- il y a 5 mois
Les routes de l'été avec Justin Bunay, créateur du projet “Bystro itinérant” pour sillonner les villages du Haut-Doubs et Benoit Hennard, maire de Quittebeuf dans l’Eure
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NewsTranscription
00:00Sur les routes de l'été, Sud Radio vous écoute.
00:04On va parler dans quelques minutes, si tout va bien, d'un maire incroyable, maire bricoleur.
00:09On se sera du côté de Quidbeuf dans l'heure, un village de 672 hommes.
00:14Hommes, pardon, non pas hommes parce qu'il y a aussi des femmes.
00:17Mais on va aussi parler d'une autre initiative, celle de Justin Bunet qui a créé un concept original, un bistrot itinérant.
00:25Autant dire que pour créer du lien dans les villages, ces services de proximité et ces commerces sont essentiels, Clément Barguin.
00:32Oui, selon le premier baromètre de la proximité rurale publié en 2024,
00:36près de deux habitants sur trois n'ont pas de commerce alimentaire dans leur commune.
00:40Résultat, 98% possèdent une voiture pour se déplacer.
00:44Et il faut en moyenne 12 minutes pour atteindre un supermarché, plus de 20 minutes pour certains.
00:4982% des habitants des petites communes affirment aimer y vivre.
00:53Mais les commerces de proximité restent une priorité.
00:5686% estiment qu'ils sont essentiels à la vie sociale et économique des villages.
01:01Une occasion aussi de créer du lien social.
01:04Seulement un peu plus d'un tiers des Français qui vivent dans des communes de moins de 1500 habitants
01:09disent ne parler qu'à un seul voisin.
01:11Alors face à ce constat, les initiatives se multiplient.
01:14Avec des superettes autonomes, des bistrots itinérants pour ramener de la vie dans les villages.
01:19Et puis d'ailleurs nous aussi sur Sud Radio nous sommes très impliqués et on est évidemment très conscients de l'importance des commerces.
01:25On fait le tour des commerces d'ailleurs avec le réseau des chambres de commerce et d'industrie appelé la CCI tout l'été
01:31avec des rendez-vous que l'on vous donne par exemple aux alentours de 8h moins le quart, entre 7h40 et 7h45
01:36pour rencontrer des commerces qui sont d'ailleurs primés par cette grande opération.
01:42Tiens, puisqu'on parle de commerce, on va y aller tout de suite et je vais vous demander, vous qui nous écoutez sur Sud Radio au 0826 300 300
01:49puisque Zach vous attend au standard de Sud Radio de venir nous raconter comment vit votre village.
01:54Est-ce que vous avez vu où votre petite ville, votre petite ville, le bourg ou la grande ville, des quartiers ?
01:59Est-ce que vous avez vu des quartiers, des villes, des villages renaître grâce à ces commerces ?
02:03Vous n'hésitez pas, vous nous appelez au 0826 300 300 pour apporter votre témoignage.
02:09Sud Radio vous écoute, donne la parole ce matin à un maire d'un village de 672 âmes.
02:15C'est un maire pas comme les autres, il est retraité, il est hyperactif surtout, il achète, retape et reloue des commerces
02:21pour redonner vie à son village, c'est notre invité et vous allez aussi pouvoir le rencontrer.
02:27Benoît Hénard, bonjour.
02:30Bonjour.
02:31Merci d'être avec nous.
02:32D'où vient cette envie, cette détermination ?
02:34Pourquoi vous vous êtes lancé dans le fait de faire revivre, d'acheter, de retaper vous-même des commerces
02:39pour votre commune de Quittebœuf dans l'heure ?
02:42Ben oui, comme votre village, que les commerces, en 10 ans de temps, on perd nos 5 commerces qui restaient
02:49et on s'aperçoit que notre village va devenir un village dortoir.
02:54Là, on se dit, il est temps de se réveiller, de dire, il faut faire quelque chose.
