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Profil du tueur en série Cesar Barone, condamné à mort pour le viol et le meurtre de quatre femmes dans l'Oregon au début des années 1990.
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00:00En février 1993, les enquêteurs de la ville d'Ilsboro, dans l'Oregon, ne se doutent pas qu'un tueur en série sévit sous leur nez.
00:11Ils traitent les meurtres de quatre femmes comme des affaires séparées.
00:15Jusqu'au jour où un détenu d'une prison locale se vante de ses crimes à ses co-détenus.
00:19Il utilisait des peignes et des petits savons de miniature, et il les disposait sur le sol pour leur montrer où se trouvait la Volkswagen de Martha Bryant, par rapport à sa Chevrolet.
00:33Il imitait aussi les sons que faisait Martha Bryant en essayant de respirer.
00:39Ce détenu trop bavard est César Barone, un homme de 32 ans qui a agressé sexuellement et tué plusieurs femmes à Hillsboro ces deux dernières années.
00:49Margaret a été retrouvée nue et étendue sur son lit.
00:54Il ne voulait pas se contenter de sa mort, il voulait l'humilier, la rabaisser jusqu'au bout.
01:02En quête de la terrible vérité qui se cache derrière les crimes de César Barone,
01:06les enquêteurs découvrent qu'il a commencé à s'en prendre aux femmes dès l'âge de 15 ans, en Floride.
01:13Ce genre de personne semble posséder plusieurs personnalités, mais intérieurement, il est tout simplement machiavélique.
01:19César Barone se révèle être l'un des pires criminels au monde.
01:26En décembre 1995, à 35 ans, César Barone est condamné à mort pour le meurtre de quatre femmes,
01:54aux alentours d'Hillsboro, dans la région de l'Oregon.
01:58Ces femmes étaient âgées de 23 à 61 ans.
02:02Les méthodes d'exécution de Barone n'étaient jamais les mêmes.
02:05Ils passaient de violeurs à voleurs, d'étrangleurs à tireurs d'élite.
02:09Son modus operandi si variable embrouille les enquêteurs, incapables de le lier à ces meurtres.
02:14Le journaliste Eric Apalatégui rencontre Barone dans les couloirs de la mort en 1997.
02:24On se faisait face, et il m'a tendu la main à travers l'ouverture pour serrer la mienne.
02:33Je ne savais pas comment réagir.
02:34Je me souviens avoir pensé, est-ce que je le touche, parce qu'il avait utilisé cette main pour étrangler des gens.
02:40Des enquêteurs et des avocats déterminés devront combiner leurs efforts pour rendre toute défense de baronné irrecevable lors de ces procès de 1994.
02:55Cette affaire est l'une des plus mémorables qu'il m'ait été donné de traité,
02:59à cause de sa complexité, du nombre de victimes, des vies qu'elle a changées,
03:06et des traumatismes qu'elle a engendrés.
03:10Ce qui le rendait si dangereux, c'était sa propension à briser les règles qu'un profiler chercherait lors de son analyse d'un crime violent.
03:25Barone tuait des connaissances et des inconnus.
03:29C'est l'une des raisons qui lui a permis d'échapper à la justice pendant si longtemps.
03:35L'histoire de ce tueur commence en décembre 1960.
03:38César Barone naît sous le nom d'Adolphe James Rody, à Fort Lauderdale, en Floride.
03:46Surnommé Jimmy par sa famille et ses amis, ce petit garçon ne vit pas une enfance des plus paisibles.
03:52À l'âge de 4 ans, sa mère le délaisse et refait sa vie dans un autre endroit sans lui.
04:00Je crois que ce départ est à l'origine des problèmes de Rody.
04:05À ce moment-là, il se crée une tension dont il n'a pas conscience.
04:09Et elle grandit au fil des ans, parce qu'un enfant de 4 ans n'est pas en mesure de comprendre les raisons du départ de sa propre mère.
04:15Il a probablement cru que c'était sa faute. Il s'est demandé s'il avait fait quelque chose de mal.
04:23En mars 1967, le père de Jimmy se remarie.
04:29Sa vie de famille s'améliore et lui permet de s'épanouir.
04:31Il a vécu une enfance plutôt anodine.
04:37Ses grands-parents avaient une belle maison et des terres, en dehors de Fort Lauderdale.
04:44Ils possédaient un poney qu'ils avaient acheté pour César, son frère et sa soeur.
04:51Quand César est devenu adolescent, c'est là que son comportement s'est dégradé.
04:56Jimmy était un vrai adolescent à problème.
05:05Il n'avait aucune considération pour l'ordre établi.
05:09Il s'imaginait qu'aucune règle ne s'appliquait à lui.
05:12Il était méchant avec les enfants.
05:15Il ne s'entendait pas avec les autres ados.
05:18Il causait tellement de mal autour de lui que sa belle-mère a fini par quitter leur foyer.
05:23Son attitude était vraiment problématique pour que sa famille en pâtisse autant.
05:26Le comportement de Jimmy ne fait qu'empirer.
05:31Et il a mauvaise réputation auprès des autorités de la ville.
05:39La police le voyait comme une mauvaise graine,
05:43qui volait tout et n'importe quoi.
05:46C'était un opportuniste.
05:49Petit à petit, il s'est mis à agresser les gens.
05:51Et je pense qu'il a compris qu'il aimait ça.
05:58En 1976, l'adolescent de 15 ans, Jimmy Roddy, développe un appétit sexuel pour les femmes plus âgées.
06:06Il trouve une cible sur laquelle tester sa perversité, sa voisine, Alice Stock.
06:11Alice était une institutrice à la retraite de 70 ans.
06:17Elle était patiente, très calme, très compréhensive.
06:20Elle avait travaillé avec des enfants qui avaient besoin d'enseignements spécialisés.
06:24Et Jimmy Roddy la connaissait bien.
