- il y a 6 mois
Un accord commercial a été conclu ce dimanche 27 juillet 2025 entre les États-Unis et l'Union européenne. Puis, ce mercredi 30 juillet 2025, il y avait une réunion de crise à Bercy entre huit ministres et les acteurs économiques concernés. Des ministres qui se sont voulus plutôt rassurants à la sortie. On en parle avec : Sylvain Maillard, député "Ensemble pour la République" de Paris. Aurélien Taché, député "La France insoumise" du Val-d'Oise. Thierry Arnaud, éditorialiste politique internationale de BFMTV. Et Arthur Berdah, rédacteur en chef adjoint au service politique du Figaro.
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00:00On revient sur les suites de l'accord commercial conclu dimanche dernier entre les Etats-Unis et l'Union Européenne.
00:06Il y avait une réunion de crise aujourd'hui à Bercy entre 8 ministres et les acteurs économiques concernés.
00:13Des ministres qui se sont voulus plutôt rassurants à la sortie.
00:17On écoute le ministre de l'Economie et on en parle juste après avec nos invités.
00:21D'abord un soulagement d'avoir évité une escalade commerciale et d'avoir évité des tarifs à 30% qui auraient pu s'appliquer à partir du 1er août.
00:31Déception qu'on arrive à un accord à 15% tout en notant que ces 15% sont déjà en place depuis le mois d'avril puisque les 10% annoncés en avril s'ajoutaient au taux existant.
00:43Et puis demande que le plus rapidement possible, et nous y travaillons évidemment avec Laurent Saint-Martin et avec la commission, à ce que soient clarifiées les exemptions.
00:52Je rappelle que les négociations avec les Etats-Unis d'Amérique ne font que commencer.
00:56– Et nos invités ce soir pour en parler, Thierry Arnault et Arthur Berda qui sont toujours là avec nous.
01:02On accueille aussi Sylvain Maillard, député Ensemble pour la République de Paris.
01:06Et Aurélien Taché, député de la France Saint-Soumise du Val-d'Oise.
01:10Je commence peut-être par vous Sylvain Maillard.
01:13On a des ministres qui tentent de rassurer et en même temps on a le sentiment qu'ils n'ont pas vraiment de marge de manœuvre pour tenter d'équilibrer cet accord critiqué de part et d'autre.
01:22Et de ce point de vue, la classe politique est assez unanime pour dire que le compte n'y est pas.
01:25– Non, c'est un accord déséquilibré et sur lequel nous n'avons pas l'intégralité des détails.
01:31Et le détail, il est important parce que ça va expliquer exactement quel sont le montant des droits de douane en fonction des secteurs, la temporalité.
01:41Et donc nous n'avons pas encore l'intégralité de la feuille de route.
01:44Pour le moment, c'est un accord, c'est une poignée de main qui a été uniquement serrée entre Ursula von der Leyen et Donald Trump.
01:52Nous n'avons pas le papier définitif, ensuite il y aura un accord de l'ensemble des parlements.
01:56Mais moi, la seule chose, c'est qu'il nous faut qu'on travaille, évidemment, comme ils viennent de le faire à Bercy avec l'ensemble des secteurs, pour limiter la casse,
02:04mais aussi faire en sorte qu'on puisse avoir des mesures de rétorsion.
02:09Et on peut le prendre directement sur les services.
02:12– À quoi vous pensez ?
02:12– Sur les services, ce que nous avons proposé.
02:15D'abord, j'invite d'ailleurs une très bonne tribune dans le Figaro de Gabriel Attal dessus en disant deux choses.
02:21Et nous, c'est la position qu'on a à Renaissance, de dire en sorte d'abord de la rétention et des droits de douane
02:27ou de la taxation sur les services numériques.
02:32Et à côté de ça, de faire en sorte qu'il faut que nous puissions avoir une économie européenne plus forte,
02:38c'est-à-dire l'union des capitaux, faire en sorte qu'on puisse réinvestir largement dans notre industrie.
02:43Parce que qu'est-ce que ça montre, en fait, cet accord ?