02:58Et faire quelque chose, c'est très difficile quand la commune ne possède aucun local pour accueillir quoi que ce soit comme commerce.
03:05C'est difficile.
03:05Donc, il faut essayer de, soit investir personnellement, comme j'ai fait, ou la commune investit.
03:13À l'époque, la commune n'avait pas les moyens d'acheter un ensemble oublié pour pouvoir accueillir des commerces.
03:20Donc, c'est ce que j'ai fait, moi, personnellement.
03:22Et que j'ai restauré, moi-même, avec moi, ma famille de l'aide d'habitants, le vœu.
03:27Et ça a permis de faire revivre le village.
03:33En 15 ans, vous avez, c'est juste pour donner un peu une idée quand même, de l'homme incroyable que vous êtes.
03:38Alors, j'imagine que vous êtes aidé également.
03:39Vous ne faites pas tout tout seul, mais vous avez racheté une boulangerie, une boucherie, une pizzeria.
03:43Maintenant, le bar, la...
03:45Je ne sais pas comment dire, la Tnaille ?
03:48La Tnaille, c'est la Tnaille, c'est ça ?
03:49La Tnaille, oui, ça c'est...
03:51Je vais très, très direct, parce que vous savez qu'on parle vrai sur Sud Radio.
03:55Vous l'achetez avec vos propres deniers.
03:58Mais vous êtes si riche que ça, ou malheureusement, comme le foncier est tombé, ça coûte moins cher ?
04:03Ben, j'ai fait un emprunt.
04:06J'ai fait un emprunt sur 20 ans pour pouvoir acheter l'ensemble des bâtiments et pouvoir restaurer.
04:14Waouh !
04:14À la base, vous êtes menuisier.
04:15J'imagine que ça vous aide aussi.
04:17Je suis menuisier d'agencement, donc j'ai la chance, pour moi, de connaître tous les métiers du bâtiment
04:21et pouvoir les réaliser.
04:23Donc, ça me permet de faire les plans et réaliser les travaux.
04:26Donc, ça, c'est quand même un gros avantage pour moi et pour la commune aussi,
04:31parce qu'en tant que maire, c'est moi qui fais tous les dépannages de la commune.
04:35J'interviens à tous les travaux qui font une bonne partie des travaux.
04:38Ça permet de faire des économies pour la commune et puis ça permet d'avoir des économies
04:44qui sont faites sur le compte de la commune, d'investir pour faire d'autres travaux, pour accueillir d'autres commerces.
04:49Qui te boeuf dans leur Q-U-I-2-T-E-B-E-U-F ?
04:54Depuis 15 ans que vous avez racheté des commerces, que vous avez retapé, d'ailleurs, qui les tient ensuite ?
05:00C'est-à-dire que vous faites appel, un petit peu comme sauvons nos villages et des gens qui changent de métier, qui viennent s'installer ?
05:06Alors, ce qui se passe, c'est que des fois, il y a des personnes qui viennent me voir et qui disent
05:08« Oh, on aimerait bien s'installer dans ta commune. »
05:10Je dis « D'accord, il vous faut quoi comme grandeur, comme local ? »
05:13« Tant de mètre carré ? »
05:15« Bon, pour telle profession, c'est moi qui fais des plans par rapport à la profession qui a été exercée. »
05:22Et suite à ça, on les installe dedans.
05:26Depuis 15 ans, vous avez commencé à faire revivre votre village, Benoît Hénard, avec juste du très bon sens, évidemment du savoir-faire, ça c'est clair.
05:34Et puis sans doute des gens qui vous aident. D'ailleurs, êtes-vous aidé ?
05:37Oui, oui, oui. Je suis très aidé par ma famille. Et puis il y a des habitants aussi qui ne l'hésitent pas à tenir un coup de main quand j'ai besoin d'un coup de main.
05:48Quel est le regard des habitants de la commune qui ont vu leur village du coup renaître grâce à votre initiative ?
