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  • il y a 7 mois
Dans un contexte de crise de l’accès aux soins et de tensions politiques, le Dr Kilian Thomas, président du syndicat RéAGJIR, plaide pour une médecine générale mieux représentée et plus ancrée dans la réalité du terrain. Dans sa Consult’, il revient sur le manque de reconnaissance des remplaçants, les limites d’un système sous pression, et les leviers à activer pour en sortir.

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Transcription
00:00Vous êtes un peu des corporatistes, il faut que vous fassiez plus, toujours plus,
00:04alors qu'on sait très bien qu'on travaille déjà beaucoup.
00:14C'est un syndicat qui représente du coup les jeunes médecins généralistes installés de moins de 5 ans,
00:21les remplaçants et les jeunes universitaires.
00:25Les remplaçants ne sont pas forcément très représentés par les syndicats.
00:29Ils ne sont pas installés parce que forcément nous n'avons pas les mêmes intérêts.
00:33L'assurance maladie a ses intérêts aussi là-dessus.
00:37Eux, ils veulent des médecins installés, donc il était essentiel pour nous de promouvoir les remplaçants.
00:44Rôle dans le système de soins, notamment pour la continuité des soins.
00:48Ce rôle de remplaçant, il est aussi essentiel pour la bonne santé des installés
00:53qui ont besoin de remplaçants lorsqu'ils partent en congé ou quand ils tombent malades.
00:59Pour les remplaçants, nous sommes toujours en attente du résultat du Conseil d'État
01:04suite à notre recours pour permettre aux remplaçants d'être conventionnés avec l'assurance maladie.
01:11Ils permettraient notamment d'accéder à des droits de formation supplémentaires, notamment le DPC.
01:17Pour nos jeunes collègues qui vont potentiellement avoir des enfants,
01:22leur permettre d'avoir une meilleure protection lors des congés maternités.
01:25Comme beaucoup de gens de ma génération, on ne passe pas notre thèse avant la fin de notre internat,
01:35ce qui devrait être modifié avec la quatrième année.
01:38Forcément, lorsqu'on n'est pas thésé, on n'a pas le droit de s'installer.
01:41Et puis également, pendant mon internat, je n'ai pas eu malheureusement beaucoup d'expériences différentes.
01:47Il était essentiel pour moi de tester différentes organisations, de tester également de nouveaux territoires.
01:58On ne parle pas le même langage, que ce soit avec l'assurance maladie, avec l'État et les professionnels de santé.
02:04C'est vrai qu'on a une vision parfois à long terme, parce que nous, en fait, ce système-là,
02:10on va l'affronter pendant les 35 prochaines années.
02:13Il n'a pas cette vision court-termiste que peuvent avoir les politiciens
02:17et leur besoin de réponses immédiates.
02:21Il faut faire attention au long terme et éviter de se retrouver, dans 30 ans,
02:25à devoir remettre en place des réformes.
02:30C'est une spécialité dans laquelle on passe très peu en stage,
02:34notamment pendant les premières années d'études.
02:38Il y a aussi encore des discours très élitistes de la part de médecins hospitaliers
02:45à l'encontre de la médecine générale, parce qu'à leur époque, il n'y avait pas d'internat de médecine générale.
02:50Le médecin généraliste n'est aujourd'hui pas un professionnel qui fait partie des hauts revenus
02:56parmi tous les professionnels de santé.
02:58Puis le modèle aussi de vieux médecin généraliste, tout seul, dans son cabinet,
03:03a encore un petit peu la peau dure, alors que les changements sont opérants.
03:08Les discours politiques, évidemment, jettent encore plus un voile brageux sur l'avenir.
03:14Est-ce que le médecin généraliste doit être un manager qui gère complètement une équipe
03:19sur le modèle ingénieur avec ses techniciens ?
03:22Et cette image de « vous êtes un peu des corporatistes, il faut que vous fassiez plus, toujours plus »,
03:27alors qu'on sait très bien qu'on travaille déjà beaucoup.
03:33On considère effectivement que c'est démagogique.
03:36Le problème de fond, c'est les effectifs globaux.
03:4038 000 médecins généralistes installés qui font de la médecine traitante,
03:45ce n'est pas suffisant.
03:46Il y a 69 millions d'habitants en France.
03:48Réguler juste en disant « comme ça, on les répartit sur toute la France »,
03:53ça ne va pas offrir plus d'accès aux soins.
03:55On est quand même assez favorable à l'initiative du gouvernement
04:04d'imiter le dispositif de médecin solidaire.
04:08Avoir une obligation collective pour essayer d'aller dans les territoires les plus en difficulté,
04:14ça semble d'une certaine logique.
04:16On est sur un modèle un peu à la permanence des soins ambulatoires.
04:21Évidemment, ça reste une mesure un peu pansement.
04:27C'est un médecin généraliste qui va avoir probablement davantage une activité mixte,
04:34avec plusieurs jours au cabinet de médecine générale à suivre ses patients.
04:39Puis, un jour ou deux dans la semaine,
04:43où il fera une activité beaucoup plus de responsabilité populationnelle,
04:48de l'hospitalisation à domicile, de coordonnateur dans un EHPAD,
04:52de travailler en PMI, médecine scolaire.
04:56Ça sera plutôt diplomatie.
05:01Seuls, on va plus vite et ensemble, on va plus loin.
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