02:45Nous avons un problème aussi industriel, nous ne sommes pas suffisamment puissants industriellement
02:49par rapport aux Américains.
02:51On le voit par rapport aux Chinois d'ailleurs, qui étaient dans un bras de fer bien plus difficile.
02:55Mais comme ils ont, entre autres, les terres rares, ils ont un moyen de pression très fort sur les États-Unis.
02:59Il faut que nous recréions partout des moyens de pression sur les États-Unis aujourd'hui.
03:03Mais il y aura d'autres blocs dans la société compliquée dans laquelle nous sommes.
03:07– Mais Sylvain Maillard, est-ce qu'il n'est pas trop tard maintenant pour aller sanctionner,
03:10par exemple, les services américains avec de nouvelles taxes ?
03:13Parce que dans ces cas-là, est-ce que vous ne vous exposez pas aux risques ?
03:15Demain matin, Donald Trump se lève en disant
03:17« Ah bah très bien, les Européens ne respectent pas l'accord que moi j'ai conclu. »
03:22Accord dont il dit d'ailleurs aujourd'hui et qui s'applique dès le 1er août.
03:25C'est ce qu'il écrit sur son réseau social aujourd'hui.
03:27Et donc du coup, c'est plus qu'un, c'est trente maintenant.
03:29– On est dans un bras de fer.
03:31Nous voulons un bras de fer.
03:32– Donc vous êtes prêt à aller jusqu'à la remise en cause complète de l'accord ?
03:37– Reprenons ce qu'a dit Donald Trump,
03:38il disait que ce n'était pas équilibré sur les biens, il a taxé,
03:42en disant que nous faisions plus d'exportation européenne vers les Etats-Unis.
03:45C'est exactement l'inverse sur les services.
03:46– Donc il faut remettre en cause tout l'accord ?
03:48– Il faut faire en sorte de créer aussi un accord sur la taxation sur les services.
03:53Puisque là, c'est très déficitaire au niveau européen par rapport aux Etats-Unis.
03:56– Non mais il faut être sérieux.
03:57D'abord, rappelons ce que dit cet accord.
03:59Il y a quelques semaines, Donald Trump nous explique
04:01qu'il faut qu'on passe toutes nos dépenses de défense à 5%.
04:04Il dit au pays de l'OTAN, vous faites ça, on exécute.
04:07On comprend pourquoi.
04:08Madame van der Leyen vient d'aller discuter avec M. Trump
04:11du fait de pouvoir continuer à vendre les voitures de l'Allemagne aux Etats-Unis
04:15parce que l'Allemagne avait très peur que les 30% de douanes s'appliquent
04:18effectivement parce que ça pénaliserait ces voitures
04:21puisqu'elles sont vendues aux Etats-Unis
04:22en échange d'acheter de l'armement à M. Trump.
04:24– Vous avez un mandat, la présidente de la commission européenne.
04:26– M. Maillard, à l'instant, vient de dire qu'ils n'ont pas vu le papier.
04:29Le gouvernement français ne sait même pas qui a donné un mandat à qui.
04:33Ils n'ont pas vu l'accord.
04:34Donc effectivement, ce qu'Emmanuel Macron nous a dit pendant des années,
04:38à savoir qu'il y aurait une souveraineté européenne,
04:40qu'on allait finalement faire marcher l'industrie de défense en Europe et en France,
04:43qu'on allait pouvoir avoir une autonomie stratégique, c'est faux.
04:46Les Allemands viennent de dire, nous c'est très clair,
04:48on continuera à acheter de l'armement américain,
04:50c'est avalisé par l'Union européenne
04:51et en échange ils continuent de vendre leurs voitures.
04:53Donc non, ça n'est pas une taxation ici ou là qu'il faut faire,
04:56c'est refuser en bloc cet accord.
04:57François Bayrou a dit qu'il était mauvais, c'est d'accord,
04:59que c'était un jour sombre, je crois, a-t-il exprimé.
05:02Il est Premier ministre de la France, qu'il arrête cela tout de suite.
05:05Et effectivement, il y avait d'autres solutions, Sylvain Maillard.
05:07Vous êtes président du groupe d'amitié France-Chine.