05:57Les gens sont contents. Rien qu'avoir une boulangerie, ils n'ont pas besoin de prendre leur voiture pour aller chercher le pain.
06:02Ça permet d'avoir un lieu de rencontre. Et puis le bar, l'épicerie, les gens sont contents parce qu'ils peuvent prendre leur café.
06:11Ils viennent jouer à la franchise des jeux. On a mis un jeu de fléchettes. Les gens sont passionnés à la fléchette, donc ils viennent jouer à la fléchette.
06:19Donc c'est un lieu de rencontre. Et c'est très important. Parce que quand il n'y a plus de commerce, il n'y a plus de lieu de rencontre.
06:27Et puis chacun se rend chez eux et c'est triste.
06:30Il y a des gens évidemment sur la page Facebook de Sud Radio. Vous le savez, pour les routes de l'été également, on a Béatrice qui est revenue.
06:37Brigitte aussi qui est là. Fréquence qui dit qu'il faut absolument faire revivre les villages qui sont trop délaissés depuis plusieurs années, notamment dans le sud-ouest.
06:46Je voudrais d'ailleurs, vous savez, j'ai ouvert le standard, vous pouvez venir nous raconter comment votre village soit est peut-être en train malheureusement de mourir entre guillemets
06:53parce qu'il n'y a plus de commerce, soit au contraire, il y a des commerces qui se réinstallent.
06:57Mais on va accueillir Sarah qui veut réagir d'ailleurs sur ce sujet. Restez bien avec nous, Benoît Hénard, car nous allons continuer de parler de ces commerces
07:04que vous faites revivre avec, entre autres, le dernier en date, le fameux café. Bonjour Sarah.
07:09Bonjour, bonjour à toute l'équipe.
07:11Vous êtes dans le Gard, vous.
07:13Oui, je suis dans le Gard et je suis très impressionnée par ce que dit M. Hénard, parce que c'est vraiment formidable ce qu'il fait.
07:19C'est le problème. Ici dans le Gard, je suis dans un village et c'est un gros village. On a 6 000 habitants et j'ai vu le village grossir, etc.
07:25Mais je vois tout le temps les services de l'État qui se désengagent. Je vois les commissariats qui ferment, la poste, la poste est de moins en moins ouverte et on dit qu'elle va fermer.
07:35Et ça, c'est assez dramatique parce que pour le tissu local, pour tout ce dont disait M. Hénard d'ailleurs, et pour le tissu local, c'est fondamental.
07:42L'État n'entend pas, les citoyens, on passe notre temps à dire qu'on a besoin de services de proximité et tout ferme.
07:49Les écoles ferment, les postes ferment, les médecins disparaissent.
07:52Nous, il y a une vraie volonté de notre maire qui a fait installer une maison médicalisée, mais ça a été 4 ans de travail.
07:57Il a fait un travail remarquable.
07:59Et là, je passais par le Morvan en voiture et je voyais tout fermer.
08:03Parce que nous, encore, on est au sud, on a de la chance, mais il y a des villages complètement déshérités.
08:07Il n'y a même plus un tabac, il n'y a même plus un... On parlait du bar tout à l'heure, c'est exactement ça.
08:11Le bar, c'est un lieu fondamental. Le bar et l'école.
08:14Si vous fermez le bar, l'école et la poste, il y a des personnes âgées qui ont des comptes à la poste,
08:18elles peuvent partir de l'argent, comme elles font.
08:20Vous avez raison, Sarah. Je ne sais pas, M. le maire, Benoît Hénard, vous voulez réagir également au témoignage ?
08:26Oui, je veux réagir justement concernant la poste.
08:28Nous, en 2009, le responsable de la poste est venu nous voir en disant
08:32soit que la commune reprend la poste en faisant une agence postale communale,
08:38ou soit qu'il n'y a plus de poste du tout dans le village.