06:26Il est rentré chez elle.
06:27Il l'a menacée avec un couteau et lui a demandé de se déshabiller partiellement.
06:31Elle lui a dit « Je sais qui tu es. Tu t'appelles Jimmy Roddy. Tu vis dans cette rue. Sors de ma maison. »
06:42Et il a obéi. Elle a immédiatement appelé la police.
06:46Jimmy Roddy passe dix semaines dans un centre de détention pour mineurs, suite à sa tentative d'attaque au couteau.
06:53Ce criminel en devenir retourne plusieurs fois en prison au cours des trois années qui suivent.
06:58Mais il prépare sa vengeance contre Alice Stock.
07:01Il est relâché en 1979 et, quinze jours plus tard, quelqu'un pénètre dans la maison d'Alice en découpant la moustiquaire pour passer par la fenêtre.
07:14Cette personne a étranglé Alice Stock et l'a étendue sur le lit.
07:21Il devient immédiatement le suspect numéro un, puisqu'il a été jeté en prison à cause de cette dame,
07:27de l'attaque qu'elle a vécue et racontée à la police.
07:30Il lui en voulait encore. Il était rancunier.
07:33Le fait qu'il ait nourri cette rancune pendant des années me permet de mieux le définir.
07:38Il est ce qu'on appelle un collectionneur d'injustices.
07:41Si quelqu'un le traite injustement, il lui rendra l'appareil, peu importe combien de temps il devra attendre.
07:46Mais les preuves ne sont que circonstancielles.
07:51Ce qui ne suffit pas à incriminer Jimmy Roddy pour le meurtre d'Alice.
07:57En janvier 1980, Jimmy viole supposément sa belle-mère à l'âge de 18 ans.
08:03Quelques mois plus tard, en avril, il est arrêté et condamné pour avoir battu sa propre grand-mère.
08:08Elle avait été passée à tabac.
08:13Donc, Jimmy Roddy a été accusé de tentative de meurtre.
08:16Il est passé devant un tribunal et il a été acquitté.
08:20Des personnes mêlées à l'affaire ont déclaré que sa grand-mère ne voulait pas témoigner.
08:24Elle avait refusé de l'accuser.
08:25La défense en a profité pour dire qu'elle se trompait.
08:28Jimmy était chez elle, mais ce n'était pas lui le responsable.
08:31Il paraît impossible de le condamner.
08:37Pourtant, Jimmy Roddy se retrouve encore derrière les barreaux en août 1980,
08:43purgeant une peine de 5 ans de prison pour un simple cambriolage.
08:48Après son agression d'une policière de 59 ans, on allonge sa peine de 3 ans.
08:54C'est à cette période qu'il commence à changer d'identité.
09:01Il change d'établissement pénitentiaire et il en profite pour réinventer sa vie en donnant de fausses informations aux policiers.
09:10Il déclare qu'il est diplômé d'une université italienne.
09:13Il dit qu'il est veuve, qu'il rentrera en Italie après avoir purgé sa peine.
09:19Il embellit son passé, il exagère, il veut se rendre plus intéressant.
09:24Lorsqu'une personne utilise ses techniques narcissiques, elle a en réalité honte d'elle-même et veut le cacher.
09:32Elle ne veut pas vivre sa vie réelle.
09:34Alors elle s'en invente une autre pour devenir quelqu'un qu'elle n'est pas,
09:38pour s'en vanter auprès des autres et montrer qu'elle mérite qu'on s'intéresse à elle.
09:45Roddy reste le principal suspect du meurtre d'Alice Stock.
09:48Une fois remis en liberté en 1987, il est déterminé à laisser ses accusations derrière lui.
09:56Il rencontre une femme grâce à une petite annonce dans le journal et se rend à 4000 km de là, dans la ville de Seattle, pour la rejoindre.
10:06Il adopte un nouveau patronyme, César Baronet.
10:12Le couple se marie et s'installe à Hillsborough, dans l'Oregon.
10:15Pourtant, Baronet ne se range pas longtemps.
10:19En janvier 1989, le criminel de 28 ans s'engage dans l'armée.
10:27Il s'engage dans l'armée, mais c'est un élément dissident qui a du mal à suivre les règles.
10:35Son temps à l'armée ne se passe pas très bien.
10:38Il est finalement exclu lorsqu'il harcèle une vieille dame chez elle.
10:42Ses supérieurs découvrent aussi qu'il est en possession d'une arme à feu et qu'il a un casier judiciaire.
10:50Suite à ces incidents, son rêve et la carrière qu'il aurait éventuellement pu mener au sein de l'armée s'évanouissent.
10:55Début 1991, César Baronet est de retour à Hillsborough, auprès de sa femme et de son jeune fils.
11:07Le 19 avril, non loin du domicile familial des Baronets, un crime plonge le quartier dans le désarroi.
11:13Margaret Smith était une femme qui avait 61 ans.
11:20Elle vivait dans une petite maison du centre-ville d'Ilsborough.
11:23Margaret s'était cassée une jambe.
11:25À cause de cette blessure et d'autres problèmes de santé, elle se déplaçait à l'aide d'un déambulateur.
11:30Quelqu'un s'est introduit chez elle.
11:37Elle a été violée et étranglée.
11:42J'étais journaliste, je me souviens de son cas.
11:45C'était une petite dame sans histoire, typiquement le genre d'affaires où tout le monde se questionne.
11:50Qui pourrait bien en vouloir à Margaret Smith ?
11:53Le dossier atterrit sur le bureau de l'inspecteur Michael O'Connell.
12:00Elle s'installait sous son Porsche et elle parlait aux enfants qui allaient à l'école à côté de chez elle.
12:08C'est probablement comme ça qu'il l'a remarqué.
12:10Il a dû passer en voiture et l'apercevoir assise à l'extérieur.
12:15L'auxiliaire de vie de Margaret arrive pour administrer des soins à la dame de 61 ans.