05:09Pourquoi la semaine dernière, Mme von der Leyen a tout de suite dit aux Chinois,
05:11on ne fera absolument rien ensemble
05:13et une semaine plus tard, elle va finalement se mettre dans la main de M. Trump
05:16en disant, on va vous acheter, et elle décide ça pour tous les peuples européens,
05:20toute notre énergie, tout notre armement
05:21et en plus, on va vous laisser nous mettre des droits de douane.
05:23Il y a d'autres solutions, la France doit se faire entendre,
05:25doit faire entendre sa voix, elle ne peut pas rester comme ça,
05:27les bras ballants, et Mme von der Leyen
05:29décider à la place de l'ensemble des peuples européens.
05:31Plusieurs choses pour ce débat.
05:33Répondez, oui.
05:34De façon très pragmatique, cet accord,
05:36il y a une autonomie
05:39de l'Union européenne, c'est-à-dire la commission
05:41pour négocier
05:42l'ensemble des droits de douane, c'est comme ça,
05:45c'est les statuts. Par contre, évidemment, il y aura une ratification.
05:48Donc les députés que nous sommes,
05:49devront donner leur avis sur
05:51la ratification, et on le dit très clairement,
05:53cet accord ne nous convient pas, on est dans un bras de fer,
05:55ça va continuer. Vous avez donné quelques pistes,
05:58et puis pensez aussi
05:59aux investissements, parce qu'il faut que nous
06:01réindustrialisons massivement la France.
06:03Pour que les choses soient claires, Sylvain Maillat,
06:04vous nous dites donc ce soir que, sur la base
06:07des informations dont vous disposez, dont on a bien
06:09compris qu'elles ne sont pas complètes,
06:11vous ne rafstifiez pas l'accord.
06:12Écoutez, vous voyez bien qu'il n'est pas équilibré.
06:15On vient de le dire à l'instant,
06:17François Béroud l'a dit très clairement,
06:18c'est un mauvais accord.
06:19Un mauvais accord, en tant que député,
06:21je ne vais pas ratifier, s'il sera soumis
06:23au Parlement, on ne va pas le ratifier,
06:25c'est très clair. On dit, on entre dans la mêlée,
06:28on a expliqué les données,
06:29on comprend la position de Donald Trump
06:32qui a appuyé comme un fou sur les services
06:33dessus. Si c'est ainsi
06:36que veulent les Etats-Unis,
06:38nous ferons la même chose sur la même
06:40logique. C'est-à-dire, puisqu'ils sont
06:41exportateurs nets par rapport à l'Europe,
06:43nous allons taxer massivement les services.
06:45Et très clairement, là-dessus,
06:47nous devons nous protéger, mais aussi
06:49penser à l'avenir, il nous faut nous
06:51réindustrialiser, il faut regarder les faiblesses
06:53dans lesquelles nous sommes, pour en profiter,
06:54en faire des forces, et on n'aura qu'une réponse
06:56au niveau européen. Je sais qu'en ce moment,
06:58c'est facile de critiquer, je le fais d'ailleurs
07:00sur la Commission européenne,
07:02mais il y a le rapport Draghi qui semble pour nous,
07:04la feuille de route sur laquelle nous devons aller,
07:06nous devons massivement nous réinventer en Europe.
07:09Arthur Bernard.
07:09Plusieurs choses dans ce débat. D'abord, je trouve
07:10qu'il y a un côté un petit peu ironique,
07:12si le sujet n'était pas aussi grave,
07:14avoir l'ensemble de la classe politique,
07:16déplorer aujourd'hui ce dont elle
07:17chérissait hier l'écho, c'est-à-dire
07:19ce transfert de la souveraineté
07:20à l'Europe, qui a longtemps été dénoncé
07:22par une partie de la classe politique
07:23qui a été mise à l'index en étant
07:25traité qui d'eurosceptique, qui d'europhobe,
07:27et dont on n'a jamais entendu les arguments,
07:29aujourd'hui c'est aussi le fruit
07:30de ce transfert d'une souveraineté à l'Europe,
07:32qui posera demain, qui en a posé hier d'ailleurs
07:34des soucis en matière d'immigration,
07:36qui en pose aujourd'hui en matière commerciale.