08:41Donc, le choix a été vite fait.
08:43J'ai bien ouvert de l'agence postale communale.
08:46Certes, on a obligé de mettre un agent qui est payé par la commune.
08:50Bon, on a une aide financière par la poste, mais c'est vrai que c'est des engagements.
08:55On voit tout disparaître.
08:57Et c'est vrai que si la commune n'est pas acceptée de prendre une agence postale communale,
09:02aujourd'hui, on n'aura plus de poste.
09:04Vos, chez vous, Sarah, vous avez perdu beaucoup aussi de services publics,
09:09et on sait que les services publics sont aussi, je ne vais pas dire attirants pour les commerces,
09:12mais s'il n'y a plus de services publics dans un village ou un bourg comme le vôtre de 6 000 habitants,
09:16les commerces vont mourir petit à petit,
09:18parce que les habitants vont aller ou dans les grandes zones commerciales qui sont à 10 ou 15 kilomètres,
09:22ou tout à fait ailleurs.
09:23Bien sûr, bien sûr, absolument.
09:25Non, non, mais ça, vous avez raison, c'est dramatique.
09:27Mais voilà, la poste, il réduit ses horaires progressivement jusqu'à les fermés.
09:31Et le plus terrible, c'est quand vous perdez des écoles.
09:33Quand vous commencez à perdre des écoles, vous commencez à perdre ce genre de services,
09:38les gens ne viennent plus.
09:38Et puis, il y a un autre problème par rapport aux villes,
09:40c'est que les villes, les centres-villes sont de plus en plus fermés aux voitures.
09:44Et pour la ruralité, c'est dramatique,
09:45parce que comment vous faites pour aller dans une ville si vous ne pouvez pas vous garer ?
09:48Et si on vous interdit progressivement, par exemple,
09:50chez nous, il y a le centre de ville de Nîmes,
09:52il faut prendre un tram.
09:53Donc, vous pouvez vous garer là où il y a le tram et prendre le tram.
09:56Vous vous rendez compte, quand c'est des personnages avec des fauteuils roulants,
09:59des enfants, ce n'est pas pratique du tout.
10:01Donc là, il y a vraiment quelque chose à faire sur l'interaction
10:03entre les petits villages et les villes.
10:06Et si on continue à interdire le stationnement partout,
10:08je ne sais pas ce qui va se passer.
10:10Mais monsieur le maire ?
10:12Oui, alors, je suis tout à fait d'accord avec la dame.
10:15Les nouveaux architectes de centre-ville,
10:18ils privilègent le piéton,
10:20mais sauf que le piéton, avant qu'il soit le piéton,
10:21il vient en voiture.
10:23Et les personnes ne vont pas faire 100 mètres à pied pour aller chercher le pain.
10:26Ils veulent se garer au pied de la boulangerie,
10:28voire rentrer dans la boulangerie s'ils pouvaient.
10:30Donc, le parking est essentiel pour la vie des commerces.
10:34S'il n'y a pas de parking au pied des commerçants,
10:36c'est la mort des commerces.
10:37Et ça, les architectes des villes ne comprennent pas ça.
10:42Eux, ils veulent voir la déco partout,
10:44sauf que les gens, ils se déplacent en voiture,
10:46ils ne sont pas tous à pied.
10:48Surtout en ruralité en plus.
10:49Et puis, nous, j'ai la chance sur Sud Radio,
10:51depuis l'année 2014, 2015 exactement,
10:54d'animer des émissions sur l'automobile.
10:56Et en l'occurrence, tous les samedis,
10:57vous m'en trouvez avec Jean-Luc Moreau
10:59de 10h à 12h.
11:01On parle auto, et effectivement,
11:03c'est quelque chose qu'on a vu énormément changer
11:05parce qu'on est en train d'enlever la voiture
11:08de la vie des gens
11:09sans penser qu'il y a des gens
11:10qui ne peuvent pas faire autrement.