12:20Mais il découvre une terrible scène de crime.
12:23Il retrouve Margaret nue et étendue sur son lit.
12:30Elle avait été étranglée, mais elle avait aussi été étouffée avec un oreiller.
12:35Lorsqu'il l'a trouvée, l'oreiller était encore sur son visage.
12:40Nous sommes arrivés sur place et nous avons conclu à une agression sexuelle ou à une tentative.
12:46Le suspect avait renversé une bouteille de talc dans la salle de bain
12:50et laissé l'empreinte de pas la plus claire que j'ai jamais vue.
12:55On arrivait à lire le nom de la marque.
12:57On voit ça dans les séries policières à la télé.
13:02Mais généralement, on ne retrouve pas d'empreintes de chaussures sur une vraie scène de crime en intérieur.
13:08Cet indice était exceptionnel.
13:10Honnêtement, il était le seul à nous mettre sur une piste concrète après notre première enquête.
13:14Le seul indice que la police pensait exploitable.
13:16La piste à privilégier semble claire.
13:22Trouver le propriétaire des chaussures et attraper le coupable.
13:27Je suis devenu obsédé par ces chaussures.
13:30Et pendant des années, j'ai toujours fait attention autour de moi.
13:34Je regardais les chaussures que les gens portaient.
13:36Je n'ai vu que deux personnes qui avaient les mêmes.
13:40L'une d'entre elles était une institutrice de maternelle et je savais qu'elle n'était pas coupable.
13:45La deuxième, c'était un homme travaillant à l'aéroport Spokken.
13:50Pourtant, le propriétaire de ces chaussures ne vit qu'à 3 km de la maison de Margaret Schmitt.
13:56L'intérêt pour les femmes plus âgées de César Baronet l'a poussé au meurtre.
14:02Dans les mois qui suivent, le trentenaire se sépare de son épouse et quitte le domicile familial.
14:07Avant de se lancer dans une nouvelle carrière.
14:11Il est embauché dans une maison de retraite.
14:15Qui a-t-il de plus effrayant qu'un meurtrier d'une femme de 61 ans, travaillant comme assistant dans une maison de retraite ?
14:24A l'époque, on ne vérifiait pas les casiers judiciaires comme aujourd'hui.
14:29Il était crédible.
14:31En apparence, il paraissait sympathique et plutôt serviable.
14:35Alors le personnel ne s'est pas douté qu'ils avaient fait entrer un loup dans la bergerie.
14:43Le 9 octobre 1992, l'Oregon a vendu une terrible nouvelle.
14:50Un nouveau meurtre s'est produit dans la nuit.
14:53Une sage-femme de 41 ans, Martha Bryant, a été prise pour cible par un tireur isolé alors qu'elle remontait la Cornell Road, à Eastboro, aux petites heures du matin.
15:02J'ai appris la nouvelle tôt le matin.
15:06Quand je me suis levé, elle faisait la une des chaînes d'information et ils avaient des images de la Volkswagen que Martha conduisait.
15:13Parce que le véhicule avait été abandonné après une sortie de route.
15:18Ce véhicule montrait qu'il s'était produit quelque chose de terrible.
15:21Quelqu'un s'était fait tirer dessus et on pouvait voir tous les impacts de balles sur la carrosserie.
15:25Il me semble qu'elle s'apprêtait à tourner pour prendre la route 26, qu'on appelait la Sunset Highway, et pour aller à Portland, où elle habitait.
15:36Mais quelqu'un s'est mis à tirer sur son véhicule au niveau de la Cornell Road.
15:42L'une des balles a traversé la portière et l'a atteint au flanc.
15:48Elle a brusquement arrêté la voiture parce qu'elle ne la maîtrisait plus vraiment.
15:55L'une de ses balles transperce la voiture et le poumon gauche de Martha.
16:05Plusieurs personnes ont entendu le coup de feu et ont appelé les secours.
16:09Parce qu'il n'est pas normal d'entendre des tirs le long de Cornell Road à 3 heures du matin.
16:14C'est un quartier tranquille, ça n'arrive jamais.
16:19L'une des témoins a regardé par la fenêtre de sa salle de bain.
16:22Elle a vu la Volkswagen de Martha Bryant et a entendu des cris.
16:27Elle pensait qu'il s'agissait de deux hommes, car ses poumons avaient été touchés par la balle et sa voix avait changé.
16:36Grièvement blessée, Martha est tirée hors de sa voiture à l'arrêt par son agresseur, qui l'a conduit dans un endroit plus reculé.
16:42Quand il a compris qu'elle ne pouvait pas lui obéir, il l'a sortie de sa voiture, a pressé un revolver de calibre 22 contre sa tempe et l'a abattue.
16:54Puis il l'a abandonnée au milieu de la route avec son pantalon descendu jusqu'aux chevilles.
16:58Martha Bryant est retrouvée peu après, à quelques centaines de mètres, au milieu d'une rue adjacente.
17:12Elle avait été violée.
17:15C'était prémédité.
17:21Ce geste trahit une cruauté excessive et un désintérêt complet pour la vie et les sentiments d'un être humain.
17:28Il s'agit clairement d'un comportement de psychopathe.
17:33Le meurtre d'une sage-femme, sans raison apparente, choque profondément les habitants de la ville.
17:38Toute la communauté s'est sentie extrêmement concernée.
17:45Ce genre de mort sanglante à Hillsborough n'est pas monnaie courante.
17:49Et ces cas sont rares, qu'importe la ville.
17:55On a rapidement appris que Martha Bryant était sage-femme,
17:59parce qu'elle venait d'aider une femme à accoucher à l'hôpital Toileti Community.
18:03Ce simple fait d'avoir permis d'amener une nouvelle vie dans ce monde,
18:11avant qu'on lui vole la sienne, si brutalement,
18:17je pense que cette ironie a touché tout le monde.