07:37Parce que Ursula von der Leyen,
07:39on peut dire ce qu'on peut aujourd'hui,
07:40elle avait un mandat des États membres
07:41pour agir et pour trouver un deal
07:44avec Donald Trump ce week-end en Écosse,
07:46c'est ce qu'elle a fait,
07:47elle ne s'est pas arrogée toute seule ce mandat.
07:49Et puis ensuite il y a un deuxième élément,
07:52c'est d'entendre Emmanuel Macron
07:54évoquer le sujet tout à l'heure
07:55en Conseil des ministres.
07:56Est-ce que vous l'avez eu Emmanuel Macron
07:57aujourd'hui ?
07:58Quelle est la voix de la France
08:00dans ce débat vis-à-vis de l'Europe ?
08:02Et puis enfin une dernière question
08:02qui s'adresse peut-être aux deux parlementaires
08:04qui sont sur ce plateau.
08:06Est-ce que vous ne croyez pas
08:07qu'il faut se saisir dans un nouvel ordre
08:08économique mondial où l'on a un géant américain
08:11qui se barricade à coups de barrières droinières
08:14comme il est en train de le faire
08:15à coups de protectionnisme très agressif ?
08:17En face de lui, un autre ogre chinois cette fois
08:19qui lui fait l'inverse,
08:20c'est-à-dire précisément du dumping
08:22et qui arrose le monde avec ce dumping.
08:24Est-ce que vous ne croyez pas
08:25que l'Europe, au lieu de le commenter
08:27sur les plateaux et de le déplorer,
08:29doit au contraire en profiter pour réagir,
08:31cesser d'être une machine,
08:32ce sont les termes d'ailleurs de Bernard Arnault
08:34qui, j'en suis sûr, va déplaire
08:35à M. Taché sur ce plateau,
08:37mais cesser d'être une machine bureaucratique
08:39qui produit de la norme et qui ne sait faire
08:41quasiment plus que ça
08:42et doit redevenir, c'est le terme d'Emmanuel Macron,
08:44une Europe puissance
08:45qui renoue avec l'innovation
08:46et qui cesse d'être une machine
08:47à produire de la norme ?
08:49Oui, c'est des questions intéressantes.
08:51Je vais vous dire tout simplement,
08:52vous avez dit dans votre première question,
08:53votre troisième question,
08:53exactement l'inverse.
08:54C'est-à-dire que vous dites
08:55l'Europe, on aurait dû négocier tout seul,
08:58la France par rapport aux États-Unis
08:59serait plus efficace.
09:00Vous dites en tout cas
09:00que l'Europe finalement c'est faible
09:02et puis de l'autre côté,
09:02il faut plus d'Europe.
09:04En fait, c'est un choix politique.
09:04Nous pensons qu'il faut plus d'Europe
09:06et on pense que cette négociation
09:07par contre, qui a été menée
09:08par Ursula von der Leyen,
09:10n'est pas bonne.
09:10Mais on peut le dire.
09:11D'ailleurs, on est en France,
09:12on peut dire à un moment
09:13qu'on est d'accord sur telle décision
09:14et pas sûr que cette décision,
09:16cette négociation
09:16est une mauvaise négociation.
09:17Je vais préciser mon propos
09:18puisque vous me prêtez
09:18une mauvaise interprétation.
09:23Je m'étonne de voir aujourd'hui
09:24l'ensemble de la classe politique
09:25déplorer ce qu'elle a elle-même provoqué,
09:27c'est-à-dire un transfert de souveraineté
09:28très important à l'Europe.
09:29Et je vous dis que partant
09:30de ce constat pour lequel
09:31le bloc central macroniste
09:33a beaucoup œuvré,
09:35partant de ce constat,
09:36est-ce qu'il ne faut pas au contraire
09:36en profiter pour que l'Europe réagisse ?
09:38Alors, je réagis tout de suite
09:39et je ne le déplore pas.
09:41Moi, je souhaite une souveraineté
09:43forte de l'Europe.