11:12Et c'est vraiment dramatique,
11:13y compris pour le commerce, l'économie du pays,
11:16la filière automobile, évidemment,
11:17qui en souffre beaucoup, etc.
11:19En tout cas, Sarah, je voulais vous remercier
11:21parce que, déjà, d'avoir fait le 0826 300 300
11:24pour venir donner votre avis,
11:25vous avez bien fait.
11:26Et puis, surtout, pour ce bon sens également
11:28que vous avez partagé avec nous sur Sud Radio.
11:31Merci à tous, et bonne journée.
11:33Bonne journée.
11:33Benoît, on va accueillir en même temps.
11:36On va lui dire bonjour maintenant,
11:38si vous le voulez bien, Benoît,
11:38parce qu'il y a un jeune homme, lui aussi,
11:40qui a recréé,
11:43en tout cas, qui crée un commerce un peu itinérant.
11:45On va lui dire bonjour,
11:46on fait une pause
11:46et on se retrouve tous les trois dans quelques instants.
11:48Bonjour, Justin Bunet.
11:50Bonjour.
11:51Créateur du projet Bistro Itinérant.
11:54Et vous, vous sillonnez les villages du Haut-Douf.
11:57Voilà, tout à fait.
11:59Alors, ce que je vous propose, Justin,
12:00c'est de nous dire dans quelques instants
12:02pourquoi vous avez fait ça,
12:03d'échanger aussi avec M. le maire de Kitbeuf.
12:05Et on reviendra sur son bistrot aussi,
12:06qu'il a ouvert dernièrement.
12:08Qu'est-ce que ça apporte aussi,
12:10ce type de commerce,
12:11le fameux bistrot à la française,
12:12qu'il soit itinérant ou pas.
12:14Allez, viens, on va boire un coup au bar.
12:15On peut même juste aller prendre un jus de citron,
12:17il n'y a pas de souci,
12:18ou le café du matin.
12:19Ça, c'est quand même le patrimoine français aussi.
12:21Et vous, vous en pensez quoi ?
12:23Est-ce que les bars vous manquent dans vos communes ?
12:25Est-ce que vous aimeriez qu'ils renaissent ?
12:27Restez avec nous et appelez-nous pour nous en parler.
12:300826 300 300.
12:32Sud Radio.
12:33Sur les routes de l'été,
12:35Sud Radio vous écoute.
12:37Et on écoute évidemment ses expériences de vie,
12:39et en l'occurrence,
12:41celle de Benoît Hénard,
12:42maître de...
12:42Je ne vais pas y arriver,
12:43j'ai envie de retourner à l'école, moi, en ce moment.
12:46Maire de Kitbeuf, dans l'heure,
12:48qui rachète, avec ses propres deniers,
12:52des endroits.
12:52Il en fait des commerces
12:54pour faire revivre son village de 672 habitants.
12:57Et puis nous sommes aussi avec Justin Bunet
12:59qui a pris un projet
13:01qui s'appelle Bistro Itinérant,
13:03qui permet de sillonner les villages du Haut-Doux,
13:05qui est un département d'une beauté insolente,
13:08également, comme l'Aveyron,
13:09comme beaucoup d'autres.
13:10Et puis vous,
13:11au 0826 300 300,
13:13ou sur la page Facebook de Sud Radio,
13:15dites-nous comment vit votre village ?
13:17Est-ce qu'il est en train de mourir
13:17parce que les commerces sont fermés ?
13:19L'importance des cafés aussi,
13:21l'importance des bars
13:22dans notre vie sociale,
13:23notre patrimoine français.
13:25On a évidemment Fréquence Évasion
13:27qui nous dit
13:27les bars et toute autre initiative
13:29apportent de la vie
13:30et sont les bienvenus.
13:32Justin Bunet, je vous ai dit bonjour
13:33juste avant la pause.