18:22C'est une situation où l'on voit ce que l'humanité a de plus beau et de plus sombre,
18:27à quelques minutes d'intervalle.
18:29Les résidents de Cornel Road voient le meurtrier de Martha l'acquidnapper.
18:38Mais la pénombre les empêche d'être d'une grande aide aux enquêteurs.
18:43La police s'est basée sur leurs témoignages pour reconstituer les événements.
18:48Les témoins avaient aperçu un coupé sport blanc, une voiture très puissante.
18:53Ils avaient vu un grand brin d'environ 1m80 quitter les lieux.
18:59Les enquêteurs ne possédaient que quelques pièces du puzzle.
19:04La police ignore que l'assassin de Martha est César Baronet.
19:10En changeant son mode opératoire, le trentenaire a frappé une nouvelle fois
19:14et deux mois plus tard, il fera une troisième victime.
19:17Le 30 décembre 1992, l'enquêteur Scott Ryan est alerté de la découverte d'un corps
19:27le long de la route 26, non loin de Vernonia, en Oregon.
19:31Quand on est arrivé, le corps était là depuis un certain temps.
19:38On ne savait pas s'il s'agissait d'une collision accidentelle avec un véhicule
19:42ou si c'était un corps délibérément abandonné.
19:47Mais au bout d'un moment, j'ai fini par trouver une blessure pare-balles sous son menton.
19:53Là, j'ai su que c'était certainement un homicide.
19:56L'identification de la victime demande un travail de recherche intensif,
20:03tout comme la résolution de l'enquête.
20:06Quand on a fouillé les poches de la victime,
20:10on a récolté peu d'informations sur son identité.
20:15Après avoir fait des recherches autour d'un numéro de téléphone et d'une adresse,
20:20on est remonté jusqu'à une maison au sud-est de Portland, il me semble.
20:24Et on a découvert qu'elle était en colocation et qu'elle avait une chambre là-bas.
20:30En fouillant sa chambre, on a pu confirmer qui elle était.
20:38Shanti Woodman, 23 ans, avait été vue pour la dernière fois devant une boîte de nuit de Portland la nuit précédente,
20:45cherchant un moyen de rentrer chez elle.
20:46On pourrait définir Shanti comme une grande voyageuse.
20:53Elle suivait le monde musical à travers la Californie et la région nord-ouest.
20:59Je pense que c'était la première fois qu'elle visitait la région de Portland.
21:03Encore une fois, les enquêteurs manquent de pistes.
21:10Il ne s'imagine pas que Shanti Woodman est en réalité la troisième victime de César Baronet,
21:15qui avait cette fois-ci un complice.
21:19Léonard Darcel, connu sous son alias Microbe.
21:22C'est un collègue de Baronet à la maison de retraite.
21:25Et il a 7 ans de moins que le tueur de 31 ans.
21:28Pour moi, il était plutôt mis à l'écart.
21:32Je pense que Baronet l'a compris et a pensé qu'il pourrait le manipuler,
21:36qu'il pourrait impressionner ce jeune homme.
21:39C'était le genre de gars qui pouvait admirer quelqu'un comme César Baronet
21:43et vouloir lui ressembler.
21:46Je pense que César Baronet aimait s'entourer de types comme lui
21:50parce que ça flattait son égo.
21:53Je ne crois pas que Léonard Darcel s'attendait à devenir complice d'un meurtre,
22:00mais ce n'était pas un enfant de cœur pour autant.
22:04Baronet et Darcel rencontrent Shanti Woodman devant une boîte de nuit de Portland
22:08et lui proposent de monter dans leur voiture.
22:11Quelques heures plus tard, Baronet l'exécute sous les yeux de son collègue.
22:16Elle est supplie de l'épargner.
22:18Elle est vraiment terrifiée.
22:20Mais Baronet est déjà bien décidé à la tuer.
22:24Il devient acteur d'un spectacle qu'il joue pour Léonard Darcel, qui le regarde.
22:29Et Baronet veut que tout soit aussi dramatique et sensationnel que possible.
22:35Et finalement, dans un moment de pure barbarie, il fait l'impensable.
22:41Baronet place son revolver, non pas sur sa tempe, mais sous son menton.
22:46Et il lui éclate le crâne, la tuant instantanément.
22:50César Baronet est incontrôlable.
22:57Il a ôté la vie de trois femmes dans des circonstances incomparables.
23:02Sans le savoir, la police est en réalité à la recherche d'un tueur en série.
23:06Les différences de modus operandi, ainsi que les âges variés des victimes, paraissent trop éloignés aux enquêteurs pour qu'ils trouvent un lien.
23:15On ne pensait pas que le meurtre de Woodman, celui de Bryant et celui de Schmitt, étaient liés.
23:23Rien ne concordait.
23:24Une vieille femme avait été tuée chez elle.
23:27Une femme de 23 ans avait été abandonnée au bord d'une autoroute, dans une partie rurale du comté.
23:32Une sage femme abattue dans sa voiture, kidnappée et exécutée de sang-froid.
23:35On ne voyait pas de fil rouge.
23:41César Baronet est l'auteur de ces trois meurtres.
23:43Malgré ces attaques violentes et parfois publiques, l'employé de 32 ans dans une maison de retraite reste à l'écart des soupçons.
23:54Les profils victimologiques sont vraiment hétéroclites.
23:58Leur point commun, c'est que toutes les victimes sont des femmes.
24:02Le meurtrier agit par idéologie misogyne selon ses propres valeurs.
24:07Pour moi, la police tournait en rond au début de l'enquête, à cause de la disparité des caractéristiques des victimes,
24:13mais la nature des meurtres se ressemblait.
24:15Je pense qu'ils allaient finir par relier les pièces de ce puzzle, tôt ou tard.