09:44Mais je dis que sur cet accord-là,
09:46parce qu'on négocie bloc à bloc,
09:48cet accord est un mauvais accord.
09:50Voilà, on peut être en désaccord.
09:52Parfois, il y a des bonnes décisions.
09:53L'Europe nous apporte beaucoup de choses
09:54et puis des fois,
09:55comme c'est le cas précis pour nous,
09:56c'est un mauvais accord.
09:57Alors, Aurélien Taché,
09:58vous êtes d'accord avec Sylvain Maillard ?
09:59Pas de ratification
10:00et des rétorsions sur les services ?
10:03Non, mais d'abord,
10:04je préférerais que le gouvernement
10:05tout de suite dise
10:05qu'il va refuser cet accord.
10:06S'il ne le fait pas,
10:07effectivement, je suis content
10:07d'entendre mon collègue dire
10:08qu'au Parlement,
10:09il fera partie de ceux
10:10qui regarderont et sont capables
10:11de ne pas ratifier cet accord.
10:12Nous, évidemment, ce sera le cas.
10:13Et pour répondre à votre question,
10:16évidemment qu'il faudrait
10:16que l'Europe fasse cela,
10:17mais nous ne nous faisons pas d'illusions.
10:19Ce n'est pas Mme von der Leyen
10:20qui va faire ça.
10:21Donc nous, effectivement,
10:21avec la France insoumise
10:23et le groupe dans lequel
10:24nous siégeons au Parlement européen,
10:25nous venons d'annoncer aujourd'hui
10:26que nous déposerons
10:27une motion de censure
10:27contre Mme von der Leyen
10:28dès le mois de septembre.
10:29Il faut renverser cette commission.
10:31Il faut effectivement changer
10:32complètement d'orientation politique
10:33pour l'Europe.
10:33Et il faut aussi que la France
10:34se fasse réentendre.
10:35Vous avez parlé, par exemple,
10:37de la Chine à l'instant.
10:38Eux proposent de créer
10:39une organisation mondiale
10:40pour réguler l'intelligence artificielle.
10:42Nous pourrions,
10:42dans le domaine
10:43de la transition écologique,
10:44avoir des accords de coopération.
10:45La France a la capacité
10:46de faire entendre cette voix.
10:47La France, dans le monde francophone,
10:48en Afrique,
10:49avec les pays du Sud,
10:49peut aussi passer
10:50de nouvelles alliances.
10:51Il faut arrêter de rester
10:52dans le carcan bruxellois
10:53qui n'est devenu finalement
10:54qu'un vassal des États-Unis d'Amérique.
10:55Et au moment où M. Trump
10:56raquette la moitié de la planète,
10:57ça devient de plus en plus
10:58problématique
10:59de rester dans cette logique-là.
11:01Pour rebondir d'un mot
11:01sur ce que vient de dire M. Taché,
11:02question à M. Maillard.
11:04Est-ce que vous considérez
11:05que la légitimité
11:06de Mme von der Leyen
11:06est remise en question
11:07par ce mauvais accord
11:09que vous dénoncez ?
11:10Elle a une légitimité.
11:13Elle a été désignée
11:14en fonction d'un processus...
11:15Elle peut être censurée.
11:16Oui, non mais d'un processus démocratique
11:17et elle peut être censurée.
11:18C'est la démocratie européenne.
11:20Là-dessus, pas de souci.
11:21On n'est pas d'accord
11:21sur cette négociation,
11:23comme nous n'étions pas d'accord
11:24d'ailleurs sur le Mercosur.
11:26Je vous rappelle
11:26qu'on a eu un vote unanime
11:29à l'Assemblée nationale
11:29pour refuser l'accord
11:31qui était présenté
11:31par la Commission.
11:34Je crois qu'il faudrait
11:34réaffirmer les valeurs.
11:35Donc cette fois, c'est un peu trop ?
11:36Non, mais attendez.
11:37Là, c'est quand même
11:38des choses très, très importantes.
