00:00Vous êtes un peu des corporatistes, il faut que vous fassiez plus, toujours plus,
00:04alors qu'on sait très bien qu'on travaille déjà beaucoup.
00:14C'est un syndicat qui représente du coup les jeunes médecins généralistes installés de moins de 5 ans,
00:21les remplaçants et les jeunes universitaires.
00:25Les remplaçants ne sont pas forcément très représentés par les syndicats.
00:29Ils ne sont pas installés parce que forcément nous n'avons pas les mêmes intérêts.
00:33L'assurance maladie a ses intérêts aussi là-dessus.
00:37Eux, ils veulent des médecins installés, donc il était essentiel pour nous de promouvoir les remplaçants.
00:44Rôle dans le système de soins, notamment pour la continuité des soins.
00:48Ce rôle de remplaçant, il est aussi essentiel pour la bonne santé des installés
00:53qui ont besoin de remplaçants lorsqu'ils partent en congé ou quand ils tombent malades.
00:59Pour les remplaçants, nous sommes toujours en attente du résultat du Conseil d'État
01:04suite à notre recours pour permettre aux remplaçants d'être conventionnés avec l'assurance maladie.
01:11Ils permettraient notamment d'accéder à des droits de formation supplémentaires, notamment le DPC.
01:17Pour nos jeunes collègues qui vont potentiellement avoir des enfants,
01:22leur permettre d'avoir une meilleure protection lors des congés maternités.
01:25Comme beaucoup de gens de ma génération, on ne passe pas notre thèse avant la fin de notre internat,
01:35ce qui devrait être modifié avec la quatrième année.
01:38Forcément, lorsqu'on n'est pas thésé, on n'a pas le droit de s'installer.
01:41Et puis également, pendant mon internat, je n'ai pas eu malheureusement beaucoup d'expériences différentes.
01:47Il était essentiel pour moi de tester différentes organisations, de tester également de nouveaux territoires.
01:58On ne parle pas le même langage, que ce soit avec l'assurance maladie, avec l'État et les professionnels de santé.
02:04C'est vrai qu'on a une vision parfois à long terme, parce que nous, en fait, ce système-là,
02:10on va l'affronter pendant les 35 prochaines années.
02:13Il n'a pas cette vision court-termiste que peuvent avoir les politiciens
02:17et leur besoin de réponses immédiates.
02:21Il faut faire attention au long terme et éviter de se retrouver, dans 30 ans,
02:25à devoir remettre en place des réformes.
02:30C'est une spécialité dans laquelle on passe très peu en stage,
02:34notamment pendant les premières années d'études.
02:38Il y a aussi encore des discours très élitistes de la part de médecins hospitaliers
02:45à l'encontre de la médecine générale, parce qu'à leur époque, il n'y avait pas d'internat de médecine générale.
02:50Le médecin généraliste n'est aujourd'hui pas un professionnel qui fait partie des hauts revenus
02:56parmi tous les professionnels de santé.
02:58Puis le modèle aussi de vieux médecin généraliste, tout seul, dans son cabinet,
03:03a encore un petit peu la peau dure, alors que les changements sont opérants.
03:08Les discours politiques, évidemment, jettent encore plus un voile brageux sur l'avenir.
03:14Est-ce que le médecin généraliste doit être un manager qui gère complètement une équipe
03:19sur le modèle ingénieur avec ses techniciens ?
03:22Et cette image de « vous êtes un peu des corporatistes, il faut que vous fassiez plus, toujours plus »,
03:27alors qu'on sait très bien qu'on travaille déjà beaucoup.
03:33On considère effectivement que c'est démagogique.
03:36Le problème de fond, c'est les effectifs globaux.
03:4038 000 médecins généralistes installés qui font de la médecine traitante,
03:45ce n'est pas suffisant.
03:46Il y a 69 millions d'habitants en France.
03:48Réguler juste en disant « comme ça, on les répartit sur toute la France »,
03:53ça ne va pas offrir plus d'accès aux soins.
03:55On est quand même assez favorable à l'initiative du gouvernement
04:04d'imiter le dispositif de médecin solidaire.
04:08Avoir une obligation collective pour essayer d'aller dans les territoires les plus en difficulté,
04:14ça semble d'une certaine logique.
04:16On est sur un modèle un peu à la permanence des soins ambulatoires.
04:21Évidemment, ça reste une mesure un peu pansement.
04:27C'est un médecin généraliste qui va avoir probablement davantage une activité mixte,
04:34avec plusieurs jours au cabinet de médecine générale à suivre ses patients.
04:39Puis, un jour ou deux dans la semaine,
04:43où il fera une activité beaucoup plus de responsabilité populationnelle,
04:48de l'hospitalisation à domicile, de coordonnateur dans un EHPAD,
04:52de travailler en PMI, médecine scolaire.
04:56Ça sera plutôt diplomatie.
05:01Seuls, on va plus vite et ensemble, on va plus loin.
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