13:35Ce projet Bistro Itinérant
13:37pour sillonner les villages du Haut-Doux,
13:39ça vous est venu comment ?
13:40Moi, je trouve que l'idée
13:40est absolument magnifique.
13:43Merci.
13:45En fait, l'idée,
13:46c'est pendant le confinement,
13:48j'ai vu un reportage
13:49je suis un monsieur dans une région
13:50du centre de la France
13:52qui faisait ça
13:53et j'ai toujours dit
13:55à mes proches
13:56qu'à 40 ans,
13:58je ferai ma crise de la quarantaine
13:59et je racheterai un bar-restaurant
14:00dans un petit village.
14:02Et puis, j'ai eu 30 ans
14:03au mois de décembre
14:04et je me suis dit
14:04c'est l'occasion.
14:07Pourquoi attendre ?
14:08Voilà, pourquoi attendre ?
14:09Donc, c'est l'occasion.
14:10Je me lance,
14:12je crée mon bistro itinérant
14:14et donc, voilà,
14:16le but vraiment,
14:17c'est d'aller dans les villages
14:18où il n'y a plus de bars,
14:19plus de restaurants
14:20et de s'installer
14:21sur les places de villages
14:22et de recréer du lien social
14:24entre les gens.
14:26Voilà,
14:26en vendant des produits locaux,
14:29de la bière locale,
14:30du vin
14:30et des softs locaux.
14:33Mais le but,
14:34l'objectif principal,
14:35c'est vraiment de recréer
14:36du lien entre les gens.
14:37Voilà,
14:37et alors,
14:37c'est très joli,
14:38on tape bistro itinérant.
14:40Alors, attention,
14:41pour l'orthographe de bistro,
14:43c'est B-Y-S-T-R-O,
14:45un bar itinérant
14:46en Franche-Comté.
14:47Il est très joli,
14:49ce bar.
14:49Vous allez nous expliquer
14:50c'est quoi ?
14:50C'est une ancienne caravane
14:51que vous avez améliorée,
14:53reconstruée,
14:53vous l'avez redessinée.
14:55Comment ça s'est fait ?
14:56Alors,
14:57du coup,
14:58le projet,
14:59il est vraiment
15:00en cours de création.
15:01Pour l'instant,
15:02il va démarrer à la rentrée.
15:03D'accord.
15:04Mais effectivement,
15:05c'est une petite remorque
15:06aménagée.
15:07C'est assez simple,
15:09en fait.
15:09C'est beau.
15:10Franchement,
15:10c'est très joli.
15:11Voilà.
15:13Donc,
15:14le but,
15:14c'est vraiment
15:14que ça soit aussi facile
15:16d'accès,
15:18pas de venir
15:18avec un gros camion.
15:20Le but,
15:20c'est vraiment
15:20que le bar
15:22soit l'outil,
15:23en fait,
15:24pour que les gens
15:25puissent se reparler
15:27parce qu'effectivement,
15:29s'il n'y a plus rien
15:30dans le village,
15:30c'est compliqué
15:31d'aller voir ses voisins.
15:33C'est compliqué aussi
15:33pour les personnes
15:35arrivant dans les villages
15:36de créer du lien social
15:38avec les autres personnes
15:39s'il n'y a rien
15:40dans le village.
15:41Donc,
15:41le but,
15:42c'est vraiment
15:42l'objectif,
15:43c'est recréer
15:43du lien social
15:44avec les gens.
15:45Alors,
15:45on parle beaucoup
15:45de villages
15:46et on est aussi,
15:47Justin,
15:47en compagnie de Benoît Hénard,
15:48mais je peux vous dire
15:49que même dans certaines communes,
15:51même y compris
15:52en Ile-de-France,
15:53certaines communes
15:54n'ont plus un seul café.
15:56Et même dans certaines communes,
15:57même en Ile-de-France,
15:59il y a de moins en moins
15:59de commerce.
16:00C'est quand même
16:01assez incroyable.