24:21En janvier 1993, Baronet se rend à une petite fête organisée par Betty Williams,
24:28une serveuse de 51 ans vivant dans le même immeuble que la petite amie de Baronet à Cornelius.
24:35Le lendemain matin, Betty est retrouvée morte.
24:40Elle a été retrouvée par l'un de ses fils.
24:43Il est venu lui rendre visite.
24:45Il a constaté que la porte d'entrée était déverrouillée.
24:48Ça lui a paru bizarre.
24:49Il est rentré et il a vu sa mère allongée dans la baignoire à moitié remplie d'eau.
24:55Elle n'était pas complètement immergée.
24:56Son corps dépassait.
24:58Et ses vêtements lui arrivaient aux chevilles.
25:01Elle était morte.
25:01Rien sur la scène de crime n'indique clairement qu'il s'agit d'un homicide.
25:10Les enquêteurs pensaient qu'elle était assise aux toilettes au moment où elle a eu une crise cardiaque et qu'elle a glissé.
25:15Jusqu'à tomber dans la baignoire.
25:17Deux objets délaissés dans l'appartement de Betty mettent pourtant le doute aux enquêteurs sur la cause de sa mort.
25:25Il y avait un pot en verre brisé contenant de l'argent.
25:30Et un pistolet traînait au sol.
25:32On pensait qu'il lui appartenait.
25:34Lorsqu'on a posé la question à ses fils, ils nous ont dit que c'était peut-être le sien.
25:40Son autopsie a aussi déterminé qu'il s'agissait d'un infarctus.
25:44Et au fil de notre enquête, on a appris qu'elle était effectivement morte d'une crise cardiaque.
25:49Car une personne l'avait menacée avec un couteau et le fameux pistolet, un 22 Magnum.
25:55Donc, pour simplifier les choses, on peut dire qu'elle est littéralement morte de peur à cause de lui.
26:02La police n'a pas l'intuition de comparer ses crimes et de les mettre en commun.
26:07Pourtant, Betty Williams est bel et bien la quatrième victime de César Baronet.
26:13Le mois suivant, en février 1993, l'ancienne belle-mère de Baronet est retrouvée morte à son domicile.
26:21Ce décès conduira inévitablement notre tueur à sa perte.
26:25À l'époque, on a cru qu'elle était morte de cause naturelle.
26:30Dans mes souvenirs, ils pensaient que c'était probablement une crise cardiaque.
26:35Jusqu'au jour où ils ont découvert que César Baronet utilisait sa carte de crédit après sa mort.
26:40La famille de la défunte porte plainte, accusant Baronet du vol des 3000 dollars manquant.
26:49La police investigue.
26:51En se penchant sur son passé, les enquêteurs découvrent que Baronet a un casier judiciaire bien fourni
26:56et contient notamment des cas d'agression envers deux vieilles dames.
27:00Ali Stock, 70 ans, et sa propre grand-mère.
27:04Plus on se penchait sur son cas, plus on trouvait d'incohérence.
27:09César Baronet sortait de nulle part.
27:11Et en vérifiant les détails, on a découvert qu'il avait changé de nom.
27:15César Baronet était en réalité un pseudonyme.
27:19Un nom qu'il avait endossé, et il s'appelait en fait Jimmy Rody.
27:25L'enquête pour le vol d'argent se poursuit.
27:29Et Baronet reste un homme libre.
27:32Il a impunément tué quatre femmes.
27:35Et il augmente la cadence de ses attaques.
27:40Entre temps, il s'attaque aussi à deux femmes plus âgées pour les violer.
27:44Il s'introduit chez elle.
27:48Il leur demande s'il peut se servir de leur téléphone parce que sa voiture a un problème.
27:52Dans un cas, il entre et exige que la femme lui fasse une fellation, mais elle refuse.
27:57Donc il s'enfuit.
28:00Dans l'autre, la victime déclenche sa propre alarme.
28:05Ce qui l'effraie et provoque sa fuite.
28:08Je pense qu'après ses échecs, il se sent très frustré.
28:12Parce qu'il considère qu'il a le droit de réclamer ces choses qui lui échappent.
28:17L'une des victimes, une voisine de Baronet, identifie l'homme de 32 ans et prévient la police.
28:25Sans le savoir, les enquêteurs vont mettre la main sur un tueur en série.
28:31Baronet est mis derrière les barreaux.
28:34C'est seulement là que sa véritable carrière meurtrière sera mise en lumière.
28:38En prison, Baronet est tout aussi narcissique qu'il l'était au quotidien.
28:45Il veut qu'on le regarde, qu'on le reconnaisse.
28:49Alors il se met à se vanter.
28:52Il raconte à ses compagnons de cellule les meurtres qu'il a commis,
28:55ses attaques sur des femmes jeunes comme vieilles.
28:58Les prisonniers sont horrifiés par ces récits.
29:03Ils veulent partager ces informations.
29:08Baronet se vante d'avoir tué Martha Bryant, la sage-femme de 41 ans.
29:13En décrivant ses actes à d'autres détenus,
29:17il prenait des peignes et des petits savons miniatures fournis en prison.
29:21Et il les plaçait sur le sol pour montrer l'emplacement de la Volkswagen de Martha Bryant
29:26par rapport à sa Chevrolet.
29:31Et il imitait aussi les sons qu'elle faisait en essayant de respirer.
29:38Baronet a vendu sa Chevrolet coupée peu après le meurtre de Martha.
29:42Mais les enquêteurs parviennent à retrouver sa trace.
29:47Je me souviens que Suzanne Orman,
29:50l'une des criminologues du laboratoire criminel de la police,
29:53est venue examiner nos indices.
29:56Elle inspecte la voiture,
29:58elle désigne un endroit sur le siège arrière.
30:01Elle déclare que quelqu'un a nettoyé ce siège plus méticuleusement que les autres.
30:06En se basant sur son observation,
30:09on découpe et on ouvre le siège.