11:39C'est des vraies questions
11:41sur lesquelles nous sommes
11:42dans un bras de fer
11:43avec Donald Trump
11:45et pour nous,
11:46la réponse, elle est européenne.
11:47Si nous nous désolidarisons
11:48les uns les autres,
11:49pour nous, la réponse
11:49ne sera pas bonne.
11:50Il faut qu'on envoie
11:51un message très clair.
11:51D'abord, il faut qu'on ait
11:52la feuille de route complète.
11:53La question 2
11:54que vous m'avez posée tout à l'heure,
11:55le président de la République
11:56ne s'est pas encore exprimée
11:57publiquement.
11:58On attend d'avoir
11:59la photo complète
12:01de cet accord
12:02qui, honnêtement,
12:04de ce que l'on comprend,
12:05n'a pas été totalement
12:06finalisé
12:08entre la Commission
12:09et les Américains.
12:13Oui, mais il y a
12:13plein d'autres secteurs
12:14sur lesquels
12:15on ne sait pas exactement.
12:16On attend d'avoir
12:17la totalité de l'accord.
12:19En tout cas,
12:19les éléments que nous avons,
12:20c'est un accord
12:21qui ne nous convient pas.
12:22Nous disons,
12:23il faut de la rétention immédiate,
12:25je vous dis,
12:25sur les services,
12:26par exemple,
12:27et de faire en sorte
12:28aussi, à moyen terme,
12:29il nous faut nous organiser
12:30parce qu'il faut
12:31que nous soyons plus puissants,
12:33entre autres,
12:33en termes industrie.
12:33Mais le couple exécutif
12:34est moins clair malgré tout
12:35parce qu'on a le Premier ministre
12:37qui parle d'un jour sombre,
12:38qui parle de soumission,
12:39ça s'arrête là,
12:40et on a aujourd'hui
12:40le Président de la République
12:41qui, dans le huis clos
12:44du Conseil des ministres,
12:44dit nous n'en resterons pas là
12:46et on n'en sait pas plus.
12:48Il n'y a pas de condamnation
12:49ferme à ce stade
12:50ni du Premier ministre
12:51ni du Président de la République.
12:53Ils sont dans le gouvernement
12:55de la France
12:55et dans la direction,
12:57dans l'exécutif.
12:58Leur rôle,
12:58c'est de mettre en application
12:59des décisions.
13:01Pour le moment,
13:01nous n'avons pas l'accord,
13:02ni vous, ni moi, ni eux,
13:03dont l'accord définitif
13:04qu'il y aura
13:05avec les autorités américaines.
13:08Donc, attendons,
13:09ça va prendre quelques jours,
13:10peut-être,
13:11mais en tout cas,
13:11on vous dit,
13:11et je le redis de façon très claire,
13:13nous ne sommes pas d'accord
13:14sur ce que nous connaissons
13:15à l'heure actuelle.
13:16Vous nous parlez
13:16de réorganiser l'outil industriel.
13:18On ne peut être que d'accord,
13:19mais je suis sûr
13:20que vous avez lu comme moi
13:23ou avant-hier les chiffres
13:24qui sont tous au rouge
13:25pour la réindustrialisation
13:26de la France.
13:26Les usines ferment,
13:27plus aucune n'ouvre.
13:28Ça a été les deux grands mantras
13:29des deux mandats d'Emmanuel Macron,
13:31c'était souveraineté européenne
13:32et réindustrialisation.
13:33On a la confirmation
13:34que la souveraineté européenne
13:35s'est terminée,
13:36les Allemands achèteront
13:36de l'armement uniquement
13:37aux Etats-Unis
13:37et on voit maintenant
13:38les usines qui ferment.
13:39On n'a pas besoin
13:39d'attendre l'accord
13:40et quand je vous entends dire
13:41qu'aucun ministre n'a vu cet accord,
13:42vraiment, j'ai quand même peur
13:43pour mon pays.
13:44Mais enfin, bref, c'est comme ça.
13:5330% de droits de douane
13:53pour exporter aux Etats-Unis
13:55avec la balance commerciale
13:56qu'on a qui est très faible.
13:57Je le répète,
13:57cet accord n'est pas si mauvais
13:58que ça pour les Allemands.