16:01Benoît Hénard,
16:02je vais profiter
16:03de la venue
16:04de Justin Bunet
16:05avec son projet
16:06Bistro itinérant.
16:07Vous aurez même
16:07des petites tables,
16:08il y a de petites chaises,
16:09les gens vont pouvoir
16:09s'asseoir un peu
16:10façon guinguette,
16:12ça va être très sympa.
16:13C'est ça,
16:14tout à fait.
16:14Benoît Hénard,
16:15vous,
16:15vous avez racheté,
16:16c'est votre dernier achat
16:17d'ailleurs,
16:18un bar qui s'appelle
16:19la TNAI,
16:19T'apostrophe N-A-I-2-L-E-E,
16:22la TNAI,
16:23on se tient.
16:24C'était important,
16:25le bar ?
16:27Ah ben,
16:27c'est très important.
16:28C'est quand il a fermé
16:29au mois de novembre dernier,
16:33comment dire,
16:34les gens réclamaient,
16:35en disant,
16:36c'est dommage,
16:37on peut se retrouver
16:37autour d'un café,
16:38tout ça.
16:39Donc,
16:40c'est impératif
16:40qu'il roule au public.
16:43Donc,
16:44on a refait
16:46tout l'aménagement intérieur,
16:48la déco,
16:48tout.
16:48Et puis,
16:49les gens sont ravis
16:51qu'on a rouvert ça
16:52le 5 juillet.
16:53Le 5 ?
16:55Le 5 juillet.
16:56Ah,
16:56le 5 juillet,
16:57et ça y va.
16:57C'est pourtant la période
16:58des vacances,
16:59et vous avez déjà
16:59beaucoup de clients
17:00qui viennent ?
17:01Ah oui,
17:02il y a déjà
17:02des gens qui viennent,
17:04et surtout qu'on a
17:05la française des jeux,
17:06on a les jeux de cléchettes
17:07que les gens apprécient beaucoup.
17:09Il y a des habitants,
17:10ils disent,
17:10ah,
17:10ça serait bien
17:11qu'ils fassent
17:11un terrain de pétanque.
17:12Il n'y a pas de problème.
17:13Une semaine après,
17:14le terrain de pétanque
17:14a été fait.
17:16Donc,
17:16au moins,
17:16les gens se retrouvent
17:17autour d'une pétanque,
17:19d'une bière,
17:20et ils sont commentés ravis.
17:21Et moi,
17:21je vais venir habiter
17:22à qui de bœuf ?
17:23Pas de problème,
17:24il est bienvenu.
17:25On va demander à Patrick
17:26si on peut mettre un studio.
17:28Patrick,
17:28c'est notre bosse
17:28à Sud Radio.
17:30Très sincèrement,
17:31en fait,
17:31vous, Justin,
17:32est-ce que vous avez déjà
17:33prévu votre itinéraire ?
17:35Vous avez dû prendre contact
17:36avec les mairies ?
17:36Est-ce que j'imagine
17:37que vous ne pouvez pas
17:37vous installer
17:38sans avoir l'autorisation
17:40de le faire
17:40par la commune ?
17:42Oui,
17:43tout à fait.
17:43J'ai démarché
17:45les mairies.
17:46Il y en a déjà deux
17:47qui m'ont répondu
17:48favorablement
17:50en me disant
17:51qu'ils me veulent
17:52une fois par semaine.
17:54Donc,
17:55ça,
17:55c'est vraiment top.
17:56Et puis,
17:57le but aussi,
17:58ce n'est pas que
17:59d'aller dans les villages,
18:00c'est aussi d'aller
18:00dans les EHPAD
18:01ou dans les centres
18:01de rééducation.
18:03Pareil,
18:04encore une fois,
18:05pour recréer
18:06du lien social
18:06entre les résidents
18:07et puis aussi
18:08pour avoir un espace
18:09convivial
18:10où les familles
18:11puissent se retrouver
18:12avec les résidents
18:14et puis partager
18:15un moment agréable.