30:11Le coussin est imbibé de sang séché,
30:15celui de Martha Bryant.
30:18Ce sang attachait le siège lorsqu'il a mis son corps à l'arrière.
30:25Baronet se vante d'un autre meurtre,
30:28celui de la jeune femme de 23 ans,
30:30Shanty Woodman.
30:31D'après les dires des autres détenus,
30:35Baronet avait décrit l'attaque et le meurtre de Woodman.
30:41Il avait déclaré qu'il était accompagné d'un individu appelé Microbe.
30:45On n'avait pas plus d'informations.
30:49Alors on a utilisé toutes nos ressources policières
30:51et on a localisé ce fameux Microbe.
30:55Un certain Léonard d'Arcel,
30:57qui résidait à Cornelius,
30:59et étonnamment,
31:00qui n'habitait pas loin du domicile de César Baronet.
31:03Les enquêteurs rendent visite à Léonard d'Arcel
31:07pour entendre sa version des faits.
31:11Nous avons prévenu Léonard
31:13que nous avions des informations à lui partager
31:15concernant César Baronet.
31:17En entendant ce nom,
31:20César Baronet,
31:22son visage s'est décomposé.
31:26Léonard d'Arcel est devenu blanc comme un linge.
31:30Il a essayé de parler par trois fois
31:32sans succès.
31:35Quand il a enfin pu sortir un mot,
31:37il nous a regardés et a dit
31:39« Ce que je vais vous dire
31:41va probablement changer le restant de ma vie. »
31:46Darcel confesse les événements
31:48du 30 décembre 1992.
31:51Il dit aux enquêteurs
31:53qu'avec Baronet,
31:54il a pris Shanti en voiture
31:56et l'a emmené dans un appartement de Cornelius.
32:00Il avoue avoir eu une relation sexuelle
32:02consentie avec la femme de 23 ans.
32:05Et lorsque celle-ci a rejeté les avances de Baronet,
32:08ce dernier l'a forcé à retourner dans la voiture
32:10en la tenant en jour.
32:12Darcel les a accompagnés.
32:13Ils ont fini par s'arrêter sur la route 26
32:18et Darcel nous a dit que Baronet l'avait sortie de la voiture,
32:24l'avait narguée et tourmentée
32:25pendant qu'elle se tenait sur la bande d'arrêt d'urgence.
32:29Elle pleurait,
32:30elle sanglottait.
32:30et Baronet lui a caressé des cheveux
32:34en lui disant que tout irait bien,
32:37qu'elle ne devait pas s'inquiéter.
32:39À ce moment-là,
32:40il a déplacé le pistolet
32:41qu'il braquait sur son menton
32:43et il l'a pressé juste en dessous.
32:48Il lui a dit,
32:49« Tout ira bien. »
32:51Il a tiré
32:52et elle s'est écroulée.
32:53Darcel n'arrive pas à croire
32:59qu'il vient d'assister à une exécution.
33:02Il a dit que César Baronet
33:04a ensuite attrapé le corps par les jambes,
33:07qu'il l'a tournée dans l'autre sens
33:08et qu'il l'a jetée à côté de la bande d'arrêt d'urgence.
33:11Puis ils sont remontés dans la voiture
33:13et sont partis.
33:14Et là, César Baronet voulait lui taper dans la main.
33:17Il pianotait sur le volant.
33:19Il était euphorique.
33:21Il adorait la sensation
33:22que le meurtre lui procurait.
33:26Léonard nous a confié
33:27qu'il avait failli vomir
33:28et qu'il savait
33:29qu'il ne voulait plus jamais
33:30recroiser cet individu.
33:34En mars 1994,
33:37Léonard Darcel est condamné
33:38à 20 ans de prison
33:40pour son implication
33:41dans le meurtre de Shanty Woodman.
33:46Pendant ses confessions en prison,
33:48Baronet mentionne aux autres détenus
33:50qu'en janvier 1993,
33:52il a effrayé Betty Williams
33:54au point qu'elle meurt
33:55d'une crise cardiaque.
33:58Le pistolet retrouvé
34:00dans son appartement
34:01était celui
34:01qu'il avait utilisé
34:02pour tirer la balle
34:03qui tuerait Shanty Woodman.
34:07Il le reliait
34:08aux deux décès.
34:09La police entreprend
34:10de fouiller la maison de Baronet
34:11qui contient
34:12de nouveaux indices compromettants.
34:14On a trouvé un autre pistolet
34:16dans la maison de César
34:17Baronet au cours
34:18de la perquisition.
34:19C'était un modèle
34:20Browning High Power.
34:22Et la police scientifique
34:25a pu le lier
34:26à l'affaire Martha Bryant.
34:29Les douilles retrouvées
34:31le long de la Cornel Road
34:32correspondaient aux marques
34:33laissées par le chien
34:35de ce même pistolet.
34:36Les enquêteurs fouillent
34:39également l'une
34:40des anciennes résidences
34:41de Baronet.
34:42Et Michael O'Connell
34:43va découvrir un indice
34:45qu'il cherche
34:46depuis bientôt deux ans.
34:49Pendant que j'étais de service,
34:51que trouve-t-on
34:52au cours de la fouille
34:52du domicile de César ?
34:54Une paire de chaussures
34:56de tennis,
34:57de pointure 42.
35:01Il s'agissait
35:02des mêmes chaussures
35:02dont on avait retrouvé
35:03l'empreinte
35:04dans la salle de bain
35:05de Margaret Schmitt.
35:06avec les mêmes défauts
35:09et dessins.
35:10On les découvrait
35:11à la fois sur la photo
35:12de l'empreinte
35:13et sur la semaine.
35:19Ces preuves
35:20désignent Baronet
35:21comme responsable
35:22de quatre décès.
35:23Mais les enquêteurs
35:24découvrent aussi
35:25qu'il a commis
35:25d'autres délits,
35:26tels que des vols,
35:28des agressions sexuelles
35:29et des viols.