13:59C'est comme ça.
14:0030% sur les voitures allemandes,
14:01c'était hors de question
14:02pour les Allemands.
14:02Madame van der Leyen,
14:03ancienne ministre allemande,
14:05négocie ces 15%
14:06sur les droits de douane
14:06et par contre,
14:07pour l'industrie française,
14:08ce sont des projets et des rires.
14:08Vous entendez que le président
14:09de la Commission travaille
14:10pour le gouvernement allemand ?
14:11est plus favorable
14:11à l'économie allemande
14:12que française, c'est factuel.
14:13Je ne sous-entends même pas,
14:14je l'affirme.
14:14Et donc, effectivement,
14:15il commence à y avoir
14:16un certain nombre de difficultés.
14:18On est tous d'accord
14:18pour réindustrialiser le pays.
14:20On n'a pas besoin
14:20d'avoir l'accord en détail
14:21pour savoir que 15%
14:22de droits de douane
14:22impligés par les Américains
14:24et rien contre les entreprises américaines
14:26va faire en sorte
14:27qu'il n'y aura pas beaucoup d'usines
14:27qui vont ouvrir en France
14:28dans les prochaines années.
14:29Alors, je ne suis pas d'accord
14:30sur la réindustrialisation.
14:32Est-ce que nous voudrions
14:33que ça aille plus vite ?
14:34Oui.
14:34Est-ce que nous avons recréé
14:36depuis notre arrivée de 2017
14:37des emplois en France net ?
14:38Oui.
14:39Juste un petit point
14:40dont on n'a pas parlé
14:41parce qu'on parle toujours
14:42des droits de douane.
14:43Depuis le début de l'année,
14:44vous avez un affaiblissement
14:46du dollar par rapport à l'euro.
14:48Alors, ça paraît à la limite simple.
14:51On en parle,
14:52c'est une conséquence.
14:53Mais en fait, c'est très important.
14:54C'est-à-dire qu'en fait,
14:54les droits de douane,
14:55c'est 15%.
14:55Mais on a depuis le 2 février,
14:58je regardais encore les taux,
15:00depuis le 2 février,
15:01donc il n'y a pas si longtemps,
15:026 mois à peu près,
15:03un affaiblissement aussi du dollar
15:05par rapport à l'euro de 15%.
15:07Ce qui fait qu'une addition,
15:08alors c'est un peu plus compliqué,
15:09mais une addition autour de 30 points.
15:11C'est ça, en fait,
15:12la réalité de cet accord.
15:14Il y a évidemment
15:15les droits de douane
15:15que nous contestons,
15:17mais il y a aussi
15:17une politique américaine
15:18d'affaiblissement du dollar
15:19qui rend d'autant plus difficile
15:21nos exportations.
15:22Donc, il faut qu'on puisse rétablir,
15:24il faut un rapport de force.
15:25Nous y allons directement.
15:29Arrêtons de penser
15:30que c'est définitif.
15:31Ce n'est pas définitif,
15:32c'est probablement le début.
15:34Vous savez,
15:34on l'a vu depuis quelques semaines
15:36avec Donald Trump,
15:37il y a des hauts,
15:37il y a des bas.
15:38Pour le moment,
15:39en tout cas,
15:39il faut un front uni européen
15:40pour pouvoir combattre cet accord.
15:41Aurélien Taché ?
15:42Je ne suis pas convaincu de ça
15:43et véritablement,
15:44j'ai entendu Laurent Saint-Martin
15:45dire encore tout à l'heure
15:45le ministre du Commerce extérieur
15:47qu'il sous-entendait,
15:48mais c'était assez clair,
15:49que finalement,
15:50ce n'était pas du tout
15:50la position de la France.
15:51Donc voilà,
15:52je ne sais pas la position de qui c'est,
15:53mais en tout cas,
15:53ce n'est pas la position de la France.
15:55Ça veut dire que la France
15:55n'est pas entendue.
15:56Ça veut dire qu'à un moment,
15:57il faut taper du poing sur la table.