18:18À vous deux,
18:19Justin,
18:19Benoît
18:20et tous ceux
18:20qui réouvrent
18:21des cafés,
18:22des commerces.
18:23Vous faites quand même
18:24un acte très sociétal,
18:26très social
18:26parce qu'effectivement,
18:28on a l'impression
18:29qu'on ne se regarde plus
18:30ou on se connaît moins.
18:31Benoît,
18:32alors que je me souviens
18:33de ma grand-mère
18:33qui est partie en 2020
18:34à l'âge de 106 ans,
18:36elle me racontait
18:36qu'avant la télé,
18:38avant que tout ça existe,
18:39eh bien tous les soirs,
18:40ils se retrouvaient
18:41dans le village,
18:42dans l'une des maisons
18:43qui étaient là,
18:44hiver comme été
18:44et ils partageaient
18:46des moments.
18:46Alors elle me disait
18:47à l'époque,
18:47on est en 1920-1925,
18:49les gens,
18:50les garçons jouaient
18:50à la carte,
18:51jouaient aux cartes
18:51et les filles tricotaient
18:52au pied de la cheminée
18:53quand il faisait froid.
18:54Il y avait un lien
18:55qui est dommageablement
18:57oublié aujourd'hui
18:58selon vous ?
19:00Ben de toute façon,
19:02avant dans mon village,
19:03on avait quatre bars
19:04donc ça fonctionnait
19:05hyper bien.
19:06Et c'est vrai
19:08que les personnes
19:08prenaient l'apéritif
19:09au bar,
19:10jamais ils n'auraient
19:10pris l'apéritif
19:11chez eux.
19:12Donc il y avait vraiment
19:13une courrierité absolue.
19:15Et c'est vrai
19:16que les bars ont fermé
19:17les uns après les autres
19:17parce que bon,
19:19les gens,
19:20ben la nuit des gens
19:21ont changé
19:22et ce qui est dommage.
19:24Et en même temps,
19:24c'est comme ça
19:24qu'on en est arrivé
19:25que tous les bars ont fermé.
19:26En même temps,
19:27on a l'impression
19:27que les gens sont
19:27de plus en plus demandeurs.
19:29Au-delà de demander,
19:30mais ont besoin
19:31de recréer ce lien social,
19:32de se retrouver.
19:33Oui.
19:33les gens ont besoin
19:36de retourner
19:36dans les petits commerçants.
19:37Ils ont compris
19:38que le petit commerçant,
19:39c'était beaucoup plus agréable
19:42de pouvoir discuter
19:43avec le commerçant
19:44que d'ailleurs
19:45quand c'est un marché
19:46qui n'a aucun contact
19:48direct.
19:48Vous avez une école
20:00dans votre village
20:00de 672 habitants ?
20:02Oui, oui.
20:02J'ai une école, oui.
20:03École primaire,
20:04j'imagine,
20:05maternelle et primaire ?
20:06Oui.
20:07J'ai une école
20:08du scotien 2
20:09et puis même
20:10dans mon village,
20:11j'ai fait venir
20:11un cabinet d'infirmiers,
20:13j'ai un médecin,
20:14une sache-femme.
20:15j'ai plein de prestations
20:19et puis les gens
20:20m'appellent
20:21pour venir
20:21s'installer dans ma commune
20:22donc ça,
20:22ça fait plaisir
20:23parce qu'un commerce
20:24attire l'autre.
20:26Et vous,
20:27à Kitbeuf,
20:27est-ce que vous avez
20:28la sensation
20:28que le nombre d'habitants
20:29est en train d'augmenter ?
20:32Oui, ça augmente.
20:33J'ai des constructions.
20:35En moyenne,
20:36j'ai 4 à 5 maisons
20:37par an
20:37qui sont construites
20:38et les maisons
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