35:31En février 1994,
35:33il comparait
35:34pour ces agressions
35:34contre les victimes
35:35encore en vie
35:36et il est condamné
35:37à 44 ans de prison.
35:42Ce criminel de renom
35:43est enfin mis
35:43derrière les barreaux.
35:45Mais les enquêteurs
35:46ne se reposent pas
35:46sur leur laurier.
35:48César Baronet
35:49va connaître
35:49un retour de manivelle
35:50pour les crimes
35:51qu'il a commis.
35:51En novembre,
35:55l'homme de 34 ans
35:56repasse devant
35:57les tribunaux,
35:58cette fois-ci
35:59pour le meurtre
36:00médiatisé
36:00d'une innocente
36:02sage-femme.
36:02L'affaire Martha Bryant
36:08faisait beaucoup de bruit
36:09parce que la population
36:11s'intéressait vraiment
36:12à son cas
36:13et voulait
36:14que la justice
36:14soit rendue.
36:16C'était un crime
36:17passible de la peine
36:18de mort
36:18et c'était ce que risquait
36:20César Baronet.
36:23Baronet comparé
36:24devant le procureur
36:25adjoint
36:26Bob Ehrman.
36:27J'ai dit au jury
36:30qu'il s'agissait
36:31clairement d'une exécution
36:32à la fois parce que
36:33le coup avait été tiré
36:34au niveau de la tempe
36:35et parce qu'il avait
36:37laissé délibérément
36:37le corps au milieu
36:38de la route
36:39comme pour montrer
36:40ce qu'il avait fait.
36:42Ces actes
36:42étaient clairement délibérés
36:43et cette notion
36:44est importante
36:45pour une condamnation
36:46à la peine de mort
36:47selon la loi
36:47de notre état de l'Oregon.
36:49Un homicide
36:49doit non seulement
36:50être intentionnel
36:51mais il doit aussi
36:52être prémédité.
36:55Je crois qu'on ne pouvait
36:56pas nier
36:56qu'il avait
36:57tout préparé.
37:01Baronet
37:02nie toute accusation.
37:03Il plaide
37:04non coupable
37:05et refuse
37:05de témoigner.
37:07Pourtant,
37:08les preuves
37:09à son encontre
37:09sont irréfutables.
37:11Dans le cas
37:12du procès
37:13pour le meurtre
37:14de Martha Bryant,
37:15il n'y avait aucun doute
37:16que Baronet
37:17l'avait tué.
37:18Il s'en était vanté.
37:19Il avait raconté
37:20le détail
37:21de son assassinat
37:22aux autres.
37:24Il y avait
37:24une tache de sang
37:25sur la banquette
37:26arrière de sa voiture
37:27qui correspondait
37:27à son ADN.
37:29Le pistolet 9 mm
37:31qu'il avait utilisé
37:32lors du crime
37:32avait été retrouvé
37:34chez lui.
37:35Tous les chemins
37:36menaient à Baronet.
37:37Il n'y avait aucun doute
37:38possible,
37:39c'était lui
37:40le responsable.
37:42Dans ce procès,
37:44je pense que ces preuves
37:45ont affecté
37:45beaucoup de monde
37:46et cette histoire
37:47m'a touchée
37:48parce qu'on nous a décrit
37:49la manière
37:49dont il l'avait
37:50pourchassé
37:51et abattu
37:51comme un animal.
37:53Vous savez,
37:55tout le monde
37:56peut s'imaginer
37:57ce genre d'histoire.
37:58On voit ça arriver
37:59dans les films,
38:00mais ici,
38:00on parlait
38:00de la vraie vie,
38:01d'un crime
38:02dans notre ville,
38:03près de chez nous.
38:05Je pense que
38:06c'est ça
38:06qui m'a vraiment marqué.
38:07En décembre 1994,
38:16César Baronet
38:16est déclaré coupable
38:18du meurtre
38:18de Martha Bryant
38:19et condamné
38:20à la peine capitale.
38:22Il reçoit
38:23deux autres condamnations
38:24à mort
38:24pour les meurtres
38:25de Margaret Schmidt
38:26et Shanti Woodman.
38:28Baronet
38:28est aussi accusé
38:29de la mort
38:30de Betty Williams,
38:31crime connu
38:31sous le nom
38:32d'homicide concomitant
38:33d'une infraction majeure
38:34en Oregon.
38:36Et il reçoit
38:36une peine
38:37de 89 ans
38:37de prison.
38:39L'État de Floride
38:40souhaite également
38:41s'entretenir
38:41avec l'homme
38:42qu'il connaît
38:43sous le nom
38:43de Jimmy Roddy.
38:47Finalement,
38:48ils l'ont mis
38:48en examen
38:49pour le meurtre
38:49d'Alice Stock.
38:51Mais après
38:52les nombreux refus
38:53que Baronet
38:53a essuyés
38:54en faisant appel
38:55pour le cas
38:55de Martha Bryant,
38:57l'État
38:57a classé l'affaire.
39:00Ils se sont dit
39:01que de toute façon,
39:03il allait passer
39:03le restant de séjour
39:04dans une prison
39:05de l'Oregon,
39:06voire être exécuté.
39:07Ils ont laissé tomber.
39:10Il n'y a jamais
39:12de coïncidence
39:13lorsqu'il s'agit
39:13d'un tueur en série.
39:15Je pense qu'on ne s'avance
39:17pas trop en le pensant
39:18responsable de la mort
39:19d'Alice.
39:19c'était probablement lui.
39:21C'était probablement lui.
39:26En 1997,
39:28le journaliste
39:28Eric Apalatégui
39:30reçoit l'opportunité
39:31de s'asseoir
39:32avec César Baronet
39:33pour découvrir
39:34sa version
39:35de l'histoire.
39:36Je n'avais jamais
39:38interviewé
39:39un condamné à mort.
