on va voir s'il y a des gens qui sont aujourd'hui en Europe.
12:02Et moi, là-dessus, je pense que j'ai des doutes.
12:04Oui, vous avez des doutes.
12:05Pour terminer, très rapidement, Reagan.
12:07Oui, le nouveau slogan de Trump, c'est très simple.
12:10C'est « Make Russia great again ».
12:11C'est tout.
12:12C'est tout.
12:12Il l'avait quelque part promis.
12:14Il joue, justement, la démonstration de force
12:16pour mieux installer Vladimir Poutine.
12:19Il fait semblant d'avoir les bras durs
12:20pour, en fait, remettre dans le concert des nations
12:22la Russie dont il a besoin
12:23pour aussi ses petites ambitions personnelles.
12:26C'est malheureux, c'est terrible.
12:27Et Poutine est en train de réussir son pari
12:29au moment où son économie était en train de craquer.
12:31En tout cas, grand, si soit-il.
12:33Grand merci, Yohann Gillet.
12:35Grand merci, France, Olivier, Gisbert.
12:38Et à samedi prochain, si vous le voulez bien.
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