15:58François Bayrou est Premier ministre,
15:59il doit dire que cet accord
16:00ne s'appliquera pas dans ces conditions,
16:02c'est hors de question.
16:03On revoit la copie,
16:03on revoit le mandat,
16:04on revoit tout.
16:05Il nous a été finalement imposé,
16:06cet accord,
16:07de manière extrêmement brutale
16:08par Donald Trump,
16:09il va le signer à la va-vite.
16:10On n'a pas à se faire imposer la loi
16:12ici en France ou en Europe
16:14par M. Trump,
16:15qui fait déjà ça partout dans le monde
16:16et c'est bien trop,
16:17mais on ne doit pas accepter cela
16:19pour notre pays.
16:19Est-ce que ce n'est pas aussi
16:20une défaite pour Emmanuel Macron
16:21qui vante l'idée européenne,
16:24la souveraineté européenne
16:26et là on est dans une négociation
16:27face aux Etats-Unis
16:28et on est obligé de se coucher ?
16:30François Bayrou parle de soumission.
16:32Non mais c'est une négociation
16:33extrêmement dure.
16:34Donald Trump est très dur,
16:35pas qu'avec l'Europe.
16:35Non mais je vous parle de Emmanuel Macron.
16:37Jusqu'au bout,
16:37avec l'ensemble des pays du monde,
16:39il est extrêmement dur.
16:40Vous connaissez sa politique,
16:42elle est très simple,
16:42pour financer sa dette.
16:44Il veut des droits de douane
16:45pour baisser les impôts
16:46et laisser le dollar filer.
16:47Mais c'est un revers pour le président
16:48de la République.
16:49Donc ne faites pas des questions
16:52de politique honnêtement
16:53qui ne sont pas à la hauteur.
16:55Ah non, c'est le président de la République,
16:56c'est lui qui mène la nation,
16:58ce n'est pas la politique politicienne.
16:58C'est une défaite
16:59dans la négociation européenne.
17:00C'est une négociation européenne
17:02qui pour nous n'est pas à la hauteur.
17:04Le président de la République,
17:05il doit défendre les intérêts
17:05de la France.
17:07Vous savez très bien
17:07qu'il n'est pas d'accord
17:08sur cet accord.
17:09On attend la finalité
17:10et puis derrière,
17:11on veut avoir une réponse forte
17:13parce que nous ne l'acceptons pas
17:14dans l'État,
17:15en tout cas des informations
17:16que nous avons.
17:17Deux choses,
17:17Aurélien Taché vous disait à l'instant,
17:18c'est Donald Trump qui impose.
17:20C'est faux.
17:20Donald Trump,
17:21il sert la main d'une dame
17:22qui est la présidente
17:23de la Commission européenne.
17:24Donc il n'impose rien,
17:25il s'entend avec une personne
17:28qui est mandatée
17:28par les États membres
17:29pour trouver ce deal.
17:31Donc d'abord,
17:31c'est là où ce propos m'étonne,
17:33ce propos où on subirait
17:35comme si Donald Trump
17:35avait imposé unilatéralement
17:36ses droits de douane.
17:37Il les a dealés
17:39en bon français
17:40avec Ursula von der Leyen.
17:41Et d'un mot à M. Maillard aussi,
17:42vous avez cité tout à l'heure
17:43le Mercosur,
17:44vous parlez maintenant
17:45de ces accords douaniers.
17:46Ce qui m'étonne aussi
17:46dans votre propos,
17:47c'est que sur deux grands sujets
17:48structurants,
17:50vous nous expliquez
17:50que vous considérez
17:51que ce sont de mauvais accords
17:52qu'il faut absolument les refuser
17:53mais que manifestement
17:54on n'a pas tellement le choix.
17:55Nous avons voté contre
17:56le Mercosur
17:56et si ça arrive au Parlement,
17:58nous voterons contre cet accord.
17:59C'est très simple.
17:59Il a imposé à Mme van der Leyen
18:00ce qui était positif
18:02ou le moins négatif possible
18:03pour les intérêts allemands.
18:04Merci, merci à vous quatre
18:05d'avoir débattu ce soir
18:06sur ce plateau.
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