39:41Ce jour-là,
39:42quand je me suis rendu
39:43à Salem,
39:44dans le centre
39:44de détention
39:45de l'État
39:45d'Oregon,
39:47j'étais très anxieux.
39:48Je ne savais pas
39:49comment ça allait
39:49se dérouler.
39:51Ils m'ont emmené
39:52dans une petite pièce
39:53d'essai.
39:56Il y avait
39:57une chaise
39:58et une sorte
39:59de bureau devant moi
40:00avec une grande vitre
40:04en plexiglas
40:05et un trou
40:06en son centre
40:06à travers lequel
40:08on pouvait parler.
40:10Ensuite,
40:11un gardien
40:11a fait entrer
40:12César Baronet
40:13et l'a fait asseoir
40:14de l'autre côté.
40:15Ils nous ont laissé
40:16de l'espace
40:17pour discuter.
40:20Et César
40:21était vraiment aimable.
40:22Il était presque
40:27content de me voir.
40:30Mais l'humeur
40:31de César
40:32s'assombrit brusquement
40:33lorsqu'Eric
40:34lui parle
40:34de ses meurtres.
40:37De mon point de vue,
40:38on dirait
40:38que c'est l'affaire
40:39Brian,
40:39tous les policiers
40:40ont le plus
40:40de preuves.
40:42Ils disent
40:43aux jurés
40:43de faire preuve
40:44de bon sens
40:44quand ils examinent
40:45des faits
40:46et des preuves,
40:46pas vrai ?
40:48Je n'ai absolument
40:50rien à voir
40:50avec les affaires
40:51dont ils m'accusent.
40:53Mais comment
40:53justifiez-vous
40:54les balles ?
40:55Je sais
40:56qu'elles ne venaient
40:56pas de mon revolver.
40:59Dès que je posais
41:00une question
41:00qui contredisait
41:01ses explications,
41:02par exemple,
41:04pourquoi y a-t-il
41:04votre ADN,
41:05etc.,
41:06etc.,
41:07dès qu'il n'arrivait
41:09pas à se justifier,
41:11il me répondait
41:11que c'était
41:12une fausse preuve
41:12pour l'inculper
41:13et lui faire porter
41:14le chapeau
41:15de tous ses crimes.
41:16des gens
41:18voulaient tout
41:18mettre en lumière,
41:20ils voulaient
41:20nous tromper.
41:23C'était son argument.
41:27César Barone
41:28meurt d'un cancer
41:29la veille de Noël 2009.
41:32Il avait 49 ans.
41:34En découvrant
41:35que le tueur
41:36souffrait d'une maladie
41:37en phase terminale,
41:38l'enquêteur
41:39Michael O'Connell
41:40lui a rendu
41:41visite en prison
41:41dans un dernier espoir
41:43de découvrir
41:44la vérité
41:44derrière ces meurtres.
41:46Je lui ai dit d'emblée,
41:48je ne vais pas
41:48vous lire vos droits.
41:50En fait,
41:50j'étais en train
41:51de lui assurer
41:51que je n'utiliserai
41:54aucune des informations
41:55qu'il allait me révéler
41:56contre lui.
41:57Ça n'a rien changé.
41:58Non,
41:59il n'a pas parlé.
42:01J'ai dit,
42:02ce serait possible
42:03de nous dire
42:03si l'une des victimes
42:04n'a pas souffert,
42:07qu'on puisse peut-être
42:07rassurer une mère
42:08ou un mari,
42:10les consoler,
42:11qu'on puisse
42:12adoucir leur chagrin.
42:14Il n'a rien lâché.
42:16Il était borné
42:17jusqu'au bout.
42:21Vous vous demandez
42:22si César Barone
42:23a regretté
42:23ses différents crimes ?
42:25Jamais.
42:27J'avais l'impression
42:28qu'il adorait
42:29y repenser souvent
42:30et s'imaginer
42:34en commettre d'autres.
42:36C'était un vrai monstre,
42:38un malade.
42:38Finalement,
42:42César Barone
42:42aura ôté la vie
42:44d'au moins quatre femmes
42:45et il en aura
42:46agressé bien d'autres.
42:48Mais il a emporté
42:49les raisons
42:49de ces terribles actes
42:50dans sa tombe.
42:51Lorsqu'on s'intéresse
42:54aux victimes
42:55des meurtres
42:55de baronnées,
42:57on remarque
42:57que ces femmes
42:58ne faisaient que
42:58vaquer à leur occupation.
43:01Ce prédateur
43:01a surgi
43:02et a décidé
43:03qu'il avait le droit
43:03de les tuer,
43:04de les violer
43:05et de les agresser.
43:06S'il y a bien
43:08une chose
43:09à retirer
43:09de ces affaires,
43:10c'est leur mémoire.
43:13Très souvent,
43:13les victimes
43:14de meurtriers
43:14en série
43:15incarnent
43:16tout ce que
43:16le prédateur
43:17n'est pas.
43:18Elles sont indépendantes,
43:19appréciées,
43:20heureuses.
43:21Elles ont un bel avenir
43:23qui les attend.
43:24Je pense qu'il faut
43:25honorer ces victimes
43:26et oublier
43:26l'existence
43:27de Barone
43:28parce que c'était
43:28un moins que rien
43:29et il le restera.
43:33Barone
43:33était un psychopathe
43:34dérangé
43:35qui adorait causer
43:36du tort aux femmes.
43:38Il laissait libre cours
43:39à son appétit sexuel
43:40insatiable
43:41et ne reculait
43:42devant rien.
43:44En attaquant
43:44des femmes
43:45dans leur résidence,
43:47leur voiture
43:47ou dans la rue,
43:49il pourchasse
43:49les plus vulnérables.
43:52Par ses actes,
43:53César Barone
43:54est devenu
43:55l'un des pires
43:56criminels au monde.
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